Leçon 3 : Fuck you, Riddle.
La première fois qu'elle a répondu à ses provocations... Il n'a vraiment pas aimé.
o.O.o
"Tu veux que je... Que je... Que QUOI ?!"
Vautrée dans l'un des fauteuils de la salle commune, Minerva ne lâche pas des yeux son vis-à-vis jusqu'à ce qu'il se calme.
"Je refuse."
Soupir. Quand comprendra-t-il qu'il n'a tout simplement pas le choix ? La jeune fille fronce les sourcils et se redresse, sérieuse.
"Marx... On est bien d'accord, dis-moi ?"
Marx se trémousse, mal à l'aise devant son air sévère. Marxarian McGain -nommé par des parents inconscients, capitaine de l'équipe de Gryffondor et meilleur ami de Minerva à ses heures perdues- se trémousse. Et finit par glapir devant le regard insistant :
"Okay, il abuse ! Mais Mine... Ne me demande pas ça, je t'en supplie. Si on m'attrape...
- Tu seras collé tout au plus.
- Pas du tout ! Viré oui !" Il semble presque terrorisé par cette idée. "C'est trop dangereux ! Je veux pouvoir passer mes BUSES, tu sais !
- Et moi, j'aimerais passer mes ASPICS." Le coupe la rouge et or. Marx ferme la bouche, réalisant peu à peu sa boulette. Mais déjà Minerva s'est engouffrée dans la brèche. "Et je ne peux même plus réviser. Je n'ai plus le temps de rien faire." continue-t-elle, les yeux étincelants.
"Je..." tente son ami.
"N'est-ce pas toi Marx, qui hurlait contre lui, hier ? Après tout, il m'a privé de Quidditch. Et, même si on ne peut pas dire que l'empathie t'étouffe, il t'a aussi enlevé un coéquipier à quelques jours du premier match de la saison. Contre les Serpentard par-dessus le marché !
- Mais...
- Oh ! Bien sûr, il y a Poyssan. Non seulement c'est un abruti sans cervelle mais en plus, il ne possède pas une once de mon talent et ça tu le sais parfaitement ! Sinon, tu arrêterais de te plaindre !"
Le cinquième année se ratatine sur sa chaise devant une Minerva vraiment furieuse, maintenant.
"Reconnais-le McGain, tu as besoin de moi si tu veux seulement envisager la victoire ! Sans moi, tu as déjà perdu. N'oublie pas contre qui tu joues !
- MAIS MERLIN MINE, TU PEUX PAS ME DEMANDER CA !"
Il a hurlé. Minerva ouvre des grands yeux et ferme doucement la bouche. Avant de reprendre d'une voix glacée :
"Ah, c'est ça ? Moi qui croyais que tu étais un Gryffondor." Marx tente de reprendre la parole mais elle ne lui en laisse tout simplement pas le temps. "Tu n'es en fait qu'un lâche. On est censé être courageux, mais l'as-tu jamais été ?!" elle siffle ces mots comme du venin. Elle frappe.
"Mine.
- Mais dis-moi mon cher, n'es-tu pas attrapeur ? Chaque jour, tu me bassines avec tes capacités hors du commun ! Me mentirais-tu ? N'es-tu pas rapide et leste ?
- Sur un balai, Mine ! Seulement sur un balai.
- Quelle différence ?" casse-t-elle. "Tu es petit et discret. Ne mens pas ! Marx, tu vas voir ta copine tous les soirs !
- Mélanie ? Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans ?
- Tu reviens toujours après le couvre-feu, si ce n'est aux aurores ! Et comme elle est à Serdaigle, tu traverses la moitié du château sans te faire prendre ! Tu es donc capable de faire ce que je te demande et ce, en toute discrétion. Ne pas le faire reviendrait à confirmer ta lâcheté."
Marx ferme les yeux, blême. Elle a gagné...
"J'aurais dû aller à Poufsouffle." Marmonne-t-il, ratant de peu le sourire lumineux de Minerva.
.
.
"Il arrive ?"
Les deux ombres se mouvent dans le couloir, noirs sur noir. Cela fait deux semaines qu'ils sortent tous les soirs après le couvre-feu et arpentent les couloirs à la recherche du professeur assigné à la surveillance. Deux semaines qu'ils prennent des risques stupides pour trouver Jedusor et deux semaines qu'ils sont déçus chaque soir.
