Relecture par Brynamon.

J'ai remanié ma première fic car j'ai retrouvé encore des fautes et j'ai rajouté quelques petits détails manquants.

Ce chapitre est une transition. Je bloquais dessus car je pensais à mon précédent chapitre riche en action. Ma sœur m'a dit d'arrêter de me prendre la tête.

Super conseil qui a engendré ce chapitre.

Bonne lecture !

Début Juin 2006


Chapitre 3 : Stigmates


POV JASPER

Nous étions partis de Forks depuis quelques heures, sans emporter grand-chose en quittant la maison. Ce fut plus difficile que je ne l'aurais cru, mais mon envie de vengeance était encore plus virulente depuis que j'avais appris que ma merveilleuse Alice aurait pu être épargnée. Elle avait voulu nous protéger mais si quelqu'un n'avait pas comme projet de nous détruire, elle n'aurait pas eu à faire ça. De plus, je voyais ma famille imploser de l'intérieur, car sa disparition n'avait pas anéanti que moi. Esmé avait du mal à s'en remettre d'après ce que j'avais compris.

Nous étions arrivés à Seattle vers quatorze heures et nous avions patienté jusqu'à seize heures pour avoir un vol vers New York. Nous étions dans l'avion depuis un bon moment déjà. Encore une heure et nous atterrirons. Emmett était assis près de moi, il regardait par le hublot faisant semblant d'admirer la vue de la nuit qui s'installait mais il était blessé. Voilà pourquoi il s'était assis près de moi à la place de Carlisle. Il attendait que je l'aide à gérer ça un moment. Il se tourna vers moi, mal à l'aise.

-Je suis désolé tu sais…Pour Rosalie.

-Tu n'as pas à t'excuser, elle a fait son choix tu n'es en rien responsable.

Son expression montrait clairement qu'il n'était pas d'accord cependant il n'ajouta rien. Je ne comprenais pas moi non plus pourquoi elle s'était enfuie loin de nous avec de parfaits étrangers mais je ne lui en voulais pas plus que ça. En fait cela m'indifférait. Je jetai un œil vers Carlisle assis quelques sièges plus loin derrière nous. Il était triste, c'était pénible car il était pudique et le cachait bien mais moi je le ressentais violemment. Il souffrait presqu'autant que moi.

Nous avions enfin atterrit. Il était déjà tard, la nuit était tombée totalement. Nous nous rendîmes vers la file de taxi pour rejoindre l'appartement de Carlisle. Nous restâmes silencieux pendant tout le trajet qui dura une quinzaine de minutes. Le paysage défilait devant mes yeux mais je ne voyais rien. Le taxi s'arrêta devant un bâtiment très cossu de style ancien, la façade rappelait les demeures de l'époque victorienne.

Carlisle régla le taxi et nous le suivîmes jusqu'à l'ascenseur. Nous primes l'escalier, c'était plus rapide. En une seconde nous étions au dernier étage. Esmé nous ouvrit et plongea dans les bras de Carlisle. Je me sentis submergé par des émotions qui me déplaisaient. J'allais rentrer pour échapper à tout cela quand elle quitta les bras de Carlisle pour me serrer dans les siens. Elle eut un sanglot, je me sentais écrasé par tant de douleur. Elle atterrit enfin dans les bras d'Emmett. Elle resta surprise de ne pas voir Rosalie et Edward.

-Edward va nous rejoindre en Italie, expliqua Carlisle. Il attend que Rosella aille mieux. Quant à Rosalie…

-Elle nous a lâchés, le coupa Emmett, toujours aussi remonté.

Toute cette agressivité cachait une grande tristesse. Bien sûr il était trop fier pour le montrer. Esmé ne fit pas de remarque. Elle se tourna vers moi, dévastée. Je lui fis faux bond, préférant aller sur la terrasse. La vue était belle avec ses gratte-ciels illuminés à n'en plus finir, le ciel était dégagé, les étoiles scintillaient avec énergie. Elle me rejoignit et je me raidis, appréhendant ce qu'elle allait me dire. Elle s'accouda à la balustrade et regarda au loin. Elle se rapprocha subtilement et déposa sa main sur mon épaule. Elle attendit un moment puis m'attira dans ses bras. Je résistai au départ mais elle insista pour que je pose ma tête sur son épaule. Je cédai finalement et c'est avec soulagement que je me sentis enfin un peu moins seul. Je profitai de cette étreinte apaisante pour lui poser la question qui me démangeait depuis des jours.

