Voici un nouveau chapitre du tome deux de la saga Par delà la Porte. J'espère que vous aimerez ce chapitre ! Bonne lecture !
Chapitre 3
En voyant la porte arrachée de ses gonds, Edward sentit aussitôt de la crainte affluer dans son esprit et instinctivement, prit une position de combattant avant de se rendre compte qu'il avait aussi une baguette et que face à des sorciers, il valait peut-être mieux avoir recours à des sortilèges surpuissants qu'aux arts martiaux. Mais le jeune Amnestrien avait encore conservé les habitudes de survie venant de son monde et ne les abandonnait pas si facilement…Devant l'entrée forcée, le professeur Dumbledore, quant à lui, leur commanda de rester en arrière derrière lui avant de pénétrer dans la maison prudemment, éclairant le hall à l'ide d'un lumos.
Quand ils pénétrèrent dans le salon, une scène de désolation les attendait : la pendule était fracassée sur le sol, le magnifique piano avait été réduit en morceaux, les touches blanches et noires étaient éparpillées sur le sol, des débris du lustre en cristal jonchaient le sol en même temps que des plumes volant hors des coussins moelleux et maintenant éventrés. De multiples bibelots fragiles en porcelaine fine avaient été réduits en poudre par ce qui semblait être un combat violent. Des tâches sanglantes maculaient les murs mais Edward observa néanmoins qu'il n'y avait aucun corps dans la pièce. Ce fut son premier indice : des blessures générant une perte de sang si importante aurait laissé quelqu'un dans un état grave.
Une plume qui volait encore dans la pièce constitua la deuxième trace suspecte : le combat, si combat il y avait eu, avait été récent. Trop récent. Selon Dumbledore, cette maison devait être équipée de charme anti-transplanages et donc, pour pouvoir disparaître d'ici avec leur victime, les agresseurs auraient été forcés de sortir et dans ce cas, ils auraient été aperçus. Bien sûr, il y avait la possibilité qu'ils se cachent encore dans la maison mais l'oreille exercée de Edward les aurait certainement entendus. Donc, il y avait tromperie sur la marchandise et cette scène de combat n'en était pas vraiment une.
Quand Harry suggéra que les agresseurs avaient peut-être emmené leur futur professeur, Dumbledore répondit qu'il ne le pensait pas et Edward émit un petit sourire plutôt étrange dans une ambiance aussi morbide en ajoutant :
"La scène de combat est trop récente, Harry. Il se cache encore ici…"
"Edward a raison, Harry. La preuve… "
Et sans avertissement, Dumbledore enfonça sa baguette dans le fauteuil rembourré qui poussa un hurlement, prouvant à Edward qu'il ne s'agissait pas d'un sort de métamorphose mais d'un charme d'illusion donnant au gros homme chauve devant eux l'apparence du siège rembourré. La baguette s'était enfoncé dans le ventre gras du sorcier avec l'énorme moustache de morse qui se massait l'estomac d'un air mécontent tandis que Edward songeait avec amusement que la scène aurait été plus drôle si la baguette avait heurté l'imposant postérieur de la personne devant eux… Néanmoins, même surpris dans une situation aussi grotesque, l'ancien professeur ne semblait pas du tout embarrassé et désirait plutôt savoir ce qui l'avait trahi.
Apparemment, Dumbledore avait déduit ce qu'il s'était passé par l'absence de la marque des ténèbres mais de toute façon, comme Edward l'avait lui même compris, le dénommé Horace n'avait pas eu beaucoup de temps pour sa mise en scène. Après cette explication, les deux sorciers formant un contraste assez saisissant, l'un mince et grand, l'autre petit et rond, se mirent do à dos pour ranger la pièce de fond en comble en un temps record, ce qui attira une remarque légèrement sarcastique d'Edward à l'intention de Harry concernant le rangement de ses affaires. Mais comme le répliqua si bien le sorcier brun, la magie pour des buts aussi futiles était interdit aux sorciers de premier cycle…
Edward ne prêta pas trop attention à la conversation qui suivit, peu intéressé par la perte en sang de dragon et les coûts prohibitifs de cette substance. Par contre, il redevint attentif quand Dumbledore fit les présentations :
"Voici Harry Potter et Edward Elric Flamel. Harry, Edward, je vous présente un vieil ami et collègue, Horace Slughorn."
