Voici un nouveau chapitre... Ayez une p'tite pensée pour moi demain! Je me rends à mon exam comme à l'abattoir...

CHAPITRE 3 :

L'attente jusqu'au lendemain fut difficile pour tout le monde.

Daniel occupa sa soirée à relire des articles de confrères au sujet de Troie. Il parcourut une grande partie de ce qui avait été publié, des hypothèses défendues depuis les fouilles de Heinrich Schliemann en Grèce jusqu'aux thèses parues dernièrement dans la communauté archéologique.

Teal'c lui tint compagnie un long moment. Il cherchait à en apprendre plus sur cette part de la culture tau'ri. Après avoir lu la Bible, il se retrouvait maintenant plongé dans l'Iliade et il trouva ce récit antique plus passionnant que ce que le colonel O'neill lui en avait dit. La colère d'Achille, plus précisément, et son combat pour venger la mort de son compagnon d'armes Patrocle lui amena la larme à l'œil. Heureusement, il était seul dans ses quartiers quand il arriva à ce passage et nul ne fut témoin de cet élan de l'âme. Son honneur était sauf.

Sam voulut se changer les idées en poursuivant ses recherches sur l'amélioration du réacteur à naquadah. Depuis des mois, elle travaillait à la simplification du processus en vue d'en faire des générateurs portatifs, plus malléables et moins dangereux pour les porteurs.

Mais elle se trouva dans l'incapacité de se concentrer.

Songeant sans cesse à l'implant dans son cerveau, elle eut un élan d'angoisse comme il lui arrivait peu souvent. Et si ça finissait par devenir dangereux pour la santé et que Janet doive l'enlever ? Il y avait fort à parier qu'elle finirait paraplégique ou dangereusement diminuée ! Samantha Carter était loin d'être idiote et elle n'allait pas prétendre le contraire. Elle avait fait de longues études et travaillé très dur pour en arriver là. Elle n'aimait pas avoir un objet non identifié dans sa tête. Même si ça pouvait être scientifiquement intéressant.

Elle ne l'avouerait à personne mais l'idée de perdre ses capacités intellectuelles la terrifiait.

A 23h, elle se força à rejoindre ses quartiers pour dormir.

Mise à part une brève conversation mentale pour la convaincre de venir manger au mess avec lui, le colonel n'avait pas cherché à la contacter. Sam ignorait ce qu'il pensait de la situation. Il ne devait pas ressentir les mêmes craintes… Après tout, n'avait-il pas eu une bibliothèque des Anciens téléchargée dans son cerveau ?

Le lendemain, dix minutes avant l'heure du départ, tous étaient présents en salle d'embarquement, à part Daniel qui était encore à son bureau à choisir entre les différents ouvrages dont il aurait besoin sur place. Le colonel O'neill les regardait depuis la salle de commandement. Le Dr Anderson était à ses côtés, afin de noter les résultats de l'expérience.

L'humeur de Jack n'était pas au beau fixe.

Pensez à me ramener un souvenir, Carter.

Il la voyait de dos parce qu'elle faisait face au colonel Wilhem, avec Teal'c à sa droite, prenant grand cas de sa mission de surveiller l'état de santé du major. Quand elle entendit sa voix grave dans sa tête, Sam sourit. Puis, réalisant qu'il ne pouvait bien la voir, elle se retourna mais réprima son sourire.

Elle aurait eu l'air de quoi, à sourire à son supérieur, dans cette salle pleine de monde ? Elle était la seule à pouvoir entendre ses remarques.

Je n'y manquerai pas, mon colonel.

Ni l'un ni l'autre n'avait demandé à pouvoir communiquer sans que personne ne puisse les entendre. C'était arrivé, c'est tout. Sam se rendait compte que ça donnait un côté plus « intime » à leurs conversations et elle se força à ne pas y songer. Le colonel faisait tout pour rendre ces échanges légers mais ça pourrait devenir gênant dans un futur proche.

