Sur une musique
Attention : Cette histoire est tout à fait Alternative à la réalité. Elle se passe à notre époque. Il n'y aura pas de Voldemort, ni de Mangemort.
Disclaimer : Les personnages et les textes que j'utilise ici ne sont pas à moi. Je ne fais que les emprunter à leurs auteurs. La rédaction son à moi par contre, ainsi eu les personnages qui n'apparaissent pas dans Harry Potter.
Genre : Totalement Alternatif. Romance et autre.
Résumé : Lily Evans, deuxième fille d'une famille de sept enfants, est une originale. Ayant refusée de suivre le cursus normal d'une sorcière, le ministère l'envoi pour un stage de six mois, dans l'entreprise Potter, en écosse.
Note pas importante qu'il faut quand même lire : Et un chapitre de plus ! Je m'étonne moi-même
ATTENTION : apparition de vocabulaire à tendance sexuel dans ce chapitre, je préfère prévenir.
Merci ! 14 mots ! C'est génial !
De gros gros bisous à Crazysnape pour avoir corriger ce chapitre et pour toujours être là!
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Dédicace : à Sucubei pour son anniversaire
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Le bruit d'un crayon grattant le grain épais d'une feuille de canson résonnait dans la grande chambre de James Potter. Des traits noircissaient le blanc de la feuille, formant la naissance d'une jolie poitrine, le creux de deux clavicules ainsi la courbe fine d'un cou reposant sur un oreiller. La mâchoire commençait à apparaître.
Potter aimait dessiner. Il aurait voulu devenir illustrateur. Il n'en avait jamais parlé à personne. Même pas à ses amis. Ceux-ci le savaient pourtant. Il fallait dire que ce n'était pas bien difficile, James dessinant sur tous ce qui lui passait sous la main. Une nappe en papier dans un bistro, un sac à vomi dans les avions, les dépliants dans les hôtels.
Il croquait tout et rien. Les paysages, un instant, un geste, un œil, un animal, une personne qui avait attiré son attention.
La ligne de la mâchoire laissa la place à une petite bouche entrouverte. Un nez retroussé apparut, venu de nulle part. Deux yeux brillants prièrent naissances. On aurait pu dire qu'ils appelaient celui qui regardait le dessin.
Des pommettes un peu hautes s'ombrèrent. Des mèches vinrent se déposer au travers du front, coupant la vison de l'un des deux yeux.
Le contour du visage se précisa, quatre tresses s'ajoutèrent à la folie de la chevelure, gisant sur le moelleux de l'oreiller.
Une oreille se dévoila, ainsi que deux petites dents que l'on distinguait à travers les deux lèvres entrouvertes.
D'air concentré, sans quitter des yeux son croquis, il se mit à farfouiller les crayons qu'il avait étalés sur sa couette. Ses doigts rencontrèrent un signe gravé sur le bois de l'un d'eux représentant un E pour emerald il s'en saisit et le pris dans sa bouche, continuant à scruter son dessin, guettant la moindre erreur.
Sa main repartit à la chasse. Rapidement elle trouva le G pour green, le GY gray pour le gris pâle ainsi que O pour orange et P pour pumpkin.
Presque aussitôt les yeux se mirent à prendre vie. Ils se retrouvèrent gris, puis vert foncé pour enfin devenir émeraude. Lumineux. Emplis de désir et de moquerie.
Les courtes et longues mèches de cheveux prirent des teintes orangées/carottes, avec une ombre un peu plus foncée, plus lourde, presque auburn.
Le cou s'ombra délicatement, ainsi que la naissance des seins, délicieusement teintés, presque sous-entendus.
L'artiste observa avec attention son œuvre, fronçant les sourcils, une gomme coincée entre ses lèvres.
Lys Evans avait l'air bien plus féminine sur ce papier qu'en réalité. C'était presque saisissant d'étonnement. Et surtout de luxure.
Le brun se retient de déglutir, sentant malgré tout une brûlure dans ses reins, ainsi que son sexe durcit frottant, d'une manière plutôt malsaine, contre les coutures de son caleçon. Ses doigts se crispèrent sur la housse de son édredon.
