Chapitre 3 - 1er probleme

Ianto : Répète-le encore une fois, pour qu'on soit sûr !

Simon : Mais c'est bon, je le connais par cœur…

Ianto : Simon, s'il te plait…

Simon : Je m'appelle Lucas Dupuis, je suis français, j'étais compagnon de cellule de James Fuller. J'ai purgé 10 ans pour escroquerie avec tentative de fuite et il m'a dit, quand il est sorti, deux mois avant moi, que si j'avais besoin d'un travail, je devais venir ici et qu'il essaierait de me faire entrer dans la société. J'ai 35 ans, orphelin et j'ai des bases d'informaticien.

Ianto : Ok, ça roule.

Simon ; Je te l'avais dit…

Jack : Par contre Simon…

Simon : Oui ?

Jack : Pense à utiliser un vocabulaire moins « bourgeois » que celui que tu utilises d'habitude… ça passera pas sinon.

Simon : Bien entendu.

Jack : par exemple évite de dire ça …

Simon : Ok.

Jack : Là c'est mieux !

Jack n'était pas rassuré malgré l'air qu'il tentait de se donner. Simon était un geek et comme tout geek qui se respecte, l'action n'était pas vraiment son fort. Si on le séparait plus d'une demi-journée de son clavier, il devenait … grincheux et désagréable. Mais le capitaine savait qu'il n'avait pas le choix. David était encore moins apte à mener cette mission d'infiltration que ne l'était le génie en informatique. Mais il n'était pas confiant, il avait vu trop de ses équipiers mourir à cause de … lui… et il espérait du plus profond de son âme que Simon ne soit pas le prochain. Malgré son côté français, Jack ne pouvait s'empêcher de… l'apprécier…

Jack : Simon, au moindre doute, au moindre problème tu te sauves vite fait de l'immeuble, tu as compris ?

Simon : Ok boss !

Jack : Je ne plaisante pas Simon !

Le regard qu'il lui lança stoppa net l'arrivée d'un sourire sur le visage de l'informaticien.

Ianto : Tiens, voilà le micro. C'est le dernier modèle, presque invisible et quasiment indétectable.

Simon : Presque ... quasiment … ça rassure …

Jack : On sera en contact permanent avec toi, par contre on ne pourra te parler, alors si tu es pris ou que tu ne peux pas t'échapper, tu nous le fais savoir et on débarque ... Ok ?

Ianto : La phrase codée c'est « il fait chaud ou c'est moi ? »

Simon : Il fait chaud ou c'est moi ? ? ?

Ianto : T'en prends pas à moi, c'est l'idée de Jack. Voilà tes vêtements et tes affaires.

Simon : Je dois vraiment porter ça ?

Ianto : Je te rappelle que tu sors de prison, donc tu ne peux pas être à la page niveau fringues.

Simon : Ok, ok …

Simon s'éloigna pour s'habiller dans un coin tandis que les autres se partageaient les postes de surveillance. Ianto et Jack se posteraient sur le parking près de l'immeuble, Eiry et David surveilleraient le coté baie en se faisant passer pour un couple de touristes se promenant. Tous auraient des oreillettes et seraient en constante relation les uns avec les autres, tout en écoutant ce que le micro de Simon leur ferait parvenir.

Simon réapparut vêtu d'un jean râpé, d'un Tee-shirt bleu passé et d'une vieille veste de cuir marron. Il tenait sur l'épaule un sac à dos ayant apparemment bien vécu.

Simon : Je suis prêt.

Jack : Ok, alors allons-y …

Tous prirent la direction du parking et s'engouffrèrent dans le SUV. Ianto avait repris sa place à coté de Jack et s'affairait à mettre en place le réseau des oreillettes. Ils avaient à peine fait cent mètres dehors qu'un sifflement aigu résonna dans la tête des membres, leur arrachant un cri.

Ianto : Désolé. Le contact est établi.

Jack : Tu aurais pu faire ça avant qu'on les porte ! J'ai failli prendre le mur !

Ianto : J'ai dit que j'étais désolé ... c'est la première fois qu'on les utilise, je ne pouvais pas savoir !

Jack : C'est ton boulot de savoir ça !

Ianto : Oh hé… passe tes nerfs sur quelqu'un d'autre s'il te plait !

Eirwen : Hé les gars, on y est !

Jack freina d'un coup et gara le SUV en double file à quelques mètres du Millenium Center pour laisser descendre Eirwen et David. De là, ils pourraient atteindre le bâtiment de la Société Kree en longeant les quais. Simon sortit du véhicule également, mais avant qu'il s'éloigne, Jack le retint encore quelques minutes. Il voulait être sûr que Simon n'imite pas les héros qui défilaient sur son écran de veille.