Vu la manière dont Dumbledore avait insisté subtilement sur le nom de Flamel et celui de Harry Potter, Edward commença à penser qu'ils étaient bel et bien là pour une raison qui, à présent, lui paraissait claire. À ses débuts dans l'armée et même après, beaucoup de gens avaient été attirés par l'Alchimiste d'État prodige qu'il était et nombreuses étaient les personnes qui l'avaient invité dans l'espoir de recevoir en retour quelques faveurs. Ces numéros de flatterie et cette corruption déguisée, dont l'ancien colonel Yorki n'avait été que l'un des exemples, avait été rapidement comprise par le jeune alchimiste. Le colonel Mustang avait insisté pour lui donner des leçons aussitôt après son engagement dans l'armée à ce sujet et lui avait appris tout ce qu'il y avait à savoir pour gérer ce genre de situation, apprenant à Edward l'hypocrisie et la manipulation.
À l'époque, Edward n'avait pas été ravi d'apprendre ce genre de chose qui s'opposait alors à sa nature franche et directe mais il avait vite compris que c'était indispensable pour évoluer dans le milieu des hauts gradés militaires et de l'aristocratie. Au fond, Roy Mustang n'avait fait que lui apprendre des leçons de politesse et l'avait rendu moins naïf face à des personnes qui n'auraient eu aucun scrupule à manipuler un garçon qui n'avait alors que douze ans à peine… Quand il reviendrait à Amnestris, Edward le remercierait…peut-être…un peu.
Mais pour le moment, il semblait clair pour Edward que Dumbledore se servait de leurs célébrités respectives pour encourager son ancien collègue à revenir enseigner à Poudlard. Edward n'y voyait aucun inconvénient car de toute façon le petit homme replet ne lui inspirait pas une sympathie exagérée alors l'ancien alchimiste d'État était tout à fait prêt à exploiter sans vergogne le nom de Flamel qu'il portait depuis un an. Après tout, autant qu'il serve à quelque chose. À peine était il présenté que Edward adressa à Slughorn son sourire le plus éclatant (et selon Alphonse, son moins sincère) et s'assit, tout comme Harry, bien en évidence devant l'ancien professeur.
Edward songea que Harry lui même devait avoir compris désormais pour quoi il était là mais il pouvait toujours se tromper. Pour quelqu'un qui était une personnalité si connue dans le monde des sorciers, son ami semblait étonnamment incapable de gérer son image publique sans aide. Par chance, il était aussi (et heureusement d'ailleurs) humble et modeste, ce qui évitait de faire de lui quelqu'un d'insupportable. Mais parfois, Edward songeait que le célèbre sorcier aurait bien eu besoin également des leçons de Mustang concernant la manipulation car cela ne lui aurait définitivement pas fait de mal.
Dissimulant la lueur rusée de son regard, Edward accepta le verre que lui tendait Slughorn sur un plateau et le remercia chaleureusement avec toujours un grand sourire. Dumbledore lui-même semblait plutôt satisfait de voir la manière dont le jeune garçon entrait dans son jeu et il commença à s'enquérir poliment de la santé de son vieil ami qui apparemment, n'allait pas très bien à cause des problèmes de la vieillesse : rhumatisme, problèmes de respiration, fatigue… Et pourtant, le bonhomme rondelet était parvenu à créer une scène de désastre en moins de deux minutes malgré son embonpoint et ses difficultés… Edward, rien que pour ça, lui tirait son chapeau. Cependant, il n'appréciait pas plus que ça la manière dont Slughorn tenait excessivement à son petit confort égoïste.
Puis, la discussion dévia sur la santé de Dumbledore et plus particulièrement sa main et Edward sentit distinctement ses cheveux se hérisser sur sa nuque et un frisson désagréable le parcourir tandis qu'il la contemplait. Cela lui donnait le même genre d'impression que quand il se trouvait face à un Homonculus : une chose contre-nature et qui ne devrait pas exister. Telle devait être la sensation causée par la magie noire, quelque chose s'opposant aux règles établies par la Nature.
