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J'espère que le chapitre 3 va vous plaire!

Bonne lecture!


Non, Charles ne pouvait pas éprouver de la jalousie. Il en était incapable… il n'en avait pas le droit… Il ne devait pas ressentir ça. Non, il le savait, son destin n'était pas plus important qu'un meuble, ou qu'un animal, est-ce qu'une chaise à porteur avait des émotions ? Non ! Alors lui non plus !

Charles essayait de raisonner cette sensation qui lui rongeait les entrailles, alors qu'il remontait du bordel en compagnie de quatre femmes à la petite vertu, entouré par deux gardes de la villa. Il ne les avait pas choisis, il avait payé grassement l'homme qui lui fournit quatre putains, les plus jeunes… dont une vraiment trop jeune, quel âge avait-elle ? Treize ans ? Quatorze tout au plus… Charles ne ressentait rien pour le destin de cette pauvre créature. Est-ce que quelqu'un se souciait du sien ?

Les rues étaient en train de sombrer dans les ténèbres d'un jour chaud, les passants se faisaient plus rares et les lampes à huiles s'allumaient dans les maisons qui jalonnaient leur marche silencieuse. Plus ils se rapprochaient de la villa, plus Charles voulait ralentir. Il voulait retarder le moment où il mettrait l'une de ces filles dans la cellule d'Erik. Plus il y pensait plus son sang bouillait, cependant cela ne ralenti pas ses pas, bien au contraire, il se retrouva rapidement à l'entrée du ludus. Tout en se maudissant il passa le portail de fer et entraina à sa suite les jeunes prostituées, qui gloussaient à la fois de nervosité, mais d'excitation – après tout ce n'étaient pas tous les jours qu'elles pouvaient quitter leur bordel pour aller grimper sur des gladiateurs ! - !

Charles accompagna chacune des prétendantes dans les cellules des heureux gladiateurs. Il les plaçait au hasard, de toute façon, ces hommes-là n'étaient pas difficiles à contenter ! Ils voyaient rarement des femmes et encore moins celles qui étaient disposées à les contenter une nuit entière ! Comme à son habitude Charles se réserva le droit d'aller à la cellule d'Erik en dernier. Quand il fit sauter doucement le verrou, les yeux toujours rivés au sol, il sentit le blond s'approcher de lui.

- Charles, commença sur un ton caressant et impatient le gladiateur.

- Dominus tient à te faciliter pour ta journée de combat, coupa net Charles. Il t'offre un cadeau : une nuit de plaisir en compagnie féminine.

Charles se recula pour laisser passer une jeune femme rousse et pâle qui souriait de plaisir en découvrant l'homme auquel elle avait été attribué. Charles referma aussi sec la porte de la cellule une fois la femme entrée. Erik fronça les sourcils. Il ne c'était pas attendu à ça ! Oui, il avait espéré une visite de Charles, mais pas dans ces conditions ! Qui plus est, il voyait nettement que cela contrariait le brun de lui apporter une catin.

- Charles, appela-t-il.

- En quoi puis-je t'aider gladiateur ? demanda Charles en retenant ses pas mais sans pour autant lever ses yeux.

- Je n'en veux pas, je ne veux pas du cadeau de Dominus, déclara Erik sans poser le moindre regard sur la créature qui commençait à le coller de façon lascive.

- Tu ne peux refuser le présent de ton Maître, cela serait un affront.

- Je n'y toucherais pas…

Erik voulait tendre la main saisir Charles, le toucher, l'embrasser, le savoir contre lui, lui dire qu'en combattant aujourd'hui c'était son image qui lui avait porté bonheur.

- Fais comme tu veux, elle est à toi pour la nuit, répondit Charles en poursuivant sa route.

Il attendit d'être hors de vue des gardes et d'Erik pour afficher un sourire. Erik refusait de coucher avec elle ! Erik n'en voulait pas ! La pression dans le corps de Charles se fit de façon plus dense et une chaleur indescriptible l'envahit, la jalousie avait disparu, c'était presque aussi fort : de la joie.

