Tout d'abord, merci à nos nouveaux followers KiwiDlaNight, ZazouloveMatt et Zarbi.

Et voici venu le temps du chapitre 3 ! Une petite rencontre entre Neal et John, ça vous dit ?

Yellow


Chapitre 3

New York, Upper East Side, mardi fin d'après-midi

"Monsieur Reese ?" questionna Finch doucement.

"Finch, je crois que je vais aller voir si ce cépage est aussi bon que vous le dites."

"M. Reese, vous savez que je préfère la discrétion dans ce que nous faisons."

"Ils m'ont repéré, Finch, et je suis prêt à parier que Caffrey s'est déjà débarrassé de son téléphone. Nous n'arriverons pas à nos fins par les moyens habituels." John se dirigea vers la sortie de la terrasse où il était posté. "Et étant donné le passé nébuleux de M. Caffrey, je suis à peu près sûr qu'il comprendra notre désir de discrétion."

"Ne révélez rien de compromettant."

"Finch, je ne me permets pas de vous dire comment programmer votre ordinateur," répondit Reese avec un léger ton de reproche.

Le milliardaire ne répliqua pas. Après tout, il avait choisi Reese pour ces missions, il connaissait parfaitement ses talents et son expertise. Il n'avait pas besoin de lui rappeler les principes de base de leur mode opératoire.

John traversa la rue et alla sonner à la porte du superbe bâtiment.


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"Qu'est-ce que tu lui as écrit ?" demanda Mozzie.

"Je lui ai proposé de venir prendre un verre."

Neal observait toujours les toits les plus proches essayant de détecter un reflet sur des jumelles ou un appareil photo mais il ne vit rien.

"Tu penses qu'il va venir ?" demanda Mozzie.

"J'en suis persuadé. Il est bon, il a été repéré. S'il a le moindre code d'honneur, il viendra. Il n'a rien à perdre. S'il avait voulu me tuer, il ne m'aurait pas suivi en plein jour. Si comme tu le penses, c'est un ex-agent ou militaire, une arme à longue portée aurait réglé mon cas sur la terrasse assez facilement."

"Neal !" s'exclama Mozzie un peu effaré par la légèreté avec laquelle Neal envisageait son propre meurtre.

"Tu préfères partir ?"

"Et rater Monsieur Mystère ? Certainement pas."

"Sors un verre, je descends l'accueillir."


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Neal ouvrit la porte. Sur le porche se tenait un homme, grand, brun, les tempes grisonnantes, portant un costume sombre sur une chemise blanche. Pas vraiment la tenue que l'on s'attendait à voir sur quelqu'un en filature. Et Neal s'aperçut qu'il l'avait effectivement vu plus tôt, sans lui accorder la moindre importance. Son poursuivant se fondait parfaitement dans la foule.

John observa Caffrey. De près, l'homme était encore plus frappant. Des yeux clairs sur un visage parfait devaient lui permettre d'obtenir tout ce qu'il voulait. Il portait un costume particulièrement bien coupé, Finch allait apprécier le style de leur dernier numéro.

"M. Caffrey," salua-t-il en tendant la main.

"Vous avez l'avantage, Monsieur…" Neal lui adressa un sourire éclatant, mais qui ne monta pas jusqu'à ses yeux, en lui serrant la main.

"Appelez-moi Reese."

"Et bien, M. Reese, donnez-vous donc la peine d'entrer."

Les deux hommes montèrent l'escalier en silence. Mozzie les attendait, la porte ouverte.

John examina la pièce comme à son habitude, levant un sourcil appréciateur face à la vue exceptionnelle depuis la terrasse. Pour un artiste, le point de vue devait fournir des sources infinies d'inspiration. Il s'approcha malgré lui des portes fenêtres pour admirer les toits de New York et la terrasse où il se tenait à peine quelques minutes plus tôt.