Mais ce soir... Ce soir, c'est la bonne. Ce soir, Tom est obligé de faire sa ronde. Ce soir tout va commencer. Ce soir, le professeur est enfin sorti de ses appartements.
"Vas y !" chuchote furieusement l'une des silhouettes. L'autre ne répond même pas, elle est déjà partie. Minerva se laisse glisser au sol et compte jusqu'à dix.
Dix. Neuf. Huit...
Une première explosion ébranle tout le château. La déflagration n'est pas importante mais le bruit est assourdissant.
Sept. Six. Cinq. Quatre. Trois.
Celle-ci est un peu moins puissante. Il faut dire qu'elle est plus loin. Bien. Minerva a exactement cinq explosions de plus pour agir. Elle se relève et sort sa baguette, jette un coup d'œil au couloir. Parfait, il est désert.
Le halomora est murmuré si bas qu'on ne l'entend même pas. Pourtant, il est efficace. La porte s'ouvre dans un grincement inadéquat. Minerva se fige, attendant la troisième explosion. Qui ne tarde pas, beaucoup plus faible. Parfait, Tom doit être à l'autre bout du château à poursuivre Marx. Elle entre donc dans le bureau, la boule au ventre.
Où l'a-t-il posé ? Bien sûr, pas dans l'armoire ou sur le bureau, ce serait tellement simple. Pas derrière la porte, non plus. Elle n'a pas le temps de réfléchir, elle n'a pas le temps de chercher ! Elle est pressée ! La gryffondor souffle un bon coup et observe le bureau. Les cachettes possibles sont minces. En fait, il n'y en a presque aucune. Si elle ne voit pas le balai ici...
Ca veut dire qu'il l'a posé dans ses quartiers. Merlin ! Elle se dirige vers la porte au fond de la pièce, de plus en plus nerveuse. La porte est ouverte : Elle se faufile donc dans son appartement, les muscles tellement tendus que ça lui fait mal.
Elle jette un coup d'œil à la pièce, note le décor impersonnel et glacial. Aussi glacial que le carrelage. Sans un bruit, elle se dirige vers le salon et toise la pièce. Rien. Nada. Pas de balai certes, mais aussi aucun bibelot, aucune photo. C'est étrange, on ne sait pas qui habite ici. Minerva fronce les sourcils et retrousse les manches. Il va falloir qu'elle fouille tout...
...
Une énième explosion secoue le château. Tom s'arrête net et grommelle en faisant demi tour. Il commence vraiment à s'énerver. Si jamais il met la main sur le petit plaisantin, il lui fera regretter le jour de sa naissance. Courant -au diable l'élégance !- aussi vite que ses jambes le lui permettent, l'homme serre les dents de fureur. Comme les autres fois, il a juste le temps d'entendre un rire avant d'être plongé dans le noir complet. Comme les autres fois, le lumos ne fonctionne pas. Comme les autres fois, son sang bat à ses tempes. Et comme les autres fois, il s'empêche de lancer un sortilège à l'aveuglette.
Soudain, il voit une personne se découper un peu plus loin ! La réplique ne tarde pas.
"STUPEFIX !"
Le sortilège frappe la pierre derrière sa cible. Elle a bougé si rapidement qu'il en a presque la nausée. Et elle a disparu. Tom s'arrête quelques minutes, s'attendant à la prochaine détonation. Mais le sol ne tremble plus. C'est fini. Et il s'est échappé.
Le bruit a enfin ameuté quelques professeurs inquiets. Tom se mord la langue, réfléchissant à toute vitesse. Qui que ce soit, c'est un élève. Et donc, s'il est là...
"ELEVE HORS DU DORTOIR !"
...
Et merde. Marx entend l'exclamation de Tom et s'agrippe au bord du toit. Ce n'est plus qu'une question de minutes avant qu'on aille vérifier le nombre d'élèves dans les salles communes. Que fout Minerva ? Il frappe une nouvelle fois à la fenêtre. Derrière c'est le bureau de Jedusor. Pourquoi elle n'ouvre pas ?! Allez ! Il va toquer une nouvelle fois, impatient, quand la fenêtre s'ouvre à la volée. Minerva, échevelée et le balai à la main, lui accorde un sourire triomphant :
"Je l'ai !"
