Note de début de chapitre : Chapitre trois déjà ! Celui là est plus long que les deux précédents, il est plus dense disons aussi et il nous a demandé pas mal de temps à l'écriture, ce qui fait que vous devrez attendre un peu plus longtemps que d'habitude pour le chapitre 4...
Il y a une petite illusion à une anecdote d'un Harry Potter, que ne pourront comprendre que ceux qui ont lu le 7eme tome ou vu le 7eme...eh oui, c'est très private joke.
Merci à Ondatra zibethicus qui nous suit et review avec assiduité :)..et merci également à tous ceux qui nous lisent de manière générale.
Le titre et l'extrait sont extraits de la chanson « New in Town » de Little Boots
Sur ce..bonne lecture !
Chapitre 3 : New in Town
« Heard you're New in town
Also show you round
Well no-one knows this place just quite like me
Well I dont, hang with the crowd [...]
So don't rely on people you meet
Cause no-one is safe in these streets »
Lorsque John se réveilla ce matin-là, il ne vit pas l'habituel tissu à fleurs, d'un goût plutôt douteux, qui recouvrait les murs de sa chambre à Londres. Il s'aperçut ensuite qu'il avait horriblement mal au dos, ce qui était probablement du au fait qu'il avait passé la nuit sur un canapé. Un peu désorienté, le médecin mit quelques secondes à reconstituer les évènements de la veille : Sherlock et lui avaient accepté sans trop se poser de questions l'invitation d'une lycéenne, détective à ses heures, à dormir chez elle et son père. La soirée s'était remarquablement bien déroulée si on mettait de côté le fait que le détective consultant s'était de nouveau livré à son petit jeu favori : déballer sans aucun scrupule la vie d'autrui, en l'occurrence celle de Keith Mars. John lui avait remonté les bretelles plus tard dans la soirée et comme d' habitude, Sherlock, une fois le sermon de son ami terminé, avait dit d' un ton agacé : « Ennuyeux ! »
Il fut interrompu dans ses réflexions par l'arrivée de Véronica, qui, bien qu'affichant un sourire rayonnant, paraissait malgré tout assez fatiguée. Il n'était apparemment pas le seul à avoir peu profité de sa nuit.
« Bonjour ! Bien dormi ? Désolé pour le canapé, nous n'avons qu'une seule chambre d'ami donc . . . Je suppose que avez du la jouer à la courte paille. »
« Non, mon ami a eu recours à une autre méthode pour se l'approprier, comprenez, je m'enferme dans la pièce avec mes affaires sans rien dire à personne. Mais ne vous inquiétez pas pour moi, j'ai l'habitude de ce genre de situation avec Sherlock. »
« Tout est une question de taille mon cher John ! Étant le plus grand de nous deux, il paraissait logique que je prenne le lit. »
Le médecin et Véronica se retournèrent comme un seul homme.
Sherlock venait d'arriver dans la pièce, frais comme un gardon et de toute évidence de très bonne humeur. John se demandait sérieusement si son ami n'avait pas un radar qui lui permettait d'apparaitre tout à coup dès que l' on prononçait son nom, un peu à la manière des subordonnés de Lord Voldemort. D'ailleurs, maintenant qu'il y réfléchissait, la comparaison n'était pas si mauvaise...
Véronica prit un bol et des céréales dans des placards situés juste au-dessus d'elle, puis sortit du lait du frigo. « Que prenez-vous pour le petit déjeuner ? Thé, café ?Je crois qu'il reste du pain de mie et en raclant un peu, de la confiture de fraise. »
« Un thé avec un peu de lait, si ça ne vous dérange pas. Et je ne dirai pas non à la confiture. » dit John tout en se levant. « Je peux utiliser votre salle de bain en attendant? »
« Pas de problème ! Je vais regarder ce que j'ai. »
« Un thé suffira pour moi merci ! » Le médecin se retourna vers Sherlock en fronçant les sourcils. « Tu t'hydrates maintenant ? Ah oui, c'est vrai, pas d' enquête en cours pour l'instant . »
- Oui et cette situation commence sérieusement à me taper sur le système !