Puis il s'écarta de la baie vitrée. Par habitude. Des années de services secrets lui avaient appris à s'éloigner des sites trop exposés. Et cet endroit avec sa terrasse et ses immenses surfaces vitrées était un véritable cauchemar. Il retourna vers l'entrée de la pièce, dos contre le mur, même si l'échelle qui y était accrochée le mettait vaguement mal à l'aise.

"Que souhaitez-vous boire ?" lui demanda Neal.

"Je veux bien goûter à ce vin. J'en ai entendu dire le plus grand bien."

Mozzie fit le service et en profita pour remplir une nouvelle fois son verre généreusement.

"Alors M. Reese, à quoi dois-je ce soudain intérêt pour ma personne ?" demanda Neal l'air sérieux.

Droit au but, pensa John. Surprenant de la part d'un tel homme. Il l'aurait plutôt vu essayer de noyer le poisson, trouver des chemins de traverse pour arriver à ses fins.

"Je dois avouer que j'ai été surpris," confessa John. "Quand m'avez-vous repéré ?"

"En tout début d'après-midi."

Reese ne put s'empêcher de pâlir un peu. Caffrey l'avait démasqué dès le début !

"En fait, je ne vous ai pas vu. Mais j'ai senti que l'on m'observait. Mon… passé m'a rendu particulièrement vigilant. J'ai demandé à mon ami ici présent de vérifier si je faisais juste preuve de paranoïa ou si quelqu'un me suivait réellement."

Intéressant, M. Lunettes ne s'est toujours pas présenté. Et il était doué, Reese ne l'avait pas vu non plus. A sa décharge, il était trop préoccupé à surveiller Caffrey pour se douter qu'il faisait lui-même l'objet d'une surveillance.

"D'où l'arrêt à Washington Square..." Reese se tourna vers le petit homme. "C'était quoi la bousculade sur la 9ème ?"

"Je vous ai vu cloner son téléphone, il fallait bien que je le prévienne."

Reese ne put retenir un sifflement admiratif. Il espérait sincèrement que Caffrey était la victime, un tel talent au service du mal serait une vraie perte. Non qu'il lui souhaita le moindre mal.

"Alors ?" insista Neal.

"Une source d'information tout à fait digne de confiance m'a informé que vous étiez en danger. Mon but est simplement de vous protéger et empêcher quoi que ce soit de vous arriver."

"Une source d'information ?" répéta Neal.

"Un peu vague. C'est votre ami invisible, votre source d'information ?" demanda Mozzie.

"Ami invisible ?" Ce fut au tour de Reese d'être surpris.

"J'aurais bien dit imaginaire, mais vous m'avez l'air tout à fait équilibré, donc je doute que vous parliez seul, " expliqua Mozzie. "Vous avez un écouteur connecté à votre téléphone je suppose ?".

"M. Reese, je tiens à conserver mon anonymat," rappela Finch d'une voix inquiète à l'oreillette de son employeur.

John observa les deux hommes dans la pièce. Il commençait à les apprécier. Le petit chauve semblait aussi paranoïaque que Finch. Une rencontre serait sans doute des plus intéressantes, dommage que Finch quitte si peu sa bibliothèque.

"Alors cette source d'information ?" insista Mozzie.

"Fiable, c'est tout ce que je peux dire."

"Tu vois Neal, c'est ce que je me tue à te répéter. Nous sommes espionnés, surveillés, contrôlés... Big Brother est parmi nous et tout le monde s'en fiche !" explosa Mozzie.

Neal fit une grimace. Il avait l'habitude des théories de conspiration de Mozzie mais pour une fois son ami n'avait peut-être pas totalement tort.

"Alors, connaissez-vous des gens susceptibles de vous vouloir du mal ?" demanda Reese.

Neal et Mozzie se regardèrent et eurent un mouvement d'épaule hésitant.

"Quelques-uns probablement…"

"Des noms ?"

"M. Reese, je travaille avec le FBI depuis quatre ans. J'ai aidé à mettre beaucoup de monde derrière les barreaux. De plus, il n'est pas impossible que j'ai froissé quelques susceptibilités avant ça."

