Disclamer : Ces personnages ne sont pas à moi…

Genre : yaoi, angst…

Note : merci pour toutes vos reviews. Je suis vraiment heureuse de savoir que cette fic vous plaît. Et j'espère que ce chapitre ne vous décevra pas. Gros bisous à tout le monde.

Sacrifice myself for you

Trowa regarda avec amusement la silhouette familière entrer dans sa boutique et il lâcha aussitôt ce qu'il était en train de ranger pour se rapprocher du jeune homme.

- Heero ! Comment ça va aujourd'hui ?

Le jeune homme parut un instant déstabilisé, mais il se reprit bien vite et le sourire qu'il lui offrit aurait fait craquer n'importe qui… D'ailleurs Trowa ne résista pas longtemps et il fit aussitôt la réponse à sa propre question :

- Je vois que tu es en pleine forme ! Ca me fait plaisir. Tu veux quoi aujourd'hui ?

Comme tous les jours Trowa… C'est toi que je viens chercher ici… Uniquement toi. Ton sourire, tes gestes délicats, ton assurance et ta gentillesse. C'est tout que je viens chercher. Parce que je ne peux plus m'en passer pour vivre.

Mais si Heero aurait réellement voulu dire ça, il se contenta de demander quelques fruits afin de faire une tarte, et le petit sourire en coin de Trowa lui mit du baume au cœur.

- Tu cuisines ? C'est rare pour un homme…

- Je suis fils unique alors il a bien fallu que j'apprenne à me débrouiller dans un peu tous les domaines.

- Oui je vois… Remarque moi aussi, avec Duo et…

Remarquant soudain qu'il allait parler de son père, le brun se reprit aussitôt et ajouta un peu précipitamment :

- Oui enfin comme je dois m'occuper de Duo, j'ai aussi dû apprendre à me débrouiller.

Heureusement Heero ne semblait pas avoir remarqué sa gêne et il continuait de lui sourire doucement, pas le moins du monde intrigué par sa phrase restée en suspens, ce qui rassura Trowa. Il détestait déballer sa vie à des inconnus et même si le japonais ne l'était plus tout à fait, il n'avait pas pour autant envie de lui parler de ses problèmes familiaux. Tout cela ne regardait que lui et Duo.

Il remplit un sac de pommes et alla le peser, avant de se tourner vers le jeune japonais :

- Ce sera tout ?

Le regard d'Heero ne l'avait quitté un seul instant et il s'approcha en acquiesça silencieusement, apparemment perdu dans ses pensées.

Trowa appréciait vraiment sa présence : le jeune homme était calme, assuré et avait cette part de gentillesse timide en lui qui le touchait sincèrement. Il ne ressemblait à aucun autre homme qu'il ait pu connaître et le brun aimait cela. Quand Heero était là, il se désintéressait des autres clients pour ne s'occuper que de lui, sans vraiment comprendre l'étrange sentiment qui le poussait vers le jeune homme.

Heero était comme un aimant pour lui et Trowa ne s'était encore rendu compte de leur attitude commune : au fil des jours, au fur et à mesure que les jours passaient et que Heero revenait dans la boutique, la distance entre eux avait largement diminuée. C'était comme si tous les deux tentaient de se rapprocher et, ne trouvant pas les mots pour l'exprimer, laissaient leurs corps parler. Heero était beaucoup plus souriant avec lui, et ne réservait ce sourire délicieux qu'à lui seul. Dés qu'un client rentrait, il se refermait sur lui-même et la différence était visible. Quant à Trowa, il se sentait beaucoup plus détendu avec le japonais, comme si le jeune homme avait le don de lui faire oublier tous ses soucis.

Ils étaient rapidement devenus amis et leurs cœurs savaient déjà que l'amitié n'était pas le seul lien qui les unissait. Mais leurs esprits refusaient d'écouter pour l'instant et ils se complaisaient dans cette situation.