Quand Dumbledore montra sa main intacte, cependant, Edward fut fasciné par la bague, ou plutôt la pierre scellée dans l'anneau. Elle avait la même couleur fascinante que la Porte de la Vérité et le jeune Alchimiste ne pouvait s'empêcher de se sentir mystérieusement attiré par cet artefact. Mais il se retint de trop montrer son intérêt : Dumbledore semblait lui faire un petit peu plus confiance et pour obtenir des informations sur sa mission, il valait sans doute mieux qu'il continue à écarter ses soupçons. Néanmoins, il se jura de garder un œil attentif sur cette pierre à l'avenir car un mystérieux instinct (qui lui paraissait un peu trop "Made in Verité) lui soufflait qu'elle serait importante à l'avenir.
Edward accorda à nouveau son attention à la discussion : apparemment, contrairement au Ministère et à la majorité de la population magique, Slughorn avait cru Dumbledore sur le champ quand il avait annoncé le retour de Voldemort il y a un an. Cela pouvait dire deux choses : soit Slughorn faisait aveuglément confiance à Dumbledore, ce que son refus de retourner enseigner à Poudlard démentait, soit il était terrifié de Voldemort et le savait capable de revenir d'entre les morts… Hypothèse beaucoup plus intéressante aux yeux d'Edward et le jeune garçon commençait à se demander ce que le sorcier rondelet pouvait bien dissimuler et la raison exacte pour laquelle Dumbledore tenait tellement à le voir revenir au Collège de Poudlard… Peut-être, lui aussi, pour découvrir son secret.
La conversation aborda pendant un instant le sujet de Ombrage, de sinistre mémoire, et sur laquelle Horace Slughorn avait entendu des rumeurs peu rassurantes. Les explications de Dumbledore sur son sort provoqua à la fois une remarque de dérision de la part de l'ancien professeur et un pouffement de rire des deux jeunes garçons qui se souvenaient très bien de ce qu'il s'était passé ce soir là entre l'affreuse bonne femme et le troupeau de centaures dans la Forêt Interdite. Maintenant que Harry et Edward avaient attiré l'attention sur eux, Dumbledore décida de profiter de l'occasion pour les laisser seuls en tête à tête avec son ami et demanda la direction des toilettes que Slughorn lui indiqua à contrecœur.
Le professeur se leva, tentant d'ôter de son champ de vision la tentation que semblaient représenter pour lui les deux garçons assis devant lui. Il tenta de leur dire qu'il savait pourquoi on les avait fait venir mais le regard innocent de Edward et Harry constitua sa seule réponse. Slughorn les observait maintenant plus précisément et commença à dire les banalités d'usages à Harry : apparence de son père, yeux de sa mère, des banalités que Harry devait être las d'entendre. Puis il s'adressa à Edward :
"J'avais entendu dire que Nicolas Flamel avait adopté un héritier mais j'avoue que je ne pensais pas cette rumeur fondée, jeune homme…Alors comme ça, c'est vrai, il vous a vraiment reconnu comme son successeur ?"
"C'est ce qu'il a dit dans son testament, monsieur", répondit poliment Edward avant de préciser en brodant un peu : "il ne m'a pas légué sa fortune ou le secret de la Pierre Philosophale contrairement à ce que croient beaucoup de personnes mais en revanche, lorsque j'ai résolu une énigme qu'il avait coutume de poser, il m'a déclaré que cela faisait de moi son héritier spirituel, d'où l'adoption."
"Je vois, je vois," s'enthousiasma Slughorn. "Non pas que l'or m'intéresse, bien sûr, mais pour avoir su résoudre son énigme, vous devez être un jeune homme brillant et très doué !"
"Oh, vous savez, je n'ai appris que j'étais un sorcier que l'année dernière, en réalité, répondit Edward :"J'ai tenté de passer les BUSE cette année, néanmoins et je n'ai pas l'impression de m'en être trop mal tiré." Ajouta t-il faussement modeste sans tenir compte de l'expression étonnée de Harry qui n'avait encore jamais vu son ami se conduire de façon aussi suffisante.
"Un jeune homme extrêmement brillant ! S'exclama l'ancien professeur visiblement ravi avant de parler de la mère de Harry en affirmant qu'elle faisait partie de ses favoris, de ses "chouchous" et qu'elle aurait dû appartenir à sa maison.
