Bonjour!
Merci pour vos reviews, elles sont très encourageantes et ca me donne encore plus envie d'écrire ^^
comme vous le voyez, les chapitres sont mis assez rapidements, mais comme la question a été posée, je vais me débrouiller pour mettre au plus tard un chapitre chaque mardi et samedi.
Chapitre 3
Les magasins
Sirius avait une drôle de sensation dans le ventre, lorsqu'il enclencha le moteur de sa moto. Ange était assise, derrière lui, et contrairement à l'allée où il avait presque du se battre pour qu'elle se tienne à lui, là, elle était quasiment collée a son dos. Non pas qu'une telle chose était désagréable. Il n'avait simplement pas l'habitude.
- On va voler hein ? S'enquit Ange, toute contente.
- Inutile. Dit Sirius en faisant gronder le moteur. Il y a des magasins pas très loin d'ici, je ne vais pas t'emmener à Londres pour acheter un pantalon et un tee-shirt…
- Oh… dommage.
Sirius esquissa un sourire. Sa déception était presque amusante. S'il était de bonne humeur, au retour, il la ferait peut-être voler. Elle n'avait pas la chance de pouvoir s'élever dans les airs avec un balai, toute seule, n'ayant pas de pouvoir magiques – a part un qu'il mettait tout de même en doute – alors il n'allait pas lui enlever son petit plaisir. Après tout, elle avait dit que tant que la moto était de rigueur, elle le suivrait partout !
Le trajet fut relativement court. Il n'avait pas relâché l'accélérateur, bien que la voix de Remus dans sa tête lui répétait que sa moto était pourvue de freins. Il n'avait rien a craindre, et pour une raison idiote, il aimait beaucoup qu'Ange se serre un peu plus fort à lui quand la vitesse devenait trop dangereuse a son goût. Une fille qui ne protestait pas ou ne ressassait pas que c'était un fou dangereux, c'était pas mal… il avait tellement l'habitude de voir James et Lily qu'il en avait presque oublié que toutes les filles digne d'intérêt n'étaient pas toutes de mauvais caractère.
Il eut cependant du mal à faire comprendre à Ange que tout danger était écarté, une fois la moto à l'arrêt.
- C'est beaucoup mieux quand on vole… Minauda-t-elle sans lâcher Sirius, qui commençait à avoir du mal à respirer.
- Nous sommes à l'arrêt. Fit-il remarqué.
Les passants les regardaient bizarrement. Qu'est-ce que ces fichus moldus étaient en train de s'imaginer ?
- Vous allez trop vite… Continua Ange, sans le lâcher.
- Nous sommes à l'arrêt. Répéta Sirius, mi- amusé, mi-impatient.
- Je pourrais conduire au retour s'il-vous-plait ?
- Certainement pas !
- On pourra rentrer à pied alors ?
- Si je te jure que je ralentirais, tu accepte de descendre de cette fichue moto ?
Ange émit un gémissement, mais obéis. Elle était livide et Sirius eu du mal à se retenir d'éclater de rire lorsqu'il la vit tituber sur la surface pourtant plane. Elle n'avait pas peur de manquer plonger dans le vide, mais était carrément terrifiée lorsqu'il prenait un peu de vitesse sur la route. Décidément, rien n'était normal chez cette fille.
- Bon, on expédie les magasins de fringues et on rentre avant qu'ils ne ferment. Dit-il en garant son véhicule. J'aimerais que tu m'explique ce que tu trouve de terrifiant dans ma manière de conduire normalement… Ajouta-t-il en l'entrainant sur le trottoir.
- Normalement pour vous, c'est quoi ? Demanda Ange, qui reprenait un peu de couleurs.
- Bin, sans voler… quand je suis sur la route.
- Je ne qualifierais pas votre conduite de normal dans ce cas là…
- On croirait entendre Remus. Rit Sirius alors qu'ils entraient dans un des magasins de la place commerciale. Un ami. Ajouta-t-il en voyant son regard interrogatif.
