Auteur Ruth Dedallime
Titre La Ligue
Rating K+
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient à J. K. Rowling... Vous saurez reconnaître mes propres personnages et mes ajouts personnels à l'univers pré-cité...
Administration à la française
Harry se réveilla brusquement le lendemain. Un Dean Thomas, hilare, venait de lui lancer un sort de son cru, dont l'effet le plus immédiat était un trempage en règle, tandis que Seamus en faisait autant à Ron.
« Debout, les marmottes ! A la douche ! »
Harry grelotta, en se demandant s'il avait rêvé les évènements de la veille ou s'ils s'étaient réellement produits. Et si c'était le cas Par Merlin, il s'était évanoui devant ses amis ! La honte absolue ! … Sans raison, juste… évanoui ! Comme ça, comme une fillette ! Je ne pourrais jamais plus regarder Ron et Hermione en face… pensa-t-il, angoissé.
Il se précipita vers les douches, sans lever les yeux sur Ron, qui crachait et pestait, en menaçant Dean et Seamus des pires vengeances.
L'eau, qui dégoulinait sur son visage, l'obligea à fermer les yeux. Il revit la réunion de la veille.
« Dumbledore… et McGonagall… Aucun des deux ne pardonnent mon comportement de juin. Ils ne me veulent plus ici… Qu'est-ce qu'ils s'imaginent ? Que je serais dupe de leur manège ? Cet échange scolaire, ce n'est que de la poudre aux yeux ! Le meilleur moyen de me faire déguerpir, sans que cela prête à réflexion ! … Ils veulent se débarrasser de moi ? TRES BIEN ! Je n'ai pas l'intention de leur mettre des bâtons dans les roues ! … Merlin ! Pourquoi à chaque fois que je fais confiance à quelqu'un, soit il crève, soit il me jette ? »
Harry n'aurait pas cru que cela ferait si mal, partagé comme il l'était, entre la tristesse et la colère.
Il s'habilla en quatrième vitesse, puis sortit en trombe de la salle de bain. Torse nu, Ron essorait son pyjama. Harry fila vers la porte du dortoir. Pas question de croiser son regard inquiet. Mais avant qu'il ne puisse la franchir, une main s'abattit sur son épaule :
« Ne sois pas stupide, Harry ! » fit Ron. « Hier, tu n'as presque pas touché à ton dîner et Ginny m'a dit que tu n'avais rien acheté dans le train. J'imagine que tes moldus ne t'avaient pas nourri le matin non plus. Avec l'estomac vide, c'est normal que tu te sois senti mal… D'après Hermione, une hyro… hypo… une hypogly…cérie, ça peut arriver à n'importe qui. »
Harry esquissa un sourire et se tourna vers son ami.
« Une hypoglycémie, Ron ! Tu as sans doute raison. Je te promets de manger correctement ce matin. D'ailleurs, j'ai une faim de loup ! »
Ils descendirent dans la salle commune.
« Tu ne me demandes pas ce que l'on a vu, hier soir en rentrant ? »
« Hormis ma dépouille amorphe et inconsciente ? » ironisa sombrement Harry. « … Vous avez vu autre chose ? »
« Attendons Hermione. Elle serait furieuse si je te racontais tout, sans rien lui laisser. »
Ron se carra dans un fauteuil, ses longues jambes croisées devant lui. Les grandes vacances avaient bien profité au jeune Weasley qui, non content d'avoir pris quelques centimètres supplémentaires, avait gagné en solidité. Harry trouvait qu'il ressemblait de plus en plus à son frère Bill. Mais la ressemblance s'arrêtait au physique. Bill avait de la classe, tandis que Ron... Harry soupira. Présentement, Ron tentait d'évacuer de ses oreilles le trop plein d'eau, engendré par la douche improvisée de Seamus. Il continuait à grommeler des insanités et à planifier sa vengeance prochaine.
Harry leva les yeux et fit signe à Hermione qui descendait les escaliers du dortoir des filles. Elle aussi avait changé au cours de l'été, encore qu'il n'aurait su dire en quoi. Peut-être que vivre des drames comme celui de juin dernier achevaient de faire d'eux de jeunes adultes ? Leur apporter la sagesse qui leur avait fait défaut - qui lui avait fait défaut - et avait entrainé la disparition de...
« Ca va, Harry ? … Hé, Harry, tu m'écoutes ? » demanda impatiemment Hermione.