Erik regarda la rousse qui prenait possession de sa couche, elle était courtement vêtue et marquée, elle aussi, au fer rouge sur sa cuisse droite d'un symbole stigmatisant son état d'esclave. Elle était jolie pourtant, rousse, charnue, la peau claire, des tâches de rousseurs éclaboussant ses joues, sa gorge. Oui jolie, pourtant…

Erik passa une main derrière sa nuque, il se massa rapidement, il était embarrassé. Des femmes il n'en avait pas connue beaucoup et pour être honnête, il ne les aimait pas tant que cela… En réalité ce n'était pas ces créatures à la peau trop fines qui chaussaient d'ordinaire son lit. Il préférait mille fois la compagnie d'un éphèbe, ou d'un guerrier. Il savait ce qu'il y avait entre les cuisses d'une femme et cela ne l'avait jamais excité… il avait satisfait sa curiosité étant enfant et adolescent, puis il c'était lassé, il avait trouvé bien mieux en compagnie d'hommes. Cette rousse n'était pas repoussante, ni par le métier, ni par l'attitude, un brin vulgaire, mais non, cela ne faisait aucun effet à Erik !

- Tu t'appelles ? demanda-t-il sans s'approcher d'elle.

- Comme tu désires beau guerrier.

Il soupira, elle ne facilitait pas les choses.

- Nous ne ferons rien cette nuit, si ce n'est dormir.

La rousse se redressa sur son séant sa bouche forma un « O » détonement. Jamais aucun client ne lui avait fait ce genre de plan ! Elle devait parfois les exciter, mais jamais personne ne lui avait dit qu'ils allaient dormir ! Elle réfléchit, elle était un peu déçue, forcément, celui-ci promettait d'être une belle bête, mais si elle pouvait disposer d'une nuit de sommeil complète…

- Je dors sur la litière, trouves-toi une autre place, informa Erik en s'approchant de sa couche pour l'en chasser.

La jeune fille se leva promptement et laissa la place au gladiateur. Elle le regarda s'allonger et se tourner hostilement vers le mur de brique recouverts de chaux.

- Tu es sûr que tu ne veux pas que je te tienne chaud ? questionna presque timidement la professionnelle.

- Bonne nuit.


Au petit matin Charles apparu devant les quatre cellules qui avaient accueilli pour la nuit les prostituées. Il récupéra les trois premières dépenaillée et épuisée, la dernière, la rousse, il ne s'étonna presque pas de la trouver reposée. Erik était allongé sur sa couche, il regardait Charles intensément. Il avait donc tenu parole, il n'avait pas touché à la prostituée. Charles leva les yeux. Ils se regardèrent un bref instant. La porte se referma et Erik retourna à son rêve avant de devoir se lever.

Erik avait compris une chose importante durant cette nuit : si son maître – il haïssait ce mot – était content de lui, il le chérissait de présents. Cependant il se trompait en lui envoyant des prostituées. Il devait donc éblouir le maître avec ses exploit, déployer toute sa pleine puissance et ensuite, il pourrait obtenir ce qu'il désirait vraiment : Charles. Charles, juste pour une heure, une nuit, juste ça !

Il se jura alors de ne pas trouver de repos avant d'avoir obtenu ce qu'il désirait et il commença à prouver de quoi il était vraiment capable dès le premier entrainement du matin !


- Dominus, l'entraîneur de vos gladiateurs souhaite vous parler, informa Charles à l'entrée de la pièce où Shaw lisait des rouleaux rempli de chiffres.

- Fais-le entrer, mon Doctoré ne doit pas perdre de temps inutilement en ma compagnie.

Charles se recula et laissa place au Doctoré, un homme sévère à la carrure de lion, la peau labourée de cicatrice.

- Dominus, je voudrais vous parler un instant.

- Fait vite, mes gladiateurs ont besoin de ton savoir, répliqua Shaw en reposant son parchemin sur ses genoux.

