Bonjour
Je sais, je sais, je sais … Je suis plus qu'en retard pour poster ce chapitre, mais je voulais avoir le suivant bien entamé et presque fini … Or j'ai un peu bloqué sur le chapitre 4 que j'ai réécrit entièrement … Mais comme ce sont les vacances, je vais avoir du temps pour écrire, d'autant plus que je vais arriver dans les chapitres qui sont déjà tout prêts dans ma pitite tête ^^
Bonne lecture de ce chapitre 3 et merci à ceux et celles qui me suivent encore malgré le long délai entre les chapitres.
En particulier, un merci à Ana ^^ le voilà enfin ce chapitre 3 ^^
Allez zouh et si vous avez le temps de cliquer en bas, sur le pitit bouton de review, ce serait vraiment génial !
Chapitre 3 : la vengeance dans la peau
Nous étions réunis dans ce qui autrefois avait été le grand salon mais qui à présent tombait en décrépitude. Les tapisseries étaient devenues grises sous l'effet du temps qui passait. Le parquet était rayé et par endroit il manquait des lattes. Les meubles eux aussi avaient subi les assauts du temps ; les fauteuils étaient défoncés et le tissu délavé était usé. Mais je n'accordai que peu d'importance au décor du lieu. J'étais partagée entre deux sentiments contradictoires : l'angoisse et la colère. La peur du sort qui était réservé à Rabastan et la colère contre ceux qui l'avaient capturé.
Je faisais les cents pas sous le regard agacé de certains. Richard finit par se lever et me força à stopper mon manège. Il me prit par le bras et me fit asseoir avec douceur sur le vieux canapé. J'obtempérai un peu comme dans un rêve. Il s'assit à mes côtés et posa sa main sur mon bras. Devant moi, debout adossé contre la cheminée qui n'avait plus connu un feu depuis longtemps se tenaient Bella et Rodolphus. Tous deux affichaient un regard noir contrarié. Personne ne parlait, nous attendions tous en silence. Je baissai la tête et observai mon alliance qui brillait doucement dans la pénombre. Mon regard tomba ensuite sur ma robe : je n'avais même pas pris le temps de l'ôter. D'un autre côté, Richard nous avait transplanés loin de la bataille et quelques seconde après, le Lord nous avait faits venir à lui.
C'était il y a une heure environ et le Seigneur des Ténèbres n'avait toujours pas daigné apparaître. Je ne savais pas si c'était bon ou mauvais signe …
La porte s'ouvrit soudain et Lucius fit son apparition. Je me levai d'un bond. Je fis quelques pas en direction du sorcier. Il avait le visage fermé et je sus que cela ne présageait rien de bon. Lucius était parti faire un tour du côté du Ministère, pour laisser traîner une oreille et tenter de soutirer des informations.
- Alors ? Finis-je par demander.
Je n'en pouvais plus d'attendre sans savoir. Il eut un petit sourire désolé à mon encontre et mon coeur se mit à battre à toute allure. Je sentis une présence dans mon dos et Richard qui s'était levé sans bruit, posa sa main sur mon épaule.
- Il n'est pas retenu par les Aurors du Ministère … Cela confirme donc ce que nous soupçonnions : ce sont des Aurors à la solde du vieux fou …
Je tentai de rester impassible, mais la nouvelle me fit un choc. Pourtant, en en discutant avec Richard nous avions trouvé qu'il serait plus facile de le sortir de là, si Rabastan avait été fait prisonnier par l'Ordre du Phénix plutôt que par le Ministère. Mais la fatigue et le stress m'empêchait de réfléchir raisonnablement.
Lucius dut voir mon désarroi. Il me prit alors dans ses bras. Sa main se posa sur ma tête et caressa doucement mes cheveux comme pour me consoler.
- Ne t'en fais pas, on le sortira de là, me murmura-t-il
Mais un murmure aussi doux soit-il dans le silence ne pouvait qu'être entendu de tous et Bellatrix laissa échapper un drôle de gloussement. Lentement et au même moment, Lucius et moi nous nous séparâmes et jetâmes un regard noir à la sorcière. Je ne dis rien, ce fut Lucius qui parla.