« Tu disais Hermione ? »
« Je disais qu'il fallait que tu manges ce matin. On n'a pas idée de se priver de nourriture ! »
Harry n'essaya pas d'argumenter. Quand Hermione le prenait sur ce ton-là, il n'avait plus qu'à s'écraser, en espérant qu'un autre sujet préoccupe vite la jeune fille. Cela ne manqua pas de se produire.
« Ron t'a raconté pour hier ? » dit-elle, avec un soupçon d'excitation dans la voix.
« Je ne lui ai encore rien dit… Figure-toi qu'en repassant devant le tableau de la vieille au chaudron… Tu sais celui où ont disparu Flitwick et Sprout ? … Et bien en repassant, on a vu un curieux cortège en sortir ! … Et devine qui menait la danse ? Tu n'imagineras jamais ! … Hagrid ! »
« Hagrid ? » répéta Harry, éberlué.
« Oui, le seul et unique ! … Et pas seul, on peut te l'assurer ! »
« Il était accompagné par de petites créatures, enveloppées dans des capes, ce qui fait que je n'ai pas pu les identifier ! » intervint Hermione. Mais, le fait le plus marquant est qu'ils émettaient distinctement de la lumière ! … Je me suis creusée toute la nuit, mais je n'ai pas la moindre idée de ce que ces bestioles peuvent être ! … C'est rageant quand même que je n'ai pas le temps d'aller faire des recherches à la bibliothèque ! »
« Mais, on aurait peut-être le temps d'aller cuisiner Hagrid, non ? » remarqua Harry.
« En parlant de cuisine, je suggère d'aller vite petit-déjeuner, » fit Hermione, puis comme Harry allait protester, elle le coupa d'une voix sans appel : « Il est hors de question, Harry Potter, que tu sautes un repas de plus ! »
Harry soupira in petto et suivit ses amis vers la grande salle.
Hagrid restait introuvable, il n'était ni dans sa cabane, ni à l'orée de la Forêt Interdite. Peut-être Dumbledore lui avait-il confié une mission à l'extérieur d'Hogwarts. Harry aurait aimé consulter la carte du Maraudeur, mais elle était déjà soigneusement emballée dans ses affaires. Pas qu'elle serait d'une grande utilité à Beauxbâtons, mais Harry répugnait à la confier à quelqu'un en son absence, même à Ginny Weasley. Ils finirent par revenir précipitamment vers le château, au moment où Snape leur lançait d'une voix mauvaise que tout le monde attendait Saint Potter pour partir et que décidément il était d'une arrogance qui dépassait celle de son père ! Et gna-gna-gna ! Il pourrait pas changer de disque de temps en temps ! pensa Harry, exaspéré.
Ils partirent finalement moins tôt que ne l'avait prévu Dumbledore et ce n'est que sur le coup de neuf heures et demie que le signal du départ fut donné. McGonagall les guida vers les calèches, attelées aux Sombrals. A peine montés, les élèves virent les calèches se couvrir de leurs toits amovibles et s'équiper de tout le confort nécessaire à un long voyage. Le petit professeur Flitwick lança alors un sort d'invisibilité sur les calèches pour une durée de 24 heures.
« Pas une seconde de plus ! » recommanda-t-il à McGonagall. « Faites bien attention à respecter cette horaire. »
Harry, Hermione, et Ron se retrouvèrent dans une des dernières calèches avec trois autres retardataires Anthony Goldstein, le Ravenclaw et les deux Hufflepuffs Hannah Abott et Ernie McMillan.
« Ouf ! » fit Hannah, visiblement soulagée. « J'ai cru qu'on allait rater le départ ! »
« C'est à se demander ce que vous faisiez tous les deux ! » fit Ron, taquin.
« C'est pas ce que tu crois ! » se défendit Ernie. « D'ailleurs, Goldstein était avec nous. On devait s'occuper d'une affaire de malles mélangées. »
« Ne monte pas sur tes grands chevaux, McMillan, je plaisantais… »
« Eh ! Vous avez remarqué ? » fit Anthony Goldstein. « On est presque une calèche de préfets ! Il ne manque que Padma ! »
Harry se retint de justesse de dire que s'il dérangeait, il pouvait très bien céder sa place à Padma, ou même à Malfoy et Parkinson, les préfets des Slytherins !