- Se sera bref, promit le Doctoré de son ton abrupte. Je voulais vous faire état d'un changement parmi vos combattants.

- Ah ?

Finalement le Dominus fut intrigué.

- L'un d'eux vient d'ouvrir depuis une semaine son plein potentiel et il surpasse et de loin votre meilleure gladiateur.

- Il surpasse ?!

- Oui, il n'a nullement besoin de mon enseignement en matière de combat, il a réussi aujourd'hui à repousser six assaillants à lui seul et cela n'a pas semblé lui demander trop d'efforts.

Shaw passa une langue humide sur ses lèvres, cette conversation le titillait, elle était prometteuse.

- Qui ?

- Erik.

Charles, qui écoutait depuis l'angle de la pièce, sentit ses joues rosir, heureusement il garda le visage tourné vers le sol.

- Erik ? répéta Shaw avec un sourire. Et tu dis qu'il vient de montrer tout son talent… pourquoi seulement maintenant ?

- Je ne sais pas.

- A-t-il réellement les compétences que tu lui prêtes.

- Oui, j'ai attendu, testé et vérifié mes soupçons durant cette semaine. Il n'y a pas de doute, Erik a les capacités d'un vrai champion de l'arène.

Le Dominus en proie à une soudaine excitation se leva de son siège, laissant son parchemin rouler au sol. Il avança à grands pas vers son Doctoré, porteur de si bonnes nouvelles.

- Montres-moi ! Je veux voir !

Dans les minutes qui suivirent, Charles, en retrait par rapport à son maître, se trouva sur le balcon surplombant le terrain de sable qui servait de lieu d'entrainement aux gladiateurs. Le Doctoré demanda à Erik de s'avancer. Le fier blond, s'avança au centre et sans pudeur leva son regard vers le Dominus qui lui souriait largement.

- Tu vas te battre avec chacun de tes frères et les mettre, si tu le peux en déroute, sans blesser personne, informa l'entraîneur d'un ton rude.

Erik regardait encore vers le balcon lorsque le premier assaillant se jeta sur lui. Pour Erik, ce ne fut pas plus compliqué que les fois précédentes. Il esquiva et fit tomber chacun de ses adversaire en se servant de leur poids, il combattit rudement et durant plus d'une heure avant de réussir à tenir le pari un peu fou lancé par son Doctoré et son Dominus. Une fois chose faite, il se redressa le torse luisant de sueur, la bouche sèche, les cheveux en bataille. Son regard s'accrocha à nouveau au balcon, mais pas à son maître, non, son regard cherchait celui de Charles.

- Prodigieux ! s'écria Shaw en levant les bras au ciel. Tu as vu ça ma chérie ?

La jeune fille un peu fragile de Shaw, qui l'avait rejointe avec son esclave, applaudit.

- C'est un vrai Dieu de l'arène que nous avons là ! s'écria à nouveau Dominus en portant son enfant dans ses bras.

- Oh oui alors ! chantonna la fillette en souriant.

- Raven, appela Charles.

Sitôt la nouvelle jeune esclave blonde s'approcha et récupéra la petite fille, dont elle était en charge. Elle entraina l'enfant avec elle dans la villa, la petite ne devait pas rester trop longtemps exposée au soleil, sa maladie lui imposait de garder la fraîcheur et l'obscurité des murs protecteurs de la villa.

- Je veux qu'il monte me voir ! décida Shaw en se tournant vers Charles.

- Je vais le chercher Dominus.

- Non… attends… Erik doit d'abord se laver avant de paraître dans la villa.

- Je vais demander à ce que cela soit fait…

- Non, pas toi…

- Dominus ? s'étonna presque Charles.

Son maître s'approcha et lui saisit le menton, il puisait dans son regard bleu intense ce dont il avait besoin-envie.

- Toute cette effervescence m'a donné chaud, continua d'une voix plus nette Shaw.

Tout en lui adressant ces quelques mots, il repoussa Charles à l'intérieur de la villa contre un des pilastres en pierre veinée de rose.

