RENOVATIO
RESUME :
Quelques jours seulement après la fin de sa 6ème année à Poudlard, Drago voit déjà sa vie se bouleverser irrémédiablement. Des incidents qui vont s'enchainer et chambouler la vie de tous, tel un jeu de domino, que ce soit pour Harry à Londres, ou Lyra, au fin fond de la Russie. Chacun va devoir apprendre à regarder le monde avec d'autres yeux... HP/DM
DISCLAIMER :
Les personnages et le monde de la magie appartiennent à J.K. Rowling. Le reste est de nous.
COUPLE :
HP/DM (Essentiel qui manque à l'original) les autres sont à découvrir.
RATING :
A priori M ou T… Ça reste à voir par la suite…
NOTES DE L'AUTEUR :
C'est un univers alternatif avec magie. C'est-à-dire qu'il y a des libertés par rapports au scénario de JK. Tout est respecté jusqu'au tome 5, sauf la fin du livre, et ensuite c'est différent :
- La prophétie est différente donc pas d'Harry-Horcruxe.
- Sirius n'est pas mort (inconcevable).
- Il s'est écoulé une année : L'histoire commence durant l'été entre la 6ème et la 7ème année.
- Fic à multi-personnages : L'intrigue est séparée entre Drago, Harry et un troisième personnage qu'on a inventé. On n'aime pas quand c'est l'amour fou entre Harry et Drago au premier regard donc il faudra être patient pour le rapprochement.
- Quelques petites choses différentes par rapport aux tomes antérieures au 5. Exemple : Drago ne s'est pas déguisé en détraqueur pour effrayer Harry dans HP3. A vous de découvrir au fur et à mesure …
OoO
CHAPITRE 2 :
9 Juillet 2004, en fin d'après-midi - Le Terrier, quelque part en Angleterre.
- « Tu es irresponsable Ron ! Regarde, même Harry a déjà commencé à travailler pour la rentrée. Je te signales qu'on passe bientôt nos ASPICS … ».
Harry avait passé la journée au Terrier et Sirius et Rémus devaient le rejoindre bientôt pour le diner. Il avait annoncé aux deux Gryffondors qu'il ne pourrait pas se joindre à eux cet été, sur demande de Dumbledore. Ron avait ronchonné … Beaucoup ! Il fallait dire à sa décharge qu'Hermione allait passer tout l'été chez les Weasley et l'ambiance entre les deux meilleurs amis d'Harry était déjà tendue. Leur 6ème année était terminée depuis environ une semaine : Hermione angoissait déjà pour les ASPIC et harcelait Ron pour qu'il se mette au travail, alors que ce dernier préférait s'amuser, ce à quoi servaient des vacances.
Pour la dixième fois de la journée, Harry regardait ses deux amis se disputaient, amusé par la relation qu'entretenaient Ron et Hermione. Cela faisait maintenant six ans qu'il avait pris l'habitude d'assister à ce genre d'échanges houleux.
- « Hermione, arrête ! Je te l'ai déjà dit ! Pour la plupart des gens, être en vacances ne veut pas dire sortir dès aussitôt ses grimoires ou alors se faire harceler pour le faire. J'ai largement le temps de faire nos devoirs d'été ! », lui répondit Ron, nonchalant, vautré sur son lit dans sa chambre aux couleurs des Canons de Chudley.
Les trois Gryffondors avaient passé la journée dans la chambre de Ron, inséparables, comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des mois. Les discussions, amusements et disputes entre Ron et Hermione avaient occupé l'après-midi.
- « On sait tous les deux très bien comment cela va finir Ron ! Comme d'habitude, à la rentrée, tu vas venir me voir piteux et m'accorder que j'avais raison. Tu vas me promettre de désormais t'y prendre en temps et en heure pour tes devoirs et me demander de l'aide », répliqua Hermione en se levant, fâchée. « Et comme d'habitude, je vais céder et passer mon premier dimanche à Poudlard avant le début des cours à t'aider ? Non, j'en ai marre Ron ! Cette fois-ci, tu assumeras tout seul ! Tu m'excuseras Harry, je vais voir Ginny ! »
Hermione quitta la chambre de Ron qui se situait au tout dernier étage, fâchée. Ron et Harry l'entendirent dévaler les escaliers, ouvrir la porte de la chambre de Ginny et la claquer en la refermant. Les deux Gryffondors échangèrent une grimace.
