Dans ce chapitre, je vous invite à faire la connaissance d'un nouveau personnage. J'espère qu'il vous plaira. Artemisia Solo ( autre fanfiqueuse dingue à lier ) m'a déjà demandé son numéro de téléphone.
Chapitre 3
Aussitôt couché, je sombrais dans un sommeil agité et peuplé de fantômes. Je me revoyais dans mon armure de bronze à 16 ans, je revoyais Saori, heureuse et souriante dans un grand pré fleuri, puis le chaos, tout devînt sombre et je revis Saga possédé, Abel, Poséidon, Hadès essayer de la tuer. Je revis le poignard d'or de Saga ensanglanté tomber par terre, et je la vis elle, la gorge ouverte et sa robe blanche couverte de sang.
Je me réveillais en sursaut et en sueur. Je me levais avec difficulté, essayant de chasser ces images de mon esprit. Dehors, la neige tombait toujours, et d'après la lumière, il devait être près de midi. Je pris une douche bouillante pour me détendre et décidais d'aller faire un tour jusqu'à l'autel d'Odin, derrière le château, pour me remettre les idées en ordre.
J'y trouvais Hyoga, revêtu de sa robe blanche en fourrure.
Tu as déjà prié Odin, pour délivrer Hilda autrefois ? Il me posa cette question sans même se retourner.
Oui, c'est vrai.
C'est même pour toi qu'il a fait apparaître l'armure divine. Joins-toi donc à moi…
Je ne sais pas au juste pourquoi priait Hyoga, mais moi je ne priais pas vraiment. Je n'avais jamais été très porté vers la prière, et heureusement, ma charge de Pope ne me forçait pas à le faire. Je n'avais jamais prié Athéna, au sens religieux du terme, bien sûr. Ce que je fis donc, aux côtés de Hyoga, c'était demander que cet affreux cauchemar s'efface enfin de mon esprit.
Une voix caverneuse sortie des limbes et que j'avais déjà entendu me dit alors : « Tu as vu ce qui était ». Je regardais aussitôt Hyoga, mais il était toujours en prière, n'avait-il donc rien entendu ? Je me mis à penser à ce qu'on venait de me dire.
Nous étions tous les 4 de nouveau réunis dans le salon vers la fin de l'après midi. Je ne savais si la nuit avait porté conseil à mes compagnons, mais à moi, en tout cas, elle avait apporté son lot d'inquiétudes.
Shiryu fumait toujours et ne laissait pas voir ses émotions. Les deux autres non plus, mis à part un soupçon d'inquiétude sur leur front. Etais-je donc le seul si transparent ? Ils attendaient que je parle, après tout, c'était moi qui étais venu les chercher.
La nuit ne m'a pas vraiment porté conseil, seulement son lot de souvenirs, commençais-je. Mais je sais ce que je vais faire. Athéna a encore besoin de nous. Même sans vous, j'irai.
Moi, je te suis.
Pourquoi, Hyoga ? Es-tu encore un chevalier d'Athéna ? Tu pries Odin, tu commandes aux guerriers divins et l'armure divine est tienne.
Shun, me regardait scandalisé.
Tu as raison, mais au fond de moi, je suis resté un chevalier d'Athéna, fidèle à mes principes, à Athéna et à mon ancien maître Camus. C'est pourquoi je te suis.
Et toi, Shun ?
Tu le sais, j'ai raccroché, mais je suis resté fidèle au Sanctuaire, à ma manière, certes, mais Athéna avait approuvé.
Mais là, que vas-tu faire devant un chevalier d'or qui voudra ta tête ?
Je n'ai pas dit que je partais avec vous.
Et moi ? Tu ne me demandes rien ?
Non, Shiryu, à toi, je ne demande rien.
Nous avons terminé la soirée tranquillement, sans plus nous poser de questions. Le principal avait été dit. Il nous restait une personne à convaincre de venir avec nous, puisque Shun ne pouvait nous accompagner dans « l'autre monde ».
Le lendemain nous étions tous les quatre de retour au Sanctuaire en Grèce. Je n'aurais jamais imaginé à quel point cet endroit me manquerait. Mais toute ma vie était construite autour de Saori et de cet endroit.
Bon, je vous préviens, il n'est plus l'enfant que vous avez connu.
Oui, il n'était déjà pas tellement plus jeune que nous, à l'époque, ajouta Shun.
Et vous aurez une autre surprise. Je préfère vous le dire maintenant, mais sa ressemblance avec son ancien maître me surprend encore moi-même.
Pourquoi, il ressemble à Mü, tu veux dire ? Demanda Hyoga.
