Hell'O tout le monde ! Vous savez quoi ? J'ai accompagné une amie à la Convention Star Trek de Londres et du coup, j'ai vu Karl Urban (Eomer de LOTR) et Sir Patrick Stewart (Professeur X de X-Men). C'était cool.
Bon, je suppose que vous vous en fichez, alors je vous envoie immédiatement le chapitre qui, à l'origine devait être bieeeen plus long et contenir un autre lemon mais, hey. Ca n'aurait pas été drôle, n'est-ce pas ?
Allez, bonne lecture =)
AMORTENTIA
Don't you know that ? Hearts are breakable.
Chapitre 3 : Un adversaire obstiné
Luke le surveilla tout le reste de la soirée, qui se poursuivit jusque tard dans la nuit. De loin, soigneusement à distance. L'inquiétude le rongeait. Les heures passant, il voyait ses joues redevenir, progressivement, d'un rouge diffus et ses yeux bleus se troubler. Aussi ne s'étonna-t-il pas lorsqu'il s'excusa auprès de Peter et rentra rapidement à l'hôtel. Malgré les ordres pressants de son esprit, Luke obligea ses jambes à rester parfaitement immobile, se refusant à le suivre. Il s'astreint à regarder droit devant lui, à répondre aux questions, à plaisanter avec ses camarades, à rire aux propos injurieux de Martin. Néanmoins, il ne pouvait empêcher sa main de serrer son verre aussi fort que possible, et ses doigts blanchissaient au fur et à mesure que sa pression se renforcait. Lorsque Richard le frôla pour quitter les lieux, il se mordit violemment l'intérieur de la bouche pour ne pas lui adresser la parole, ignorant de son mieux le regard fiévreux qui glissa sur lui. Il attendit d'être tout à fait sûr de son départ, et cela lui prit plus d'une heure, pour estimer qu'il était de relâcher sa vigilance. Sa main, qui n'était pas d'accord, serra trop fort et la coupe vola en éclats. Avec une grimace douloureuse, il regarda les morceaux de cristal enfonçés dans sa paume et secoua le poignet pour en chasser quelques uns, projetant de fines gouttelettes de sang autour de lui. Bien entendu, Evangeline réagit au quart de tour et s'empara de sa main blessée pour regarder l'état de ses blessures, ses attitudes de jeune maman reprenant le dessus. Il sourit aux souvenirs de quelques sous-entendus diffusés par Martin, comme quoi la belle jeune femme et lui avaient une aventure. Le pauvre avait choisi d'ignorer l'homosexualité pourtant claire de Luke et le statut marital d'Eva pour papoter à son gré, mais l'interprète de Tauriel l'avait rapidement remis à sa place. Elle n'admettait pas qu'on puisse remettre en cause sa fidélité à son époux, et arguait que ce genre de propos, aussi stupides qu'irrespectueux, risquaient de perturber son enfant. Ainsi, par respect pour elle et sa famille, elle lui avait gentiment mais fermement intimé de "fermer sa gueule". Et aussi étonnant que cela puisse paraître, Martin avait obéi. Il n'avait plus blablaté sur le sujet depuis. Malgré ces fausses rumeurs, Eva et lui étaient restés proches et, si d'autres s'amusaient à les considérer encore comme un couple officieux, lui devait admettre qu'il aimait bien l'idée d'avoir une deuxième maman.
- "Je vais t'emmener à l'hôpital, Luke, il faut soigner ça immédiatement."
Il secoua la tête pour revenir à la réalité et intercepta le verre qu'Eva tendait à Lee, pour le lui rendre immédiatement. Un sourire engageant étira ses lèvres et il retira rapidement les quelques éclats encore fichés dans sa paume avant de la montrer à la ronde.
- "Inutile de déranger les urgences pour si peu, voyons, Eva ! Regarde, ça ne saigne déjà plus. Un peu d'eau froide pour laver tout ça et on y retourne !"