-Sherlock détends-toi un peu. Je te rappelle : ici pas d'affaires à résoudre, mais pas de Mycroft non plus !
« Qui est Mycroft ? » demanda Véronica tout en mettant la bouilloire sur le feu. « A part un autre type avec un nom bizarre . . . » dit-elle en son for intérieur.
« Un homme ventripotent représentant à lui tout seul le gouvernement britannique, bien qu'il affirme sans cesse le contraire, dit le grand brun d'un ton sarcastique, et accessoirement mon frère ainé »
« Eh bien ! Avec des frères pareils, les repas de famille doivent être plutôt . . . intéressants. »
« Ils le sont, rassurez-vous ! »coupa Sherlock pendant que John, plié en deux d'un rire silencieux, essayait tant bien que mal de reprendre son souffle, une des deux mains cramponnée à la poignée de la porte de la salle de bain. La remarque de Véronica venait en effet de rappeler à son bon souvenir un échange surréaliste que les deux frères avaient eu, peu avant leur départ pour la Californie. Pendant que Mycroft soutenait mordicus, qu'en dehors du territoire britannique, il serait avisé de faire suivre Sherlock et son ami par un de ses « agents personnels », le détective hurlait qu'il préférait se faire enlever par un quelconque gang américain plutôt qu'avoir à endurer la présence permanente d'un boulet qui répondait au nom « d'agent » selon les critères de son frère. Le fou rire de John finit malgré tout par s'arrêter au regard noir que son ami lui jeta alors qu'ils déjeunaient tous les trois.
« Tant qu'à crever les pneus d' une belle bagnole, ils auraient pu choisir la vôtre, non ? ». Accroupie devant un des pneus de sa voiture, Véronica examinait les profondes taillades qu'avait reçu celui-ci. « Et en plus ça m'a tout l'air d'être un travail de porc. Je dirais donc les 3 9. Une véritable insulte pour l'œuvre de Weevil et ses copains. Si seulement je pouvais les appeler là maintenant. Ce travail de malpropre constituerait un prétexte suffisant pour aller casser la gueule à ces guignols et me réconforter par la même occasion ».
« D'ailleurs, c'est peut-être ce que je vais faire » ajouta la blondinette, soudainement plongée dans une profonde réflexion.
« Qui sont les 3 9 ? Un autre gang ? » demanda John étonné par les propos de Véronica, qui était apparemment au septième ciel à la simple idée d'un affrontement entre gangs.
-Non. Ou plutôt oui, si on considère qu'un groupe de fils à papa des beaux quartiers puisse constituer un gang . En tout cas, ils ont réussi leur coup. Je ne sais pas comment je vais pouvoir aller au lycée maintenant.
-Eh bien, je pense qu'après tout ce que ton père et toi avez fait pour nous, ça serait la moindre des choses que de t'emmener à ton lycée dans notre clinquante voiture de location. N'est-ce pas Sherlock ?
John avait donné un coup de coude à son ami, de nouveau plongé dans ses insupportables textos.
« Si ça te chante ! » dit Sherlock en haussant les épaules tout en continuant de rédiger une réponse cinglante à l'attention de son anxieux de frère qui demandait si il ne pouvait tout de même pas envoyer un jet pour les rapatrier en toute sécurité.
« Alors, affaire conclue ! »
15 minutes plus tard, ils se trouvaient devant le lycée. Le parking d'ordinaire peu rempli à cette heure de la matinée, était bondé. Des voitures étaient immobilisées dans tous les sens et les klaxons furibards des conducteurs constituaient un fond sonore des plus déplaisants. Le trottoir devant le parking était encombré de lycéens ainsi que de passants avides de savoir ce qu'il en était . Les trois compères observaient la scène de leur voiture, éberlués.