- Ai-je dit quelque chose de drôle ? Gronda-t-il en faisant un pas vers sa belle-soeur.
S'il croyait l'intimider, cela n'avait pas marché. Bella cessa d'appuyer son bras contre le manteau de marbre de la cheminée et à son tour, s'avança vers le Mangemort.
- De drôle ? Non, mais je voulais savoir qui ton « on » englobait ? Demanda-t-elle avec un petit air narquois.
Elle défia du regard Lucius quelques secondes avant de se tourner vers moi.
- Rabastan s'est mis dans de sales draps tout seul, pas question de lever la baguette pour l'aider. Ce n'est tout de même pas de ma faute s'il s'est laissé attrapé bêtement.
J'écarquillais grand les yeux en l'entendant parler.
- Comment oses-tu ? Grondai-je.
- Je ne fais qu'énoncer la vérité ! Rabastan n'est qu'un idiot de s'être fait attrapé !
Cette fois, la colère grondait en moi et d'un geste vif je sortis ma baguette et la pointa sur Bellatrix. Je sentis tous les regards converger vers nous. Rodolphus fit alors un pas en avant et vint se placer devant Bella. Il tendit sa main et toucha ma baguette pour l'abaisser.
- Caly, cela ne sert à rien de t'énerver.
Il recula pour reprendre sa position initiale contre la cheminée. Son regard sombre se posa sur moi.
- Mais je dois reconnaître que Bella n'a pas tort.
Là c'en était vraiment trop ! Venant de Bella je n'attendais plus rien et au fond ses paroles, blessantes, ne m'avaient guère surprises … mais de la part de Rodolphus. Incrédule je me tournai vers lui.
- C'est de ton frère dont on parle !
Je serrai toujours avec force ma baguette. Et comme si je n'existais pas, Bellatrix se retourna vers son mari.
- Mais laisse-la donc s'énerver un peu …
Et à son tour, elle sortit sa baguette pour la pointer sur moi.
- Bellatrix ! Calypso !
Une voix sourde nous rappela à l'ordre. D'un même geste, nos baguettes furent prestement rangées et nous tombâmes à genoux devant le Maître. Il fit un petit mouvement de sa main et nous nous relevâmes.
Il nous dévisagea à tour de rôle et son regard ophidien s'attarda un peu plus longuement sur moi, me détaillant en détail. Apparemment ma tenue, incongrue, lui arracha un drôle de rictus que je ne cherchai même pas à déchiffrer. Le Seigneur des Ténèbres finit par ignorer totalement Bellatrix et moi-même et interrogea Lucius qui lui fit la même réponse que précédemment. Mais Bella ne voulait pas être en reste. Elle prit la parole.
- Que comptez-vous faire ? Demanda-t-elle au Lord.
Avec lenteur, il tourna la tête vers elle. De nouveau, un étrange rictus qu'on aurait pu prendre pour un sourire s'afficha sur son visage.
- Que proposes-tu, Bella ? Je t'écoute …
Un sourire sadique illumina le visage de la Mangemort. Elle me lança un regard triomphant et répondit avec dévotion à son Maître.
- Ne rien faire … Rabastan n'est qu'un crétin …
La main du Lord se leva soudain.
- Ton opinion personnelle sur mes Mangemorts, ne m'intéresse guère … lui cloua-t-il le bec.
- Il n'est pas question de le laisser entre leurs mains ! Grondai-je alors.
Ma remarque fit rire doucement le mage noir.
- Bien … Voilà donc deux avis tranchés et opposés …
Le Lord s'interrompit quelques secondes, dévisageant Bella et moi à tour de rôle. Nous étions toutes les deux aussi entêtées l'une que l'autre.
- Il est vrai que Bella …
J'allais protester mais le Lord me fit signe de ne rien dire. Aussi restai-je silencieuse, poings serrés.
- n'a pas tort, poursuivit le sorcier tant redouté. Risquer de perdre d'autres Mangemorts serait pure folie !
