Chapitre 3

Un monde à découvrir

Obi-Wan sentit son cœur pulser dans sa poitrine, ses mains devenir moites. Il était face à un choix difficile car il n'y aurait pas de retour en arrière. Il ne pourrait plus revenir sur son choix et devra vivre avec cette décision jusqu'à son dernier soupir.

Il posa son regard sur les membres du Conseil Jedi et comprit tout à coup ce que voulait dire Ben. Il n'avait connu que la vie d'initié et ne connaissait rien d'autre du monde alors son jugement de la vie réelle était biaisé par son éducation d'initié. Il ne savait rien du monde en dehors du temple et n'était plus sûr de ce qu'il pensait sur les Jedi. Il se demandait à présent s'ils étaient aussi sages qu'il l'avait toujours cru. Voulait-il vraiment devenir Jedi ? Était-il prêt à consacrer sa vie entière à être un Jedi ? Souhaitait-il vraiment cela ?

Il n'avait pas eu beaucoup de choix en la matière et il trouvait ça révoltant, qu'après qu'on l'ait arraché à sa famille dans le but de devenir un Jedi, on veuille l'expulser du Temple Jedi pour l'envoyer sur une autre planète où il deviendrait agriculteur. Il trouvait ça écoeurant car personne ne lui avait jamais demandé ce qu'il voulait faire de sa vie. On décidait pour lui sans qu'on ne prenne en compte son choix. Et il put effectivement comprendre la rancœur de Ben et sa réticence à ce qu'il reste au Temple pour peut-être devenir Jedi ou finir sur Agri-Corps.

Une immense chaleur se propagea dans son estomac et il sourit. Il avait désormais quelqu'un sur qui compter. Il avait quelqu'un qui se souciait réellement de son bien-être et prenait en compte ses désirs. Il était enfin traité comme un être humain à part entière. Quelqu'un le considérait pour ce qu'il était vraiment, un enfant. Il y avait une personne qui souhaitait le voir heureux et faisait tout pour le guider vers le droit chemin mais en le laissant décider de son avenir et ça, jamais, un Jedi ne l'avait fait pour lui. Ceux qui étaient censés être sa famille n'étaient rien d'autre que des étrangers qui formaient de jeunes apprentis à devenir des clowns d'anciens Jedi.

Obi-Wan se rappela avec une netteté qui le blessa combien il s'était donné corps et âme à sa formation d'initié. Il se souvint des heures d'entraînements à essayer de perfectionner ses dons de combattant pour impressionner n'importe quel chevalier jedi qui voudrait bien de lui. Il se remémora une scène déchirante qui s'était déroulée il y avait de cela deux ans maintenant. Sa mémoire était vive et il eût comme l'impression que la scène se rejouait sous ses yeux.

C'était une jeune fille de treize ans. Elle était originaire de Coruscant et allait être envoyée au Corps-Agricole car aucun maître ou chevalier n'avait souhaité la prendre pour Padawan. Comme bon nombres d'initiés, ne pas trouver de maître avant l'approche de ses treize ans signifiait tout simplement un renvoi tu Temple. La pré-adolescente n'avait pas pu supporter de quitter le Temple Jedi et le lendemain de son départ des lieux, elle fut retrouvée morte sur son lit. Elle s'était suicidée.

Obi-Wan s'en rappelait nettement de ce jour sinistre car il avait marqué beaucoup d'entre eux et ébranlé pendant un instant leurs croyances et leurs idéaux.

Quinlan avait sorti une phrase qui le marquerait à tout jamais car son ami avait énoncé un fait qu'il n'avait pas voulu voir jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à ce que Ben ne fasse une brusque apparition dans sa vie et n'ébranle ses convictions.

Ils font de nous des machines et aveuglés par le rêve qu'ils ont implanté en nous, nous fermons les yeux face à la réalité et oublions que nous sommes des êtres vivants capables de ressentir des émotions.