Il n'avait fallut à cette fille à peine quelques minutes pour capter son attention. Elle n'était pourtant rien. Elle n'avait rien. Rien qui ne puisse l'intéresser.
Pseudo rebelle de pacotille. Jeune fille provocante. Garçon manqué mal élevé.
Alors pourquoi ce dessin ?
Alors pourquoi cette boule incandescente dans ses veines, se distillant lentement dans son corps tout entier ?
Pourquoi cette curiosité aiguisée à son égard ?
Il ne connaissait pas Lys Evans depuis plus de cinq heures qu'il la haïssait déjà.
Il ne fit que la haïr un peu plus quand il vient en criant son prénom dans l'habitacle exigu de sa cabine de bain.
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Lily s'étira gracieusement en poussant un bâillement peu discret. Elle repoussa difficilement son édredon pour finalement le replacer sur son corps. Elle s'y pelotonna avec un petit gémissement de contentement.
Qu'elle aimait dormir !
Et puis elle était bien là, au chaud, protégée par la gigantesque couette de son lit, la tête enfouie dans un oreiller de plume, les membres regroupés dans la position du fœtus.
Elle frotta sa joue contre sa taie d'oreiller, fermant ses paupières de plaisir.
Elle avait si bien dormi. Sans aucuns rêve. Une nuit d'une seule traite. C'était tellement apaisant ce genre de sommeil.
Dix minutes plus tard, elle se convainquit de se dégager de la chaleur protectrice et envoûtante de son nid, sa vessie et l'heure la rappelant à la raison.
Une fois la phase pipi/douche passée, elle se hâta de mettre en route son ordinateur ; elle n'avait pas eu le courage de l'allumer hier. De suite sa souris se dirigea vers le dossier « ma musique » et cliqua dessus. Elle se faufila entre les multiples dossiers, jusqu'à ce que ça maîtresse fasse son choix.
Le dossier Olivia Ruiz fut sélectionné puis ouvert à son tour. Dedans se trouvaient deux sous-dossiers. « J'aime pas l'amour » et « la femme chocolat ». Son choix se tourna vers le premier.
Enfin le son s'éleva des deux haut-parleurs de l'engin.
Heureuse, Lys se tourna vers la cuisine. Rapidement, elle sorti une petite casserole, y mis un peu d'eau et de lait et porta à ébullition. Dans un bol elle versa de la fécule de purée. Une fois le liquide près, elle l'incorpora dans son bol.
Elle touilla avec agilité puis ajouta un peu de sel et de poivre. Elle cassa un œuf sur la paroi de la casserole et l'additionna à sa mousseline. Hâtivement, elle mélangea à nouveau, évitant ainsi la cuisson du blanc.
Elle en porta une cuillère à ses lèvres et goûta presque avec délectation à sa mixture. Puis elle mis au feu une bonne quantité d'eau pendant qu'elle ébouillantait sa théière.
La rousse se prépara un filtre de Darjiling fumé qu'elle plaça dans sa théière. Une fois l'eau bouillonnante, elle la versa dedans. Elle prit ensuite un minuteur et lui fit indiquer cinq minutes.
Elle profita de ce lapse de temps pour mettre dans la machine à laver la vaisselle les ustensiles de cuisines qu'elle avait utilisés.
Elle eut le temps de prendre trois bouchées de sa purée avant que la sonnerie ne retentisse. Immédiatement elle retira le filtre plein de thé du récipient et le jeta à la poubelle. Elle se versa ensuite un peu du liquide ambré dans une large tasse et observa un instant la fumée qui s'en échappait.
Elle finit son bol et s'attaqua à la tasse fumante. Elle s'en resservit une puis alla s'habiller.
Olivia Ruiz chantait « Petite Fable »
Au pif elle pris un haut et un bas. Manque de pot pour Potter il s'agissait un haut de tailleur gris et d'une jupe pantalon noir. Elle fouilla avec plus de précision son sac et ses doigts rencontrèrent un tissu doux. Elle remonta une cravate en soie orange. Elle fit claquer sa langue de contentement contre son palet. Exactement ce qui lui fallait.