-Pourquoi tu n'es pas venue ? Tu es la seule à qui je voulais parler…chuchotai-je.

-Je ne pouvais pas. C'était trop dur !

Elle me serra encore plus.

-Pardonne-moi, ajouta-t-elle.

Je comprenais l'immensité de sa peine et je décidai de tourner la page.

-Elle m'avait confié qu'elle était préoccupée…Me révéla-t-elle subitement.

Je me raidis à nouveau et m'extirpai de ses bras.

-Comment ça ? Quand ça ? Que t'a-t'elle dit ?

-Elle m'a appelée la veille de sa mort, elle semblait triste. Elle n'a rien voulu me dire sur ses préoccupations mais avant de raccrocher elle m'a dit de prendre soin de toi si un jour il devait lui arriver quelque chose.

-Dis-moi que tu plaisantes ?

-Elle m'a aussi dit qu'elle nous aimait ton père et moi, que je devais laisser Edward voler de ses propres ailes et que je devais garder notre famille unie. Elle m'a aussi dit de ne rien vous dire, qu'elle allait régler tout ça à sa façon et que tout irait bien ensuite. Elle m'a aussi dit en riant que je serai bientôt grand-mère. Elle avait retrouvé sa bonne humeur et je ne me suis pas inquiétée plus que ça.

Je la regardai sans la voir avec cette immense douleur que causait la trahison de ceux qu'on aimait. Quelque chose d'autre se brisa en moi et la colère m'aveugla.

Un choc violent me ramena sur terre. Le corps immense d'Emmett m'avait stoppé dans mon déraillement.

-Que se passe-t-il ? Demanda Carlisle d'une voix soucieuse en arrivant sur la terrasse.

-Rien ! Déclara Emmett. Jasper et moi allons faire un tour.

Il m'agrippa et me traina hors de l'appartement. Je le laissai faire car je compris que je ne tournai plus rond.

-Tout cela aurait pu être évité, me murmurai-je à moi- même.

Trois jours passèrent avant que je ne puisse revenir.


POV BELLA

La cérémonie avait commencé à dix heures. J'étais restée en retrait laissant Jacob entouré de ses sœurs et d'autres membres de sa famille que je ne connaissais pas. Ils avaient tous fait le voyage pour assister au dernier adieu. Je jetai un œil vers un point au loin à l'ombre d'un arbre. Edward s'y tenait, bien à l'écart des autres. Les habitants le toléraient car Jacob avait accepté qu'il assiste aux funérailles. Je n'en revenais toujours pas d'ailleurs. En tout cas, j'étais heureuse qu'il ait fait ce geste pour Jacob.

J'avais le coureur lourd, tenant la main de Charlie qui serrait la mienne avec fermeté. Je pleurai en silence en replongeant dans mes souvenirs d'enfance ou dans des souvenirs plus récents. Quand tout fut terminé, je patientai dans mon coin m'appuyant sur une des voitures stationnées près du cimetière, Charlie avait été voir les Clearwater et discutait avec eux. Je n'étais pas de bonne compagnie et il fallait qu'il puisse en parler à ses autres amis. En regardait au loin, je m'aperçus qu'Edward n'était plus là. Je surveillais Jacob pour être sûre qu'il fut entre de bonnes mains. Il avait revêtu un costume noir de circonstance qui faisait ressortir sa carrure athlétique. Il restait solaire dans cette ambiance mélancolique. Sa sœur Rebecca lui avait ramené ce costume. J'avais refait sa connaissance dans de tristes circonstances. Elle était différente de Jacob et de Rachel. J'avais ressenti qu'elle ne m'appréciait pas des masse dès le départ. Au contraire de Rachel qui m'avait tout de suite adoptée. Je ne m'en formalisai pas outre mesure et me concentrai sur le positif. Mon esprit vagabonda tout doucement…

2 jours auparavant

En sortant de la chambre de Rosella, je rejoignis Jacob au funérarium. J'avais définitivement laissé Edward derrière moi mais ça restait douloureux. Jacob m'accueillit avec chaleur mais en voyant ma tête, il me conseilla de rentrer me reposer. J'étais réticente à l'idée de le laisser mais je suivis malgré tout son conseil. Je rentrai donc à la maison et préparai un repas rapide pour moi seule car Charlie était resté manger chez les Clearwater.

