TITRE : Le Garçon de Serpentard

Résumé : Et si il n'y avait que trois petites choses à changer, trois actes ridicules pour que l'histoire d'Harry Potter change du tout au tout ? Et si ces trois détails entraînaient bien plus que complications et de changement qu'on ne l'aurait cru ? UA (Élevé par Sirius)

Rating : T - maybe M pour des scènes de mort (D'un autre côté qui lit le Rating en cliquant sur une histoire ?)

Disclaimer : Comme chaque personne ici... On en rêve et pourtant ils ne sont toujours pas à nous !

Wow ! Merci, je vois qu'encore une fois les reviews et les follows sont au rendez-vous ! LES RARS SONT A LA FIN DU CHAPITRE, (J'y réponds mais je préfère faire une Intro plutôt courte, enfin c'est relatif. Même ceux avec un COMPTE ! Parce que j'ai un souci avec les PM, je n'arrive pas à envoyer de message privés, bug)

Je pars du principe qu'il y a environ 300 élèves à Poudlard, avec dix par maisons et par année, soit 40 par année. Voilà ! (D'où le fait que le Poudlard Express dispose de cinquante compartiments, à environ six places dans un compartiment. Petite précision :)


Chapitre Trois

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La Spirale des Cerveaux

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Sur la voie 9¾, la locomotive étincelante crachotait déjà des effluves de son épaisse fumée noire. Le tam-tam incessant de la chaudière couvrait à peine les derniers hurlements de recommandations parentales, déballées en un flux de dernière minute pour apaiser les consciences. Il planait dans l'air un étrange sentiment de réconfort et de voyage, comme une brume invisible qui plaçait en leur coeur un désir d'inconnu. Harry dardait un regard émerveillé sur le train arrêté, son regard se perdant pour aller se poser sur une chouette, une baguette brandie ou un geste familial.

Inconsciemment, sa main se glissa dans le pelage du canidé qui le secondait, en un geste de réconfort. Le chien le gratifia d'un léchage en bonne et due forme, s'attirant une réprimande agacée du garçon, néanmoins doté d'un sourire révélateur. C'était un trop beau jour pour s'outrager de quelques gouttes de salive.

Devant eux, Remus marchait à grand pas en poussant son chariot, essayant du mieux qu'il pouvait d'éviter la foule opulente. Celle-ci se pressait en un flot continu d'adultes et d'enfants, chenille vivante et tortillante, qui faisait danser son corps sur le rythme des pas pressés et des gesticulations. Harry courrait presque derrière lui pour le rattraper, s'arrêtant souvent pour poser ses yeux intrigués, ne repartant que lorsque l'animal ne le pressait d'un mouvement vif, arraché brutalement à sa rêverie. Un étrange sentiment de panique lui enserrait le coeur, bien que la douceur du pelage canin apaisait ce stress croissant.

Après qu'Hagrid l'ait mené sur le chemin de Traverse - ou sa rencontre avec son futur Professeur ne cessait de se rejouer en sa mémoire - Harry avait passé le reste de l'été à profiter au maximum de la compagnie de son parrain, finalement peu rancunier. Il lui paraissait ridicule de nourrir des griefs aussi puérils, quand après tout ça n'avait été que pour leur propre sécurité. Puis l'instant incrédule passé, était venue la dure réalité.Il avait eut du mal à réaliser qu'il allait réellement partir, passer dix longs mois hors du cocon familial, voir enfin Poudlard. Mais l'immersion dans le monde magique, la rencontre avec - enfin - les sorciers lui avait fait réellement comprendre ce qui allait se passer.

Son départ.

Le laissant avide de moments privilégiés entre lui et Sirius.

Celui-ci avait fini par lui informer avec un air amer qu'il ne pourrait pas l'accompagner sur le quai, recherché comme il l'était par les forces de l'ordre magique (et malgré toutes ses protestations Sirius avait refusé de lui dire la raison de cette chasse à l'homme) mais qu'il se débrouillerait pour venir sous la forme de Patmol, et ce, recommandations prudente de Dumbledore ou non. Quelque part, c'était comme un lion qui rugissait dans sa poitrine de plaisir, ouvrait grand sa gueule pour avaler le monde.

Il avait été terrifié que Sirius ne l'abandonne, ne... baisse les bras. C'était en soi une rébellion, un geste lui assurant que Sirius serait toujours là.

Remus lui, lui avait assuré avec un grand sourire qu'il l'amènerait sans souci.

Les premiers wagons étaient déjà pleins d'élèves. On voyait à leurs sourires d'habitués, que pour eux ce n'était plus qu'une formalité d'usage - quitter la famille devait le quotidien. Ils s'ébrouaient gentiment en un concerto de rires et de plaisanteries, certains encore penchés aux fenêtres, bavardaient avec leurs parents pendant que d'autres se battaient pour une place assise. Un petit sourire venant troubler les traits trop lisses, il passa devant un garçon au visage joufflu qui disait:

« Grand-mère, j'ai encore perdu mon crapaud. »

« Neville ! » soupira la vieille dame d'un air affligé. Elle regardait l'enfant avec une pointe de déception habituée, comme quelqu'un qui n'en attend plus rien.

Plus loin, un petit groupe se pressait autour d'un garçon coiffé avec des dreadlocks.

« Allez, montre-nous ça, Lee, vas-y. »

Le garçon paradait, sa main refermée sur ce qui semblait être le plus grand trésor du monde, entouré par deux grands roux efflanqués qui ne se départissaient pas d'un sourire ravi.

« Il y a toujours autant de monde ? » grimaça Harry en se penchant vers Patmol pour lui souffler à l'oreille. « Comment font-ils pour ne pas se perdre au moins une fois ? »

Remus se retourna avec un sourire en coin, en inclinant la tête avec un regard rieur. Il vérifia néanmoins rapidement que personne n'était dans la capacité de les entendre avant de reprendre, une touche de nostalgie amusée dans le son de sa voix.

« Sirius faisait toujours ça pour semer ses parents, lui confia-t-il. Pas vrai ? » Le chien aboya son assentiment, sa langue pendant en dehors de sa gueule en frétillant. « Il nous disait toujours la façon qu'il avait utilisée cette fois-ci pour leur fausser compagnie, et le temps qu'ils se rendent compte qu'il n'était plus là, il était déjà dans le train. En avance. Quant à James...Ton père était toujours en retard évidemment - c'était presque une règle officielle chez les Potter. »

Harry camoufla un sourire, son coeur se pinçant néanmoins. Bien qu'il adorait apprendre de nouvelles choses sur ses parents, leur évocation lui laissait toujours un goût amer dans la bouche.

Lorsqu'ils finirent par atteindre la porte du compartiment, Remus se tourna vers lui avec un regard ému, peut-être pas tout à fait préparé à le laisser partir pour une année entière. Ses yeux brillaient un peu trop pour que ça ne soit qu'un effet de lumière, et un sourire un peu factice tendait ses traits bronzés, sans qu'Harry n'ose en faire la moindre remarque.

Il préféra se jeter dans ses bras avec attention, l'étreinte se faisant un peu plus désespérée pour l'adulte. Il passa sa main dans les cheveux du garçon, sans réellement changer quoi que ce soit à l'ordre savamment ébouriffé qu'ils possédaient, avant de lui poser une main sur l'épaule. Il la pressa avec émotion, grimaçant plus que ne souriant alors que sa chouette se confondant en pépiements assourdissants.

« Envoie-nous des lettres surtout Harry, hein ? Tu as Hedwige maintenant alors n'oses même pas trouver une excuse pour ne pas répondre aux nôtres. » L'homme marqua une pause, avant de se fondre en un sourire qui lui allait jusqu'aux oreilles, sincèrement amusé. « Tu verras que Poudlard est un endroit formidable mais.. Ne nous fait pas trop honneur d'accord ? Malgré quelques... exploits, je suis sûr que Sirius préférerait comme moi recevoir des Optimals que des lettres de retenues de McGonagall. »

Harry rougit en détournant les yeux, avant de redresser la tête, faussement confiant.

