Bonsoir !
Et voila le chapitre 2
Comme toujours, les reviews sont appréciées (et m'encouragent à poster la suite plus vite XD)
Bonne lecture
Aliice.
Chapitre 2 :
« Enlève immédiatement des sales pattes de moi sale sang de bourbe. »
Les mots avaient fait à Hermione l'effet d'une gifle.
Et ce n'était pas une exagération, elle avait vraiment sursauté comme si Drago avait levé la main sur elle. Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue, mais ce n'était certainement pas ça.
Quand Hermione avait ouvert les yeux et croisé le regard de son mari, une vague de soulagement l'avait envahie, mais il avait été de courte durée.
Avant même que Drago n'ouvre la bouche, elle savait que quelque chose n'allait pas. Ce dernier avait l'air affolé et désorienté, puis, quand il avait à nouveau posé son regard sur elle, il avait eu cette expression qu'elle n'avait pas revue depuis l'époque où il la tourmentait à Poudlard. A cet instant précis, elle savait que le Drago qui était sorti de ce coma n'était pas son Drago. Son mari à elle était encore caché quelque part dans les confins de son esprit.
Puis il avait prononcé LA phrase.
« Enlève immédiatement des sales pattes de moi sale sang de bourbe. »
Les mots résonnaient encore dans sa tête.
Hermione se souvenait vaguement s'être levée et être sortie de la chambre aussi vite que ses jambes pouvaient la porter. Elle se souvenait également avoir alerté les guérisseurs et médicomages que Drago avait repris conscience. Elle ne savait pas combien de temps elle était restée prostrée dans la salle d'attente, le regard vide, jusqu'à ce que Narcissa arrive.
Sa belle mère s'installa près d'elle, et posa la main sur la sienne sans rien dire. Au bout d'un long moment de silence, Hermione s'entendit murmurer.
- Il m'a appelée sang de bourbe…
- Je sais, fit simplement la matriarche Malefoy.
- Il m'a appelée sans de bourbe, répéta t-elle, autant pour se convaincre elle même que Narcissa.
- Je sais ma chérie. Tout comme je sais que Drago n'est pas lui même en ce moment. D'après les guérisseurs, il est désorienté, et il lui manque une bonne partie de sa mémoire. Drago pensait qu'il était en septième année à Poudlard. Ils m'ont assuré que ça arrive parfois avec les traumatismes crâniens, et qu'il devrait recouvrer la mémoire avec le temps, même s'il ne retrouve pas tous ses souvenirs.
La partie raisonnable d'Hermione comprenait ce qui s'était passé, Drago avait perdu une partie de sa mémoire, était désorienté, et dans une tentative désespérée de reprendre contact avec la réalité, il s'était raccroché à la première chose familière à sa portée, en l'occurrence, la haine qu'il avait pour Hermione quand ils étaient encore élèves.
Par contre, la partie vulnérable de la gryffondor, celle qui avait été marquée par des années de mots blessants de la part des serpentards, celle qui avait lutté pendant des années pour se faire une place et prouver sa valeur dans le monde sorcier, cette partie là avait juste envie de se recroqueviller dans un coin et pleurer toutes les larmes de son corps.
Mais Hermione n'était plus cette petite fille peu sûre d'elle et déterminée à prouver qu'elle avait sa place dans le monde sorcier. Elle savait exactement qui elle était. Elle savait également qui elle avait épousé et ce n'était certainement pas la personne qu'elle avait vue à son réveil. Cet étranger qui ressemblait à son mari, mais ne l'était pas.
Il fallait que Drago lui revienne. Le vrai Drago, son mari et le père de son fils.
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Drago était de plus en plus confus. Quelques minutes après le départ de Granger, sa mère était entrée dans sa chambre, son chignon habituel légèrement de travers et un air soulagé sur ses traits aristocratiques. Elle l'avait serré dans ses bras, prenant garde de ne pas trop le secouer, et lui avait ensuite pincé le bras bien fort, comme elle le faisait quand il était petit et se comportait mal en public.