Non, à Shion ! Vous vous souvenez de lui, nous avions fait sa connaissance pendant la guerre contre Hadès. Vous verrez, c'est frappant. C'est pourquoi je vous avertis. Bon, je lui ai confié les rênes pendant mon absence, il doit être dans la maison du Pope.
Et il y était effectivement, il écoutait les problèmes d'un des chefs de village, que je connaissais bien. A l'écouter, il avait tous les soucis de la Terre !
Et bien Paolo, que t'arrive-t'il cette fois ? Les récoltes sont mauvaises, ou tu as des rhumatismes ?
Ah, Majesté, je croyais que vous étiez absent ! Et bien, non, j'ai un souci, l'homme que j'avais choisi pour ma fille, refuse de l'épouser, et…
Et tu crois que mon meilleur chevalier va changer les choses ?
Tout le monde me regardait parler à ce respectable chef de village comme si j'avais perdu la tête. Kiki, surtout, qui avait prit sa tête dans ses mains et avait un air désolé.
Paolo, mon ami, ce n'est pas bien grave, mais cette fois, je ne peux rien pour toi. Tu devrais plutôt demander aux prêtresses d'Athéna de te conseiller, elles te prépareront sans doute un filtre d'amour, fis-je en le raccompagnant doucement jusqu'à la porte.
Vous êtes toujours de bon conseil ! Au revoir !
Je me retournais vers mes amis restés sans voix.
Il est juste un peu dérangé…, vous voyez ce que je dois gérer au quotidien !
Nous étions tous assis sur la terrasse privative du palais du Pope, où j'avais l'habitude de prendre tous mes repas. Kiki était détendu de me voir revenu, et semblait vraiment ravi de revoir Shun, Shiryu et Hyoga.
Je parlais à Kiki de la raison de mon départ précipité, et de la présence de mes amis ici. Il était visiblement surpris et ses grands yeux bleus me regardaient avec inquiétude. Il réfléchissait sans me quitter des yeux.
Je pars avec vous. Finit-il par dire.
C'est justement ce que je voulais te demander.
Mais, au fait, Seiya, comment comptes-tu t'y prendre pour te rendre là bas ? Demanda Shun.
Et bien… on m'a parlé d'une porte…
Une porte ?
Un portail, corrigea Kiki.
C'est ça, un portail ! On m'a dit de me trouver dans la maison du Bélier demain à 16h.
Je faisais de mon mieux pour ne pas paraître idiot et avoir l'air de comprendre. Mais j'avais du mal, j'étais largué !
Très bien, finis-je par dire, 16h, ça nous laisse le temps de nous reposer, et en plus, je pourrai prendre mes dispositions.
Qui va diriger le Sanctuaire pendant ton absence, demanda Hyoga.
Et bien, Shun, puisqu'il reste ici !
Quoi ? Fit Shun, comme s'il venait de marcher sur un serpent.
Kanon sera là, ne t'inquiète pas…
Kanon ? Firent mes 3 amis. Il est toujours en vie ?
Et oui, il en est le premier surpris. Mais c'est bien, j'aime le savoir là, quelques fois…
Je me perdis un peu dans mes pensées, je me revoyais faire ma visite hebdomadaire au cimetière. La plupart du temps, il était là, à s'occuper des tombes, comme s'il attendait le jour où il serait étendu là, lui aussi, aux côtés de son frère. Un peu comme moi, qui avant cette histoire n'attendait que le moment où je pourrai retrouver ma bien aimée.
Ce fut Yorgos, mon serviteur zélé qui me tira de ma rêverie :
Majesté, Jilian demande à vous voir. Il est dans la salle du trône.
A cette heure-ci ?, Fis-je agacé, Bon, dis lui que je viens…
Je regardais Kiki. Il m'observait depuis tout à l'heure. Avait-il lu dans mes pensées ?
Je vous laisse quelques instants, je vais me débarrasser de lui.
Qui est Jilian ? me demanda Shiryu
La cause de beaucoup de mes soucis !
Jilian, l'ancien disciple de Saga, tout nouvellement promu chevalier d'or des Gémeaux, était devenu mon nouveau cauchemar. Saga s'était attaché à ce gamin, pour je ne sais plus quelle raison, peut être à cause de sa ressemblance avec lui. C'était un enfant timide, peu sûr de lui que Saga avait transformé en un homme puissant et… arrogant. Ce qui m'énervait le plus était qu'il était conscient de sa beauté et de l'effet qu'elle avait sur les autres, surtout sur la gente féminine. Ce défaut, d'après Kanon, était celui de tous les jeunes chevaliers d'aujourd'hui.