J'allai monter quand je reçus un appel d'Angela qui s'inquiétait de mon absence surtout depuis que mon père avait débarqué chez elle en me cherchant. Je la rassurai au mieux et elle me proposa de réviser avec elle ce week-end. J'acceptai avec joie, un coup de main ne serait pas du luxe. Par contre, je la prévins qu'elle ne me verrait pas avant le week-end étant donné les circonstances. Je lui parlai des funérailles de Billy. Elle me fit part de ses condoléances et raccrocha peu après.

Je plongeai enfin dans mon lit alors qu'il était à peine vingt heures et dormis comme une masse une bonne partie de la nuit. Je fis enfin un rêve normal pour une fois où Jacob prenait une grande part. La deuxième partie de ce rêve se déroulait dans le désert et je souffrais atrocement de la chaleur. En ouvrant les yeux, je réalisai que j'avais vraiment chaud, j'étais moite. Je m'aperçus alors que Jake était endormi dans mon dos, je me retournai vers lui pour l'enlacer. Je plaçai ma tête dans son cou, me découvris un peu et me rendormis aussi sec. J'avais du sommeil à récupérer et lui aussi. J'aurais dû le réveiller mais j'étais trop fatiguée pour cogiter aussi logiquement au point même d'en oublier Charlie. Ce fut au petit matin que je pris conscience que mon père avait dû nous voir. Je profitai encore un instant de la quiétude du cocon qu'était ma chambre en ce moment et contemplai avec amour celui qui était allongé près de moi. Il était resté habillé, cela n'avait pas dû être confortable. Je l'embrassai très légèrement pour ne pas le réveiller et m'extirpai du lit avec appréhension. Je passai devant la chambre de mon père, son lit était défait…

Je rejoignis le rez-de-chaussée telle la condamnée qui va à l'échafaud. Il y avait du bruit à la cuisine, je franchis le seuil de la porte d'une traite et découvris Charlie lisant son journal devant une tasse de café. Il était habillé de son uniforme, prêt à aller travailler. Il suspendit son geste en me voyant.

-Tu es réveillée ? Il est à peine six heures…

-Je te retourne la question, rétorquai-je avec prudence.

-Je n'arrivais pas à dormir alors je préfère aller au boulot.

Il se leva en repliant son journal et vint m'embrasser.

-Y'a plus grand-chose dans le frigo, tu devrais aller vite fait au centre ville chez l'épicier, il ouvre à sept heures.

-Je me contenterai de ce qu'il y a…

-Toi oui mais pas Jacob.

J'étais comme une statue grecque.

-Bon j'y vais…Et pas de bêtises en mon absence.

Il me lança un regard lourd de sens qui me pétrifia encore plus. J'acquiesçai avec sincérité, soulagée de ne pas avoir eu droit à une leçon de morale virulente. La porte claqua et je restai là encore un peu, j'avais besoin de me reprendre. Je regardai par la fenêtre et vis Charlie partir. Je montai doucement vers ma chambre, Jake dormait toujours, il faisait chaud dans la pièce, j'ouvris un peu la fenêtre. Je filai à la salle de bain pour prendre et douche afin d'aller chez l'épicier. Charlie avait raison, Jake mangeait comme dix.

Je finissais de me rincer quand le rideau de douche s'ouvrit. Je hurlai de terreur prête à voir un homme armé d'un couteau. J'avais trop vu « Psychose » moi !

-Ce n'est que moi, ce n'est que moi, me rassura Jake. Fait-moi une place.