Quinlan l'avait murmuré après la découverte macabre de leur camarade et sur le coup, il n'y avait porté que peu d'attention mais aujourd'hui, avec l'esprit désormais un peu plus clair, il ne pouvait qu'adhérer aux paroles de Quinlan mais ce n'était certainement pas suffisant pour changer sa façon de penser du jour au lendemain. Il ne pouvait voir les choses autrement de manière aussi radicale car il n'avait connu toute sa vie que des préceptes Jedi. Il avait vécu toute sa vie dans l'idée d'être un parfait Jedi et malgré ses incertitudes ainsi que ses doutes, il n'était pas prêt à renoncer à ce rêve.

— Un choix, tu as fait, déduisit Yoda.

— Oui, maître, confirma le jeune initié.

— Et quel est ce choix ? l'interrogea Depa Billaba.

— Je quitte le Temple Jedi, répondit Obi-Wan d'un ton serein.

— Il n'en est pas question ! gronda soudainement Mace.

— Un choix, l'enfant a fait. Le laisser partir, nous devons, dit Yoda.

— Mais maître, vous n'y pensez tout de même pas ! Nous ne pouvons autoriser cet enfant à quitter le Temple maintenant que nous savons quelle importance il jouera dans l'avenir de la galaxie, argumenta Mace.

— Il s'agit de centaines de milliers de vies voire des millions, maître, ajouta Saesee Tin. Nous avons besoin de l'enfant et le mettre face à son destin dès aujourd'hui ne peut qu'être un bien pour lui mais aussi pour la galaxie.

Aussitôt, des voix s'élevèrent dans la salle du Conseil. Les membres furent divisés en deux groupes. Ceux qui étaient pour laisser le jeune initié quitter le Temple et ceux qui étaient contre une telle décision. Chacun y allait de son argument et chacun restait camper sur sa position, ne souhaitant nullement céder du terrain.

Obi-Wan observa ses aînés se disputer à cause de lui et fronça les sourcils, intrigué. Pourquoi avait-il l'impression qu'il était plus important qu'il ne l'imaginait et qu'on lui cachait quelque chose de très grave ? Pourquoi ressentait-il tout d'un coup ce sentiment de malaise ? Il avait comme une sorte de nœud au fond de la gorge et souhaitait plus que tout être loin de cette salle. Il ne voulait pas voir ceux qu'il avait longtemps respecté, se disputer pour lui comme s'il n'était qu'un jouet entre leurs mains. Un simple pantin dont chacun essayait de tirer les ficelles.

Tu es bien plus que ça, Obi-Wan, dit une voix douce presque tendre.

Tout à coup, il souhaitait mettre de la distance entre lui et cet endroit. Il n'avait aucune envie de s'attarder un peu plus longtemps au Temple. Par peur que les plus beaux souvenirs qu'il avait de cet endroit ne soient ternis par les sentiments mitigés qu'il ressentait envers les Jedi.

Un grondement sourd retentit dans toute la salle et toutes les têtes se tournèrent vers Yoda qui s'était levé de son siège, une aura puissante vibrant autour du petit maître. Maître Yoda semblait furieux et n'avait jamais paru aussi intimidant qu'à l'instant.

— Cessez cette dispute, vous devez ! tonna le petit maître.

Il posa son regard sur chacun des maîtres rassemblés autour de lui et les Jedi baissèrent tous la tête, honteux de s'être emportés comme des gamins sans cervelles.

Les traits du visage de maître Yoda s'adoucirent considérablement lorsque ses yeux se glissèrent sur le jeune initié.

— Un chemin semé d'obstacles, tu viens de prendre, jeune Kenobi. Mais de l'homme sans visage, une protection tu as trouvé. Un guide, il sera pour toi.

— J'ai confiance en Ben.

Maître Yoda acquiesça aux paroles pleine de confiance du jeune garçon.

— Un bon maître, il fait, dit Yoda. Que la Force soit avec toi.

— Avec vous aussi, maître.

— Maître Yoda, fit Mace.

— Un Padawan il est déjà pour l'ancien Kenobi.

— Le Padawan d'un fantôme ? railla le maître Jedi. Kenobi ne pourra être protégé par un être dépourvu de corps, maître. Le garçon doit rester au Temple où nous pourrons assurer sa protection et sa formation.

— Vous ne pouvez pas me retenir au Temple contre ma propre volonté. Je pars et c'est ma décision ! lança Obi-Wan.

— La respecter, nous allons, assura Yoda en défiant Mace du regard de contester sa parole à nouveau.