« Je ne serais que ce que vous avez fait de moi, tu sais. » lança-t-il avec un clin d'oeil facétieux, se penchant pour ébouriffer le pelage de l'animal. Celui-ci s'ébroua avant de percher ses pattes avant sur les épaules d'Harry, faisant vaciller celui-ci sous son poids. Mais il ne s'en formalisa pas, préférant en rire alors qu'il caressait le crâne du chien, passant sous le museau pour revenir gratter la nuque. « Promis Remus, Promis Sirius, je ne vous enverrais pas de sièges de toilettes. Du moins... Pas avant octobre. » finit-il avec malice, avant de récupérer sa valise et Hedwige, grimpant sur la première marche du train.

De là, il sourit une dernière fois à son parrain et son oncle, peu rassuré.

Sous ses airs bravaches, Harry sentait ses yeux s'embuer et il préféra leur adresser un dernier salut avant de franchir ce qui lui semblait être la dernière étape. Une fois le quai disparu sous ses yeux, les bruits étouffés par la lourde porte qui s'était refermée, il s'autorisa à laisser vaciller jusqu'à l'effondrement son sourire. Sa manche frotta les larmes qui pointaient, le faisant se sentir si stupide, et il resta là bien quelques secondes sans savoir quelle était la marche à suivre.

Finalement, on en était là.

Il décida de ne pas se rendre encore plus ridicule, et empoigna sa malle avec fermeté, à la recherche d'un compartiment vide. Les quelques premiers étaient déjà tous complets, remplis d'élèves plus âgés qui s'échangeaient nouvelles et bonbons, surmontés par des cris de d'animaux. Le cinquantième- et dernier - finit par être complètement vide, Harry s'y jetant avec soulagement.

Il eut un peu de mal à monter sa valise et faillit basculer, le tout sous les pépiements de plus en plus agacés d'Hedwige. Il darda un regard abyssal sur l'animal, qui s'en moqua avec une indifférence royale, avant de placer la chouette à ses côtés, s'asseyant sur la banquette avec soulagement. Un soulagement qui ne dura pas quand il reporta son regard par delà la fenêtre, observant silencieusement le brouhaha du quai qui ne lui parvenait pas.

Une fillette un peu plus jeune serrait dans ses bras un futur étudiant de Poudlard qui avait l'air aussi mal à l'aise qu'Harry, digne et droit malgré les larmes de crocodiles de sa soeur. Harry réfréna un sourire amusé en observant la scène, la fillette refusant visiblement de le laisser partir. Il se cala plus confortablement contre la banquette, scrutant le film qui se jouait devant lui avec des airs de voyeurs. Le garçon avait passé une main hésitante dans les cheveux disciplinés de l'enfant, semblant vouloir la rassurer.

Subitement le gong du dernier appel du Poudlard Express retentit, le tirant avec force de ses pensées.

Le train s'ébranla quelques dizaines de seconde après, juste le temps pour quelque retardataires de sauter dans les wagons les plus proches, avant de cracher une épaisse fumée noire et de se mettre en marche, prenant de la vitesse pour ne laisser des familles que des tâches de couleur sur le bord du quai. Les tremblement du train berçaient Harry qui se plongea dans un demi-sommeil éveillé, les pépiements brusques d'Hedwige s'atténuant pour ne laisser place qu'au silence implacable.

Il éprouvait un étrange sentiment d'excitation nerveuse, déplacée dans ce calme intransigeant.

Du moins jusqu'à ce que les grandes portes coulissantes ne s'ouvrent, un intrus se figeant sur le pas de la porte en le voyant tourné vers la fenêtre.

Réveillé sur le coup, Harry se tourna à son tour pour le dévisager, ses yeux descendant de la longue tignasse emmêlée jusqu'au visage criblé de tâches de rousseurs, le nez rose comme si on l'avait frotté énergiquement et la tenue un peu froissée, tâchée au niveau du col. Un grand sourire fendait le visage du garçon, une valise sous le bras et un rat grassouillet dans l'autre main. Il était plutôt maigre, et partageait des airs de ressemblances avec les deux garçons du quai.

Ses yeux bleus laissaient flotter un air ahuri, un brin éthéré. Malgré sa veste trop grande pour lui, rapiécée et élimée sur les bords - on en voyait les fils qui dépassaient de la manche - il la serrait contre lui avec force, un éclat déterminé au fond du regard, bien caché par cette façade absente. Les cheveux retombaient en de petites boucles, et il avait une petite houpette derrière le crâne qui nécessitait un passage chez le coiffeur.

Sur son teint translucide, presque marmoréen, on pouvait distinguer nettement une petite tâche de chocolat au coin des lèvres, une d'encre qui lui maculait la lèvre inférieure - comme s'il avait suçoté une plume - mais son sourire ne faiblissait pas, fermement installé sur ce visage atypique. Il partageait cet air bienheureux des enfants, mais un peu gêné, et il faisait rouler entre ses doigts une bille argentée, cylindrique, qui n'avait à première vue rien de spécial mais semblait le ravir. Adroitement, il faisait glisser celle-ci entre ses doigts, le contact froid du métal ne lui arrachant pas une expression, l'autre main bien ferme sur sa valise - et la tête droite.

Le rat faisait frétiller ses moustaches, boule de poil grises à qui il manquait un doigt à une patte, vaguement ressemblant aux furets d'Hagrid.

« La place est libre ? » fit-il avec espoir, désignant d'un hochement de menton la place face à Harry. « Les autres compartiments sont déjà tous pris et je ne connais personne encore. »

Harry acquiesça d'un signe de tête, un petit sourire pointant sur ses lèvres. L'autre avait l'air plutôt joyeux, et c'était le premier enfant de son âge qu'il rencontrait - les moldus qu'il connaissait refusant toujours de sortir avec ces "anglais" étranges.

« Ron Weasley » se présenta l'autre en installant difficilement sa valise, le rat catatonique sur la place qu'il s'était octroyée. Il peina un peu pour réussir à la monter, comme Harry avant lui, mais finit par réussir, se laissant tomber sur la banquette avec fatalité. « J'ai tellement hâte d'aller à Poudlard ! J'ai plusieurs frères, tu sais, et ils m'ont dit plein de choses dessus. »

« Toute ta famille est sorcière ? » fit Harry, qui s'intéressait presque autant à Ron que celui-ci le ferait s'il connaissait son identité.

Il leva vers lui son regard pensif, et s'aperçut tout à coup qu'un bout de bois décrépi sortait de sa poche, scintillant au bout. Son attention fut aussitôt captée, vacillante comme la flamme d'une bougie balancée par le vent.

« A part un cousin éloigné qui est comptable - mais on ne parle jamais de lui chez nous - je crois que oui... Et tu es ? »

« Harry. » se présenta-t-il avec un sourire en coin, alors que l'autre acquiesçait, sans noter l'absence de nom de famille. Harry reprit avec excitation, une lueur enfiévrée dans les yeux, s'efforçant de rester poli. « C'est ta baguette ? Tu as déjà fait de la magie ? »

Ron eut un léger frisson, s'avançant sur sa banquette.

Il tira sa baguette de sa poche, le teint rougi et les yeux fuyants. L'objet semblait avoir vécu des jours meilleurs, semblant déjà utilisé. Harry fronça aussitôt les sourcils, perplexe - la baguette n'aurait-elle pas due être neuve ? A moins que Ron ne l'ait reçue plus tôt... - et reporta son attention sur elle, la détaillant des yeux. Si usée qu'on voyait un mince filament de son coeur percer le bois, venir serpenter autour des fissures qui sculptaient l'extrémité.

Harry nota immédiatement l'air gêné du rouquin, avant de comprendre.

