Bonjour à tous ! Voici le chapitre du jour ! J'espère qu'il vous plaira ! Soit dit en passant, je suis contente que vous soyez si actifs et que certains timides osent venir commenter ^^
Bonne lecture !
Précédemment :
Ne vous inquiétez pas, si quelqu'un découvre la supercherie, votre nom ne sera pas entaché. J'abandonne mon identité ici. Je vous laisse votre nom et ne garde que mon prénom. Ainsi, si je suis coupable de quoique ce soit, vous serez en paix. Personne ne saura de qui je suis la fille, ou le fils devrais-je dire... et c'est mieux comme ça. Je ne cracherai pas le morceau.
Je vous aime fort malgré tout, (T/p).
Ps : Si jamais tu me croises dans les couloirs de la garde, fais comme si tu ne me connaissais pas papa. Il en va de notre futur à chacun.
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Chapitre 2 – Changement de genre
Les rues de la citadelle étaient pleines à craquer. Heureusement pour (T/p), se balader à pied était bien plus pratique qu'à cheval. Aucun doute qu'elle n'aurait pas pu se frayer un chemin perchée sur le dos de son étalon. Peut-être même que l'accès lui aurait été refusé…
De toute manière, elle appréciait bien plus la ville sous cet angle. Elle était noyée dans la foule, se fondant dans la masse et paraissant insignifiante aux yeux de tous. Ses bottes de cuir marron battaient le sol à intervalles réguliers pendant que ses yeux examinaient tout ce qui se trouvait sous son nez. Les façades des magasins étaient richement décorées et des guirlandes de fanions passaient d'un côté et de l'autre de la rue, au-dessus de leurs tête, donnant un côté festif aux évènements. Le tournoi était demain et les centaines d'affiches placardées dans tous les coins de la ville le lui rappelaient bien. Elle allait devoir se dépêcher.
L'atmosphère de la ville la rendait euphorique et elle savait qu'elle avait bien fait de venir. Sa conscience le lui soufflait. Seulement, elle allait devoir s'inscrire au concours. Elle s'était déjà renseignée les années passées et elle savait de source sûre qu'elle pouvait le faire jusqu'à deux heures avant le début de l'épreuve. Elle pourrait donc s'en occuper demain. Pour l'instant, sa première mission était de faire les boutiques à la recherche d'habits pouvant la faire passer pour un garçon aux yeux de tous. Elle allait devoir y mettre de l'huile de coude !
Pour commencer, elle devait se trouver un endroit où loger pour ce soir afin d'être tranquille. Mais, elle ne connaissait aucune adresse ici. Elle avait déjà visité la citadelle, en revanche, elle n'y avait jamais passé plus d'une journée. Elle repéra l'un des nombreux marchands qui profitait de l'attraction que provoquait l'évènement pour vendre ses produits. Elle s'approcha de son étalage et se pencha en avant pour lui signifier qu'elle voulait lui parler. Il se dirigea vers elle et lui adressa un sourire commercial.
« Vous recherchez qu'que chose en particulier ? » proposa-t-il en croisant les bras.
« Bonjour, pardon de vous importuner mais j'aimerais savoir où je peux trouver une auberge bon marché afin de passer la nuit » déclara (T/p). L'homme d'une quarantaine d'années aux mains couvertes de traces d'argiles fronça les sourcils en réfléchissant.
« Si vous v'lez une chambre ma p'tite dame, vaudrait mieux qu'vous alliez chez Telma. Elle fait les meilleurs pâtés en croûte d'toute la ville. En plus c'est pas cher, c'est une vrai affaire qu'vous f'rez là » l'informa-t-il en parlant assez fort pour couvrir le bruit de la foule.
« Vraiment ? Merci, vous pouvez m'indiquer le chemin ? » demanda-t-elle gentiment. Il hocha la tête et pointa le bout de la rue du doigt.
