Titre :Presque » la Belle au bois dormant
Disclaimer : Les personnages de ToS ne sont pas à moi (eux sont à Namco), pas plus que le conte de La Belle au bois dormant (lui il est à Charles Perrault), dont je me suis librement inspirée pour écrire cette fic. J'ajouterais que cette fic n'a pas pour but de me faire gagner de l'argent ; c'est juste que, prise d'inspiration, je me suis dit : « Tiens ! Si j'essayais ça ! » et voilà ce que ça a donné.
Couple : vous allez comprendre assez vite, cependant, il n'y aura pas de lemon. J'en suis la première désolée.
Genre : C'est censé être un conte, j'ai aussi tenté d'y mettre un peu d'humour…
Ymia : Bien, me revoici donc pour le dernier et le plus long chapitre de cette fic... Avec une semaine de retard sur ce que j'avais prévu. Mais bon. C'est comme çà, et puis voilà. Je tenais à préciser que ce dernier chapitre a été assez dur à écrire pour moi, et qu'au final, il ne ressemble pas du tout à ce que je voulais écrire au départ ; et que par conséquent, je n'en suis pas très satisfaite... Je vous encourage donc à me faire part de vos suggestions quant à l'amélioration de ce chapitre ; de me faire part des éventuelles incohérences, ou de me donner simplement votre avis, en me laissant une review. Après tout, c'est agréable à lire, une review, non ?
Allez, bonne lecture.
Presque la Belle au bois dormant
Et ils vécurent heureux...
Il fallut quelques secondes à Kratos pour se rendre compte de l'endroit où il se trouvait, et du fait que…
Yuan poussa une exclamation de surprise lorsque le Prince Kratos se redressa brusquement, le repoussant par la même occasion.
- Qui êtes-vous ? demanda Kratos, passablement énervé et désorienté.
- Je m'appelle Yuan, prince héritier de la famille Bryant, répondit le jeune homme avec dignité.
- …Je me souviens d'Abyssion Bryant, dit Kratos après quelques secondes de réflexion. Vous êtes donc son fils…
- …Abyssion Bryant était mon arrière grand-père, prince. Mon père se nomme Regal, fils de Krytion.
Kratos lutta pour rassembler ses idées. Abyssion était déjà vieux lorsqu'il l'avait rencontré, il n'était donc pas étonnant qu'il ait un fils…Cependant, quelque chose n'allait pas. Cet homme aux cheveux bleus disait être le petit fils de Krytion. Ce qui était impossible, à moins que…
- Depuis combien de temps suis-je endormi ?
- Depuis deux siècles, Prince, lui répondit Yuan.
Bien. Çà expliquait quelques éléments de… Minute. Deux siècles ?! Il s'était bien rendu compte que son sommeil avait été long et profond, et qu'il avait dû être victime d'un sortilège puissant, mais ce que venait de lui révéler Yuan le laissait abasourdi. Après une telle durée, ses amis, ses parents, son frère…ils devaient tous être…
- Où est mon frère ?
Yuan sourit d'un air un peu gêné, et pointa quelque chose qui se trouvait dans le dos de Kratos… Ce dernier se retourna, et tout son entraînement de soldat ne put suffire à cacher la surprise qu'il éprouva en voyant son jumeau embrasser à pleine bouche un autre jeune homme brun…
- Zelos ! s'écria-t-il. ZELOS ! hurla-t-il ensuite en voyant que son frère l'ignorait...royalement.
- Quoi ?! s'écria alors Zelos en interrompant sa passionnante occupation – permettant ainsi à Lloyd de reprendre son souffle.
- Arrête çà…tout de suite !
- Pourquoi ? fit son frère en faisant la moue, toujours suspendu au cou de Lloyd.
- Mais tu…il…tu ne le connais même pas !
- Euh…je suis le prince Lloyd, héritier de la famille Bryant, intervint Lloyd, Zelos toujours accroché à son cou.
- Voilà ! Je sais qui c'est, maintenant ! ajouta Zelos en tirant la langue à son frère. (Elea974 : je la croyais trop "occupée" moi sa langue… )
- Que… ? fit Kratos, s'offusquant de la grossièreté de son frère.
- Reprenons… ronronna Zelos à l'adresse de Lloyd, qui rougit immédiatement.
- ZELOS !
- Mon très cher frère, tu es parfois absolument exaspérant, soupira Zelos en se bouinant contre le brun d'un air boudeur.
- Et toi absolument insupportable, répliqua Kratos.
- Et très fier de l'être ! rit son frère.
- Zelos, tu vas…
Il s'interrompit lorsque des bruits de courses se firent entendre dans le couloir. Kratos se redressa, imité bien vite par Zelos, qui lâcha – enfin – Lloyd. Les deux princes, quant à eux, avaient posé la main sur la garde de leur épée, prêts à protéger les Princes en cas de danger.
Quelques secondes plus tard, la Reine surgit dans l'encadrement de la porte.
- Mère ! s'exclama Zelos, en essayant de se lever.
La Reine eut un large sourire, avant de se précipiter sur eux. Des larmes de joie coulaient sur ses joues, et elle sanglotait en les serrant tous les deux contre elle.
- Mes enfants…mes chers enfants…répétait-elle entre ses sanglots.
