Bonsoir !
Voici la dernière partie de cette mini fiction que j'oserai appeler Three-Shot malgré la taille ridiculement petite. Merci à ceux qui ont lu, laissé un avis, et apprécié. J'espère que vous aimerez aussi la fin ! :)
(PS : Désolée si je n'ai pas répondu à toutes les reviews, je me suis emmêlée les pinceaux)
Partie III
Il laissait toujours glisser négligemment sa main le long de son corps, la laissant savourer un long frison de bien-être. Un baiser, puis un autre, et bientôt leur souffle ne se séparaient plus, savourant l'autre intensément, ne le lâchant sous aucun prétexte. Ses mains connaissaient chaque courbe, chaque parcelle de son corps, mais jamais il ne se lassait de les parcourir, dévorant avidement ce qui lui appartenait déjà corps et âme. Il l'aimait ensuite, presque violemment. Mais c'était sa façon à lui de s'exprimer. Elle se laissait faire, complètement acquise à sa cause.
Alors il la touchait. Et elle aimait ça. Il découvrait chaque partie d'elle avec appétit, la faisant sienne sans la moindre hésitation, ni même pitié. Elle se tordait sous lui, le plaisir s'emparant d'elle à chaque secousse. Leur danse était belle, elle aussi. Le tempo soutenu, et les pas imprécis. Mais elle aimait aussi ce rythme-là. Elle ne pensait plus non plus, pendant ce temps, elle savourait juste l'instant. Lui et elle, ensemble, sans rien autour.
Elle était à lui, entièrement. De cette façon, elle ne pensait plus. Il n'y avait plus de royaume volé, plus de famille prise en otage, ni même de marionnette au cœur trop vide, seule. Il n'y avait que lui et l'attention qu'il lui portait. Elle voulait bien lui offrir son cœur, et le laissait mordre dedans, à pleine dents, si ça pouvait lui faire plaisir. Elle se moquait bien des autres, et de leurs regards, leurs sous-entendus mielleux. A quoi bon se tracasser avec ses broutilles ? Il était là, lui, c'est tout ce qui comptait non ?
Avec son souffle sur elle, elle n'avait pas mal. Pourtant, au petit matin, alors qu'il la laissait dans ce lit trop grand pour elle seule, elle se sentait à nouveau vide. Il tirait de nouveau les ficelles, et elle retournait danser pour eux. Elle n'aimait pas le voir se rhabiller, les matins, et la laisser nue entre les draps. Il la regardait encore, mais plus de la même façon, et son cœur se brisait. Il le dévorait, ne laissant que des miettes.
Et leur manège reprenait la nuit suivante, la contentant de nouveau, pour ensuite s'étioler. C'était un cycle sans fin, son fardeau à elle. Le matin, entre les draps, elle respirait son odeur, s'imaginant ce qu'ils pourraient se dire, si tous deux restaient ensembles, un peu. Mais ça n'arrivait jamais. Il partait toujours avant que l'un ou l'autre ne prononce le moindre mot. Et qui sait, peut-être que c'était mieux ainsi ?
Aujourd'hui, pourtant, il n'était déjà plus là quand elle s'était réveillée. Elle était partie sans le voir. Elle dansait. Et elle avait entendu la nouvelle. Il abdiquait. Il rendait tout ce qu'il avait volé. Il jetait en l'air tout ce qu'il avait construit, tout ce qu'il lui avait pris. Tout ce qu'elle lui avait offert.
Quelque chose se brisa en elle, pour ne laisser place qu'à une étrange résolution. Il était peut-être temps pour le changement. Le temps de se réveiller, et ne plus se laisser aller à suivre les ordres tordus du marionnettiste. Elle voulait vivre.
Il n'y avait pas de haine en elle, seulement ce sentiment qu'elle devait agir. C'était aujourd'hui que les choses devaient changer, sans quoi il n'y aurait plus jamais la moindre occasion.
Elle avait fermé les yeux tout ce temps. Elle avait laissé son esprit sommeiller, pour se reposer, se restaurer. Pas une seule fois elle n'avait osé sonder Doflamingo. Elle aurait pu apprendre tant de choses sur lui, son passé, son présent, ses pensées. Mais elle avait préféré détourner le regard, oublier cette vérité qui se cachait dans ses yeux, et qu'elle aurait pu si facilement connaître. Mais elle avait bien vite compris que cette chose qu'elle chérissait tant l'aurait détruite. Elle avait préféré le mensonge des baisers qu'ils avaient échangé, ces nuits-là. Elle les trouvait bien plus facile à écouter, à comprendre, à assimiler.
Et maintenant qu'elle était enfin face à lui, au milieu des ruines de sa ville, la vérité, cette vérité si douce et vicieuse s'imposait à elle. Il avait détruit sa vie, fait d'elle une poupée de chiffon avec laquelle il avait joué. Et elle avait aimé ça. Parce que dans ses bras, elle s'était sentie importante, elle avait eu le sentiment d'être à nouveau utile à quelque chose, d'appartenir à quelque chose de plus grand qu'une pseudo famille pirate. Un peu comme si elle avait repris sa place au sein de la famille royale, en se servant du nouveau roi.
Il était silencieux, lui aussi. Ils n'avaient jamais vraiment discuté, tous les deux. Les mots n'avaient pas vraiment d'importances, dans les activités qu'ils pratiquaient. De toute manière, elle n'aurait jamais vraiment su quoi dire.
-La vie dans la famille t'a plu ?
Aucune trace d'ironie, ni même d'émotions. C'était une simple question, une piètre tentative de conversation, au milieu des cris et des armes. Non loin, il y avait sa nièce, et des pirates, prêt à en découdre. Prêt à le tuer à la moindre occasion. Et tous pensaient qu'elle voulait se sacrifier. C'était peut-être ça, après tout. Un sacrifice, pour effacer ses pêchés, effacer sa vie et ses erreurs. Pour qu'elle ne pense plus à lui.
-Je ne sais pas.
Sa réponse était franche. Elle ne savait pas. Elle détestait ces hommes et femmes qui avaient fait semblant de l'intégrer dans cette immense mascarade qu'était l'équipage du Corsaire. Mais ils ne l'avaient jamais vraiment maltraitée. Ils avaient tais son nom, lui évitant ainsi la colère du peuple. Elle savait bien que ce n'était non sans arrières pensées qu'ils avaient fait tout ça, mais peu importe, les faits parlaient d'eux-mêmes.
Elle voulut ajouter quelque chose, quelques mots, une phrase, un souffle. Elle ne savait pas vraiment quoi, c'était une impulsion, un coup de tête dans l'élan de l'émotion trop poignante qui la prenait aux tripes. Mais soudainement, elle se retrouvait loin de lui.
Et l'envie s'envola. Elle n'était plus que vide. Une unique larme dévala sa joue droite, puis elle ferma les yeux. Elle ne voulait pas savoir ce qu'il allait advenir de lui. Parce qu'elle n'avait pas fait son choix.
Lorsque ses yeux se rouvrir enfin, elle faisait face l'océan. Le navire de la Marine était parti, et à son bord, un prisonnier de la plus haute importance attendait. Il l'avait quitté pour de bon. Comme d'habitude, il n'y avait pas eu de mots. Il avait simplement dévoré son cœur, pour ne plus laisser que des miettes, qui s'émiettaient au grès du vent.
Qu'en avez-vous pensé alors ? :)