- Aouch ! Mais ça va pas non ? Qu'est ce que j'ai fait ?
- Comment as-tu pu traiter la pauvre Hermione ainsi ? Tu me déçois beaucoup Drago
Un instant...
Sa mère défendait Granger ?
Avait-il atterri dans un univers parallèle ?
- Maintenant que je sais que tu es vivant et que tu iras bien, je vais aller voir Hermione et essayer d'arranger ce que tu as fait ! Si jamais elle revient ici tu as intérêt à bien te comporter ou je te jure Drago Abraxas Malefoy que ta migraine sera le dernier de tes soucis comparé à ce qui t'attend.
Sans un mot de plus, elle était repartie dans un tourbillon de velours émeraude laissant derrière elle un Drago hébété qui se demandait à quel moment le monde était parti en vrille.
Il se passa la main dans les cheveux qui avaient été libérés du bandage un peu plus tôt, d'un geste nerveux, et remarqua plusieurs choses. D'abord, ses cheveux étaient plus longs, ils lui retombaient sur les épaules. Ensuite, un éclat doré sur sa main gauche attira son attention.
Drago fronça les sourcils, il ne portait jamais de bijoux, les seuls accessoires que Lucius lui avait toujours permis étaient les montres.
Et pourtant, autour de son annulaire gauche se trouvait une bande dorée.
Son esprit encore légèrement confus prit quelques secondes à faire le rapprochement.
Annulaire gauche. Alliance.
- Non… non non non non non c'est impossible. Fit il à voix haute, même s'il était seul dans la pièce.
Il avait juré qu'il ne se marierait jamais. Il n'était pas fait pour rester avec la même personne toute sa vie…
Et pourtant, l'anneau à son doigt était la preuve qu'à un moment donné, il avait dit « Oui, je le veux » à quelqu'un. Avait-il été forcé par Lucius ? Une vague de panique commençait à monter en lui et il sentit son pouls s'accélérer. La migraine qui ne l'avait toujours pas quitté s'empira et bientôt, il fut incapable de garder les yeux ouverts. Drago était vaguement conscient de l'alarme qui résonnait près de son lit, probablement activée par l'augmentation brusque de son rythme cardiaque.
La dernière chose dont il se souvint après ça fut les tenues vertes des guérisseurs qui l'entouraient.
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Hermione avait enfin trouvé le courage de retourner au chevet de son mari, après maintes hésitations, et ce dernier était à nouveau inconscient. Un moniteur à côté de son lit émettait un bip régulier et Narcissa était assise dans un coin, un livre à la main.
Après quelques minutes de conversation à voix basse, Narcissa décida de prendre son congé, non sans lui avoir répété au moins dix fois que Drago ne pensait pas vraiment les propos qu'il lui avait tenus.
- Donne lui une chance Hermione, ce Drago qui est devant toi n'es pas l'homme que tu as épousé. Il ne se rappelle peut-être pas de vos vœux de mariage, mais toi tu t'en rappelles alors il va falloir que tu sois forte pour vous deux.
- Je ferais de mon mieux, murmura la gryffondor en retour
Après un dernier câlin, Narcissa les laissa seuls.
Cette fois, Hermione fut réticente à s'endormir, ne sachant dans quel état elle trouverait Drago à son réveil. Elle préférait ne pas être prise au dépourvu par une nouvelle vague d'insultes.
Elle détestait vraiment cette situation. S'endormir auprès de Drago était une seconde nature pour elle. Il n'y avait pas d'endroit dans ce monde où elle se sentait plus en sécurité que dans les bras de son mari, mais parce que ce dernier était incapable de se rappeler qu'ils étaient mariés, elle était obligée de rester sur ses gardes.
Avec un soupir de frustration, elle se laissa tomber dans le fauteuil précédemment occupé par Narcissa et s'empara du livre que cette dernière avait laissé, probablement pour Hermione.