Trowa pesa les pommes et lui indiqua le prix, tendant juste la main quand Heero lui donna un billet pour régler. Il lui rendit la monnaie et le japonais se pencha sur la caisse pour récupérer les fruits.

L'espace d'un instant, leurs regards se croisèrent et Trowa ne pu s'empêcher de frissonner. Heero était si prés… Si beau… Si… différent de tout ce qu'il avait connu. Il n'était pas fragile comme son jeune frère ou son père, au contraire il émanait de lui une force contre laquelle le jeune homme avait envie de se lover. Une force protectrice… Pour la première fois de sa vie, Trowa songea que cet homme-là serait capable de le protéger. Lui et lui seul.

Bizarrement, le temps sembla également s'arrêter pour Heero et, trop prés de cette bouche à laquelle il rêvait depuis plus d'un mois, il n'hésita pas l'ombre d'un instant et la captura tendrement.

Stupéfait, Trowa en garda les yeux ouverts mais son esprit tout entier s'abandonna au baiser et il aurait aimé que cela ne s'arrête jamais. Cependant, le japonais dut prendre conscience de ce qu'il était en train de faire car il s'arrêta brusquement et s'écarta, le feu aux joues

- Pa… Pardon Trowa. Je suis désolé.

Le brun n'eut même pas le temps de répondre que le jeune japonais s'enfuit de la boutique, son sac de pommes à la main, courant presque dés qu'il fut dehors.

Attendri, le jeune homme s'appuya contre sa caisse en souriant, son cœur battant doucement dans sa poitrine.

- Tu n'as rien à te faire pardonner Heero…, murmura Trowa, le sourire aux lèvres.

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….

Ce soir-là, en rentrant chez lui, Trowa avait le cœur léger et l'esprit ailleurs. Il avait adoré rêvasser toute l'après-midi dans sa boutique en pensant à Heero. Ces instants n'avaient appartenu qu'à lui et il avait retardé le plus longtemps possible le moment où il avait dû rentrer.

Il savait que chez lui, il n'aurait plus le temps de rêver, plus le temps de laisser son cœur s'affoler gentiment au souvenir du japonais. Il allait devoir se battre, comme tous les soirs, s'entourer de cette carapace qui ne le quittait plus depuis longtemps pour affronter son père, et il devrait protéger Duo. Il haïssait cette situation mais il n'avait pas le choix. Malgré son travail à l'épicerie, il ne gagnait pas suffisamment pour prendre un appartement seul en ville avec Duo. Et puis… Treize était son père, malgré toutes les horreurs qu'il avait faites, il restait l'homme avec qui il partageait le même sang et quelque part, Trowa respectait encore ce lien, suffisamment pour aider son père dans sa détresse.

L'homme était fou de puis longtemps… Depuis que la mère de Duo était morte en fait. Il n'avait pas supporté son départ et avait tout mis sur le dos du jeune enfant qui n'était pas le sien, s'accrochant avec désespoir à son seul fils. Et Trowa était trop généreux pour partir et l'abandonner à son sort. Il savait que l'homme n'hésiterait pas une minute à se suicider si c'était le cas et le brun ne pourrait jamais vivre avec cela sur la conscience…

Il ouvrit la porte et écouta attentivement le silence qui nimbait la maison toute entière. Le bruit d'un verre qu'on repose indiqua à Trowa la présence de Treize dans la cuisine. Il devait sûrement être en train de se saouler.

Le brun se dirigea rapidement vers la chambre de Duo à l'étage et il frappa discrètement à sa porte avant de la pousser. Le natté était allongé sur son lit et rêvassait.

Surpris, Trowa s'approcha et passa affectueusement sa main dans ses cheveux en disant :

- Alors Duo, ça va ?

- Oui. Je suis monté directement quand je suis rentré. Tout allait bien.

- D'accord. L'école, ça va aussi ?

