Il me faut un peu de temps pour me faire à l'idée que Liz est soupçonnée de meurtre et même si j'en doute, j'ai mille fois confiance dans le jugement de Beckett pour savoir que si il y a quelqu'un capable de tirer la vérité dans cette histoire, c'est bien elle. Mais quand même... Liz... la copine de Frankie... Non, ce n'est pas possible... Mais je doute, je ne savais pas qu'elle avait un frère de la maison. Mort. Certes mais elle aurait pu en parler... Peut-être que Frankie le sait lui, mais comment en être sûre puisque je ne peux pas le contacter. Arg ! Et si c'était vrai, si Liz l'avait tué cet homme...

Deux coups frappés au montant de la porte me sortent de mes questions. Je me retourne et la vision que j'ai me redonne le sourire, Maura tenant Casey dans ses bras. Elle me rend mon sourire et m'interroge :

-Alors ? Que voulait Katherine ?

-De l'aide pour une enquête, son principal suspect est à Boston.

-Tu vas l'interroger ?

-Non, en faite, les criminels sont en vacances à NYC donc Beck a décidé de venir elle-même l'interroger, elle arrive ce soir. Je lui ai dit qu'elle pourrait dormir à la maison, ça ne te dérange pas j'espère ?

-Aucun problème mon amour.

-Merci tu es un ange.

Maura se tait et me sourit avant de retourner à la cuisine pour continuer la préparation du repas. Il me faut un peu plus de temps pour quitter le bureau, ma tête tournant et re-tournant les éléments que j'avais sur Liz et sa vie, pas grand chose avant sa rencontre avec Frankie finalement. D'un coup, une image me revient, j'ai vu Liz qu cimetière le jour où j'ai découvert la tombe d'Amanda. Avec les nouvelles de Beck', je comprends mieux aujourd'hui la raison. Mais bon, il est temps que j'aille aider Maura et si possible que j'oublie cette enquête jusqu'à ce soir. En fermant la porte, je croise le regard du portrait de Casey, il me manque même si je sais que je ne l'aimais pas comme je l'aime. Il était mon roc avant elle.

Je vois que Maura a sorti sur la table toutes les assiettes, alors après avoir embrassé le front de Casey et les douces lèvres de ma fiancée, je me mets à dresser la table. Comme c'est le premier repas de famille d'Amanda, je veux que tout soit parfait. Frankie m'a bien dit avant son départ sous couverture qu'un repas RIZZOLI tiré à quatre épingles n'est pas un vrai repas de famille. Je souris en me remémorant la discussion que j'ai eu avec mon frère avant qu'il ne parte en mission, il m'avait dressé une liste des choses à faire pour lui, récupérer son courrier, aérer son appartement, mais surtout prendre soin de sa Liz. Et je vais le faire, mais si elle a des soucis avec la justice, je ne fermerai pas les yeux, au contraire, je vais les ouvrir en grand pour prouver son innocence.

-Jane !

-Hein... Quoi ? Je bafouille en sortant de mes pensées.

-Désolé chérie mais ça fait cinq minutes que tu ne bouges plus et tu ne réponds pas. Tu n'as pas l'air d'avoir entendu ce que je te racontais.

-Tu as raison, excuses moi, je pensais à Frankie.

-Ne t'inquiète pas, tu sais, il va s'en sortir comme un chef.

-Bien sûr, il sait très bien que je s'il meurt, je le ressusciterai juste pour pouvoir le tuer de faire pleurer Ma'...

-Et toi,

-Et moi..

-Et Liz.

-Et Liz...

-Ça va mi amor ?

-Oui, oui, je suis juste triste qu'il ne soit pas là pour le premier repas de famille d'Amanda. Et qu'il soit loin de nous, il me manque.

-Je sais, mais il sera dans nos cœurs et nos pensées.

-Oui mais...

-Et je sais qu'il nous verra heureux et ça lui suffira.

-Comment ?

-J'ai vu sa moto passer plusieurs fois ce matin.

-C'est bien lui tout ça, dis-je en souriant, qu'est-ce que tu voulais me dire amour ?