Pour la première fois de sa vie, la gryffondor se surprit à relire la même page une dizaine de fois sans rien retenir. Tellement de questions se bousculaient dans sa tête. Drago retrouverait-il la mémoire ? Qu'arriverait-il sinon ? Accepterait-il quand même Scorpius ?
Une partie d'Hermione lui en voulait de ne pas se souvenir d'eux, de leur relation. Comment pouvait-il l'oublier ? Hermione pensait qu'elle était incapable d'oublier la magnitude de son amour pour Drago et son fils. Elle l'avait dans la peau et il faudrait bien plus qu'une poutre sur la tête pour effacer tout cet amour. Rationnellement, elle savait que ce n'était en rien la faute de son mari et qu'il n'avait aucun contrôle sur ce qui lui arrivait. Elle était également convaincue que Drago l'aimait, et qu'il était toujours là, enfoui quelque part dans cet esprit brillant et complexe qu'elle admirait tant. Elle était déterminée à se battre jusqu'au bout pour retrouver son mari. Et elle espérait que Drago, où qu'il soit, se battrait aussi pour eux.
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Lorsque Drago ouvrit à nouveau les yeux, seule une infirmière était dans la pièce avec lui. Le fauteuil dans le coin de la chambre était vide.
Suivant son regard, l'infirmière lui adressa un sourire aimable, avant de l'informer que Mme. Malefoy était sortie se prendre un café.
Sa mère buvait du café ?
Drago n'avait jamais vu Narcissa boire autre chose que du thé, comme toute aristocrate britannique qui se respecte, et les tisanes que savaient si bien préparer leurs elfes. Quand s'était-elle mise au café ?
L'infirmière finit de prendre ses constantes et quitta sa chambre juste au moment où une autre personne entrait.
À sa plus grande exaspération, Granger entra dans la pièce, une tasse de café fumant à la main. Que faisait-elle encore ici ? N'en avait-elle pas assez de se faire insulter à tout bout de champ ?
Cette dernière, imperturbable, se dirigea vers son fauteuil et reprit sa lecture tout en sirotant son breuvage. Si elle avait remarqué qu'il était conscient, elle n'en laissa rien paraître.
Un détail qu'il n'avait pas encore enregistré jusque là le frappa de plein fouet.
Granger tenait une tasse de café.
Les mots de l'infirmière lui revinrent en mémoire "Mme. Malefoy est montée se chercher une tasse de café".
Un autre détail l'interpella: elle portait un anneau sur son annulaire gauche qui ressemblait de manière suspecte à celui que lui même portait.
Quand l'infirmière avait parlé de Mme. Malefoy, il avait tout naturellement déduit qu'elle faisait référence à sa mère, mais il réalisait à présent qu'il s'était trompé sur toute la ligne. Elle parlait de sa femme.
Il était marié à Hermione Granger.
Le choc de la nouvelle le laissa muet, et il resta immobile pendant plusieurs secondes, fixant intensément la femme devant lui qui était apparemment la sienne.
Pour la première fois depuis son réveil, il prit le temps de vraiment l'observer, et remarqua que Granger avait l'air plus âgée qu'elle ne devrait. Ses cheveux habituellement en bataille retombaient en de grosses boucles dans le bas de son dos, et leur couleur était plus claire qu'il ne se rappelait, ses cheveux étaient à présent châtain clair, presque blonds. Elle n'était plus aussi maigre que dans ses souvenirs, des rondeurs harmonieuses se dessinaient sous son pull en cachemire et son jean. C'était bien une femme, et non une jeune fille qui se tenait devant lui et pour la première fois depuis qu'il avait repris conscience, Drago se demanda combien de temps avait passé entre Poudlard, qui était son dernier souvenir, et l'instant présent.
La seule personne qui pouvait lui donner des réponses était actuellement assise en face de lui, complètement absorbée dans sa lecture, et il l'avait traitée de sang de bourbe dès son réveil, ce qui, en rétrospective, n'avait probablement pas aidé à le mettre dans ses bonnes grâces. Il regrettait vraiment son attitude, il avait juste était désorienté et avait réagi de la première manière qui lui avait semblé familière. Il n'en était pas fier.