Le natté sourit : depuis toujours Trowa le maternait ainsi mais il aimait bien cela. En fait, la vie lui aurait paru insupportable sans le brun… Il se tourna sur le côté, continuant de regarder son grand frère et il sourit doucement :

- Très bien. En fait… Je crois que je suis amoureux.

Les yeux de Trowa s'écarquillèrent et il eut un magnifique sourire avant de se pencher pour écouter les confidences de son jeune frère.

- Fantastique Duo ! Je suis super heureux pour toi !

- Merci… C'est un ami que je connais depuis la rentrée et… C'est vraiment un chic type.

- Et tu lui as dit ce que tu ressentais ?

- En fait… Je crois que c'est réciproque.

- Huum. Tu sais, dans ces situations-là, il vaut mieux vérifier que se contenter de croire Duo.

Le natté eut une petite moue adorable et il demanda, légèrement inquiet :

- Tu crois que je devrais aller le voir ?

- Oui, c'est ce que tu as de mieux à faire petit frère ! Dis-lui ce que tu as sur le cœur et tu verras bien ce qui se passera. En tout cas je suis vraiment heureux pour toi.

- Merci Tro'.

Mais au regard de son frère, Duo comprit qu'il y avait autre chose et il fronça les sourcils, un peu amusé :

- Mais… Et toi ? Tu sembles bien joyeux ?

Trowa rit doucement avant de répondre avec un grand sourire :

- Moi aussi… Je crois que je suis amoureux….

- Whaaa génial Tro !!!

Duo se redressa aussitôt sur son lit, les yeux pétillants de joie et il s'exclama :

- Dis-moi tout ! Je veux tout savoir !!!

Joyeux son frère allait lui répondre quand la voix grave de Treize retentit soudain :

- DUO !!!! VIENS ICI !!!

Le natté se figea, tétanisé et Trowa réagit aussitôt, se relevant pour poser une main sur son épaule :

- Calme-toi. J'y vais.

Mais son petit frère attrapa son poignet et le supplia du regard :

- Nooon… Trowa… Je ne veux pas que tu te sacrifies pour moi.

- C'est rien petit frère… Ce n'est rien…, répondit Trowa avec un petit sourire triste, et après lui avoir donné une petite caresse sur la joue, il sortit de la chambre rejoindre son père.

Il descendit lentement les escaliers et son père surgit soudain pour l'attraper par le col et lui donner une gifle violente. Sa tête partit sur le côté et Trowa se mordit la joue sous l'impact, avant d'être rudement secoué par son père :

- Il n'y a plus d'alcool ici !!! Où l'as-tu mis ??? OU ??? Bordel Trowa, si tu ne réponds pas…

Le brun reçut un nouveau coup qui l'envoya au sol et il se reprit immédiatement pour filer en courant jusqu'à la cuisine, où il ouvrit en tremblant le petit placard où se trouvait les casseroles. Et il sortit d'une de ses cachettes connues de lui seul une bouteille qu'il tendit aussitôt à son père qui débarquait, fou furieux.

Treize l'attrapa sans ménagement avant de hurler, apparemment peu décidé à se calmer :

- C'est encore ce petit connard de Duo qui les planque ! J'en suis sûr ! Il veut ma mort !

- Non Papa, je te jure. Duo n'y est pour rien…

Lentement Trowa se rapprocha de lui et passa doucement ses bras autour du corps de son père, essayant de l'amadouer comme toujours par la douceur, afin qu'il n'aille pas s'en prendre à son frère.

- Mouais… Heureusement que tu es là Trowa… Mon fils…

- Oui Papa…

Treize alla s'asseoir et, attrapant le corps mince de son fils par la taille, il grogna :

- Déshabille-toi. Dépêche-toi…

Et alors qu'il avalait une autre rasade de vin, Trowa obéit comme toujours en soupirant.

Du moment que Duo allait bien… Le reste ne comptait pas.

A suivre