Daniel rejoignit SG-12, Sam, Teal'c et Anise une minute après l'heure fixée par le Général. Son sac paraissait bien lourd et la scientifique se dit qu'il allait souffrir, à trimbaler son fatras sur les kilomètres séparant la Porte du temple. Son packtage réglementaire était plus léger que la moyenne car l'archéologue n'était pas militaire mais il ajoutait toujours tellement de livres qu'il finissait par avoir le sac le plus pesant de l'équipe.

Wilhem donna l'ordre de passer la Porte et Sam passa à la suite de Daniel, Teal'c sur ses talons. Elle ne ressentit aucune différence, de l'autre côté. Le jour était à peine levé sur cette planète et les deux lunes étaient bien visibles. L'air était chaud. Personne ne semblait être passé par là à part SG-1 et SG-8.

Mon colonel ?

Pas de réponse.

Se pouvait-il que la légende soit fausse ? La distance était trop grande ?

Mon colonel ?

La Porte était toujours ouverte. Les regards de tous étaient fixés sur elle. Ils attendaient le verdict. Cela fonctionnait-il toujours ?

Sam était prête à leur répondre par la négative, déçue, quand enfin elle entendit à nouveau la voix de son supérieur.

Je vous reçois cinq sur cinq, Carter.

Ca fait plusieurs minutes que j'ai parlé pour la première fois, Monsieur.

J'ai répondu dès que je vous ai entendu.

Il doit y avoir un temps d'adaptation. Mais il est manifestement très court. C'est fabuleux. Vous rendez-vous compte que je suis à plus de onze milliers d'années-lumière !

Je suis fou de joie, Carter, répondit-il d'un ton qui n'avait rien de particulièrement joyeux.

Il devait l'avoir toujours mauvaise d'être resté sur Terre.

A ses collègues qui attendaient une réponse, Sam expliqua que le lien n'était pas rompu et qu'elle pouvait contacter la Terre par le biais du colonel O'neill.

La Porte se referma et Sam essaya à nouveau de contacter son supérieur.

Après une minute vingt-six secondes, elle reçut la réponse.

Anderson et Hammond sont emballés. Le Général est déjà en train d'annoncer la bonne nouvelle à l'Etat major.

Anise semble fascinée, elle aussi. Nous avons repris la route. Elle a hâte d'étudier la machine.

Elle n'est pas la seule, plaisanta Jack devant l'enthousiasme de son major.

Par télépathie, c'était presque communicatif.

C'est vrai, mon colonel. Mais c'est une découverte tellement importante ! Il suffit que l'un de nous participe à une mission périlleuse et ait besoin de secours. Les implications sont tellement nombreuses ! Nous pourrons demander l'aide de la Terre sans même devoir ouvrir la Porte pour laisser passer les ondes radios…

Elle fronça les sourcils en réfléchissant. Daniel, qui l'observait, se demanda ce qu'ils pouvaient bien se dire.

Par contre, mes premières hypothèses concernant l'implant étaient complètement erronées.

Pourquoi ça ?

J'avais supposé la présence d'un champ magnétique, à un niveau imperceptible par les instruments que nous possédons, mais présent malgré tout ! Mais nous sommes trop éloignés pour que ça fonctionne de cette manière.

Jack ne répondit pas. Elle ignorait qu'il répétait tout haut son speech au Général. Plus les mots employés étaient scientifiques et précis, plus les regard des soldats autour de lui étaient admiratifs. Il trouvait ça plaisant. Il y avait bien quelques visages incrédules également : tous n'étaient pas au courant de l'effet des implants. Ces réactions le vexaient un peu mais, après tout, il n'était pas connu pour son babillage scientifique. Il détestait les scientifiques !

Tous, sauf Carter et Daniel, bien sûr.

Et encore… Daniel, ça dépendait des moments !

& & & & &

Quand on revient sur les lieux d'une découverte, il arrive souvent que l'on trouve l'édifice en question moins impressionnant.

Pour Sam Carter, le temple grec était égal à lui-même. La seule différence avec la veille consistait en la présence de SG-8 qui les accueillit chaleureusement. Le major Cresswell fut d'autant plus content de les voir qu'ils amenaient avec eux leur ordre de retour. Nul besoin de trois équipes pour surveiller un bâtiment abandonné.