Avant qu'il n'ait pu trouver les mots adéquats pour lui parler, cette dernière s'adressa à lui.
- J'en déduis que tu es prêt à te comporter comme une personne civilisée maintenant ? Railla t-elle sans quitter des yeux le livre qu'elle tenait.
Si Drago avait eu le moindre doute sur le fait qu'elle était son épouse, il venait de s'évaporer. L'expression « qui se ressemble s'assemble » devait également fonctionner dans le sens inverse. Qui s'assemble finit forcément par se ressembler car les maniérismes de Granger étaient étrangement familiers, pas parce qu'il était entrain de recouvrer la mémoire, mais plutôt parce qu'à cet instant précis, elle lui rappelait lui même.
- Combien de temps suis-je resté inconscient ?
- Un peu plus de vingt quatre heures, répondit Granger sur le même ton nonchalant et légèrement empreint de froideur.
Seulement ?
Drago s'était attendu à des semaines, voire des mois. Comment avait-il pu perdre autant de souvenirs en 24 heures ? On aurait pu croire qu'épouser Granger serait un moment marquant (et probablement traumatisant) de sa vie et que par conséquent ils lui serait impossible à oublier.
- Et… Depuis combien de temps avons nous quitté Poudlard ?
Cette fois, la gryffondor leva les yeux vers lui et il lui sembla voir un éclat de compassion dans son regard.
- Sept ans… Bientôt huit.
S'il n'était pas déjà allongé sur un lit, Drago se serait probablement effondré sous le choc de la révélation.
Huit ans. Il lui manquait huit années de souvenirs, huit années pendant lesquelles la personne le plus irritante de Poudlard était devenue son épouse.
Comment était-ce arrivé ? Et qu'en était-il du Seigneur des ténèbres ?
- La guerre ? demanda t-il faiblement
- Est terminée depuis ce qui aurait du être notre septième année. Voldemort ainsi que plusieurs de ses mangemorts ont péri dans la bataille de Poudlard, ceux qui sont encore vivants sont entrain de servir une perpétuité à Azkaban… Sauf Rogue, et … Lucius, mais Lucius est un cas particulier.
Une partie de l'esprit de Drago nota qu'elle appelait son père par son prénom mais il n'avait pas le temps de s'y attarder. Trop de questions se bousculaient dans sa tête.
Avant qu'il n'ait pu poser plus de questions, deux coups furent frappés à la porte et Harry Potter entra dans la chambre, suivi de Pansy.
Par pur réflexe, Drago eut une envie de balancer une insulte à Potter, mais se retint. Vu comment les choses se présentaient, on allait probablement bientôt lui annoncer que le survivant et lui étaient meilleurs amis.
Harry fit une ligne droite vers Hermione qu'il serra dans ses bras avant de déposer un baiser dans ses cheveux.
- On vient d'apprendre ce qui s'est passé. Est-ce que ça va ?
- Oui, murmura Hermione, sa voix étouffée contre la poitrine de Harry
Pansy se dirigea vers Drago, mais ce dernier ne lui prêta que peu d'attention. Pour une raison qu'il ignorait, la vue d'Hermione dans les bras de Potter le dérangeait. Après tout elle était mariée à lui, même si pour l'instant il ignorait tout des circonstances de leur mariage. Il était un Malefoy et aucun traumatisme crânien ne pourrait effacer la possessivité qui lui était innée.
- Drago… fit Pansy, est-ce que ca va ?
- Honnêtement ? Je ne sais pas…
Pansy se tourna vers Hermione…
- Ses derniers souvenirs remontent à Poudlard, annonça la gryffondor d'un air sombre. Comme vous pouvez l'imaginer il n'était pas très heureux de me voir à son réveil.
Pansy eut un haut le cœur et Potter fit une grimace.
- As-tu essayé de lui expliquer tout ce qui est arrivé depuis lors ? demanda Pansy
- Non… Les médicomages m'ont dit tout à l'heure qu'il valait mieux le laisser se rappeler de lui même et que lui donner trop d'information à la fois pourrait lui causer encore plus de dommages.