Mace abandonna, sachant que c'était un défi qu'il n'était pas prêt de relever. Il détourna le regard, irrité par le choix de leur vieux maître. Il était en train de commettre une erreur en permettant au jeune Kenobi de quitter le Temple et tout ceci à cause d'un fantôme que seul le jeune initié était capable d'entendre et que Yoda pouvait simplement sentir.

— Merci, maîtres. Ce fut un honneur pour moi d'avoir été un initié du Temple. Je n'oublierais jamais tout ce que vous avez fait pour moi, dit Obi-Wan avec sincérité.

Il n'adhérait plus aux principes Jedi mais ce n'était pas pour autant qu'il renierait la famille qu'ils avaient été pour lui. Une famille imparfaite, froide et distante mais une famille tout de même.

— Bonne chance, Obi-Wan, lui souhaita maître Yaddle avec un petit sourire. Que la Force soit avec toi.

— Avec vous aussi, maître.

— Quoi qu'il puisse se passer dans l'avenir, sache que tu seras toujours le bienvenu au Temple, dit maître Kit Fisto.

— Merci, maître Fisto. Je tacherais de m'en souvenir.

Il fit ses adieux aux membres du Conseil Jedi et quitta la salle sans plus tarder, des larmes roulant sur ses joues.

— Avons-nous fait le bon choix en l'autorisant à quitter le Temple, maître Yoda ? questionna maître Depa Billaba, dubitative.

Merci, maître Yoda.

Yoda ne répondit pas et quitta simplement la pièce. Il avait besoin de s'isoler un moment et de réfléchir aux évènements qui étaient survenus récemment au Temple.

Obi-Wan était assis au bord du Grand Lac du Temple et fixait l'eau pratiquement immobile. Il avait fait un choix et avait décidé de quitter le Temple. Il était en partie excité à l'idée d'entreprendre une nouvelle aventure mais il était aussi effrayé, grandement pour tout dire. Il quitterait la sûreté du Temple pour un monde regorgeant d'inconnus dangers. Il ne connaissait rien de la galaxie. Uniquement ce qu'il avait appris des cours prodigués par les Jedi. Ce ne serait pas suffisant pour survivre tout seul dans un tel monde, surtout sans argent.

— Ben, j'ai peur, avoua-t-il.

Il est tout à fait normal d'avoir peur, Obi-Wan, mais sache que tu ne crains rien tant que je suis à tes côtés, le rassura Ben.

— Tu ne me quitteras jamais, n'est-ce pas ? Promets-moi que tu ne m'abandonneras jamais et que tu seras toujours là. Promets-le, Ben.

Tu as ma parole, Obi. Je te le jure sur la Force que je serais toujours là. Je serais ton ombre.

— Et je serais ta lumière, ajouta Obi-Wan en souriant.

Tu es déjà ma lumière, Obi-Wan. Tu l'as toujours été.

Obi-Wan ferma les yeux et apprécia la brise légère qui s'était soudainement levée et qui caressa son corps. Il ne s'était jamais senti aussi libre de toute sa vie.

— Comment allons-nous faire pour vivre tout seuls dans la galaxie ? questionna-t-il.

Ce sera le début de ton apprentissage, Obi-Wan. Apprendre à survivre par tes propres moyens, répondit Ben.

— Et si je n'y arrive pas ? s'inquiéta le jeune garçon.

Tu dois avoir un peu plus confiance en toi, jeune Padawan, dit la voix douce de son mentor. Mais aussi en ton maître.

— Désolé.

Il est temps, Obi-Wan.

L'ancien initié hocha la tête et quitta le Grand Lac du Temple pour son dortoir où il commença à ranger ses vêtements ainsi que tous les objets qu'il avait réussi à amasser au fil des années. Il était en train de fermer sa valise lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit brusquement et que sa meilleure amie fit irruption dans la pièce, la respiration saccadée, les yeux embués.

Bant riva son regard sur le sac de voyage de son ami et des larmes se mirent à couler librement.

— Ainsi c'est donc vrai, déclara-t-elle.

— Bant.

Il voulut s'approcher de la jeune fille mais cette dernière secoua la tête et il resta immobile, son regard ancré dans le sien.

