Titre : Curses Feigned
Auteur : Splitpea
Traductrice : Cécilinou
Beta : miamdetout
Rating : M (pour langage et lime)
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Curses Feigned
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Tôt un matin, Albus avait été appelé de la chambre de Harry pour assister à une réunion sur la sécurité de Poudlard. Il avait suggéré à Severus d'assister également à la réunion. Severus n'avait rien répondu. Il n'avait pas bougé non plus. Après un autre duel de regards, Albus quitta la pièce.
« Je suis le seul à te faire perdre tes duels de regards. »
« Les duels de regards, c'est peu de choses, mon laboratoire de potions, ma vie privée... J'ai tendance à perdre beaucoup de choses pour toi, Potter. »
« … ton cœur ?
« Pardon ? » Severus ne regardait pas vraiment Harry, mais il se contracta à ces mots.
« Désolé, je suppose que c'était trop mièvre. J'ai juste... Je ne sais pas. »
« Sais-tu à quoi j'ai pensé quand tu as dit que cet article dans la Gazette du Sorcier était vrai ? »
« À quoi ? »
« Je me suis dit que tu n'étais pas vraiment celui que je pensais que tu étais. »
« Que disait l'article ? »
« C'était une interview d'un célèbre joueur de Quidditch qui disait que vous vous étiez rencontrés à une fête et que tu t'étais offert à lui comme un fan. Pas comme un amant, un petit ami ou un futur mari, mais comme une vulgaire groupie gloussante. Je savais que ce n'était pas vrai. Ensuite... tu as dit que ça l'était. Wow, ça m'a réellement blessé. »
« Je suis vraiment la seule personne qui puisse te faire dire 'Wow', hein ? »
« Veux-tu cesser de nourrir l'ego que tu prétends ne pas avoir et m'écouter ? »
Harry eut un petit rire et tapota le bord du lit, invitant Severus à s'asseoir. Quand l'homme le fit, il l'attira dans une étreinte et ne le lâcha plus. « Quelle était ton opinion à mon sujet ? »
« Je pensais que tu étais du genre à vouloir fonder une famille, dans le futur. Je supposais que tu étais vierge parce que tu attendais quelqu'un qui serait tout pour toi. Je respectais cela. »
« Et tu as l'espoir d'être celui-là ? » murmura Harry contre la joue Severus.
« Bien sûr que non. »
Harry s'écarta de lui, les yeux grands ouverts et angoissé. « Quoi ? Qu'est-ce que... Je pensais que ce que nous ... »
« Une personne avec une vie comme la mienne apprend à ne jamais espérer. Je n'aurais jamais nourri l'idée d'être avec toi, peu importe combien de fois ce fantasme a essayé de faire son chemin dans ma tête. C'était improbable. Ça l'est toujours. »
« Donc, ce regard sur ton visage quand je t'ai dit que l'article disait la vérité... » Harry s'arrêta un instant, « tu étais décidé à ne jamais essayer d'être avec moi ? »
« Je n'avais jamais pensé 'être avec toi'. J'étais décidé à te jeter dehors, rapidement. Si tu voulais un sportif narcissique, je t'aurais laissé aller vivre dans une de ses chambres d'hôte. »
« Tu étais jaloux ! » dit Harry avec enthousiasme. Il pressa Severus contre lui et, bien que l'homme ne l'étreigne pas en retour, le corps détendu dans ses bras n'essayait visiblement pas de s'éloigner. « Quoi alors ? Tu m'as laissé rester pour que les elfes puissent prendre des photos de moi sous la douche ? »
« Je t'ai laissé rester pour que tu n'ailles pas pleurnicher chez Albus et que j'y sois de toute façon contraint. Je voulais me débarrasser de toi parce que... j'étais jaloux. Si jamais il était venu te rendre visite, je lui aurais directement jeté un sort. »
« Pour me sauver d'être avec une brute ? » demanda Harry, en roulant au-dessus de Severus, qui le regarda avec un sourire arrogant et un sourcil relevé.
« Je t'aurais ensorcelé avec lui, petite groupie pleurnicheuse. » coupa Severus alors qu'il se dégageait de l'étreinte de Harry et se replaçait sur son côté du minuscule lit.