Son regard noir me détailla avec envie. Il me voyait toute nue en plein jour. Je manquai de glisser sous l'émotion, il me rattrapa de justesse et colla son corps chaud au mien. Je ne résistai pas et l'attirai dans la douche en fermant le rideau derrière lui. Le jet d'eau chaude me sembla brûlant. Tous mes sens étaient en éveil et je n'étais pas la seule à être en ébullition. J'enserrai son cou de mes bras, il se pencha et happa mes lèvres avec fougue. Il me serra la taille et me plaqua contre le carrelage. Son cœur cognait contre sa poitrine, faisant trembler son corps. Ses mains s'aventurèrent dans des zones sensibles provoquant un bruyant gémissement de ma part. Il sourit, la bouche contre la mienne. Je sentis son souffle chaud tandis qu'il m'embrassait le cou.

-J'ai promis à mon père, murmurai-je.

-Ah oui ? Grogna-il toujours en m'embrassant.

Il se redressa et posa ses mains autour de mon visage, ramenant en arrière des mèches de mes cheveux. Il m'observa de ses yeux sombres étincelants. Oubliant tout ce que je venais de dire je l'attirai à nouveau vers moi pour l'embrasser avec ardeur, je caressai ses épaules, son dos et descendis jusqu'au creux de ses reins. Il ne put retenir un soupir quand j'attrapai ses fesses et fis pression sur elles pour sentir plus intimement son érection. J'avais tellement envie que j'en avais mal. Le seul moyen de calmer tout ça était de…

-Bordel, je rêve là !

Je rouvris les yeux, confuse. Il se détacha de moi et sortit de la douche me laissant avec une frustration insupportable.

-Ne bouge pas je reviens, m'ordonna-t-il tandis qu'il chopait un drap de bain blanc qu'il noua autour de ses hanches. Il sortit en trombe sans prendre la peine de se sécher.

-Jake attend ! Le suppliai-je, désespérée.

Mais il était déjà loin. Je sortis en catastrophe et me séchai en un temps record. Je pris mon peignoir de bain et descendis voir où il était car il n'était pas dans la chambre.

Je le trouvai en bas en grande discussion avec Edward.

-Tu as le droit de t'habiller, s'agaça Edward.

Jake était contrarié de le voir encore débarquer à l'improviste. En arrivant à leur niveau, je me plaçai près de lui.

-Edward ?

-Pardon de vous déranger…

Je n'aurais su dire ce qu'il ressentait en ce moment. Il savait souvent se montrer maitre de lui. Ça m'avait souvent énervée par le passé. Là je lui en fus reconnaissante.

-Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je suis venu récupérer quelques affaires que j'avais oubliées dans ta camionnette quand je te l'ai ramené. J'y ai trouvé ton portable, tiens, dit-il en me le lançant.

Je l'attrapai de justesse. J'étais moins maladroite que d'habitude!

-C'est bon tu peux y aller maintenant ! Déclara Jake sèchement.

Il voulut refermer la porte sur Edward mais d'instinct je l'en empêchai.

-Attend, il a quelque chose à nous dire.

-Ah oui ? Répondit Jake suspicieux.

Je fixai Edward pour l'encourager à nous dévoiler la véritable raison de sa présence.

-Je savais que je te trouverai ici. En fait, je suis venu te présenter mes condoléances pour ton père.

Je tournai ma tête vers Jacob. Il observait Edward sceptique et…stupéfait.

-Non ce n'est pas une manœuvre pour revoir Bella. Ajouta Edward toujours impassible. Par contre j'ai une faveur à te demander.

-Laquelle, demanda Jake sur la défensive.

-J'aurais aimé assister à l'enterrement…

Je restée bouche bée de stupeur. Je m'attendais à ce Jake lui crache « non » à la figure. Cependant rien ne vint.

-Je me tiendrai en retrait et je ne ferai rien qui puisse perturber la cérémonie, continua-t-il avec diplomatie.

Jake cessa de le fusiller des yeux et m'interrogea du regard.

-Je me range à ta décision, dis-je prudemment.

Il baissa les yeux et réfléchis un instant.

-J'ai pas oublié le coup tordu de tes retrouvailles avec Bella.

Automatiquement je fixai Edward avec appréhension qui, lui, m'ignora royalement. Ce qui ne fut pas plus mal.