Parfait, parfait. On n'a pas le temps. La jeune fille monte sur le chambranle de la fenêtre et décolle facilement. Marx se laisse tout bonnement tomber de son perchoir, savourant les quelques minutes de chute libre avant que Mine ne le réceptionne. Et le balai fend les airs à toute vitesse. Instantanément, ils arrivent à la tour des gryffons. Marx saute du balai avant que Minerva ne se pose. D'un pas de funambule, les bras écartés, il marche sur les ardoises branlantes. Il n'a pas peur, il l'a fait tellement souvent... La mansarde est ouverte, elle l'est toujours les jours de sortie. Il s'élance et atterrit sur un lit.
"Marx ! Alors, comment ça s'est passé ?
- Salut Eric."
Ledit Eric lui fait un sourire rayonnant et Luc lève les yeux de son livre.
"Ils viennent dans combien de temps ?
- Moins de cinq minutes."
Le gryffondor abandonne son livre à regret.
"On a entendu, tu sais ? Tu pouvais pas faire plus discret ?
- Dis ça à Minerva. Cette fille est folle.
- Tu t'es amusé au moins ?"
Le rictus que lui lance son ami fait presque peur.
"Follement. Où sont les autres ?
- En bas. Une partie d'échec pas encore finie, je crois."
Pas intéressant. Marx s'enfonce dans les oreillers, attendant patiemment que les professeurs se mettent à hurler...
.
.
Tom, enfoncé dans son fauteuil, les pieds sur la table basse et un verre de whiskey à la main, s'interroge. Il ne comprend pas. Hier soir, on l'a fait courir dans tout le château. Mais pourquoi ? C'est presque comme une diver...
Diversion. C'est logique. Limpide, même. Si on a agité une carotte devant son nez, c'est pour l'empêcher de voir quelque chose. Mais quoi ? Réfléchis Tom, réfléchis. Qu'est-ce-que tu aurais dû voir ? On est déjà en pleine après-midi. Il ne s'est rien passé, ce matin. Rien, vraiment. Le seul évènement notable aujourd'hui est le match de Quidditch que disputent Gryffondor et Serpentard.
Le match de Quidditch. Le Quidditch ! Ah, elle n'a pas fait ça tout de même ! Jedusor se redresse et plisse les yeux. Pas la peine de vérifier, il n'est pas dans sa penderie. La sale petite...
Sifflant de colère, l'homme quitte ses quartiers. Oh, elle ne va pas s'en sortir comme ça. Il arpente les couloirs déserts, blanc de rage. Elle a osé ? Elle va avoir mal !
...
Le spectacle qu'il regarde, il s'y attendait. Néanmoins, quand il l'aperçoit virevoltant dans les airs, une fureur qu'il a rarement eue se met à courir dans ses veines. Elle a le Souaffle en main, elle file vers le gardien adverse. Et elle marque ! Le public hurle de joie. Tom s'adosse contre un poteau, la massacrant des yeux. Qu'est-ce qu'il peut faire ?
Il secoue la tête et se concentre sur la rouge et or. Elle vole comme elle respire, elle slalome entre les joueurs, elle glisse dans les airs. Il la regarde et d'un coup, elle tourne la tête. Elle le voit de l'autre côté du terrain et elle le cloue au sol d'un regard intense. Beaucoup trop intense.
Il la brûle. Ses yeux la brûlent, la consument. Il est en colère, ça se voit : Il semble presque prêt à lui jeter un sort. Elle évite un Cognard et lui sourit. Sa réponse est violente : Il se redresse, les narines frémissantes. Sa baguette est presque sortie et il ferme les yeux un instant avant de la repousser au fond de sa poche. Tremblant et lui lance un coup d'œil tout simplement terrifiant.
La Gryffondor soutient son regard avec autant d'insolence qu'elle le peut. Mais la balle est de nouveau à elle, elle doit se détourner. Jedusor la regarde descendre en piqué à toute vitesse, talonnée par deux Serpentard. Il l'a voit s'approcher très près du sol. Beaucoup trop près. Vraiment.