"Lors de votre carrière de criminel, vous voulez dire ?"

"Présumé criminel," corrigea Neal.

"Exact, toutes mes excuses. Vous n'avez été accusé que de falsification. Ce qui prouve juste que vous êtes bon." Reese avait suffisamment œuvré en marge de la loi pour ne pas se formaliser du passé du jeune homme. "D'ailleurs, simple curiosité personnelle. Comment vous êtes-vous fait arrêter ?"

Mozzie ne put retenir un grognement dépité. Neal le foudroya du regard.

"Ah, l'amour…" chantonna Mozzie.

Neal lui lança un nouveau regard assassin.

Une femme. Décidément, il y en avait toujours une derrière chaque pan important de la vie d'un homme, songea Reese.

Il prit une gorgée de son verre et eut un hochement de tête appréciateur. Ce vin était effectivement exceptionnel. Reese fronça les yeux en regardant Caffrey. Le loyer du loft était certainement pris en charge par le gouvernement et il touchait sans doute un salaire minimal pour son travail avec le FBI, mais le prix d'une telle bouteille n'aurait pas dû pouvoir entrer dans son budget. Ce Caffrey avait des ressources financières qui n'avaient rien à voir avec son travail de consultant… Avait-il réussi à tromper l'agent Burke et poursuivait-il ses activités criminelles en marge de son travail légal ? Cela pourrait expliquer pourquoi son numéro était apparu sur leur radar.

M. Lunettes l'observait toujours comme s'il espérait découvrir qui il était juste en le regardant. Il se tenait aux côtés de Caffrey, visiblement prêt à le défendre contre toute attaque. Un véritable ami… paranoïaque. Reese avait vu le détecteur posé sur la table. Il ne doutait pas de qui avait vérifié l'appartement à la recherche de micros. Décidément, ce nouveau numéro était bien différent de leurs affaires habituelles.

"Pourriez-vous établir une liste de 'candidats' potentiels à votre assassinat ?"

Neal ne peut s'empêcher un petit rire. "Je ne tiens pas vraiment un journal avec la liste des gens que j'ai pu froisser."

Mozzie eut un tic nerveux et Neal le fixa en fronçant les sourcils. Le tic s'amplifia.

"Mozz… ?"

L'homme à lunettes se racla la gorge et sembla soudain fasciné par le contenu de son verre.

Reese eut l'ombre d'un sourire, enfin un nom ! – même si apparemment ce n'était qu'un surnom– et murmura à l'attention du participant invisible à cette rencontre, "Finch, je crois vraiment que vous devriez rencontrer ce M. Lunettes. Je suis sûr que vous l'apprécieriez."

"La paranoïa est parfois fort utile, M. Reese," s'expliqua Finch qui semblait avoir compris ce qu'il se passait dans la pièce.

Pris entre quatre yeux qui ne le lâchaient pas, Mozzie craqua. "Oui, bon d'accord. Il est possible que je conserve des informations sur les… spécimens les moins recommandables à qui tu as eu à faire."

Neal fut submergé par une vague d'émotion. Il savait que Mozzie le suivrait au bout de la terre, il l'avait d'ailleurs fait – littéralement – mais il semblait que son ami prenait sa vie et sa sécurité pour sa mission personnelle. Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Il secoua légèrement la tête en adressant un sourire ému à son ami.

"La paranoïa est parfois utile, Neal," se justifia Mozzie ne se doutant pas qu'il répétait les mots de l'invisible patron de leur visiteur.

"Qu'est-ce que je vous disais…" murmura Reese à l'attention de Finch.

Mozzie posa son verre et prit le portable de Neal sans même en demander l'autorisation.

Il s'installa à la table de la cuisine et commença à taper sur le clavier.

Depuis la bibliothèque, Finch s'activa sur son ordinateur. Voilà qui allait lui permettre d'avoir plus d'informations sur ces mystérieux personnages. Il se redressa quand ses nombreuses tentatives n'aboutirent pas immédiatement.