« Peut-être pourrais-tu me voler un baiser, d'abord ? » Harry fut de retour sur le plus âgé en un éclair, déposant un délicat baiser sur le bout du nez anormalement grand de son ex-professeur.
« Un baiser d'une chair innocente ? Je ne crois pas. » Severus, une fois de plus, repoussa Harry et s'assit, en espérant empêcher le garçon de grimper à nouveau sur lui.
« Donc tu as vraiment quelque chose avec les vierges rougissantes ? » demanda Harry, en respirant sur la cuisse de Severus à travers le mince tissu noir de son pantalon.
Severus frissonna et plaça un oreiller entre lui et Harry. « Je refuse d'entrer dans cette conversation, encore une fois. »
Harry jeta l'oreiller à travers la chambre, saisit les deux poignets de Severus et encercla ses jambes autour de la taille de l'homme. Tout en dévorant son cou de baisers, Harry commença son assaut.
« Éloigne-toi de moi, Potter ! Ce n'est pas drôle. Je le veux aussi. MERLIN SAIT A QUEL POINT JE LE VEUX ! Mais je ne peux pas. Nous ne POUVONS PAS faire l'amour. »
« Et si je te violais ? » dit Harry avec un regard furieux, serrant sa prise sur les poignets du Maître des potions.
« Espèce d'IMBECILE ! Le sexe n'est pas la chose la plus importante dans la vie d'un homme. »
« Mais c'est le début de la vie ! » dit-il tragiquement alors qu'il lâchait Severus et se laissait tomber dans ses bras.
« Potter... Désolé de t'en informer, mais cela ne fonctionne que pour les couples hétérosexuels... » répliqua Severus en posant son menton sur l'épaule de Harry tout en frottant le dos du garçon.
« Je ne parle pas de grossesse ! Je te parle de mon corps, de mes désirs et de moi-même. Je te parle de connaître qui je suis et ce que je peux faire. »
« Tu donnes trop d'importance au sexe. Rien ne changera une fois que tu auras perdu ta virginité. C'est juste un acte. Tu fais de toi qui tu es. »
« Mais ça modifie ma magie. Brise mes limites. Je suis un sorcier ! »
« ... Et je dois te protéger. Nous ne pouvons pas. »
« Severus, je peux le faire. Je peux arrêter Lucius ! Je peux me battre contre les Mangemorts jusqu'à la mort sans ce stupide orbe bleu ! S'il te plaît, fais-le. »
Une goutte salée, qui apparut sur l'épaule de Severus avant de disparaître dans sa chemise, lui indiqua que Harry pleurait. « Shhhhhh... » Il consola le jeune homme quand les sanglots commencèrent. Il était assis là, le berçant. Puis au bout d'un moment, ils s'endormirent. Les jambes de Harry étaient toujours autour de la taille de Severus et les bras de ce dernier entouraient encore les épaules du jeune homme. Ce fut une chance que personne ne vienne et ne les voit dans une position aussi intime, aucun d'eux n'ayant fermé la porte ou scellé les fenêtres.
Finalement, Harry tenta sa chance encore une fois pour forcer Severus à céder. Cette fois, avec moins de force. Il resta sur les genoux de l'homme et étreignit de ses bras le corps qui était resté là dans le seul but de l'empêcher de pleurer. Ses lèvres effleurèrent légèrement un lobe d'oreille avant de le prendre en bouche. Il se délecta de la chair molle contre sa langue comme s'il s'agissait d'une délicate sucrerie, qui en fondant révélait de nouvelles saveurs.
« Harry, s'il te plaît, il ne faut pas. » dit Severus, alors qu'il se réveillait lentement d'un rêve totalement innocent qui s'était soudainement transformé en rêve érotique à cause des encouragements de Harry.
Harry ne lui répondit pas verbalement. La façon dont ses doigts peignèrent les cheveux de Severus, inclina la tête du plus âgé pour exposer le haut de son cou à la dégustation, indiqua qu'il ne voulait pas se calmer ni s'arrêter. Severus essaya de se rappeler les mots d'Albus. Quelque chose à propos de tentation. Oh douce, douce tentation. Il céda trop facilement une fois attiré en arrière de manière à ce que leurs corps soient couchés, l'un sur l'autre.