La jeune femme ouvrit la bouche pour le rabrouer correctement mais Peter intervint et, avec toute l'autorité nonchalante qui le caractérisait et qui faisait qu'on lui obéissait au doigt et à l'oeil - et avec plaisir encore en plus - sépara les interprètes de Bard et Tauriel, intimant à la seconde d'aller voir ailleurs et de profiter de la fête, et au premier de rentrer à l'hôtel.
- "Tu es dispensé pour ce soir, alors va te reposer."
Là-dessus, il posa ses mains sur les épaules de Luke pour lui faire effectuer un demi-tour et le poussa, doucement mais fermement, vers la sortie. Intérieurement pas mécontent de pouvoir rentrer dormir un peu, l'acteur anglais ne se fit pas prier et s'en fut sans demander son reste, saluant rapidement Graham et Adam qui, non loin, se lamentaient de ne pas avoir eu la même idée avant lui. Mais une parole du grand Dwalïn, prononcée avec l'accent rocailleux propre aux écossais, lui fit perdre son sourire.
- "Entre Richard qui est malade et celui-là qui se blesse tout seul, on forme une belle équipe de bras cassés, mon petit Adam."
OoOoO
Il prit tout son temps pour retourner à l'hôtel, si bien qu'il lui fallut vingt bonnes minutes pour rejoindre sa chambre plutôt que les cinq habituelles. Il passa devant celle de Richard et, inconciemment, tendit l'oreille. Ne percevant aucun signe de vie, il partit du principe que son camarade avait réussi à s'endormir et fit en quelques pas les quinze mètres qui le séparaient de sa chambre avant de s'engouffrer dans la pièce en s'obligeant à ne pas jeter un regard en arrière. Il enleva sa veste, qu'il jeta sur un fauteuil du vaste salon, puis dénoua sa cravate. Il la fit coulisser dans son col et l'enroula vaguement autour de son poing avant de reposer le cylindre de tissu sur la table basse. Il observa calmement la paume de sa main blessée. Les éclats de verre avaient entamé la peau plus profondément qu'il ne l'avait cru de prime abord, et serrer le poing faisait assez mal pour qu'il préfère s'abstenir. Néanmoins, les plaies ne saignaient plus, et commencaient déjà à cicatriser. Il faudrait du temps pour que les bords déchiquetés se rapprochent et se referment, mais il n'y aurait certainement pas de cicatrices.
D'ici là, il allait avoir quelques difficultés à se servir de sa main.
Soupirant, il décrocha le téléphone et appela le service d'étage pour se commander quelques trucs à manger, histoire de ne pas se coucher le ventre vide, et s'affala littéralement dans son canapé en allumant la télévision. Il zappa pendant presque un dizaine de minutes avant qu'on frappe à sa porte pour lui apporter son sandwich poulet mayonnaise et son thé au jasmin. Il avait prit le goût de ce thé en passant quelques temps au Japon et, depuis, il ne pouvait plus s'en passer, son esprit refusant de s'apaiser sans le recours du breuvage brûlant. Il donna un pourboire à la jolie jeune femme aux cheveux roux vêtue de rouge qui déposa le plateau sur la table basse, et reçut un sourire lumineux en récompense, avant de la raccompagner à la porte comme le gentleman qu'il était. Il allait refermer la porte quand il entendit un bruit de verre cassé, quelque part dans le couloir. La jeune femme fronça les sourcils mais le silence ne fut plus perturbé. Elle s'en alla sur un dernier "au revoir" francais absolument charmant et lui s'en retourna sur son canapé.