-Mais je sais aussi que sans ton aide elle ne se serait peut-être pas près de moi aujourd'hui. Et avec tout ce qui se passe en ce moment tout me parait relatif.

Edward hocha la tête et n'ajouta rien de plus.

-Ok tu peux venir, je m'arrangerai avec le conseil.

-Je te remercie… Je dois retourner à l'hôpital. Je vous verrai donc demain.

Il s'en alla en direction de sa voiture et monta dans sa Volvo. Jacob referma la porte et me fit face. Il avait à nouveau les traits marqués par la mélancolie. Il me prit dans ses bras sans un mot et je lui rendis son étreinte. Le téléphone sonna, cassant son élan d'affection.

-Et merde, cria-t-il, excédé.

Je durcis mon étreinte pour le garder près de moi mais il finit par aller décrocher.

-C'est peut-être une de mes sœurs, elles savent que je suis ici, m'expliqua-t-il.

Il parla quelque seconde et revint vers moi à l'entrée.

-Je vais rentrer, elles ont besoin de moi.

-De si bonne heure ?

-Pas facile de dormir là-bas tu sais.

Je comprenais mieux pourquoi il était venu se refugier ici cette nuit.

-Tu viens ? Rachel souhaite que tu manges avec nous ce midi. Ton père nous rejoindra aussi apparemment.

J'acquiesçai avec joie.

Nous roulions vers la réserve avec ma camionnette. Je n'avais pas trouvé mon sac à dos dedans alors que Charlie m'avait affirmé l'y avoir vu.

Jake prit ma main qu'il serra tout en conduisant.

-J'ai vu ta baguette en arrivant cette nuit.

J'aurais aimé la lui montrer moi-même pour voir sa réaction.

-Tu ne la gardes pas avec toi ?

-Je ne sais pas bien m'en servir. En voulant sauver mon père j'ai détruit une partie de la maison des Cullen et tué Zabini au passage.

Il m'observa furtivement, ma voix tremblante avait dû l'alerter.

-Tu veux m'en parler ?

-Je ne sais pas…

Il s'arrêta sur le bas côté et se tourna vers moi. Je finis par faire de même et commençai une longue narration. Il se contenta de me caresser le bras et de me prêter une oreille attentive. Cependant je voyais que certains passages le touchaient à la contracture de sa mâchoire et au plissement de ses yeux.

-Arrête !

-Arrête quoi ? S'étonna-t-il.

-Tu te sens encore coupable de ne pas être venu me chercher.

Il détourna la tête et scruta l'horizon sans répondre.

-Il n'y a pas que pour ça que je me sens coupable.

Je le dévisageai avec curiosité pendant un laps de temps assez court.

-Je suis désolé d'avoir mal réagit, confessa-t-il enfin.

-C'est normal, il a débarqué à l'improviste…

-Non je ne parlais pas de ça.

-Oh… Et bien…bafouillai-je en tiltant. Je t'ai caché la vérité, j'aurais pas dû. J'allais t'en parler, vraiment t'en parler mais j'ai vu que tu étais préoccupé et tu m'as parlé de Seth.

Il replongea dans ses souvenirs. Fronçant les sourcils. Je n'aimais pas cet air sur son visage. Il prolongea le silence.

-Vaux mieux laisser tout ça derrière nous, déclara-t-il finalement. Et puis je vais faire face à de nouvelles responsabilités. Je me demande si je vais pouvoir faire ma dernière année de lycée.

-Il faut que tu passes tes examens ! Ce n'est pas une option. Je pensais prendre une année sabbatique et travailler après avoir bien sûr réussi mes examens haut la main, ensuite on pourrait poursuivre nos études universitaires ensemble.

Il sourit. Encouragée par cette attitude positive je continuai sur ma lancée.

-Tu sais déjà vers quoi tu veux te diriger ?

-J'ai des idées. Mais je dois y réfléchir. Tu crois que Charlie serait d'accord concernant ce que tu souhaites faire ?

-Je lui en parlerai ce week-end.

