Bonjour à tous ! Merci à tous ceux qui nous suivent, qui nous écrivent, qui nous mettent dans leurs favoris. Jessy me passe la main pour ce chapitre et j'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes !
Réponses aux reviews du premier chap (Jess répondra à ceux du deuxième, logique! Héhé):
-anonyme92: Merci beaucoup. Ouai, j'avais envie de commencer un peu léger, et Stiles aurait très bien pu écrire juste pour l'emmerder quand on y pense... lol. J'espère que la suite te plaira
-Isa: Waou... merci, du coup, maintenant, j'ai peur de te décevoir et que tu te dises "ouai, la première était juste un coup de chance, celle-là est trop pourrit!" Lol ! En tout cas je me suis appliquée à essayer de la rendre aussi belle et je souhaite de tout cœur qu'elle te plaise.
Derek observait la bibliothèque qui empruntait tout le mur de son salon. Depuis le drame qui avait décimé sa famille, il avait cumulé des reliques orphelines trouvées un peu partout. Ces livres abandonnés aux titres à moitiés effacés, aux couvertures cornées quand elles n'étaient pas arrachées. Ces petits univers aux feuilles jaunis par les années, que les possesseurs avaient revendu ou lâché afin de s'équipé de renouveaux clinquants. Sûr, ces bouquins à deux sous ne brillaient pas par leurs éclats neufs, mais bien parce qu'en plus de l'histoire qui les composait, en plus de l'auteur qui en avait couché l'idée, ces ouvrages aux feuilles vacantes, à la quatrième de couverture si abîmé que le livre se passait de résumé, avaient leurs propres déboires. Peter, quand il était encore là, appelait cette manie de collection désœuvrée, le syndrome du prisonnier.
Certains de ces imprimés n'était même pas dans sa langue natale, mais bien dans des langues étrangères aux mots quelques fois inconnus, dont il avait frôlé l'apprentissage durant sa scolarité, et qu'il s'évertuait à comprendre. Ces tomes étaient comme l'alcool pour les humains, des pages d'ivresse qui décalaient sa conscience, lui permettant à la fois d'oublier, et lui imposant d'avoir encore plus mal au sortir de l'histoire. Des orphelins blessés comme lui penseriez-vous, mais à la vérité, ce n'était qu'un amalgame de cicatrices impersonnelles, de souvenirs étrangers, qui lui offraient un recul essentiel et une implication mesurée.
Dans les étalages un peu miteux qui conféraient au mur neuf, un habillage décousu contrastant avec la sobriété des lieux, l'homme fixait la tranche d'un manuscrit particulier*. Son préféré au cœur de cet arrangement anarchique. Autrefois, sa couverture devait sans doute être rouge, et ses lettres dorées devaient être douces au toucher. Mais aujourd'hui, dans ce refuge d'œuvres paumées, il était presque brun et comptait plus de feuilles libres qu'attachées. C'était un recueil de poèmes aussi mal en point que son support, des vers torturés un peu tordu, une âme dont l'auteur n'avait pas caché les échecs, n'avait pas romancé la noirceur. Une vérité sans broderies, presque blessante, très dérangeante. Une complaisance dans laquelle l'homme se noyait régulièrement. En espagnole, il s'était échiné à en traduire la moindre ligne. Et si tous les jours depuis près d'une semaine, le loup-garou l'observait constamment, ce n'était pas tant par besoin d'en retrouver l'univers, mais bien parce que depuis une semaine, une lettre pliée en quatre avait rejoint ses feuilles éparses. Pas que cette lettre ressemblait à l'auteur, loin de là. En fait, les aveux de Stiles étaient à des kilomètres de cet ouvrage dans lequel il s'était reconnu quelques années plus tôt. Et c'est pour cette raison qu'il l'avait placé là, entre deux poèmes, comme l'adolescent avait placé ses propres mots dans ses pensées.
Il n'avait pas eu à réfléchir sa place, elle s'était imposée d'elle-même dès lors qu'il avait rédigé sa propre réponse. Il faut dire qu'il les avait saigné ses phrases, lui qui enfermait tout au plus profond de lui, les mots comme les lettres, les lignes et leurs tourments, le loup et ses instincts. Clôturés. On lui avait appris si jeune à dresser les contraintes de ses barreaux d'argent, et même si aujourd'hui il n'avait plus l'excuse de ces bourreaux d'Argent, la cage était encrée, des murs la cachait, eux-mêmes prisonniers dans un for intérieur barbelé. Alors oui, autoriser une faille pour laisser glisser l'encre, ressemblait à des larmes de sang. Et qu'avait-il écrit ? Laisse-moi prisonnier. Et plus il y songeait, plus il regardait sa collection comme le syndrome que son oncle lui avait claqué au visage en riant.