Daniel Jackson fut le seul à regarder le temple avec un œil neuf. Après toutes les recherches faites sur Ménélas, les descriptions conservées dans les manuscrits des grands temples perdus, il retrouvait des tas d'échos à ce qu'il avait lu. Pour un peu, il pouvait presque visualiser Ménélas avec ses Jaffas grecs faire son entrée dans la bâtisse.

Il y avait un côté grandiose à faire ce métier, se disait l'archéologue. Mais également un côté plus triste. Il comprenait de plus en plus l'attitude de certains de ces collègues ayant rejeté sa thèse de la construction des pyramides par des extra-terrestres. Bien sûr, il avait eu totalement raison sur ce point et la vérité était plus importante que le rêve. Néanmoins il devait être plaisant de penser à la grandeur de ce que l'Homme avait créé. Il y avait encore aujourd'hui des milliards de gens qui se rendaient à Gizeh admirer des pyramides en se disant « voilà ce qu'il y a plusieurs milliers d'années, l'Homme était déjà capable de faire de ses mains ».

Anise et Sam allèrent droit au naos, pour examiner la machine. Teal'c et le colonel Wilhem les escortèrent afin de s'assurer qu'elles prennent toutes les précautions possibles. Il n'était pas question de créer deux nouvelles Sentinelles en enclenchant malencontreusement l'appareil. Les trois autres soldats de SG-12 se déployèrent autour du temple, selon les ordres de leur commandant.

Daniel prit son temps afin d'étudier le dernier pan de mur, juste à l'entrée du naos. Ils n'avaient pas eu le temps la première fois de photographier ou de filmer cette partie et ça restait la pièce manquante.

Quand il en eut terminé, Anise venait d'annoncer au major Carter l'inutilité du Déta-9.

–Etes-vous certaine qu'il n'y a rien à en tirer ?

–Je le suis, répondit la Tok'ra, peu ravie qu'on mette ses capacités en doutes. Le Déta-9 devait être déjà presque épuisé quand vous êtes arrivés la première fois. Votre implantation et celle du colonel O'neill auront été les dernières. Je doute même qu'elles aient été complètement effectuées.

–Que voulez-vous dire ?

Anise fronça les sourcils comme si elle soupesait les informations qu'elle pouvait divulguer.

–Avez-vous oublié les termes de l'alliance Terre-Tok'ra, Anise ? la rappela à l'ordre le major d'un ton plus sec.

Elle voulait bien faire des efforts avec cette femme mais il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Sam sentait dans son dos l'approbation de Teal'c. Si Anise refusait de partager ce qu'elle savait, ils n'avaient plus aucune raison de la laisser participer à l'expédition.

–Si la mémoire tok'ra ne conserve pas beaucoup de renseignements sur le Goa'uld Ménélas, elle comporte des références aux Sentinelles, avoua-t-elle alors. Celles-ci ont continué à vivre un long moment après la capture de Ménélas par Sokar. Nous ne pouvions comprendre comment Ménélas, un Goa'uld si peu puissant dans la hiérarchie des Grands Maîtres, avait pu organiser quatre missions de récupération depuis l'Enfer.

–Des anciens Jaffas restés fidèles ont essayé de sortir Ménélas des mains de Sokar ? s'étonna Daniel.

Si les Jaffas étaient fidèles à leur dieu, cette allégeance s'atténuait toujours après la défaite de leur maître en faveur d'un autre. L'acharnement des soldats de Ménélas pouvait s'expliquer par l'existence de cette machine. Les Jaffas renégats étaient menés par les Sentinelles, toujours en contact psychique avec leur Roi. Le fanatisme des Sentinelles ne faiblissait pas puisqu'ils entendaient la voix de leur maître les commander et ces guerriers étant les plus braves et les plus forts, ils étaient capable de mener de grosses armées.