Il dévora son sandwich en cinq bouchées, pas plus, et se servit une tasse, qu'il porta à ses lèvres en souriant goulument. Les effluves entêtants du thé lui montèrent rapidement à la tête et il se laissa aller contre le dossier du canapé en soupirant de bien-être. Détendu, il repensa à la soirée qu'il venait de vivre. D'abord les fans qui les attendaient impatiemment, la gentillesse des uns, la frénésie un peu dérangeante des autres, l'accueil en tout cas très chaleureux. Le film, absolument grandiose, et la soirée qui l'avait suivi. Le rire d'Evangeline, les plaisanteries de Martin, les étreintes dignes d'un ours de Graham. Et puis Richard. Affreusement élégant dans son costume noir et sa chemise bleu nuit, assez du moins pour que Lee et Orlando en soient jaloux. Un sourire lent étira les lèvres de Luke alors que le rire grave de Richard dansait dans sa tête. Et puis la journaliste, dont il ignorait le nom, mais grâce à qui sa soirée était passée de "très agréable" à "à recommencer au plus vite". Sans elle et son verre de vin drogué, il n'aurait pas eu la possibilité de voir à quoi ressemblait Richard sous l'emprise d'un désir plus fort que lui. Les souvenirs de leur interlude remontèrent rapidement à sa mémoire, échauffant ses reins alors que son coeur battait un peu plus fort. Il avait plutôt mal apprécié la réaction de son camarade une fois que la raison lui était revenue, mais il ne pouvait empêcher une petite partie de lui de soupirer de désespoir à l'idée qu'il ne revivrait plus ça.
Luke se redressa vivement en se rappelant que Richard avait quitté la soirée précipitamment, et qu'il n'allait peut-être pas bien. Rapidement, il avala son thé, ignorant la brûlure du breuvage sur sa gorge et sa langue, avant de quitter sa chambre. Il verrouilla la porte derrière lui, fourrant sa carte magnétique dans sa poche, avant de rejoindre celle de Richard. Le silence qui régnait derrière la porte était aussi mortel qu'au moment de son arrivée, une bonne heure auparavant. Au point que c'en était angoissant.
OoOoO
Prenant son courage à deux mains, il leva le poing gauche - les plaies de sa main droite lui faisaient encore trop mal pour qu'il s'en serve - et toqua à la porte. Il recommença une deuxième fois, après plusieurs minutes d'attente sans réponse. Puis une troisième, plus fort. Définitivement inquiet, il baissa son poing et posa la main sur la poignée ronde. Presque timidement, il la tourna vers la gauche, s'attendant à la trouver bloquée par le verrou. Mais la poignée pivota et la porte s'ouvrit sans bruit. Toujours inquiet mais soudainement un peu gêné de s'introduire comme ça chez un ami et collègue, il passa juste sa tête par l'entrebâillement pour entendre plus distinctement. Il se figea immédiatement devant le spectacle de désolation qui régnait dans la suite. Il considérait Richard comme quelqu'un d'ordonné, pas forcément maniaque bien sûr, mais plutôt bien organisé. Aussi pensa-t-il immédiatement à un cambriolage en voyant le bordel sans nom qui s'étendait devant lui. Maintenant paniqué, il entra dans la chambre d'hôtel et s'avança au milieu du carnage. Mais force lui était de constater qu'aucune fenêtre n'avait été forcée, pas plus que la porte d'entrée. Il dut convenir, avec difficultés, que c'était bien Richard qui avait tout saccagé dans sa chambre. Des bouts de verre mêlées à de nombreuses plumes échappées de coussins éventrés parsemaient le sol carrelé, des meubles étaient renversés, et la télé tournait en sourdine. The Great Train Robbery. Saison 1. Que Richard regarde une série dans laquelle il jouait lui fit, étrangement, un coup au coeur. Puis il se demanda ce qu'il avait bien pu se passer pour que la chambre soit dévastée à ce point. C'est alors qu'il se rendit compte que des vêtements étaient abandonnés au sol. La chemise bleue de Richard, déchirée. Son pantalon, jeté dans un coin. Sa cravate de soie noire, qui pendait lamentablement, accrochée à un bout de verre encore vaillant du miroir en miettes. Des chaussures à talons aiguilles. Et une robe. Luke se pencha et ramassa le vêtement féminin pour le lever devant ses yeux. Une robe noire, fendue jusqu'à mi-cuisse. Il connaissait cette robe. Il revit, distinctement, la belle femme aux cheveux blonds. Sa démarche chaloupée, ses lèvres rouges, ses ongles écarlates. Ses yeux de biches, langoureux. Sa voix chaude et sexy. Sa poitrine opulente, pressée contre le torse de Richard. Et sa robe fourreau noire, qui moulait ses formes à la perfection pour lui donner l'élégance que sa vulgarité naturelle annihilait.