— Pourquoi ?

— Parce que je l'ai choisi, Bant, répondit-il. Je n'ai plus ma place ici.

— Je pensais que tu voulais devenir Jedi. Tu disais que tu voulais devenir un chevalier jedi pour faire régner la paix dans la galaxie.

Bant se mit à sangloter sous le regard peiné et désolé du garçon aux cheveux châtains.

— Reste, s'il te plaît. Reste, supplia-t-elle.

— Bant…

Elle se jeta en larmes sur lui et Obi-Wan ne put rien faire d'autre que de la retenir, tout autant affligé par son départ que sa meilleure amie.

— Je suis sincèrement désolé, lui murmura-t-il, la voix rauque.

Bant s'accrocha désespérément à lui et il la garda tout contre lui, attendant qu'elle puisse se calmer, la laissant trouver tout le réconfort qu'elle souhaitait dans ses bras car ce serait la dernière fois qu'il pourrait l'étreindre. Il ne savait pas s'il la reverrait un jour, si leurs chemins se recroiseront. Aussi, c'était comme un adieu pour eux.

Obi-Wan leva la tête lorsqu'il sentit une autre présence dans la pièce et il vit son meilleur ami, se tenant au seuil de la porte de sa chambre, silencieux et livide.

— Quilan, souffla-t-il.

— Comptais-tu me dire au revoir avant de partir ? l'interrogea le Kiffar.

— Bien sûr, Quilan, répondit Obi-Wan.

Bant se retira des bras de son ami et essuya ses larmes avant de se tourner vers Quilan qui l'attira aussitôt vers lui. Elle se laissa manipuler par son aîné et cacha son visage en larmes dans le cou du Kiffar.

— Tu es sûr de ta décision ?

— Oui.

— Et que fais-tu de ton rêve de devenir Jedi ? enchaîna Quilan.

— Je ne l'abandonne pas. Ma décision de quitter le Temple ne m'empêchera pas de réaliser mon rêve mais je le ferais tout simplement d'une autre manière.

— Du moment que tu ne rejoins pas le côté obscur de la Force, lança Quilan. Je détesterais de devoir te mettre la raclée de ta vie.

Obi-Wan esquissa un sourire tandis que Bant, qui était toujours dans les bras de leur ami, renifla un petit rire amusé. Il fut ravi d'entendre ce léger son qui le rassurait quant aux émotions de la jeune fille. Elle était bouleversée et attristée par son départ mais elle finirait par s'en remettre car Quilan veillerait sur elle.

Il échangea un long regard avec son meilleur ami et sentit des larmes au coin de ses yeux. Il n'aurait jamais pu imaginer que quitter le Temple s'avèrerait aussi douloureux. Il avait passé toute sa vie dans cet endroit et le monde extérieur l'effrayait car il quittait la sécurité des murs du Temple.

— Bonne chance, Obi-Wan et que la Force soit avec toi.

— Merci, Quilan. La Force soit avec toi aussi.

L'ancien initié prit ses affaires et lança son sac sur son épaule.

— Bant ?

La Mon Calamari l'ignora et Obi-Wan eût le cœur brisé en étant ainsi rejetée par sa meilleure amie qu'il avait appris à considérer comme une petite sœur. Quilan posa une main sur son épaule en guise de réconfort et Obi-Wan quitta la pièce sans un dernier regard en arrière. Il savait qu'il flancherait s'il le faisait et pourrait même changer d'avis alors il ne se retourna pas, encore moins lorsque plusieurs initiés du Temple qui avaient appris son départ s'étaient réunis tout autour des dortoirs pour le regarder partir. Certains chuchotaient entre eux se demandant s'il partait vraiment de lui-même ou s'il avait été chassé du Temple.

— Ben ?

Je suis là, Obi-Wan, le rassura Ben. Toujours.

Le garçon hocha la tête et continua son avancée, ignorant les chuchotements qui s'étaient levés autour de lui. Certains initiés et enseignants vinrent lui au revoir et lui souhaitèrent bonne chance tandis que les autres restaient à l'écart, le regardant partir.

— Où irons-nous ? demanda Obi-Wan.