–Toutes leurs tentatives ont été vaines mais elles ont perduré pendant plus de vingt ans après la capture de Ménélas.

–Donc le temps de vie de ces implants serait d'au moins vingt ans, comprit Sam en fixant la pierre du Déta-9 avec angoisse.

Elle espérait avoir de meilleures nouvelles à ramener sur Terre.

–Le fait que le Déta-9 ne soit pas suffisamment chargé lors du transfert a dû diminuer cette période de temps, commenta la Tok'ra.

Elle ne cherchait pas à rassurer le major. On pouvait voir dans ses yeux qu'elle pensait aux implications de ce lien et aux meilleures façons de l'utiliser à leurs fins. Qui sait ? Peut-être voulait-elle envoyer le colonel en espionnage quelque part où les radios ne passaient pas ? Ou alors, plus probable, l'envoyer 'elle' – avec un camouflage tok'ra évidemment, pour éviter qu'on la reconnaisse – pour pouvoir séduire le colonel pendant ce temps…

C'était un cruel constat pour la Tok'ra que la machine soit inutilisable. Elle les aurait énormément aidés pour communiquer avec des espions aux quatre coins de l'univers.

–Y-a-t'il moyen d'alimenter l'appareil autrement ? demanda Sam en réfléchissant à la manière de brancher un E2PZ sur la main de la statue du Roi.

–La puissance d'un réacteur à naquadah ou d'un extracteur de puissance serait trop conséquente, créant l'explosion de toutes les connexions.

–Je travaille justement sur un modèle réduit de réacteur à naquadah afin de générer une puissance moindre…

–Et vous avez réussi ? la coupa Anise, avec un ton mordant.

Pour elle, une tau'ri comme Sam avait autant de chance d'y parvenir qu'une larve goa'uld de vivre sans hôte. Les Terriens étaient trop primitifs.

Sam mordit sur sa chique pour ne pas répliquer de manière virulente. Elle n'était peut-être pas encore arrivée au résultat voulu mais ses recherches progressaient au rythme de ses missions !

Après ça, les deux scientifiques travaillèrent chacune de leur côté. Quand Anise étudiait le mur et le mécanisme des bulles en verre, Sam se concentrait sur le moteur du mécanisme, situé finalement dans le torse de la statue, et vice versa.

Daniel fut légèrement déçu de devoir mutiler la statue mais puisque c'était nécessaire, il se fit une raison.

Vers midi, ils se réunirent pour faire le point. Aucun d'entre eux n'avait de raison valable pour rester davantage sur place. Ils reprirent donc le chemin de la Porte.

Ils marchaient depuis près d'un quart d'heure quand Sam, qui ruminait contre Anise, entendit la voix de son colonel. Elle était moins forte que d'habitude et la jeune femme se demanda si c'était voulu afin de ne pas la faire sursauter ou si tout simplement, la distance jouait un rôle de brouilleur.

Carter ?

Quoi ! répondit-elle violemment avant de se rendre compte de la personne à qui elle s'adressait.

Pardon, mon colonel. Je suis désolée… s'excusa-t-elle aussitôt.

Sa première réplique avait été si virulente que Jack s'était redressé sur son siège, grimaçant sous le coup de l'impact. Sans le vouloir, Sam avait sa réponse : la distance ne jouait aucun rôle. Elle réfléchit à la force de son message. Elle était due à son état d'esprit, à sa mauvaise humeur. Et O'neill ne méritait pas d'en subir les conséquences.

Tout va bien, Carter ? demanda-t-il.

Oui, Monsieur. Nous avons repris le chemin de la Porte.

Rien d'autre ?

Il aurait aimé en savoir plus sur l'humeur de son second mais Sam ne se sentait pas de déblatérer sur le compte d'Anise. Après tout, cette femme lui avait fait des avances un jour et elle ne voulait pas passer pour une femme jalouse. Surtout qu'elle ne l'était pas ! Anise l'agaçait simplement par ses manières et son air supérieur.

Nous serons rentrés dans une grosse demi-heure, mon colonel.

