III

Ils avaient finalement optés pour la solution la plus simple : la balancer du haut du deuxième étage, faire croire à une mauvaise chute, mettre toutes les blessures dans le même panier.

Trudy s'en était miraculeusement sortie. Mieux : Near s'était faire gronder, car c'était lui qui était chargé de la surveiller.

Mello était heureux, Near un peu moins.

Les cours avaient repris. La fille était installée tout au fond. Elle ne bougeait pas. Et tout ce qui restait de ses blessures était un bandage bien serré au niveau du front.

Bien sûr, de temps en temps, se produisait des miracles : Comme par exemple ce jour-là :

Near venait de se lever. Il se dirigeait vers la salle de bain, ses habits sous la main. Habits qui ne se différenciait nullement de son pyjama, mais c'était ses habits.

Trudy ouvrit les yeux.

Il manquait quelques chose : Il manquait l'essentiel !

Near, la présence qu'elle avait ressentie depuis tout ces jours avait disparue.

Des larmes virent aux yeux de la fillette qui se sentie délaissée.

-« I…I… Ear…. Ear… EAR!! »

Elle s'était mise à hurler.

Linda, qui dormait dans la chambre d'à côté, se dit qu'il faudrait prévenir quelqu'un, que si cette fille continuait à hurler, elle allait réveiller tout le monde.

Elle entra en trombe dans une chambre :

-« Mello ? »

Une voix lui répondit, derrière le lit :

-« 'Lé pas là ! Il est dans la douche. »

-« Matt ! T'a qu'à aller lui dire que la gamine Near N°2 pleure, qu'elle appelle Near et qu'il faudrait que quelqu'un s'occupe d'elle. »

Alors que Matt s'apprêtait à lui lancer une réplique du genre : 'Fait-le toi-même, je suis occupé', Linda était déjà allée se recoucher.

Matt vociféra quelques insultes, qui étaient plus adressées au sort qui l'empêchait de jouer convenablement sa partie qu'à Linda.

Il passa devant la chambre.

'EAAAR !'

Oui, elle pleurait bien.

Avec un haussement d'épaule, il se dirigea vers les douches.

Là, il vit Mello, tordu en deux, se roulant sur le sol. Juste à côté, Near était en train de reprendre sa douche, retirant le poil à gratter que Mello avait placé lors de sa première rincette.

-« Matt…Ma…At… 'Faut que tu voit ça ! Et j'en ai encore remis ! Il va les remettre ! »

-« Heu… Mello, navré de gâcher ta joie, mais y a la blanche qui appelle Near en pleurant… »

Mello releva la tête, son rire stoppé net :

-« Et alors ? »

-« Nan, rien. »

'Bip-bip'

Matt venais se replonger dans sa advence, qu'il avait mise au fond de sa poche.

Lorsque Near avait finalement décidé de laver ses vêtements avec lui sous la douche, pour éviter une ration supplémentaire du poil qu'il avait si gentiment donné comme idée à Mello, il se rendit compte que sa copie savait dire son nom. En effet, elle était en train d'hurler

-« Neeeaaaarr !! »

Lorsque notre chère tête blanche avait fait son apparition.

Lorsqu'elle le vit, elle lui sauta dans les bras, se trempant elle-même au passage. Elle le serra si fort que Near crût qu'il allait mourir étouffer.

Mais un des souhaits les plus chers de Mello ne se réalisât tout de même pas, car elle le lâcha pour l'entraîner à un puzzle.

Trudy, avait vue Near s'amuser avec un puzzle, elle en avait conclu que c'était ce qui le faisait tenir dans cette chambre. C'était une façon à elle de le garder pour soi, de s'assurer qu'il ne partirait plus.

Quelques jours plus tard, la Wammy's avait décidée de s'occuper de cas de la petite Trudy.

Roger l'avait installé dans son bureau, un stylo à la main et une feuille devant elle.

Naturellement, la petite ne s'était pas laissée faire. Et il n'avait réussi à la traîner de force dans son bureau qu'à la condition que Near y était.

Il les avait donc laissé là, et était sortit, faire le tour de l'école.