Une nouvelle fois, je voulus parler mais un geste m'arrêta pareillement.
- Cependant, Caly n'a pas tort non plus.
Je jetai un petit regard de biais à Bella. Et toc … Le Seigneur des Ténèbres resta impassible et indifférent à notre petit duel de regard.
- Laisser Rabastan entre les mains de cet Ordre serait une grande perte pour nous … C'est un Mangemort plus qu'indispensable à ma cause et d'une grande fidélité …
- Il n'est guère utile maintenant qu'il s'est fait prendre … marmonna Bella.
Elle avait toutefois parlé suffisamment fort pour se faire entendre de tous. Voldemort semblait commencer à être agacé par notre petit manège à toutes les deux … mais comme c'était Bella qui venait de prendre la parole, il s'approcha d'elle.
- Dois-je te rappeler, ma très chère Bella, que sans lui, lors de ta précédente mission, c'est toi qui serait tombée entre les mains des Aurors … S'il n'avait pas été là, tu te serais retrouvée à Azkaban …
Bellatrix ne répondit rien et je la vis serrer les poings visiblement énervé que le Maître lui rappelle son cuisant échec. Il se désintéressa ensuite totalement d'elle et reporta son attention sur moi.
- Je suppose que tu souhaites prendre la tête des opérations ? Me demanda-t-il.
Je répondis par l'affirmative en hochant la tête.
- Très bien, tu peux prendre autant d'hommes que tu le souhaites … Sache cependant que si, par malheur, vous vous faites prendre, personne ne viendra … Est-ce clair ?
- Très clair, Maître !
Une nouvelle fois, la porte s'ouvrit et Severus fit son entrée. Il s'arrêta un instant et posant son petit regard noir sur chacun d'entre nous. Je crois qu'il fut surpris de voir tant de monde ici. Le Maître se tourna vers le nouveau venu et lui ordonna de s'approcher. Je ne le lâchai pas un instant du regard, un flot de haine se déversait en moi à chaque pas que faisait Severus dans la pièce. J'étais persuadée qu'il savait qu'une attaque aurait lieu et je commençai à me questionner sérieusement sur son implication dedans … Je commençai à rejoindre Bellatrix sur son opinion concernant le Mangemort.
Severus s'agenouilla devant le Seigneur des Ténèbres puis se releva. Comme à son habitude, son rapport fut bref.
- Ils ne sont plus que six, expliqua-t-il laconiquement.
Le Lord eut un petit rictus, il se tourna vers moi.
- Tu ne devrais pas avoir trop de souci, alors …
Je hochai de la tête, mais je restai sur ma réserve : à partir de maintenant, je me méfiai de Severus et de ses informations.
Le Seigneur des Ténèbres regarda alors les autres Mangemorts présents.
- Des volontaires ? Lança-t-il.
Du coin de l'oeil, le mouvement de recul de Bella et Rodolphus ne m'échappa pas. Richard et Lucius se portèrent volontaires spontanément et les savoir avec moi me réchauffa le coeur. Par contre, je fus un peu étonnée de voir Mulciber, MacNair et les Carrow se joindre à nous.
- Ma baguette me démange un peu trop, expliqua Walden.
Je le remercia d'un sourire.
Il restait toutefois un problème à résoudre : où se trouvait le repaire des membres de l'Ordre. Je savais que Severus était incapable de le dire puisqu'il était tenu au secret par un sortilège de Fidelitas.
- Maître ? Demandai-je alors. Comment …
Il m'interrompit.
- Suis-moi Caly !