"Quelle était votre Maison" Demanda alors Harry.
"J'étais directeur de Serpentard mai il ne faut pas m'en vouloir pour ça." Se récria Slughorn en voyant le raidissement des épaules de Harry.
"Quelle matière enseigniez vous ?" Demanda Edward qui doutait fortement que cet enseignant vienne remplacer Ombrage cette année…
"Les Potions, Albus ne vous l'a pas dit ?" S'interrogea Slughorn en croquant une friandise.
En entendant la réponse du professeur Slughorn, Harry s'était senti frappé par la foudre et pourtant, à présent, la question d'Edward semblait logique car on voyait mal l'homme replet enseigner la défense en ces temps troublés… Cependant, si Slughorn enseignait les potions l'an prochain conformément aux vœux de Dumbledore, cela signifierait que le poste de Défense resterait vacant et que Rogue était certainement celui auquel il serait offert puisque son poste serait pris. C'était une sacrée surprise pour Harry d'apprendre une pareille nouvelle et le jeune garçon avait du mal à cacher sa surprise devant la tournure que prenaient les événements.
Certes, la relation entre lui et le professeur de Potion était devenue neutre : En classe, à la fin de l'année, il avait cessé de s'en prendre à lui verbalement et se contentait le plus souvent de l'ignorer. Il ne lui faisait pas de coups bas et avait même une fois intercepté un ingrédient lancé par Malfoy en direction de son chaudron. Il le notait honnêtement, du moins, il le pensait, et son dernier essai de l'année avant les Buse avait même reçu la note de E, un exploit dans sa classe. De son côté, Harry avait tâché de ne pas faire de vagues et de respecter, sinon l'homme entier, au moins les quelques qualités qu'il montrait ouvertement. Edward l'avait beaucoup aidé lors des leçons d'Occlumencie de l'an passé et la quasi-disparition de la tension entre eux enlevait un poids dont Harry n'avait jamais eu conscience jusqu'à présent durant les cours de potion. Ce ne serait jamais l'amitié entre eux mais au moins, ce ne serait plus l'hostilité ouverte qui avait été présente pendant près de cinq ans.
Le fait que Rogue puisse devenir son professeur de Défense changerait il quelque chose pour lui ? Harry était doué dans cette matière et il savait également que le professeur Rogue (il en venait même à se corriger de lui même, Ed avait décidément une influence plutôt forte sur lui) excellait dans cette matière également. Avec lui, au moins, ils apprendraient vraiment quelque chose en rapport avec la vraie défense. De plus, s'il n'était plus le professeur de potion, cela voudrait dire qu'il aurait peut-être une chance de pouvoir poursuivre ses études d'Auror s'il n'avait que E à son épreuve de Buse…
Finalement, ce serait peut-être dans l'intérêt de Harry que Slughorn devienne le professeur de potion alors autant entrer dans le jeu. De plus, Edward semblait trouver la situation amusante alors autant encourager ce type à devenir son professeur, même s'il ne le respectait pas plus que ça…Il était difficile, en effet, d'estimer une personne qui vivait en s'introduisant illégalement dans les demeures des personnes tout en tâchant de maintenir un niveau de vie de haute qualité avec confiserie et intérieur douillet tandis que d'autres personnes avaient vécu dans des endroits bien plus durs comme Sirius…
Mais si pour devenir auror, Harry devait écouter le monologue de Slughorn concernant les personnes et les relations qu'il connaissait personnellement, ainsi que les petits préjugés ordinaires (bien que Slughorn s'en défende), alors le jeune garçon était prêt à l'accepter, même s'il faisait parfois quelques mises au points notamment pour Hermione. L'ancien professeur de potion ressemblait plus à un collectionneur de talents et il semblait aimer plus que tout montrer sa collection de relations qui lui offraient toutes sortes de faveurs ou de cadeaux.