À ce moment-là, Harry ne fut que baisers enfiévrés, pincements, coups de langue, succions sur le visage de son amant. Severus, toujours professeur, éloigna la tête de Harry de la sienne et l'agrippa fermement près de lui de ses deux paumes pressées de chaque côté de ses joues. Cette position freina toute autre tentative de grignotage de la peau de son visage.
« Potter... Que penses-tu que soit le sexe ? »
« ... du fun ? » dit nerveusement Harry en baissant la tête devant un Severus qui ne semblait guère amusé d'être mordillé presque à mort. Était-ce... un suçon sur son nez ?
« Tu me le demandes ? » l'accusa l'homme, ses narines légèrement frémissantes. Harry avait dû lui avoir réduit son nez. Cela faisait atrocement mal.
« Je veux dire, je n'ai jamais eu d'expérience plaisante concernant ce qui entrait dans mon cul. » lui répondit le jeune homme en rougissant doucement. Oh, Merlin. Il y avait vraiment un gros suçon rouge sur le bout du nez de Snape.
« Quoi ? »
« Quoi ? »
« Tu donnes l'impression que des tas de choses se perdent et se baladent dans tes fesses tous les jours ! »
« Je... enfin... mesdoigts. »
« Excuse-moi, mais... Qu'est-ce que tu viens de juste de dire ? »
« Mes doigts. »
« Tes doigts ! »
« Oui ! » dit précipitamment Harry en fermant les yeux et en rougissant suffisamment pour chauffer les mains de Snape.
« Peut-être devrais-tu commencer par quelque chose de plus petit, d'un peu plus lubrifié et... d'un peu plus expérimenté. » proposa l'homme, alors qu'il faisait glisser ses deux mains du visage du garçon vers le bas pour défaire les boutons du vêtement d'hôpital bleu clair.
« Tu es plus petit que mes doigts ? » Harry était étonné.
« Quoi ? » Severus s'arrêta sur le dernier bouton. Il n'avait aucune idée de ce dont le garçon parlait, parce que deux boutons de chair brune étaient désormais exposés et il était émerveillé car il les avait toujours imaginés rose.
« Tu... Ton... » Harry déglutit un peu et glissa le long des jambes de Severus jusqu'à atteindre l'entrejambe de son aîné.
« BIEN SÛR QUE NON ! » s'écria Severus en éloignant Harry de lui et en commençant à invoquer un sort de silence et des charmes de verrouillage. « Enlève ton foutu pantalon et ferme-la, Harry ! »
Harry était rouge comme une tomate, mais toujours amusé. Il finit par ôter sa chemise et retirer rapidement le pantalon, les jetant à travers la pièce, bientôt suivis de son sous-vêtement.
Harry étira son corps, absolument ravi plutôt qu'embarrassé par sa nudité devant un Severus Snape encore entièrement habillé. Le plus vieux sourit au corps alangui sur l'un des lits d'hôpitaux de Madame Pomfresh. Oh, c'est vrai. Ils n'étaient pas censés faire quoi que ce soit dans un endroit pareil. Il sourit. C'était encore meilleur.
Alors, plein d'énergie et déjà excité, le corps de Harry stupéfia le Maître des Potions. Il avait vu des corps sculptés en marbre avec moins d'éclat et de douceur. Il avait vu des statues d'or qui n'étaient pas aussi brillantes et précieuses. Ne pouvant plus cacher ses véritables sentiments à Harry, sa bouche dessina un sourire alors qu'un regard rempli d'amour contemplait la chair rougissante et que de doux doigts glissaient vers l'intérieur des cuisses du garçon.
« Je continue de penser à toi comme à un garçon. » murmura-t-il tandis que ses doigts évitèrent l'érection suintante et continuèrent jusqu'au torse de Harry. « Mais tu es un homme. Un homme sauvage, vif et... innocent. »
« Je suis ton homme. » murmura Harry en inclinant sa tête en arrière, poussant son bassin en avant, les yeux fermés et la bouche ouverte.