Jack : Simon, tu entres, tu trouves les infos et tu ressors… pas d'héroïsme... pas d'actions insensées… pas d'actes de bravoure…

Simon : OK patron.

Ianto : Fais gaffe…

Simon : Toujours !

Simon s'éloigna dans la direction opposée afin d'arriver à la Société Kree par les rues, sous les regards angoissés de ses amis. Jack et Ianto devaient attendre qu'il soit à l'intérieur pour aller se garer dans le parking, afin d'éviter que les gardiens ne soupçonnent quelque chose. L'attente fut longue… Simon en avait environ pour 10 minutes de marche mais 10 minutes dans ces conditions équivalaient à une heure pour les deux hommes. Et Jack était loin d'être patient…

Jack : Ianto, désolé pour tout à l'heure…

Ianto : Non, c'est moi, je sais dans quel état tu es, je n'aurais pas dû t'envoyer balader comme ça …

Jack : C'est qu'on a déjà perdu tellement de …

Ianto : Je sais… Mais je suis sûr que Simon s'en tirera sans une égratignure…

Ianto sortit sa montre à gousset et regard l'heure que les aiguilles affichaient.

Ianto : C'est l'heure… Il doit-être entré maintenant.

Jack démarra le SUV et s'inséra dans le faible trafic. Ils arrivèrent sur le parking et se postèrent à un endroit d'où ils pouvaient voir l'entrée. Jack actionna son oreillette et s'adressa à ses équipiers.

Jack : C'est parti.

ooooooooooooooooooooooooo

Simon pénétrait dans le grand hall de l'immeuble. Son regard fut immédiatement attiré par la hauteur impressionnante du bâtiment. Du sol, on pouvait apercevoir le toit de l'édifice. C'était vertigineux.

Voix : Monsieur ?

Simon : Oui… excusez-moi…

Voix : Vous cherchez ?

Simon : Je suis un ami de James Fuller, il m'a dit que je trouverai du travail ici.

Voix : Ne bougez pas, j'appelle Mr Vance. Vous êtes ?

Simon : Lucas Dupuis…

Voix : Il n'y en a pas pour longtemps Mr Dupuis.

L'homme se saisit du téléphone et appuya sur une touche. Il prévint son interlocuteur de la présence de Simon et raccrocha. Puis il entendit l'homme pianoter sur le clavier de son ordinateur. Il devait rechercher des informations sur le dénommé Lucas Dupuis. Mais Simon n'était pas inquiet, c'était lui-même qui avait crée informatiquement cet homme virtuel au passé douteux, il avait infiltré les réseaux de police et de sécurité sociale pour créer des dossiers à son nom, plus vrais que nature. Il avait entré les informations que Ianto lui avait données, falsifié le casier judiciaire d'un autre pour en faire le sien ainsi que celui de la sécu d'un homme mort depuis dix ans.

A peine cinq minutes après s'être assis sur un des bancs regroupés au centre du hall, Simon vit un homme de petite taille, assez corpulent, sortir de l'ascenseur. Après un rapide coup d'œil à l'homme derrière le comptoir, qui lui avait certainement fait comprendre que « c'était bon », il tendit la main vers Simon.

Homme : Monsieur Dupuis, je suis Monsieur Vance, le responsable des ressources humaines et du développement. Vous dites être un ami de Monsieur Fuller ?

Simon : ouaip, on était potes de cellules à la prison de Cardiff. Il m'a dit de venir ici quand je sortirai pour un taf … il parait que vous avez besoin de main d'œuvre.

Ianto sourit et Jack ne pu s'empêcher de lâcher un rire lorsqu'ils entendirent Simon. Ils furent en même temps étonnés de voir avec quelle facilité ces mots argotiques sortaient de sa bouche. Eirwen et David eurent les mêmes pensées.

Vance : Monsieur Dupuis, je suis aux regrets de vous annoncer…

Simon : … Ne me dites pas que vous avez pas de boulot… 'tain, je vais faire comment… pas de taf, pas de logement… j'veux pas crécher sous les ponts !

Vance : Non, ce n'est pas ça Monsieur Dupuis… On recherche effectivement des hommes… ce que je voulais vous dire, c'est que nous déplorons la mort de votre ami… ça s'est passé il y a moins d'une journée, hélas….

Simon : Quoi ? Merde, il devait me loger si j'avais le taf !