- Tu ne m'avais pas dit ça… fit Drago
- Tu ne m'en as pas donné l'occasion, rétorqua Hermione.
- Je crois qu'il vaudrait mieux qu'on vous laisse, fit Harry sentant la tension évidente entre Hermione et Drago. Vous devez avoir plein de choses à tirer au clair. Pansy tu viens mon cœur ? Teddy nous attend chez Andromeda on est déjà en retard
Après un dernier baiser sur le front de Drago, Pansy se dirigea vers Hermione pour la serrer fort dans ses bras. Pendant qu'Harry se rendait au chevet de Drago.
- Dépêche toi de retrouver ta mémoire blondinet, on a encore besoin de toi pour les matchs de Quidditch du Dimanche.
Voilà. Exactement ce qu'il craignait, apparemment Potter et lui jouaient au Quidditch les dimanches. De mieux en mieux.
- Tu m'appelles s'il y'a quoi que ce soit ok ? fit Pansy à Hermione. Peu importe l'heure, et je suis sérieuse Hermione tu m'appelles si tu as besoin de quoi que ce soit, promets-le moi.
- Oui Pans' ne t'en fais pas… Je te le promets.
Satisfaite, la serpentard prit alors la main que lui tendait Harry et le suivit à l'extérieur de la chambre.
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- Pauvre Hermione, murmura Harry dès qu'ils furent hors de portée d'ouïe. Je n'ose pas imaginer ce qu'elle doit ressentir. Je n'aurais jamais cru que Drago serait capable de ne pas se rappeler d'elle. Il l'aimait tellement.
- Oh il l'aime toujours, fit Pansy sans l'ombre d'un doute. Tu n'as pas vu la tête qu'il faisait quand tu as pris Hermione dans tes bras, il n'a pas du tout apprécié, ça je peux te le dire. Il faut juste lui laisser le temps de se rappeler pourquoi il l'aime.
- Tu ferais ça, toi si je recevais un coup sur la tête et que je ne me rappelais pas de toi ? demanda Harry dubitatif.
La question était légitime, car près tout, sa femme n'était pas connue pour sa patience.
- Absolument pas, je te donnerais un autre coup dans la minute qui suit pour te remettre la mémoire en place, mais vous savons tous qu'Hermione n'est pas aussi pragmatique que moi répondit elle avec un grand sourire avant de l'embrasser.
Retenant un rire, Harry lui rendit son baiser avec la même ardeur, complètement indifférent aux regards des médicomages et infirmières qui passaient devant eux.
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Toujours allongé sur son lit d'hôpital, Drago regardait la porte qui venait de se fermer sur sa meilleure amie et Potter d'un air stupéfait.
- Ils sont ensemble ?! Demanda Drago
Le serpentard avait beau comprendre que beaucoup de choses avaient changé en sept ans, il ne pouvait pas imaginer quel scénario avait pu mener au mariage de ces deux là.
Si Hermione n'était pas aussi épuisée et inquiète, elle aurait probablement ri face à l'expression de complète stupéfaction sur le visage de son mari. Au lieu de ça, elle se contenta de lui répondre :
- Oui, ils se sont mariés il y'a quelques années, tu étais même le témoin de Pansy, et j'étais celui d'Harry. Ils ont adopté Teddy Lupin, et ils ont un deuxième fils, James Sirius
Elle se garda de lui dire que c'est durant les préparations du mariage de Pansy et Harry qu'ils avaient commencé à se fréquenter, ayant décidé que l'union de leurs meilleurs amis valait bien la peine de faire une trêve.
Drago contempla sa réponse en silence. Puis il se décida à aborder le sujet qui le turlupinait depuis son réveil.
- Et toi, Granger, es-tu mariée ?
Il avait juste tiré ses propres conclusions, mais elle ne lui avait jamais vraiment dit qu'ils étaient mariés. Durant les quelques secondes qu'elle mit à lui répondre, Drago commença à se demander comment il réagirait si elle lui disait qu'elle était mariée à un autre.