Et maintenant, chaque jour, il contemplait cet amoncèlement, s'arrêtant à ce bouquin corné, qui recensait une page de plus. Et chaque jour, il trouvait une raison nouvelle à son emplacement. Au début, il s'était dit que c'était Stiles, le jour où il avait touché son âme et qu'il s'était perdu entre ces feuilles noircies de phrases en rimes. Mais ensuite, il avait ajouté que c'était le risque que l'adolescent prenait en l'aimant, et un rappel douloureux de ce qu'il ne voulait pas lui faire vivre. Et puis, d'autres idées s'y étaient ajoutées, un peu traitre, décalée. Il avait commencé à se dire qu'il avait fait entrer de la lumière et des mots neufs, dans une relique obscure aux écrits usés. Et aujourd'hui, il songeait qu'il l'avait mis là pour narguer ces vers sombres et contrer leur auteur, comme si, finalement, il lui disait, "tu vois, quelle que soit ta noirceur, il existe des mots bien plus fort que la douleur", "tu vois, quelqu'un m'aime, même si je ne suis pas à la hauteur, même si je n'en vaut pas la peine, et cette lettre me panse et m'a pensée, là ou tes mots n'ont fait que me blesser." Pourtant, sa réponse à l'adolescent était née pour le repousser, pour rejeter sa lumière et refuser ses "je t'aime", faisant que ce manuscrit le narguait à son tour en portant un pli unique qu'il s'était refusé à relire. Il aurait bien aimé compter parmi ses pages, quelques lettres de plus signées Stiles, juste pour faire taire l'arrogante fatalité de ce bouquin meurtri.
Si Derek Hale n'était pas un homme connu pour sa patience, il n'en n'était pas pour autant pressé. Il laissait juste au temps, le temps qui lui est imparti, celui que les aiguilles humaines comptent et décomptent, mécaniques. Vingt-quatre heures, un tour de cadran, un jour qui s'achève en pleine nuit, et les journées s'engrainent. Mais depuis une semaine, le poids de ses pensées semblait le ralentir. Deux coups d'œil à sa montre, toujours la même minute. Des heures d'attente, à regarder sans voir son mur de livres, heures traduites en une simple demi-heure par l'honnête engrenage. Une semaine sans attendre de réponse. Sept jours à se maudire d'espérer une lettre malgré tout. Contradictoire, dérangeant, de quoi étirer les pensées et contrarier le temps. En fait, Derek aurait su passer outre l'attente, il aurait pu s'y faire, continuer ses jours, il aurait pu admettre le manque, lui faire une place dans sa prison. Mais cet espoir était comme Stiles, libre, insaisissable, trop abstrait pour quelques barreaux, trop volatile pour être arrêté par des murs, trop vaporeux pour en sentir les barbelés, trop lumineux pour que, de sa cage tarie d'obscurité, il n'en distingue pas le faible éclat. Trop criant, comme une feuille neuve entre des pages vieillies.
Son téléphone vibra, le sortant de sa léthargie contemplative. S'en saisissant, il vit que c'était un message de Scott qui l'enjoignait à venir au loft pour réunir la meute. L'homme hésita et le temps lui prêta ses rouages refreinés. Le loup mesura, entre ses vaines envies, sa capitulation, et son devoir au sein du groupe, il mesura vraiment s'il devait y aller. Oui, il devait le voir, l'apercevoir, et continuer à vivre comme il l'avait toujours fait. Alors, quand l'absence d'une présence qu'il avait attendue se fit plus criante encore, il ne put qu'encaisser. Et le temps, traitre, s'arrêta presque complètement. Stiles n'était pas là.
-Hey Derek, on a une nouvelle affaire, soupira presque l'alpha qui semblait épuisé. L'homme se contenta d'un bref signe de tête pour l'inviter à continuer. Ce ne sont pas des meurtres, juste un truc pas naturel du tout. Stiles a déjà réuni un dossier.
-Et où est-il ? Réclama l'ainé d'une voix dure.
-Il… Il dort là, lâcha le basané, mal à l'aise. Enfin, à ce qu'il a dit. Ça fait une semaine qu'il… J'en sais rien, il ne me parle pas en fait, je sais juste qu'il est crevé même quand il prétend s'être reposé, baragouina l'alpha, contrarié. Bref, le dossier est juste là et ça c'est la traduction du troisième chapitre du bestiaire qu'il a fait pour toi, finit-il en lui tendant une enveloppe kraft fermée. L'homme s'en saisit, les sourcils se rejoignant presque. Mais je doute que ça concerne l'affaire en cour.
-Alors pourq…. Commença Derek.