- « Mon pauvre Ron, tu vas avoir les oreilles qui sifflent sans aucun doute ! ».
Harry se mit à rire en voyant la tête défaite de Ron : Hermione allait s'en donner à cœur joie de médire sur le jeune Weasley dans la chambre de Ginny. Harry savait cependant que demain, cette dispute serait déjà oubliée pour laisser place à une suivante. Hermione rouspétait sans cesse contre Ron tout en sachant qu'elle ne réussirait jamais à le changer et que malgré ses dires, elle finirait de toute façon par l'aider au dernier moment, en catastrophe.
Les deux jeunes sorciers patientèrent jusqu'au repas calmement. Ron infligea à nouveau à Harry une défaite écrasante aux échecs, tout en discutant de leur sujet favori : le Quidditch.
Au moment du diner, l'ambiance calme de cette chaude journée d'été s'anima à l'arrivée des deux jumeaux de la famille. Ils saluèrent Harry avec entrain et lui offrir des échantillons de leurs dernières inventions, sous l'œil boudeur de leur frère.
- « Au fait Roony d'amour, peut-on savoir ce que … »
- « … Tu as fait à Hermione pour la mettre …. »
- « … Tellement en colère contre toi ?! »
- « On devrait peut-être envisager de lui donner quelques leçons sur l'art de parler aux jeunes demoiselles, qu'en penses-tu Fred ? »
- « Excellente idée Georges, il semblerait que cela s'impose ! »
Ron devint aussi rouge que les costumes criards de ses frères, alors qu'Harry riait de bon cœur. Les jumeaux étaient toujours pleins d'énergie débordante et de bonne humeur communicative.
- « Allez Roony, racontes tout à tonton Fred ! », rajouta un des deux jumeaux, qu'on ne pouvait différencier, en prenant Ron par les épaules.
- « Pfff … Les filles … », se contenta de marmonner Ron, toujours grincheux autant contre ses frères que contre Hermione.
- « Merci Ron, j'ai entendu … »
Les quatre jeunes sorciers se retournèrent tellement brusquement qu'on put entendre le bruit de leurs cous craquer. Hermione était derrière eux et lança un regard déçu au rouquin, dont les oreilles rougies témoignées de son embarras soudain.
- « Le repas est servi … », ajouta-t-elle avant de quitter le salon, la tête haute.
Ron quitta le salon, en colère d'avoir aggravé cette dispute anodine, laissant derrière lui les trois autres sorciers qui riaient sous cape. La relation chaotique de Ron et Hermione était un jeu parmi les Gryffondors depuis de nombreuses années.
- « Aie … Cela ne va pas être demain qu'on va réussir à les caser ces deux-là … », soupira Fred ou est-ce Georges.
- « Tu maintiens tes gallions sur la date du 24 Décembre Harry ? », questionna l'autre jumeaux.
Harry acquiesça un sourire aux lèvres, en regardant ses deux amis qui étaient maintenant face à face à table mais qui s'ignoraient totalement. Ses deux-là allaient vraiment finir ensemble, même si pour cela il devait intervenir discrètement. La somme en jeu commençait à être très importante et Harry connaissait Ron et Hermione mieux que tout le monde. Il allait tout faire pour remporter ce pari.
OoO
9 Juillet 2004, au même moment - Russie, Koslov, petit village sorcier sur les bords de la mer de Barents.
Vassili Levgueni attacha le parchemin finement roulé à la patte de son corbeau Raven, et laissa celui-ci s'élancer dans la pénombre envahissante. Un soupir fatigué franchi ses lèvres alors qu'il rentrait dans la boutique et se dirigeait vers le comptoir pour ranger les multiples fioles de potion prêtes à l'emploi. La journée avait été longue et n'était malheureusement pas prête d'être terminée. Ils ne rentreraient que tard chez eux ce soir. Les potions qu'il avait commencé ce matin étaient délicates et devaient être mises en flacon dès une certaine température atteinte. Les trois russes avaient donc pris leur mal en patience depuis la fin de l'après-midi et s'étaient lancés dans un grand rangement pour espérer faire défiler plus vite les aiguilles du temps.