« C'est... l'ancienne baguette de mon frère, Charlie, il me l'a léguée quand il a quitté Poudlard. Ollivander a dit qu'elle était en saule - mais on voit le crin de licorne qui en sort, elle est très vieille... » lui confirma Ron, rangeant promptement la baguette dans sa poche pour la soustraire à sa vue. Soudain ses yeux s'éclairèrent, ravis. « Mais j'ai déjà jeté des sorts avec ! Même qu'une fois, on avait réussi à jeter un sort d'attraction sur la peluche de Ginny - c'est ma soeur - et elle a passé la matinée à essayer de l'attraper, elle s'éloignait à chaque fois qu'elle voulait l'attraper ! Et la tienne ? »

L'enthousiasme contagieux aidant, Harry sentit un sourire pointer le bout de son nez.

« Bois de houx et plume de phénix ! » annonça-t-il avec une pointe de fierté. « C'est mon parrain qui faisait moins fière allure quand je l'ai reçue, confia-t-il d'un air complice. Elle m'a bien servi pendant un mois pour me venger de dix années de farces injustifiées ! »

Sa tirade se conclut sur un air déterminé et joueur, ses yeux pétillant d'une pointe de malice vengeresse. L'éclat vert était intensifié par l'amusement qu'on pouvait y lire, renvoyant une jolie couleur émeraude.

Ron pouffa.

« Je connais ça moi aussi, j'ai deux grands frères, Fred et Georges qui rendent fou toute la maison. Est-ce que tu as déjà connu les réveils à l'eau froide ? »

« Et passer par toutes les teintes de l'arc-en-ciel ? »

« Retrouver un gnome de jardin dans tes draps ? »

«La potion qui ne fait que t'exprimer en pépiements d'oiseau ? »

« Un point pour toi. » fit Ron dans un éclat de rire. « J'ai mieux encore, le savon sur la brosse à dent ? »

« Les céréales surgelées, le balai sous cellophane, le jus de citrouille piégé au filtre d'amour ? »

« Les Patacitrouilles à l'oignon, les tasses de thé mordeuses, les affiches de Quidditch ensorcelées pour chanter TOUTE LA JOURNEE du Celestina Moldubec ? »

Il y eut un instant de silence.

Harry ne prononça pas un mot, fixant l'autre avec ce qui semblait être de la... de la compassion dans le regard ? Du moins jusqu'à ce que leurs regards complices ne se croisent et qu'ils n'éclatent de rire en parfaite synchronisation.

Il avait du mal à reprendre son souffle, une main sur son coeur et le joues rougies par l'excitation. Ses joues le tiraillaient sous la douleur et il devait probablement avoir l'air échevelé, ses cheveux désorganisés et la chemise de travers, mais il s'en moquait en voyant l'éclat facétieux dans les yeux de Ron Weasley.

Son premier ami.

Leur conversation reprit sur un ton plus léger, comme débarrassée des formalités d'usage par leur éclat de rire. Bien qu'Harry ait tout lu sur le sujet, son nouvel ami entreprit de lui apprendre tout ce qu'il savait sur les quatre maisons - le brun remarquant sans peine la discrimination poignante envers la maison de Serpentard, grimaçant - tandis que le roux lui apprenait qu'il rêvait d'entrer à Gryffondor.

« Toute ma famille était à Gryffondor, c'est presque une marche à suivre ! »

« Et si tu as des qualités pour une autre maison ? »choisit soigneusement ses mots Harry, sans parvenir à ôter la pointe de sarcasme incrédule. « Peut-être qu'elles surpasseront celles de Gryffondor. »

Ron le regarda avec frayeur.

« Tu ne crois pas ? Et.. Et si je n'avais pas de quoi aller à Gryffondor ? Et si.. Si j'allais à Poufsouffle ! »

Il retint à peine un soupir exaspéré, ajoutant avec une certaine surprise. «Tes parents ne te renieraient pas pour autant si ? »

« Bien sûr que non mais ils seraient déçus... » dit Ron plaintivement en traînant sur les mots et joignant soudainement ses mains en un geste d'espoir désespéré. Ses joues pâles s'empourprèrent de nouveau, en se tordant les mains avec anxiété. On voyait le tourment des mots, dilemme ridicule si ce n'était puéril, mais conditionné par des années de martelage dictatorial.

Une sorte de compassion insatiable, si on pouvait la caractériser ainsi, s'inscrivit sur les traits d'Harry.

« Je suis sûr que tu pourrais y arriver si c'est ce que tu souhaites. » mentit-il sciemment, Sirius ayant catégoriquement refusé de lui révéler en quoi consistait l'épreuve de la répartition.

Et peu importe tout le chantage qu'il avait pu faire, les manipulations retorses, les demandes auprès de Remus, les deux étaient restés stoïques, affirmant que ce serait gâcher le charme de Poudlard que de lui révéler. Et en un sens, ils n'avaient pas tort...

«Il parait même qu'il faut affronter un troll pour entrer dans l'école ! En combat singulier, tu imagines ? »

« Un troll ? Ridicule. Poudlard ne prendrait pas notre responsabilité aussi légèrement, Weasley. Enfin après tout, peut-être que tu as raison, que seuls certains... dans-ton-genre doivent affronter un Troll. Il faudrait au moins ça pour mériter Poudlard. » le coupa un nouvel intrus, statique lui aussi sur le pas du compartiment.

Il affichait un air condescendant, un peu méprisant qui lui faisait lever le nez en l'air. Harry savait reconnaître ça, il se comportait avec l'arrogance naturelle de ceux qui avaient de l'argent. Sa peau était presque aussi bronzée que la sienne était pâle et il avait deux grands yeux noirs qui étaient des éclats d'obsidiennes luisant sur sa teinte foncée. Contrairement à Ron, sa tenue était impeccable, exempte d'une quelconque trace de pli, et incontestablement luxueuse. Elle lui faisait penser aux robes de cérémonie de Sirius, toujours bien apprêté.

Ses cheveux étaient rasés de près, formant comme une couche grise sur son crâne et sous les longs cils noirs qu'il possédait, son regard était comme deux poignards. Sa mâchoire carrée lui donnait déjà des allures de militaire malgré son jeune âge et il les fixait avec un assurance non-feinte, l'absence de valise à ses côtés ne faisant qu'en rajouter sur la surprise de sa présence.

Néanmoins Harry remarqua une irrégularité, la présence d'une touffe de poils noirs sur le devant de sa tenue, comme un animal qui s'y serait installé. Peut-être un chat, si les canidés étaient interdits. Il était déjà plutôt grand et on remarquait dans sa poche la forme distincte d'une baguette, laissant dépasser l'extrémité pointue de l'objet.

Il s'avança d'un pas dans le compartiment, le teint pâle du roux s'empourprant sous la gêne.

« Et il faudrait au moins de la politesse pour mériter s'asseoir ici. » répliqua Harry sans aucune timidité, assez agacé. Il lui semblait déjà que le premier arrivant était sympathique qu'il se faisait honteusement rabaisser.

« Tu me plais bien, tu sais ! » s'amusa le nouveau garçon. Il dévisagea Harry avec attention, un peu surpris peut-être. « Tes parents étaient sorciers ? »

Il soupira en remarquant la première question du garçon. Sirius avait beau lui avoir dit que la discrimination du sang était très présente chez les sangs-purs, et il semblait évident que le garçon en était un, il la trouvait toujours aussi illogique. Au contraire, la présence de nés-moldus augmentait la croissance de la population sorcière non ? Plus il y en avait, moins ils seraient en déficit de sorciers en cas d'un dévoilement du monde sorcier auprès des moldus.

Complètement illogique.

« Ils l'étaient. » consentit-il à révéler, le garçon s'asseyant à ses côtés avec un soulagement évident.

« Je m'appelle Blaise Zabini. Et toi, tu es ? »

« Harry. »

Le garçon haussa un sourcil, peu dupe.