De son côté, Mozzie semblait énervé par les alertes qu'il recevait sur l'écran. Il leva des yeux accusateurs sur Reese.

"Est-ce que votre ami est train d'essayer me pirater ?" accusa-t-il.

Encore un génie de l'informatique… pensa Reese. Décidément, les deux hommes avaient de plus en plus de points communs.

Finch laissa échapper un grognement de protestation. "Pirater implique des objectifs malveillants. Je veux juste aider vos nouveaux amis."

Mozzie n'avait pas quitté Reese des yeux et posa un doigt sur une touche d'un geste clair. Cette situation était insupportable. Il n'allait certainement pas laisser qui que ce soit avoir accès à ses données même s'ils affirmaient n'avoir que de bonnes intentions. Qui était ce type ? Qui était ce contact invisible ? Comment savaient-ils que Neal était en danger ? Pourquoi voulaient-ils intervenir ? Ils nageaient en plein roman d'espionnage, ce qui ne faisait que confirmer sa certitude qu'ils étaient constamment observés.

Son regard dur tranchait étrangement avec l'apparente bonhommie de son physique. Reese hocha la tête. Il était clair que ce Mozzie ferait n'importe quoi pour aider son ami, il valait mieux le garder comme allié.

"Finch, laissez tomber," chuchota-t-il.

"M. Reese," protesta le génie.

John poussa un soupir exaspéré et sortit le téléphone de sa poche. Il l'éteignit et démonta la batterie et la carte SIM de l'appareil, s'assurant que son employeur ne pourrait plus l'entendre. Il posa les éléments de son mobile sur la table démontrant sa bonne volonté.

"Je vous remercie," soupira Mozzie soulagé, se penchant à nouveau sur son clavier. Il ouvrit un dossier et invita les deux hommes à s'approcher.

A l'écran apparut une liste de fichiers comportant des noms, classés par un code couleur. Neal saisit immédiatement le sens des couleurs et pâlit légèrement. Il avait oublié certains des noms et ne se souvenait absolument pas que la liste fût aussi longue.

"Et bien M. Caffrey, votre vie n'a vraiment rien de monotone…" commenta Reese.

A la bibliothèque, assis à sa table, Finch observait les écrans qui affichaient tous les dossiers que le mystérieux M. Lunettes était en train de montrer à John et à Neal. John, vous avez décidément encore beaucoup de choses à apprendre sur moi…

Les alertes d'intrusion que Mozzie avait détectées, indignes de son niveau de compétence dans ce domaine, n'avaient en fait pour but que de détourner l'attention. Dès les premiers instants de sa tentative, Finch avait détecté le très haut niveau de protection de l'ordinateur, il lui avait donc fallu employer des moyens plus subtils.

Dans ce cas précis, il avait utilisé la connexion Bluetooth du téléphone de John pour transférer un malware dans l'ordinateur, lui aussi équipé de la même connexion. Le ver qu'il avait ainsi fait pénétrer lui permettait maintenant d'avoir une porte dérobée sur l'ordinateur et ainsi accéder à toutes les informations.

Ce qu'il découvrit en explorant le système lui fit penser que quelqu'un de très pointu, un hacker comme lui, probablement, avait participé à la création de la puissante protection en place. Soit ce M. Mozz était particulièrement doué, soit il s'était fait aider. Une autre porte dérobée….

M. Lunettes était décidément bien intriguant. Finch décida d'étudier cette porte dérobée, en n'omettant pas toutefois de transférer l'opération sur un système annexe qui fonctionnait en toute autonomie de son réseau habituel de recherches. Hors de question de prendre le risque de donner accès à son système à quelqu'un d'autre. Etant donné les protections qu'il avait dû contourner, il se doutait bien que "pousser cette porte" allait lui réserver des surprises, bonnes ou mauvaises, cela restait à vérifier. On n'était jamais trop prudent. Les conséquences avaient été dramatiques la seule fois où quelqu'un avait effectivement réussi à pénétrer son système.