Kratos et Zelos ne purent empêcher leurs larmes de couler, et s'accrochaient de toutes leurs forces à leur mère. D'autres bruits de course se firent entendre, et cette fois ce fut le Roi qui s'arrêta, essoufflé, sur le pas de la porte. En voyant son épouse étreindre ses fils, il s'appuya contre le chambranle, et soupira de soulagement. Le sortilège avait été brisé, et ses enfants lui avaient été rendus.
Il remarqua alors Yuan et Lloyd, qui s'étaient jusque là prudemment tenus à l'écart, et qui assistaient silencieusement aux retrouvailles.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Ce sont eux qui nous ont réveillé, Père, intervint Zelos, en se dégageant un peu de l'étreinte de sa mère.
- Vraiment ? sourit le roi en se rapprochant des deux princes. Et quels sont vos noms, chevaliers ?
- Nous sommes les héritiers de la famille Bryant, lui apprit Yuan. Je me nomme Yuan ; et mon frère que voici se nomme Lloyd. Nous sommes honorés de vous rencontrer, majestés…ajouta-t-il en s'inclinant, imité par Lloyd.
- Nos remerciements ne suffiront pas à vous exprimez notre gratitude, murmura la Reine, devant l'ampleur de ce que vous avez accompli…
- Nous n'avons pas fait grand-chose, objecta Yuan en repensant à la manière dont ils les avaient réveillé.
- Vous avez rompu le charme qui nous retenait tous prisonniers depuis deux siècles, sourit le Roi. Et pour avoir sauvé mes fils, ainsi que tous les habitants de ce château ; nous allons organiser un véritable festin à votre honneur. Forcystus !
- Oui, majesté ?
Un homme solidement bâti entra dans la pièce, et s'inclina devant le Roi.
- Fais mander Kvar, et demande lui de faire le nécessaire, veux-tu ?
- Tout de suite, majesté.
- Et dis lui aussi de préparer des chambres pour les princes, ajouta la Reine.
- Bien.
Il repartit aussitôt pour s'occuper des préparatifs, non sans avoir auparavant salué les Princes. Yuan et Lloyd se concertèrent du regard, avant que Yuan ne reprenne la parole.
- Je ne sais si nous pourrons rester, commença-t-il. Nous avons laissé notre escorte à la lisière de la forêt depuis déjà longtemps, et…
- Vos hommes seront évidemment les bienvenus, sourit le Roi. Vous pourrez repartir demain. Pour le moment, ne pensons qu'à nous réjouir.
La bonne humeur du Roi était communicative, et bientôt tout le monde au château se mit au travail avec enthousiasme. Yggdrasill avait également fait prévenir les Fées Colette, Martel et Raine, sans se douter qu'elles assistaient à la scène depuis le tout début ; et il avait accueilli avec courtoisie l'escorte des deux princes lorsque celle-ci se présenta aux portes de Derris-Kharlan. Yuan et Lloyd se firent cependant âprement réprimander par Botta, qui n'avait pas du tout apprécié leur petite escapade dans un lieu inconnu et enchanté sans aucune protection.
La nuit était bien avancée lorsqu'ils prirent place autour de la table que l'on avait installée pour le festin. A la place d'honneur se tenaient bien évidemment le Roi et son épouse. Yggdrasill avait placé à sa droite le prince Yuan et le prince Lloyd. Kratos avait été installé en face de Yuan, et Zelos était face à Lloyd.
Divers mets, tous plus exquis les uns que les autres, se succédaient devant les convives ; mets fournis en grande majorité par les trois Fées, qui, en deux cent ans, avaient eut le temps de parcourir le monde, et ainsi d'en découvrir la richesse culinaire ; qu'elles partageaient maintenant avec tous les invités.
Zelos parlait allègrement avec Lloyd, qui arborait une expression ravie. Son frère aîné, en revanche, avait moins de chance avec le Prince qui lui faisait face. En effet, depuis le début du repas, Kratos semblait n'avoir de cesse que de l'ignorer. Yuan commençait à se demander ce qu'il avait bien pu faire pour se faire ainsi repousser – mis à part le fait de l'avoir embrassé (Elea974 : Peut être qu'il embrasse mal tout simplement…). Il s'apprêtait à demander conseil à son frère – une fois n'est pas coutume – lorsqu'une des Fées – il lui sembla qu'elle s'appelait Colette, porta un toast. Elle semblait quelque peu éméchée au moment où elle prononça ces mots :
- Aux princes, à l'Amour, et à l'hydromel, hic ! Que leur vie soit prospère et enchantée ! Quoi que pour l'enchantement ce soit déjà fait, hic !
Tous les convives reprirent ses voeux en riant, pendant que Raine et Martel, s'excusant auprès des souverains, emmenaient la pauvre Colette qui avait visiblement confondu le nectar de lys avec l'hydromel…
Yuan avait, comme tous les autres, levé son verre avec un sourire amusé ; et son regard se porta sur Kratos. Lui n'avait pas levé son verre, ne sachant s'il devait prendre au sérieux ou pas les paroles prononcés par la Fée quelque peu éméchée. Yuan lui sourit, avant de porter le verre d'ambroisie à ses lèvres. Kratos se détourna, et rougit imperceptiblement, son cœur battant soudain un peu plus vite. En face de lui, le sourire de Yuan sembla se ternir quelque peu lorsqu'il s'aperçut que le Prince en face de lui se refusait même de ne serait-ce le regarder
La Reine, qui l'observait discrètement, eut un sourire. Un de ses fils semblait avoir besoin d'aide…
- Colette, enfin, reprend toi ! s'exclama Raine en soutenant la jeune Fée.