Où commencera ta formation, jeune Padawan, répondit Ben. Il te faut un sabre laser.

— Je…j'au… j'aurais mon propre sabre laser ?

Bien sûr, Obi-Wan. En doutais-tu ?

Obi-Wan rougit de honte et hocha la tête d'un air désolé.

— À vrai dire, je ne pensais pas que tu serais vraiment mon maître puisque tu es…

Obi-Wan, soupira Ben. Je sais que tu doutes encore de mes capacités à te venir en aide et à faire de toi un Jedi mais tu ne dois jamais douter de mes intentions envers toi, Padawan.

— Je suis désolé, s'excusa le garçon. C'est juste… tout ça est tellement étrange. Je veux dire… tout… en fait, rien n'a de sens. Je te parle et parfois je me demande si tu n'es pas le fruit de mon imagination. J'ai peur. Je ne veux pas me réveiller un matin et voir que tout n'aura été qu'un beau rêve. Je… je… c'est plus fort que moi, Ben. J'ai peur et je ne veux pas me retrouver seul. Je ne veux pas que tu sois qu'un ami imaginaire sinon j'aurais tout perdu. Tout…

Obi-Wan pleura et ne pouvait pas retenir ses sanglots. C'était tellement lourd à supporter qu'il se demandait s'il prenait la bonne décision. Il doutait de tout en ce moment. De lui, des Jedi et de la voix qui résonnait dans sa tête. En quittant le Temple, il se retrouverait tout seul avec pour compagnie, la voix d'un homme qui avait disparu depuis longtemps.

Je sais que je t'en demande trop mais tu dois me faire confiance, Obi-Wan. Je ne te veux aucun mal.

— Comment pourrais-je survivre dans la galaxie sans argent ? questionna Obi-Wan, perplexe.

Tu sauras, jeune Padawan, qu'un service a une certaine valeur.

— Je vais devoir travailler ? demanda le jeune Padawan, incrédule.

Nécessaire à ta formation, dit Ben, un sourire dans la voix.

— Force ! Dans quoi suis-je en train de m'embarquer ?

Obi-Wan entendit le rire de son maître et pesta furieusement dans un murmure irrité. Il se dirigea vers la sortie du Temple et allait définitivement quitter les lieux lorsqu'une voix enfantine l'interpella. Il se retourna et eût juste à peine le temps de voir sa meilleure amie se précipiter vers lui en courant avant de se jeter dans ses bras. Il fit un pas arrière à cause du poids soudain qui s'était plaqué contre son corps et il entoura la taille de la jeune Mon Calamari, plongeant son nez dans son cou.

— Tu vas terriblement me manquer, Obi, murmura Bant en pleurs.

— Toi aussi, Bant. Toi aussi.

Il la serra très fort contre lui et ne désirait pas la relâcher mais il devait partir maintenant alors il rompit leur étreinte et recula de quelques pas.

— Promets-moi que tu iras bien, Obi. Promets-moi qu'un jour nous nous reverrons.

— Je te le promets, Bant.

— Et en retour, je te promets de devenir un chevalier Jedi, dit-elle.

— Je suis sûr que tu le deviendras.

— Que la Force soit avec toi, Obi.

— Et avec toi aussi, ma calamarienne.

Bant sourit, bien que tristement, puis s'en alla pour rejoindre Quilan qui se tenait en retrait près de la tour du Conseil de la Réassignation. Il remarqua une silhouette un peu plus loin et reconnut le Chevalier Jedi Qui-Gon Jinn. Il croisa le regard du Jedi et ne sut expliquer pourquoi son cœur se serra douloureusement à la vue de l'homme. Il ne le connaissait pratiquement pas mais il ressentait tout de même une douleur à l'idée d'être loin du chevalier.

Le Chevalier Jedi détourna son regard de lui et suivit le maître Windu qui était venu le chercher.

Obi-Wan quitta le Temple Jedi, le cœur lourd. Il descendait les marches d'escaliers qui le mèneraient vers la civilisation de Coruscant lorsqu'il aperçut un jeune garçon en bas des marches. Il reconnut sans mal, Bruck Chun.

— Chun ? Que fais-tu là ? le questionna-t-il, intrigué.