« Oui. » ronronna Severus. « Entièrement. »
Il ne sut pas quoi penser quand Severus lui attrapa les hanches et le maintint de sorte qu'il n'ait d'autre choix que de se mettre en équilibre sur sa tête et ses mains sur le lit. Il était dans une position précaire qui l'incommodait, jusqu'à ce qu'un oreiller soit placé sous lui et que son corps ne soit retourné.
Il tourna la tête de côté pour éviter de s'étouffer dans l'oreiller et autorisa Severus à faire ce qu'il voulait. Harry apprit bientôt qu'un organe plus petit, plus lubrifié et plus expérimenté pouvait se trouver sous la forme de la langue humaine. Une cuisse sur chaque épaule, Severus se pencha légèrement en avant pour s'empêcher de tirer Harry trop loin du lit. Ses lèvres se pressèrent vers l'extérieur sur la poche sensible à la base de la virilité de son amant. Un soupir échappa au jeune homme quand Snape sortit sa langue et lécha le muscle nerveux entre les testicules de Harry, puis l'ouverture entre les deux globes beaucoup plus imposants de ses fesses.
« Ah ! » grinça Harry quand Severus, sans cérémonie, poussa au-delà de l'anneau serré de sa chair vierge dans sa chaleur amère. Il scella ses lèvres autour du pli serré, tortillant sa langue de sorte que le corps de Harry répondit involontairement.
« Oh, Merlin. » cria Harry. Les sensations étaient trop fortes pour lui. Il était sûr qu'il ne s'était jamais senti aussi bien dans sa vie et qu'à chaque instant qui passait, il mourait un peu plus de plaisir. Severus retira sa langue avec une légère succion qui donna un spasme à la cuisse droite de Harry.
« C'est insoutenable ! » s'écria Harry. Le Maître des Potions s'éloigna immédiatement.
« Tu as mal ? » demanda-t-il d'une voix inquiète.
« Non. »
« Es-tu dans une position inconfortable ? » demanda-t-il d'une voix ennuyée.
« Non. »
« Eh bien, je crois que tu le supporteras. » répliqua Severus ; les derniers mots frôlèrent l'entrée rose de Harry avant qu'il ne suce à nouveau le cercle étroit de sa langue. Poussant à gauche, à droite, en avant et en arrière dans une tentative de détendre Harry, Severus se retrouva de plus en plus excité. Le garçon... l'homme. L'homme était si serré, si passionné et si beau qu'il ne s'imaginait pas non plus tenir très longtemps. Voilà de quoi avait besoin Harry. Une agréable expérience de son propre corps ayant un orgasme, avant que Severus ne vienne lui-même dans son pantalon.
« Ah, Severus ! Merde, Severus ! MERLIN, Severus ! » furent les seuls mots que put prononcer Harry quand les coups de langue devinrent si sauvages qu'ils en étaient audibles. Une forte succion permit à la langue de Severus d'avoir un rythme rapide. Un rythme que le corps de Harry ne pourrait pas tenir plus longtemps.
Les succions et les coups de langue incessants étaient de la musique aux oreilles de Harry. Il n'avait pas réalisé qu'il était un audiophile jusqu'à maintenant. Bien sûr, ceci expliquerait les frissons de son corps lorsque Severus parlait... et le fait que ces livres pornos sorciers n'avaient pas fonctionné aussi bien que les vidéos moldues. Oh, pourquoi pensait-il à du porno maintenant ? Il y avait une langue dans son cul ! Une langue merveilleusement douce et active qui était sûre de le plonger tête la première dans le plus fol orgasme de sa vie.
Quand Severus sentit les cuisses de Harry se resserrer autour de sa tête, il retira sa langue et retourna rapidement Harry sur le dos. L'érection rose et délicate était débordante et presque violette. La poitrine du jeune homme s'élevait de haut en bas d'un souffle lourd et il jura à bout de souffle. « Putain, Severus ! Finis ! Pour l'amour de Merlin, je... »
Severus porta un doigt à ses lèvres et siffla un lent « Chhhhut... ». Le garçon se tut, mais ne put empêcher son corps de bouger. Le maître des Potions se courba et pressa sa langue sur la pointe de la hampe de Harry, pour s'imprégner de son goût et pour finir sa tâche.
