2h30 du mat'... bon avant d'aller me coucher, voici un nouveau chapitre [merdique]. Bonne nuiiiiit !


Chapitre 2

Elle contemplait longuement son reflet dans le miroir qui se tenait face à elle. Il y a quinze ans, personne ne l'aurait reconnue en tant qu'Anna Osaki. En quinze ans, elle avait changé, autant physiquement que mentalement. Elle avait eu le temps d'oublier sa vie passée afin de mieux s'adapter à celle qui s'offrait à elle. Ses yeux brillaient désormais constamment d'une lueur à la fois démoniaque et froide, en accord avec le pourpre de ses iris. Elle était devenue belle, attirant tous les regards, convoitée pour ses talents de traqueuse. En quinze ans, elle était devenue une des vampires les plus redoutables et respectées du clan des Volturi. Tout cela elle le devait à Demetri. Son créateur, son maître, et celui qui était devenu récemment son amant. Avec les années, l'hostilité de leur relation maître-élève avait fini par se dissiper pour laisser place à un lien bien plus fusionnel. Anna était incapable de dire si elle l'aimait, mais elle ne pouvait rester trop longtemps séparée de lui. Comme si elle en dépendait. Leur couple suscitait la jalousie, la rivalité, mais aussi la crainte. Quand des humains ou des vampires se retrouvaient face à eux lorsqu'ils étaient en mission, ils étaient sûrs de ne pas s'en sortir vivants. Anna n'était plus la jeune humaine dépressive et sensible d'autrefois. Elle était devenue une Volturi, à la plus grande fierté d'Aro.

Les rayons du soleil se reflétaient sur sa peau d'ivoire, laissant briller une multitude d'éclats semblables à des diamants. Fait à la fois normal et anormal, puisqu'elle avait toujours été convaincue que les vampires étaient censés brûler lorsqu'ils s'exposaient à la lumière solaire. Elle avait toujours du mal à s'y habituer. Ses longs cheveux noir corbeau brillaient davantage. Elle ne fit pas attention au reflet de Demetri se matérialisant derrière le sien.

- Je te suggère de mettre ceci, dit-il à voix basse en déposant un baiser sur ses épaules nues, lui tendant une longue robe noire à manches longues.

Anna esquissa un sourire. Elle savait qu'il ne supportait pas de voir leur peau briller d'une telle manière au soleil.

- Pourquoi devrais-je le faire ?

- Parce que je sais que tu aimeras cette robe. C'est tout à fait ton genre. Et d'un côté... tu n'as pas vraiment le choix.

Elle se retourna et lui lança un regard interrogateur en haussant un sourcil. Il soupira.

- Heidi va ramener des touristes dans moins d'une heure. Tu sais qu'aujourd'hui, on fête la saint Marcus.

- Ce qui signifie : buffet à volonté.

- Exactement. Je tiens à ce que tu aies une tenue décente pour le banquet, c'est la moindre des choses pour ce jour spécial.

- C'est ça. La dernière fois que j'ai porté une tenue décente pour ce genre d'évènement, elle a fini en lambeaux.

Ses propos les firent sourire d'un air entendu. Ils étaient toujours adeptes d'une certaine débauche en compagnie d'autres vampires lorsque les Volturi faisaient des fêtes importantes. Traques d'éventuelles victimes, bains de sang, sexe... c'était pour eux un équivalent aux orgies humaines, en quelque sorte. Demetri se rapprocha de la jeune femme et encercla sa taille, la faisant frissonner. Elle était encore nue, à peine dissimulée par un drap fin qui entourait une partie de son corps, alors que lui, en revanche, était déjà vêtu de son somptueux costume noir qu'il portait uniquement pour les évènements comme celui qui les attendait.

- Habille-toi. Je vais essayer de garder en bon état la robe, cette fois, affirma-t-il.

- Je ne te crois pas, fit Anna en émettant un petit rire.

- Cette robe, je l'ai payé mille euros et des poussières. Elle a été confectionnée par un créateur italien de renommée internationale.

- Ah, alors là... de toute façon, je sais que tu te sers dans le compte en banque des Volturi pour m'acheter de telles choses.

- Les Volturi sont riches. Nous sommes riches. Nous pouvons nous le permettre.

- Raison de plus pour parier que tu ne résisteras pas à l'envie de déchirer cette jolie robe. Parce que tu sais que tu auras les moyens de racheter la même pour me consoler si je la regrette.

- Tu es très perspicace.

- Je sais.

- Dépêche-toi de t'habiller et cache-moi ce corps que je ne saurais voir... insista-t-il en s'emparant du visage d'Anna pour l'embrasser.

- Ce sera fait en moins d'une minute. Mais pourquoi Heidi ramène les touristes que maintenant ? Le soleil n'est même pas encore couché.

- La nuit, ils ont moins envie de venir ici, tu comprends ? Ce n'est pas nouveau. Je t'attends en bas.