Vassili entreprit de ranger les fioles dans les nombreuses étagères de la pièce. De temps à autres, le silence était brisé par le son de deux fioles qui s'entrechoquaient ou par les voix diffuses de Sacha et Lyra qui discutaient au milieu de leur rangement, dans la pièce de préparation. Malgré la fatigue qui commençait à alourdir ses membres, il ne put s'empêcher de sourire paresseusement en entendant les répliques que s'échangeaient ses deux enfants.
Un courant d'air fit frissonner le Potionniste qui se redressa. La porte de la boutique était ouverte et laissait entrer la fraicheur de la soirée. Vassili se figea et porta la main à la poche de son tablier. Un homme aux longs cheveux blonds, tout de noir vêtu, se tenait sur le pas de la porte, un sourire sardonique aux lèvres. Les deux hommes se regardèrent un instant, silencieux, s'évaluant du regard.
- « Le magasin est fermé », annonça Vassili au visiteur, la main solidement agrippée à sa baguette, inquiet.
- « I know … It will be a pleasure sir ! »1, répondit l'intrus d'une voix froide.
- « J'ai bien peur de ne pas vous comprendre monsieur. Je vais vous demander de revenir durant les horaires d'ouverture de la boutique. », déclara le sorcier russe en sortant sa baguette magique.
Une lueur verte sortit de la baguette de l'étranger et toucha Vassili avant que celui-ci n'ait eu le temps de lever la sienne pour se défendre. Le Potionniste s'effondra par terre, dans un bruit de fioles qui se brisent.
- « Papa, essayes de ne pas tout briser … Qu'on n'ait pas à tout recommencer demain ! Une seule fois suffit … »
Le sorcier aux longs cheveux blonds s'avançait dans la boutique, désormais silencieuse, sans un regard pour le corps allongé sur le plancher sombre. Lorsqu'il entendit cette voix masculine et amusée s'élevait de la pièce du fond, il sortit un étrange masque et le porta à son visage, dont les traits cruels auraient glacé quiconque l'aurait vu.
Dans la salle de préparation, Sacha rangeait les établis tout en surveillant attentivement la température des mixtures qui mijotaient dans les chaudrons. Pendant ce temps, Lyra regroupait les grimoires éparpillés un peu partout dans la pièce et les rangeait soigneusement sur la grande étagère, à côté de la cheminée.
- « J'espère que ce n'étaient pas les flacons de potions contraceptives qu'il a fait tomber… », déclara Sacha en s'étirant le dos. « Prélever les écailles de pangolin n'est pas une partie de plaisir et je suis bien content qu'on ait fait un gros stock … Au fait, tu as aussi laissé trainer des livres dans le magasin », ajouta-t-il en souriant alors que Lyra s'asseyait un instant sur le rebord de la cheminée en baillant.
- « … Occupes-toi de tes affaires ! », répliqua la jeune russe en se dirigeant vers l'ouverture donnant sur la boutique, en trainant des pieds. « Et au fait … ton chaudron déborde ! ».
Lyra quitta la pièce en riant, alors que des échos de jurons lui parvenaient tandis que son frère se précipitait vers l'établi où le chaudron déversait sa précieuse mixture dans le feu. Elle laissa retomber le rideau de velours qui séparait les deux pièces et se retourna après avoir regardé une dernière fois Sacha, qui tentait vainement de limiter les dégâts.
Elle resta sur le pas de la pièce qui était plongée dans la pénombre. Elle avança dans le noir, connaissant l'agencement de la pièce par cœur.
- « Sacha ? Papa est parti faire une course de dernière minute ?, demanda-t-elle en élevant la voix pour se faire entendre de l'autre côté.
- « Hein ? », cria son frère. « Par les couilles de Merlin, tu ne vas pas déborder toi aussi ?! », jura-t-il, en s'adressant vraisemblablement à un chaudron, comme il avait pris l'habitude de le faire depuis tout petit.
Lyra entendit les pas précipités de son frère dans la salle de préparation, qui passait d'un établi à un autre. Elle sortit sa baguette pour s'éclairer quand elle entendit un crissement de verre sous ses chaussures.