- Tes yeux sont deux purs joyeux, susurra le Dominus en collant son corps à celui de son esclave.

Charles savait ce qu'il devait faire : se soumettre et attendre. Lui, qui une seconde auparavant sentait son cœur bondir en voyant Erik, se retrouva piégé dans son corps. Il laissa les lèvres de son maître explorer son cou, ses dents racler sa chair. Il devait soutenir le regard de son maître, c'était le seul moment où il avait le droit de lever son regard, lorsque Shaw voulait le posséder. Alors Charles, attendit que son maître le retourne contre le pilier, qu'il lui remonte sans ménagement sur les hanches le tissu qui couvrait ses cuisses et qu'il s'insère en lui sans rien dire. C'était la routine. Ce qui l'était moins, c'était l'endroit ! Il se montrait un tantinet plus discret dans ses ébats extra-conjugaux d'ordinaire, mais la vue d'Erik invincible l'avait rendu plus hardi. Shaw ne voulait pas attendre, il voulait satisfaire sa pulsion dans la seconde ! Il voulait sentir Charles contre son corps et il voulait libérer ce qu'il avait en lui.


Charles descendit peu après dans le ludus pour récupérer un Erik lavé et parfumé. Quant Erik posa son regard d'acier sur le corps de Charles, il sut. Il sut ce qu'il venait de se passer, il serra la mâchoire. Il suivit la démarcha souple du brun et attendit d'être à un croisement pour lui adresser rapidement quelques mots loin des oreilles des gardes qui les encadraient.

- Charles, est-ce que ça va ?

- Je n'ai pas à me plaindre, cela a été rapide.

Ce n'était pas la réponse qu'attendait Erik. Il brûlait de le serrer contre lui, de chasser la souillure qu'il venait de subir, de lui montrer ce que c'était que d'être avec lui.

- Tu t'es bien battu, dit alors Charles dans un sourire sans cesser de marcher. Tu m'as impressionné.

Erik sourit à son tour, mais cela ne chassa pas de son esprit ce qui venait de se produire. Il serrait les dents et les poings pour s'empêcher de saisir Charles par la taille et de l'embrasser. Il résistait du mieux qu'il le pouvait à cette pulsion. Rapidement ils arrivèrent devant leur Dominus qui croquait avec régale dans une datte bien fraîche.

- Ah ! Mon putain de Dieu Gladiateur ! s'écria Shaw en crachant le noyau de son fruit au sol avant de saisir Erik par les épaules.

- Dominus, répondit poliment Erik toujours sous le coup de la fatigue de son exploit mais surtout de la rage venimeuse qu'il commençait à développer à son égard.

- Tu m'avais caché que tu étais Mars sur terre !

- Je n'en ai pas la prétention.

- Toi non, mais moi ! Oh bordel que oui ! Oui et mille fois OUI ! Tu vas nous rapporter un beau petit paquet d'or et tout ce dont tu rêves mon cher… tout, sera à ta portée ! Tu as bien des rêves non ? Même les chats rêvent de se prélasser au soleil, alors un esclave doit bien avoir des envies ?

- … Oui, Dominus.

- Considère que j'y accèderais, dans la limite du raisonnable, si tu te montres aussi brillant à ta prochaine parution sur le sable de l'arène !

- Je le serais…

- Fantastique ! Mais pourquoi autant de retenu ! Je suis en train de te bénir comme je n'ai jamais béni aucun de mes gladiateurs et tu te montres presque froid !

- Pardonnez-moi Dominus, mais…

- Allons parles ! Ne joue pas les vierges !

- Je souhaiterais une chose difficile à obtenir.

- Ah, tu es dur en affaire… Tant que tu me jure que ce n'est pas ta putain de liberté, je peux te promettre que tu auras ce que tu souhaites : compagnie, vin, nourriture, meilleur logement, sorties en ville, recevoir des visites !

Erik fini enfin par sourire, il avait fait dire à cet homme ce qu'il souhaitait.