Il trouvait l'idée étrangement révoltante.
- Oui. Je suis mariée. Et pour tout te dire, mon mari me manque énormément et je donnerais tout ce que j'ai pour le revoir
Hermione n'avait pas pu s'empêcher de rajouter la deuxième phrase.
Drago sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine. Elle ne lui avait toujours pas dit à qui elle était mariée.
Et si elle avait épousé la belette ?
Non, c'était impossible, pourquoi aurait-elle passé tout ce temps à son chevet dans ce cas ?
Il décida alors de jouer carte sur table.
- Quand comptais-tu me dire que tu es mon épouse ?
Elle le regarda longuement avant de répondre.
- J'espérais que ça te revienne, ou que tu t'en rendes compte par toi même. Après tout ce n'est pas comme si je te le cachais.
C'était vrai, elle n'avait pas vraiment fait d'effort pour cacher la relation qui les liait, elle n'avait juste rien dit.
Drago garda le silence pendant un long moment. Soupçonner qu'ils étaient mariés était une chose, et entendre Granger le confirmer en était une autre.
Pour la énième fois, il se demanda comment pouvait-on oublier une partie aussi importante de sa vie en quelques secondes ?
- Drago ? fit Granger d'une voix hésitante.
Il leva les yeux vers elle et croisa son regard. Là dans les yeux de celle qui était supposée être son ennemie, il pouvait voir tellement d'inquiétude et d'amour qu'il en eut le souffle coupé.
C'était trop, il avait besoin de temps pour digérer tout ce qui lui arrivait. Son cœur battait la chamade et il était incapable de retenir sa respiration. Étrangement, il était assez lucide pour reconnaître les signes avant coureurs d'une crise de panique.
- Pars, Granger
- Drago… je…
- J'ai besoin d'être seul alors VAS T'EN ! reprit-il en hurlant presque
Elle sursauta et sortit rapidement de la pièce, refermant la porte derrière elle avec un craquement sinistre.
Drago était toujours incapable de retrouver une respiration normale et quelques secondes après le départ d'Hermione, un guérisseur entra dans la chambre. Il l'entendit murmurer dans incantations et sentit son rythme cardiaque ralentir, alors qu'il sombrait dans l'inconscience.
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Dès qu'elle fut hors de Ste Mangouste, Hermione transplana au premier endroit qui lui vint en tête.
Le Manoir Malefoy.
Le lourd portail de fer s'ouvrit automatiquement à son approche comme il le faisait pour tous les Malefoy. Elle remonta l'allée de gravier, notant mentalement l'absence des paons de Lucius. Tant mieux, ces satanées bestioles ne la supportaient pas et elle leur rendait leur animosité au centuple.
Penser à des choses aussi triviales que sa petite vendetta avec les paons albinos de Lucius lui permettait de ne pas laisser son esprit ruminer les dernières minutes avec Drago.
Il lui avait semblé qu'il avait conclu de lui même qu'il était son époux, mais malgré cela, il avait visiblement commencé à paniquer dès qu'elle le lui avait confirmé. Hermione comprenait mieux pourquoi les médicomages et les guérisseurs avaient insisté sur le fait de laisser Drago se souvenir de lu même de son passé et de ne pas lui donner trop d'informations en une fois.
Elle avait beau savoir cela, ça n'empêchait pas son cœur de se fendre en deux au souvenir de son regard paniqué et de la manière dont il lui avait presque hurlé de sortir de sa chambre.
La double porte de bois du manoir s'ouvrit à son approche, et à sa grande surprise, elle vit la silhouette de Lucius dans l'encadrure. Ce n'était pas exactement la personne qu'elle souhaitait voir. Elle avait espéré pouvoir se confier à Narcissa, et surtout passer du temps avec son fils, elle ne l'avait pas vu depuis qu'elle l'avait déposé chez Molly la veille, et n'était jamais restée aussi longtemps sans le voir.