- « Lumos … »
Elle dirigea sa baguette magique à ses pieds. En effet, elle avait marché sur des débris de fioles dont le contenu était répandu par terre. Elle demeura cependant immobile. Dans le rayon d'éclairement de sa baguette, il y avait bien des fioles brisées … mais aussi un corps allongé sur le dos. Un corps dont le visage était visible. Un corps dont le visage n'exprimait qu'un mélange de stupeur et de frayeur, et des yeux grands ouverts, vides de toute lueur … Un corps qui était son père.
Lyra resta immobile un long moment. Elle entendait son cœur tambouriner dans sa poitrine et dans sa tête. Elle déglutit avec peine en sentant une vague de bile remonter son œsophage. Plus aucun son ne parvenait à ses oreilles à part celui, sourd et frénétique, de son cœur affolé.
- « … a »
Lyra cligna des yeux avec lenteur. Il lui avait semblé avoir entendu un bruit diffus, mais sa tête était seulement remplie de ce bruit de tambourinement.
- « …A »
Le son avait cette fois été plus fort. Lyra quitta du regard le corps par terre, et tourna difficilement la tête, son corps soudainement trop pesant. Sous la voute, se dessinait la silhouette de son frère, Sacha.
- « Lyra ! Hého ! », s'écria cette fois-ci Sacha pour avoir l'attention de sa sœur. « Tu me disais quoi avant que ces abrutis de chaudrons ne … Lyra, ça va ? », ajouta-t-il plus doucement.
Il s'approcha de la jeune russe qui le regardait avec ses yeux bleus foncés, grands ouverts et remplis d'effroi. Il posa sa main chaude et rendue calleuse par les années sur la joue glacée de sa sœur.
- « Lyra, tu … »
Sacha se tut soudainement alors qu'il jetait un coup d'œil au magasin. Tout s'enchaina ensuite très vite et il n'eut le temps de n'enregistrer que des fragments d'images. Le corps de leur père éclairé par un faisceau lumineux tremblotant. Les silhouettes de personnes dans la pénombre de la pièce. Les baguettes qui les pointaient elle et lui. Les masques argentés qui reflétaient le peu de lumière de la pièce.
- « Protego ! »
Le jeune sorcier avait agrippé sa sœur et avait trainé son corps lourd et sans réaction vers la pièce de préparation alors qu'il lançait un sortilège de bouclier. Quelques pas. C'était tout ce qui les séparait de l'autre pièce. Quelques pas et quelques secondes. A peine le temps de cligner des yeux et reprendre sa respiration. Sacha avait quand même senti les sorts offensifs des agresseurs les frôler puis ricocher sur les murs créant un rideau de poussières.
Une fois de l'autre côté du rideau de velours, il avait poussé Lyra derrière lui pour la mettre en sécurité. Lyra qui était restée sans réaction, les yeux toujours grands ouverts, et n'ayant apparemment pas conscience de la scène tragique qui se déroulait dans le magasin du Potionniste. Elle avait continué à reculer mécaniquement jusqu'à ce qu'elle entre en collision avec son fauteuil, devant la cheminée. Son corps s'affaissa par terre, comme une cape qu'on laisserait tomber négligemment.
Lyra regarda la silhouette de son frère se mouvoir tellement vite qu'elle avait du mal à le suivre des yeux. Au-delà les battementsfrénétiques de son cœur paniqué, elle entendit les échos de sorts qui fusaient et rebondissaient sur les chaudrons d'argent, de cuivre et de plomb. Des filaments lumineux défilaient devant ses yeux bruits étouffés ressemblant à des voix qui s'époumonent. Une luminosité de plus en plus éblouissante une chaleur de plus en plus étouffante…
Elle n'arrivait plus à suivre son frère des yeux, gênée par ce brouillard opaque qui était tombé sur la pièce. Le tambourinement frénétique dans sa tête finit par ralentir, et perdit en intensité sonore. Puis … le silence.
