Chapitre 3 :
Cette semaine avait été d'un calme olympien entre les grosses commandes, son site internet qui avait planté plusieurs fois et qui avait annulé beaucoup de commandes et une fuite derrière la boutique qui avait ramené une odeur insupportable dans sa boutique. Oui, c'était une semaine calme vue d'un œil optimisme. Allen avait parlé avec Lavi pour essayer d'aménager ses heures. Allen voulait aussi un peu de repos s'il voulait vraiment continuer à pratiquer à ce qu'il aimait le plus. Il n'était plus obligé d'aller ouvrir le magasin vers six heures le : lundi, mercredi, vendredi et dimanche. Et oui, monsieur travaillait même le week-end. Comme promis, il avait fait une annonce pour trouver d'autres employés et trouva en la personne de Gou, un homme de 26 ans d'une gentillesse qu'Allen l'embaucha tout de suite et surtout la délicatesse que Gou avait avec les fleurs et Hevlaska, une femme d'une trentaine d'années qui savait y faire avec les plantes. Allen avait trouvé la perle rare.
Hevlaska ouvrait le matin à six heures, le lundi et mercredi restant jusqu'à 14h00 et venait que le vendredi et dimanche, Lavi ouvrait le matin jusqu'à 20h00 le vendredi et venait que samedi et dimanche l'après-midi et Gou, ouvrait le magasin le samedi et le dimanche jusqu'à la fermeture de la boutique à 17h00 et ne venait que pour mardi et jeudi, l'après-midi. Allen était un patron flexible et avait aménagé pour ne pas porter préjudice aux autres et il en était assez fier. Lui venait, du lundi au samedi et faisait l'ouverture le mardi et le jeudi. C'était parfait et Allen donnait un peu plus de responsabilité à son ami Lavi. Il était dans sa chambre en train de s'habiller. C'était le jour du barbecue que sa famille organisait, qui se transformait toujours en parade de quartier qui durait jusqu'à tard le soir. C'était dommage qu'il n'avait pas pu aller au dîner que madame Crowley l'avait invité à cause des problèmes survenus pendant la semaine essayant d'arranger les choses.
Allen n'avait eu de cesse de repenser à la discussion avec son père, il y a de cela trois jours. Il était très content pour lui, mais Allen aurait préféré que son père présente sa petite amie ou sa compagne comme Mana aimait l'appeler avant tout ce barbecue. Le fils en lui se sentait trahi et ça, son père allait payer et la partie barbecue était une bonne idée. Quand même, en tant que fils, il aurait aimé rencontré sa belle-mère avant que toute la famille et les voisins et des gens inconnus qui squatteront certainement l'endroit de toute façon sachent. Il grogna lorsqu'il manqua un bouton et recommença.
- Ma vie est nulle'' dit-il énervé, en grognant de temps en temps. Il sortit de la chambre, son père était déjà au barbecue à la lettre qu'il avait lu ce matin,- sourit, tu feras des heureux'' se disait-il en déchirant la note lorsqu'il passa par la cuisine pour aller dans le garage.
Le temps était superbe, aucun nuage venant caché un ciel splendide où le soleil brillait de toute sa splendeur. Il faisait 22° Celsius assez chaud pour un mois de septembre. Un dimanche en somme parfait où rien ne pouvait s'y cacher. Il mit le contact et espérait ne rien oublier cette fois-ci comme le cadeau pour ses grands-parents comme pour la dernière fois. Il appela Lavi pour savoir comment la boutique se passait. Lavi était excité, sa voix extériorisait tout. Allen était content de lui avoir donné un peu plus de responsabilités. Son ami expliqua comment Gou travaillait merveilleusement bien qu'ils étaient des partenaires d'enfer que tout se passait bien et que le dimanche c'était un peu plus calme, ce qu'Allen savait. Allen lui souhaita bonne chance alors que Lavi disait qu'il devait le laisser pour répondre à un client. Il regarda dans son rétroviseur avant de passer. Il n'y avait pas beaucoup de circulation et Allen, avait hâte de voir ses grands-parents. Il arriva une heure après. C'était très loin. Allen aurait aimé avoir la même concorde qu'Alice et Eliott, ses grands-parents après leur séparation. Lui et son ex, ça était une vraie catastrophe. Ils ne pouvaient plus se voir en peinture. C'était un tel gâchis pensa-t-il en garant la voiture. Il sortit morose d'avoir pensé ça qu'il ne remarqua pas que quelqu'un fonçait vers lui comme un taureau.
- Aieuh…'' dit-il en essayant de sortir des bras de son oncle.
- Allen, je suis content de te voir'' il l'embrassait partout.
- Arrête de me mettre la honte''il murmura en se plaignant,- tu n'étais pas censé arriver dans deux semaines'' dit-il.
- Comment ose-t-u ? Je ne t'ai pas manqué ?'' dit-il en faisant semblant de pleurer.
Allen rigola, il était content de le voir et le fit savoir en le prenant dans les bras aussi. Son oncle était le meilleur pour les bêtises.