Nous arrivions devant chez lui. Je descendis et me trouvai subitement nez à nez avec Harry quelques secondes plus tard. Je l'étreignis et lui demandai des nouvelles. Il m'expliqua pour son ami Remus. Surprise, je lui proposai mon aide mais il déclina l'offre car Rosalie s'était déjà incrustée. Je tombai des nues mais ne fis pas de commentaires. Il présenta ses condoléances à Jacob et fut content de voir qu'il allait mieux et qu'il n'était pas seul. Jacob lui annonça que l'enterrement aurait lieu le lendemain. Il nous prévint de son départ imminent. Il ne pouvait donc être présent aux obsèques de son père. Jake comprit et n'en fut pas offusqué. Il demanda à Jacob quelques minutes en privé avec moi. Il s'éclipsa donc et Harry et moi marchions un peu, non loin de la maison.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Demandai-je curieuse.

-Je voulais savoir ce que tu avais décidé concernant ton apprentissage de la magie. Maintenant que ton père est au courant s'opposerait-il à ce que tu l'étudies ?

-Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu proposes ?

-Je pourrais peut-être m'arranger avec la directrice de mon ancienne école pour que tu fasses une année de cours intensifs.

Je ne savais que dire. Partir une année loin d'ici, loin de mes parents, de mes amis et de Jake.

En même temps, c'était excitant ! Etudier la magie qui faisait partie de moi, un héritage de mon arrière grand-mère. Charlie ne serait probablement pas contre, ni maman en lui expliquant la situation. Mais Jake…

-Je vais voir, je te tiens au courant.

-Contacte-moi dans quelques jours chez moi voilà mon adresse. Va chez les Cullen, je leur demanderai de te laisser accéder à leur maison pour passer un coup de cheminette. Tu sais comment ça fonctionne ?

-Je pense oui.

Nous restâmes encore un moment à discuter ensuite il partit rejoindre sa femme et son filleul. Je lui souhaitai bonne chance pour Remus et lui demandai d'embrasser Teddy pour moi en lui disant qu'on se reverrait bientôt j'espère.

Il transplana et je revins vers la maison, songeuse. Rebecca sortit sur le perron et vint à ma rencontre. Elle avait été froide quand je l'avais rencontré hier. Et ça ne s'arrangeait pas. Elle ne ressemblait en rien à Jacob ni physiquement ni de caractère. Elle s'arrêta devant moi.

-Je te conseille d'arrêter de mettre des idées stupides dans la tête de mon frère. Mon père est à peine mort que tu veux déjà décider de la vie de Jacob à sa place.

Je fixai Rebecca qui avait les traits tirés, déformés par la colère. Je ne comprenais pas ce qu'elle me racontait.

-De quoi m'accuses-tu ?

-Nous étions en train de ranger les affaires de papa quand il est venu nous dire qu'il souhaitait que tu viennes vivre avec lui le temps d'être diplômé. Ensuite vous iriez faire ensemble vos études universitaires.

J'ouvrais les yeux en grand.

-Hein ?

-Arrête de faire l'idiote !

-Ça suffit Rebecca ! Je ne te permets pas de l'insulter ! S'énerva Jake qui apparut sur le perron.

-Jake ? L'appelai-je à l'aide. Tu peux m'expliquer ?

-Je commençai à leur exposer ce dont on avait parlé dans la voiture quand Rebecca à commencer à décider de tout pour moi. Du coup je lui ai balancé tout ça sans réfléchir.

Il avança vers sa sœur qui avait fait volte-face en entendant sa voix.

-Je suis plus un enfant, lâche-moi un peu !

Il passa près d'elle, la bousculant légèrement et partit sans se retourner. Je partis à sa suite sans un regard pour sa sœur.

-Jake attend !

OoooO

Une main prit la mienne me ramenant à l'instant présent. Jake s'adossa à la voiture tout comme moi, embrassa mon front et resta silencieux. Je respectai son silence et me contentai d'être là pour lui.

Mais j'avais pris une décision et cela allait être dur à lui annoncer. Cependant ce n'était ni le lieu ni le moment pour en parler.