J'obtempérai sans mot dire et je quittai la pièce sur ses talons. Il m'emmena dans une sorte de bureau-laboratoire où j'avais déjà eu l'occasion d'aller. J'aimais bien cet endroit qui renfermait tant de choses étranges. Au plafond pendaient des squelettes de créatures magiques ; je n'avais pas réussi à identifier tous les animaux … Des étagères étaient lourdement chargées et menaçaient même de s'effondrer sous le poids des grimoires et des parchemins. D'autres renfermaient d'étranges artefacts magiques anciens, des fioles remplis de liquides colorés que je savais être de puissants poisons. Un imposant bureau aux pieds sculptés en forme de serpent. Le fauteuil de bureau était assorti au meuble: les mêmes sculptures aux yeux dorés fixaient le sol recouvert d'un épais tapis verdâtre. La cheminée monumentale occupait tout un pan de mur. Le manteau en marbre blanc était soutenu par deux cariatides représentant la Gorgone Méduse. Dans l'âtre, un feu aux flammes bleutés flambait, Nagini le serpent du Maître sommeillait sur un des deux fauteuils qui faisaient face au foyer. A notre arrivée, le reptile redressa sa tête et ouvrit un oeil, puis il reprit sa sieste. Je m'arrêtai au centre de la pièce. Le Maître se dirigea vers une des bibliothèques. Il revint avec un parchemin aux bords déchiquetés. Il alla à son bureau et me fit signe d'approcher. Je le rejoignis. Il venait de dérouler la carte : celle de l'Angleterre. Il releva la tête vers moi.
- Tends ton bras !
Je levai mon avant-bras gauche vers le plafond. Le Maître avait sorti sa baguette et en posa la pointe sur la Marque. Je grimaçai sous la douleur vive qui me saisit alors, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Un fin filament noir s'échappa alors de ma Marque et relia mon bras à la baguette. Le Lord fit tourner sur elle-même son artefact et le filament se détacha de ma Marque. Il le fit alors reposer sur la carte. Aussitôt, le filament se divisa en plusieurs centaines de petits serpents noirs brumeux et allèrent se poser à différents endroits sur le parchemin jauni. Beaucoup étaient réunis dans un même point quelque part sur la côte du Pays de Galles, d'autres se trouvaient à Londres ou dans la banlieue de la capitale, le reste était éparpillé un peu partout au Royaume Uni. J'observai tout cela avec attention. C'était un moyen de plus intéressant pour savoir ce que faisaient ses Mangemorts et quelque part, cela me rappela la Carte magique dont nous avait parlé Pettigrew, cette carte que possédait ces idiots de copains du temps de Poudlard. Un nom sortit de la bouche du Maître.
- Holyhead …
Il me montra ensuite un point sur la carte sur l'île d'Anglesey au Pays de Galles.
- Très bien, répondis-je.
S'y transplaner ne serait l'affaire que de quelques minutes. Alors que j'allais partir, le Lord m'interpela. Il tenait entre ses mains un coffret.
- Donne cela à Richard, il saura quoi faire.
Je pris la petite boîte en bois entre mes mains. Je saluai une dernière fois le Maître et quitta son antre.
Les Mangemorts qui devaient venir avec moi m'attendaient dans l'entrée de la demeure. Je m'approchais de Richard et lui tendis le coffret que le Seigneur m'avait remis. Il l'entrouvrit sans que je puisse voir le contenu et sourit.
- Où allons-nous ? Demanda Alecto.
- Anglesey, plus précisement Holyhead. A l'écart de la ville, à l'ouest …
La première chose que j'entendis fut le bruit de l'océan qui venait se fracasser en contrebas de la falaise. Il faisait nuit noire ici : la lune était masquée par les nuages qui venaient du large. Le vent soufflait avec force comme si une tempête se préparait. Même les éléments étaient avec nous. De tout le groupe, j'étais la plus visible avec ma robe blanche. Les autres portaient leur cagoule de Mangemort, moi non, je ne comptais pas laisser de témoins …
La demeure qui abritait l'Ordre du Phénix se dressait devant nous. Elle était puissamment protégée par différents sorts repousse-moldus et autres. C'était une vieille bâtisse à un étage qui ressemblait à une ancienne abbaye moldue. Les murs sombres étaient percés de larges fenêtres aux petits carreaux. Une partie de la bâtisse était recouverte par un lierre qui montait à l'assaut du toit, tandis qu'à l'opposé une glycine recouvrait l'aile est. La pelouse devant la demeure était bien entretenue. J'observai les lieux avec attention. Toutes les fenêtres étaient plongées dans le noir, pourtant, par intermittence, on voyait la lueur d'une bougie tremblotait à la troisième fenêtre du rez-de-chaussée.