Avec rapidité elle se vêtit. Puis elle passa sa cravate au tour de son cou et essaya de se remémorer les gestes qu'il fallait faire pour faire un petit nœud. Après trois essais défectueux elle réussit enfin à faire un nœud convenable.
Elle fouilla à nouveau dans sa valise pour en sortir sa baguette d'une poche intérieure. Elle la tourna entre ses doigts, l'air absorbé mais se reprit bien vitte.
Elle vida son fond de théière, il restait une bonne tasse, et le bût d'un coup. Dieu ce qu'elle aimait le thé.
« Je me fous de ce que l'on raconte
Ma vie est la si cela vous chante
Je suis sortie grandie de ce conte
Moi je ris, je bondis et je chante » (1)
Elle éteignit le lecteur de musique, vérifia que son logiciel de téléchargement était bien en fonction puis éteignit l'écran de la machine.
Après avoir prit la clé elle sortit de son appartement. Un bruit de ressort retendit sourdement quand la porte se ferma, signe que le sort de mémoire physique de la pièce se mettait en route et interdisait définitivement la pièce à tous ceux qui n'en possédaient pas la clé.
Ses mains s'enfoncèrent dans les larges poches de son pantalon ample –c'était le cas de le dire- et elle se mit à siffloter l'air de la chanson qu'elle venait d'écouter.
Lys savait bien qu'il était « interdit » de siffler sous un toit, de peur qu'un cambriolage ne se passe, ou qu'un malheur lui arrive. Mais la rousse trouvait ces croyances ridicules.
Comme si ouvrit son parapluie à l'intérieur allait réveiller de vieux démons qui allaient venir lui cramer les pieds ! De toute manière elle n'avait pas de parapluie. Quand il pleuvait pourquoi ne se mouiller qu'à moitié ? Autant être totalement trempé ! Elle l'aimait à tourner dessous, comme une enfant.
Sa mère disait qu'il était mal élevé pour une fille de siffler. C'était d'ailleurs elle qui lui avait apprit.
Un rictus apparut sur les lèvres de la jeune fille. Elle adorait littéralement sa génitrice. C'était quelqu'un de formidable. Et elle était tout à fait impartiale en disant cela, évidemment.
En pensant à Fraisia ses pensées dérivèrent vers Italisse Potter. La vielle dame lui avait plu, réellement. Elle était quelqu'un d'ouvert et d'intéressant, possédant une culture impressionnante. Durant le trajet jusqu'aux bâtiments de l'entreprise elle avait demandé à entendre la chanson que Lily avait chantée à la gare. La jeune rousse avait hésité un instant. C'était quand même un son assez étrange et très fort. Elle lui avait donné malgré tout, heureuse de voir que l'on s'intéressait à ce qu'elle écoutait. Chez elle, sa sœur et son frère lui demandaient généralement de baisser le son ; Pétunia plus que Narcisse. Les plus petits étaient trop jeunes pour s'y intéresser. Et puis pourquoi pas hein !
Elle avait quand même baissé le son, ayant l'habitude de le pousser à son maximum, sachant parfaitement que c'était nocif pour ses pauvres oreilles, mais que voulez-vous, la musique d'abord !
Italisse avait pris un faux air choqué et avait grommelé en se moquant gentiment :
« Ce n'est pas parce que j'ai dépassé les soixante ans que je suis sourde ! »
Lily avait donc monté le son en rigolant.
Il avait été très drôle de voir cette jolie vieille dame écouter cette chanson. Elle se concentrait énormément pour arriver à traduire les paroles. Elle avait même demandé à Lys de lui repasser cinq fois ladite chanson avant de se prononcer.
« Le rythme et le style sont clairement différent de ce que l'on faisait à mon époque. C'est assez étrange. Des fois on ne comprend même pas ce que dit le chanteur mais c'est très sympathique. Je ne dirais pas que j'écouterais cela tous les jours, sincèrement ça me donnerait mal à la tête, mais pourquoi pas à l'occasion ? Oh et j'ai été surprise d'entendre du violon dans ce type de musique mais cela s'accord bien avec en faite. Cela crée une unité. »
La jeune sorcière avait été surprise mais au lieu de s'étonner, elle préféra en rire.