OoO
10 Juillet 2004, dans la matinée - Russie, Koslov, petit village sorcier sur les bords de la mer de Barents.
Lyra s'éveilla avec les premières lueurs de l'aube. Elle ouvrit les yeux avec difficulté et regarda autour d'elle. Elle était dans sa chambre. Sur son chevet, trônaient plusieurs fioles vidées de tout contenu. Elle avait la gorge sèche et un peu mal à la poitrine lorsqu'elle respira.
L'esprit brumeux, les membres engourdis par la chaleur de son lit, elle était bien, détendue. Ses idées cependant s'éclaircirent assez vite, la faisant quitter son cocon de bien-être. Des flash d'images lui parvinrent de sa mémoire et lui vrillèrent la tête de douleur. Les masques argentés son père les sorts la poussière la chaleur insupportable… Son père…
Lyra réunit le peu de force qu'elle avait pour repousser les couvertures qui l'étouffaient. Elle resta ensuite, ainsi prostrée, dans son lit, le regard dans le vide, sans réaction. A l'extérieur, le jour s'éclaircissait à mesure que l'aube laissa sa place à une matinée très ensoleillée. Pas un bruit ne vint déranger le calme de la chambre pendant longtemps. Seulement sa respiration lente, calme, profonde. Lyra avait l'impression qu'on l'avait arraché de son enveloppe corporelle : Hormis la chaleur qui l'habitait, trop grande, elle ne sentait rien ne ressentait rien. Elle resta ainsi immobile, avec ce vide à l'intérieur d'elle-même.
- « Il me semble vous l'avoir dit plusieurs fois déjà … Je ne veux pas que vous la dérangiez ! ».
L'éclat de voix autoritaire de Sacha la tira de son état catatonique. Le soleil était haut dans le ciel. Elle se redressa avec difficulté, les membres courbaturés. Elle quitta sa chambre, vêtue de son pantalon de toile et débardeur beiges qu'elle portait pour dormir. Elle descendit ensuite au rez-de-chaussée rejoindre son frère, manquant de trébucher à plusieurs reprises.
Sacha l'accueillit en bas de l'escalier en colimaçon, un sourire triste aux lèvres. Il l'emprisonna dans ses bras, lui offrant une étreinte puissante et rassurante. Le frère et la sœur restèrent ainsi de longues minutes. Lyra, la tête posée contre la poitrine de son frère, savourait d'entendre les battements apaisants de son cœur, tandis que celui-ci lui caressait les cheveux. Sacha finit par s'écarter de Lyra et la regarda avec inquiétude.
- « Tu n'as pas trop mal quand tu respires ? Tu n'es pas très couverte …Veux-tu une de mes chemises pour te réchauffer ? Veux-tu quelque chose à boire ? »
- « Je n'ai besoin de rien … », lui répondit-elle, d'une voix enrouée.
- « On va prendre soin l'un de l'autre, d'accord », lui murmura-t-il en lui caressant la joue.
- « Le bruit ? »
- « Des membres de la brigade d'intervention et du gouvernement sont ici pour savoir ce qui s'est passé … La marque des Ténèbres était au-dessus de Koslov hier soir quand … », ajouta-t-il quand il aperçut son regard interrogateur, sans pour autant trouver la force de finir sa phrase.
Sacha prit la main de sa sœur et l'emmena vers le salon. Lorsqu'ils entrèrent dans la pièce, les sorciers qui s'y trouvaient se turent. Certains arboraient l'uniforme rouge bordeaux de la brigade d'intervention sorcière d'autres des robes noires avec l'insigne de leur ministère de la magie. Au milieu de ces couleurs sombres et formelles, une personne habillée dans une robe d'un violet criard dénotée et attirée le regard. Il s'agissait d'un vieil homme avec une longue barbe argentée et des lunettes demi-lunes cachant des yeux clairs alertes.
Lyra s'installa sur un des fauteuils, dans cette pièce au silence pesant où tous les suivaient du regard. Les flammes dans le foyer tremblotèrent un instant tandis que Sacha fermait la porte de la cuisine et s'asseyait sur l'accoudoir du fauteuil, près de sa sœur. Après quelques minutes d'attente, un sorcier à l'allure sévère et peu avenante se leva.
