Chapitre 3 – Consultation

Je partis pour mon rendez-vous en me demandant s'il avait l'habitude de regarder les noms des patients qu'il devait rencontrer, et si mon nom lui rappellerait quelque chose. Bien sûr je ne m'appelais plus Bella Swan, mais j'avais tout de même conservé mon prénom et depuis la mort de Charlie et pour des besoins d'identité, pour garder les biens de mes parents et faire toutes les démarches administratives d'ouverture de compte et de gestion financière il m'avait fallu trouver un nouveau patronyme. Pourquoi avais-je choisi celui-ci ? Qu'allait-il me dire en voyant mes papiers ? Non, il fallait que j'arrête de m'inquiéter, si je voyais que ça se passait mal, je repartirais tout simplement, Carlisle avait toujours été gentil et attentionné, si quoi que ce soit le mettait mal à l'aise je ne resterais pas. J'arrivais aux abords de l'hôpital, il y avait beaucoup de monde, des patients, des visiteurs, une ambulance qui arrivait sirène hurlante suivie de près par la voiture du shérif. Je recommençais à prendre peur. Je n'étais plus habitué aux bruits et j'avais toujours fuit la foule. Je me précipitais à l'intérieur, me pris les pieds dans la dernière marche et m'étalais dans l'entrée… Bien, pour une entrée discrète s'était raté. Une jeune femme m'aida à me relever, et son contact sur ma peau me parut doux et tiède, je la regardais me demandant si pour elle c'était désagréable. D'après mes souvenirs, je devais lui paraître dure et froide, mais rien dans sa réaction ne laissait présumer de la surprise ou du dégout. Je la remerciais timidement, sentant le rouge me monter aux joues, et me dirigeais vers la secrétaire de Carlisle. Je le vis arriver au bout du couloir, en grande conversation avec un de ses confrère, je pouvais bien entendu entendre chacune de ses paroles, mon ouïe était parfaite. Encore une fois c'est le regard de Carlisle qui m'attira, tant de tristesse et de peine s'y lisaient, en le voyant, j'eu soudain une illumination, la seule chose qui à mon sens pouvait les rendre si tristes c'était la perte d'un être aimé, et la seule que je n'avais pas vu était Esmée. Elle devait être morte, c'était la seule solution. A cette pensée, je vacillais, ma peine était énorme, elle était si douce, si aimante … j'en aurai pleuré. La peine, la tristesse et la colère que je ressenti alors me firent perdre mon bouclier, je n'avais plus l'énergie nécessaire pour le maintenir autour de moi. Au même moment, Carlisle dut percevoir mon odeur, car ses yeux se fixèrent sur moi, et en instant il se trouva à mes côtés, il s'adressa rapidement à la secrétaire :

Je m'occupe du dossier de consultation, Marjorie, merci

Marjorie lui tendit la fiche cartonnée où elle avait commencé à renseigner mon état civil, avec un grand sourire plein d'amour et d'affection à l'attention de Carlisle. Une chose était sure, il était toujours aussi séduisant, et la gente féminine était toujours autant attirée par cette jeunesse, ce regard et cette beauté permanente.

Carlisle me fit signe d'entrer dans son cabinet de consultation, je sentais son regard sur ma nuque, mon malaise ne put qu'augmenter lorsqu'il referma la porte derrière lui, et que le lui fis face. Incroyable, ces yeux s'étaient comme illuminés, je pouvais y voire toujours cette pointe de tristesse mais surtout de la joie, du soulagement et beaucoup d'amour. Je n'eus pas le temps de réfléchir que déjà il me prenait dans ces bras et me serrait contre lui. Je n'eus pas le cœur de l'en empêcher, et au fond de moi, cette étreinte me faisait beaucoup de bien, c'était comme si un grand vide se remplissait, personne ne m'avait jamais tenu comme ça depuis si longtemps que j'en avais oublié combien c'était agréable. J'avais l'impression incroyable, qu'ainsi protégée contre son buste plus rien ne pouvait m'atteindre. La pression et la peur que j'avais eu de venir le trouver disparurent comme par enchantement, je savais qu'il accepterait de m'écouter et de m'ausculter. Je me dégageais doucement de son étreinte et le saluais.