Comprenant sans doute que le manque de contact du professeur avec ses anciens favoris et le monde lui manquait sans doute, Edward sembla décider de rajouter de l'huile sur le feu en faisant remarquer combien cela devait être dur pour lui de ne plus pouvoir avoir accès à sa trame de relations. Comprenant où son ami voulait en venir, Harry en rajouta en affirmant à quel point Poudlard était un endroit sécurisé comparé au reste du monde sorcier, insistant sur les mesures de sécurité prises spécifiquement pour Poudlard et réaffirmant à quel point Dumbledore était la seule personne que Voldemort ait jamais crainte. Edward pouvait voir dans les dernières paroles de Slughorn à quel point il commençait à être vraiment tenté par l'expérience de retourner enseigner à Poudlard.
Edward et Harry se jetèrent un regard complice en voyant combien le pauvre homme les regardait avec envie. Maintenant, Harry comprenait fort bien que l'enseignant voulait l'ajouter à son tableau de chasse et bien que cela incommode un peu le jeune sorcier, il pouvait passer sur le désagrément tant qu'il restait provisoire. Edward, de son côté, semblait tout à fait prêt à profiter de l'occasion, montrant un côté opportuniste que Harry connaissait chez son ami mais qu'il montrait d'ordinaire assez rarement…
Le professeur Dumbledore fit alors son apparition et fit semblant de jeter l'éponge en affirmant sa cause perdue. Mais désormais, Harry était suffisamment au courant de ce qu'il venait de se passer pour comprendre que le professeur était revenu exactement au moment où la balance commençait à pencher de son côté. C'était assez amusant de voir l'expression de Slughorn qui semblait tourmenter par son dilemme et ce fut finalement le derniers mot de Dumbledore rappelant les défenses accrues de Poudlard et les sourires "innocents" de Harry et Edward tandis qu'ils lui disaient au revoir qui décida l'ancien professeur à ré-accepter son poste…en échange d'une augmentation.
Le petit groupe sortit de la maison et commença à redescendre la colline. Harry claqua sa main dans celle de Edward en signe de victoire, tous les deux arborant un air de parfaite satisfaction. Dumbledore observa ce petit moment de complicité avant de déclarer :
"Je vois que vous aviez tous les deux parfaitement compris ce que j'attendais de vous. Félicitations !"
"Oh, la moitié du mérite revient à Harry" Déclara Edward sur un ton faussement pompeux.
"Et toi tu faisait une prestation digne de Gilderoy Lockart !" Complimenta Harry sur le même ton en se retenant de rire devant l'air un peu abasourdi de son ami qui n'avait pas vraiment connu ce personnage dans ses pires moments.
"Je ne sais pas si je dois le prendre comme une insulte ou un compliment…" Marmonna Edward, sceptique.
"Et sinon, qu'avez vous pensé de Horace ?" Demanda le professeur Dumbledore.
"Le genre vaniteux, qui aime bien son petit confort et ne souhaite vraiment pas en être dérangé. Le genre qui aime bien se faire des relations et en tirer profit." Répliqua aussitôt Ed, peu connu pour son tact et sa délicatesse la plupart du temps.
"C'est une façon de résumer les choses" Déclara Dumbledore en souriant, ne prenant pas ombrage de la franchise brut de Edward envers son ami.
Puis, le professeur dressa un portrait plus consistant du professeur Slughorn : un homme effectivement attaché à son petit confort, aimant la compagnie des personnes célèbres, proches du pouvoir et du succès. Un professeur qui aimait s'entourer à Poudlard des personnes ayant du talent, du charme, de l'intelligence et de l'ambition et de les recommander au sein du club qu'il avait créé et dont les participants étaient tous d'anciens favoris du professeur Slughorn. Dumbledore ajouta également que son collègue serait définitivement ravi d'ajouter le Survivant ou l'Élu comme Harry était maintenant présenté, à sa collection.
Harry grogna intérieurement en entendant ce surnom dont il était désormais affublé par la presse puis il songea que Ed ferait également partie des pièces maitresses de la collection de Slughorn. Edward avait du charme et un charisme certain (il avait suffisamment entendu de filles discuter à ce sujet dans la salle commune de Gryffondor), il avait du talent et un pouvoir magique exceptionnel quand il savait le maitriser, et c'était sans mentionner l'intelligence de Edward qui lui avait valu d'atterrir à Serdaigle… La seule chose dont il semblait manquer était l'ambition mais Harry était persuadé que si on donnait à son ami un but vital pour lui, il saurait mettre tous ses considérables talent à atteindre son objectif à tout prix. Au final, si Slughorn décidait donc de l'ajouter à sa collection, Harry aurait au moins la consolation de ne pas être seul embarqué dans cette galère.