Quelques minutes plus tard, Near releva la tête de son puzzle. La gamine de 5ans avait commencée à griffonner sur la feuille. Il se leva et, ébahi, tenta de réprimer un sursaut. Elle était en train d'écrire :

« Cela fait bientôt un mois que je suis ici. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être parce que mes parents son morts. Je m'en contrefiche, je les détestais. Est-ce qu'ils savent que c'est moi qui les ait tuées ? Ca n'a pas l'air… »

Elle posa le crayon quelques secondes, puis se remit à écrire :

« Near. Ca te plait ce que j'écris ? Tu dois avoir peur, maintenant ? Tu me croyais folle, bizarre, renfermée ?

Si j'ai fait croire cela, c'est parce que je n'ai pas envie de parler. Mais je suis quand même contente que tu sois ici. Tu me manques, quand tu es absent. »

Elle posa à nouveau le crayon et sourit.

Une main se posa sur l'épaule de Near.

-« Near ? Tu t'es endormi ? »

Le blanc ouvrit les yeux. Il se trouvait dans le bureau de Roger, devant son puzzle.

Il avait fait un cauchemar, juste un cauchemar.

-« Et la fille ? Elle n'a rien écrit ? »

Roger eu un air triste :

-« Non, elle s'est contentée de faire quelques dessins. Nous comptons la mettre tout de même en cour. »

.

Le lendemain, en cour.

Mello jeta un regard sur le machin blanc. Il n'avait jamais été aussi sûr de lui. Cette fois, il aurait la meilleure note, cette fois-ci, le blanc en aurait plein la gueule !

Il sourit. La prof venait de lui rendre sa copie. 19,5 !

Son regard retourna sur sa tête de turc.

-« Near, félicitation, 20/20 »

Mello déchira rageusement sa feuille. Quel salop !

-« Et toi, Trudy, pour ta première interrogation de ta scolarité, 20/20, plus la présentation. »

Near lança un regard ébahi à la gamine.

Matt, à côté, explosa de rire. Ce qui lui valu un regard noir de Mello, avant qu'il ne comprenne que Near allait être mis en boule.

Mais en dehors de ça, Mello compris qu'il était désormais troisième. Il hurla un 'connasse' à travers la classe. Résultat : Heures de colle.

En rentrant, Near regardât sa colocataire. Comment avait-elle pût avoir autant ? Elle qui ne savait même pas écrire ?

Il lui prit la feuille des mains.

Elle avait maquée les réponses d'une écriture calligraphiée ! Comme dans ce stupide rêve qu'il avait fait, la dernière fois ! Elle écrivait très bien.

D'où pouvait t'elle tenir ces connaissance ?

TapTap. Bip-Bip.

Le duo était revenu. Near se leva et sortit de la chambre, ce n'était pas pour lui que Mello venait, cette fois, et il ne voulait pas s'en mêler.

Mello entra dans la pièce, ne regardant même pas Near :

-« Comment t'as pût être meilleure que moi ? »

Il poussa Trudy par terre.

Il se pencha sur elle :

-« Comment ta pût surpasser ce crétin ? »

-« Je l'ai faite, c'est tout ! »

Il écarquillât les yeux. La gamine venait de lui cracher ses mots emplis de colère au visage.

Son sourire réapparut.

-« Alors, tu parles ? »

-« Pas pour toi ! »

-« Pourquoi ? Tu préfères la boule de neige ? »

-« Tu est lourd ! »

-« Tu l'es aussi, ma belle, même énervante ! Tu sais qu'ont te crois tous attardée ? »

Des larmes vinrent dans les yeux de la gamine.

-« J'men fous. » dit-elle d'une voix étranglée.

Matt s'approcha d'elle.

-« Pourquoi tu t'es faite passée pour autiste ? »

-« Je… Je voulais pas qu'ont sache… »

-« Qu'ont sache quoi ? »

Elle se mit à pleurer.

-« Putain ! Matt ! Dégage ! »

'Bip, Bip'

Matt venait de s'éloigner. Il rentrait sûrement dans sa chambre.

-« Vas-t'en aussi ! Je veux pas te voir ! »

Mello émit un rire moqueur.

-« Bientôt, tout le monde saura que t'es normal ! »

-« Qui vas te croire ? »

Mello grimaça. Réponse ? Personne ne le croirait. Comme personne ne la crût lorsqu'il avait balancé un saut d'eau sur Near et l'avait accusé d'être incontinent.