— Tu n'es pas le seul à avoir décidé de quitter le Temple, Kenobi.

— Quoi ?

— Serais-tu devenu stupide ? le railla le garçon aux cheveux blancs.

Il lança une œillade noire à son ancien camarade et préféra poursuivre sa route pour éviter une énième dispute avec Chun.

— Où comptes-tu aller comme ça ? l'interrogea Chun qui s'était mis à marcher à ses côtés.

— Ça ne te regarde pas, cracha Obi-Wan, exaspéré.

— J'ai plutôt l'impression que tu ne sais pas où tu vas, lança Bruck. Tu ne survivras pas plus d'une journée dans la Galaxie sans argent.

— Figure-toi que j'apprendrais à en gagner, répliqua sèchement Obi-Wan.

— Et comment vas-tu faire ça ? Tu n'as jamais travaillé de ta vie, chouchouté par les gardiens du Temple.

— Je n'ai pas été chouchouté ! grogna Obi-Wan. Et pour autant que je m'en souvienne, toi non plus tu n'as jamais travaillé de ta vie.

— Comment peux-tu en être aussi sûr ? rétorqua Bruck.

Obi-Wan se tourna vers le garçon qui se tenait à ses côtés et lui jeta un regard incrédule.

— Je ne te crois pas.

— Contrairement à toi, j'ai exploré le monde qui m'entourait et je connais Coruscant comme le fond de ma poche.

— Ce n'est pas possible.

Bruck plongea son regard bleu dans le sien, un sourire espiègle au coin des lèvres.

— Ce n'est pas ce que dit le fond de ma poche, sourit Bruck en montrant des centaines de pièces Trugut.

Obi-Wan le regarda, interloqué.

— Comment ?

— En ayant une intelligence hors du commun, il est facile de se faire un peu d'argent sur Coruscant, répondit Bruck avec arrogance et fierté.

— Tu es sûr de ne pas avoir volé cet argent ?

Bruck se rembrunit aussitôt et remit les pièces de monnaie dans sa poche.

— Je suis tout mais certainement pas un vulgaire voleur, cracha le garçon aux cheveux blancs, indigné. Si tu connaissais un peu plus la planète sur laquelle tu vis, tu saurais que faire des paris pourraient rapporter un peu d'argent et rendre des services de temps en temps peuvent contribuer à renflouer ses poches !

Bruck s'éloigna d'Obi-Wan et l'ancien initié regarda son rival partir, l'air confus et penaud.

— Ben ?

Je crois avoir sous-estimé ce jeune homme, dit Ben.

— Tu crois en ce qu'il vient de dire ? demanda Obi-Wan.

Je crois qu'il serait mieux de ne pas se séparer d'un jeune homme tel que lui, déclara Ben. Il a l'air de savoir se débrouiller et il pourrait te communiquer certaines de ses astuces.

— Mais c'est Bruck Chun ! s'indigna Obi-Wan.

Tu seras moins seul ainsi, Obi-Wan.

— Je t'ai déjà.

Et comme tu l'as fait remarquer plus tôt, je ne suis qu'une voix, répliqua Ben. Tu as besoin de compagnie, Obi-Wan, et je pense que tu pourrais apporter tout autant à Bruck.

— On se déteste.

Vous apprendrez à vous connaître et à devenir des alliés à défaut d'être amis.

— Peut-être ne veut-il pas voyager avec moi.

Si c'était le cas, il ne t'aurait pas attendu au bas des marches.

— Je le déteste toujours, lança Obi-Wan.

Je suis sûr que tu le fais.

Obi-Wan leva les yeux au ciel avant d'aller à la poursuite du garçon aux cheveux blancs.

— Chun, attends ! cria-t-il.

Bruck se retourna vers lui, surpris, avant de reprendre une expression froide.

— Qu'est-ce que tu veux, Kenobi ?

— Je suis désolé pour tout à l'heure. Je ne voulais pas paraître insultant avec mes insinuations. Je ne savais pas que tu te débrouillais aussi bien en dehors du Temple. En fait, je crois que je ne sais pratiquement rien de toi et c'était méchant de me part de penser que tu aurais pu voler cet argent.

— Bien, dit-il avant de reprendre sa route.