-Tu peux coucher Casey pendant que je me change s'il te plaît ?

-Bien sûr mais tu sais que tu es magnifique comme ça chérie.

-C'est toi qui le dit, tu me dis la même chose après une heure de footing, je ne sais plus si je dois continuer à te croire, dit-elle taquine.

-Qu'importe ta tenue, tu seras toujours la huitième merveille du monde à mes yeux.

-Et Casey ?

-La neuvième, il ne peut pas râler, il bave lui même devant sa maman.

Maura laisse sortir un rire cristallin de sa gorge et ce son si pur m'apaise et me fait oublier mes soucis. Je récupère notre fils et l'embrasse avant de la suivre dans les escaliers. Avec Maura, on a décidé d'installer Casey dans sa chambre, enfin c'était la chambre d'amis du haut puis ma chambre et enfin la sienne. La décoration s'est faite peu à peu mais je suis fière du résultat. Les murs beiges apportent une douceur et de la lumière, Maura a dessiné un olivier et un champ de lavande sur un des murs, ça me rappelle l'Italie et à elle, la Provence du sud de la France. Il m'arrive de venir ici le soir lorsque Casey et Maura dorment, j'observe mon fils et m'installe sur le rocking-chair et me remémore le son des cigales, l'odeur du thym et de la lavande, la sensation du vent dans les cheveux, l'impression de liberté qui me prend quand je suis en Italie. Il faut vraiment que je fasse découvrir les lieux de mes vacances d'enfants à Maura, je suis sûre qu'ils lui plairont autant qu'à moi. En attendant, je couche Casey et lui fredonne une berceuse que j'ai imaginé pour lui. En peu de temps, je vois ses yeux se fermer et m'en vais non sans avoir allumer le baby-phone.

Je passe ensuite la tête dans notre chambre, Maura est de dos en train d'essayer de fermer sa robe mais elle a un peu du mal. Alors je me glisse derrière elle et l'attrape par les hanches, elle sursaute de surprise avant de se laisser aller un peu plus contre moi. Je souris et dégage sa nuque avant de commencer à lui embrasser, elle frisonne de plaisir et je me sens heureuse d'avoir une femme aussi belle à mes côtés. Puis je m'éloigne pour fermer sa robe délicatement. Maura se retourne et m'embrasse tendrement-Mi Dio-que ses lèvres sont douces. Ce sont les coups sur la porte qui nous séparent. Je l'embrasse une dernière fois avant de lui dire que je vais ouvrir et qu'elle peut prendre son temps pour se préparer.

C'est Liz qui attend derrière le battant, je la laisse entrer dans un sourire avant de l'enlacer et de fermer la porte. Je prends quelques secondes pour me faire disparaître toutes les traces de suspicion et les questions de mon visage et ma tête avant de discuter avec elle.

-Comment tu vas Liz ?

-Frankie me manque mais ça va et toi ?

-Pareil, Maura a dit qu'elle avait vu passer dans la rue ce matin, peut-être que tu pourras l'apercevoir, mais je ne te garantie rien.

-Je sais, merci. Le fait de savoir qu'il était encore en vie ce matin me rassure.

-Je sais que c'est facile à dire mais il faut que tu te détendes, Frankie est doué, il s'en sortira.

-J'ai peur.

-Je sais, je m'inquiéterais si c'était pas le cas mais là c'est trop. Allez viens, on va sortir l'apéro, les autres ne vont pas tarder.

-Avec plaisirs.

-Avant que j'oublie, Liz, tu pourrais passer au poste demain midi s'il te plaît ?

-Bien sûr, pourquoi ?

-Je prépare un petit truc pour le retour de Frankie et j'aurais besoin de ton aide.

Je sais que c'est pas bien de mentir mais je ne peux pas lui annoncer maintenant et comme ça que je sais pour son frère et qu'elle est accusée de meurtre. Elle pourrait fuir et puis je ne pourrais pas répondre à toutes ses questions vu que je n'ai pas encore lu le rapport de Beck'.

-Pas de soucis, je passerais vers 14h après mon service.