« Vous suffit d'continuer tout droit et à l'angle tournez à droite. Vous s'rez dans une plus p'tite rue qui mène à une impasse à un moment, de ch'ai plus quel côté. C'est en bas » expliqua-t-il en faisant des gestes. (T/p) hocha la tête et remercia le vendeur avant de replacer son baluchon sur son épaule pour emprunter le dit chemin. Elle alla jusqu'au bout de la rue et quitta l'ambiance de l'axe principal pour entrer dans une rue moins bondée. Il y avait toujours du monde mais pas de marchands ou de guirlandes colorées. Elle avança en prêtant attention aux rues qu'elle croisait. Finalement, elle finit par arriver au niveau d'une impasse assez étroite. Sur le mur de droite se trouvait une porte en bois jouxtée de tonneau où étaient assis des hommes, des boissons à la main. (T/p) leva les yeux vers l'enseigne et y lu : 'Le bar de Telma'. Elle s'avança.
« Hey ma jolie, tu viens pour truc en particulier ? » lui lança l'un des hommes en levant sa bière dans sa direction. Elle les dépassa et posa sa main sur la poignée.
« Non merci, je peux le chercher toute seule » répondit-elle sèchement en tirant la porte. Pourtant, un pied vint l'empêcher de continuer. Un buveur, plus jeune que les autres, s'était levé pour venir entre elle et le battant.
« Doucement ma petite, on n'mord pas t'sais ? » souffla-t-il. Elle retroussa son nez sous l'odeur de l'alcool.
« Je me fiche que vous mordiez ou non, je veux juste passer » claqua-t-elle. Il rit et détourna le regard vers ses amis.
« On a dégoté une tigresse ! » s'exclama-t-il avec hilarité. Les rires gras des hommes s'élevèrent rapidement dans l'air et la main de (T/p) se crispa sur la porte.
« Laissez-moi entrer » siffla-t-elle en serrant les dents.
« Oh, toi par contre, on dirait que tu mords » releva l'homme en se baissant pour approcher son visage d'elle. Il rencontra ses yeux avant de se redresser. « Tu as un de ces regards, ça me fout des frissons » dit-il. « J'ai pas envie d'avoir des problèmes avec Telma, elle hait qu'on fasse ce genre de chose devant ou dans son bar et tu n'as pas l'air très encline à jouer avec nous. Je te laisse passer mais si tu es plus disposée à un moment rejoins-nous ! » proposa-t-il en lui libérant le passage. (T/p) n'attendit pas son reste et ouvrit la porte. Elle entra dans le bar et les odeurs de nourriture et de chaleur humaine l'envahirent. Elle soupira, elle avait vraiment cru que les balourds allaient lui faire passer un mauvais quart d'heure. Heureusement, en cas de besoin, elle avait toujours son arme, pensa-t-elle en touchant sa botte. Certes, son épée était dans son sac mais elle était aussi très douée avec un poignard. Elle en avait un de caché dans sa chaussure droite.
« Bienvenue dans mon bar ! » s'exclama une bonne femme en s'approchant d'elle. Elle venait de sortir de derrière son comptoir et s'approchait à grand pas de (T/p). La jeune fille eut un mouvement de recul quand elle se planta devant elle. Il s'agissait d'une femme de très grande taille et aux hanches larges. Elle avait une poitrine opulente mise en valeur par un décolleté plus que présent et son visage était maquillé avec une tonne de produits. Elle remarqua les tresses brunes collées sur son crâne qui se réunissaient en queue de cheval et les diverses boucles d'oreilles qui parsemaient ses longues oreilles d'hyliennes, trait caractéristique de leur race. « Je crois que je n'ai jamais vu ton joli visage par ici ! Je me présente, Telma, gérante de ce bar » dit-elle en faisant un clin d'œil. « Je pense que tu l'avais deviné vu le nom » rit-elle en retournant à sa place.
« Telma ! Une autre ! » s'écria-t-on dans la salle.