Celle-ci s'était mise à tanguer dangereusement, et riait joyeusement tout en chantonnant une chanson à propos d'un certain Michel qui aurait perdu son chien adoré… (Elea974 : La chanson que je connais moi parle d'un chat… Ymia : Oui, mais Colette préfère les chiens, alors j'ai dû adapté.)
- Confondre le nectar avec de l'hydromel, enfin, grommela encore la Fée en roulant des yeux. Et ça te fait rire ? continua-t-elle, menaçante, à l'adresse de Martel.
- En effet, la Fée souriait malicieusement, tout en aidant Raine à porter leur collègue ivre. Savais-tu que les paroles d'une Fée saoule font souvent office de prédiction ?
- … Tu n'es pas sérieuse ?
Le sourire que Martel lui adressa en guise de réponse la fit soupirer. Décidemment, pensa-t-elle en regardant Colette qui essayait maintenant de transformer une citrouille en carrosse. En voyant celle-ci réussir, elle se demanda si le jeune Fée était ou très douée, ou complètement écervelée…
Non, vraiment, il ne comprenait pas.
Lorsque le Roi se leva, indiquant ainsi aux convives la fin de la réception, Kratos se dépêcha de s'incliner rapidement afin de souhaiter une bonne nuit aux souverains, et s'empressa de quitter la salle.
- Qu'est-ce qui lui arrive ? s'interrogea Yggdrasill, ne comprenant pas l'attitude de Kratos, d'ordinaire si posé.
- Rien de grave, lui répondit son épouse en souriant. Ne t'inquiète pas, je vais aller lui parler…
La Reine l'embrassa tendrement et prit le même chemin que son fils.
- Sire, nous venons prendre congé, et vous souhaitez une bonne nuit, intervinrent Yuan et Lloyd en s'inclinant.
- Bien. Zelos va vous accompagner à vos appartements.
- Nous ne voudrions pas indisposer le prince Zelos, dit Lloyd en jetant un regard légèrement anxieux au jeune homme aux cheveux rouge.
- Ce sera avec un grand plaisir, Père, répliqua Zelos avec un immense sourire.
Yggdrasill acquiesça, souriant lui aussi ; et Zelos attrapa le bras de Lloyd, l'entraînant avec entrain vers la sortie, suivit de Yuan.
- Accompagne les, Forcystus.
- Bien, Majesté.
Le chef de la garde se hâta donc lui aussi ; rattrapant les trois jeunes gens qui venaient d'atteindre les portes. Le Roi se tourna alors vers Botta.
- Messire Botta, commença-t-il, peut-être pourrions nous parler un peu avant que vous ne preniez congé…
Botta hocha la tête, et s'assit sur le siège que Kratos avait occupé un peu plus tôt ; pendant qu'Yggdrasill reprenait sa place.
- Parlez moi de l'actuel souverain de Tesse'halla…
- Moi je n'ai jamais pu aller à la chasse…commenta Zelos, accroché au bras de Lloyd qui venait de lui narrer le récit de leur chasse au sanglier.
- Et qu'appelez vous le fait de monter à cheval dans la forêt, armé de lances et d'un arc, prince ? sourit Forcystus.
- Je veux dire tout seul, répliqua Zelos en le fusillant du regard, et en appuyant bien sur le dernier mot. Sans une vingtaine de gardes comme escorte…
- Nous avons aussi une escorte qui est tenue de nous accompagner lors de nos déplacements, Prince, intervint Yuan.
- Peut-être bien, admit Zelos.
- Nous sommes arrivés, mon prince, fit remarquer Forcystus.
- Je sais, soupira Zelos. Je me demande pourquoi Père a tenu à ce que tu nous accompagnes, ajouta-t-il en lui jetant un coup d'œil suspicieux.
- Qui sait ? répondit le garde en haussant les épaules.
Zelos grommela quelque chose et entra dans la chambre, suivit de Lloyd et Yuan. Forcystus quant à lui, se posta derrière la porte qu'il avait pris soin de refermer.
- Cela ne vous ennuie pas de partager la même chambre ? demanda Zelos.
- Nullement, lui assura Yuan en se dirigeant vers l'un des deux lits qui se trouvait là.
- Nous allons laisser un garde à votre disposition, si vous avez besoin de quoi que ce soit, adressez vous à lui, dit encore Zelos.
- Merci.
Le jeune homme regarda Yuan s'asseoir sur le lit qu'il avait choisi, et le vit soupirer bruyamment. Il jeta un coup d'œil à Lloyd, qui lui sourit un peu tristement. Il sourit à son tour, et le lâcha pour aller s'asseoir près de Yuan. Le prince aux cheveux bleus releva la tête, l'air un peu surpris.
- Malgré les apparences, commença Zelos, mon frère n'est pas insensible. Je pense que vous devriez aller lui parler.
- Il ne m'a pas semblé très enclin à la conversation lors du repas, fit remarquer Yuan.
- Il a toujours eu un peu de mal à communiquer avec les autres, grimaça le Prince. Et à extérioriser ses sentiments… (Elea974 : Tiens on dirait Squall... )
Yuan n'avait pas l'air convaincu, aussi Zelos crut bon d'ajouter un dernier argument.