« Juste Harry ? »

Harry eut un sourire qui lui mangea le visage alors qu'il se penchait vers lui. C'était sûrement ridicule de sa part mais il avait envie de le tester maintenant, et puis, il avait le mérite de ne pas être susceptible.

« Harry Potter. »

Ron eut un sursaut interloqué, se reculant dans sa banquette, ses yeux roulants comme deux billes affolées. Le nouveau garçon Blaise, lui, eut un hoquet étranglé, son regard filant aussitôt jusqu'à la racine des cheveux d'Harry, cherchant la célèbre cicatrice - qu'Harry se fit un plaisir de lui dévoiler, deux mèches écartées du bout des doigts. Même le rat couina sauvagement, s'enfonçant entre deux lattes de banquettes pour se soustraire à sa vue, seule sa longue queue rose dévoilant sa présence.

Il y eut un moment de silence incrédule.

« Harry Potter ? LE Harry Potter ? » demanda brusquement Blaise, secondé par un hochement de tête frénétique du rouquin.

Il sembla hésiter un moment avant d'ôter son regard fasciné de la cicatrice, le fixant droit dans les yeux, tandis qu'il confirmait d'un acquiescement. Peut-être au final que ça n'avait pas été une bonne idée d'être ausi honnête, il avait escompté garder le secret sur son nom jusqu'à la répartition mais- Les gens allaient-ils le fixer, le reconnaître partout où il irait ? Pas un pas sans anonymat ? Harry ne s'y sentait pas près et un accès de panique lui coupa le souffle, pantelant.

Il n'était pas prêt pour ça, pour quitter leur misanthropie d'ermite pour des faisceaux braqués sur lui.

« Alors tu as vraiment la... Tu sais la... Là où Tu-sais-Qui t'a... la cicatrice » souffla Ron solennellement, sur un ton presque sacré. Il le contemplait avec des yeux ronds.

« Je ne m'en souviens pas. Simplement de cris, d'une lumière verte éblouissante. »

Ils fixèrent Harry encore un moment, puis comme s'ils réalisaient l'absurdité de ce qu'ils faisaient, ils détournèrent d'un mouvement commun leurs yeux vers la fenêtre, seul le cri enthousiaste de la sorcière au charriot brisant la bulle troublée qu'ils venaient de créer.

Le charriot tintinnabulait dans le couloir, la jeune femme souriante faisant glisser la porte du compartiment. Aussitôt ce fut comme si cette ellipse gênante n'avait pas eu lieu, les yeux noirs de Blaise brillant d'un éclat juvénile alors que Ron se renfonçait dans son siège, marmonnant qu'il avait déjà un sandwich.

Harry lui eut un mouvement d'arrêt, impressionné. De longues piques brunes supportaient le poids de dizaines de sucettes colorées, passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel. On y retrouvait toute la gamme de rouge, du grenat à l'écarlate, du bourgogne au pourpre, de l'amarante à l'ocre - toute celle de jaune, du chrome au citron, du miel au safran - pour même effleurer le bleu ciel puis électrique et finir sur une touche nuancée de vert, du sapin à l'olive, à la menthe au militaire. Une odeur sucrée, enivrante fusait en un nuage de barbapapa sur le compartiment. Un peu comme une enveloppe de douceur et de miel, au parfum succulent.

D'autres sucreries qu'il ne connaissait pas aussi.

Jamais il n'avait entendu parler des Dragées surprises de Bertie Crochue, des Ballongommes du Bullard, des Chocogrenouilles, des Patacitrouilles, des Fondants du Chaudron ou des Baguettes magiques à la ré derniers avaient des airs de ressemblance avec le caoutchouc à la différence qu'elles diffusaient dans l'air une odeur de chocolat noir qui vous faisait saliver. Même les vraies Barbapapa magiques avec le goût et la consistance du nuage, changeaient de saveur toutes les secondes, passant de la myrtille à l'éclair au café en un clin d'oeil.

De grands bocals de verres abritaient d'autres trésors, des sucettes au goût de sang ou des guimauves langue de chat, qui frétillaient quand on les caressait de la langue.

Peu raisonnable, Harry décida de prendre un peu de tout, car quoi de mieux que des friandises pour se rapprocher des deux autres garçons ?

« J'en ai pris pour vous deux aussi ! claironna-t-il d'une voix satisfaite, alors que Blaise revenait avec un sachet de dragées. Il y en a bien plus que mon estomac ne peut en supporter alors j'espère que vous m'aiderez. D'autant plus que je ne connais pas le quart des bonbons magiques...

« J'ai du corned-beef, grimaça Ron en levant les yeux au ciel. Ma mère oublie toujours que je n'aime pas ça, mais elle n'a pas trop le temps de faire la cuisine, on est cinq à la maison...

« Raison de plus pour m'aider. Qu'est-ce que c'est ? fit Harry avec surprise en attrapant une Chocogrenouille. Ce ne sont pas des vraies si ?

« Bien sûr que non. Mais regarde la carte qui est à l'intérieur, tout le monde en fait la collection, expliqua Blaise d'un air docte, remis de sa surprise. Il ne me manque qu'Agrippa !

Il ouvrit promptement un paquet, décapitant la grenouille d'un coup de dent avant qu'elle ne s'enfuie - lui préférant la carte, qu'il tira avec excitation. Il eut un temps d'arrêt en voyant le personnage bouger. Très vieux, une longue barbe blanche lui mangeant le visage, un nez aquilin et deux yeux bleus rieurs, il lui faisant penser aux sorciers des dessins animés - ceux que Sirius lui avait passé mainte fois dans son enfance. Dessous était inscrit son nom en lettres dorées.

Albus Dumbledore.

« C'est lui Dumbledore ?

Le temps qu'il relève des yeux ébahis vers eux, le personnage lui adressa un clin d'oeil avant de disparaître, laissant tout bonnement la carte vide de toute présence.

« Il a disparu !

« Tu ne croyais pas qu'il allait rester là toute la journée ? Mais ne t'inquiètes pas, il finira par revenir. Une Patacitrouille ? lui proposa Blaise, d'un ton si spontané qu'il en changeait sa surprise en rire, mâchant une gomme avec application.

Harry leur expliqua rapidement que chez les moldus, les photos n'avaient pas l'habitude de bouger - Blaise roulant des yeux.

Déjà deux cartes ornaient la banquette, Ron attaquant la troisième avec enthousiasme. Il avait délaissé ses sandwichs avec une joie évidente, un éclat de déception voilant ses yeux quand il remarquait l'identité du personnage de sa carte. Mais il s'en remettait bien vite, remerciant Harry du regard, alors que des emballages commençaient à les entourer.

« Et... ça, qu'est-ce que c'est ? Une Dragée surprise de Bertie Crochue ?

Aussitôt, toute animosité mutuelle envolée, Blaise et Ron échangèrent un regard excité, complice et presque... malicieux. Le roux laissa l'honneur à l'autre de débuter les explications, penché vers eux avec impatience. Le brun attrapa un paquet qu'il entreprit de déballer avec précaution, Harry le regardant faire - intrigué.

« En gros, chaque draguée dispose d'un goût et d'une couleur différente. Une partie "agréable" et une autre franchement répugnante. Par exemple pour la coulée rouge, tu peux avoir soit ver de terre soit cerise. Il y a aussi foie, oeuf pourri, cire d'oreille, tripes, sang ou vomi ! Ce qui compte en réalité, c'est de piocher au hasard entre amis deux de la même couleur et de voir lequel tombera sur le goût "répugnant". Tu veux goûter ?

Avisant leurs yeux qui pétillaient d'amusement, Harry hocha la tête d'un air fataliste.

Sur le champ, Blaise versa le paquet dans sa main, réunissant les couleurs ensemble avant de lever le menton vers Harry.

« Quelle couleur ?

« Pas le jaune et blanc, pas celui-là, murmura furieusement Ron avec accablement, secouant la tête de dégoût. C'est le pire de tous.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il, sa curiosité piquée au vif.