Elle pouffa à ce souvenir. C'était dommage que le fils ne soit pas comme la mère. Mais celle-ci l'avait prévenue. À elle de découvrire si elle avait raison de faire parler son instinct maternel ou si celui-ci la rendait un peu trop aveugle. En même temps, Italisse avait assez bien cerné « La petite princesse aux seins écrasés », alors pourquoi pas son fils.
Et puis il était réellement beau.
Elle grimaça à cette pensée. Franchement, beau ou pas il n'en restait pas moins con. Abruti même.
Et puis ce n'était pas son problème à elle mais bien le sien.
Enfin elle arriva devant le « cumulus » et sauta dessus, avec très peu de grâce il faut l'avouer. Elle prononça distinctement « Bureau de Urtus Potter ».
Immédiatement le petit nuage fila et elle sentit son estomac se retourner. Elle regretta presque d'avoir manger au petit déjeuné. Presque.
Il ne lui fallut pas moins de deux minutes pour que le cumulus miniature ne la dépose, sans douceur aucune, devant le père de Potter.
Elle déglutit quelque peu mais se ressaisit vite. Ce n'était pas son style de stresser. Surtout pour si peu. Et puis, ce n'était pas comme si c'était son tout premier stage.
Elle toqua donc à la porte d'une main assurée, souriante. C'était un peu commercial mais c'était cela ou l'air neutre et pour une rencontre avec le patron de l'entreprise elle préférait encore le sourire marketing.
Les portes s'ouvrirent lentement. Un peu trop lentement. Pour un peu elle se serait crue dans un mauvais film d'horreur, quand la pauvre héroïne perdue frappe au manoir hanté pour trouver du secours. Évidemment il n'y avait que fantômes, vampires et monstre dans l'habitation délabré. Les maquilleurs en avaient du boulot pour ce genre de production !
Et après on lui demandait de croire que ces créatures existaient ! Fallait pas pousser mémé dans les orties non plus. Quand bien même existaient-elles, pourquoi donc étaient-elles considérées comme « forces du mal » ? Pathétique.
Elle entra enfin dans la pièce quand les portes finirent leurs ouvertures dans un grincement sonore.
Elle fut heureuse de voir que le bureau du patron était plus joyeux que celui de son fils. Il y avait de très beau poster représentants des œuvres connues comme des tableaux de Van Gogh, Cézanne ou encore Magritte.
Il y avait aussi des toiles sorcières facilement reconnaissables ; Leurs personnages s'animant, parlant, changeant même parfois de cadre. Et puis les murs étaient d'un joli jaune pâle, donnant de la luminosité à la pièce. Il y avait aussi de grandes fenêtres, renforçant l'éclairage d'une façon agréable.
Un homme à la corpulence assez épaisse sans être excessive, lisait son journal, la tête penchée sur son bureau. Il avait une chevelure épaisse aussi bien rangée qu'un nid d'oiseau, mais contrairement à ceux de son fils, ils étaient déjà argentés.
Quand elle arriva en face du bureau en bois de chêne, Lily émit un toussotement distingué.
La tété hirsute se releva immédiatement. Il avait les yeux bleus. Son fils les avait d'un beau marron foncé et pénétrant.
Cela embêta Lys de se souvenir d'un tel détail et de le remarquer. Elle pesta contre sa mémoire qui n'était pas assez sélective à son goût ainsi que sur ses yeux, bien trop puissant.
« Oh, Lys, excuse-moi, j'étais plongé dans les cours de la bourse, c'est prenant, surtout quand nos actions augments et que celles de nos concurrents sont en chutes libres. »
Il lui fit un sourire engageant. Elle sentit qui lui aussi, elle allait l'apprécier. Il était assez spécial.
« Ce n'est rien Monsieur, mieux vaut être passionné par quelque chose que de ne s'intéresser à rien. »
Son propre sourire se fit sincère. Potter éclata de rire. Un rire vibrant qui fit trembler les murs de la pièce.
« Exactement ! Très bonne remarque. »
Deux nouveaux éclats de rire, plus discret, sortir de sa gorge avant qu'il ne reprenne le contrôle de lui-même.