POV REMUS

J'étais dans une cellule exigüe et sombre depuis des heures. J'avais été jeté là sans ménagement par les deux gardes qui était venus me chercher dans la cour. Les autres détenus avaient assisté à la scène sans sourciller. En longeant le couloir, j'avais croisé mon co-détenu entravé qui sortait du bureau du directeur. Il me toisa avec un rictus et je tentai de lui sauter dessus. Les deux gardes me lancèrent un Sortilège « corps en coton* » et je perdis mes forces d'un coup, me laissant porter par eux. Je pénétrai dans le bureau du directeur qui m'examina avec froideur.

-A peine quelques heures ici et vous faites déjà des vagues Monsieur Lupin.

Je redressai ma tête péniblement.

-Je n'ai fait que me défendre.

-Une tentative d'assassinat c'est ce que vous appelez se défendre ?

Il ne me laissa pas le temps de répondre.

-Vous allez rester à l'isoloir quelques temps histoire de calmer vos ardeurs et bien sûr toutes vos visites sont supprimées.

Le cauchemar que je vivais tournait à l'enfer. Je me braquai malgré mon corps amoindri.

-Vous n'avez pas le droit ! Je veux voir Harry !

-Vous avez perdu vos droits en attaquant un autre détenu. Monsieur Potter a été prévenu. Il devra patienter quarante-huit heures avant de vous voir et c'est la même chose pour votre mage-défenseur ! Et estimez-vous heureux car j'ai été souple par égard à Monsieur Potter. Sinon c'était une semaine !

Harry… Que devait-il penser de moi et de tout ça?

Je me repris.

-Je ne veux pas être défendu par un inconnu envoyé par le Ministère. Je n'ai aucune confiance en le système judiciaire sorcier! Il est corrompu.

Le directeur éclata d'un rire sardonique.

-Corrompu rien que ça !

-J'ai vu mon meilleur ami passer 12 ans en prison pour quelque chose qu'il n'avait pas fait.

-Les erreurs arrivent mais vous parlez de corruption !

-Oui, pas la peine de me prendre pour un imbécile.

-Vous aggravez votre cas. Gardes, emmenez-le en QHS ! Burbanks prendra la relève.

Je ne pus protester et me laissai emmener. Une fois en QHS je sentis la différence. Y avait-il des détraqueurs ici comme à Azkaban?

Un des gardes me présenta le dénommé Burbanks qui était le chef de ce secteur et ils me laissèrent seuls avec lui. De toute façon, dans mon état je ne pouvais pas faire grand-chose. Cet homme d'une quarantaine d'années me dévisagea sans aménité avec ses yeux noirs comme le diable et son sourire carnassier. Il avait une fine moustache et des cheveux noir grisonnant. Il était costaud et plus grand que moi aussi. Il me fit léviter, nous passâmes devant plusieurs cellules toutes plus sales et repoussantes les unes que les autres. Des personnes s'agrippèrent aux barreaux en me voyant passer avec le chef. Je détournai les yeux, incapable de soutenir leur regard malsain pour certains, un peu fous pour d'autres.

-Alors tu veux jouer au boss ? Ricana Burbanks.

-Non.

-C'est pas ce que j'ai entendu dire. Ici t'auras pas l'occasion de marquer ton territoire ! Tout passe par moi.

Il ouvrit une cellule unique située loin des autres et m'y jeta dedans sans pitié.

La porte claqua et ce fut le début de ma descente aux enfers!


Cinq jours plus tard.

POV EDWARD

Rosella était enfin sur pied. Elle pourra sortir dans la matinée. Une semaine s'était passée depuis qu'elle avait été admise. Elle avait repris des forces et pouvais marcher sans trop souffrir. Cela faisait aussi deux jours que ma famille était arrivée en Italie. Ils avaient mis du temps à s'y rendre mais personne ne m'avait dit pourquoi. J'avais hâte de les rejoindre mais quitter Rosella m'étais pénible.

Nous nous étions un peu confrontés car elle voulait venir avec moi en Italie et je ne l'acceptais pas. Elle m'avait alors prévenu que je n'étais pas en droit de décider pour elle. Que j'avais déjà fait cette erreur avec Bella, que cela ne m'avait mené nulle part. Elle avait touché un point sensible. Elle m'avait fait aussi remarquer qu'elle n'était plus une enfant, qu'elle était capable de prendre soin d'elle-même et de se protéger. Cependant elle n'évoqua pas notre différence d'âge car évidemment elle savait que je l'aurais mouchée avec mes 107 ans.