« Oeuf pourri... J'en ai pioché une fois avec Fred et George, j'en ai été mal tout le midi.

Harry fronça les sourcils - écoeuré. Il reporta son regard sur les friandises, finissant par se dire que les multicolores devaient être relativement sans danger, les pointant du doigt avec une détermination impressionnante (son goût pour le danger définitivement accru)

Obtempérant, Blaise sépara trois dragées multicolores du lot, en tendant chacune. Ils croisèrent tous leurs regards dans un mouvement de condamnés, étrangement résignés face à la mort prochaine d'au moins un d'entre eux.

« Un, deux... Trois !

« Pêche ! annoncèrent Harry et Blaise d'un écho commun, alors que Ron pâlissait à vue d'oeil, encore plus translucide qu'avant. Il eut l'air de souffrir mille morts alors qu'il déglutissait difficilement, une goutte de sueur perlant sur sa tempe.

Harry attrapa le dos du paquet pour en révéler le goût, grimaçant légèrement alors qu'il déclarait la senteur.

« Chaussette puante ! Désolé, Ron !

Et celui-ci se précipita hors du wagon, une main sur le nez et les deux autres éclatant d'un rire communicatif.

.

.

.

Perché au sommet d'une montagne, l'immense collège hérissé de ses donjons pointus étincelait dans le ciel, ses longues fenêtres vitrifiées constellant le ciel d'étoiles artificielles.

Le château semblait véritablement immense – véritable forteresse entre ses hautes tours et sa superficie, totalement plongé dans le noir. Des centaines de fenêtres en ornaient les murs, illuminant la nuit comme des lucioles. Les tours semblaient percer les nuages, et il avait eu raison de penser que même sa plus belle représentation fictive ne l'illustrerait pas.

Plus aucun rapport avec le dessin insulteur qu'il avait déniché dans l'Histoire de la Magie, ces tours esquissées sans réel souci de proportion.

Hagrid leur avait scandé de se diriger les barques, sa voie tonitruante déchirant le silence de la nuit. Impressionné, Harry s'était dirigé vers une des premières, où était déjà assis un garçon timide - celui au crapaud. Ron l'avait suivi sans hésiter, secondé par son futur ami de Serpentard, et d'une fille qui avait dit s'appeler Hermione, un brin confuse.

« Tout le monde est bien casé ? » cria Hagrid, faisant grimacer les plus proches de lui. Le géant avait grimpé dans sa barque, qui manquait de chavirer à chacun de ses mouvements. « Alors, EN AVANT ! »

D'un mouvement simultané, les barques glissèrent sur l'eau, à une vitesse un peu trop rapide pour être tout à fait normales. Elles fendaient le calme de l'obscurité avec un sifflement ténu, comme le crachin d'un serpent. Mais nul n'osait briser cet étrange souffle de vent, trop fascinés par l'immensité des tours noires qui se dressaient devant eux.

Ron frissonnait - de peur ou de froid - le regard légèrement moqueur d'Harry fixé sur lui.

« Tu cherches le monstre du Loch Ness ? Désolé de te décevoir, je crois que tu te trompes de lac. »

Le roux lui renvoya un regard à faire frémir un Inferi, agitant dans tous les sens sa lampe à huile, dans l'espoir d'apercevoir quelque chose. Il projetait des gouttes de cire sur l'ensemble de la barque, jusqu'à ce que leur ami de Serpentard ne lance un sortilège à haute voix, une petite bulle de protection entourant subitement la lampe.

« Tu ne connais pas l'histoire du Kraken de Poudlard ? »

« Comment as-tu appris à faire ça ?! »

« Quel était ce sort ? »

Hermione, Ron et Harry se dévisagèrent d'un air gêné, leurs trois voix ayant fusées en même temps. Une sorte de coordination interloquée, leurs tons se mêlant pour ne laisser qu'un cri de surprise, intéressé. Loin de s'en formaliser, Blaise se contenta de sourire, un sourire un peu condescendant, satisfait de lui avant de sembler réaliser quelque chose et de tordre ses lèvres en une moue agacée.

« Une protection mineure, temporaire. » avoua-t-il à contre-coeur et fronçant le sourcil. Il avait l'air un peu dépité de ces magiciens qui révèlent la supercherie sous l'illusion fantasque, tape à l'oeil.

Harry finit par tenir la lampe, plus enthousiaste par l'idée de découvrir le château que de découvrir un poulpe, aussi grand soit-il. A part les serpents, il n'avait jamais vraiment été impressionné par les créatures magiques,et c'était peut-être un tort. Il préférait les sortilèges, décortiquer l'étymologie pour en comprendre le sens - et il espérait réellement qu'il y ait des cours de latins, ou au moins des ouvrages dans la bibliothèque. Harry se fustigea en réalisant qu'il n'avait pas pensé demander à Sirius s'il y avait bien un professeur de langue, dépité.

Ils finirent par accoster, Hagrid vérifiant plusieurs fois que personne n'avait rien oublié - et à l'exception du crapaud, encore, de leur compagnon de barque, il ne semblait pas - avant qu'ils ne grimpent sur la barge.

Harry faillit éclater de rire en en voyant un s'affaler dans la boue, trébuchant sur une racine alors qu'il finissait à plat ventre - se mordant furieusement les lèvres pour ne pas tressaillir. Zabini n'eut pas cette réserve et se moqua avec amusement du garçon, de la terre plein les cheveux et l'uniforme, qui semblait ne plus savoir où se mettre.

Puis ils étaient entrés dans le château, avaient grimpé jusqu'à la salle principale guidé par un professeur, les yeux d'Harry s'écarquillant d'admiration. Ron lui avait filé un coup de coude, chuchotant qu'il lui avait bien dit que Poudlard était magnifique, en restant néanmoins bouche bée lui aussi.

Ils s'étaient arrêtés devant les grandes portes fermées, le Professeur les accompagnant se livrant sur un discours pour présenter rapidement les quatres maisons - et sans sourcil de partialité, remarqua-t-il en fronçant les sourcils. Visiblement la femme était une ancien Gryffondor vu le dénigrement des verts et argents. Ce n'était pas pour le gêner, lui se préférait Serdaigle mais c'était agaçant.

Puis - enfin. L'ouverture des portes.

L'endroit était étrange et magnifique. Des milliers de chandelles suspendues dans les airs éclairaient quatre longues tables autour desquelles les autres étudiants étaient déjà assis,devant des assiettes et des gobelets d'or. Harry se demanda vaguement comment ils faisaient pour ne pas être gênés par les coulées de cire avant d'hausser les épaules et de reprendre son inspection.

Au bout de la salle, les professeurs avaient pris place autour d'une autre table. Le professeur McGonnagall, celui de Métamorphose s'il avait bien compris, qui les avaient accompagné, aligna les premières années face à leurs camarades derrière lesquels se tenaient les professeurs. Dans la clarté incertaine des chandelles, les visages les observaient telles des lanternes aux lueurs pâles. Dispersés parmi les étudiants, les fantômes brillaient comme des panaches de brume argentée. Gêné par les regards fixés sur les nouveaux, Harry leva la tête vers un plafond d'un noir de velours, parsemé d'étoiles.

On avait du mal à croire qu'il existait un plafond. On avait plutôt l'impression que la salle était à ciel ouvert.

Il regarda à nouveau ce qui se passait devant lui lorsque le professeur McGonnagall installa un tabouret à quatre pieds devant les nouveaux élèves. Sur le tabouret, elle posa un chapeau pointu de sorcier. Le chapeau était râpé, sale, rapiécé.

Tout le monde, à présent, avait les yeux fixés sur le chapeau pointu. Pendant quelques instants, il régna un silence total. Puis, tout à coup. le chapeau remua. Une déchirure, tout près du bord, s'ouvrit en grand, comme une bouche, et le chapeau se mit à chanter:

« J'fus pour un temps un chapeau fringant

Jeune, neuf et élégant

J'ornais la tête d'un sorcier bien connu

Dont les conseils furent toujours les bienv'nus

.