Harry sortit du fil de ses pensées quand ils arrivèrent devant l'église et qu'ils durent transplaner et le jeune sorcier remarqua avec amusement que Edward n'avait toujours pas surmonté son mal des transports magiques à en juger par les jurons et les haut-le-cœur qui le saisissaient… Mais la vue devant lui réchauffait le cœur de Harry : le Terrier, la maison des Weasley, accueillante, chaleureuse l'attendait. Mais avant qu'il ne puisse rentrer dans son second foyer, le professeur Dumbledore désirait lui parler en tête à tête dans la cabane à balais de la famille. Edward sembla comprendre que la conversation était privée et alla s'asseoir sous un arbre en tentant de calmer sa nausée.
Au départ, la conversation concerna Sirius et la sujet fut abordé avec délicatesse. Pour Harry, le sujet restait encore douloureusement sensible, surtout quand il se rappelait que Sirius ne lui écrirait plus jamais mais le jeune sorcier avait déjà commencé à faire son deuil : il savait que les morts ne voudraient pas qu'ils se laissent abattre, ils voudraient qu'ils continuent à lutter et Harry était tout à fait déterminé à cela désormais. Cette réponse décidée lui valut l'approbation de Dumbledore, ainsi qu'une certaine admiration qui réchauffa un peu le cœur de Harry.
Puis, le directeur aborda le sujet de la prophétie, un sujet au moins aussi délicat que Sirius. Harry avait lu la Gazette du Sorcier et avait pu voir toutes les théories concernant le fait qu'il serait l'élu destiné à défaire Voldemort. Dumbledore eut beau lui assurer que personne ne connaissait la vérité à part eux deux, le jeune sorcier ne pouvait s'empêcher de trouver que les hypothèses des journaux avaient visé un peu trop juste pour son confort. Il n'avait jamais évoqué la prophétie à quiconque, pas même à ses amis mais Dumbledore pensait qu'il pouvait faire une entorse pour Ron et Hermione en insistant sur le fait qu'il avait besoin d'eux, une précision qui conduisit Harry à demander :
"Et pour Edward ?"
Le professeur Dumbledore sembla réfléchir pendant de longues minutes avant de répondre :
"Concernant le jeune Edward, je ne sais pas. Il est apparu bien mystérieusement et bien que jusque là tous ses actes se soient révélés positifs, il demeure une énigme nimbée de secrets."
"Mais Edward est celui qui m'a encouragé à voir les choses sous un autre aspect, professeur, répliqua respectueusement Harry mais avec détermination : "C'est lui qui nous a vraiment montré comment nous battre contre les Mangemorts comme dans une vraie bataille et pas comme dans un duel suivant les règles. C'est lui qui m'a expliqué des choses sur Ro… heu, le professeur Rogue et m'a appris à utiliser l'Occlumencie. C'est lui qui nous a sauvé la vie à plusieurs reprises dans le Ministère en jouant les appâts. C'est lui qui s'est servi de la légilimencie pour me pousser à rejeter la possession de Voldemort. Il est mon ami et je lui fais confiance avec ma vie !"
"Dans ce cas, Harry, je fais confiance à ton choix mais je te recommande de bien y réfléchir et de toujours rester attentif."
"Je fais confiance à Ed." Insista Harry.
"Autre chose, Harry, je voudrais te donner des cours particuliers cette année." Déclara Dumbledore tout en restant très vague quant au contenu des cours.
"Ce sera en rapport avec l'Occlumencie ? Ou est ce que j'aurais besoin de continuer à l'apprendre avec Ro… heu, le professeur Rogue et Edward ?" Demanda le jeune sorcier brun en espérant que ce ne soit pas le cas. Ses relations s'étaient peut-être légèrement améliorées avec le professeur de potion mais surtout pas au point de le vouloir dans ses pensées…
"Non. D'ailleurs ces cours vont cesser maintenant que Voldemort cherche à tout prix à se fermer de ton esprit. Sans compter que le professeur Rogue a lui même admit, selon ses termes, que, je cite, "le jeune Elric était apparemment parvenu à vous permettre de faire quelques progrès mineurs en la matière.""