« J'arrive, laisse-moi deux secondes Prat, je discute avec un joli visage. Tu sais que je suis adepte des jolis visages ! » cria-t-elle en retour. Un rire répondit et elle reconcentra son attention sur (T/p) qui était rouge jusqu'aux oreilles. « Eh bien, que veux-tu jeune fille ? » demanda-t-elle en croisant les bras.
« Je… On m'a conseillé cet endroit pour dormir » répondit-elle du bout des lèvres. « Je ne suis pas d'ici et- » Telma la coupa en souriant.
« Donc tu veux une chambre ? On a bien fait de t'envoyer ici, j'ai le meilleur service de toute la citadelle ! En plus, ici, les jeunes filles avec de jolis visages comme le tient sont en sécurité ! » clama-t-elle.
« Vous me gênez » souffla (T/p) en détournant le regard. Le rire tonitruant de la femme lui répondit.
« Appelle-moi Telma et tutoie-moi ou je vais avoir l'impression d'avoir cinquante ans ! Même si c'est vrai, je préfère être traitée comme une jeune fille tu sais ! » lança-t-elle en fouillant dans une petite boîte sur son comptoir. « Allez, approche » dit-elle en lui faisant signe de venir. (T/p) s'avança avec hésitation vers le comptoir. « C'est 10 rubis la nuit, repas compris » lui apprit-elle en fouillant dans les clés. (T/p) défit son baluchon et sortit sa bourse pour déposer le montant sur le bois. « Là voilà ! Ma meilleure chambre, je la réserve au beau minois » lui glissa-t-elle en souriant. Elle plaqua les clés sur le comptoir et saisit le payement. « Je te laisse aller t'installer, demande-moi si tu as besoin de quoique ce soit, renseignents ou aide ! » l'enjoignit-elle.
« Merci… » souffla (T/p) trop bas pour couvrir le bruit du bar.
« Telma ! Elle vient cette bière ! » s'écria un client.
« J'arrive Prat ! J'arrive ! » s'exclama-t-elle en se mettant sur la pointe des pieds pour lui faire signe. (T/p) en profita pour s'éclipser à l'étage, loin de tout ce remue-ménage. Elle croisa quelques clients dans les escaliers et se dirigea vers un autre qui menait au dernier étage. Elle y grimpa et entra dans la chambre la plus au fond. C'était étrange quand même. Elle déverrouilla la porte et y entra. Le bruit s'estompa dans son dos quand le battant se referma et elle soupira, se relâchant enfin.
« Un peu de calme… » chuchota-t-elle en balançant son sac près du lit. Elle s'y allongea, profitant de quelques secondes de répit. La ville était tellement bruyante. Ses oreilles de campagnarde avaient dû mal à le supporter à la longue… Elle plongea sa tête dans le coussin et respira l'odeur fraîche des draps. Au moins, c'était propre ! Puis, elle se leva et ouvrit sa fenêtre. La chaleur de la journée et l'agitation en-dessous de ses pieds s'infiltrèrent dans la chambre. La vue était magnifique. Elle apercevait la place centrale, les rues animées, l'arène et même le château. Elle comprenait qu'il s'agisse de la meilleure chambre !
Après s'être habituée à cette petite chambre qui lui paraissait très accueillante, (T/p) choisit de commencer ses recherches. Elle avait un travail monstre à abattre : changer d'apparence. Radicalement. Elle redescendit les escaliers, délestée de son sac et uniquement avec sa bourse contenant ses rubis et la clé de sa chambre à sa ceinture. D'un pas un peu plus confiant, elle se dirigea vers le bar et attendit que Telma ne vienne à sa rencontre.
« Alors ma jolie, la chambre te plait ? » demanda la gérante en s'accoudant devant elle.
« C'est parfait, la vue sur le château est imprenable ! » répliqua-t-elle avec enthousiasme.
