On m'a demandé quand se passe ce chapitre, donc je rajoute quelques explications qui vont sans doute servir encore par la suite :

Mon calcul se fait ainsi :

- Stacy revient à la fin de la saison 1 en disant qu'elle a quitté House 5 ans plus tôt et pour moi, elle n'a pas tenu un mois après son infarctus

- La série est déjà commencée depuis 6 mois - 1 an

- Au tout début, on comprend aux paroles de Cameron que Foreman au moins vient d'arriver (elle lui explique le comportement de House)

- House dit que Chase était le premier à arriver (3x24)

- House a mis au moins 1 an et demi (ici deux ans) pour se remettre assez pour pouvoir à nouveau travailler et même là, il est encore très mal (quand on voit parfois à quel point il a mal, je pense qu'il lui a fallu au moins ça pour réussir à marcher à nouveau et à supporter son invalidité, il a sans doute fait une dépression)

- Il est devenu chef de service à ce moment là à peu près

- Il ne pouvait pas beaucoup se déplacer même à ce moment là donc il avait besoin d'un assistant

- Comme il ne reste que deux ans - deux ans et demi entre ce moment et le début de la série, ça me paraît logique que ce soit déjà Chase...

On peut sans doute voir les choses autrement, mais c'est là-dessus que je me base...

Ce chapitre est donc environ deux ans avant le début de la série.

Titre : Dignité

Point de vue : Chase

Genre : Drama

Rating : K

Spoiler : Aucun

Celui que je vis ce jour-là n'était pas le brillant diagnosticien insupportable que l'on m'avait décrit. Ce n'était pas l'homme auquel je m'attendais.

Bien sûr, j'avais entendu dire qu'il avait eu de gros problèmes de santé. Avant de lui envoyer mon CV, je m'étais renseigné sur ce génie qui venait d'être nommé chef de département et semblait avoir des pratiques particulières − sa renommée parmi les médecins avait atteint l'autre bout du monde. Je savais qu'il était cynique et invivable, qu'il se fichait pas mal des règles. Qu'il avait disparu de la circulation pendant les deux dernières années.

Mais l'homme en face de moi, qui m'avait embauché sans même un entretien et qui était en train de m'expliquer que la plus grande part de mon boulot serait de faire le lien entre lui et les patients qu'il ne comptait pas voir et de remplir la paperasse, n'était pas celui que l'on m'avait décrit. Je ne dis pas qu'il n'était pas cynique ou invivable − je n'avais eu besoin que de quelques minutes pour m'en apercevoir. Mais c'était par dessus tout un homme détruit.

Tout en lui le disait. Son corps lourdement appuyé sur sa canne était tendu, ses dents serrées. Chaque mouvement le faisait légèrement grimacer, alors qu'il ouvrait une boite de comprimés pour en amener deux à sa bouche. Les stigmates de longues nuits blanches se voyaient sur son visage mal rasé. Sa voix était rauque, comme enrouée par des jours passés à hurler de douleur sans autre soulagement que le sommeil qui finit toujours par l'emporter. Il agonisait. Et pourtant il était là, il me regardait dans les yeux tandis que j'essayais d'effacer toute trace de compassion sur mon visage − il n'était pas du genre à chercher la pitié. De toute façon, ce n'était pas ça que je ressentais.

C'était la première fois que je le voyais. J'ai depuis appris à l'aimer et à le haïr, mais jamais le respect et l'admiration que j'ai éprouvé pour lui ce jour-là n'ont failli. Et maintenant, autour de cette table, c'est comme s'il était toujours là, devant moi, brisé mais le regard dur, les épaules droites, la tête haute. Digne.