-J'en sais rien ok !? S'emporta Scott. Bon, Liam, Kira, Lydia, Malia, sont déjà au parfum. Des gens sans profil particulier perdent des pans entiers de leur mémoire, pour ne pas dire qu'ils deviennent complètement amnésiques au point d'oublier comment on parle. Certains avaient été diagnostiqués comme accidentés cérébraux, genre AVC fulgurant, mais ça s'est aggravé. Il y a même des gosses qui sont visés. Stiles pense à une sorte de succube qui sucerait le cerveau…
-Je crois qu'il n'a peut-être pas tort, cru bon d'ajouter Lydia en fronçant ses petit sourcils, sa bouche toute en pulpe légèrement pincée, comme si elle cherchait la réponse à un casse-tête chinois.
-Il a fait une carte avec toutes les victimes recensées et les dates d'hospitalisation et…
Mais Derek ne l'écoutait plus. Il avait décacheté l'enveloppe pour voir si la traduction allait de pair avec le problème de Beacon Hills, et au centre des documents et des imprimés du bestiaire, se trouvait une enveloppe aussi modeste que la première. Il eut toutes les peines du monde à ordonner son cœur au calme. Stiles lui avait quand même répondu, et caresser ce pli pâle était autant plaisant que désagréable. Il rangea tout dans la grande enveloppe kraft, et tenta de se concentrer sur ce qui se disait. Il accepta tout ce que disait Scott sans en comprendre un mot, il faudrait qu'il songe à lui redemander des détails plus tard, quand son esprit ne serait plus accaparé par la missive qui lui apportait la voix de Stiles en dépit de son absence.
Il repartit comme un automate, autorisant à son palpitant quelques ratés une fois loin des membres de la meute. Il ne vit rien du trajet, rien des pas qui l'amenèrent jusqu'à chez lui, ne comptait que cette lettre qu'il avait attendue bien malgré lui. Il s'installa dans son canapé et entreprit de la lire.
Derek,
Si tu savais comme j'ai mal. Si tu pouvais entendre mon cœur qui s'émiette pour refouler les battements débiles qui l'abîment. Si tu voyais mes mains tremblantes, qui s'échinent dans la dignité de t'écrire, mais qui perdent leurs mots comme j'ai perdu ma voix pour t'offrir ces aveux un peu gauches. Peut-être sourirais-tu de cette bêtise presque enfantine, et tu aurais raison.
Tes écrits m'ont d'abord fait mal. C'était comme si tu me donnais ton amour pour me l'arracher avant que je n'en saisisse le ton. Comme si tu me narguais en me présentant des espoirs, des mots que je n'attendais pas, pour mieux les briser à ma vue et blesser mes pupilles naïves. Alors je l'ai relu, je me suis saoulé de tes phrases, de tes ombres et de tes démons. Je me suis noyé dans tes larmes jusqu'à ce que l'encre gorge mes poumons. J'ai écouté l'antre de tes lignes au point de ne plus entendre le reste. Je me suis rendu sourd à la colère, me suis gavé de ta détresse. Je me suis attaché à tes lettres entachées de tristesse. J'ai dévalé tes mots jusqu'à délaver mes aigreurs, ne gardant que le goût dépité de la désolation qui sature ta feuille de regrets. Je t'ai dévoilé mes "j'aurais aimé" et il ne me reste que des "si j'avais pu", ces valeurs insipides qui redessinent le monde sans jamais le changer, ces termes misérables qui s'accrochent à l'invisible sans voir qu'ils sont déjà tombés. J'ai perdu mes propos, ils se sont écroulés, et ma main tremble toujours, l'inconstante, elle essaye de les rattraper. Si j'avais pu…
Si j'avais pu, te convaincre de mille façons, qu'il y a mille raisons pour tenter la folie d'accorder nos émois. Si j'avais pu être cet être que tu écris, au moins pour avoir le pouvoir de t'offrir jusqu'à l'impensable. Si j'avais pu être plus, juste pour avoir l'aptitude de nous porter tous deux, d'assumer ta douleur pour ne plus qu'elle te pèse, et panser tes blessures qui m'achèvent. Si j'avais pu effacer l'impuissance qui s'écoule jusque dans mes veines, qui empoisonne mes vaines croyances. Si j'avais pu avoir ce don que tu peins de mille mots, j'aurais éclaboussé ta vie de toute ma lumière jusqu'à éblouir ton enfer au point de le faire disparaitre. Si j'avais pu, j'aurais dessiné des pansements au passé, pour protéger tes souvenirs, pour ne plus qu'ils s'infectent, qu'ils t'affectent. Si j'avais pu, j'aurais découragé tes chagrins, rudoyé tes douleurs, j'aurais encaissé tes tourments, j'en aurais épousé la peine, quitte à en souffrir les faveurs. Si j'avais pu, j'aurais été un bouclier, j'aurais passé ma vie à contrer tes déboires, pour ne plus que tu les comptes dans tes mémoires.