« Je suis ravi de t'accueillir chez moi, enfin chez « nous », pour ces six mois ! Je sais que tu as déjà rencontré mon fils ainsi que ma femme. J'espère qu'ils ne t'ont pas fait trop peur, on ne sait jamais avec eux deux, dit-il en plaisantant. Le ministère m'a dit que tu avais du mal avec les forces du mal. Or il s'agit d'une matière essentielle, bien qu'assez vague. J'ai donc décidé de te placer dans notre section marketing. Tu y verras une approche différente des forces du mal, ce qui peut être intéressant, et tu donneras un coup de jeune à nos campagnes de publicité. Il nous faut un regard neuf et je pense que cela peut être une expérience enrichissante pour toi aussi bien que pour l'entreprise. Qu'en pense-tu ? »
La rousse esquissa une grimace. Elle haïssait tout ce qui était publicité ou autre harcèlement des commerciaux. Mais en même temps, il n'avait pas tord. Cela pouvait s'avérer intrigant et puis, elle adorait les défis.
« Cela me tente. J'accepte le travail. »
Les yeux de l'homme se fendirent en un sourire.
« Parfait ! Je vais t'accompagner dans nos locaux, tu as dû passer devant avec James. »
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Un grognement sourd s'échappa d'un amas de couette qui semblait recouvrir James Potter. Celui-ci avait l'air de très bonne humeur, encore plus qu'à son habitude.
Le brun n'était pas du matin, bien au contraire.
Surtout quand il faisait des rêves. Ce genre de rêves. Pas que les songes érotiques le dérangent, bien au contraire, mais pas quand ceux-ci portaient sur une jolie rousse.
Et puis elle n'était même pas jolie.
Le pire était que les rêves qu'il avait fait n'étaient absolument pas graphiques, bien au contraire.
Tout y avait été sous-entendu, même le corps de la jeune fille.
Il aimait les allusions, logiquement, mais cela dépendait de la situation dans laquelle elles apparaissaient.
De plus il était frustrant pour un homme de vingt-deux ans, presque vingt-trois, de se sentir excité par le corps à peine dévoilé d'une ado de dix-sept ans.
Il grogna un peu plus fort quand son sexe lui rappela dans quel état il se trouvait.
Il maudit Lily Evans jusqu'à sa trentième génération, à condition qu'elle trouve quelqu'un qui accepterait de lui faire des gamins, quand ses doigts frôlèrent son érection et que son corps frémi du futur plaisir qui n'allait pas tarder à l'envahir.
Et dire que c'était la deuxième fois qu'il se masturbait en pensant à elle.
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Tout en se rendant aux bureaux marketing, Urtus Potter lui présentait les différents locaux, ce que son fils n'avait pas eu la gentillesse de faire la veille. Cet homme était réellement passionné par son empire. Pire qu'un enfant avec un nouveau jouet. Dommage que cette passion ne se soit pas transmise à la génération suivante.
Mais Lily supposait que l'on ne pouvait pas tout avoir. Il serait bête que Potter se gâche juste pour faire plaisir à son père. Elle était persuadée que celui-ci préférerait que son enfant face ce qu'il veut de sa vie, et pas ce qu'il pensait être son destin. C'était tellement vieillot comme façon de penser.
« Ici il y a les maquettes à échelles réduites. Il est très complexe de créer un bon objet de défense. Il nous faut au moins deux ans avant que tout soit en règle. Et encore. À certain moment, c'est le temps qu'il nous faut pour mener à bien notre projet. Le choix des matériaux, des sortilèges, voir s'il ne va pas falloir filtrer certains sorts, s'il ne va pas falloir en créer de nouveaux. C'est toute une organisation lourde à porter. Malheureusement, James n'est pas fait pour me succéder. L'entreprise l'intéresse mais pas au point d'y travailler. Il va falloir que je me désigne un successeur et cela me brise quelque peu le cœur de voir que cette entreprise ne restera pas dans la famille. »
Il poussa un long soupire et Lily pu voir combien tout cela lui pesait. Ses traits étaient plus lourds, plus marqués. Ses paupières s'affaissaient.
Au moins il était conscient que son fils n'aimait pas être ici. Et cela prouvait qu'elle avait raison : James Potter n'avait pas sa place ici.