« C' est toujours comme ça le matin ici ? » demanda John qui, ne pouvant de toute évidence forcer le passage dans cet indescriptible chaos, essayait tant bien que mal de faire demi-tour.
« Non je vous rassure. Je me demande d' ailleurs bien ce qui se passe . . . Je peux descendre maintenant si vous voulez »
La voix grave du détective se fit soudainement entendre : « Ça ne sera pas nécessaire. Je crois John qu'il serait intéressant de jeter un petit coup d'œil. Trouve-nous une place pas trop loin »
« Bien monsieur ! C'était de toute façon ce que j 'étais sur le point de faire . »
« Bon Sherlock que voulais-tu voir ? . . . »
Ils n'avaient pas plus tôt rejoint à pied les embouteillages, que Sherlock avait déjà disparu de leur champ de vision. Quelques secondes plus tard, et c'était au tour de Véronica de se volatiliser laissant un John décontenancé.
« Tous pareils ces détectives ! » grommela celui-ci avant de se plonger lui aussi dans la foule.
Il finit par retrouver ses deux comparses, tout au fond du parking. Ils se trouvaient face à un spectacle pour le moins inhabituel dans un établissement scolaire : toute la zone à droite devant le bâtiment était délimitée par le ruban jaune « do not cross » mais une partie était cachée par un attroupement de policiers, faisant une barrière supplémentaire à la populace indiscrète. Plusieurs voitures de polices se trouvaient également là, ainsi qu'une ambulance. Sherlock et Véronica étaient en grande discussion avec un homme aux cheveux châtains de taille moyenne que John, d'après son uniforme, supposait être le shérif. Ses connaissances dans le système judiciaire américain, il se l'avouait, se limitaient à ce qu'il avait pu voir à la télé, dans des séries d' une qualité discutable.
« O grand et généreux Shérif Lamb, tu nous remplirais d'une joie immense en nous laissant jeter un coup d'œil à cette scène de crime »
- Laisse tomber Véronica. Cette affaire concerne le bureau du Shérif, pas une petite lycéenne en mal de sensations fortes et son nouveau compagnon.
-OK dans ce cas je vais reformuler. Tu nous plongerais dans le désespoir absolu si tu nous laissait accéder à cette scène de crime. C'est bon, j'ai trouvé la bonne formule magique ? »
« Écoutez, dit Sherlock sans attendre la réponse de Lamb, nous devons absolument savoir ce qui se passe ici. Et de plus . . . », il sortit une des cartes volées à Lestrade et la brandit sous le nez du shérif, « je travaille pour Scotland Yard »
- Vous travailleriez pour la rombière qui vous tient lieu de Reine en personne, je m' en ficherai éperdument. On est au États-Unis ici et ce n'est pas votre badge de supporter du prince Charles qui me fera changer d'avis.
-C' est marrant mais votre comportement me rappelle de plus en plus celui d'un crétin qui officie à Scotland Yard et répondant au doux nom d' Anderson. Est-ce que vous trompez votre femme avec une imbécile de votre équipe ? Parce qu'il fait ça également . .
« Bon Sherlock je crois que tu en assez dit pour le moment »dit John entre ses dents, tout en empoignant le détective par le bras. Une fois qu'ils furent suffisamment éloignés John consentit à le relâcher. Sherlock se tourna vers lui, furieux.
-Cet homme est une véritable plaie et il occupe pourtant la fonction de shérif dans cette ville. Je me devais de lui faire savoir John !
-Oui mais en attendant je n'ai vraiment pas envie de me retrouver en garde à vue pour les prochaines 24h.
Véronica vint les rejoindre. Ils s'assirent tous les trois sur un muret proche.
-Sympathique ce Lamb hein ? Mon père est toujours persuadé qu'à sa naissance ils ont du échanger son cerveau avec celui d'un bigorneau.
-Je me demande comment votre père et toi arrivez à le supporter. Déjà que croiser Anderson de temps à autre, et encore seulement lorsque j'y suis contraint, est pour moi une véritable torture . . .