Pendant que j'étais avec le Lord, Lucius avait discuté avec Severus qui lui avait appris que Rabastan était retenu prisonnier au sous-sol. J'espérai que les informations de mon demi-frère étaient exactes … Je décidai qu'il serait plus prudent de se séparer, chaque groupe s'occuperait d'un étage. Il n'y avait personne pour surveiller la grande pelouse que nous traversâmes en silence. Ce fut en marchant dans l'herbe humide que je me rendis compte que j'étais toujours pieds nus. Nous étions arrivés sans encombre à la porte. C'était étonnant de voir le peu de prudence des hommes du vieux fou : personne ne surveillait le jardin de la demeure, aucune alarme n'avait été donnée …
Nous étions à présent entrés à l'intérieur sans bruit. Rapidement, les groupes s'étaient formés en silence et nous nous séparâmes dans le hall d'où partait un grand escalier en pierre blanche. Avec un certain amusement, malgré la situation je remarquai que la rampe était sculpté en forme de phénix. Le vieux citronné faisait dans le détail pittoresque …
Les deux Carrow s'occupèrent de l'étage, je les suivis du regard le temps qu'ils montent l'escalier. Lucius et Walden partirent explorer le rez de chaussée. Richard et Will' étaient restés avec moi. J'avisai une porte non loin de l'escalier : nul doute que c'était l'accès aux sous-sols. J'allais m'en approcher suivie par les deux autres Mangemorts quand un bruit résonna soudain sur notre droite : des bruits de pas qui se faisaient de plus en plus fort. Une porte s'ouvrit soudain sur un sorcier qui s'arrêta net en nous voyant. Deux éclairs le frappèrent en même temps provenant de la baguette de Richard et de la mienne.
Le sorcier aux cheveux blonds se retrouva soudain plaqué contre le mur. Je m'avançai à grands pas vers lui. La pointe de ma baguette toucha sa gorge.
- Où est-il ? Demandai-je en grognant.
Comme je m'y attendais, le sorcier ne répondit rien. J'eus un petit rictus.
- J'ai très peu de patience ce soir … Je ne répéterai ma question qu'une seule fois … Où est-il ?
Cette fois, il laissa échapper un petit rire moqueur qui me mit hors de moi. Je fis descendre ma baguette au niveau de son ventre.
- Ignitis ! Marmonnai-je.
Une horrible odeur de chairs brûlée se fit sentir tandis que le sorcier se mit à hurler. Pour la discrétion c'était terminé. Nous ne disposions à présent que peu de temps.
Je n'arrivai pas encore à faire confiance aux informations données par Severus. Je voulais être sûr que Rabastan était retenu dans les sous-sols.
Je relevai ma baguette quelques secondes.
- Alors ? Es-tu décidé à parler ?
Entre les larmes qui coulaient de ses yeux, je vis un éclair de défi passer dans son regard. On pouvait au moins reconnaître au vieux citronné de bien choisir ses hommes… Aussi doué que les langues de plomb...
Son silence jouait avec ma patience. Cette fois la pointe de ma baguette alla se poser contre le bras droit de mon adversaire.
Après le feu, l'eau … et là j'allais m'en donner à coeur joie.
- Ahydrosis, marmonnai-je.
Pas un bruit, pas un éclair … Juste un silence étrange puis tout à coup les hurlements de ma victime. La peau de son bras commença lentement à se dessécher, à sa racornir. Les os devinrent plus saillants, les muscles fondaient et bientôt le bras du sorcier ressembla à celui d'une momie parcheminée par le temps. Je savais que le sort était irréversible, et c'était bien la dernière de mes préoccupations.
Les gémissements finirent par devenir des sanglots étouffés.
J'allai reprendre la parole mais je fus interrompu par le rire moqueur de Will'.