Cela arriva assez vite après ça. Une fois que Severus eut encerclé deux fois la tête de l'érection avec sa langue, Harry se répandit puissamment dans la gorge de l'aîné, s'agrippant aux draps et criant une suite incohérente de sons aigus. Severus avala tout le produit de la libération de Harry, puis se coucha sur le lit à côté du garçon.
Harry était, en effet, un garçon en cet instant. Il se cramponnait à Severus comme s'il n'allait plus jamais le lâcher. Il y avait une ligne entre eux que Harry avait lui-même franchit. Il avait l'impression qu'ils ne formaient qu'un et que s'il s'accrochait assez fortement et assez longtemps, rien ne pourrait l'éloigner, jamais. Il se sentait en sécurité, satisfait, fou, mort, protégé et vivant. Il s'était déjà masturbé, avant. Il avait déjà eu des orgasmes, avant. Cette fois était différente. Peut-être pas seulement dans la façon dont c'était arrivé, mais la personne avec qui cela s'était passé. Son amour.
« Baise-moi. » dit-il, en étant sûr d'avoir voulu dire 'Je t'aime'.
« Ce n'est pas le moment pour moi, Harry. C'est mon moment pour t'adorer. »
« Baise-moi ! » insista-t-il, persuadé que cela signifiait 'Mais, je veux t'adorer moi aussi'.
« Attends au moins jusqu'à ce que tu aies récupéré. » murmura l'homme dans le creux du cou de Harry. Il se sentait trop excité, trop vivant et trop puissant. S'il faisait quoique ce soit à Harry maintenant, il n'aurait aucun contrôle sur lui-même.
« Baise-moi ! Baise-moi ! Baise-moi ! BAISE-MOI ! » cria Harry, en tirant sur les robes Severus. Il sentait du fond de son cœur que c'était ce dont il avait besoin, peu importait combien il était épuisé, peu importait combien il se sentait gêné d'être si vulgaire, peu importait combien il savait que ses mots étaient hors de contrôle et étaient dictés par son corps.
« Harry... »
« Je t'aime, nom de Dieu ! Fais-moi l'amour ! » râla-t-il, en s'écartant de Severus et en se couchant sur le dos. Il ouvrit ses yeux et regarda de côté, fixant avec insistance Severus alors qu'il commençait à se caresser lui-même.
Les yeux de Severus étaient suspendus à ses mouvements. Alors, tandis que Harry le fixait avidement, il laissa son regard dévier vers l'érection qui n'aurait pas dû retrouver sa vigueur si rapidement. Il était presque nu de toute façon face aux assauts de Harry, alors Severus enleva complètement sa chemise et commença à défaire son pantalon.
Harry observa la peau qui lui était lentement révélée. La Marque des Ténèbres était terne et sans vie, plus une brûlure guérie qu'un tatouage. C'était une ligne blanche et morne qui fit réaliser à Harry que Severus était légèrement plus bronzé qu'il ne le pensait. La peau, qu'il avait trouvée de pâle et blême quand il était enfant, était en fait assez rose et d'aspect normal. Le corps, qu'il avait pensé osseux et décharné, n'était pas trop musclé mais tout à fait normal. Il avait un peu de graisse au niveau du ventre mais beaucoup plus de muscle dans les bras et les jambes de l'homme qu'il n'aurait jamais imaginé.
Harry se demanda comment Severus avait gagné ses muscles. Au cours de duels ? En poursuivant des Poufsouffles avec un bâton ? De secrètes leçons de Quidditch ? Ou peut-être quelque chose de plus traditionnel... Lirait-il, dans dix ans, le journal sur le canapé le matin tandis que Severus ferait des abdominaux sur le plancher ? Iraient-ils au gymnase, ensemble ? Il cuisinerait des plats sains pour Severus et les lui ferait prendre...