La première partie du voyage s'effectua sans accroc. Pour la énième fois, Ron écrasait Harry aux échecs sorciers. Hannah dormait, la tête sur les genoux de McMillan. Goldstein apprenait le programme de métamorphose de septième année, afin de prendre de l'avance pour ses NEWTs. Il avait déjà appris celui de sixième année pendant les grandes vacances, ainsi qu'il l'avait fièrement expliqué à Hermione, qui de son coté, en avait fait tout autant. Cette dernière avait le nez dans la nouvelle édition du "Guide des écoles de sorcellerie en Europe" et régulièrement, elle lisait des passages à haute voix sur l'Académie Beauxbâtons :
« Ecoutez cela "L'Académie Beauxbâtons, à l'instar de Durmstrang, est incartable. Mais si la position de la seconde reste un complet mystère, la localisation en France de Beauxbâtons ne fait aucun doute. Il n'en demeure pas moins que cette école peut se trouver dans n'importe quelle région de France." Je me demande comment va-t-on faire pour atteindre Beauxbâtons… Peut-être que les Sombrals connaissent le chemin ? »
« Ou McGonagall ? » proposa Goldstein.
« Le plus simple serait encore de nous fournir des Portauloins, non ? » remarqua Ron.
« Trop facile à truquer ! » renchérit Harry, d'une voix sans affect.
Il y eut un léger froid. Tous revoyaient la dépouille froide et rigide de Cédric Diggory, à la fin du Tournoi des Trois Sorciers. Ils se replongèrent, qui dans son livre, qui dans sa partie d'échecs, qui dans l'observation du paysage. Harry masqua un petit sourire involontaire derrière un bâillement, puis porta la main à son front sa cicatrice chauffait bizarrement. Il prit une ou deux profondes inspirations et expira en vidant totalement son esprit. Il devait renforcer son contrôle en occlumancie ! Aussi vite qu'elle était apparu, la sensation de chaleur disparut. J'ai un mauvais pressentiment… pensa-t-il.
L'heure de midi approchant à grand pas, ils sortirent les sandwichs préparés par les elfes de maisons, puis partagèrent leurs stocks de bonbons et de friandises, tant sorciers que moldus. Puis Harry s'accorda une sieste digestive bien méritée.
Il fut tiré de son sommeil par un ralentissement, nettement perceptible, du rythme de vol des calèches. Ron et Ernie regardèrent par la fenêtre. Il ne devait pas être loin de 16h00 cela faisait presque sept heures qu'ils avaient quitté Hogwarts. Ils surplombaient la Manche et les côtes françaises étaient visibles à quelques kilomètres plus loin. La mer léchait les plages de galets de la Haute Normandie. Les calèches s'immobilisèrent tout à coup et les toits amovibles s'ouvrirent. Ils virent un point noir à l'horizon se rapprocher d'eux à grande vitesse. Le point noir grossit jusqu'à devenir une sorte d'insecte volant.
Un homme d'allure jovial, chauve, à la moustache noire relevée en pointes, monté sur une sorte de bicyclette à ailettes, s'approcha de la calèche occupée par McGonagall.
« Servan Pluskeparfait, du service des Douanes, » annonça-t-il, d'un air important. « Je suis envoyé par le ministère des Affaires Intérieures pour contrôler vos identités. »
« Je suis le professeur Minerva McGonagall. J'accompagne ces élèves de Hogwarts à l'Académie Beauxbâtons pour un échange scolaire. »
« Très bien, très bien. Ils sont mineurs, j'imagine ? Pouvez-vous me remplir des formulaires vous portant garante de leurs actions tant qu'ils se trouvent sur le territoire français ? »
Il lui tendit un liasse de parchemin, qu'elle commença à remplir en pinçant les lèvres.
« Je vais contrôler les bagages, pendant ce temps »
Il se dirigea vers les calèches et saisit une sorte de mini-transistor de radio à antenne, à moins que ce ne soit une télécommande de jouets électriques. Il tapa quelques codes, tourna trois ou quatre boutons et dirigea l'antenne vers les malles. Les élèves l'entendirent marmonner : « Aucun objet interdit par la législation 3.22.9, aucun objet ne rentrant dans la catégorie interdite à l'importation… Parfait ! … Quelques artefacts à la limite de la magie noire… Ils sont un peu jeunes pour cela… Mais bon ! … Tiens, un… oh, oh, voilà qui est intéressant ! Mais, ce n'est pas interdit, alors je ne dirais rien ! … Tiens des objets moldus non détournés ? … Bof, si ça les amuse ! … Mais qu'est-ce que c'est ça ? … Vraiment, on se demande à quoi pensent les parents de nos jours ? … Et ça ? … »
Il regarda d'un drôle d'air Coquecigrue, le mini-hibou de Ron, qui pépiait comme une escadrille d'hirondelle et demandait à sortir instamment de sa cage. Ron remit bien vite un vêtement sur la cage afin que l'oiseau se rendorme.