Sans un mot, Lucius s'écarta pour la laisser entrer. Le patriarche Malefoy et elle avaient une relation cordiale, bien qu'un peu empreinte de froideur. Au moins il n'insultait plus ses origines c'était déjà ça. Hermione soupçonnait que la cordialité que lui témoignait Lucius était en grande partie due à l'influence de Narcissa.
- Bonsoir Lucius,
- Hermione, répondit-il poliment avec un hochement de tête
- Savez-vous ou je peux trouver Narcissa ?
- Je crains que vous ne l'ayez manquée de justesse, elle vient juste de prendre la cheminée pour vous rejoindre à Ste Mangouste. D'ailleurs pourquoi n'y êtes vous pas ? Est-il arrivé quelque chose ?
Pour la première fois, Hermione vit une pointe d'inquiétude percer sa façade froide et polie.
- Non…enfin rien de grave, ajouta t-elle après réflexion. C'est juste que Drago a eu un choc en apprenant la nature de notre relation…
- On peut difficilement lui en vouloir, répondit Lucius, l'auriez vous cru, vous si on vous avait dit il y'a sept ans que vous alliez devenir Mme. Drago Malefoy ?
- Non… Mais j'ai du mal à croire que je serais capable d'oublier tout ce que lui et moi avons vécu.
Lucius ne répondit rien et quand elle leva les yeux vers lui, elle vit qu'il la contemplait avec un air où se mêlaient la compassion et la compréhension. C'était comme s'il était capable de discerner tous les non-dits dans sa phrase, toutes ses craintes et ses incertitudes. C'était probablement le cas, car malgré leurs divergences d'opinions sur certains sujets, Hermione était la première à admettre que son beau père était quelqu'un de brillant et d'extrêmement perspicace.
- Suivez-moi, Hermione, fit-il après un moment de silence.
Trop épuisée pour protester, elle obéit et le suivit en haut du grand escalier de marbre, puis dans un dédalle de couloirs jusqu'à une porte de chêne. Il l'ouvrit et s'écarta pour la laisser passer.
C'était la première fois qu'elle entrait dans cette pièce, mais elle sut tout de suite qu'il s'agissait du bureau de Lucius. La pièce était à son image, opulente mais élégante, décorée dans des tons gris ardoise et crème.
Il l'invita à s'asseoir dans l'un des fauteuils installés devant la cheminée, et d'un claquement de doigts, fit apparaitre une théière et deux tasses. Il lui servit une tasse et la déposa devant elle.
- Je vous aurais proposé quelque chose de plus fort mais je sais que vous allaitez encore mon petit-fils, expliqua t-il
Elle lui murmura un merci avant de s'emparer de la tasse et de prendre une gorgée, savourant la sensation de brûlure qui la réchauffait de l'intérieur.
Sa propre tasse à la main, Lucius s'installa en face d'elle, toujours sans un mot, et contempla les flammes qui brûlaient dans l'âtre.
- Pourquoi faites-vous ça pour moi ? demanda Hermione perplexe
- Parce que vous êtes une Malefoy, répondit-il tout simplement.
Hermione considéra sa réponse un instant. En soi, ce n'était pas surprenant, les Malefoy avaient un sens de la famille qui frisait le fanatisme et si la guerre avait prouvé une chose, c'était qu'un Malefoy était capable de n'importe quoi pour un autre Malefoy. Le monde sorcier dans son entièreté se rappelait que Lucius avait bravé la bataille de Poudlard, sans baguette pour se défendre, avec Narcissa comme seule protection, à la recherche de son fils. Narcissa elle même avait menti à Voldemort sans sourciller, en lui confirmant la mort d'Harry, pour avoir une chance de retourner au château et retrouver Drago.
Après tout ça, elle pouvait comprendre que Lucius se montre compatissant avec elle parce qu'il voyait un elle un membre de sa famille, même si elle n'aurait pas été son premier choix d'épouse pour son fils, ni même son dixième choix.
- Je sais que je ne vous l'ai pas toujours montré, mais je vous admire beaucoup Hermione…
Il eut un petit rire face à l'air de complète stupeur sur le visage de sa belle fille.