Je me dirigeais donc vers la salle du trône avec l'intention de reporter notre entrevue à demain. Il m'attendait là, fièrement campé dans son armure, et son casque sous le bras. Le même visage que Saga, les yeux vert émeraude, une cascade de cheveux noirs et la même assurance. Il était mon cauchemar parce que j'avais peur de le voir mal tourner. Kanon veillait au grain, et se montrait dur avec lui, mais il ne serait pas éternel, et moi non plus.
Il s'agenouilla en me voyant.
Majesté.
Jilian ! Il est bien tard, que veux-tu ?
Vous parler de Kanon.
Pourquoi ? Il est malade ? Demandais-je soudain inquiet.
Non, il va bien, c'est juste que j'aimerais qu'il me lâche !
Ah ! Je vois… mais je ne me mêlerai pas de vos histoires de famille.
Majesté…
Il avait l'air furieux. Kanon avait encore dû le sermonner, mais je n'avais pas la tête à ce genre de jérémiades ce soir.
Ecoute Jilian, il est tard et je suis fatigué. Je voudrais bien aller me coucher, et tu devrais en faire autant. Alors, reviens demain matin, si tu as toujours envie de parler de ça avec moi, d'accord ?
Ses yeux émeraudes me lancèrent des éclairs, néanmoins, il obtempéra. Il me salua et quitta la salle. Je me disais qu'un jour il finirait par me désobéir, j'en étais persuadé. Irait-il même plus loin ?
Soucieux, je m'en retournais vers mes amis. Kiki était en train de leur parler de ce qui se passait au sanctuaire depuis que j'en avais la charge. Malgré sa soixantaine, je me souvenais encore de ce gamin remuant qui nous avait aidés durant les rudes batailles que nous avions menées.
Que vous voulait Jilian ? me demanda-t-il.
Rien, fis-je l'air absent. Kanon a encore dû le gronder, et il me demande de faire l'arbitre.
Un jour il finira par grandir, vous verrez.
Je le regardais, ne voyait-il pas que j'appréhendais justement ce jour où il s'émanciperait ? Personne n'était capable de prévoir ses réactions, Kanon lui-même avait du mal à le contrôler.
Je vous laisse, finis-je par dire, je vais commencer à mettre un peu d'ordre. Shun, nous parlerons demain de ce que tu devras faire pendant notre absence. Mes amis, vous connaissez les lieux, je vous abandonne. A demain !
Le lendemain matin je me levais très tôt. Je voulais mettre les choses en ordre avant de partir, je ne voulais pas laisser à Shun de mauvaises surprises, même si je savais Kanon parfaitement au fait de la gestion du domaine. Je bouclais donc certains dossiers laissés en suspens et qui n'attendaient qu'une note de ma part pour être classés, et laissais le reste pour mon retour. Tout ceci terminé, je pris la direction du cimetière persuadé d'y trouver Kanon.
Je ne m'étais pas trompé, il était bien là, mais au lieu d'être silencieux comme à son habitude, il maugréait sur la tombe de Saga.
Bonjour Kanon !
Il se retourna surpris, visiblement agacé.
Excuse-moi, fis-je un peu gêné, je ne voulais pas te déranger.
Non, tu ne me déranges pas, dit-il un peu gêné à son tour. Je suis désolé, mais Jilian m'a beaucoup énervé.
Oh, je vois… il est venu me voir hier. Je l'ai gentiment éconduit.
Et tu as bien fait ! Ce gamin finira par avoir ma peau, s'il continue.
Je ne répondis pas à cette dernière affirmation, je ne préférais pas me lancer dans un débat qui ne me regardait pas. De plus Kanon connaissait parfaitement mes craintes et nous savions tous les deux de qui il avait été le disciple.
Veux-tu venir avec moi au palais ? J'ai des choses d'importance à te parler.
Il parut surpris de ma demande, mais me suivit sans protester.
Sur le chemin je lui expliquais brièvement ce que j'attendais de lui, que je devais m'absenter quelques temps, que je lui confiais la gestion du Sanctuaire et qu'il aurait Shun avec lui.
Shun ? Tu veux dire… Shun le chevalier Andromède ?
Ex-chevalier Andromède ! Lui-même.
C'est lui que tu es parti voir pendant quelques jours ?
Lui et les autres aussi. Mais je t'expliquerai tout au palais.
Nous arrivâmes dans mon bureau que j'eus la surprise de voir grand ouvert. Je le fermais toujours quand je m'absentais ou quand je ne voulais pas être dérangé et tout le monde le savait, c'était une sorte de code. Kanon aussi connaissait mon habitude.