La robe de la journaliste.
Son coeur cessa simplement de battre. Puis il eut l'impression qu'on lui tailladait la poitrine à grands coups de griffes acérées. Il avait l'horrible sensation d'étouffer, malgré l'accélération brutale de sa respiration. Il étouffait de rage. Il étouffait de haine. La robe flotta au sol dans un froufrou soyeux alors qu'il traversait le vaste salon, quasiment identique au sien si ce n'était le changement des couleurs, pour rejoindre la chambre. Il perçut le son de gouttes d'eau par millier se fracassant contre le sol dallé de la douche italienne mais n'y fit pas attention. Il donna un violent coup de pied à la porte, qui vola contre le mur avec un bruit de tonnerre. La chambre était sûrement dans un état plus indescriptible encore que le salon mais le lit avait été curieusement épargné. Seuls les draps, froissés et échoués au sol, et les oreillers balancés de-ci de-là dans la pièce, témoignaient de la passion qui avait animé les ébats du couple. La rage menaça de le tuer quand la journaliste se leva d'un bond, enroulant prestement un drap autour de son corps de déesse, si méticuleusement refait, pour cacher sa nudité. Sa bouche s'ouvrit sous le coup de choc quand elle le reconnut.
- "Mais qu'est-ce que vous foutez-là, vous ?" s'écria-t-elle d'une voix rendue suraiguë par l'indignation et la peur. "Partez, vous n'avez rien à faire ici !"
Il ne se reconnaissait plus. Pourtant il lui faudrait admettre, bien plus tard, lorsqu'il repenserait en solitaire aux événements de la nuit, qu'il avait bel et bien frappé une femme. Ou du moins, violenté. Il la rejoignit en deux enjambées, sans même se rendre compte qu'elle reculait précipitamment et trébuchait sur un oreiller abandonné, et la saisit par le bras. Elle poussa un cri aigu avant de se débattre alors qu'il la trainait hors de la chambre. Dans un sursaut de fureur, elle parvint à s'arracher à sa prise et lui assena une gifle qui lui aurait fait voir des étoiles en temps normal. Mais la rage lui retournait tant et si bien les entrailles qu'il resta insensible à la claque. Grognant, il la saisit par les cheveux et la propulsa violemment en avant. Il la regarda trébucher et se cogner contre le sofa avant de basculer par-dessus le dossier et de retomber sur l'assise moelleuse du meuble, le quatre fers en l'air. Elle se releva presque aussitôt, en proie à une panique abjecte, et chercha les issues possibles. Alors qu'il tendait la main pour l'attraper, elle passa sous son bras et courut jusqu'à sa robe, qu'elle ramassa d'un geste souple. Puis elle se jeta littéralement sur la porte de la suite, s'enfuyant sans demander son reste et sans se soucier de sa mise indécente. Resté seul avec sa haine et sa fureur étouffantes, Luke claqua la porte derrière la journaliste sans même s'étonner de la sentir trembler sur ses gonds. Ses mains frémissaient, et la sensation d'étouffement se faisait plus présente de seconde en seconde. Son coeur cognait douloureusement contre ses côtes, en protestation à cet afflux brutal d'adrénaline. Il fallait qu'il se calme, avant de faire un infarctus. Mais il n'y parvint pas. Soumis à la haine brûlante qui pulsait dans ses veines, il retourna dans la chambre et se dirigea tout droit vers la salle de bain, où l'eau se faisait toujours entendre.
Vous avez le droit de m'insulter. Paraît que je le mérite XD
A bientôt pour le chapitre 4 ! Il y aura une scène graphique, vous êtes prévenues.
Je vous embrasse,
Aschen