L'employé du ministère remit une attestation de conformité à la législation à McGonagall. Après ce contrôle de plus d'une demi-heure, les calèches repartirent à vive allure, en direction de Paris.
« Où va-t-on, professeur ? » demanda Lavander.
« A Paris, nous devons y faire halte pour le dîner. »
« On va voir Paris ! Waouh ! » chuchota la jeune fille à Parvati, sa complice de toujours. « Tu crois qu'on aura le temps d'y faire un peu de shopping ? »
Les calèches, toujours invisibles, atterrirent en pleine Buttes-Chaumont. Les Sombrals purent enfin souffler un peu et marchèrent d'un pas tranquille jusqu'à une caverne où grondait une cascade. Un large pan de mur s'ouvrit et les calèches s'y engouffrèrent. Le silence et l'obscurité du tunnel qui s'enfonçait en pente douce dans la terre ne rassuraient pas beaucoup les élèves. Enfin, les calèches firent une halte et ils entendirent la voix de McGonagall leur demandant de descendre. Malgré leurs inquiétudes, Harry et les autres obtempérèrent, ravis malgré tout de se dégourdir un peu les jambes. La surprise les cloua sur place ils se trouvaient dans un vaste hall de gare, presque désert. Un autre groupe de sorciers, visiblement des asiatiques, attendaient à l'autre bout du hall. McGonagall se dirigea vers le guichet, où se tenait une sorcière entre deux âges :
« Service du Tourisme, bonjour. Nationalité ? » demanda la française.
« English »
La femme prit une pastille aux couleurs de l'Union Jack dans un pot devant elle et l'avala.
« Welcome in France ! » lança-t-elle dans un anglais sans le moindre accent. « Can I help you ? »¹
McGonagall expliqua l'échange scolaire avec Beauxbâtons.
« Avez-vous l'autorisation de votre directeur ? »
Le professeur de métamorphose exhiba un parchemin signé conjointement par Dumbledore et madame Maxime.
« Et l'attestation de contrôle du service des Douanes ? » demanda ensuite la sorcière, imperturbable.
McGonagall ne s'autorisa qu'un roulement d'yeux en tendant le double du papier.
« Et les formulaires de responsabilité civile pour les élèves mineurs ? »
Un tic nerveux commençait à agiter la machoire de la vieille sorcière, tandis qu'elle présentait les formulaires.
« Parfait, parfait ! » fit la française. « Sur votre droite, escalator F, métro Botzaris, ligne 7bis, direction Pré St-Gervais. Montez dans le dernier wagon de la rame et descendez à Haxo² au moment de l'annonce ! »
McGonagall saisit le parchemin que lui tendait la femme et la remercia d'un regard noir. Elle rassembla les élèves, en pestant intérieurement contre les lourdeurs et les contraintes du système administratif français :
« Bien. Nous allons devoir prendre le Métro. Il y aura des moldus, mais ils ne feront pas attention à vous si vous ne faites rien d'incongru… Je compte sur vous ! »
Elle lança un regard soupçonneux à Draco Malfoy et aux Slytherins qui affectaient la plus totale indifférence.
Ils empruntèrent le fameux escalator F, qui ressemblait à n'importe quel escalator moldu, hormis qu'il chantait de vieilles chansons d'une voix chevrotante. Ils débouchèrent sur le quai de la station Botzaris. Deux minutes plus tard, un métro rentra en gare. Ils suivirent les indications et montèrent dans le dernier wagon. McGonagall restait proche de Malfoy, qui ne cachait pas son mécontentement.
Les jeunes sorciers de "pure souche" qui ne mettaient que très rarement le pied dans le monde moldu, regardaient les tunnels obscurs du métro, puis les murs couverts de publicités, la bouche à demi-ouverte, collés contre les fenêtres.
Le changement se produisit juste après la station suivante "Place des Fêtes le temps sembla s'arrêter et tous les moldus du wagon se figèrent. Puis, le métro emprunta brusquement une voix sur la gauche et une voix sensuelle annonça :
« Mesdames, messieurs, bienvenue sur la "Voie des Fêtes" ! Nous atteindrons dans quelques instants la station-fantôme "Haxo". Descente à gauche… Ladies and Gentlemen, welcome on the "Voie des Fêtes" ! We are now reaching the Haxo ghost-station, please get down on the left... »
« La station fan… fan… fantôme ? » bégaya Neville, tandis que le métro pénétrait dans une station, qui semblait désaffectée, mais néanmoins éclairée par quelques luminaires à l'éclairage blafard.