« Qu'est-ce qui te fait sourire ? »
« Nous. »
« Qu'est-ce que cela signifie ? »
« Nous sommes tellement parfaits l'un pour l'autre. »
« Je vois que tu es capable de sortir quelque chose d'intelligent maintenant. » commenta Severus en balançant son pantalon au sol, suivi par son boxer. Rien d'excitant là dedans. Un boxer noir en coton.
« Et je vois que tu es prêt à me faire l'amour maintenant. » dit Harry avec un sourire en se rapprochant du corps de Severus, glissant ses doigts dans les boucles sombres autour de la rigide longueur de l'autre homme.
Les deux assoupis s'enlaçaient affectueusement. Les corps étaient découverts et enchevêtrés. La première chose que Harry nota à son réveil était à quel point il avait mal. Ses épaules étaient contractées. Ses cuisses étaient régulièrement secouées de spasmes. Son cul était... eh bien.
« Tu rougis. »
« Ah... vraiment ? » demanda Harry d'une petite voix.
« Tu étais si entreprenant il y a quelques heures. 'Baise' était ton mot préféré, si je me souviens. »
Harry sourit et enfouit son visage dans le torse de Severus. « J'aimerais que nous puissions rester comme ça pour toujours. »
« Est-ce que nous sommes sur le point de nager dans les clichés ? »
Le jeune homme continua de sourire en serrant son Severus plus fortement, alors qu'il comptait les secondes avant qu'ils ne soient séparés, nettoyés, habillés et obligés de faire comme s'il ne s'était rien passé.
« Très bien, bas les pattes. Nous avons un directeur à berner. »
« Tu penses qu'il nous posera des questions ? » demanda Harry qui était assis et qui commençait à lancer des sorts de nettoyage.
« Je ne serais pas surpris s'il utilisait du Veritaserum. »
Severus se leva et commença à se rhabiller. Il avait déjà passé son pyjama à Harry et lui dit de se vêtir. Harry s'exécuta immédiatement et fit également le lit. Finalement, la pièce donnait l'impression que rien ne s'y était passé. Harry s'était remis au lit et Severus s'était assis de l'autre côté de la pièce avec un journal, tous les sorts de silence levés et les portes et fenêtres débloquées. Le seul problème était qu'ils se demandaient si cela se voyait sur leurs visages.
Moins d'une heure après qu'ils soient tombés dans leur « routine », Albus revint. Heureusement Tonks, Kingsley et quelques autres membres de l'Ordre étaient avec lui. Il ne poserait pas de questions sur la virginité de Harry en face des autres. Bien sûr, 'Membre de l'Ordre' signifiait 'Réunion de l'Ordre', c'est pourquoi Harry n'était pas vraiment soulagé par leur présence.
« Nous avons essayé des sorts, des malédictions, des embuscades, des créatures et toutes sortes de manières pour capturer Lucius. Nous en sommes à notre dernier recours, maintenant. » déclara Tonks, peu après le début de la réunion qui avait rapidement tourné à la dispute.
« Je ne considère pas que l'envoi d'un Auror partiellement formé dans la bataille puisse être un 'dernier recours'. Cela a été notre premier recours et il a échoué ! »
« Aïe, Kingsley. Je suis assis ici. » grogna Harry en tirant les couvertures sur sa tête.
« Désolé Harry, mais tu dois admettre qu'il ne serait pas sage de t'envoyer affronter Lucius, encore une fois. »
« Ne sois pas absurde ! Il est protégé ! Il peut rester dans la bulle et - » commença Tonks avant d'être à nouveau interrompue par Kingsley.
« Et attendre que le bouclier s'évanouisse pour que Lucius le liquide ? Tonks, si nous ne pouvons pas le faire, ilne pourra pas l'attraper. Nous avons besoin de capturer Lucius en dehors de la bataille, quand ses défenses ne sont pas si fortes. »
« C'est là, Kingsley, où vous avez tort. » déclara sereinement Albus, mettant fin à la dispute d'une seule déclaration. Si Dumbledore disait que quelqu'un avait tort, alors il avait tort. Fin de la discussion. « Sans dire que Tonks n'ait nécessairement raison. » Poursuivit-il, faisant fondre le sourire satisfait de la femme aux cheveux violets.