- Ah je vois que mon affaire te plait ! Nous sommes donc d'accord ?

- Nous le sommes Dominus.

- FANTASTIQUE ! Oh Bordel ! C'est merveilleux ! Je vais dès demain te trouver un combat qui mettre en pratiques tes nombreux talents ! Ah, tant que j'y pense… Où as-tu appris tout cela ? Tu dirigeais une petite armée dis-tu ?

- Oui… J'étais à la tête d'une petite troupe armée…

- Et tu sais te battre comme ça !

- Oui.

- Oh par la queue de Jupiter je pourrais t'embrasser Erik si tu n'étais pas si indigne de moi !

Shaw pour montrer à nouveau son enthousiasme donna une large accolade dans le dos d'Erik. Charles, qui n'avait pas bougé, les oreilles tendues, la gorge nouée, n'attendait plus qu'une chose : pouvoir discuter avec Erik, comprendre sa manœuvre.

- Bien, allez, retourne te reposer je pense que tu l'as bien mérité ! s'exclama le Dominus avant d'enchaîner : Charles !

Le brun s'approcha, les yeux au sol le visage neutre.

- Tu vas te charger toi-même de mon nouveau Champion ! Je veux que tu le masse pour détendre ses muscles et je veux que tu répondes à ses désirs comme s'il s'agissait de mes ordres ! S'il veut des femmes, tu lui en donne, à manger, tu lui fournis, du vin, tu l'abreuve !

- Bien Dominus.

Le maître attrapa Erik par l'épaule et l'attira sur la terrasse, la vue sur Rome était prodigieuse.

- Charles masse divinement bien et c'est un grand honneur que je te fais, c'est mon esclave personnel !

- J'en ai bien conscience Dominus, merci pour votre gratitude.

- Oh, la ferme, ma gratitude se paiera et je sais déjà que tu vas me combler de biens, de richesses et de bonheurs ! Et puis, regarde devant toi ! Regarde cette belle ville de Rome, cette pute, qui n'attend que toi pour la baiser avec tes exploits de guerrier ! Bientôt tout le monde connaîtra ton Nom et on le louera, les femmes crèveront d'amour pour toi et les hommes voudront être toi ! Regardes la : Rome… Elle s'étale déjà à nos pieds, comme un présage… toi et moi, on va mettre tout le monde à genoux !

Tandis que Shaw lorgnait déjà sur l'édifice qui l'attirait depuis des décennies sans avoir jamais pu y prétendre : le Sénat, Erik quant à lui avait son regard tourné, certes droit devant lui, mais il n'était nullement impressionné par cet enchevêtrement quadrillé qu'était Rome, non, lui, il guettait du coin de son œil droit, là où l'ombre de Charles se trouvait. Dans la tête du blond il n'y avait plus qu'une seule chose : il allait être seul à seul avec Charles pour un massage… Il esquissa un sourire : un « massage »…