- C'est celui qui est venu chez vous tout à l'heure ?
- Non, lui c'était James… essayerai-tu par hasard d'éluder ma question ?
Ange sourit de ce sourire qui la changeait complètement. Il l'aimait beaucoup, ce sourire. C'était comme une bouffée d'air frais, voir ce visage – a présent propre – éclairé par ces fossettes. On avait presque envie de l'imiter.
- Vous avez posé beaucoup de questions sur moi. Fit-elle remarquer. Je pensais que c'était peut-être mon tour…
- Tu sais déjà pas mal de choses sur moi sans que je n'ai eu besoin de te dire quoi que ce soit. Contra Sirius.
Elle évita le sujet en se concentrant sur une robe blanche encore plus simple que la précédente. Il connaissait la mode moldue pour travailler avec des parents sans pouvoirs magique, à Gringott, et il pensait que personne n'accepterait de porter la chose qu'elle tenait à bout de bras sans être payé. Le prix sur la petite étiquette indiquait « moins soixante-dix pour cent ». Il comprenait pourquoi.
- Tu n'es pas obligé de prendre ce qu'il y a de moins cher. Dit-il en s'approchant d'elle, les sourcils froncés.
- Je ne veux pas que vous pensiez que je profite de la situation… dit Ange d'une petite voix.
- J'ai dit tout à l'heure que je ne voulais pas que tu te sentes comme prisonnière n'est-ce pas ? Dit Sirius, agacé. Et bien j'ai changé d'avis. Tu es prisonnière, et ton kidnappeur veux que tu sois bien habillée, par conséquent… ?
- Je prends cette robe. Termina Ange, imperturbable.
- Tu ne fais vraiment jamais ce qu'on te dit, hein ?
Il lui prit la robe des mains et l'entraina dans un autre rayon. Les êtres timides comme elle n'était-ils pas censé obéir bêtement a ce qu'on leur disait ? Ange accepta tout de même de regarder les vêtements qu'il lui proposait, mais ses yeux cherchaient obligatoirement la petite étiquette du prix, et elle voulait absolument qu'ils soient en solde, si bien qu'à la fin, Sirius les fit discrètement disparaître des vêtements qu'il lui tendait.
- C'est de la triche ! Dit-elle lorsqu'elle remarqua le subterfuge. Combien coûtait ce pantalon avant ? Demanda-t-elle alors à une personne invisible à coté d'elle.
Sirius sentit les cheveux de sa nuque se dresser. Encore plus lorsqu'il la vit sourire et refuser le pantalon.
- Combien ? Prit-il le risque de demander.
- 56 livres. Dit-elle.
Sirius jeta un coup d'œil sur l'étiquette. C'était exact. Il avait presque oublié que cette fille prétendait voir les morts… ou les voyait bel et bien si cela se trouvait. Il fit cependant tout pour qu'elle ne remarque pas son malaise. Elle semblait trop fière d'elle de toute façon pour remarquer quoi que ce soit.
- Moi aussi je peux tricher. Dit-elle ravie.
- Techniquement, ce n'est pas toi qui triche. Fit remarquer Sirius à contre cœur.
Il y eu un silence durant lequel Ange le regarda avec des yeux ronds comme des billes.
- Vous me croyez finalement ? Dit-elle, rayonnante.
- Je n'ai jamais dit que ce n'était pas vrai. Eluda Sirius en baissant les yeux, quelque peut gêner. J'ai simplement dit que c'était difficile à croire… enfin à admettre.
- Mais vous me croyez quand même ! Répéta Ange, un grand sourire sur les lèvres.
- Oui.