- Je suis content de te voir.
- Je vais rester qu'aujourd'hui'' dit Nea.
- Quoi !
- Juste pour le barbecue'' Allen roula des yeux.
- Tu es vraiment incorrigible'' dit Allen en soupirant sachant pourquoi son oncle était venu à cause de la femme d'une voisine qui ne venait rendre visite que pour le dimanche et Nea n'avait jamais eu le courage de parler avec elle,- mais en tout cas ravi de te revoir.
- Nea, Allen''dit quelqu'un en venant vers eux.
- Il faut que j'y aille, je te parle plus tard mon oncle'' dit ledit Allen pressé.
- D'accord, mon petit'' murmura son oncle.
- Je suis grand'' cria Allen en rougissant. Bon sang, il avait bien grandi et il en était bien fier.
- Toi'' cria Nea en prenant son père dans ses bras,- pourquoi, mon neveu te boude'' il riait en se tenant par le ventre sous le regard agacé de son grand frère,- qu'est-ce que tu as fait cette fois-ci pour énerver le si gentil Allen ?
- Pff… lâche-moi au lieu de crier comme une mule.
- Hey, c'est pas gentil'' il frappa Mana,- alors !
- Je crois qu'il m'en veut de ne pas l'avoir présenté d'abord à ma compagne.
- Ah, tu sais comment est Allen, pas vrai ?!'' en lui faisant non de l'index,- j'ai hâte de voir les festivités'' il murmura avant que tout le monde ne l'entende crier,- défoule-toi mon neveu.
Mana mit une main sur ses yeux sous la bêtise de son petit frère. Bon sang, qui lui avait donné un frère comme ça.
- Tu ne vas pas mettre ton grain de sel'' ils se regardèrent.
- À tes risques et périls'' Mana soupira de nouveau en sachant que quand ces deux-là se réunissaient, s'étaient des vrais petits monstres,- oh bon sang, deux enfants qui se prétendent adultes,- haha'' ria Nea en dansant sur place comme un bien heureux sous le regard rieur et attendrissant de leur père.
Allen rentra dans la cuisine et alla embrasser sa grand-mère qu'il n'avait pas vu depuis tellement longtemps.
- Bonjour, mamie.
- Oh bonjour, mon garçon. Je suis tellement contente de te voir'' elle caressa sa tête,- tu as tellement grandi, laisse-moi voir'' elle regarda de la tête au pied,- tu es devenu un beau jeune homme.
- Oh oui grand-mère'' il ne tenait plus en place. Allen adorait sa grand-mère depuis sa tendre enfance. C'était une personne forte et indépendante. C'était un modèle pour lui dont son fort caractère venait d'Alice. Ainsi que l'envie de découvrir le monde.
- Allez, assis toi et raconte-moi un peu ta vie !'' elle s'assit à côté de lui en saluant d'autres personnes venant et partant de la cuisine,- comment marche la boutique ? Si tu as quelqu'un dans ta vie'' suivi d'un « grand-mère » qui fit rigoler Alice qui continua,- et pourquoi es-tu fâché contre ton père ?
- Comment ?
- Je ne suis pas née de la dernière pluie, mon cher enfant'', de l'espièglerie dans sa voix alors qu'elle lui servait un verre de jus d'orange. Sa grand-mère était quelqu'un de rapide et de multitâche qui détestait perdre son temps à ne rien faire.
- La boutique est en pleine expansion et je suis content du chiffre d'affaires par mois. Chaque jour, on a des nouveaux clients'' il sourit bêtement.
- Ahah, continu'' elle dit en le regardant.
- Ce n'est pas ce que tu crois'' raconta Allen en se précipitant dans ses mots.
- Oui, oui. Comment va Lavi ?
- Il va bien'' il regarda l'heure,- il arrivera dans quatre heures si tout se passe bien.
- Pourquoi ?
- C'est lui qui gère complètement la boutique le dimanche.
- Ah tu as enfin réussi à lui donner plus de boulot'' elle dit en lui caressant sa tête.
- Oui et j'ai prit deux nouveaux employés qui sont vraiment géniaux'' elle sourit pour l'encourager en proposant du pain avec de la chipolata et du ketchup,- merci, grand-mère.
- Tant mieux, je ne sais combien de fois j'ai dit à ton grand-père d'employer plus de personnes.
- Oui je sais, mes oreilles traînaient, en entendant vos disputes sur ça.
- Mais cela te profitait pour que tu puisses aller rejoindre ta petite amie de l'époque.
- Oh oui et moi qui pensais que vous ne saviez rien et que j'étais le roi de l'esquive.
- Haha, on t'a grillé tout de suite mais c'était amusant, alors on te laissait faire pour aller rejoindre ta dulcinée.
- Oh grand-mère…'' il se sentait gêné tout d'un coup,- et toi, comment tu vas ?'' demanda Allen voulant changer de sujet.
- Oh je vais bien la retraite me réussit. Maintenant qu'on a passé les formalités'' Allen émet un faux rire,- pourquoi est-ce que tu es fâché contre ton père ?