- Qu'est-ce que vous perdez à essayer de lui parler ? Allez-y, et montrez lui que vous êtes sérieux !
- Tu devrais l'écouter, Yuan, ajouta Lloyd lorsque son frère se tourna vers lui, visiblement en quête de son avis. Sinon tu le regretteras.
- Très bien ! s'exclama Yuan en rendant les armes. J'irais lui parler ! Dès demain, je…
- Hors de question ! se récria Zelos. Vous irez ce soir !
- Que…je ne sais même pas où est sa chambre ! contra Yuan.
- Forcystus va vous y mener. N'est-ce pas, Forcystus ?
- Vos désirs sont des ordres, Prince Zelos, répondit le garde d'une voix étouffée.
- Allez-y, maintenant, fit Zelos en le poussant vers la porte. Et soyez sincère ! Il sent tout de suite si quelqu'un lui ment ou pas…
- Mais, je…
- Pas de mais, allez-y, c'est tout. Vous me remercierez plus tard, assura le Prince en le remettant à Forcystus.
- Bonne chance, Yuan, l'encouragea Lloyd.
Yuan lui fit un pauvre sourire en retour, et suivit le garde qui riait sous cape. Lloyd reporta alors son attention sur Zelos, qui était retourné s'asseoir sur un des lits. Celui-ci semblait plutôt las. Intrigué, le brun vint s'asseoir auprès de lui.
- Quelque chose ne va pas ?
Zelos eut un petit rire, et s'appuya contre lui.
- Il faut toujours qu'on s'occupe de lui, murmura-t-il finalement. Même s'il paraît plus fort…
- Je crois que je connais ça, sourit Lloyd en lui passant un bras autour des épaules. Que feraient-ils sans nous ?
- Oh, je suis persuadé qu'ils survivraient, rit Zelos. Mais leur vie serait sûrement plus morne sans nous !
Il rirent encore quelques instants, puis ils redevinrent sérieux. Zelos avait posé sa tête sur l'épaule de Lloyd, qui lui caressait tendrement les cheveux ; et ils profitaient simplement tout deux de l'instant présent. Au bout d'un moment, Lloyd baissa les yeux vers Zelos.
- Zelos ?
- Oui ?
- Tu crois qu'ils s'en sortiront ?
Zelos sourit, et les yeux bleus firent face au regard brun. Lloyd se sentit frissonner. Le sourire de Zelos s'agrandit, et il se rapprocha du visage de Lloyd. Voyant que celui-ci ne faisait aucun mouvement pour se rapprocher davantage – ou s'éloigner – il combla de lui-même les quelques centimètres manquant. Il posa juste ses lèvres sur celles du brun, se contentant de ce simple contact, juste heureux d'être là, bien réveillé, avec celui qu'il aimait…
- J'en suis persuadé, répondit-il lorsqu'ils se séparèrent. Je leur fais confiance pour çà.
Kratos, sitôt quitté la salle où avait eu lieu le festin, s'était dépêché de retourner à sa chambre. Ce n'est qu'une fois la porte refermée qu'il s'autorisa un soupir. Il se passa une main lasse sur le visage, et secoua la tête en repensant à son attitude de ce soir. Il s'étonnait d'avoir été aussi grossier. Son attitude n'avait manifestement pas échappée à son père, qui ne manquerait pas de lui faire remarquer son manque flagrant de délicatesse à l'égard de leurs invités… Ou plutôt à l'égard de l'un de leurs invités…
Penser au prince Yuan fit émerger de nombreuses autres questions, et bien peu de réponses. Se démenant dans ses pensées confuses, il se dirigea vers la fenêtre qui lui faisait face, et par où se déversait une douce lueur argentée. Il l'ouvrit en grand, et frissonna sous le vent glacial d'hiver…
Il jeta un bref coup d'œil à la cour, et leva les yeux vers la Lune. Même si celle-ci n'en était qu'à la moitié de son cycle, elle brillait d'un vif éclat, qui rasséréna aussitôt Kratos. Depuis sa plus tendre enfance, l'astre lunaire avait eu le don de l'apaiser, et de chasser ses incertitudes. Et cette fois encore, la lune l'aida à recouvrer ses esprits…
Et une fois encore, il ne put s'empêcher de penser au prince aux cheveux bleus, et à ce sourire tendre qu'il avait eu en le voyant s'éveiller…Il rougit en songeant au baiser qu'il lui avait donné, et passa les doigts sur ses lèvres. Il lui sembla qu'elles avaient encore son goût, son parfum…Il secoua la tête. Il s'égarait, encore….
- Que m'arrive-t-il ? soupira-t-il, effaré.
- Je peux sans doute t'aider à y voir plus clair.
Kratos sursauta, et se retourna brusquement.
- Mère ! s'écria-t-il, le cœur battant à tout rompre.
Il ne l'avait pas entendu entrer, et elle s'avança, un étrange sourire aux lèvres, pour le rejoindre devant la fenêtre. Elle aussi contempla quelques instants la Lune, puis s'en détourna, reportant toute son attention sur son fils…
- Viens, dit-elle en l'entraînant vers le centre de la pièce. Je ne voudrais pas te voir tomber malade, après toutes ces années de sommeil…
Il se laissa mener aux fauteuils disposés devant la cheminée, où rougeoyaient encore quelques braises, vestiges d'un feu allumé il y a plusieurs heures par un serviteur. Genis remis quelques bûches dans l'âtre, et les enflamma d'un mot de pouvoir. Quelques secondes après, un feu diffusant une agréable chaleur brûlait joyeusement dans la cheminée. Kratos prit alors seulement conscience des frissons qui couraient sur sa peau, et du froid qui régnait dans la pièce. Il remercia sa mère, qui lui sourit.