A quoi bon ressasser que c'était impossible ? Elle n'avait aucune raison de mentir, il doutait même qu'elle sache ce que ce mot voulait dire. Après tout, tout les pouvoirs magiques au monde n'étaient pas à la portée des sorciers, il se pouvait bien que d'autres personnes, n'appartenant pas a son monde, puisse faire des choses que lui ne pouvait pas. Il était présomptueux, en quelque sorte, de mettre en doute la parole d'Ange simplement parce que cela ne s'était jamais vu… Et puis c'était tellement plus simple d'arrêter de se creuser la tête et d'accepter la réalité. De plus, cela la faisait sourire, c'était donc une bonne chose.
- Revenons à nos chaudrons, dac ? Dit-il en esquissant un sourire – le sourire d'Ange était contagieux - Nous disions donc, pas de pantalon parce que tu as trouvé un moyen de me tourner en bourrique – Ange leva fièrement la tête, très contente d'elle – Seulement si nous continuons ce petit jeux là, nous en avons pour la soirée… et croit moi ce n'est pas moi qui mettrait fin aux hostilités. Ajouta-t-il, très sérieux.
- « Hostilités » ? Répéta Ange en pouffant de rire. C'est donc ça faire les boutiques avec un garçon ? Ce n'est pas gagné !
- Qu'est-ce que je devrais dire moi ? Dit Sirius en faisant passer pour une toux le bref éclat de rire qui lui avait échappé. Je pensais que les filles aimaient justement lorsqu'on leur offrait quelque chose, alors qu'en fait, c'est tout le contraire !
- Je n'ai pas dit que je ne voulais rien…
- Oui, mais il faut que ce ne soit pas trop cher pour ne pas me ruiner, mais aussi pas trop moche pour ne pas avoir l'air d'une idiote et en plus, il faut que ce soit en solde !…Désolé de te l'apprendre de cette manière Ange, mais le père-noël n'existe pas !
- Je sais. Pouffa-t-elle à nouveau. On peut peut-être trouver un compromis ?
- Sachez jeune fille que c'est moi qui décide s'il faut un compromis ou pas. Dit Sirius d'une voix faussement aimable, le coin des lèvres relevés. Mais aux vues de la situation… Que proposes-tu ?
- J'accepte que vous m'achetiez des choses chères a une condition. Dit Ange, ravie.
- Qui est ? Demanda Sirius, suspicieux.
- C'est moi qui conduis au retour.
- Certainement pas !
- Mais vous allez trop vite !
- Tu ne sais pas conduire !
- J'apprends vite !
- Personne a part moi n'a le droit de toucher à ma moto ! Déclara Sirius d'un ton sans réplique alors qu'Ange s'apprêtait à répondre.
- On pourra voler alors ? Demanda-t-elle a voix basse pour que personne ne les entendent.
Sirius ne put retenir son soupir d'exaspération. Elle avait peur de la vitesse, mais pas de se retrouver a plus de milles mètres au-dessus du sol. Y avait-il quelque chose de normal chez cette fille ?
- D'accord. Concéda-t-il en reposant le pantalon sur son rayon. Mais tu choisi ce qu'il te plait, sans regarder le prix, dac ? Je ne suis pas à quelques gallions prêts…
- Gallions ? Répéta Ange, intriguée.
- La monnaie que j'utilise normalement…
- Je choisi donc ce que je veux ? Répéta Ange, hésitante tout à coup.
Sirius acquiesça à nouveau, impatient. Il avait pourtant été clair non ? C'est alors qu'il croisa les yeux de la jeune fille et sentit une légère rougeur lui monter aux joues. Elle le fixait avec une expression étrange, comme s'il avait était la personne la plus étrange qu'elle n'avait jamais vue. Elle continua de le regarder pendant cinq bonnes minutes, comme captivée, jusqu'à ce que Sirius trouve la situation un peu trop gênante pour continuer a soutenir son regard. C'était la première fois qu'il baissait les yeux face a quelqu'un.
- Vous êtes quelqu'un de vraiment gentil, Monsieur Black. Dit Ange. Vraiment gentil.