Erik reçu deux heures plus tard la visite de Charles. Il portait une nouvelle tunique bleue saphir, retenu par une fibule sur son épaule gauche, sa taille était marquée par une tresse de cuir souple. Il n'était pas venu les mains vide, il apportait avec lui une petite jarre d'huile sèche sentant bon le romarin et le miel. Une fois que le garde, ferma la grille de fer dans le dos de Charles, il s'en alla les laissant seuls dans cet espace. Erik dévorait du regard le brun, qui n'osait pas encore relever ses yeux vers lui. Finalement c'est le blond qui fit le premier pas, il s'approcha et prit dans les mains délicates de Charles la jarre qu'il déposa contre un des murs de la pièce. Ensuite il saisit avec douceur le menton de Charles et le releva vers lui. Il voulait ses yeux, oui, les yeux d'infinis qu'avait ce jeune homme. Le brun offrit enfin son regard et il fut submergé par la décharge qu'il reçut en contemplant Erik. Ils étaient seuls à seuls, ensemble et rien ne les empêchaient, ne les retenaient, ni grilles en fer, ni chaînes, ni regards. Charles balança ses bras autour du cou d'Erik et l'embrassa sans plus se contenir. Passé la seconde de surprise, Erik sourit et reçu ce baiser et délice, l'attirant contre lui. Enfin il pouvait savourer la chaleur pleine de Charles. Il pouvait palper son corps, il pouvait le tenir tout contre lui et l'embrasser encore et encore. Il attira Charles contre l'un des murs et le plaqua pour mieux s'imprégner de lui. Ils étouffèrent l'un et l'autre les gémissements qui naissaient dans cette passion irraisonnée. Ils s'embrassaient comme si demain n'aurait pas lieu, comme si le monde pouvait brûler, eux, ils s'embrassaient. La langue chaude et possessive d'Erik caressait dans un mouvement sensuel celle de Charles, qui se donnait sans retenue. Leurs mains enfiévrées touchaient le corps de l'autre, c'était impétueux, enivrant, dangereux. Bientôt la fibule glissa de l'épaule de Charles et gagna le creux de son coude, emportant avec elle le tissu. Erik s'empara aussitôt de cette nouvelle étendue de peau qui s'offrait à lui. Il baisa le torse de Charles, capturant de ses lèvres ses tétons roses et durs. Il le sentait tressauter sous sa bouche mutine, un délice. Charles était perdu, jamais personne ne lui avait donné un tel plaisir, une telle attention, il découvrait à travers le feu d'Erik une nouvelle forme de plaisir : celui partagé. Maintenant il était évident pour l'un comme pour l'autre que leurs corps réclamaient bien plus. L'érection de Charles soulevait un pan de sa tunique de façon ostentatoire, tandis que celle d'Erik était prisonnière de la gangue de cuir, qui constituait son seul habit. Ils se regardèrent presque hagard par le tourbillon qui les possédait. Les mains de Charles défirent rapidement les liens de cuirs qui retenaient le bas ventre d'Erik et la vue de son sexe se dressant fièrement, déclencha chez lui une envie encore plus sourde. Il voulait sentir Erik en lui, il voulait gouter cette hampe, il voulait tout de lui. Erik respirait fortement, son regard gravait l'expression de désir et de plaisir farouche qui était sur le visage de Charles. Il ne sut comment, mais Charles se retrouva à son tour nu contre lui. Ils s'embrassaient à nouveaux et leurs deux érections entrèrent en contact tandis qu'ils ondulaient lascivement l'un contre l'autre. Ils n'avaient pas beaucoup de temps avant que le garde en patrouille ne fasse sa ronde devant la cellule d'Erik, huit minutes tout au plus. Huit minutes qu'ils devaient employer avec intelligence et plaisir. Charles était partagé entre l'envie de faire l'amour avec Erik durant une vie entière, et la peur sourde que son maître l'apprenne et le châtie en le privant de sa vie. Mais le désire qu'il éprouvait pour Erik dépassait tout entendement.

- L'huile, finit-il par articuler entre deux halètements contenus.