- Tu te poses des questions, n'est-ce pas ? commença-t-elle en ne le quittant pas des yeux.
- Oui, répondit-il en se détournant.
Il fixait maintenant le feu d'un air absent, pensif.
- Et ces questions concernent toutes le prince Yuan…
C'était là une affirmation, l'énonciation d'une évidence. Kratos s'en rendit compte, et se tourna vivement vers sa mère.
- Comment…
- J'avais le même regard autrefois, lui répondit la Reine.
Cette fois-ci, ce fut elle qui se détourna pour contempler les flammes. Elle sembla s'y absorber pendant quelques secondes, puis soupira avant de reprendre.
- C'est ainsi que je regardais Yggdrasill, à cette époque où il me semblait si lointain, si inaccessible… (Elea974 : "mon fils, il est temps pour toi de devenir un homme" Mais après deux cents ans d'inactivité, la tuyauterie est elle encore en état de fonctionnement? (loooong soupir de lassitude et d'exaspération de l'auteur) Bon ça va je vais me cacher…)
Kratos se taisait, attendant la suite, qui ne tarda pas.
- Il était le prince en passe de devenir Roi, et moi j'étais la fille d'un des nombreux seigneurs qui lui avait fait serment d'allégeance. Je ne l'avais rencontré qu'une fois, lors de festivités données à l'occasion de son vingtième anniversaire, et je ne lui avais parlé que quelques instants. Ces quelques instants avaient suffit pour que j'en tombe amoureuse.
Elle s'interrompit, le regard vague, perdue dans de vieux souvenirs.
- Et vint le jour où il dut se choisir une épouse. Toutes les jeunes filles du Royaume furent conviées. Malheureusement, je ne pus me rendre au château, car ma sœur souffrait d'un mal persistant, et avait besoin de ma présence à ses côtés. Je me souviens encore de ma peine et de mon désespoir à l'idée que je n'aurais pas la chance de devenir sa reine, de pouvoir rester à ses côtés… Mais quelques jours plus tard, on m'apprit qu'il avait refusé toutes celles présentes ce jour là. Malgré les supplications, et les menaces du Roi, il avait refusé de se fiancer avec l'une des jeunes filles présentes. Le soulagement, l'espoir, et aussi l'inquiétude avaient remplacé mon abattement des derniers jours. Je me disais que s'il avait refusé toutes celles présentes, son cœur devait déjà être épris ; et que, par conséquent, mes propres chances s'en trouvaient affaiblies, mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer… Puis, il est finalement venu.
Elle ne put s'empêcher de sourire, en se remémorant ce souvenir.
- Il est venu me voir, et m'a demandé si je voulais l'épouser. Il m'est impossible de te décrire la joie que j'ai éprouvée alors, de t'expliquer ce qu'était ce sentiment indicible qui s'est emparé de moi à ce moment là…
Elle se tourna vers lui, un sourire radieux éclairant son visage pâle, éclairé par la vive lueur des flammes.
- Depuis, mes sentiments envers lui n'ont pas changé. Et ton frère et toi connaissez à votre tour ce sentiment inaltérable, qui renforce et affaiblit, qui rend heureux mais aussi parfois malheureux…
Kratos avait pâli.
- Mère…Vous voulez dire que je suis… (Elea974 : Enceinte! Euh non, pardon, je m'égare…Ymia : DEHORS ! è.é )
- Tu es amoureux, Kratos. Irrémédiablement amoureux du prince Yuan.
Fin du chapitre !
Je rigole.
(Comment çà "pas drôle" ?)
- Je persiste à dire que ce n'est pas une bonne idée, s'entêta Yuan, de plus en plus nerveux à mesure qu'ils s'approchaient des appartements du Prince Kratos.
Forcystus sourit devant son inquiétude. Depuis qu'ils avaient quitté Zelos et Lloyd, Yuan ne cessait de tergiverser sur le bien-fondé de cette entreprise.
- Et que pourrais-je bien dire une fois face à lui ? S'il daigne seulement m'adresser un regard…
- Et pourquoi ne le ferait-il pas ? s'étonna le capitaine.
- Il n'a eut de cesse d'éviter mon regard durant toute cette soirée ! s'exclama Yuan, blessé plus qu'il ne le pensait par l'attitude du Prince. Il doit me détester ou au moins me mépriser pour agir ainsi…
- Je ne le pense pas, répondit calmement Forcystus.
- Que voulez vous dire ? s'enquit le prince.
- S'il vous méprisait, ou s'il vous détestait, expliqua l'homme, il vous aurait offert son regard le plus glacial dont il a le secret, mais il vous aurait parlé, ne serait-ce que par respect envers son père et envers le protocole. Or, il a cherché uniquement à échapper à votre regard.
- Mais pourquoi ?
- Parce que vous le troublez. Et croyez moi, ajouta-t-il en se tournant, souriant, vers le prince étonné, il en faut beaucoup pour troubler Kratos.