Sirius la regarda s'éloigner dans un rayon en face du sien, les yeux grands ouverts. Il aurait reçu une gifle qu'il n'aurait pas eu une expression différente. Ca, c'était la meilleure ! On lui disait simplement qu'il était gentil, et il piquait un fard monumental. Heureusement que James ou Peter n'étaient pas présent. Il aurait eu le droit a plusieurs moqueries qui l'aurait rendu vulgaire. Mais qu'est-ce qui lui arrivait à la fin ? Peut-être avait-il simplement attrapé une grippe ? Dès qu'il serait rentré, il se dépêcherait de se préparer de l'estampine. Il aurait les oreilles fumantes pendant une bonne journée, mais au moins, il ne se sentirait plus aussi… aussi malade.
Ange revint vers lui quelques minutes plus tard, une robe à bretelles , des sandales, et de fins bouts de tissus que Sirius espérait ne pas être des sous-vêtements dans les bras. Des situations pareilles n'arrivaient que dans les films à l'eau de rose dont raffolaient les filles, non ? Alors pourquoi cela lui arrivait-il à lui ? C'était-il rendu coupable de quelques crimes ? Ses six années de bonnes et loyales bêtises à Poudlard lui était rendues sous la forme d'Ange ?
- On… nous sommes en hiver. Fit-il remarqué en pointant la robe du doigt – et évitant soigneusement de regarder les petit bout de dentelles qui étaient dessus.
- Ce n'est pas grave, je n'ai jamais froid ! Dit Ange, toujours souriante. Je… je me suis permise de prendre quelque chose à mettre en dessous des vêtements… Ajouta-t-elle en montrant les choses en dentelles. Cela ne vous dérange pas ? Je peux les reposer si vous voulez… vous… vous allez bien ?
- Prends ce que tu veux je t'ai dit ! S'emporta Sirius, furieux contre lui-même.
Certaines têtes se retournèrent vers eux et Ange se mise a pouffer de rire. Mais quel crétin ! Ce n'était pas la première fois qu'il voyait un soutien-gorge et une petite culotte ! Elle ne les portait même pas en plus ! Chose à laquelle il n'aurait jamais dût penser, car une partie de son cerveau, complètement indépendante de sa volonté, se mis à créer une image mentale d'Ange en petite tenue.
- On y va. Dit-il précipitamment en l'entraînant vers la caisse.
- Mais je n'ai pas encore essayé ! Dit Ange, surprise.
Elle le faisait exprès hein ?
- Et puis je voulais prendre une veste… Ajouta-t-elle timidement.
- Je croyais que tu n'avais jamais froid ?
- Mais j'en ai vu une jolie…
- C'est une manie chez toi, de toujours faire le contraire de ce qu'on te dit ?
Il ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle dans ce qu'il disait, pourtant la jeune fille éclata de rire. Au final, elle pris une veste et quelque chose couleur chaire qui se mettait sur les jambes. Il sortit une bourse de sa veste, celle où il conservait son argent moldu – qu'il utilisait d'ordinaire pour s'acheter des pièces détachées. Il n'avait jamais remarqué que travailler à Gringott avait autant d'avantages. Il évita soigneusement le regard de la caissière lorsqu'elle lui tendit le sac avec les nouveaux vêtements d'Ange. Il devait avoir l'air d'un parfait imbécile.
- C'est quand même mieux non ? Demanda-t-il une fois son calme retrouvé.
Ange était partie se changer dans les toilettes publiques. Elle était maintenant beaucoup plus élégante, et même si ses jambes étaient trop maigres, elle était très jolie. La seule ombre au tableau a présent, c'était ses longs cheveux blonds qui lui encadraient le visage, comme des rideaux. Elle aurait été certainement cent fois plus mignonne si elle les avait attachés.
- Oui. Dit-elle en lui tendant le jean et le tee-shirt qui lui avait appartenu quelques heures auparavant. Je me sens beaucoup mieux maintenant, et puis je trouve cette robe très jolie !