Il se volatilisa d'une seconde à l'autre, la laissant seule dans sa chambre. Anna enfila la robe et l'examina de plus près dans le miroir : longue, en velours, épousant chaque courbe de son corps, dotée d'un profond décolleté en V, elle trouva que la robe valait son prix, malgré sa simplicité apparente. On pouvait percevoir la haute qualité dont elle avait été conçue. Les manches étaient larges au niveau des poignets. On aurait dit une robe médiévale. Tout à fait mon genre, en effet. Elle en profita également pour se coiffer et se maquiller ; elle releva ses cheveux en un simple chignon laissant tomber quelques mèches devant son visage, tandis que ses yeux étaient fardés de noir, charbonneux, accompagnés d'une bouche pulpeuse couleur pourpre. Noir, blanc, rouge. Ces trois couleurs étaient toujours présentes sur son apparence. La jeune femme ne se précipita pas pour descendre à la salle de réception principale. Elle se doutait bien que les autres l'attendaient impatiemment, avant que le banquet ne commence. Lorsqu'elle arriva dans la grande salle, Aro lui adressa un grand sourire et elle s'attira, une fois de plus, le regard courroucé de Jane, et celui admirateur de Félix. Demetri s'efforçait de demeurer impassible, comme toujours. Anna savait que Félix la courtisait ; Demetri et lui avaient souvent eu de grands malentendus à ce sujet. Elle alla rejoindre son compagnon. Il passa un bras autour de sa taille. Lorsqu'ils étaient en public, ils s'affichaient souvent très proches l'un de l'autre.

- Tu entends ces bruits, tu sens ces odeurs ? lui glissa-t-il à l'oreille. Ils arrivent avec Heidi.

- Ça tombe bien, je commence à être affamée, répondit Anna avec ravissement.

- Je le vois. Tes yeux sont plus sombres que d'habitude.

Quelques instants après, les portes s'ouvrirent et Heidi apparut, rayonnante, en tête de file d'une grosse masse de touristes ébahis par la grandeur des lieux, prenant des photos et projetant des flash dans tous les sens. Stupides touristes avec leurs appareils photo, pensa Demetri avec agacement. Aro se leva de son trône et leur souhaita la bienvenue, bientôt suivi de ses frères Caius et Marcus. Tous les vampires présents se regardèrent et s'adressèrent alors tour à tour un signe de tête. Le moment était venu. Le visage de Jane afficha un sourire malsain.

- Que la fête commence, dit-elle.

Les portes se refermèrent et on coupa la lumière, plongeant la salle dans l'obscurité la plus totale. Si les humains ne voyaient plus rien, les vampires, quant à eux, distinguaient parfaitement ce qui se passait. Ils n'attendirent pas longtemps pour passer à l'attaque. Des cris retentirent, tout d'abord de surprise, puis de souffrance. On pouvait entendre des pleurs d'enfants, et des cris de panique venant des adultes. Des craquements d'os, les déchirements de la chair, les bruits de succion, tout n'était plus que chaos sanglant. Une festivité purement macabre où l'horreur se mêlait à la jouissance de chaque être immortel qui se rassasiait sans pitié. Cela dura longtemps, jusqu'à ce que tout soit réduit au silence. Puis la lumière réapparut. Les cadavres étaient éparpillés, méconnaissables, et les Volturi étaient tous couverts de sang, brisant leur apparence habituellement si soigneuse et si respectable. Certains étaient encore en train de se nourrir avidement, buvant le sang encore chaud des victimes jusqu'à la dernière goutte. Anna et Demetri étaient en train de s'embrasser à pleine bouche, achevant de lécher les traces de sang qui étaient restées sur leur gorge, leur visage. Leurs sens étaient en feu, et ils ne désiraient plus qu'une chose : partir d'ici et poursuivre leurs intentions sordides à l'abri de toute présence indésirable. Ce n'est qu'au moment où ils commencèrent à s'éclipser que quelque chose attira le regard d'Anna : Jane était une des dernières à se nourrir, et elle tenait entre ses bras le corps d'un homme qui semblait étrangement familier à la jeune femme. Elle plissa les yeux et se dégagea des bras de Demetri, se rapprocha d'eux, intriguée. Lorsqu'elle identifia mieux le cadavre, elle se mit à pousser un cri strident, à en percer les tympans de toute oreille humaine qui se trouverait dans les environs. Cela effraya Jane, qui lâcha sa victime. Personne n'osait prononcer un mot, observant la scène. Anna tremblait de tout son corps : la personne morte qui se trouvait désormais entre ses bras, n'avait pas changé malgré les quinze dernières années qui venaient de s'écouler. Si ce n'est que ses cheveux avaient blanchi et que son visage était pourvu de quelques rides en plus désormais, l'homme était parfaitement reconnaissable.

- Pourquoi tu as fait ça ? s'écria Anna en fixant Jane d'un regard assassin, les yeux écarquillés. POURQUOI ? C'ÉTAIT MON PÈRE !

Folle de rage, les yeux débordant de larmes de sang, elle se jeta sur Jane et entreprit de lui arracher la tête.


Oui, je sais que dans Twilight les vampires ne peuvent pas pleurer mais comme je n'aime pas ça, on va dire que dans ma fiction ils peuvent. Ça les rend un peu plus crédibles hein... déjà que je trouve juste trop laid le fait qu'ils brillent au soleil et qu'ils ne dorment pas la journée. Il se pourrait que ça change prochainement si j'en ai envie.