Il n'était pas loin de dix heures, nous attendions la confirmation du docteur pour partir. Je patientai devant la fenêtre. Elle s'habillait dans la salle de bain. Elle avait vécu sa semaine d'hospitalisation comme un calvaire, elle était pressée de partir d'ici. Et moi aussi je voulais la voir quitter cet endroit déprimant. Néanmoins son entêtement à vouloir m'accompagner voir les Volturi et découvrir qui nous voulait du mal me refroidissait plus que je ne l'étais déjà.

-Edward, tu peux venir un instant ?

Je rentrai dans la minuscule salle de bain. Rosella était face au miroir, ses yeux se posèrent sur moi au travers de la glace.

-Je n'arrive pas à me coiffer, tu veux bien m'aider ?

Elle avait un léger sourire au coin de la bouche, je me laissai attendrir sans m'en rendre compte et m'approchai d'elle comme attiré par un aimant. Elle portait un cache-cœur parme sur un débardeur blanc et un pantalon noir classique taille basse avec des petites poches évasées. Elle était pieds nus. Ses longs cheveux noirs tombaient dans son dos. Elle me tendit sa brosse de la main gauche, la droite étant plâtrée. Je la regardai toujours au travers du miroir.

-S'il te plait…Me supplia-t-elle à demi.

Je cédai et saisis la brosse. Ce n'était pas désagréable mais j'étais content qu'Emmett ne soit pas dans le coin pour me voir. En repensant à lui, je me rembrunis. Je me demandai ce qui s'était passé quand ils avaient retrouvé Esmé et pourquoi le départ vers l'Italie avait été si long.

-Tu as l'air soucieux. Dis-moi ce qui ne va pas.

-J'aimerai rejoindre ma famille, il se passe quelque chose mais personne ne me dit rien.

-Je suis prête à te suivre, je te l'ai déjà dit. Allons-y dès aujourd'hui si tu veux.

Je continuai de lui brosser les cheveux sans lui répondre. Elle était têtue… et très attentive. Elle était sincère dans sa démarche. Comment lui en vouloir de s'impliquer autant ?

Elle prit sa baguette posée sur le lavabo et la pointa vers le haut de son crâne.

-Capillus mobilis*

Ses cheveux se levèrent doucement et s'enroulèrent en un savant chignon laissant quelques mèches libres et tenant par je ne sais quel manière.

-Tu es très belle, murmurai-je.

Je me penchai et embrassai son cou. Elle frissonna de plaisir et j'en fus heureux.

Mon bras retomba avec la brosse. Elle se tourna pour me regarder en face. J'étais toujours aussi subjugué par l'éclat de ses iris qui exprimaient beaucoup d'émotions. Je l'embrassai sans attendre, avec douceur, caressant ses joues en même temps. Mon esprit s'embrasa me laissant imaginer ses merveilles cachées qu'il me tardait de découvrir. J'étais un gentleman mais encore pour combien de temps ? Je fis un effort pour m'arracher à la douceur de sa langue tiède légèrement parfumée à la menthe. Elle gardait les yeux fermés, toujours dans l'extase du moment pendant que je la détaillai avec tendresse.

-Tu t'es maquillée m'étonnai-je.

Sa cicatrice était moins visible. Tout comme ses bleus autour du nez et des yeux. Elle porta instinctivement sa main à joue.

-Juste un peu…

Elle se perdit dans ses pensées, repensant à son frère. Je me raidis.

-J'ai une faveur à te demander…

Décidément je jouais de malchance, j'avais trop été naïf de croire qu'elle ne me poserait pas la question. Mes mains s'ôtèrent de ses joues.

-Je ne peux pas accéder à ta requête mon cœur.

Elle me dévisagea, interrogative.

-Je suis retourné à notre repaire mais le corps de ton frère n'y était plus.


-sortilège de corps en coton* : Elève toute énergie à celui qui le reçoit.

-sortilège Capillus mobilis* : Permet de se coiffer rapidement cependant il faut avoir des cheveux longs pour utiliser ce sort.