Trois plus celui dont je couvrais l'esprit

Sorciers loyaux, réfléchis, rusés et hardis

Où en leur sein croupissait le fol projet

Sous leurs ailes d'éduquer tous les sorciers

.

Gryffondor, sous les couleurs du rouge et du doré

La bravoure et l'amour valorisait

Et sous son vert étendard,

Ce fut ruse et ambition pour le sieur Serpentard

.

Où Poufsouffle scandait l'égalité

Pour ceux qui auraient le goût du travail acharné

Dame Serdaigle jugeait qu'il ne fallait préférer

Que ceux dont intelligence égalait sagacité

.

Et sous leurs esprits ouverts

Quatre Maisons se forgèrent

Eduquant, apprenant, construisant

Le futur pour leurs brillants étudiants

.

Et c'est désormais à ton tour,

Toi élève dont l'esprit vaudra le détour,

Que je reposerais - que je choisirais

Celle qui pour toi t'aidera à t'élever

N'aies pas peur, coiffe-moi et attends

N'aie crainte - car je suis un chapeau pensant ! »

Lorsqu'il eut terminé sa chanson, des applaudissements éclatèrent dans toute la salle. Le chapeau s'inclina pour saluer les quatre tables, puis il s'immobilisa à nouveau.

Alors il fallait simplement coiffer un vieux chapeau ? Harry en aurait éclaté de rire. Tout ce mystère, toute cette énigme soigneusement entretenue par Sirius, pour ça ?

Un chapeau miteux qui chantait des chansons en rimes, rien de plus ?

Le professeur s'avança en tenant à la main un long rouleau de parchemin.

—Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence: Abbot Hannah !

Une fillette aux cheveux blonds avança avec hésitation vers l'estrade, grimpant avec appréhension. Harry esquissa un sourire moqueur en la voyant, frissonnant de terreur alors qu'elle ne devait que coiffer un chapeau.

POUFSOUFFLE !» scanda le choixpeau après un moment d'hésitation. Harry vit la fillette rejoindre sa table sous les applaudissements, un peu confus. Pourquoi tant d'applaudissements ? Zabini lui avait dit ce que chacun pensait tout bas, l'inutilité de la maison Poufsouffle. Alors pourquoi est-ce que les quatre maisons applaudissaient ?

« Potter, Harry ! »

Et là ses jambes refusèrent d'avancer. Il sentit une pression dans son dos, avançant enfin, comme une statue de cire. Serdaigle, répétait son esprit, Serdaigle, Serdaigle... S'il était envoyé autre part il en mourrait. Peut-être pas, mais ne le supporterait pas. Bon. Après avoir réprimandé Ron pour vouloir avec autant d'ardeur la maison des lions, ça pouvait sonner un brin hypocrite.

Le choixpeau fut placé sur sa tête, s'enfonçant sur ses yeux et le plongeant dans un noir absolu.

« Intéressant... Un nouveau Potter. Avec toi la question ne se pose pas, sauf si- Oh, Oh. Je vois de hautes aspirations, un grand potentiel magique. Un peu trop grand peut-être... Du courage- »

« Serdaigle, je veux Serdaigle, s'il vous plaît, Placez-moi à Serdaigle. »

Les doigts d'Harry étaient crispés sur le tabouret.

« Tu parais bien autoritaire, Harry Potter. Et pourquoi devrais-je te placer à Serdaigle ? »

« Est-ce que je ne le mérite pas ? Après avoir appris autant, après avoir fini mon été, le nez plongé dans mes manuels ? » s'insurgea-t-il, incrédule.

« Je te vois pourtant dans une maison qui te caractérise bien plus. Tu n'as pas les qualités pour Serdaigle, ou bien si je peux déceler chez toi cette soif d'apprentissage et de curiosité qui caractérisait la dame Rowena - d'autres priment plus que tu ne le penses. Tu aurais la chance d'aller arpenter les couloirs de la gloire et échelonnés de l'ambition, tu aurais le choix de te dresser en héros courageux et chevalier d'honneur, mais jamais je n'aurais annoncé Serdaigle. Qu'est-ce qui te fais penser que je devrais écouter ta demande ? »

« Serdaigle n'est pas la maison de l'intelligence ! Serpentard était intelligent. Si stratégique qu'il en arrivait, qu'ils en arrivent à manipuler pour arriver à leur fin, pour enserrer de leurs griffes les sphères du pouvoir. Gryffondor était intelligent. Si brave qu'il réfléchissait d'abord aux meilleures façon de protéger, sans jamais négliger l'aspect humain. Il était - est - intelligent car il savait que le pouvoir passait par la valeur de la vie humaine. Poufsouffle était intelligente. Si loyale, qu'elle savait instinctivement comment se sacrifier pour ses amis. Qu'elle savait où se plaçait ses intérêts. Serdaigle n'est pas la maison de l'intelligence, car il serait stupide que trois des quatres fondateurs en seraient dépourvus. Non, c'est la maison de la créativité, de la logique. Ce n'est pas un moyen de réussir, c'est un résultat. Comment est-ce que la Magie circule-t-elle en nous ? Pas, Comment la circulation de la Magie peut m'aider à discriminer une certaine sorte de sorciers. Pas, Comment est-ce que la circulation de la Magie peut m'être utile pour créer un sortilège visant à la protection de cette Magie. Pas, Comment est-ce que la Magie en nous peut être renforcée et déployée si je suis sur le champ de bataille ? »

« Et c'est pourquoi tu ne serais pas accepté parmi Serdaigle. Me garantis-tu, sorcier, que tes recherches te mèneront uniquement vers la théorie et la satisfaction de la compréhension ? »

Il serra les dents, silencieux, alors que le Choixpeau continuait d'un air étrangement suffisant.

« Je ne peux pas non plus te placer à Poufsouffle, Harry Potter. Poufsouffle incarne la lumière qui perce le brouillard quand les esprits sont embrumés par les joutes et les affirmations, c'est le Phare stable de la tempête quand les marins se perdent en mer. Poufsouffle, c'est l'immensité statique de ce donjon de pierre qui guide les bateaux quand les éléments se déchaînent. Tu n'es pas un Phare, tu n'es pas stable. Je peux déjà le sentir, ta puissance magique et ton potentiel. Tu n'auras jamais la tempérance que peux exiger Poufsouffle, ce n'est pas une question de bonté ou de serviabilité. Les Poufsouffles sont la base de cette société, les murs de pierres sur lesquels reposent le gouvernement magique. Quand Serdaigle imagine cette société, quand Serpentard la dirige, quand Gryffondor la protège, Poufsouffle elle, est la maison de la solidité de la roche, des piliers. Es-tu assez calme pour supporter cette charge en silence ? »

« Chaque maison exige sa part de sacrifice. Pousouffle apporterait bien plus que ce que tu peux penser ! Si ce que tu dis est juste, et je n'en doute pas, Poufsouffle aide à grandir dans le respect de la solidarité. C'est une valeur qui me plait. »

« Et pourtant, c'est à Serpentard que tu t'épanouirais le plus. »

« On m'a pourtant assuré que c'était la maison des futurs mages noirs. M'encouragerais-tu par là à suivre les traces de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ?»