Elle tourna sur elle-même pour apprécier le spectacle tandis que Sirius s'occupait de jeter ses anciens vêtements dans une baine a ordure. Il ne vit pas sa mine déçue en découvrant qu'il ne l'avait pas regardée.
- Tant mieux. Dit-il en se frottant les mains. Une bonne chose de faite. Allez viens, on rentre maintenant.
- Je ne peux toujours pas conduire ? Demanda Ange, sans grand espoirs.
- Le jour où une femme conduira ma moto il pleuvra des strangulots… Marmonna Sirius, agacé. Des bestioles qui vivent sous l'eau. Ajouta-t-il en voyant le regard interrogateur de la jeune fille.
Ils passèrent devant une cafétéria en se dirigeant vers « le précieux » de Sirius, et le ventre d'Ange émit un son particulièrement bruyant qui arracha un sourire au jeune homme.
- Tu as faim ? Demanda-t-il inutilement.
Depuis combien de temps n'avait-elle pas mangé correctement ?
- Un peu. Avoua-t-elle, gênée, tandis que son estomac émettait un autre bruit, lui enlevant toute crédibilité.
- Allez, viens. Dit Sirius, amusé. On va casser la croute. Moi aussi j'ai faim.
Lui aussi venait de se rendre compte que son ventre criait famine. C'était ça, les estomacs programmés pour recevoir une part de pizza à des heures bien précises. Lorsqu'ils ne les avaient pas, ils se faisaient impatients.
La cafétéria était assez petite, et peu de monde y mangeait. Ce n'était heureusement pas la première fois qu'il mangeait dans un endroit pareil – il faudrait vraiment qu'un jour, il pense à dire merci à Lily – et il prit un plateau sans plus de cérémonies. Ange l'imita, quelque peu angoissée.
- On peut se servir ? Demanda-t-elle en montrant quelques desserts, non loin d'eux.
- Prends ce que tu veux. Acquiesça Sirius en prenant une assiette remplie de pâtes et d'un gros steak apetissant.
Peut-être n'aurait-il pas dût lui dire d'en faire a sa guise, car il dut l'aider a porter son plateaux qui était devenu trop lourd pour elle.
- Tu vas vraiment manger tout ca ? Demanda-t-il, surpris.
- Bin… j'ai un peu faim…
- Heureusement que ce n'est qu'un peu.
- Je peux en reposer si vous voulez… Minauda Ange, les joues rouges.
La rougeur de ses joues n'était plus aussi disgracieuse qu'elle l'avait été au début. Au contraire, Sirius commençait à la trouver agréable.
- Du moment que tu ne jettes rien. Dit-il en haussant les épaules.
Ils prirent place à une table double, l'un en face de l'autre. Avant de s'asseoir, Ange se prit les pieds dans la chaise et manqua renverser le plateau de Sirius tandis qu'il posait le sien sur la table.
- Désolée. S'excusa-t-elle, gênée.
- Du moment que mon dîner n'a pas fini sur le bitume, moi, ca me va. Rit Sirius en entreprenant de manger son steak.
- Et merci…
- Bah, ce n'est pas ca qui va me ruiner. Et puis tu es trop maigre, il faut que tu manges.
Les rougeurs de ses joues n'étaient toujours pas parties. Quelque chose la gênait peut-être ?
- C'est peut-être moi qui devrais être désolé ? Dit-il, soucieux à présent. J'ai dit quelque chose que tu as mal pris ?
- Oh non ! S'exclama Ange, confuse. Pas du tout ! Je me disais juste… enfin, c'est la première fois…
- Que ?
- Qu'on s'occupe de moi…
Il y eu un court silence. Sirius reposa sa fourchette et se passa la main dans les cheveux, songeur, tandis que la jeune fille jouait avec quelques petits poids de son assiette.
- Depuis combien de temps es-tu toute seule ? Demanda Sirius d'une voix beaucoup plus douce qu'à l'accoutumée.