Obi-Wan posa une main sur son bras pour le retenir et il se tourna de nouveau vers le garçon aux cheveux châtains et aux yeux bleus-gris.

— Je… je… on peut… tu peux… heu… bégaya-t-il, incapable de trouver les mots adéquats.

— Je suis pressé, Kenobi.

— J'aimerais que tu viennes avec moi si tu n'as pas d'autres plans en tête, proposa Obi-Wan.

— Venir avec toi ? fit Bruck, interloqué.

— Maintenant que tu as quitté le Temple tout comme moi, je suppose que nous sommes dans le même vaisseau non ? Je veux dire… on pourrait s'entraider si tu le souhaites. Je… j'ai… je compte devenir Jedi et peut-être qu'on pourrait le faire ensemble.

— Pourquoi as-tu quitté le Temple si tu voulais vraiment le devenir ? le questionna Bruck, dérouté.

— Pour plusieurs raisons et je te les expliquerais uniquement si tu décides de venir avec moi, dit Obi-Wan.

Bruck l'évalua un moment avant de finir par hausser les épaules.

— Je suppose que je peux te supporter quelques temps avant que l'envie de t'étriper ne soit trop grande, lança Bruck.

Obi-Wan grinça des dents, agacé. Il savait qu'il regretterait très bientôt cette décision de joindre Chun à son long voyage. Ils se détestaient royalement tous les deux et finiraient par s'entretuer. Cette histoire allait mal finir. Il le sentait.


Pendant ce temps, Obi-Wan était loin de se douter qu'il avait été suivi et qu'une ombre surveillait chacun de ses moindres mouvements. Il ignora le danger qui le guettait et qui semblait proche de lui.

L'ombre le regarda s'éloigner avec son nouveau compagnon de voyage puis disparut à son tour au milieu de la foule des habitants de Coruscant avant de pénétrer dans l'un des bâtiments les plus luxueux de la planète.

L'ombre retira sa capuche pour révéler un visage masculin. L'homme traversa un long corridor qui mena à une suite privée gardée par des humanoïdes d'une agence de protection. Il salua les gardes d'un signe de tête puis entra dans les appartements et se dirigea vers le balcon où il rejoignit son maître qui était en pleine contemplation du paysage urbain de Coruscant.

— Notre cible a quitté le Temple aujourd'hui, maître, informa l'apprenti.

— Les Jedi l'ont laissé partir ? demanda le maître, incrédule.

— Oui, mon seigneur.

Le maître lâcha un rire effaré.

— Quel présent fabuleux nous offrent-ils, dit l'homme avec un ravissement pur. Où en sont les avancées des expériences ?

— Ce fut de nouveau un échec, seigneur Plagueis. Aucun embryon n'a survécu, maître.

Plagueis poussa un grognement irrité et se tourna de nouveau vers le paysage de la planète. Il venait une nouvelle fois d'essuyer un échec et plus le temps passait et plus il désespérait de ne jamais y arriver.

— Quel âge a le garçon ? demanda-t-il.

— Il aura bientôt treize ans, mon seigneur, répondit l'apprenti.

— Treize ans et déjà si puissant, murmura Plagueis enchanté.

Il resta silencieux un moment avant de finir par rompre le silence.

— Nous changeons de direction, mon apprenti, et dans peu de temps les Sith reprendront le pouvoir. Je deviendrais invincible et bien plus fort que je ne le suis déjà, déclara Plagueis. Tuez toutes les femelles que vous avez capturé, nettoyez le laboratoire et trouvez moi des mâles. Nous allons expérimenter de nouvelles choses avant de le tester sur notre cible. Nous verrons si avec un certain taux de midi-chloriens dans le corps, nous pouvons faire procréer un mâle.


Note de l'auteure : Dans cette histoire, il n'y aura pas de obicest ni de obikin. Désolé pour ceux qui l'espéraient. Anakin sera bien évidemment un personnage principal mais pas l'amoureux d'Obi-Wan.

Il y aura finalement de la romance dans l'histoire et j'avoue hésiter entre trois personnages.

Dark Plagueis

Dark Sidious

Bail Organa.

Donc je lance un petit sondage. Quel personnage souhaitez-vous voir en couple avec Obi-Wan ?