Chapitre 2

Le trajet du retour me parut étonnement court, trop court, comparé à d'habitude. Il fallait que je me ressaisisse, que je sèche mes larmes et que je prenne sur moi...

Mais comment pouvais-je me calmer dans un moment pareil ? La plus grande crainte de mon père avait toujours été que je tombe enceinte trop jeune, comme ma mère, que je refasse leurs erreurs. C'était exactement ce que je venais de faire sauf que moi, il n'y avait personne pour me soutenir.

Edward, dont le nom m'était difficile à prononcer, n'était pas là, il ne se tenait pas à côté de moi comme ça aurait du être le cas. Il devrait être assis côté passager à me murmurer des mots doux et des encouragements, m'aider dans cette terrible épreuve, me soutenir et m'aider à annoncer la nouvelle à mon père.

Mais non, je suis seule...enfin pas entièrement car le bébé me rappela sa présence par un léger coup de pied. Je posai ma main sur mon ventre désormais légèrement rond et murmurai : « ne t'inquiète pas, joli bébé, maman est là et elle ne t'abandonnera pas. » Je reçus un nouveau coup comme s'il m'avait compris et qu'il voulait le faire savoir.

Je garai ma voiture dans l'allée et en sortis le plus délicatement possible comme si cela m'éviterait la confrontation avec mon père, n'importe quoi !

Tandis que je montais les 2 marches menant au perron, mon cœur tambourinait contre ma poitrine, mes mains devenaient moites, et un flot de larmes se remit à couler.

C'est à ce moment que la porte s'ouvrit à la volée sur...

-Jacob ?! m'écriais-je surprise

-Bella, tiens en voilà une surprise !

-Je dois te rappeler que c'est moi qui habite ici ? me moquais-je.

-Oui, c'est vrai, désolé, de toute façons j'aillais m'en aller.

-Sinon, euh...Comment tu vas ? l'interrogeais-je.

-Super, à la Push c'est la fête tous les soir sces dernières semaines.

-Ah, et vous fêtez...

-Le départ des Cullen, oui. termina-t-il

Quand il prononça ce nom une boule se forma dans la gorge, me rappelant à quel point j'étais mal.

-En tout cas ce sera sans moi, dis-je dans une tentative d'humour pour masquer ma tristesse.

-Tu t'en remettras, il faut juste laisser passer le temps...

-Je crois que l'oublier est totalement exclu de toute façon.

-Tu n'as même pas essayé d'oublier la sangsue ! Essaie et puis tu verras.

Oui, Jacob était au courant pour les vampires et moi pour les loups, ces révélations avaient eu lieu durant la première semaine après le départ d'Edward, alors que Jacob me tenait compagnie.

-Tu ne sembles pas comprendre que je ne veux pas oublier Edward et je t'interdis d'insulter le père de ma fille !

Et mince ! sur le coup de la colère j'avais lâché ce que j'avais sur le cœur sans penser à ce que je lui révélais. Il me regardait maintenant un air abasourdi et dégoûté sur le visage.

-Tu es enceinte de Cullen ?

-OUI je suis enceinte d'Edward Cullen ! ! hurlais-je.

Deuxième gaffe de la soirée, mon hurlement fut entendu par mon père qui arriva alors en courant.

-Bella Swan, répète ce que tu viens de dire !

Je pris mon courage à 2 mains et murmurai cette fois plus discrètement.

-Je suis enceinte papa...

-De qui ? m'interrogea-t-il bien qu'il connaissait la réponse.

-Ed...Edward Cullen, Papa attends ! criais-je alors qu'il tournait les talons.

-Tu n'es plus ma fille Bella ! Pars et ne reviens jamais !

-Non papa !

Mais il avait déjà refermé la porte derrière lui , me laissant seul avec jacob.

Je me tournai vers ce dernier et lui lançai en regard implorant.

-Non Bella, je déteste cette chose qui grandit en toi, désolé.

-Jacob non !

-désolé Bell's !

Mon œil,oui, il n'était pas désolé du tout !

Après avoir tambouriné 10 minutes à la porte mon père daigna venir m'ouvrir afin que je prenne mes affaires. Je montai quatre à quatre les marches menant à l'étage et une fois suffisamment près de mon lit, m'y effondrai en pleurs. Comment pouvaient-ils me faire ça ! Comment les trois hommes les plus importants dans ma vie avaient-ils pu m'abandonner face à moi-même ! Enfin, Edward me pensait en sécurité avec Charlie mais mon père et Jack n'avaient aucune excuse, eux !

Je me relevai vite, je n'avais pas beaucoup de temps. Réfléchis, réfléchis... Je sais ! Je sautai vers mon armoire et en sorti ma grosse valise, la même qui m'avait accompagnée lors de mon voyage Phoenix-Forks. Je décidai que je prendrais l'avion et j'avais donc droit à 20Kg de bagage. Facile, je n'avais pas grand-chose à emporter ! J'entrepris de fourrer mes vêtements dans la valise. Je m'occupais des habits roulés en boule au fond de ma garde robe quand je tombai sur une robe bleue qui n'était pas à moi. C'était celle d'Alice, celle qu'elle m'avait prêtée pour le bal de fin d'année auquel j'avais assisté avec une jambe dans le plâtre. Je décidai de l'emporter même si elle ne me serait probablement d'aucune utilité là où j'irais. Ensuite, je me faufilai dans la chambre de Charlie et y prit quelques chemises que je serai forcée de porter après avoir pris plusieurs Kilo suite à ma grossesse.

J'emportai aussi mon petit cactus, mon appareil photo et mon album, ainsi que ma trousse de toilette et d'autres petits souvenirs.

Je refermais mon sac quand je vis une fine feuille dépasser d'une latte du plancher. Je la tirai et y reconnus un mot que nous avions fait Edward et moi en cours de math pour pouvoir communiquer. En alternance de nos deux écriture était écrit :

Agneau : je t'aime...

Lion : je t'aime plus.

Agneau : n'importe quoi !

Lion : personne ne peut aimer comme je t'aime.

Agneau : c'est vrai...sauf moi !

Lion : je t'aime

Agneau : moi aussi

Lion : je sais...

Rien de plus, juste un petit échange pour nous rappeler notre amour. C'était dur de penser que tout ça n'avait été pour lui que mensonges, leurres et jeu de rôle.

Je levai la plaque du plancher et j'en eu le souffle coupé.

Tous les objets qui avaient disparu s'y trouvaient ! Le cd, les billets d'avion et les photos. J'avais oublié à quel point il était beau, pensais-je en les observant.

Je glissai tout cela dans une poche extérieure de ma valise, la refermai cette fois définitivement et descendis les escaliers. Mon père était installé devant un match de base-ball et ne semblait avoir aucune envie de me faire des adieux. Je partis alors sans rien dire comme une voleuse, une voleuse qui lui aurait volé une partie de sa vie...

Je montai dans ma camionnette et enclenchai le moteur, je roulai jusqu'à l'aéroport...

J'espère que ça vous a plus!

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