Erik comprit où voulait en venir Charles. Il saisit la petite jarre et s'enduit les mains de cette huile au parfum entêtant, ensuite il couvrit son propre sexe avec. Charles le regardait faire tout en tendant l'oreille au-dehors, aucun bruit pour l'instant. Le brun se retourna, cambra ses reins et attendit fébrilement de sentir le membre dur d'Erik. Le sexe tendu de désir d'Erik se frotta un instant le long des fesses de Charles avant que le blond ne le pousse lentement dans le corps de son amant. Charles enfonça son poing dans sa bouche pour faire taire les sons qui risquaient de survenir tant cette pénétration était à la fois délicieuse et douloureuses. La hampe d'Erik n'avait rien à voir avec celle de Shaw, la comparaison était même ridicule. Charles tremblait des pieds à la tête et son bonheur était complet tandis qu'Erik lui tournait le visage pour l'embrasser. Le frisson s'intensifia en véritable choc sismique et il lui fût tout bonnement impossible de rester une seconde de plus immobile. En s'appuyant avec les mains sur le mur Charles commença des mouvements de va et vient le long du sexe d'Erik. Le blond d'une main retint les hanches souples et blanches de Charles et de l'autre il empoigna le membre turgescent du brun. Charles hoqueta, tandis qu'Erik donnait le rythme, tout en le branlant. Non, jamais Charles n'avait reçu un tel traitement. Erik prenait en compte le plaisir de Charles avant le sien. Ils essayaient de ne faire aucun bruit, mais lorsque deux corps s'entrechoquent de plus en plus rapidement, avec des souffles courts et des baisers volés, c'était plus compliqué. Ils leur semblaient qu'ils faisaient un vacarme à faire sortir Hadès des Enfers. Mais c'était impossible pour eux de s'arrêter, non, ils étaient allé trop loin, il leur fallait aller jusqu'au bout. Erik se mordait la langue pour ne pas rugir de plaisir tant posséder Charles dépassait ses espérances. Le corps souple, pâle, étroit et conçu pour l'amour du brun comblait Erik au-delà de tout ce qu'il c'était imaginé. Mais le temps filait à toute allure, ils devaient aller encore plus vite, jouir et jouir dans le silence. Erik frappait plus fort, Charles se cambrait à outrance. La délivrance n'était plus loin, déjà au loin on pouvait entendre les sandales d'un garde qui approchait. L'urgence rendait la situation à la fois plus érotique et plus interdite. Soudain l'orgasme foudroya Charles, qui ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Il tremblait, son jet blanchâtre maculant le mur. Erik sentant le corps de son amant convulser sous l'effet du plaisir ne tarda pas à le rejoindre.

Le garde passa devant la cellule. Erik était allongé sur sa paillasse, le dos offert aux bons soins des mains d'un Charles ayant retrouvé ses vêtements. Le brun massait, le blond gardait les yeux fermés, allongé sur son ventre, cachant la fin d'érection aux yeux du garde, qui ne fit que passer. Une fois qu'il fut suffisamment éloigné, Erik se retourna vers le brun, il lui souriait, les joues rouges, le souffle encore court.

- On peut dire que c'était moins une…

- Les Dieux nous ont aidés, murmura Charles en enduisant un peu plus ses mains avec l'huile.

- Je ne crois pas en tes Dieux…

- Tu devrais, car grâce à eux, nous avons pu nous retrouver ici.

- Alors béni soient-ils, parce que je jure au nom de ma mère, que jamais je n'ai connu pareil bonheur, que celui de d'avoir contre moi.

Les yeux bleus de Charles brillèrent, puis doucement il se pencha sur la bouche d'Erik et l'embrassa avec une tendresse nouvelle. Lèvres à lèvres, il chuchota :

- Et moi je n'avais pas encore appris ce que voulait dire : faire l'amour.

Erik offrit à son tour un sourire plein dévoilant ses dents.

- Maintenant allonges-toi correctement que je masse ton dos. Tu en as grandement besoin, tu es tout noué, comme si tu étais de la pierre.

Erik obéis sans rien ajouter, il laissa les doigts de Charles caresser sa peau, exercer des pressions sur son corps et défaire un à un ses nœuds. L'un et l'autre profitait de cet instant comme des caresses post sexe. Charles se dévouait à Erik, il venait de lui offrir plus qu'il ne l'aurait cru possible.

Lorsque le temps, qui était imparti à son massage, fût révolu le garde se présenta à la grille et l'ouvrit. Charles se releva emportant la jarre et les yeux fiché dans le sol. Erik le regarda partir. Ils n'avaient plus rien dit, les mots, de toutes manières, ne serviraient plus à rien. Erik se sentait détendu, heureux, la poitrine gonflée d'espoir, oui l'avenir était possible et cet avenir comportait Charles. Il ferma les yeux et respira profondément, comme un homme repus de plaisir. Ces instants volés, désormais, avaient le doux parfum de l'huile, du romarin et du miel. Le plus doux et enivrant parfum qu'Erik n'ait jamais connu.


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