« Je le savais, je te disais, il s'agit de ma meilleure chambre ! » s'exclama-t-elle en tapant le comptoir en bois de sa main droite. « Alors, tu as besoin de quelque chose ? »
« Je voudrais savoir où je peux trouver un tailleur d'habits résistants et bons marchés, ainsi qu'un tailleur du cuir » exposa (T/p) en tapotant ses doigts sur sa joue.
« Attends, laisse-moi voir… Si tu cherches un bon tailleur, je peux te conseiller celui qui se trouve à quelques rues d'ici. Celui de la place centrale est bien aussi mais il est hors de prix ! Pour le tailleur du cuir, celui que je te conseille fait les deux. Rends-toi y de ma part, tu auras peut-être une ristourne ! » clama-t-elle en riant. « Je vais t'indiquer le chemin. » La jeune fille écouta attentivement les indications de la femme et sortit en vitesse pour ne pas perdre de temps. Elle fut soulagée de ne pas croisée les loubars devant la porte et trottina à travers les rues. Une fois devant le magasin, elle entra sans hésitation et la petite clochette prévenant son arrivée retentit. Il n'y avait pas un seul client et la boutique était calme. Des dizaines de mannequins présentaient des habits de bonne qualité ou des uniformes résistants. Elle allait trouver son bonheur.
« Bien le bonjour mademoiselle » l'interpella un homme légèrement courbé en venant de l'arrière-boutique. « Que puis-je pour vous ? »
« Je viens pour une tenue complète » l'informa-t-elle en s'approchant de la table qui les séparait.
« Bien, que voulez-vous ? Une robe ? Une tenue de bal ? Quelque chose de résistant ? Avez-vous une idée de l'étoffe que vous souhaitez ? » (T/p) se mordit la lèvre. Elle ne pouvait évidemment pas demander une tenue d'homme sur-mesure sans paraitre étrange.
« Je… C'est que… » Un mensonge, vite ! « Je dois me déguiser en homme ! » lança-t-elle d'un coup. Un silence accueillit sa déclaration et l'homme fronça les sourcils. « Voilà, je joue le rôle d'un garçon de mon âge dans une pièce de théâtre et la représentation à lieu ce soir. Malheureusement, le costume a été abîmé et ils l'ont jeté. Vous pourriez me dépanner ? » demanda-t-elle en piétinant. L'homme s'assit et croisa ses mains en la détaillant.
« Votre carrure est loin d'être celle d'un homme mais d'un garçon… pourquoi pas ? Il se trouve que j'ai toujours fait le meilleur travail dont j'étais capable. Ne pas réussir à vous métamorphoser en garçon entacherait ma réputation » grommela-t-il en lissant sa barbe. « Bien, alors mettons-nous à l'œuvre. Passez dans la pièce d'à côté, je vais faire mon possible. » (T/p) se dirigea vers la salle mais la voix du tailleur l'arrêta en chemin. « Au fait, quel est votre budget ? »
« Je dirais… 500 rubis ? » proposa-t-elle avec hésitation.
« 500 rubis ?! Avec ça je vais pouvoir faire des miracles ! » s'exclama le vendeur en partant de son côté. Ils passèrent les deux heures suivantes à ajuster le costume de la jeune fille. Cela devient un jeu pour les deux qui tentèrent de parfaire leur travail jusqu'au bout. A chaque modification, (T/p) perdait un peu de sa féminité. « Et… voilà… » souffla le tailleur en s'éloignant d'elle. « Avec ça, c'est parfait » annonça-t-il. La jeune fille se tourna pour se regarder dans le miroir. Elle écarquilla les yeux. Elle portait sa vieille paire de botte en cuir que l'homme avait cirée pour les rénover légèrement, un pantalon noir qui plongeait dans ses chaussures et était maintenu par une ceinture en cuir. En haut, ils avaient réussi à tricher en lui faisant porter une bande serrée au niveau de la poitrine. Par-dessus, elle portait un tee-shirt en lin assez large mais ajusté. Il faisait disparaitre ses courbes sous le tissu.