"C'est tout-à-fait lui." Assura Harry avec un sourire goguenard avant d'ajouter : "Il va être affreusement déçu de me retrouver dans sa classe de Défense, pas vrai ?"
"Oh ? Je vois que ce cher Horace a vendu la mèche sur sa matière de prédilection." Releva la professeur Dumbledore avec un air amusé dans ses prunelles bleues.
Après les dernières recommandations concernant la sécurité du Terrier et de la sienne, Harry et Dumbledore sortirent de la cabane pour aller rejoindre Edward qui patientait près de son arbre.
Edward patientait depuis environ un quart d'heure assis le dos contre son arbre et observant les étoiles d'un air songeur. Pendant un instant, il repensa à tous ceux qu'il avait laissé à Amnestris : Alphonse, maitre Izumi, Mustang et ses coéquipiers, Ling et sa garde du corps, tous ses amis… Ils lui manquaient tous terriblement mais la seule consolation qu'il avait et dont il devait se contenter, c'était de savoir que quand il reviendrait, il ne se serait écoulé qu'une minute. Donc, cela voulait simplement dire qu'il devait être fort pour supporter la séparation et ainsi les autres ne s'en apercevraient pas.
Se détournant de ses pensées, il se demanda ce qui se disait dans la cabane entre Harry et son directeur. Il préférait éviter d'utiliser ses méthodes d'espionnage par l'Alchimie car Dumbledore pourrait s'en apercevoir et il valait mieux éviter cela. Il espérait que son ami lui ferait suffisamment confiance et le lui raconterait. Parfois, Edward s'en voulait un peu de ne pas pouvoir révéler autant sur lui que le jeune Gryffondor mais il avait passé un marché avec la Vérité et ne pouvait le briser. Mais Edward regrettait terriblement de ne pouvoir être totalement honnête envers son ami et de n'avoir pas une relation "équivalente" entre eux.
Enfin, les deux sorciers sortirent de la cabane et furent accueillis par un simple geste du jeune alchimiste. Le trio se dirigea vers l'entrée arrière du Terrier et entrèrent par la cuisine après qu'une Mme Weasley d'abord tendue puis soulagée les ait laissés entrer. Quand elle vit que Edward les accompagnait, elle le serra aussitôt contre soi, l'étouffant presque autant que Harry :
"Oh, Edward, mon chéri ! Tu nous as fait une de ces peurs quand tu as disparu à la gare ! Bonté divine ! Sans Nymphadora, nous n'aurions jamais su que tu étais encore vivant. Je suis tellement heureuse que le professeur Dumbledore t'ait retrouvé ! Je pensais que Harry et vous n'arriveriez pas avant demain matin, cela m'a effrayé quand vous avez frappé…"
"Nous avons eu de la chance, Slughorn s'est laissé convaincre plus facilement que je ne l'espérais grâce à Edward et Harry, bien sûr. Tiens, bonjour Nymphadora !"
La jeune auror n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois : ses cheveux étaient toujours d'un châtain d'une couleur souris elle arborait un air plutôt déprimé. Cependant, elle adressa quand même un regard furibond à Edward, lui en voulant apparemment encore pour l'avoir trompée il y a près d'une semaine en la faisant boire. Sans doute encore gênée de toutes les révélations qu'elle avait faite à Edward, elle prit rapidement congé bien que Dumbledore semblait tenter de la pousser à rester en invitant Remus Lupin… Le professeur Dumbledore ne tarda pas à partir à sa suite et bientôt les deux garçons se retrouvèrent seuls avec Mme Weasley qui les inspectait de la tête au pied.
Elle fit d'abord un commentaire sur le fait que Harry et Ron avaient bien grandis au point de croire qu'ils avaient subi un sortilège d'élongation avant de commencer à faire un commentaire sur la maigreur et surtout sur la taille d'Edward qi n'avait pas beaucoup changé, elle… Mais en voyant la veine frontale de Edward commencer à palpiter, elle dû juger plus prudent de ne pas risquer de réveiller les autres occupants de la maison. Elle changea donc de sujet en proposant de la soupe et en donnant des nouvelles de Hermione qui était arrivée l'avant veille.