« FOUTAISES ! Il n'y a guère eu que le Cor Leonis et quelques uns de ses suivants pour discréditer la maison Serpentard ! Merlin était à Serpentard, Sigmund Freud l'était aussi, Descartes, Grothendieck ! Ce n'est pas la maison de la magie noire, c'est celle de la grandeur et de la renommée. C'est celle de la fidélité aussi, bien qu'éclipsée par la maison d'Helga. Si tu arbores les couleurs du vert et de l'argent, ce sera pour aiguiser et affuter ton esprit, le guider sur les sentiers étroits de la gloire et tracer ton destin. Tu seras supporté, nul doute, et ce par tes actes et tes idées et non par ton nom. Tu seras si versé dans l'art de la réthorique que tu auras en tes mains les clefs pour ouvrir chacune des portes que tu voudras, accéder aux lieux qui te permettront de modeler le monde à ton image. »

« Comment ça ? »

« Tu pourrais faire lever la communauté, on te supportera. Tu pourrais devenir Ministre, si tu le souhaites. Serpentard t'aiderait singulièrement sur le chemin de la grandeur... Et... Ma parole, tu es fourchelangue ? Je n'ai connu avant toi que trois personnes qui l'étaient dont l'illustre Salazar Serpentard et elles faisaient toutes parties de sa maison... Politiciens, érudits, langue-de-plomb, Maîtres légilimens de renommés... »

« Langue-de-plomb ? Légilimens ? Attends... Tu as dit Salazar Serpentard ?Tu veux dire celui qui a créé la Maison Serpentard ?»

« Les sorciers des départements des mystères. Un légilimens est capable de lire dans les esprits, et d'extraire des pensées. Seigneur Serpentard l'un des quatres de Poudlard. Tu as un don précieux, petit, fais-en bon usage. »

-« Toutes les pensées ? Un département des mystères ? Et peut-on manier ces pensées ? Est-ce que tu es un légilimens, c'est pour cette raison que tu arrives à nous répartir ? Tu lis dans notre esprit ?»

« Pourquoi refuses-tu si ardemment Serpentard ? Je vois que même l'idée t'insurge. »

« Serpentard est... Je refuse de grandir avec ces notions, ces valeurs. Je refuse de penser que je ne suis qu'un instrument entre des mains adroites pour les guider vers là où leur ambition les mènent. Je ne déteste pas la maison, je déteste les idées distillées comme du poison de pureté du sang et de supériorité ethnique. Serais-je vu comme un espion au sein de ma propre maison ? Serais-je cru si je commence à éparpiller ces idées ou au contraire ne vaut-il pas mieux agir de l'extérieur en les convainquant comme un tout, à l'aide d'un Serpentard pur souche ? »

« Cela fait plus retors encore. Il ne reste que Gryffondor, mais il ne serait pas dit que tu y finis par négation des trois autres, qu'en dernier recours. Malgré tout, tu as ta place dans les quatre maisons, mais une seule sera celle qui t'accueillera. Pendant sept ans. »

« Tu as mis le doigt sur cela, Choixpeau. Sept ans. Sept ans à grandir entouré de valeurs qu'il faut choisir rapidement. Alors je choisis Gryffondor malgré tout, parce qu'il prévaut mieux d'être suivi par passion que par intérêt. Qu'il y a beaucoup de choses à changer dans une maison qui se targue d'être celle du Bien, que si c'est le monde magique que je veux modifier, il me faut d'abord m'exercer sur les nombreuses zones d'ombres que comporte Gryffondor. Et puis, » rajouta Harry avec un sourire. « Est-ce que ce n'est pas là où tout le monde s'attend à me voir ? »

« J'ai aimé parler avec toi, Harry Potter. Peut-être te souviendras-tu un jour de rendre visite à un chapeau rapiécé qui n'en oublie jamais un seul. Tu as fais ton choix alors pour toi ce sera : GRYFFONDOR ! »

Le dernier mot résonna longtemps dans la salle après qu'il soit prononcé. Les élèves de Gryffondor se levèrent pour l'acclamer, applaudissant avec force, bien plus de forces que les maigres applaudissements polis des autres maisons. Harry ne remarqua qu'à peine qu'on lui avait réservé la plus longue et bruyante des ovations depuis le début de la soirée. Il ôta le chapeau et se dirigea d'un pas bien plus assuré vers sa table, un peu dépité de n'avoir obtenu gain de cause. Enfin...

Il était toujours un peu troublé par ses paroles. Qu'est-ce que c'était que ça ? Et pourquoi est-ce qu'il lui avait forcé la main pour choisir ?

Ce fut dans un état presque second qu'il serra la main à Percy Weasley, sourit sous les applaudissements de deux Jumeaux.

« Potter avec nous ! Potter avec nous ! »

Un peu plus tard ce fut Ron qui fut réparti, le visage rouge de joie d'avoir été envoyé à Gryffondor avec Harry. Puis ce fut au tour de Blaise, qui lui jeta un vague regard désolé avant de rejoindre les Serpents.

Albus Dumbledore se leva enfin, affichant nettement sa ressemblance avec la carte de Choco-grenouille. Il avait le visage rayonnant et un air pétillant sur le visage qui lui donnait des airs de vieillard gâteux, les bras grands ouverts en une étreinte collective. Le vieillard se tenait debout, immobile, inébranlable comme une étoile au milieu d'un nuage de lumière. Ses yeux bleus, pleins de je ne sais quelle malice calme, semblaient éclairer le monde moral. Il avait cet air factice de joie comme de ceux qui n'ont vu que destruction d'illusions bienheureuses.

Paradoxalement, il avait cette apparence d'homme retourné en enfance dont les regards juvéniles tournés vers lui remplissait davantage de joie que toutes les jouissances du monde.

« Bienvenue. » fit-il avec calme, dont le timbre de voix net et assuré avait quelque chose de métallique. « Bienvenue pour cette nouvelle année à Poudlard. Néanmoins, avant que cette année ne commence, j'aimerais vous faire part de quelques mots. »Aussitôt, comme un pantin mécanique aux piles usagées puis renouvelées, son sourire s'agrandit, plein d'un rire muet et d'amères dérisions. « Nigaud ! Grasdouble ! Pinçon ! Bizarre ! Je vous remercie ! »

Puis, la marionnette de nouveau démunie d'instructions, l'homme s'assit - indifférent aux cris de joie. Harry eut un instant d'égarement, perplexe sur la marche à suivre.

« Est-ce qu'il a un problème ? » demanda Harry avec circonspection.

« Un problème ? » réfléchit Percy d'un ton léger, comme on discute dans les salons de thé. « C'est un génie oui, le plus grand sorcier du monde ! On peut lui reconnaître un côté un peu fou c'est vrai. Tu veux des pommes de terre ? »

Il en resta coi. Les plats disposés sur la table débordaient de victuailles. La variété des plats le frappa avec hébétude, prêtant pour un moment toute son attention à la table. On s'y perdait, entre roast-beef, poulet, côtelettes de porc et d'agneau, saucisses, lard, steaks, gratin, pommes de terres sautées, frites, légumes divers, sauces onctueuses, ketchup et, il ne savait pour quelle raison, des bonbons à la menthe. Ces derniers trônaient comme hors d'oeuvre exquis, petite touche de folie bien Dumbledorienne entre ces plats bien en chairs.

Il se servit avec hésitation, laissant bien volontiers le lard de côté. Sirius comme lui avaient été depuis maintenant dix ans habitués à la cuisine provençale, française. Aux volailles principalement car elles étaient plus facilement attrapées. Il n'avait que rarement du boeuf - et ne pouvait pas dire que ça lui manquait. Par habitude, Harry porta sur son choix sur les ailes de poulet, et les légumes qui lui faisaient nostalgiquement penser à la ratatouille de Remus.

Celui-ci avait mis plus de deux mois avant de finalement leur en servir une - après autant d'essais que de nourriture gâchée (Et c'était dans ces cas-là, que la duplication de la nourriture servait efficacement) qui avait fini brûlée. Mais il s'était accroché avec une foi puérile et avait fini par réaliser la meilleure ratatouille qu'ils n'avaient jamais mangés.

Même en ayant été invités à en déguster une chez de nouveaux voisins. Pronvençaux pure souche.