« Je pense que vous avez fait du bon boulot » dit-elle en s'examinant sous toutes les coutures.
« La seule chose que je ne peux pas changer ce sont tes cheveux et tes traits du visage » répondit-il en grimaçant.
« Mes traits ? » s'étonna (T/p) en se retournant vers lui.
« Tu as des traits de fille mais cela peut parfaitement convenir pour un jeune garçon. Il faudra juste dire que tu es un peu faiblard, c'est tout » se moqua-t-il. Elle soupira et s'attela à sa coupe de cheveux. Elle tressa ses cheveux le plus serré possible et les enroula en un chignon, ne permettant à aucune mèche de s'échapper. Sa tignasse la rendait beaucoup plus femme. Une fois camouflée ainsi, son reflet était bien plus masculin. La masse de cheveux (c/c) sur son crâne ne gênait pas. Certains hommes avaient les cheveux longs. Seulement, si elle les détachait, elle serait repérée à des kilomètres…
« Et maintenant ? » demanda-t-elle en se positionnant les poings sur les hanches.
« C'est une œuvre d'art » s'exclama l'homme en hochant la tête. (T/p) sourit et sortit de la salle en prenant ses vieux habits sous la main. Elle se sentait à l'aise dans cette tenue, à part pour le bandeau qui masquait sa poitrine. Mais elle s'y ferait. « Tu en auras donc pour… 400 rubis et 100 de réajustement » calcula-t-il. Elle sortit le montant de sa bourse et le déposa dans la paume rugueuse du tailleur. « Merci. » Elle avait songé à donner le nom de Telma mais elle ne voulait pas laisser de trace. Et puis, cette femme n'avait rien avoir avec une compagnie de théâtre n'est-ce pas ?
« Merci à vous » répondit-elle en sortant.
« Bonne chance pour votre pièce de théâtre ! » lança-t-il en regardant la porte se referméer. Elle lui sourit avec gêne et s'éclipsa. Mieux valait ne pas traîner. Elle allait retourner chez Telma pour déposer ses habits puis, elle irait tester son déguisement dans divers commerces. Elle devait s'assurer que la supercherie fonctionnait avant d'aller s'inscrire.
Elle pénétra de nouveau dans le bar et le regard de Telma se posa directement sur elle.
« Voilà encore un beau visage aujourd'hui ! » s'exclama-t-elle en s'approchant. « Qu'est-ce que tu veux mon gar- » Elle s'arrêta à mi-chemin et fixa (T/p). « Tu es le joli visage ! » s'exclama-t-elle.
« Ah, oui, effectivement » souffla (T/p) en baissant les yeux. Elle y était presque arrivée mais le fait que Telma l'ait déjà vu l'avait trahie. « Je m'appelle (T/p) » lui dit-elle en soupirant.
« Qu'est-ce que tu fais habillée ainsi ? » clama la gérante.
« Affaires personnelles » répondit l'adolescente. « J'ai à faire dans cette ville. »
« En tant que garçon ? » demanda la femme en plissant les yeux.
« C'est comme dit dans 'affaires personnelles', personnel » répéta-t-elle. « J'y vais » dit-elle en contournant Telma. Elle monta dans sa chambre et plia ses habits avant de les ranger dans le tiroir de la coiffeuse. Puis, elle fit demi-tour et ressortit sous le regard intriguée de la brune.
Elle fit plusieurs commerces et, même si les premiers la prirent pour une fille, elle réussit à duper les derniers. Elle repérait ce qui la trahissait et modifiait son attitude à chaque essai. Déjà, elle ne devait pas utiliser une voix trop aigue ou enjouée, typique d'une fille.