Au loft, les trois hommes regardaient l'écran un peu dépassés par la tâche. La liste était longue.

"J'imagine que vous ne me donnerez pas accès à cette liste," murmura John.

Quatre yeux noirs le foudroyèrent et il fit malgré lui un léger pas en arrière. Décidément, il allait avoir du mal à gagner la confiance de ces hommes, surtout le binoclard. Ils semblaient cependant prendre au sérieux ses dires. Peut-être pourraient-ils étudier la question dans leur coin. Il ne doutait pas que Finch trouverait tôt ou tard un moyen d'accéder à leurs données.

En attendant, rester ici ne l'avançait à rien. Il sortit un téléphone de sa poche.

"M. Caffrey, je crois que vous avez égaré votre portable... J'aimerais pouvoir vous joindre en cas de besoin."

"Ah ! Bien sûr, comme ça vous n'avez même pas besoin de cloner le téléphone de Neal. Vous êtes directement connecté dessus," gronda Mozzie.

"Rien ne vous empêche de vous procurer un autre téléphone pour votre usage personnel," rétorqua John, répondant à Mozzie mais en regardant Neal.

"Qui êtes-vous ?"

La question à 1000 dollars. Il va vraiment falloir que je trouve une réponse à donner un jour, pensa John.

"Juste quelqu'un qui verrait votre mort d'un mauvais œil."

Neal hocha la tête et prit le téléphone. "Merci."

Il le raccompagna à la porte de sortie et le regarda partir vers le sud.


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John quitta la maison de l'Upper East Side en direction de la bibliothèque. Il hésitait à remonter son téléphone. Finch allait lui en vouloir d'avoir coupé la communication. Il essaierait de lui faire comprendre ses motivations.

Levant les yeux sur une vitrine, il ne put retenir un sourire amusé. L'ami de Caffrey était en train de le suivre. Il était bon, il ne l'avait pas vu plus tôt. D'un autre côté, il ne s'y attendait vraiment pas. Ce type était décidément aussi paranoïaque que Finch. Rien que pour cela, il devrait se laisser suivre et l'emmener à la bibliothèque. Une rencontre entre les deux hommes vaudrait son pesant d'or.

Mais Finch n'apprécierait sans doute pas l'humour de la situation. Quelques manœuvres d'évasion, entrées et sorties dans deux magasins et M. Lunettes était semé. Voilà qui résolvait la question de son téléphone. Remettant rapidement les pièces en place, Reese composa un numéro.

"M. Caffrey."

"M. Reese ?" fit Neal surpris d'être recontacté aussi vite.

"Je comprends que vous ne puissiez me faire confiance après une seule rencontre, mais pourriez-vous rappeler votre ange gardien ?"

"Je ne suis pas sa mère," répondit Neal en riant.

"Non, mais il considère votre sécurité comme sa mission numéro un."

"Les vieux amis…"

"C'est lui qui vous a formé ?" devina Reese.

Neal eut un sourire ému en repensant à l'apparition de Mozzie sur le pas de sa porte bien des années plus tôt. Bouc, postiche et des projets à n'en plus finir…

"C'est une longue histoire."

"Vous lui présenterez mes excuses pour lui avoir ainsi faussé compagnie, mais je préfère conserver une partie de mon anonymat pour le moment."

"Je ne manquerai pas de lui passer le message."

"Au-revoir M. Caffrey."

"Appelez-moi Neal."

"John. A bientôt Neal."

"Au-revoir John."

Neal n'avait pas fini de couper la communication qu'il entendit un vibreur dans le tiroir de la bibliothèque. Le portable dont seul Mozzie avait le numéro et qu'il n'utilisait que pour leurs conversations privées.

"Tu l'as perdu ?" demanda Neal innocemment, un sourire dans la voix.