« Tout ça m'a l'air fort appétissant. » soupira amèrement un fantôme avec une collerette de fraise en provoquant un cri de stupeur générale. « Il y a près de quatre cent que je n'ai pas mangé. Je n'en ai pas l'utilité, bien entendu mais cela me manque néanmoins. Oh ! Milles excuses, je ne me suis pas présenté : Sir Nicholas de Mimsy Porpington, pour vous servir. Fantôme attitré de la tour de Gryffondor. Savez-vous que je suis mort pour avoir raté un tour de magie ? Oh trois fois rien, par ma foi, juste quelques défenses qui poussèrent sur le visage d'une dame d'honneur ! »

« Je vous connais ! » s'exclama Ron, la bouche pleine, et le visage empreint d'une de ces satisfactions qu'on voit chez ceux qui savent. « Mes frères m'ont parlé de vous. Êtes-vous bien Nick Quasi-sans-tête ? »

Harry redressa aussitôt la tête. Lui aussi en avait entendu parler. Le fantôme était plutôt connu chez eux, Sirius l'ayant évoqué plusieurs fois au cours du mois d'août.

« Il me sied mieux mon nom d'honneur que celui d'apparat, mon cher ami. » protesta le fantôme d'un air pincé.

« Comment peut-on être Quasi sans tête ? » intervint Hermione, ébahie. Harry retint en un sourire en remarquant qu'elle se pinçait le bras, sûrement pour se convaincre de l'attache réelle de ce quelle voyait, pas visions mais vue belle et bien terre à terre.

Bien que singulièrement agacé, le fantôme fit aimablement pivoter sa tête. Les boucles translucides glissèrent d'ouest en est, son crâne basculant n'étant rattachée que par une lanière de chair grise, putréfiée. On voyait sur le cou tranché des veines qui auraient dues être rosées courir sur les chairs décapitées, et plus qu'un gouffre, c'était un enchevêtrement de lambeaux et de sang, mêlées par de la consistance de chair.

Juste un morceau de tendon, rien vraiment mais qui rattachait l'horrible crâne à son corps - hurlait ces quarante-cinq coups qui n'avaient pas achevé le travail.

« Comme ceci. »

Tout le monde eut un mouvement de recul.

Puis, comme habitués, les élèves les plus âgés enchainèrent sur la présentation des Professeurs. Il y eut Quirrel, le Professeur d'Etude des Moldus, Flitwick, celui de Sortilèges, McGonnagall de Métamorphose, Snape de Potions, Chourave pour la Botanique, Babbling pour l'étude des runes, et puis d'autres encore. Gobe-Planche qui s'occupait du soin aux créatures magiques, Sinistra pour l'astronomie, Vector pour l'arithmancie.

« Et à qui appartient la place vide ? » demanda à nouveau Hermione, devançant Harry. Il savait bien qui manquait à l'appel - pour l'avoir eu dans l'esprit depuis le premier août.

Percy eut un reniflement agacé.

« Le Professeur de défense contre les forces du Mal, Mr. Riddle. Il préfère néanmoins qu'on l'appelle Voldemort. Et ce n'est pas le genre de personne qu'il faut énerver - il est plutôt... Particulier. Extrême. Et puis c'est une honte vraiment ! Me dire que les manuels du Ministère n'allaient pas m'aider à combattre une créature magique si j'en croisais une, voyez-vous ça ! Il a dit que c'était inutile d'apprendre tout les moyens de combattre un animal, que par exemple, il était très peu probable de réussir à attirer un troll en pleine lumière, que le seul vrai conseil qu'il pouvait nous donner face à une créature dangereuse c'était l'Avada ou la fuite ! » s'excita Percy, les joues rouges de fureur. « Mais il ne vient jamais à la répartition. On le croise d'ailleurs très rarement dans les couloirs, et de nombreuses rumeurs courent sur lui. Il paraîtrait que c'est un mage noir... »

« Arrête de divaguer ! Crois-tu vraiment que le Professeur Dumbledore garderait un mage noir dans son école ? » le tanna Lee Jordan. « En réalité, Percy est simplement furieux parce qu'il a osé dire ce que tout le monde pense - que les livres du Ministère sont totalement inutiles. »

« N'importe quoi ! »

« Ah oui, et qui est-ce qui a boudé toute sa soirée en relisant frénétiquement ledit livre ? »

« Je- C'était uniquement pour vérifier s'il n'y avait pas de quoi lui prouver qu'il avait tort ! »

Harry étouffa un rire en échangeant un regard complice avec Hermione.

Oh oui, il le sentait, il n'allait pas regretter.

Et au même titre que Tom Riddle, des années auparavant, en voyant la table de sa maison s'esclaffer, il lui semblait qu'un lion rugissait dans sa poitrine.


Allechronos : Haha pas mal, jolie théorie ! Crédible en plus ! Merci beaucoup en tout cas, et désolée de t'avoir inquiété ! Le titre n'était pas vraiment adapté, et je me suis dit que celui-ci collait plus. Bisous !

Melyssa : Exactement :D Merci ! ;)

Slash-nono : Aaah cool, surtout que j'avais des doutes dessus ! Merci beaucoup de me rassurer ;)

mamy83 : Haha contente que ça te plaise :D Vraiment pas du tout, tu ne vois personne ? ;)

Penny : Aah rien n'est jamais facile ! Mais qui sait, ça pourrait être Snape ? :D Mercii !

Chloe : Snape intrigue hein ? Merci beaucoup ! Ah, ça pourrait peut-être être lui :)

Reading in the moonlight : Merci beaucoup ! Je suis contente que tu aimes :D :D

Adenoide (aaaah le plus de questions !) : Alors, hop, je me retrousse les manches et commence. Alors, en premier même dans l'histoire originelle, Sirius accepte que Dumbledore régisse sa vie. Pas parce qu'il n'a pas de personnalité mais qu'il a confiance et le voit comme une figure d'autorité, pareil ici. 2nd : Pourquoi le faire vivre comme un moldu dépourvu de magie ? Même chose que dans le bouquin, parce que vraiment, ça peut prendre la tête autant de renommée et que Sirius ne veut pas faire d'Harry une arme. Il a repoussé le mage noir, il n'est pas catégoriquement l'élu encore et ni Dumbledore ni Sirius ne veulent confronter un enfant à ça. Hagrid qui emmène Harry - Sirius ne peut pas mettre un seul pied dans le monde magique, il est recherché par le minsitère ;) Pourquoi ? Ahah, ça je ne le dis pas encore ! Pour l'artéfact de magie - pourquoi récupérer la pierre philosophale le jour où Harry est de sortie ? dans le tome 1 ? - pareil. Parce qu'il le peut, parce que l'artéfact n'était disponible que peut-être récemment, ou parce que Hagrid faisait comme ça une pierre deux coups, ou parce que c'est une machination pour aboutir à une rencontre entre Voldemort et Harry ;) Ah, mais si je dévoilais tout maintenant où serait le plaisir ?

Maintenant la chose la plus importante que je crois j'ai du mal expliquer parce que peu ont compris.

Voldemort est Tom Riddle, soit est le professeur de défense mais ce n'est PAS le mage noir qui a tué les Dursleys, les parents d'Harry, et qui s'oppose à Dumbledore ;)

Voilàà ! Merci pour tes questions qui m'aident à organiser un peu ça ;)

(Et aussi, pour organiser un peu ça, les principales questions quii attendent vos hypothèses :

- Qui est le Mage noir ?

- Quel est le troisième détail qui a tout changé ? En partant du principe que ce détail peut engendrer ensuite de petites difformations dans l'univers

- Qu'est-ce que vous en avez pensé ? ;)

PROCHAIN CHAPITRE :

- Cours de Défense contre les Forces du Mal

Extrait :

[...]

Et enfin la tempête auto-provoquée se calma, laissant dans l'oeil du cyclope se redresser la silhouette familière du Professeur Riddle. Les mains d'Hermione étaient agrippées à son bureau, comme bien d'autres élèves. Et quand le brouillard s'estompa tout à fait, il eut conscience de relâcher son souffle - coincé dans ses poumons depuis la métamorphose.

« 10 points pour Gryffondor, Monsieur Potter. »