Elle devait supprimer toutes les positions féminines qu'elle avait l'habitude de faire inconsciemment. Elle ne pouvait pas croiser les jambes ou les bras, se penchant sur un pied, marcher en plaçant un pied devant l'autre en ligne droite, toucher ses cheveux, triturer ses mains, rougir facilement la trahissait aussi, se mordre la lèvre également, placer ses mains dans son dos et regarder ses pieds la rendait aussi trop vulnérable. Un garçon pourrait le faire sans être pris pour une fille mais si elle le faisait, son apparence devenait trop féminine et on voyait au travers de ses habits. D'ailleurs, ceux qui comprenaient qu'elle était une fille la regardait très étrangement.
Elle ne devait pas non plus parler trop vite où avec des phrases trop mignonnes. Pour finir, elle devait calquer les attitudes des hommes. Pour cela, elle se baladait dans les rues et les inspectait, tentant de déceler leurs mimiques. Finalement, elle jeta son dévolu sur une boulangerie. C'était son dernier entrainement. Elle s'approcha et poussa la porte d'une main avant d'entrée nonchalamment dans le commerce.
« Bonjour monsieur. Qu'est-ce que je vous sers ? » demanda une jeune fille debout derrière le comptoir. (T/p) garda un air blasé et fourra ses mains dans ses poches en examinant les étalages.
« J'vais vous prendre… Un croissant » dit-elle d'une voix calme. Elle releva les yeux vers la vendeuse et remarqua qu'elle était rouge comme une pivoine. Cela fit apparaitre un sourire en coin sur le visage de l'hylienne. « Ou alors… pourquoi pas une tartelette aux fraises, pour accompagner vos joues » se moqua-t-elle en se redressant. La jeune fille en face d'elle piqua un fard et baissant les yeux en mordant sa lèvre. Tous ces agissements, (T/p) les connaissaient bien. Elle savait exactement ce que cela signifiait. Elle la trouvait belle. Enfin, beau devrait-elle dire. « Alors, ce croissant ? » reprit-elle.
« Ah ! Oui, pardon ! » s'exclama la jeune fille en s'affairant. « Voici votre commande ! » lança-t-elle d'une traite en tendant la main. (T/p) l'attrapa en donnant la monnaie et mordit un morceau de la pâtisserie.
« Merci mademoiselle » glissa-t-elle en s'en allant.
« D-de rien ! » répondit la vendeuse en fermant les yeux et en s'inclinant vers l'avant. Un rire échappa à (T/p) et elle sortit. C'était pas si mal d'être un garçon en en sachant autant sur les filles. Elle allait faire des ravages si son costume était aussi bon. Elle marcha tranquillement dans les rues en direction du bar. Ce croissant était bon. Elle repasserait à cette boulangerie ! Elle poussa la porte du bar et constata que le nombre de consommateur avait doublé.
« Ah ! (T/p) ! Encore un peu et je te confondais encore avec un garçon ! » s'exclama Telma en s'approchant d'elle, un torchon et une pinte vide à la main. « Alors, tu t'es bien baladée, notre ville te plait ? » demanda-telle en essuyant le récipient.
« C'était parfait, j'ai eu le temps de faire ce que je voulais et les résultats sont inespérés ! » répondit la jeune fille avec joie.
« Oh, tu parles de ces affaires personnelles ? » mima Telma en faisant des guillemets. Le rire de la jeune fille la fit sourire.
« Eh bien, entre autre. »
« Ne me dis pas que tu es ici pour rejoindre ton mari ? » supposa-t-elle en plissant les yeux. (T/p) secoua la tête.
« Pas du tout, je n'ai rien de tel. Je suis seule ici ! » lui apprit-elle.