"Oui… Comment le sais-tu ?"

"John vient de m'appeler pour que je te transmette ses excuses."

"John ?" répéta Mozzie manifestant son mécontentement face à la soudaine familiarité.

"Mozz, si ce qu'il dit est vrai, et tu admettras que ça n'est pas totalement irréaliste, je pense qu'il peut nous aider. Tu veux revenir étudier la liste de mes ennemis potentiels ?"

"Neal, toute la nuit n'y suffirait pas… J'espère que tu as du vin en réserve."

"A tout de suite."


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John arriva à la bibliothèque, se doutant que Finch allait être en colère contre lui.

"M. Reese, je vous serais reconnaissant à l'avenir de ne pas m'exclure des conversations de la sorte. Je ne peux pas travailler si je n'ai pas d'informations."

John fit une grimace. Malgré le ton posé de son employeur, il entendait bien la fureur sous-jacente.

"Finch, nous ne pouvons pas procéder comme d'habitude avec ces deux hommes. Je vous promets de ne rien révéler de compromettant, mais je suis convaincu que nous pourrons compter sur leur silence quoi qu'ils viennent à découvrir. Pour l'instant, ils ne nous font absolument pas confiance."

Finch se contenta d'un léger grognement d'accord. Il faisait confiance à Reese, cela ne voulait pas dire qu'il était obligé d'approuver toutes ses décisions.

Tournant la tête vers le tableau, Reese eut un petit sourire en coin.

"De toute façon, je vois que vous n'avez rien manqué des informations que nous avons pu échanger."

Des photos et informations sur de nouvelles personnes étaient venues enrichir le mur de verre.

"J'ai encore beaucoup de talents cachés, Monsieur Reese," répondit Finch. "Ne me sous-estimez jamais," ajouta-t-il.

"A vrai dire, je me doutais que vous trouveriez une façon ou une autre d'accéder à ces informations," rétorqua Reese. "Je n'aurais pas été surpris que vous ayez pu garder contact malgré la façon un peu théâtrale dont j'ai coupé la conversation. J'essayais simplement de gagner leur confiance ; enfin, surtout celle de ce M. Mozz qui me semble être un grand théoricien des conspirations et qui ne fait confiance à personne, sauf peut-être à Caffrey."

Finch accepta les excuses voilées d'un hochement de tête.

"Avez-vous trouvé quelque chose sur lui, Finch ?" demanda John.

"J'y travaille encore ; enfin, mes ordinateurs y travaillent."

"Qui est ce jeune garçon sur la photo ?" s'enquit Reese en regardant l'un des écrans devant lui.

"J'ai utilisé un logiciel de rajeunissement sur M. Mozzie. Je cherche des traces de lui dans tous les fichiers de l'administration avec cette photo. Je pense que cela prendra un certain temps, en espérant qu'il n'ait pas effacé toutes ses traces. Il est vraiment très fort ou il a des amis particulièrement doués en informatique."

John allait poser une question quand il vit un autre écran où des lignes de chiffres défilaient. Tiens, je ne l'ai jamais vu allumé celui-là, pensa-t-il.

"Finch, pourquoi un autre ordinateur en plus de ceux déjà devant vous ? Ils vous suffisent d'habitude."

"Ah, celui-là… C'est un travail annexe, rien à voir avec notre affaire", répondit précipitamment Finch.

Décidément, quel sens de l'observation, rien ne lui échappe donc jamais ? pensa-t-il de son associé.

John lui jeta un regard sombre.

"Finch, ne me sous-estimez pas non plus. Je sais que vous n'avez pas apprécié que je coupe la communication mais je sais aussi que quand nous sommes sur un cas, et celui-ci m'a l'air bien compliqué, tout ce que vous faites est en relation avec notre numéro en cours, alors ?" répliqua sèchement John.

Finch hocha la tête. Il avait choisi Reese pour ses compétences, son intelligence en faisait partie.