- « Bien, nous allons pouvoir démarrer cet entretien. Mademoiselle, je me présente, Misha Andropov, chef de la division d'intervention de St Pétersbourg. Nous sommes ici pour savoir ce qui s'est passé précisément cette nuit, alors que la marque du Seigneur des Ténèbres est apparue dans le ciel. Pouvez-vous nous décrire ce que vous avez vu ? Ce qui s'est passé ? »
- « … Je … Il y avait des sorciers dans le magasin … avec des masques argentés … », peina à articuler Lyra, à voix basse.
- « Et ensuite ? », la pressa le chef de la sécurité magique russe.
- « …Je ne sais plus … », murmura-t-elle.
- « Mademoiselle, je vous prie de vous concentrer ! Vous n'en avez pas conscience mais il s'agit d'une affaire extrêmement grave et importante pour notre monde », la sermonna le représentant russe d'une voix sèche.
- « Monsieur, je pense que ma sœur et moi-même sommes plus que conscients de la gravité de l'incident d'hier soir … Alors membre de la brigade d'intervention ou non, vous vous adressez à Lyra autrement ou je vous fous à la porte ! Je ne le répèterais pas deux fois ! La nuit a été assez dure sans qu'on ait à recevoir un sermon de votre part ! », la voix de Sacha claqua dans la pièce, autoritaire, prenant son interlocuteur de cours.
Le silence se fit à nouveau dans le salon des Levgueni. Lyra se perdit dans la contemplation de la forêt qu'elle pouvait apercevoir à travers les fenêtres de la pièce. La conversation reprit, sans qu'elle ne prête de réelles attentions aux propos tenus, bercée par la main de Sacha qui passait dans ses cheveux, et le son apaisant de sa voix.
- « Notre père était déjà mort quand on est arrivé … Aucun idée du nombre qu'ils étaient… Battus dans la salle de préparation … Pas tués mais blessés certains … », expliquait Sacha explications dont Lyra n'en percevait que des brides.
- « Et quand est-il de l'incendie qui a détruit le magasin de feu votre père ? », questionna un des sorciers.
- « Le bâtiment est détruit ? Il y a eu un incendie ? », demanda soudainement Lyra qui avait redressé la tête en entendant la question posée à son frère.
- « Tu ne te souviens pas ? ».
Lyra ferma les yeux un instant et essaya de réunir tous les brides d'images qu'elle avait de la veille. Elle se souvenait avoir eu très chaud auprès de la cheminée … Mais pas d'un incendie.
- « Peut-être qu'un des … Mangemorts l'a déclenché avec un sort …C'est une pièce qui comporte des potions, pour certaines puissantes et dangereuses donc … », expliqua le jeune russe.
- « Donc cela pourrait être la cause de ce feu dévastateur qui a, en quelques minutes, atteint les structures du bâtiment et provoquait son effondrement … forçant les Mangemorts à s'enfuir ? Cela peut être plausible … Bien que je n'ai encore jamais vu d'incendie de cette ampleur … », conclut le chef de la brigade.
Lyra croisa le regard du vieil sorcier à la robe aux couleurs criardes, qui ne cessait de les regarder, silencieux.
- « Pourquoi ont-ils attaqué notre père ? », demanda Sacha alors que les sorciers de la brigade d'intervention s'apprêtaient à quitter les lieux. « Vous m'avez dit, tout à l'heure, qu'il n'y avait pas eu d'autres incidents dans la région … »
- « Votre père était un Potionniste de grande renommée … Les Mangemorts utilisent malheureusement beaucoup de potions douteuses au nom de leur cause ! », conclut le chef avant de prendre congé, laissant derrière lui les représentants du Ministère ainsi que le vieil sorcier excentrique.
- « S'il vous plaît Messieurs, faites-vite. Ma sœur et moi-même aimerions nous reposer … », commença Sacha, souhaitant abréger cette rencontre déplaisante aussi vite que possible.
- « Bien entendu Monsieur Levgueni », lui répondit un des hommes, avec une voix mielleuse de politicien. « Votre père étant décédé, nous sommes ici concernant la mise sous tutelle ».
- « Quelle mise sous tutelle ? », demanda Sacha en se levant, lâchant Lyra qui détacha son regard de l'extérieur, pour prêter attention à la conversation.