Le métro s'arrêta et les élèves descendirent de la rame comme précisé. Les moldus ne cillaient pas et semblaient dormir les yeux grands ouverts. McGonagall empêcha de justesse Crabbe d'en pincer un, pour voir s'il se réveillerait et lui souffla :
« Crabbe, votre conduite est inadmissible. Vous serez en détention dès que nous serons arrivé à Beauxbâtons ! »
Malfoy, qui avait implanté cette action dans l'esprit de Crabbe, se mit à rire sous cape de la déconfiture de son camarade de maison.
Harry regarda le métro repartir en sens inverse et rejoindre son trajet habituel, comme si de rien n'était. A peine, la rame avait-elle quitté la station, que cette dernière s'illumina brusquement. Elle paraissait maintenant sans fin, grouillait de monde, de boutiques, de restaurants et de cafés. Des gens, de tous âges, le plus souvent en habits moldus, étaient assis aux tables et discutaient avec animation ou s'empressaient dans les boutiques pour faire quelques achats. C'était une sorte de Chemin de Traverse à la française.
A ce moment-là, vingt heures sonnèrent à la grande horloge pendant du plafond de la station. Un homme vêtu d'un strict costume-cravate se dirigea vers le groupe des sorciers de Hogwarts.
« Madame McGonagall ? » demanda-t-il poliment, avant de s'incliner avec élégance. « Je suis Marin Constan du ministère de l'Education. Le ministre m'a chargé de m'occuper de vous tant que vous serez sur Paris. Veuillez me suivre, je vous prie. »
Il les mena jusqu'à une taverne appelée "Le Verre Galant" et s'effaça galamment pour laisser passer McGonagall.
« Cristobal ! La salle du 1er est-elle prête ? » demanda-t-il au maître d'hôtel.
« Tout est fin prêt, monsieur. Par ici, s'il vous plaît. »
Il les précéda dans un escalier aux boiseries sculptées, puis dans une vaste salle dont le plafond était vitré de mosaïques Art Nouveau. Il y avait des tables rondes de quatre à dix places autour desquelles prirent place les jeunes anglais. Les huit Gryffindors se mirent tous ensemble comme ils l'auraient fait à Hogwarts.
Le dîner passa fort agréablement. Les anglais se régalèrent de quelques spécialités françaises et nombre d'entre eux s'emplirent la panse sans retenue. La nuit tombait et le jour faisait lentement place au crépuscule. Il devait être près de minuit quand ils quittèrent avec difficulté le restaurant. La fatigue commençait à se faire sentir et c'est en titubant qu'ils s'entassèrent dans le métro. Monsieur Constan les ramena jusqu'au grand hall des Buttes-Chaumont où ils remontèrent dans les calèches. Harry vit que les Sombrals avaient également fait bombance les os de leurs museaux étaient encore couverts de sang frais.
« N'hésitez pas à revenir les week-ends sur Paris, » leur dit l'employé du ministère, en serrant la main de McGonagall. « La vie parisienne a bien des attraits. »
« Oui, oui, » répondit distraitement la vieille sorcière, elle aussi, fatiguée par le voyage.
Puis Monsieur Constan saisit sa baguette et prononça quelques mots qui plongèrent les élèves et leur professeur dans un sommeil de plomb.
Harry ne put voir Marin Constan précéder les Sombrals dans le tunnel et les ramener à l'air libre. Une fois dans le parc, complètement désert, il montra une carte de tarot représentant Beauxbâtons au Sombral de tête :
« En avant pour Beauxbâtons ! » lui murmura-t-il.
Tandis que les étranges créatures prenaient leur envol, il enflamma la carte d'un simple incendio et dispersa aussitôt la moitié des cendres. Puis il transplana pour répandre les cendres restantes en un autre lieu.
¹ Welcome in France ! Can I help you ? Bienvenue en France ! Puis-je vous aider ?
² Haxo est une station de métro fantôme, situé entre la ligne 7bis et la ligne 3bis. Elle est située sur la "Voie des Fêtes" et n'a presque jamais servi.
Merci Niph, pour ta précision sur les cerveau gauche, cerveau droit », j'ai fait la correction.
Merci à Fushicho et à Abel pour leurs encouragements.
Merci à Cat, béta-reader toujours avisée !
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Je vous embrasse
Ruth (perdue dans son dédale…)