Yuan releva les yeux et chercha sur le visage de l'homme à côté de lui la moindre trace prouvant qu'il plaisantait, ou qu'il se moquait de lui. N'en décelant aucune, il réfléchit aux conséquences de ce que cela impliquait, et un sourire naquit sur ses lèvres. Forcystus, qui le regardait du coin de l'œil vit avec satisfaction ce sourire fleurir sur le visage du prince.
- Nous y sommes.
Il s'arrêta devant une porte en chêne, et Yuan releva vivement la tête. Sa nervosité revint à grand pas, accompagnée de quelques renforts, il semblerait.
- Je vais lui annoncer votre arrivée, lui dit Forcystus.
Avant que Yuan ait pu faire un geste pour l'en empêcher, le capitaine de la garde poussa la porte, qui s'ouvrit sans peine. Il allait entrer, lorsqu'il entendit la voix de la Reine, qui semblait discuter avec le Prince. Devant le regard interrogateur et angoissé de Yuan, il posa un doigt sur ses lèvres et lui fit signe de se rapprocher de la porte entrouverte. Fronçant les sourcils, il fit ce qu'on lui demandait, et écouta attentivement.(Elea974 : Mais c'est très malpoli d'écouter aux portes! Même pour un prince! è.é Ymia : Chut ! )
- Mère…Vous voulez dire que je suis…
Le Prince avait l'air surpris, presque choqué. Yuan comprit pourquoi lorsqu'il entendit la phrase prononcée par la Reine peu après.
- Tu es amoureux, Kratos. Irrémédiablement amoureux du prince Yuan.
Il ne put rien dire de plus, stupéfait. Son regard se tourna de nouveau vers les flammes, cherchant à se raccrocher à quelque chose de tangible. Il entendit sa mère se lever, mais ne bougea pas, essayant sans grand succès de reprendre ses esprits. Elle lui souhaita une bonne nuit, et l'embrassa sur le front. Avant de le quitter, elle le prit dans ses bras, et lui murmura quelques mots d'encouragement. Puis elle le laissa, et se dirigea vers la porte.
Ce n'est qu'une fois dans le couloir, et la porte refermée, qu'elle s'adressa à Forcystus et au prince.
- Depuis combien de temps nous épiez-vous ? demanda-t-elle, souriant d'un air malicieux.
- Nous n'avions pas l'intention de…commença le prince, visiblement mal à l'aise.
- Nous n'avons entendu que les derniers mots que vous avez échangés, majesté, répondit le chef de la garde. Nous venons d'arriver.
- Bien. En ce cas, vous avez entendu l'essentiel, n'est-ce pas ? fit-elle en se tournant vers Yuan.
Celui-ci hocha la tête, gêné, et la Reine eut un sourire chaleureux.
- Alors vous savez quoi faire, maintenant, dit-elle encore avant de se tourner vers le capitaine. Je pense que nous pouvons les laisser se débrouiller seuls, maintenant, Forcystus.
- Bien, majesté.
Il adressa un bref signe de tête au prince Yuan en guise d'encouragement, et s'en alla. La Reine demeura encore quelques temps en compagnie du jeune homme.
- Je vous ai préparé le terrain, lui annonça-t-elle, à vous de le convaincre de la véracité de mes paroles…
- Je…je ferais de mon mieux, altesse.
- Je n'en doute pas.
Souriant toujours, elle fit apparaître une petite boule lumineuse, et s'éloigna elle aussi, regagnant ses appartements, et le laissant seul devant ceux de son fils.
Yuan prit de longues inspirations, avant de se décider enfin. Il frappa, mais n'obtint aucune réponse. Il prit son courage à deux mains, et entra.
Il trouva Kratos assis dans un fauteuil, près d'une cheminée où brûlait un bon feu. Celui-ci ne semblait pas avoir remarqué son entrée dans la pièce, aussi Yuan se rapprocha-t-il quelque peu, de façon à voir son visage.
- Prince ?
Kratos ne parut pas l'entendre : il avait l'attitude typique de ceux qui sont perdus dans le dédale de leurs propres pensées. Et un dédale fichtrement profond, en plus. Yuan contourna le second fauteuil, que la Reine avait quitté quelques instants plus tôt, et s'agenouilla près du Prince, cherchant à accrocher son regard.
Comme la méthode s'avérait peu concluante, il reprit la parole.
- Prince Kratos ?
Cette fois-ci, le jeune homme cligna des yeux, semblant revenir à la réalité, avant de se tourner vers lui, l'air encore légèrement songeur. Puis Yuan crut voir ses joues se colorer d'une délicate teinte d'incarnat, avant qu'il ne se lève brusquement de son fauteuil. Il se leva à son tour, quoique plus calmement, et lui fit face.
- Que…que faites-vous ici ?
- Je suis venu pour vous parler, Prince, lui répondit prudemment Yuan, ne sachant pas encore comment il devait interpréter le trouble qu'il lisait dans le regard ambré.
Kratos sentait sa gorge se serrer. Sa mère venait de lui ouvrir les yeux sur ce sentiment diffus et confus qu'il sentait naître en lui ; et voilà que surgissait presque aussitôt celui dont les yeux venaient le tourmenter même au plus profond de ses pensées…
- Je…Comment avez-vous trouvé ma chambre ?
