« Folies Nocturnes »


Note : Alors ce soir je vous sers un « baiser de cinéma », Nathdawn me l'avait demandé comme cadeau de Noël, cadeaux qui arrive un peu en retard à cause du réveillon et tout et tout mais on dit bien "mieux vaut tard que jamais", non ? ^^

J'espère que ça te plaira Nath, que ça vous plaira à toutes et tous et que vous ne m'en voudrez pas pour… vous verrez bien xD

Bonne lecture ! ^^


« Baiser Mortel »

Il faisait nuit noire. Le ciel et la mer étaient déchaînés. Une pluie battante se déversait sans relâche sur la falaise.

C'est là que, trempés jusqu'aux os, Sanji et Zoro se trouvaient, face à face, tendus à l'extrême, ne bougeant pas d'un millimètre.

Ils se regardaient droit dans les yeux, aucun des deux ne voulait rompre le contact, s'y raccrochant, y cherchant une toute dernière lueur d'espoir à laquelle s'agripper.

Peine perdue. Leur décision était prise, ils ne pouvaient pas faire marche arrière. Il n'y avait aucune autre solution, ils le savaient. Ils devaient le faire sinon tout serait perdu. Plus rien ne subsisterait…

Zoro fit un pas, réduisant ainsi la distance entre eux à néant. Il encercla fermement la taille du cuistot de ses bras puissants, dans une étreinte à laquelle rien ni personne ne pourrait échapper.

Leurs visages étaient ruisselants et leurs traits crispés. Douleur et tristesse se lisaient dans les deux pupilles qui se scrutaient.

« Zoro, je… »

Le bretteur le fit taire d'un doigt posé sur ses lèvres, les scellant. Coupant court à toute conversation inutile et superflue. Les mots n'avaient plus leur place. Les regards et les gestes suffisaient amplement, comme ils l'avaient toujours fait.

Zoro fit passer ses mains sur la peau de Sanji jusqu'à capturer sa mâchoire. Il posa son front sur le sien, laissant leurs nez glisser l'un contre l'autre, leurs yeux ne se quittant pas un seul instant.

Entre leurs bouches, les derniers millimètres furent franchis, laissant leurs lèvres se frôler, se caresser sensuellement, s'apprivoiser une toute dernière fois.

Le baiser était doux, presque chaste, puis cherchant encore un peu plus de ces sensations enivrantes qu'ils aimaient tant, les lèvres se goûtèrent, s'attrapant, cherchant à capturer l'autre elles ne voulaient plus se séparer.

Leurs langues se joignirent donc au tendre ballet, danse lancinante dans laquelle la fièvre faisait lentement sa place, se nichant au creux des deux corps assoiffés l'un de l'autre.

Un ardent brasier prenait vie dans cet échange envoutant, déchainant leur passion, laissant libre cours à cette envie de dominer, de posséder, bataillant vaillamment dans un secret espoir que la fin ne viendrait jamais.

Alors le feu perdit de sa vigueur et, à regrets, ce baiser aux saveurs iodées se fit plus calme, redevenant tendre, laissant un goût amer se mêler au sel qui venait d'on ne savait où et dont on se fichait éperdument tellement la souffrance et le vide se faisaient en leurs cœurs.

Zoro y mit pourtant un terme, reposa son front contre son homologue, lassant glisser encore une fois leurs nez l'un contre l'autre, sa main gauche toujours sur la joue de Sanji, ses doigts s'entremêlant aux mèches blondes.

Ils avaient faim l'un de l'autre, besoin l'un de l'autre… C'est pourtant sans plus y penser, au risque de se rétracter, que sa main droite avait atteint la poignée de l'un de ses katanas, le sortant de son fourreau dans un geste démesurément lent.

La seconde suivante, l'arme était fichée dans le corps de Sanji. D'un geste vif, précis. D'un geste ne laissant aucune chance à la douleur de faire son chemin.

Les yeux écarquillés, le cuistot n'eut que le temps d'esquisser un dernier sourire alors que le sang perlait déjà au coin de sa bouche.

Les éclairs, le grondement du tonnerre, la folie des éléments, le chaos ambiant… Tout cessa en un instant et les nuages laissèrent place à l'aube naissante, éclairant la scène de ses fins rais de lumière.

Les enrailles de Zoro se tordaient de douleur, le déchirant de l'intérieur, l'assaillant de sensations et de sentiments tous plus effroyables les uns que les autres.

La vie avait déjà quitté Sanji, le bretteur l'accompagnant, de sa main libre accrochée à son dos, dans sa chute, l'installant contre ses genoux.

Tous deux étaient morts en cet instant fatidique. L'un physiquement, l'autre mentalement, y laissant son âme, ses rêves, y perdant tout ce qu'il avait de plus cher en ce monde.

Il ne l'avait pas quitté un seul instant du regard, scrutant cet œil si bleu, maintenant si vide, n'y rencontrant que le brouillard.

De son bandana, il essuya sa lame avant de remettre le tout en place puis, finalement, clore les paupières restées ouvertes.

Zoro souleva le corps inerte dans ses bras, au plus près de son torse, comme pour tenter de garder les dernières onces de chaleur dans celui de son cuistot.

Le bord de la falaise ne se trouvait qu'à deux mètres d'eux. Pas après pas, il recula, gardant à l'œil le fin sourire qui ne s'était pas estompé. Un dernier pas. Le vide. Une dernière pensée. Un murmure.

« Love-cook, j'arrive… »