- Je n'ai jamais été seule. Dit Ange en haussant les épaules. J'ai toujours eu quelqu'un près de moi. J'étais la seule à pouvoir les voir, mais ils étaient quand même là…
- Je parle d'une compagnie vivante, Ange.
Un autre silence. La jeune fille avala une bouchée de ses légumes, regardant résolument son assiette – ses pieds n'étaient pas visibles sous la table. Elle semblait hésiter à lui parler d'elle, comme dans le magasin. Seulement cette fois, Sirius n'en démordrait pas, et ne se ferait pas avoir par de quelconques stratagèmes. Ce n'était pas au vieux maraudeur qu'on allait apprendre à faire la diversion.
- Je ne me souviens pas avoir parlé longtemps avec une personne vivante. Avoua-t-elle sans quitter les yeux de son assiette.
- Tu as bien des parents pourtant. Dit Sirius, quelque peu surpris.
- Je ne m'en souviens pas…
- Et ton enfance ? Tu n'as pas put la passer toute seule tout de même, tu as bien eu quelqu'un ?
- Je ne m'en souviens pas non plus.
- Comment peux-tu connaître ton âge alors ? Et ton prénom ?
- C'est automatique.
Elle releva enfin la tête, plantant ses yeux dans les siens.
- Quand on me pose la question, cela sort tout seul. Continua-t-elle. « Quel âge as-tu ? », 16ans, « Ton prénom ? » Ange… Je n'ai jamais eu besoin de réfléchir pour ca, ni même de me souvenir.
- C'est… étrange… Fut tout ce que Sirius trouva à dire.
- Être Ange, c'est étrange. Dit Ange en riant.
- Ca n'a pas dût être facile… Ajouta Sirius, souriant de son jeu de mot.
- Je n'étais pas vraiment toute seule. Répéta-t-elle, le visage un peu plus détendu. Et puis au bout d'un moment, j'ai commencé à éviter les autres. Tout le monde me prenait comme une folle avant, parce que je ne savais pas faire la différence entre un mort et une personne vivante. Maintenant j'y arrive un peu mieux, mais je dois avouer qu'au début, j'ai cru que vous étiez un fantôme vous aussi.
- Mais Fabian t'a dit que j'étais un sorcier. Termina Sirius, se rappelant de sa réaction lorsqu'il avait sortit sa baguette.
- Oui. Il m'avait dit qu'il en était un lui aussi. Cela m'a surprise au début, car je n'avais jamais croisé la route d'un sorcier. Et puis, c'est la première fois que quelqu'un me demande de l'aide, alors je me suis rendue chez lui… Une chance que je n'étais pas loin, sinon je n'y serais toujours pas arrivée !
- Tu parles de la montre ?
Ange acquiesça. Elle enfourna une autre bouchée de légumes tandis que Sirius se concentrait sur son steak. L'idée qu'elle l'ai pris pour un mort l'avait surpris. Donc, lorsqu'elle voyait une âme, elle n'était pas bien différente des vivants. Ce devait être le défunt, représenté comme s'il était encore vivant… mais mort.
- Moi, cela m'aurait fait peur. Avoua-t-il en s'imaginant à la place d'Ange.
- J'ai toujours eu ce don. Dit la jeune fille avec un sourire. Ca ne me fait donc pas peur. Et puis, on ne voit pas vraiment qu'ils sont morts.
- Fabian est toujours ici ? Demanda Sirius.
- Non. Dit Ange, rougissant à nouveau. Non il a dit qu'il… il ne voulait pas déranger…
- C'est vrai qu'avec tous ces esprits pervers, tu ne dois pas avoir beaucoup d'intimité. Rit Sirius.
Ange regardait toujours son assiette, mais un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle leva alors les yeux vers le jeune homme, visiblement très amusée.
- Vous n'êtes pas très perspicace, n'est-ce pas ? Dit-elle.
- Pourquoi ? S'étonna Sirius.
- Oh, pour rien…
Il eu la très nette impression de passer à coté de quelque chose, mais n'insista pas.