- Forcystus m'a guidé jusqu'à vous, sourit Yuan, sur ordre de votre jumeau, qui s'inquiétait de votre départ précipité…
- …Il semble que même deux siècles de sommeil n'aient pas réussi à apaiser mon frère, et son incorrigible besoin de se mêler de ce qui ne le regarde pas, soupira Kratos en se rasseyant.
Il invita Yuan à faire de même, avant de reprendre.
- Eh bien soit, parlons. De quel sujet souhaitiez-vous vous entretenir ?
- En fait, ayant appris par votre frère que vous n'aviez pu parcourir le pays en toute liberté durant vos jeunes années, j'avais pensé vous conter quelque uns de nos propres voyages…répondit le prince, un peu surpris par le calme soudain de Kratos.
- J'avoue que l'idée me séduit, sourit Kratos.
Il n'y avait d'ailleurs pas que l'idée qui l'ait séduite…
- Voudriez vous entendre un récit en particulier ?
- Avez-vous déjà vu l'océan ? demanda le Prince en guise de réponse.
- J'y ai même navigué, avoua Yuan dans un sourire. Je n'avais que neuf ans, mais je m'en souviens parfaitement.
Comme Kratos ne l'interrompait pas, il se cala plus confortablement dans son fauteuil, et poursuivit.
- Père nous avait emmenés, Lloyd et moi, afin de nous faire découvrir le port de Palmacosta. Nous avons alors découvert avec émerveillement ces grands et imposants bâtiments, que Père nous désignait sous le nom de « bateaux », ou encore de « navires » ; et ce fut également la première fois que nous découvrions l'océan, cette immense et sans nul doute infinie masse d'eau salée. Rien ne nous avait préparé à un tel spectacle, et…
Pendant que Yuan racontait, les yeux dans le vague, le monde tel qu'il l'avait alors découvert, Kratos quant à lui ferma les yeux, s'imaginant sans trop de peine toutes ces merveilles que lui n'avait jamais pu voir autrement que dans les livres.
Pourtant, son regard revint bien vite sur l'héritier des Bryant. Sans vraiment s'en rendre compte, ses yeux parcoururent son visage, s'attardant sur les lèvres fines d'où s'élevait la voix profonde et mélodieuse ; ces lèvres dont il avait encore le goût sur les siennes…
Continuant sa silencieuse exploration, il suivit une mèche de cheveux bleus qui s'échappait de son catogan, et qui retombait devant ses yeux, bleus également. Un bleu qui rappela à Kratos celui qu'il apercevait parfois de loin en été, le bleu de cet océan qui le faisait tant rêver. Cet océan là n'était peut-être pas fait d'eau, mais il demeurait profond, insondable, et si attirant que le jeune homme finit par s'y noyer…
- Prince ?
Il s'arracha à sa douce rêverie lorsqu'il s'aperçut que Yuan l'appelait, et ce apparemment depuis un moment. Le prince le fixait, manifestement inquiet, et Kratos se sentit une nouvelle fois rougir. Il se leva brusquement, et se dirigea vers la fenêtre, demeurée ouverte. Il s'appuya contre le chambranle, les yeux levés vers le ciel, mais cette fois, la lune était dissimulée par des nuages, l'empêchant de recouvrer son calme.
- Prince ?
Yuan se leva à son tour, et s'approcha de Kratos, qui lui tournait à présent le dos. Comme ce dernier ne répondait pas, il s'avança encore, et posa ses mains sur les épaules du Prince.
- Kratos ?
- Quel est donc ce sortilège ? murmura-t-il alors.
Son cœur battait trop vite, et son esprit était troublé ; troublé par la présence du prince si près de lui, troublé par les paroles que sa mère avait prononcé avant de le quitter, troublé par ce désir qu'il sentait poindre en son cœur…
- Suis-je encore le jouet d'un quelconque sortilège, ou bien tout ceci est-il réel ?
Yuan sourit, comprenant tout d'un coup ce qui tourmentait le jeune homme. Doucement, afin de ne pas le brusquer, il fit descendre ses mains le long des bras de son aimé, et finit par l'enlacer, posant sa tête au creux de son cou.
- Si cela peut vous rassurez, souffla-t-il, sachez que même les Fées ne peuvent contrôler les sentiments…
Il sentit Kratos frémir, et il resserra légèrement sa prise.
- Ce que je ressens à votre égard n'est le fruit d'aucun sort, et ne vient que du plus profond de mon cœur. Cependant…
Il le relâcha, et s'éloigna d'un pas.
- Si cette affection que j'éprouve pour vous vous déplaît ; si ma présence à vos côtés vous insupporte, je ne vous l'imposerais pas plus longtemps…
Tout en parlant, il s'était encore éloigné, attendant avec appréhension sa réaction. Le Prince ne bougea pas. Yuan, abattu, se détourna et il se dirigea vers la porte, s'apprêtant à repartir.
- Attends !
Il se retourna juste à temps pour recevoir Kratos dans ses bras. Celui-ci se serra contre lui, le visage enfoui dans ses vêtements.
- Ne me laisse pas. (Elea974 : Si c'est pas mignon… j'ignorais que tu avais un tel potentiel de gnangnantitude... Ymia : (rougit) Et alors ? )
La sensation de vide qu'il avait ressentie lorsque Yuan avait prononcé ses derniers mots ; le froid qui l'avait envahi lorsqu'il s'était éloigné, l'avaient finalement convaincu, et lui avaient fait accepter ce que cela impliquait.