Moins de trente-cinq minutes après, ils étaient accueillis par le colonel en salle d'embarquement. Au micro, Hammond leur rappela le passage obligatoire par l'infirmerie et annonça le début du débriefing dans l'heure.

Sam s'était calmée sur le chemin. Elle s'en voulait un peu de s'être montrée sèche avec son supérieur. Dès qu'elle le vit, elle sentit son cœur se gonfler. Elle comprit qu'il lui avait manqué pendant cette mission. Elle s'était habituée à suivre ses ordres. Avec Teal'c et Daniel, ils formaient une véritable équipe.

Ce n'était jamais bon quand un membre manquait.

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Anise ne fut pas bavarde au débriefing.

Daniel avait été le premier à prendre la parole mais il n'avait pas beaucoup d'éléments nouveaux. Sam apprit au Général l'inutilité du Déta-9. Ils l'avaient tout de même ramené sur Terre pour qu'elle l'étudie.

La Tok'ra n'émit aucune objection à ce qu'ils gardent le Déta-9 vide. Par contre, elle réclama qu'on détruise la machine.

–Elle ne nous apprendra rien de plus et elle représente une menace. Il ne faut pas qu'elle tombe entre de mauvaises mains, Général.

–C'est aussi votre avis, Major ? demanda celui-ci en se tournant vers la jeune femme.

–… Je doute d'en découvrir davantage en l'étudiant plus longuement, Monsieur, concéda-t-elle. Cependant, j'aimerai essayer. Il y a toujours une chance qu'on ait besoin d'elle pour ôter les implants de ma tête et de celle du colonel…

Il y avait aussi autre chose dont elle ne préférait pas parler devant Anise. Elle avait découvert dans l'une des alcôves de la très fine poussière. Des petits morceaux d'une matière totalement inconnue sur Terre. Et elle avait une idée à propos de ça.

–Avez-besoin de retourner sur P8X975, Major ?

–Non, mon général. Pas dans l'immédiat. J'ai suffisamment d'échantillons pour pouvoir commencer mes recherches.

–Général Hammond, je souhaite rejoindre la base tok'ra afin d'avertir le Conseil de la situation du major Carter et du colonel O'neill, annonça Anise.

–Bien. Vous êtes évidemment libre de partir quand il vous plaît. Major Carter, vos recherches sont désormais votre principal sujet d'inquiétude, jusqu'à nouvel ordre. Colonel O'neill, dans mon bureau ! Rompez !

Les quatre membres de SG-1 s'entre-regardèrent un moment tandis que le Général quittait la pièce pour escorter Anise jusqu'à la salle d'embarquement. Sam les salua puis se rendit à son labo pour commencer les tests sur les échantillons, laissant les trois hommes entre eux.

–Alors, bien amusé sans moi là-bas ?

–Rien à signaler, O'neill.

–Pas grand-chose, c'est vrai, confirma Daniel. A part un léger différend entre Sam et Anise.

–Vraiment ? releva Jack, intéressé.

–Ne vous attendez pas à ce que j'en dise plus, je ne crois pas avoir tout saisi.

Dommage, se dit Jack. Il imaginait presque son major et Anise dans un combat de boue. Au corps à corps. Dans son fantasme, Carter avait le dessus, évidemment.

Daniel le fit redescendre sur Terre.

–Vous savez ce que le Général vous veut ?

–Non, pourquoi ?

–Pour rien. J'imagine que ça doit être important, répondit-il pour être poli.

Daniel et Teal'c quittèrent la salle de conférence et le colonel se décida à aller attendre son officier supérieur dans le bureau de ce dernier.

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Bien plus tard, alors que son entretien avec Hammond l'avait laissé dans un état inconfortable, Jack O'neill prit le chemin de ses quartiers. Il aurait voulu se défouler dans un combat avec Teal'c. Ca aurait été plaisant. Mais il avait des rapports en retard. Et de toute façon, il n'aurait pas été d'aimable compagnie.

Il pénétra dans sa chambre et ne se rendit pas compte tout de suite que quelqu'un était passé avant lui.