Pendant qu'Edward buvait sa soupe bien chaude avec un plaisir évident, il écoutait la discussion concernant leur futur professeur de potion, disant à peu près la même chose à son sujet que Dumbledore concernant sa tendance au favoritisme… Puis, elle annonça une nouvelle qu'elle brûlait visiblement de révéler : son mari avait eu une promotion et Arthur Weasley était désormais à la tête d'un bureau de détection et de confiscation de faux sortilèges de défense, l'un des nombreux services créés pour répondre à la situation actuelle. Edward n'eut pas le cœur de dire à Mme Weasley que ce poste ne durerait que tant que la guerre continuerait mais après tout, le jeune alchimiste ne savait pas de quoi l'avenir serait fait alors il pouvait laisser la brave femme conserver sa joie. De toute manière, cela ne lui ferait pas de mal dans cette période sombre.
Mme Weasley lui expliqua que suite à l'annonce du retour de Voldemort, des vendeurs de produit censés prémunir contre le Mage noir et ses sbires étaient apparus un peu partout, profitant de l'angoisse de la population. Mais parfois, sous ces escroqueries se cachaient de réelles menaces quand des Mangemorts introduisaient leurs propres artefacts ensorcelés qui, eux, se révélaient véritablement dangereux. Néanmoins, cela n'empêchait pas la population de continuer à se ruer sur ces attrape-nigauds malgré les avertissements répétés… Edward, en son for intérieur, pensait que les gens, au lieu de tenter de se protéger contre l'inévitable, feraient mieux d'apprendre à se battre au lieu de compter sur des produits de bas étage ou sur un garçon de seize ans qui n'avait jamais demandé à devenir leur sauveur !
Edward secoua la tête d'un air las avant d'apercevoir l'horloge des Weasley : il n'en avait jamais vu de pareilles car ses aiguilles portaient le nom de chaque membre de la famille Weasley et leur emplacement indiquait dans quelle situation ils se trouvaient. Apparemment, ils étaient tous en danger de mort, ce qui n'était pas rassurant… Enfin, Mr Weasley arriva et ce dernier prenait fort au sérieux les consignes de sécurité puisqu'il exigea que sa femme pose sa question avant que lui même ne pose la sienne. Edward s'était rarement senti aussi gêné et tout comme Harry, il avait fait mine de ne rien en entendre en faisant le plus de bruit possible avec sa cuillère. Il ne tenait pas à entendre les noms d'amour sensés être gardé dans l'intimité la plus secrète, il aurait trop eu l'impression d'espionner son père et sa mère…Arggll Il ne voulait même pas penser à ça !
Pendant quelques minutes, ils discutèrent des nouvelles trouvailles des escrocs sur le Chemin de Traverse, la majorité d'entre elles étant plus proche d'une bonne plaisanterie made in Fred & George que d'objets sournois et dangereux. Suite à cette remarque, la conversation dévia sur ce que faisaient le jumeaux Weasley : apparemment, leur boutique marchait bien et ils avaient beaucoup de succès, ce qui n'étonna guère le jeune Amnestrien : leurs farces et attrapes étaient vraiment fantastiques d'après les démonstrations sur Ombrage… Edward espérait de tout son cœur pouvoir leur rendre une petite visite.
Malheureusement, Mme Weasley s'était rendu compte de l'heure tardive et s'était décidée à les envoyer au lit. Edward aurait bien voulu protester mais apparemment, on ne pouvait pas résister contre une femme et une mère comme Mme Weasley et le jeune garçon dut donc suivre Harry dans la chambre des Jumeaux, reconvertie en espace de stockage et encombrée de cartons. D'après ce qu'il avait compris, sa cavale indépendante se terminait maintenant et les libertés allaient être restreintes à nouveau comme l'année dernière. Edward doutait qu'il parviendrait à échapper à l'attention des membres de l'Ordre cette fois ci donc il lui valait mieux se résigner à demeurer ici. Il déposa le sac contenant toutes ses affaires dans un coin et se coucha dans le lit qui restait. Le sommeil le surprit rapidement et Edward s'endormit.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Si c'est le cas ou si vous avez des questions, n'hésitez pas à laisser un commentaire ! À dans trois semaines !