-Oh ! Juste une question d' habitude. Et d'abnégation.
-Bon, dit John tout en se relevant, que faisons-nous maintenant ? Nous avons une scène de crime toute fraiche à portée de main, mais son accès, selon les joyeux flics de Neptune, nous est strictement interdit. C'est assez frustrant je dois dire.
-Inacceptable ! Intolérable ! Tu n'utilises pas le bon vocabulaire John !
Sherlock se leva brusquement, furieux et fit les cent pas.
-S' il ne se passe pas un miracle d'ici quelques minutes, je fais un carnage. Et peu importe qui se trouve sur mon chemin !
Le médecin regarda Véronica en fronçant les sourcils : « A propos de carnage et de personnes excédées, tu n'es pas censée aller en cours, toi ?
-Il y a eu un mort. Même à Neptune, on n'est pas assez stoïque pour supporter ça sans au moins un jour de congé. Après tout, ce n'est que la deuxième personne à . . .
La jeune fille s'arrêta net, et sembla pendant un instant plongée dans ses pensées. Elle reprit la parole avec une jovialité forcée :
En tout cas c'est gentil de vous inquiéter pour moi. Maintenant que j'y pense, vous n'êtes pas censé rentrer chez vous ?
C'est un problème plutôt secondaire comparé à l'enquête sur ce meurtre, qui, selon vos dires, va certainement être bâclée.
John poussa un soupir :
Parle pour toi Sherlock. Moi j'ai un cabinet qui m'attend à Londres, ainsi qu' une Sarah furieuse si je ne me présente pas demain matin.
Secondaire comme je disais, donc.
Le téléphone de Sherlock se mit à vibrer .Le détective répondit dans le seconde qui suivit :
-Sherlock Holmes[. . .] Ah, Lestrade, que nous vaut le plaisir de cet appel ? Vous devez vraiment avoir besoin de moi pour que Scotland Yard puisse se permettre pareille dépense[. . .] En plein dans le mille ! Et de quoi s'agit-il cette fois-ci ?[. . .]Voilà qui est fort troublant, nous sommes déjà sur les lieux. [. . .]Mais bien sûr Lestrade, toujours prêts à vous rendre service ![. . .]Oui, et adressez le bonjour de ma part à Anderson, j' adore la seule idée de lui pourrir sa journée.
Sherlock raccrocha, poussa un cri de joie, puis se retourna vers John et Véronica, un sourire grand jusqu'aux oreilles.
-Le cadavre sur le parking est celui de Mr Peterson, un professeur de Neptune High, il enseignait les mathématiques.
John pivota en direction de Véronica. Celle-ci avait l'air assez secouée.
-Tu le connaissais ?
-Je l'ai eu en première année. C'était un prof sympa quoiqu'un peu effacé. S'il existait une personne qu'on imagine pas se faire tuer dans le Lycée, c'était bien lui.
-La police n'a en effet aucun suspect en vue. Ils ne connaissent pas non plus le mobile du meurtre . Mais il semblerait que ce monsieur se cachait sous une fausse identité. Scotland Yard pense qu'il s'agit d'un ressortissant qui a fui le Royaume-Uni il y a quelques années pour échapper à des poursuites judiciaires. Il était mêlé à plusieurs affaires de trafics de drogues et de blanchissement d'argent. Mais le plus important de tous cela c'est que . . .
-L'affaire est maintenant sous la juridiction britannique compléta Véronica d'un ton absent, qui était en train de comprendre les révélations de Sherlock, tant elles semblaient surréalistes : Mr Peterson,fausse identité, trafics de drogues, blanchiments d'argent.
John sut alors tout de suite où le détective voulait en venir :
-Non . . . Ne me dis pas que Scotland Yard nous confie l' enquête ?
« Si ! » s' écria Sherlock tout en se dirigeant à grands pas vers les policiers.