Ca lui apprendra à laisser toutes ses portes ouvertes, continuellement.

Le changement dans l'air était subtil. A priori, rien n'avait été bougé. Seul un coin du bureau différait.

A côté de la pile de dossiers, un post-it jaune avec comme message : « Votre souvenir de P8X975. ». C'était signé « S. » mais c'était inutile, il reconnaissait parfaitement la fine écriture de son major.

Ainsi Carter lui avait rapporté le souvenir qu'il lui avait demandé ? Il ne s'y attendait pas ; il n'était pas sérieux ce matin quand il le lui avait demandé.

C'était l'horreur pour ramener des 'trucs' de planètes visitées. Tout artéfact, plante ou bidule devait passer par d'innombrables protocoles de sécurité. Il était presque impossible de ramener des souvenirs de mission.

Curieux, il déplia la serviette pliée en deux, posée à côté du post-it. A l'intérieur, un simple trèfle à quatre feuilles, du même genre que ceux qu'on déniche sur Terre quand on est chanceux et qu'on passe des heures dans des prairies. Ce n'était pas grand-chose et en même temps, c'était beaucoup.

Connaissant Carter, il savait qu'elle avait sans doute vérifié que ce brin d'herbe était 'conforme' avant de le déposer dans ses quartiers. Même si elle n'avait sûrement pas ouvert un dossier pour ce cas.

Il ignorait que Sam avait pris une pause, après quatre heures à étudier l'appareil. C'était en pensant à son colonel qu'elle s'était rendue compte que s'il avait été là, il l'aurait obligée à prendre l'air cinq minutes. Boire, s'asseoir et ne plus penser à rien l'espace d'un instant.

Elle avait suivi les consignes qu'il n'avait pas données mais qu'il aurait faites s'il avait été là. Elle s'était assise dans le jardin entourant le temple, appuyant son dos contre un muret. C'était là qu'elle avait repéré le premier trèfle à quatre feuilles. Vert, tout simple, identique à ceux qu'on trouve sur Terre.

En relevant la tête, elle s'était rendu compte qu'il y en avait des milliers d'autres. Partout, sur tout ce côté du jardin ! Sam Carter n'était pas du genre superstitieuse. Elle avait bien une cousine qui collectionnait les pattes de lapin et les trèfles porte-bonheur mais ça n'était pas du tout son truc à elle. Elle croyait trop en la science.

Mais lui croyait à la chance.

Et après avoir survécu à tant de missions périlleuses voire critiques, le major Samantha Carter de l'Air Force, brillante scientifique, à l'esprit cartésien, avait appris à ne jamais dénigrer la chance.

Jack O'neill fut touché par l'attention.

Il cogita longuement, se demandant que faire du cadeau. Il se résolut à le laisser dans la serviette en papier et plaça celle-ci dans un gros livre de science-fiction, sur son étagère. Il était partagé entre l'envie de passer voir son major à son labo, simplement pour la contempler, dire quelques mots et ainsi faire passer la reconnaissance qu'il ne pouvait lui exprimer par des mots, et celle de nouer le lien mental pour dialoguer tranquillement.

La seconde idée lui parut dangereuse, surtout après la conversation qu'il avait eue avec le Général.

Aussi se concentra-t-il sur les émotions qui l'avaient envahi en découvrant le souvenir de Carter. Elle avait pensé à lui là-bas, tout comme il avait pensé à elle d'ici. Il pensa très fort à cette reconnaissance et tenta de l'envoyer vers elle, tout comme il l'aurait fait pour une phrase.

Il ne fit pas de nouvelle tentative et se coucha ce soir-là en ignorant si ça avait eu le moindre résultat.

Alors qu'au même moment, dans son labo, le major Carter était assaillie, apparemment sans raison, par une bouffée de tendresse incroyable, qui la laissa au bord des larmes.

A SUIVRE…

Une review ne serait pas de refus… Je bloque avec le chapitre 5! C'est frustrant. Et vu ma charge de travail, je ne suis pas sûre de pouvoir m'y remettre tout de suite, désolée!