Quelqu'un d'autre a les clés de ton bureau ?
Yorgos les a, oui.
Puis, passant la tête à l'intérieur je distinguais une mince fumée venant du balcon. Je compris soudain.
Yorgos a dû ouvrir à mes invités, expliquais-je à Kanon, qui venait de comprendre, lui aussi.
C'était bien ça, Shun et Hyoga prenaient le café sur la terrasse et Shiryu fumait sa pipe adossé au mur. A ma grande surprise et à celle de Kanon également, Jilian était là aussi, assit dans mon fauteuil à discuter gaiement avec mes amis. Mon sang ne fit qu'un tour, mais ce ne fut pas moi qui cria le premier.
Jilian ! Hurla Kanon hors de lui.
Jilian sursauta à la vue de celui qu'il prenait pour son oncle et comprit sans doute à l'instant sa faute d'être assis dans le mauvais fauteuil. Il se leva penaud et Kanon le prit par le bras et l'entraîna, assez brutalement, hors du bureau. Je pris la décision de les suivre pour tempérer Kanon s'il le fallait. Quand j'arrivais, Jilian, hors de lui, criait.
Fiche moi la paix, tu n'es pas mon père !
Saga non plus n'était pas ton père, intervins-je en voyant la mine déconfite de Kanon. Et je crois qu'il n'aurait pas aimé ce que tu es devenu, un sale gamin arrogant et ambitieux. Je crois que j'ai fait une belle erreur le jour où je t'ai promu chevalier d'or.
Jilian me jeta un regard haineux, mais n'osa pas répliquer, il avait encore de la considération pour mon rang, et peut être, j'osais encore le croire, pour moi. Il quitta la pièce précipitamment sans nous regarder.
Kanon avait les larmes aux yeux, tellement il était en colère.
Ne t'en fais pas, fis-je en mettant ma main sur son épaule pour le réconforter, il finira par grandir, d'ailleurs, je vais m'occuper de lui personnellement à mon retour.
Il y a une chose que je ne t'ai jamais dite, Seiya…
Quoi, quelle chose ? répondis-je de mon air le plus bienveillant. Je croyais qu'il parlait sous le coup de ses émotions.
Je croyais que tu le savais… c'est tellement évident pour moi… je croyais que tu avais compris depuis longtemps.
Cette fois j'étais vraiment surpris.
Compris quoi ? Je ne vois pas…
Il est le fils de Saga…
J'en restais pantois, à le regarder bêtement avec des yeux ronds de stupeur et d'effroi. Il eut la gentillesse de me laisser me remettre seul de mes émotions.
Le fils de… finis-je tout de même par dire.
Oui… et mon neveu donc.
Mais, lui, il le sait ?
Non. Saga ne voulait pas qu'il le sache, du moins au début. Il a voulu lui dire avant de mourir, mais, il n'a pas pu. Il m'avait chargé de le mettre au courant, mais, je n'en ai jamais eu le courage.
Mais pourquoi ? Il adorait Saga. Ce n'est pas comme si tu devais lui apprendre qu'il était le fils d'un homme qu'il déteste.
Ce n'est pas aussi simple…
Il n'eut pas le temps de terminer, Shun arriva sans crier gare.
Ah, vous êtes là ? On commençait à s'inquiéter… qu'est ce qui se passe ? Vous n'avez pas l'air d'aller. Si c'est Jilian, ne vous inquiétez pas, il a été très correct et courtois.
Encore heureux ! Réussis-je à dire encore sous le coup de la surprise. Nous arrivons, pars devant.
Je suis content de te revoir Kanon. Fit-il en nous laissant seuls.
Il faudra qu'on en reparle à mon retour, dis-je. Mais, je te promets de m'occuper de lui personnellement.
Que comptes-tu faire ?
Il est chevalier d'or, je vais donc l'envoyer en mission, comme les autres. Je ne le faisais pas par respect pour toi, mais là, il faut le calmer. Ca ne peut plus durer.
Tu ne peux pas l'emmener avec toi ?
Kanon, tu ne sais pas où je vais… mais je vais te l'expliquer. Allez, viens avec moi, nous avons déjà assez de retard comme ça.
Je n'oubliais pas qu'à 16h je devais me trouver dans la maison du bélier, et la matinée était déjà terminée.
Je l'entrainais donc vers la terrasse où devaient nous attendre Shun, Shiryu et Hyoga.
Allons déjeuner, ça nous détendra.
Ils vont partir dans le prochain chapitre, les surprises sont à venir…