Urtus se reprit et lui fit un sourire aussi joyeux que possible.
« Nous avons à notre charge plus de trente mille salariés. La majorité d'entre eux sont logés sur place, comme tu as pu le voir. C'est pourquoi nous avons trois salles de sport, deux piscines et une station de thalasso. Leurs entrées sont libres, évidemment. »
Il continua à lui parler des équipements de l'entreprise jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'espace désigné au marketing.
C'était une grande salle claire. Les murs étaient recouverts d'articles de presses sorcière ou moldus, de plans, de photos en tout genre. Il s'y trouvait aussi deux énormes tables, de drôles de boîtiers accompagnés de cubes dont Lily ignorait totalement l'utilité.
Il se trouvait aussi des énormes appareils photos sorciers.
Deux hommes étaient plongés dans leur travail, penchés au-dessus de la table la plus proche, lisant une des feuilles qui avaient été posé là.
L'un était plutôt jeune, dans les vingt-cinq/trente ans, blond, plutôt petit, le visage lunaire, l'air chaleureux.
L'autre devait avoir la cinquantaine. Ses cheveux châtains grisonnaient.
Lily su de suite que ce n'était pas un rigolo. Celui là, elle allait devoir le mettre dans sa poche avec subtilité. Dur. Ce n'était pas quelque chose qu'elle maniait facilement.
Les deux hommes se redressèrent à l'approche de leur patron, laissant de côté leur tâche du moment.
« Messieurs, je vous présente Lys Evans qui sera votre stagiaire pour les six prochains mois. Je vous ai déjà parlé de ce que je veux que vous lui fassiez voir, faire et comprendre. Lys je te présente Franck Londubat et Patrick Malloy, ils seront tes mentors et supérieurs. Suis bien leurs conseils, ils sont tout à fait formidables dans ce qu'ils font ! »
Et il prit congé, sans autre forme de cérémonie laissant une rousse un peu perdue malgré sa combativité.
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James Potter venait d'arriver à son bureau. Affalé dans son fauteuil, ce qui ne lui était pas habituel, il ruminait ses sombres pensées.
Il se savait obséder, dans une juste mesure, mais à ce point non.
C'était choquant pour un homme qui avait déjà connu les plaisirs du mariage (pas seulement ceux de la chair, il n'avait pas attendu la bénédiction du ministre pour cela) et qui se trouvait bien portant, de fantasmer sur une ado ridicule et sincèrement horripilante.
Plus qu'énervé, frustré, il se saisit d'un des dossiers parfaitement posés sur le marbre froid de son mobilier et commença à le feuilleter sans grande concentration.
Il lui fallut plus de dix minutes pour ce rendre compte que celui-ci venait sûrement de lui parvenir car lui était inconnu. Mélanie avait du lui déposer avant qu'il n'arrive.
Il s'agissait en réalité du chiffre d'affaires de l'entreprise pour le mois de mai. (Ils sont fin juin) Les résultas étaient plus que satisfaisant. Son père pouvait être fier de son entreprise.
Le jeune homme grimaça. Il s'en voulait sincèrement de ne pas s'y intéresser avec plus de passion. Il avait pourtant essayé, se noyant corps et âme dans son travail, mais même cela ne servait à rien.
Il s'emmerdait. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il se passe. Il sentait qu'il n'était pas à sa place.
Il aurait tellement aimé devenir dessinateur/scénariste de bande dessiné.
Il aurait tout donné pour voir son nom sur la couverture cartonnée d'une de ses merveilles de la création humaine.
Tout sauf le bonheur, le sourire, de son père. Cela, il ne le pouvait pas.
Pourtant les BD représentaient sa vie.
Très vite il s'était intéressé à ces produits moldu. Il était tombé, par hasard, sur un tome de Gaston Lagaffe de Franquin, traduit en anglais. Ça avait été le coup de foudre. Il avait neuf ans.
Depuis il collectionnait avec passion ces œuvres palpitantes et hautes en couleurs, frissons, humour, amour, sentiments. Il en avait plus de mille.
Triée, rangée par ordre alphabétique, souvent relue.
Comme une drogue, dont on ne pouvait se lasser.