Vance : Vous ne paraissez pas peiné par sa disparition…

Simon : Vous savez l'amitié en prison, c'est pas pareil que dans la vraie vie, ça va ça vient… ça dépend de ce que l'autre peut vous apporter…

Vance : Je pense comprendre.

Simon : Alors, ce taf, je l'ai ?

Vance : Eh bien, ma foi, nous manquons terriblement de main d'œuvre … donc considérez que vous faîtes officiellement partie de notre équipe. Suivez-moi.

Simon accompagna le dénommé Vance dans l'ascenseur et tous deux se rendirent au niveau -2 et se dirigèrent vers un groupe d'hommes.

Vance : Slater !

Slater : Oui boss !

Vance : Voilà un nouveau gars pour ton équipe. Il remplacera Fuller, c'était un de ses amis.

Slater : Désolé pour ton pote.

Simon : Ouaip.

Vance : Le Directeur veut que vous fassiez une nouvelle ronde.

Slater : Encore ? Mais on devait avoir notre soirée de libre !

Vance : Je sais, je suis désolé, mais les ordres sont les ordres !

Slater : *Grmpf* …

Simon : Mais attendez, moi mon domaine c'est l'informatique !

Vance : Pour l'instant on a besoin de bras pas de cerveau Monsieur Dupuis, si vous ne voulez pas de ce travail, libre à vous de partir.

Simon : Nan… j'ai besoin de taf…

Slater : C'est quoi ton prénom?

Simon : Lucas… Lucas Dupuis !

Slater : C'est quoi comme origine ça ?

Simon : Français.

Salter : J'aime pas les français, des sales mangeurs de grenouilles… Qui ne savent même pas jouer au rugby.

Simon : Répète ça ?

Simon se jeta sur Slater et les deux hommes roulèrent sur le sol. Simon tapait tout ce qu'il pouvait, tout comme Slater qui, beaucoup plus musclé et entraîné que Simon prenait logiquement le dessus. Il envoya Simon d'un coup de pied et ce dernier heurta 3 barils qui s'écroulèrent sur lui. Slater se rapprocha de lui, Simon se releva rapidement et se remis en position de défense. Mais au lieu d'un coup de poing, c'est un rire puissant qui lui parvint. Slater lui tendait une main que Simon s'empressa de saisir.

Slater : J'aime les hommes qui se battent pour leur conviction. Allez le « frenchy » … monte, on part à la chasse…

Simon : à la chasse ?

Slater : Ouais et je parie que tu n'a jamais vu de bêtes comme celles-là…

Le plan ne fonctionnait pas comme prévu… Il n'avait jamais été question qu'il prenne part à une chasse au Weevil. Il devait simplement « bidouiller » dans le réseau informatique et c'est tout … Maintenant il allait devoir improviser, et tenter de rentrer en vie…

Les quatre membres de Torchwood venaient d'assister impuissants et à distance par oreillettes interposées à la « bagarre amicale» entre Simon et Slater. Jamais Jack n'avait pensé que Simon serait amené à suivre l'équipe de récupération. Il avait parié qu'avec son physique maigrichon il serait employé dans les bureaux… Ça se corsait…

Ianto & Eirwen : Jack ?

Jack : Oui, je sais…

David : Il faut que je l'examine, il est peut-être blessé…

Jack : Je crains que cela doivent attendre David…

David : Mais…

Un Van noir sortit du garage sous-terrain de l'immeuble. Il passa à coté du SUV, sans remarquer Jack et Ianto et se dirigea en direction de Roald Dahl Plass.

Jack : David, Eiry ! On vous récupère, grouillez-vous !

Sur ces mots, Jack mit le contact et attendit. Au loin, deux silhouettes arrivaient en courant. Lorsqu'ils furent montés à l'arrière du SUV, il démarra en trombe et se mit à la recherche du van... Mais celui -ci avait de l'avance et au premier croisement, il l'avait perdu de vue.

Jack : Merde !

Ianto : Ils ont pris par Bute Street !

Jack regarda Ianto d'un air étonné. D'un geste vers son ordinateur, Ianto lui montra un point clignotant se déplaçant sur le plan de Cardiff.

Ianto : Puce GPS intégrée au micro. Encore une innovation bien pratique !

Jack enclencha la première et pénétra dans Bute Street après avoir fait crisser les pneus, ce qui obligea Ianto à noter mentalement qu'il aurait pour tâche de commander une nouvelle paire de pneus lorsqu'ils rentreraient au HUB.