"En accédant à l'ordinateur de M. Caffrey, j'ai trouvé une 'porte dérobée' qui n'a aucune raison valable. J'aimerais savoir qui l'a mise en place et j'essaie de la suivre. Cependant, le niveau de cryptage et de protection est tel que j'ai préféré isoler cette recherche sur un ordinateur exclu de mon réseau. Comme cela, il n'y a aucun risque d'intrusion dans nos systèmes," expliqua Finch.

"Et cela donne quoi ?"

"Rien pour l'instant. Le cryptage que je rencontre est très bon. Le style est élégant, il me semble d'ailleurs l'avoir déjà croisé par le passé, mais le niveau de codage est encore un peu en dessous du mien, donc je devrais arriver à pénétrer dans l'ordinateur qui se trouve derrière."

"Et vous pensez trouver quoi ?" John ne laissa pas le temps à Finch de proposer une réponse. "Laissez-moi deviner... Vous supposez que Mozzie s'est créé un accès à l'ordinateur de son ami. Grâce à cela, vous pensez accéder à son ordinateur et avoir ainsi accès à d'autres informations".

"C'est l'idée en effet, Monsieur Reese. L'ordinateur de M. Caffrey est particulièrement bien protégé. M. Mozz ne peut pas ne pas avoir vu cette porte, ce qui implique qu'il la connaît. Vous avez raison, je pense que c'est lui qui l'a installée. Ceci étant dit, il va me falloir encore quelques heures avant de réussir à la forcer."

"Ce n'est pas comme cela que vous allez m'aider à instaurer la confiance entre eux et moi, vous le savez, n'est-ce pas ?"

"Chacun son travail, M. Reese. Utilisez donc ce charme dont vous savez faire preuve quand vous le voulez," répliqua Finch avec un petit sourire. "Avez-vous tiré quelque chose de votre conversation dans le loft ?"

"Entre le passé de M. Caffrey et son travail au FBI, nous allons avoir du mal à réduire la liste des suspects."

"Il est resté seul chez lui. Il ne court aucun risque ?

"Non. Je doute que quelqu'un veuille juste le tuer. Même si toutes ces baies vitrées chez lui me rendent un peu nerveux. C'est un vrai rêve pour un sniper. Je pencherais peut-être pour un travail à effectuer, quelqu'un qui voudrait utiliser ses compétences."

"Une idée ?"

"Avec ses nombreux talents ? Non, aucune. L'autre souci vient de ce qu'il ne bénéficie plus, pour le moment, de la protection de Burke."

"Je voulais justement y revenir. Après avoir parcouru ses états de service, les appréciations dans son dossier, j'ai du mal à croire que l'agent Burke ait fini par tuer de sang-froid un Sénateur. Je crois que nous devrions nous pencher en parallèle sur le cas de l'agent Burke, afin de déterminer si ces accusations sont bien fondées. La mise en accusation est limpide. Tout accuse l'agent Burke : c'est son arme qui a tiré, il avait de la poudre sur les mains, il cherchait à faire tomber le Sénateur. Tout paraît tellement parfait, trop même... Nous pourrions toutefois avoir un petit avantage au Tribunal."

"Lequel ?" interrogea John surpris. En principe, ils évitaient plutôt tout ce qui était proche de la justice et des forces de l'ordre.

"Le juge Gates est l'une de vos connaissances, n'est-ce pas, John ?" répliqua Finch.

John parut surpris par la nouvelle mais pensa qu'effectivement cela pourrait être un atout, au moins pour essayer de se faire entendre si les preuves arrivaient tardivement.

"Nous avons à faire à un homme politique, Finch, il est temps de faire appel à notre meilleur élément dans ce genre de situation," annonça John.

"Mademoiselle Morgan."

"Zoé," confirma Reese.


A suivre…

N/A : Qui peut donc en vouloir à Neal ?

Stay tuned…


Merci d'avoir lu ce nouveau chapitre ... Cela vous a-t-il plu?

A bientôt

Yellow