Bonjour Docteur Cullen, je suis contente vous revoir

A une époque, tu m'appelais Carlisle

C'était il y a bien longtemps, à une époque où je pensais faire un peu partie de votre famille. Rassurez-vous, je ne suis pas là pour vous causer des ennuis ni à vous ni à votre famille, il se trouve que ce matin je les aperçu et je voulais juste, si ça ne vous ennuie pas, vous parler et que vous m'examiniez

J'avais sorti ma tirade d'un trait, toujours un peu anxieuse de sa réaction. Il eut un regard inquiet :

As-tu des problèmes de santé ?

En même temps qu'il me disait ça, il jeta un œil à la fiche de renseignement, et me regarda en soulevant un sourcil.

Mademoiselle Bella Alice Masen ? waouh !

Je suis désolée, ne lui dites rien, je changerai mon nom dès que possible, je ne pensais pas qu'un jour nous nous reverrions…. Je vous en prie, docteur Cullen, ne vous fâchez pas

Je n'eus pas le temps de finir, que déjà il était de nouveau près de moi, il sentait surement que j'étais prête à fuir, je me sentais si mal de devoir me justifier, que je ne savais plus très bien comment me comporter, mes genoux tremblaient et je devais me tenir à son bureau pour ne pas tomber. Il mit sa main sur mon visage et m'embrassa doucement le front.

Calme toi Bella, je trouve que ce nom te va très bien, et étant tenu au secret médical, jamais je ne le mentionnerais. Dis-moi maintenant, ce qui t'amène exactement.

J'aimerai simplement une consultation, je ne suis pas normale, je le sais bien mais je ne sais pas exactement ni pourquoi, ni à quel point

Lâchais-je dans un soupir

Il me fit m'allonger sur la table froide de consultation et commença à m'examiner sans prononcer un mot. Il souleva mon pull, et je vis son regard s'assombrir lorsque ses yeux se posèrent sur les cicatrices qui parcouraient mon ventre et partaient jusque dans mon dos. Il continua son examen sans un mot, il prit même son stéthoscope, ce qui me fit sourire, ses doigts parcouraient mes membres, mon cou, ma nuque. Il examina mes yeux, ma bouche le tout sans jamais prononcer une seule parole, puis il me fit signe de me relever et s'installa derrière son bureau. J'avais l'étrange impression d'être une petite fille qui allait se faire disputer par son professeur, mais c'est avec un sourire bienveillant qu'il me demanda de m'assoir face à lui.

Bella, d'après ce que je viens de voir, je peux te dire que tu es en pleine forme. Cependant j'ai constaté que tu avais quelques différences par rapport à tous les vampires que j'ai côtoyés : la température de ton corps est légèrement supérieure à la nôtre et la texture de ta peau est plus souple. De plus la couleur de tes yeux m'intrigue, ils ne sont ni rouges ni dorés, j'en conclus donc que tu ne bois ni sang humain ni sang animal. J'ai également remarqué que tu avais toujours cette tendance à rougir, ou rosir plutôt, ce que je n'avais jamais vu auparavant chez les nôtres, et dernière chose ton cœur bat à une pulsation toutes les deux à trois minutes, tu as donc encore quelques millilitres de sang humain qui courent dans tes veines. Est-ce que j'ai omis quelque chose ?

Heu, je suis toujours maladroite, mais uniquement lorsque je suis en mode « humain », et contrairement à vous je dors. Je crois que pour le reste vous avez tout trouvé.. Pouvez-vous me dire si malgré ça je peux vivre éternellement et normalement ou est-ce que je peux être sujette à des maladies ?

Je ne sais pas Bella, je peux toutefois me renseigner auprès de mes amis de par le monde, voir si quelqu'un a déjà eu connaissance de personne comme toi, et je peux également te faire passer quelques tests en dehors de l'hôpital pour voir si ta force et ta vitesse sont conformes à ce que je connais si tu es…