- Je crois que tu perds ton temps, se moqua-t-il doucement.
Je me tournai vers Mulciber.
- Vraiment ?
Mon sourcil se haussa en le regardant avec étonnement.
- Nous aurions plus vite fait de tout explorer, il n'a pas l'air près de parler …
Je voyais où il voulait en venir. Je souris.
- Et ? Que proposes-tu ? Voir qui ira le plus vite ?
Son rire me répondit. Je ris à mon tour.
- Soit …
Il n'attendit que cela. Je lui suivis des yeux alors qu'il se dirigeait vers la porte menant au sous-sol. Richard était resté impassible devant tant de gamineries.
Je détaillais de nouveau le membre de l'ordre que j'avais en mon pouvoir. Je me penchais vers lui, sur le ton de la confidence.
- J'ai horreur de perdre … lui murmurai-je comme on pouvait se raconter un secret entre amis. Alors je compte sur toi pour que je sorte vainqueur de ce petit jeu.
Je me redressai de toute ma hauteur.
- Alors ? Où en étions-nous ?
Je fis mine de réfléchir … Enfin le temps de ma réflexion fut employée à faire souffrir d'un doloris cette fois le sorcier aux ordres du vieux fou.
- Où est-il retenu ? L'interrogeai-je lorsque ses hurlements se furent tus.
Je vis dans son regard qu'il allait fléchir. Une lueur de peur dans ses yeux s'était allumée. Un tremblement de sa lèvre aussi, sa respiration saccadée …
Il toussa et un filet de sang s'écoula de ses lèvres entrouvertes.
- Sous-sols … parvint-il à murmurer.
Enfin, nous avançions un peu ! Mais sa réponse n'était pas suffisante. Un nouveau doloris lui arracha des hurlements de douleur.
- Les sous-sols … répétai-je. C'est bien vague tout cela. Je n'ai guère envie de perdre mon temps à tout fouiller … Alors ?
Je m'amusai à faire de petits mouvements avec ma baguette, effleurant de sa pointe le visage et le cou de l'homme devant moi.
Il gémit un peu plus, terrorisé et rongé par la douleur.
- Couloir de gauche … réussit-il à marmonner.
Il fut interrompu par une quinte de toux qui lui déchira la poitrine, un mince filet écarlate s'échappa alors d'entre ses lèvres.
- Endoloris !
J'avais horreur qu'on me fasse attendre …
- Troisième porte … Se fut la seule chose qu'il réussit encore à dire.
Il sombra alors dans l'inconscience. Je m'apprêtais alors à le gratifier d'un avada, ma baguette levée était pointée sur lui, mais je fus arrêtée avant par Richard. Intriguée je me tournai vers lui.
Il vint se placer à mes côtés.
- Enervatum, lança-t-il.
Le gémissement du sorcier prit de l'ampleur alors que le Mangemort l'avait arraché à la douce torpeur de l'inconscience.
- Mais … commençai-je à l'attention de Richard.
- Je n'en ai pas pour longtemps, me rassura-t-il. Je te rendrai bien vite !
Sa voix se fit alors plus dure lorsqu'il se tourna vers l'homme du vieux fou.
- Et sa baguette ? Qu'en avez-vous fait ?
L'homme ne répondit rien, d'ailleurs, était-il encore en état de le faire ? Il tourna simplement les yeux vers une porte sur sa gauche, qui devait ouvrir sur un salon ou une salle à manger.
Richard me laissa subitement, se dirigeant vers cette indication. Il me fit un petit geste de la main quelque je répondis en hochant de la tête. Plus besoin de mots.
- Avada Kedavra.