« Nous ne devrions pas nous reposer si lourdement sur le bouclier. » répliqua Severus, « Si nous ne prévoyons pas une attaque, la protection ne signifie rien. »
Albus suivit Severus des yeux par dessus les montures de ses lunettes, mais ne dit rien face à sa révocation du bouclier. « Nous allons utiliser le bouclier pour donner à Harry une chance de préparer un filet magique et de se rapprocher de Lucius. Quand le bouclier retombera, il le jettera sur Lucius. »
« Lucius s'est échappé d'Azkaban par trois fois, l'année dernière. Ne me dites pas que nous allons le jeter là-dedans, encore une fois. » grommela Kingsley à l'idée d'utiliser un filet.
« Cela semble un peu ridicule. » acquiesça Severus. « Je veux dire que nous sommes en guerre. Pas de prisonniers. »
« Que diriez-vous... » commença Tonks, un doigt sous son menton tout en réfléchissant. « Nous utilisons le bouclier pour donner à Harry une chance de mélanger une potion, puis il se rapproche de Lucius. Quand la protection tombe, il peut juste faire fondre Lucius. Je veux dire, nous n'avons pas été en mesure de l'ensorceler, jamais, parce qu'il réussissait à esquiver ou à bloquer. »
« Donc vous pensez que Lucius va juste rester là pendant que Harry crée cette potion ? » se moqua Severus.
« Il peut s'exercer à mélanger et à courir en même temps. Vous savez que la potion en question doit être utilisée quelques secondes après sa préparation. »
« Et si Harry s'en renversait un peu sur lui-même ? »
« Je n'ai pas cinq ans, Kingsley. »
« Pourquoi est-ce que vous insistez pour utiliser le bouclier ? »
« Pourquoi est-ce que tu insistes pour que nous n'utilisions pas le bouclier, Severus ? » demanda Tonks de mauvaise humeur.
Tout le monde se tut, dévisageant Severus avec un soupçon de méfiance. Harry était bien caché sous ses couvertures.
« Le bouclier est un handicap. Nous avons besoin d'une stratégie basée sur l'attaque ! » dit brusquement Severus à toutes les personnes présentes.
La dispute éclata, encore une fois. Albus leva finalement ses mains pour demander le silence. « Harry fera apparaître le bouclier. Nous immobiliserons Lucius. Harry attaquera ensuite avec la potion. Et Lucius ne sera plus. Voilà le plan. Des questions ? »
Bien sûr que non.
L'Ordre quitta ensuite la pièce, Tonks et Kingsley se sautaient encore à la gorge. Albus partit avec eux, donnant l'ordre à Severus de ramener Harry au Square Grimmaurd et de l'y laisser seul. Il avait fortement accentué les mots 'laisser seul', qui impliquaient que Severus souffrirait de la plus douloureuse des morts s'il essayait de rester avec Harry.
« Es-tu suffisamment rétabli pour rester ici, tout seul ? » demanda Severus.
« Je suppose. »
« Suis les règles, d'accord ? »
« Je pense que nous avons atteint mon quota de règles brisées pour l'année. Comment suis-je censé faire apparaître le bouclier maintenant ? »
« Nous trouverons un moyen. Nous réussirons probablement à leurrer l'Ordre. Je suis sûr que la lutte ne finira pas comme celle contre le Seigneur des Ténèbres. »
À cela, Harry s'éloigna de Severus, déposant ses biens qu'il avait récupérés à la Cabane Hurlante avant d'être ramené au square Grimmaurd. Il tremblait clairement et les seuls bruits qu'il faisait étaient de légers sanglots aigus. Des bras l'encerclèrent immédiatement et ne le lâchèrent pas. « Je vous réconforterai que vous le vouliez ou non, Monsieur Potter. » déclara fermement Severus à un Harry qui se débattait, alors qu'il attirait la tête de son amant contre sa poitrine et se mettait à caresser les cheveux noirs en bataille de ses doigts nerveux.
Harry pleura simplement après ça.
« Quand tu seras calmé, tu devras me dire ce qui te fait avoir ces crises de panique. » murmura Severus d'une voix apaisante mais ferme, tout en continuant à caresser les cheveux de Harry.
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Curses Feigned - Chapitre 3