- « Lyra Levgueni n'a pas atteint la majorité. Il est donc nécessaire de la placer sous une tutelle officielle. »
- « Lyra est ma sœur. Je demande à être son tuteur ! Il n'y a donc pas de problème ! ».
- « Et bien … Si … et cela pour plusieurs raisons. La première étant que cette jeune personne ici présente n'est pas votre sœur … techniquement », répondit le sorcier avec un sourire calme et déplaisant.
- « Je vous interdit de … », s'écria Sacha, en s'approchant de son interlocuteur, les mains crispées de long de son corps, pour s'empêcher de faire un geste malencontreux.
- « Monsieur Levgueni, calmez-vous je vous prie. Laissez-moi vous exposer la situation. Cette jeune sorcière n'est pas votre sœur biologique. De plus … ».
- « Stop ! », cria Sacha en attrapant le sorcier par le col de sa longue robe noire, créant le silence dans le salon alors que tous les représentants du Ministère commençaient à s'énerver.
Seul le vieil sorcier à la longue barbe blanche resta assis à sa place, regardant les deux jeunes russes d'un œil attentif. Lyra, qui observait la scène, avec l'impression de flotter et de ne pas être impliquée, se leva à son tour et posa la main sur le bras de Sacha, espérant l'empêcher d'agresser un représentant du gouvernement sorcier russe.
- « Lyra est ma sœur, d'accord ! Je vais être son tuteur, point final ! Maintenant, je vous donne dix secondes pour quitter notre maison ou je vous jure que je vous montre comment j'ai accueilli ces pourris de Mangemorts hier soir ! ».
- « Monsieur Levgueni, vous ne pouvez pas nous renvoyer … », bredouilla le sorcier qui avait perdu de sa superbe, ses pieds ne touchant plus le sol, alors qu'il était soulevé par Sacha.
- « Comprenez que nous sommes ici officiellement ! Monsieur Dumbledore a fait un long trajet ! Nous devons … ».
- « Dehors ! Je compte jusqu'à dix ! Un, deux, trois … », hurla Sacha qui traîna le sorcier qu'il avait agrippé à la porte de la maison, et le jeta dehors.
Le représentant du Ministère atterrit lourdement par terre et Lyra l'entendit geindre de douleur, au moment de sa réception manifestement ratée. Cela fut le signal pour les autres sorciers : Sacha n'avait même pas compté jusqu'à huit qu'ils avaient tous quitté précipitamment les lieux, comme s'ils avaient un troll à leurs trousses.
Sacha claqua la porte fortement, la faisant trembler sur ses gonds, puis se retourna vers sa sœur. Il resta un instant immobile sur le seuil de la maison, abasourdi de constater la présence d'un de leurs visiteurs qui n'avait manifestement pas pris ses jambes à son coup après son éclat de colère. Le vieil sorcier adressa un sourire malicieux au jeune russe en se levant calmement.
- « Jeunes gens … Malgré ces circonstances malheureuses, cela a été un plaisir de faire votre connaissance ! Je n'ai pas tous les jours le plaisir d'assister à ce genre de spectacle très divertissant. », dit-il d'une voix amusée en s'approchant de Lyra qui était restée au centre de la pièce, et en se penchant pour lui faire un baisemain galant. « Mademoiselle, vous devriez retourner vous reposer ! Vous êtes gelée … », continua-t-il en gardant la main de la jeune fille dans sa paume et en lui adressant un regard perçant.
- « Hein ? Non, j'ai trop chaud », répondit-elle distraitement, étant dans une sorte de brouillard depuis son réveil, et dépassée par la multitude d'évènements.
Le sorcier à l'immonde robe violette criarde lui adressa un sourire réconfortant, salua son frère, puis quitta la pièce avec calme, laissant la maison des Levgueni tellement silencieuse que l'on pouvait entendre les arbres, à l'extérieur, pliés sous le vent.
A suivre …
Note 1 : « Je sais … Ce sera un plaisir monsieur ! »
Merci d'avoir suivi jusque là ! Un petit commentaire svp ?
Retour de Drago dans le prochain chapitre ! Il faut savoir être patient … Héhéhé ! L'histoire est mise en place petit à petit : Harry et Drago auront donc de plus en plus d'importance.