Je ne regardais même l'éclair toucher le sorcier. Je repris ma progression interrompue vers la porte. Effectivement après l'avoir ouverte, une volée d'escaliers menait aux sous-sols de la demeure. Je m'y engageai. Au fur et à mesure, des bougies s'allumaient, éclairant ma progression. Un espace ouvert se dessina devant moi d'où deux couloirs partaient. Je pris celui de gauche non sans avoir remarqué que Will explorait l'autre … Mes pieds nus ne faisaient aucun bruit sur le sol froid un peu humide. Je parvins rapidement à la troisième porte. Je sentis qu'elle était lourdement protégée par un ou deux sorts. Mais ce n'était pas cela qui allait m'arrêter. Je mis fin rapidement aux sorts qui scellaient l'entrée de la cellule. Ma main tremblait légèrement tandis que j'empoignais la clenche. J'eus un petit rictus moqueur en observant le métal sculpté en forme de dragon. Même au plus profond du quartier général, on avait veillé à l'esthétique.
Le coeur battant, j'ouvris la porte et mon lumos éclaira une pièce petite et assez lugubre – oh certes, par rapport aux geôles du maître, ici c'était le grand luxe. Les murs étaient en grosses pierres grises veinées de cristaux qui brillèrent sous la lueur de ma baguette. Une petite ouverture, bien trop petite pour porter le nom de fenêtre touchait presque le plafond légèrement voûté au centre de la pièce. Le mobilier était rustique. Une planche fichée dans le mur qui servait de lit, une table et deux chaises. Une silhouette était assise par terre, appuyée contre le mur du fond, dédaignant les chaises.
- Rabastan !
Je courus presque pour le rejoindre et je m'agenouillai face à lui. J'étais tellement soulagée de le voir sain et sauf. Je passai ma main sur son visage, avec douceur.
- Tu vas bien ? Lui demandai-je.
Il attrapa ma main et la pressa entre les siennes en souriant doucement.
- Ne t'en fais pas, me répondit-il.
Je l'aidais à se relever. L'espace d'une seconde, il vint se blottir contre moi. Ce fut une étreinte brève et rapide. Les retrouvailles seraient pour plus tard. Une voix nous interrompit soudain.
- Allez les amoureux, faut qu'on file.
Richard était de retour. Il tendit alors à son propriétaire la baguette de Rabastan qu'il venait de récupérer. Des pas résonnèrent et Mulciber nous rejoignit. Il eut un drôle de sourire, acceptant par là sa défaite dans notre pari idiot.
Le trajet pour rejoindre le rez-de-chaussée se passa sans encombre. Dans le hall, Lucius et Walden nous attendaient.
- Les Carrow sont déjà dehors, ils montent la garde au cas où … expliqua Lucius.
- Il est temps qu'on file, conclut Richard. Prenez les devants, je vous rejoins dans deux minutes …
Je le vis alors sortir le petit coffret que le Lord m'avait confié pour le lui remettre. Il l'ouvrit et je réussis à voir son contenu : de petites sphères aux reflets noirs et irisés.
Je ne pus en savoir plus, Rabastan m'entraînait à l'extérieur. J'entendis simplement le petit ploc que firent les sphères en tombant au sol et aussitôt un crépitement se fit entendre. Richard nous rejoignit rapidement à l'extérieur.
Dans le jardin, je me retournai, observant la demeure qui servait de repaire à l'Ordre ou du moins qui avait servi de repaire. En effet, de grosses flammes noirâtres dévoraient le rez de chaussée et gagnèrent avec une rapidité toute magique l'étage.
- Un petit cadeau du Maître, ironisa Richard.
Les autres Mangemorts étaient en train de se tranplaner. Il ne restait plus que Richard, Rabastan et moi. Le vent soufflait avec force, attisant le brasier qui dévorait la vieille demeure. Quelques gouttes de pluie se mirent à tomber.
Je me tournai vers Rabastan.
- Tu veux ?
Il secoua la tête.
- A toi l'honneur …
Il m'enlaça alors, plaquant mon dos contre son torse. Ses mains étaient posées sur mon ventre. Je pointai ma baguette au-dessus du toit enflammé.
- Morsmordre !
Une énorme tête de mort éclaira le ciel où grondait la tempête. Du crâne sortait un serpent qui ondulait parmi les nuages noirs. La mission était terminée, il était temps pour nous de disparaître. Les autres membres de l'Ordre n'allaient pas tarder à arriver ...