Si j'avais pu, je t'aurais volé ton martyr, subtilisé tes fautes, ravi tes déviances pour les soustraire à la réalité. Si j'avais pu, j'aurais transformé les limbes qui t'enlisent, en te lisant toutes ses ébauches d'avenirs, je t'aurais guéri de ces spectres vicieux qui t'écorchent et te perdent sur des routes incertaines. Si j'avais pu, je t'aurais prêté mon chemin et donner tous mes buts pour ne plus que tu t'égares, pour que tu trouves abri sous mes égards. Si j'avais pu, j'aurais combattu les flammes qui te dévorent, j'aurais assourdi les cris de tes torts, chassé jusqu'à la mort. Si j'avais pu, je t'aurais accueilli au creux de mes desseins, loin des précarités, j'aurais cueilli des idéaux, des bouquets de possibles aux parfums enivrants, et parsemé ton souffle de mélodies nouvelles. Si j'avais pu être différent, j'aurais déployé ma chaleur pour dévêtir ton cœur de son linceul "d'était", de ses frusques infectées "d'hier", pour le réchauffer de futur. Si j'avais pu être autrement, j'aurais été ta source pour t'abreuver d'espoir et soulager tes plaies, pour t'insuffler la vie et nettoyer tes maux. Si j'avais pu, j'aurais trahi le temps en le remontant à l'envers, j'aurais démonté les instants pour les redessiner à ma manière. Si j'avais pu j'aurais rapproché le soleil, mis la lune en collier, t'aurais offert les astres, une nouvelle galatée. Si j'avais pu être céleste, j'aurais choisi ton âme pour seul refuge, et me serais lové dans les moindres fissures, pour en combler les failles, lisser les déchirures. Mais je ne suis pas grand-chose, je n'ai rien de divin, je ne suis qu'un être un peu naïf et dépassé, qui dépossède ses pensées dans l'espoir d'en être enfin libre.
Je me sens si futile, inutile. A peine un point de braille sur une feuille qui s'élime. Pas même un réconfort pour tes pensées, mais bien cette punition de plus dans ton cœur prisonnier, un châtiment infecté de remords. Alors si mes mains tremblent, j'en mérite la misère. Je voulais juste m'épanché, laisser couler mon encre pour te livrer mon cœur. Je voulais, égoïste, défaire l'étau qui comprime ma poitrine en défaut. Je te demande pardon. Pardonne-moi d'avoir autorisée à ma confidence d'être une lame de plus sur ta vie mutilée. Pardonne-moi d'être celui que tu te dois de repousser, d'être une sentence muette que tu t'obliges à honorer. Pardonne-moi de t'avoir prêté mon regard, en omettant les cendres qui ternissent tes réminiscences. Pardonne-moi de ne pas avoir su t'insuffler ma chaleur, un peu de ma lumière, quelque part, au creux de tes ténèbres, un petit bout d'espoir infime au cœur de cet enfer. J'aurais dû m'effacer et ne pas t'affliger. J'aurais dû taire mes envies et ce besoin de ta présence, j'aurais dû t'épargner. Je vais prendre mes distances, me faire violence pour respecter ton choix. J'accepterais le froid que ton absence m'impose.
Juste, n'oublie pas que ce n'est pas moi que tu protèges, mais toi. Tu te protèges d'être bien parce que tu risquerais d'être heureux alors que tu t'en refuses le droit. Tu négliges que la guérison n'effacera pas tes cicatrices, et qu'elles seraient bien suffisantes pour ne pas désapprendre. Tu as le droit de porter ton fardeau, mais l'alourdir de repentirs ne le rend pas plus respectable.
J'aurais aimé être plus qu'une page qui se tourne, un feuillet qui se déchire, un conte qui s'achève avant même d'avoir commencé. Mon cœur est tien jusqu'à notre fin Mon loup, et si tu nous en avais laissé le pouvoir, nous aurions tenu la plume qui aurait écrit notre histoire, sans trembler…
Si jamais, je serais toujours là à t'attendre, à jamais.
Stiles
L'homme passa une main fébrile sur son visage, faisant fi des battements maladroits de son cœur. Il garda la précieuse entre ses doigts serrés, se relevant pour se rendre à la cuisine et accompagner sa relecture d'une canette ou deux. Plus loin, son regard s'arrêta un instant sur la tranche meurtrie de son bouquin fétiche. Lequel des deux narguait l'autre au final ?
Un manuscrit particulier*: Réf à la fiction de Swato, une liaison dangereuse, que je vous conseille vivement de lire ;)
Où là là, j'ai peur du verdict... Hum hum... pour les réclamations, toujours le même rectangle un peu trop blanc, qui rêves de vos mots pour habiller son vide sidéral ;)
Donc à la semaine prochaine, je passe la main à mon frère d'encre!
Bisous tout plein les loups d'amour qui aiment l'amour et s'amourachent de nos amoureux... Heu... Ouai, elle est chelou celle-là!
Galiane
