Merci à Aurore pour ses reviews !
Le troisième thème est Sauvetage.
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Livre 2 : Évadés
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Chapitre 2 :
La visite de Boa Hancock n'avait rien laissé derrière elle qu'un prisonnier hurlant à l'agonie du poison qui l'avait atteint et une stupéfaction générale.
« Qu'est-ce qu'elle voulait ? » demanda un garde à Ace, comme s'il avait pu en avoir la moindre idée.
Il ne lui répondit pas et se leva, disant à la ronde : « Je vais prendre ma pause. »
Il tentait d'avoir l'air sûr de lui. S'il était bien prisonnier comme il le suspectait maintenant, il était possible que les autres gardiens eux ne le sachent pas encore, que seules les hautes autorités soient au courant. D'un pas sûr, il se dirigea vers la petite salle où les gardes se réunissaient, et où étaient les précieuses clefs.
Personne ne l'arrêta. Peut-être les gardiens ne savaient-ils rien, effectivement, ou peut-être que tant qu'il ne tentait pas de sortir du niveau, ils avaient l'ordre de ne pas intervenir.
La salle de garde et celle de contrôle étaient côte à côte. Ace entra d'un pas qu'il voulait nonchalant et se dirigea vers la petite machine à café qui ne marchait qu'au gré de ses fantaisies et se prépara un café. Ensuite, il tenta de mettre la main sur toute chose comestible à sa portée, prévoyant qu'il allait avoir besoin de beaucoup d'énergie dans les heures à venir. Il n'y avait que des madeleines et des biscuits secs, mais il engouffra le tout avec une application consciencieuse, tachant de ne pas s'étouffer. Il inspira et expira plusieurs fois et se dirigea vers la salle de contrôle. La première chose qu'il devait faire c'était couper les communications entre le niveau 6 et le reste de la prison.
Ensuite de quoi, il devrait assommer ou tuer tous les gardes et les minotaures, puis libérer Marco et Nico Robin. De là, c'était l'inconnu. Magellan et son terrible poison était bien sûr l'élément le plus risqué mais il supposa qu'il pouvait compter sur le pouvoir du Phénix.
Il entra dans le poste de contrôle. Ce n'était pas habituel de sa part, mais ça n'avait non plus rien d'exceptionnel. Il erra à droite et à gauche. Il connaissait le nom de ces gens. Peut-être pas de tous, mais de quelques uns. Rider lui apportait toujours un café quand lui-même était en pause et lui demandait comment c'était, la Marine, avec une pointe d'envie. Tout l'étage savait que Saraus était fou d'amour pour Sadi-chan. C'était des êtres humains, et Ace allait devoir les tuer.
Du sang sur ses mains, pour un rêve. Est-ce que c'était si cher payé ?
Avec un rictus amer, il pensa que finalement, il était bien le digne fils de son père.
Et il aurait beau s'enfuir d'ici, personne ne pourrait le sauver de cette hideuse réalité-là.
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Portgas, le gamin, s'était levé et s'était dirigé vers la salle des gardes. Est-ce qu'il tiendrait parole ou est-ce qu'il se dégonflerait ? De longues minutes passèrent, et rien.
Rien.
Les prisonniers, encore excités par la visite de Boa Hancock, se renvoyaient des insultes égrillardes à la face et on entendait les râles du mourant, atteint par le poison de Magellan.
Le Minotaure faisait sa ronde, de son pas pesant.
Et rien. Rien. Rien.
Marco enrageait silencieusement et maudissait Portgas. Puis soudain, il entendit des cris sortir du poste de contrôle et de la salle de garde. Moins d'une minute plus tard, une colonne de feu traversait le couloir et abattait le Minotaure.
Les prisonniers hurlaient à présent, et Marco vit se dresser devant les barreaux la silhouette de Portgas. Le feu courait le long de sa peau. Il ressemblait à un démon, mais dans ses mains, il avait un trousseau de clefs.
« Tu en as mis du temps, Ace » dit Marco d'un ton nonchalant même s'il aurait volontiers embrassé le gamin tellement il était content et soulagé.
Autour d'eux, la clameur montait, folle.
Le brun ouvrit la porte de la cellule et se dirigea, non pas vers lui, mais vers Nico Robin.
« Nous allons chercher Luffy, expliqua-t-il en lui retirant ses chaines de granit marin.
— Luffy est déjà ici.
— Quoi ? fit le Logia du feu.
— C'est cette femme, Boa Hancock, qui me l'a dit.
— Nous n'avons pas le temps pour ça, » intervint Marco qui ne tenait pas à voir ces deux-là partirent dans un délire commun où le fameux Luffy serait effectivement à Impel Down. De toutes manières, si c'était le cas, il était un homme mort.
Si le gamin devait affronter cette réalité, autant qu'il le fasse dehors. Ou du moins quand Marco et Thatch seraient dehors.
Nico Robin leva ses yeux vers Portgas : « Tu peux me laisser ici, il viendra me chercher. »
Ace secoua la tête : « Non, nous allons le chercher nous. Tu le connais, il se perd tout le temps. Puis nous sortirons tous d'ici.
— Ace, fit Marco avec quelque chose qui devenait de l'urgence, libère-moi. »
Mais perdu dans sa discussion avec l'archéologue, le brun ne l'écoutait absolument pas. Par Davy Jones, c'était la pire évasion de toute l'histoire ! Marco aurait tapé du pied s'il avait pu. S'il s'en sortait, il étranglerait le gamin.
« ACE, ON VIENT ! » C'était un mensonge, qui pouvait devenir réalité d'une seconde à l'autre, et secouant le carcan délirant qui l'emprisonnait, son gardien personnel sembla enfin revenir sur terre.
Il se dirigea vers Marco et défit les chaînes de granit marin. Toute la fatigue et la pesanteur que le blond avait pu sentir s'évanouirent instantanément et il transforma ses deux mains en ailes pour le plaisir de le faire.
Ace le regardait, d'un air incrédule et choqué. « Le feu du Phénix… » murmura-t-il en tendant la main pour toucher les flammes bleues. Marco lui envoya un petit coup de pied qui sans être vraiment hostile n'était pas amical non plus. Il n'appréciait pas d'être un animal de foire.
« Libère aussi Jimbei, » dit-il alors que Portgas reculait et se massait le ventre, « et partons.
— Marco, je ne crois pas que… intervint l'homme-poisson.
— Tu es un allié, on ne va pas te laisser pourrir ici. »
De son côté, Nico Robin s'était mise debout, appuyée contre le mur et reprenait sa respiration, appréciant elle aussi le fait de ne plus être prisonnière du granit marin.
Il ne restait plus qu'à aller chercher Thatch. Marco avait confiance en ses habiletés. Tout irait bien. Le sauvetage commençait.
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Ce thème était un pur cadeau. Et c'est toujours rigolo de voir enrager Marco.