- Oui je sais, je le cache très bien. Mais vous avez su me montrer que vous aviez ce qu'il faut pour être avec mon fils. Et il est heureux avec vous, et pour ça, je ne vous remercierais jamais assez. Drago a suffisamment souffert de mes choix, et il mérite d'être heureux. C'est l'autre raison pour laquelle je vous ai fait venir ici, je veux que vous sachiez que mon fils vous aime, plus que tout. Il n'est peut être pas capable de s'en rappeler en ce moment, mais ses sentiments sont bien là. Alors je vous implore de faire preuve de patience avec lui, et de ne pas prendre de manière personnelle ses réactions. Narcissa m'a raconté ce qui est arrivé à son réveil, et j'espère que vous ne lui en tiendrez pas rigueur.
- J'essaie… mais c'est difficile de regarder dans ses yeux et de voir un étranger. Une partie de moi lui en veut d'avoir pu laisser notre vie s'effacer aussi facilement. Je sais qu'il n'y est pour rien et que ce n'est pas rationnel de ma part…
Hermione ne savait pas pourquoi elle s'épanchait ainsi. Elle était venue au manoir dans l'espoir de se confier à Narcissa, et au lieu de ça, la voilà qui déballait toutes ses craintes à Lucius, la dernière personne à laquelle elle aurait pensé. Décidément cette journée ne cessait de la surprendre.
- Il n'y a rien de rationnel en matière d'amour, l'important c'est que vous sachiez que le fait que Drago soit incapable de se rappeler de votre relation est indépendant de sa volonté, et que le Drago que vous aimez est toujours là, probablement entrain de se battre pour vous revenir alors soyez forte pour lui.
- Si vous tenez à blâmer quelqu'un, blâmez-moi. Je suis celui qui a inculqué ces idées à Drago, sans mon influence, votre histoire aurait été toute autre.
Au lieu de renforcer sa détermination, les paroles de Lucius eurent pour effet de libérer le flot de larmes qui était sous la surface depuis l'accident. Elle n'avait pas versé une seule larme depuis qu'elle avait appris la nouvelle, et toute cette émotion contenue la rattrapait.
Lucius eut l'air légèrement alarmé, avant de se lever pour s'asseoir près d'elle et lui tapoter maladroitement le dos en marmonnant des paroles de consolations. Il la regardait comme s'il ne savait pas trop quoi faire d'elle.
Malgré ses larmes, Hermione fut prise d'une envie de rire. Au fond, sous ses airs hautains, Lucius était comme tous les autres hommes et ne savait pas comment réagir face à une femme en pleurs.
Longtemps après quand elle fut calmée, Lucius l'escorta jusqu'à l'ancienne chambre de Drago, et quelques minutes plus tard, Mispy lui apporta Scorpius qui, d'après son air renfrogné, venait de se réveiller. Elle le prit dans ses bras et enfouit son visage dans son cou, respirant profondément son odeur familière de bébé. Scorpius devait sentir que sa maman avait besoin de ce contact car il ne chercha pas à se dégager de son étreinte comme il le faisait habituellement, c'était peut-être aussi du au fait qu'il dormait encore à moitié.
Après un long moment, elle desserra son étreinte, et tout naturellement ajusta sa position pour l'allaiter. Scorpius se rendormit rapidement et elle le plaça dans le berceau que Narcissa avait fait installer près du lit. Elle prit ensuite une douche rapide avant de se glisser dans l'énorme lit à baldaquin qu'elle partageait avec son mari quand ils passaient du temps au Manoir.
La pensée de Drago provoqua une nouvelle vague de tristesse en elle, mais elle la réprima, se rappelant des paroles de Lucius, et de Narcissa.
Ils avaient raison. Drago ne se rappelait pas de ce qu'elle représentait pour elle, alors c'était à elle de s'en rappeler pour deux.
Réconfortée par son regain de détermination, elle ferma les yeux et laissa le sommeil l'emporter à son tour.