« Ah, je vois, écoute, tu sais quoi, montes te reposer un peu et redescends dans quelques minutes, une fois que j'aurais fini de préparer ton repas. Nous discuterons un peu de toi à ce moment-là. Tu ne vas pas rester debout dans l'entrée à me raconter ta vie ! » se moqua-t-elle en montrant les escaliers. (T/p) hocha la tête avant de se diriger vers sa chambre. Une fois dedans, elle s'effondra sur le lit. Elle ne l'avait pas remarqué mais la fatigue l'envahissait. Après tout, elle était partie tôt ce matin, aux alentours de 4 heures et il était 22 heures passé. Elle ne pensait pas que la ville la rincerait autant.
Il fallait dire que l'évènement attirait bien plus de monde qu'auparavant. Le tournoi s'était fait une renommée qui poussait même les hyliens habitants aux frontières à venir passer quelques jours à Hyrule. Ce n'était pas plus mal, cela favorisait le commerce et unifiait le pays selon son père. Cet essor était dû au héros d'Hyrule : Link. Eh oui, c'était bien ce jeune homme que (T/p) avait repéré à ses débuts. Mais, il avait grandi. Maintenant, il avait… 23 ans si elle ne se trompait pas, puisqu'ils avaient 5 ans d'écarts. Il avait accédé au poste de vice-capitaine de la garde (soit le deuxième poste le mieux gradé pour un soldat) après avoir sauvé Hyrule de Ganondorf.
Cette histoire datait d'il y a plusieurs années, alors qu'il venait d'intégrer l'armée. (T/p) avait 13 ans et lui 18 ans. Elle ne se souvenait pas bien des évènements mais elle savait de ses parents que le royaume avait été plongé dans la ruine pendant plusieurs mois et que Link fut choisi par la princesse et maintenant reine Zelda afin de l'épauler contre le mal. Elle avait clamé avoir décelé la lumière en lui. Ils avaient combattus côte à côte avec plusieurs autres héros, emblématiques à présent. Link s'était révélé être un combattant hors-pair et détenteur de la Triforce du courage. Beaucoup de personnes ne le savaient pas car l'affaire avait été étouffée pour ne pas attirer la convoitise mais son père avait accès à des informations classées… Ce qui lui permettait d'y avoir également accès. D'ailleurs, cela avait fait faire un cauchemar à (T/p) qui avait rêvé qu'elle avait été celle qui avait arraché la Triforce de la force à Ganondorf avant de la garder avec elle. Mais ce n'était que des rêves d'enfants.
Ainsi, après avoir ramenée la paix en Hyrule, il resta dans la garde et fut nommé vice-capitaine car il lui manquait encore de l'expérience. Toutefois, personne ne doutait de son avenir. Il finirait capitaine de la garde, pour sûr. Après ces évènements, il avait connu une renommée foudroyante et le peuple l'idolâtrait au même titre que Zelda. Ils avaient la reconnaissance de tous. Maintenant, les choses s'étaient calmées et même si Link était toujours le héros adoré du peuple, il pouvait se balader en ville sans se faire arrêter tous les mètres… ou presque. Il attirait toutes les femmes comme un aimant à ce que disait son père. (T/p) ne pouvait pas juger. Elle ne l'avait jamais vu mais les rumeurs à son sujet voulaient qu'il soit un dieu vivant. Elle était curieuse de le rencontrer depuis un moment. Depuis qu'elle l'avait vu pour la première fois au tournoi en fait…
Elle soupira et roula sur son lit pour se forcer à en descendre. Puis, elle descendit au rez-de-chaussée pour aller manger. Elle oublia rapidement son angoisse croissante en mangeant les côtelettes de porc panées de Telma alors qu'elles discutaient de tout et de rien ensembles. La serveuse s'absentait par intervalles pour servir les clients mais cela ne gênait pas (T/p). Elle vit rapidement le bar désemplir ou les gens se faire éjecter car ils étaient trop saouls. Elle devait avouer que Telma avait une poigne de fer…
Puis, elle remonta pour aller se coucher. Elle devait être en forme, demain était le grand jour.
Et voilà ! (T/p) est fin prête pour le tournoi, mais va-t-elle réussir ?