- Tu sais, tu peux me vouvoyer. Fit-il remarquer lorsque son assiette fut vide – Ange s'attaquait à présent à l'un de ses nombreux desserts. Je n'ai que trois ans de plus que toi.
- Si vous voulez… Dit-elle en haussant les épaules.
- Si tu veux. Corrigea Sirius, amusé.
- Si tu veux. Répéta Ange, souriante.
Elle avait pris une quantité de dessert affolante. Il fut presque surpris de ne pas la voir grossir a vu d'œil – tout ceci était énormément sucré - mais d'avantage lorsqu'il se rendit compte qu'elle avait tout mangé sans en laisser une miette.
- J'ai vraiment eu de la chance que tu n'ais eu qu'un peu faim… Dit-il lorsqu'elle eu terminé sa glace.
- Je peux en payer une partie si vous voulez… Minauda Ange.
- Je doute que tu ais de l'argent, rit Sirius. Mais tu pourras me rembourser d'une autre manière si tu veux.
- Laquelle ? Demanda la jeune fille, pleine d'espoir.
- Une vie de servitude fera certainement l'affaire.
Sirius éclata de son rire semblable à un aboiement de chien lorsqu'il vit la tête que faisait la jeune fille. Celle-ci rougit violemment, se levant d'un bond pour aller poser son plateau vide. Elle regardait ses pieds et se tordait les mains lorsqu'elle le rejoint dehors. Elle l'avait peut-être pris au sérieux ?
- Je plaisantais. Précisa-t-il, hilare.
Ange rougit d'avantage – si c'était possible. Elle ne dit pas un mot jusqu'à ce qu'ils arrivent en face de la moto, essayant sans doute de faire oublier sa présence. Elle s'accrocha cependant fermement à Sirius lorsqu'il monta sur le véhicule.
- Vous avez dit qu'on volerait. Chuchota-t-elle pour ne pas se faire entendre des passants.
- Tu as dit qu'on volerait. Corrigea à nouveau Sirius.
Il fit gronder le moteur, sans pour autant démarrer. Ange s'était mise à lui tapoter le dos pour qu'il se tourne vers elle.
- Quelque chose ne va pas ? Demanda-t-il, intrigué.
- Vous vous… enfin tu te souviens de ce qu'on a dit à la cafétéria ? A propos de Fabian ? Dit-Ange, hésitante.
- Il t'a dit que j'étais un sorcier, oui…
- Non, pas ça… a propos de sa montre…
Elle semblait hésiter a dire ce qu'elle avait sur le cœur. Sirius l'encouragea en hachant la tête, légèrement agacé.
- Et ? Insista-t-il.
- Je voulais savoir si vous vouliez bien m'aider à la donner à Molly…
Sirius reposa ses pieds sur le sol, fouillant dans la poche de sa veste. En à peine vingt-quatre heures, il avait plus utilisé cet engin que durant le reste de sa vie. Il sortit son téléphone portable, cherchant le contact qu'il souhaitait avoir au bout du fil. Il appuya sur le bouton vers une fois le nom de son ami affiché.
- Ouah ! Sirius jamais je n'aurais cru voir un jour ton nom s'afficher sur mon téléphone ! Dit la voix amusée de Peter dans le combiné.
Il semblait ne plus être en état de choque, ce qui arrangeait les choses. Derrière lui, pour une raison qu'il ignorait, Ange frémit.
- J'aurais besoin de ton aide vieux. Dit Sirius sans tenir compte de sa remarque. Ta mère est amis avec Astoria Prewett n'est-ce pas ? Alors est-ce que par hasard tu saurais où habite les Weasley ?
Vala!
j'espère que ce chapitre vous à plut ! moi je me suis bien amusée à l'écrire en tout cas! Jusque là, c'est mon chapitre préféré ! (pauvre Sirius je lui en fait voir...)
j'espère que cela vous plait autant ^^ prochain chapitre, au plus tard mardi !
une tite review pour me dire ce que vous en pensez?