Yuan sourit, avant de l'embrasser doucement ; sur le front d'abord, puis sur les lèvres.
- Tes désirs sont des ordres, mon Prince…
- Ne pouvez-vous rester plus longtemps ? demanda Zelos pour une énième fois.
- Je suis navré, Prince, répondit Botta, mais nous devons rentrer. Nous n'avons déjà que trop tardé…
- Mais…
- Ne t'inquiète pas, intervint Lloyd.
Il s'approcha de Zelos et le serra contre lui. Le Prince enfoui son visage dans son cou, en retenant quelques larmes. (Elea974 : Mais ils se connaissaient que depuis quelques jours - voire quelques heures… ils sont vraiment fleur bleue ces princes… Ymia : Les coups de foudre, tu connais ? Je te rappelle aussi pour la dernière fois que c'est un conte ! )
- Je ne veux pas que tu partes…murmura Zelos, de sorte que seul Lloyd l'entendit.
- Ne t'inquiète pas, répéta Lloyd en lui caressant les cheveux. Je reviendrais. Je te le promets…
Il le relâcha, et le regarda dans les yeux en prononçant les derniers mots. Zelos soutint son regard, puis finit par sourire tristement.
- Dans ce cas, je t'attendrais… lui dit-il. Mais pas trop longtemps, j'ai déjà attendu deux cents ans pour te rencontrer, n'oublie pas, ajouta-t-il plus bas.
Lloyd se mit à rire, et serra encore une fois Zelos contre lui ; avant d'enfourcher sa monture.
Un peu plus loin, Yuan faisait ses adieux à Kratos. (Ymia : ici, il faut comprendre les adieux comme étant un au revoir, hein ! Elea974 : Je pense que tout le monde avait compris.)
- Tu me manqueras, lui souffla le prince en le serrant contre lui.
- Et toi tu me manques déjà, lui répondit Kratos en souriant.
Ils se séparèrent à regret, et Yuan se détourna pour se mettre en selle lorsque Kratos le retint.
- Reviens moi vite.
Yuan sourit, et se rapprocha de nouveau de son Prince.
- Promis.
Il déposa un léger baiser sur ses lèvres, et lui murmura quelques mots à l'oreille avant de monter en selle.
Les deux princes rejoignirent Botta et le reste de leur escorte, qui les attendait un peu plus loin, et, après un dernier signe de la main à leurs compagnons, ils franchirent les portes de la ville, et s'éloignèrent au petit galop.
Kratos et Zelos ne se détournèrent que lorsqu'ils eurent disparu au loin, et soupirèrent de concert. Ils reprirent ensemble le chemin de Derris-Kharlan, silencieux. Une fois qu'ils eurent passé le seuil du château, Zelos prit la parole.
- Que t'a-t-il dit avant de s'en aller ? voulut-il savoir.
- Ça, mon très cher frère, c'est un secret, sourit Kratos en lui faisant un clin d'œil. (Elea974 : Voilà une réflexion qui laisse la porte ouverte à toute sorte de pensées… et connaissant l'auteur, ce ne sont sûrement pas de chastes pensées… Ymia : Pourtant, en lisant cette fic, on jurerait que c'est toi la perverse se service...
- Que… commença Zelos. Je suis ton jumeau ! Tu ne dois rien me cacher !
- Ça, c'est ce que tu crois, répliqua son frère en riant franchement de son air outré.
- Kratos, je vais te…
- Princes !
Les deux jeunes hommes se retournèrent, et se figèrent en voyant Kvar s'avancer vers eux, menaçant.
- Tu crois qu'il s'en est souvenu ? chuchota Zelos.
- Je crains qu'il n'ait la rancune tenace, lui répondit Kratos.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- On bat en retraite ?
- Vendu !
Et ils s'enfuirent en riant, poursuivit par Kvar qui leur promettait une punition exemplaire pour leur comportement indigne, et leur humour douteux… En les voyant passer à toute vitesse devant eux, le Roi et la Reine sourirent.
- Tout est rentré dans l'ordre, dit le Roi en reprenant son chemin, accompagné de son épouse.
Oui, tout irait bien désormais…
The end
Ymia : Voilà, voilà ! J'ai fini ! Encore navrée pour le retard, j'espère que la fic vous a plu et vous donnera envie de revenir pour un prochain conte remanié à la sauce Tales of Symphonia !
Yuan : Parce que tu vas remettre çà ?
Ymia : Yes ! Mais tout est encore sous brouillon, et c'est pas prêt d'être fini... Il me manque encore pas mal de détails...
Kratos : Et quel conte tu vas massacrer la prochaine fois ?
Ymia : Un autre grand classique maint fois repris : Cendrillon.
Yuan : Ah ? Génial. Et oserais-je demander qui seront les victi... les acteurs de ce prochain navet ?
Ymia : Hem... Ben, Kratos et toi. On ne change pas une équipe qui gagne...
Kratos & Yuan : Evidemment.
Ymia : Allez, cette fois c'est vraiment fini ! J'attends vos reviews avec impatience, vous pouvez me féliciter, me critiquer, me conseiller, me descendre en flèche ; allez-y ! Je ne vous engueulerais pas parce que vous me donnez votre avis ! J'espère vous retrouvez lors de la parution (sûrement d'ici un an, ha ha) de mon prochain conte remanié sauce ToS : Crados, ou Cendrillon revisité !
See ya !