Un soupire déprimé s'échappa de ses lèvres. Il se laissait rarement aller à la nostalgie. Jamais ici.
Alors qu'il allait reprendre la lecture du bilan mensuel, son « téléphone » fit apparaître son écran de fumé sur lequel on pouvait lire Sirius Black.
Un sourire titanesque mangea le beau visage du brun et en une seconde il appuya sur le bouton de réception.
Instantanément la tête de son meilleur ami apparue ainsi que son inséparable étirement de lèvres.
« Hey mec ! »
Sirius et sa patience d'ange, Sirius le polisson, Sirius le farceur, Sirius le posé. Sirius.
« Tu ne peux pas savoir comme tu m'as manqué vieux, avoua James dans un souffle. »
Son ami le regarda d'un air circonspect.
« James, mon chou, je doute un jour que tu vires ta cuti alors raconte tout ça à tonton Siri ! »
« Ça n'a rien de drôle Sirius !» S'irrita Potter.
« Personne n'a rigolé, »répliqua l'autre, d'un calme placide.
Le vice président de la Potter Corporation ne put s'empêcher de lever les yeux aux ciel.
« Merci Clochette, on ne te changera jamais Sirius ! »
« Encore heureux ! Remus et Pet disent que je suis inimitable. »
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Lily était épuisée. Elle n'avait pourtant rien fait aujourd'hui. Elle n'avait pas pu placer un mot non plus.
Franck était un garçon adorable mais un peu trop bavard. C'était fatigant.
Quant à Patrick, son flegme et son attitude distante vous mettaient sur un brasero.
Ils avaient passé la journée à lui expliquer la façon dont ils fonctionnaient et comment ils mettaient une publicité en route.
C'était un principe simple et classique.
Étude de l'objet et question. Étude du marché concerné. Recherche sur le profil des clients potentiel. Question sur la centralisation de la promotion. Question sur la forme de la propagande. Et la suite était tout aussi longue et rasoir.
Lys voulait bien faire des efforts mais avec un tel programme, la partie s'engageait difficile.
Elle se traînait jusqu'à un cumulus pour rentrer dans son chez elle et essayer de contacter sa famille, histoire de leur donner quelques nouvelles que son esprit se trouva étrangement occupé par la personne de Potter.
Une chanson lui vient aux lèvres alors qu'elle se rappelait parfaitement des cheveux ébouriffés de l'individu. Inconsciemment elle se mit à chanter.
« No more hair cuts
For the birds
No more hair cutsFor the birds
No more hair cuts
For the birds
No more hair cuts
For the birds... » (2)
C'est à ce moment là que le jeune homme surgit du bureau de sa secrétaire, à qui il était venu rapporter un dossier. Elle ne le vit pas de suite. En fait, il fut le premier à se rendre compte de la présence de l'autre.
Il la regarda, étonné de la voir là, écoutant ce qu'elle chantonnait, l'air de rien.
Puis elle le vit et lui fit un sourire moqueur, élevant la voix.
Il faillit éclater de rire en entendant les paroles.
Ils ne se saluèrent pas, partant tous les deux de leurs côtés.
Étrangement, cette rencontre inopinée ne les dérangea pas plus que cela, et ils se surprirent à penser que l'autre pouvait avoir un quelconque intérêt.
Après tout, l'humour est un bon pas vers l'amour.
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(1) Olivia Ruiz © Petite fable
(2) Dionysos © Coiffeur d'oiseau (Traduction : plus de coupe de cheveux pour les oiseaux.)
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James se dévoile, un peu. Sirius fait son apparition, pas bien longtemps. Lily n'aime pas son stage.
Je voulais vous prévenir que, bien que cela semble allez vite, cela ne sera pas le cas, sincèrement. Il va falloir qu'ils se comprennent, qu'ils s'observent, qu'ils s'apprivoisent et croyez-moi, cela ne va pas être simple !
Sinon je voulais savoir si avoir des chansons à chaque chapitre vous saoulait ou pas parce que ce n'est pas quelque chose d'obligatoire.
Au prochain chapitre : Lily et son stage.
Merci d'avoir lu !
Bisous doux
Zoo†
PS : n'oubliez pas l'auteur 0XD