Qu'est-ce qu'elle attend pour redresser ? Elle va finir par se tuer ! Tom serre les mâchoires, furieux. C'est à lui de la supprimer, à personne d'autre ! Et pas un stupide accident, surtout !
Il va intervenir. Il va lancer une incantation, lui sauver la vie. Après tout, c'est son joujou, il se réserve le droit de faire couler le sang.
Mais Minerva redresse. Si proche du sol que l'herbe est soufflée par le vent de la course, elle vrille tout son être et son balai repart dans les cieux à toute vitesse. L'un des Serpentards l'a vu venir. Il la colle, l'air profondément fier de lui. L'autre est trop bête pour avoir compris. Il va si vite que son balai se plante dans le sol et le désarçonne brutalement. Le craquement écœurant du poignet se brisant est couvert par la clameur des rouges et ors. Et l'attrapeur -comment s'appelle-t-il déjà... Marx ?- remonte la main tendue.
.
.
"Votre balai !"
La voix est polaire, grondante. Elle promet un déchaînement prochain, elle tremble d'une tempête à peine maîtrisée. Et Minerva réalise peu à peu à qui elle est en train de parler. Pas à Marx ou à Luc, non. Elle parle à un professeur. Elle s'est amusée à le pousser à bout. Et maintenant, elle en allait payer les conséquences...
Elle se heurte à son regard flamboyant et haineux. A ses mâchoires serrées et à la veine qui bat à sa tempe. Elle peut presque sentir la pulsation sourde de sa magie autour d'eux.
Elle l'a mis en colère... Très en colère. Elle a été insolente. Méprisable. Elle l'a presque insulté, elle a oublié qui il est. Elle a oublié sa place. Elle doit se calmer. Elle doit s'excuser, détourner le regard et attendre la punition. Oui elle doit. Il faut faire machine arrière tout de suite, avant de s'engager dans une pente trop dangereuse. Avant de commencer une course folle, effrénée qu'elle n'est pas sûre de maîtriser.
Seulement, Tom lui arrache son balai des mains. Il crache une injure à peine déguisée. Il jette l'objet dans la cheminée, brutalement. Minerva l'observe se noircir, se racornir et c'est son cœur qui brûle.
Prit d'une impulsion, Tom tend la main et saisit la jeune fille par la nuque dans un geste doux. Détestable. Il presse son front contre le sien, presque amoureusement. Avant de murmurer, profondément méprisant :
"Si cela ne tenait qu'à moi, vous ne passeriez pas davantage de temps ici. Cependant croyez bien que vous ne remonterez jamais plus sur un balai. Jamais."
Minerva se dégage d'un geste sec, troublée. Troublée par le geste de son professeur, troublée par le sursaut dans son ventre. Elle le cache sous le dégoût et la rage et fixe son professeur, le regard noir.
Lui savoure la féroce satisfaction de la voir enfin le haïr.
Elle ouvre la bouche. Il s'attend à ce qu'elle proteste, l'insulte même peut être. Il le veut. Il veut la voir perdre ses moyens, tomber dans un piège. Mais non. Elle repart, dans le silence honnis.
Salut à tous ^^
J'ai mis un peu de temps ce week end pour boucler la fin, Rom' ne m'avait pas encore renvoyé le final et puis j'étais crevée xD
Ah, ça... Rom', je t'explique tout, je te passe un MP dès que je poste ce chapitre ^^
Que dire de lui... Eh bien, voici la réponse de la Mine. Elle est furieuse, c'est pas rien de le dire. Ils se livrent la guerre, ces deux là ^^ J'aime cette fiction, j'aime écrire le noir, j'aime.
Comme d'habitude, vouons un culte à Romy ^^ Merci, encore une fois, merci toujours, merci pour cette fiction mais aussi pour tout le reste ^^
Melfique, y a un petit truc pour toi dans ce chapitre, j'espère que tu l'as vu ^^
MaYa : C'est pas grave. Je te pardonne. Pour cette fois xD C'est marrant, tout le monde veut faire la peau à Tomy xD Attendez un peu, vous verrez la suite xD
Guest : Hey ! Merci pour les compliments, j'espère que tu vas continuer à lire cette fiction.
Merci d'avoir lu. Merci de lire. Merci des reviews.
Bouya'.