- Je ne suis pas fâché contre lui, mamie. C'est juste que parfois, ton fils m'énerve'' Alice n'avait pas pu contenir son rire.
- Mana n'est pas qu'à moi'' elle dit.
- Ah grand-père aussi'' il ajouta alors qu'Alice se calmait, bu un peu de son vin blanc,- tu sais qu'il avait une nouvelle petite amie ?
- Oui, mon fils me l'a présenté ce matin et à ton grand-père'' elle regarda Allen qui tiqua un peu,- tu lui en veux parce qu'il ne te l'a pas présenté avant.
- Tu sais comment je suis grand-mère avec mon père'' il murmura d'une voix enfantine.
- Je sais mais voyons, tu dois comprendre mon fils. Il a voulu être certain avant de te la présenter'' elle dit calmement en regardant son petit-fils rouler des yeux.
- Ça me vexe…
- Je te comprends'' dit Alice en lui souriant tout en le réconfortant et elle changea de sujet,- alors jeune homme, pas quelqu'un en vue.
- Oh non'' répondit Allen trop vite au goût de sa grand-mère qui fronça les sourcils,- vraiment ah. Depuis ma dernière relation, j'ai envie de prendre soin de moi. Je n'ai plus envie de dépendre de quelqu'un d'autre.
- Et qu'est-ce que je t'avais dit ?'' demanda-t-elle en connaissance de cause.
- Je sais grand-mère, mais tu sais bien quand on tombe amoureux on peut rien y faire'' il fit une pause,- on ne veut pas voir la vérité en face, découvrir que la personne avec qui on sortait, était une personne totalement différente. Je sais, je suis têtu, je n'en fais qu'à ma tête et je ne sais combien de fois tu me l'as répété, qu'elle n'était pas faite pour moi, qu'elle me manipulait, que je voyais ce que je voulais voir.
- J'aurais aimé avoir tort, mais je connais ce genre de personne, j'en ai fréquenté pendant mon adolescence'' elle dit pour le réconforter, elle était la meilleure,- je sais aussi que quand on tombe, on tombe très fort et on se fait du mal'' elle continua,- j'ai vécu plein d'histoires d'amours et la seule qui s'est terminée bien, c'était bien sûr avec ton grand-père'' elle avait le sourire aux lèvres.
- Je voudrais tellement avoir une relation comme la vôtre'' dit Allen.
- Patience, tout vient à point à qui sait attendre. Avec ton grand-père, cela n'avait pas été évident parce que j'étais quelqu'un de têtue qui ne voulait pas rentrer dans une relation à long terme parce que je trouvais ça trop compliqué pour moi et j'ai toujours cette même pensée, mais ton grand-père et c'était l'unique qui m'a montré une autre façon de vivre sans pour autant oublier ces principes, ces envies. Et on a eu deux enfants vraiment magnifiques qui ont bien réussi dans la vie, j'ai un petit fils que j'adore de tout mon cœur.
- Oooh, grand-mère'' murmura Allen en prenant Alice dans ses bras.
- Je suis heureuse d'avoir eu cette famille qui a été très différente de la mienne'' elle avait les larmes aux yeux.
- Pourquoi toutes ces larmes ?'' demanda son grand-père qui rentrait dans la cuisine.
- Juste émue'' répondit Alice. Allen alla prendre son grand-père dans ses bras.
- Oh je t'avais pas vu'' murmura Allen.
- Comment tu aurais pu alors que tu évites ton père'' dit Eliott amusé. Ils s'assirent.
- C'est qu'un détail'' dit Allen en prenant un part de gâteau.
Ils continuèrent à parler. Allen aimait écouter les histoires de ses grands-parents encore et encore sans jamais se plaindre. C'était une ressource à toute épreuve. Cela l'aidait à se dire qu'il n'était pas tout seul, qu'il n'était pas bizarre que tout le monde avait leur propre problème à régler. Il avait donné, son cœur avait souffert, Allen avait fait le choix d'être seul, se comprendre lui-même. Évoluer dans sa propre perceptive, ne plus être malmené, ne plus être influencé. Il était célibataire et fier de l'être, car il avait moins de problème s'il était avec quelqu'un. Il y avait plein d'avantages comme il n'y a personne pour imposer ses choix, il avait plus de temps de faire ce qu'il avait vraiment envie de faire, parler avec quelqu'un sans subir la jalousie de sa moitié, Allen ne se stressait plus à se demander si est-ce qu'il plaît à cette personne ? Est-ce que cette personne l'aime ? Est-ce que cette personne le trompe ? C'était des questions à perdre la tête et à le rendre malade.
Ainsi qu'Allen n'avait plus de belle famille, il pouvait regarder ce qu'il voulait. Pour dire que sa dernière relation l'avait traumatisé à vie. Ce n'était pas drôle, mais il ne voulait plus rencontrer ce genre de personne qui prenait tout et s'en allait sans aucun scrupule. C'était petit à petit qu'Allen commença à nouveau à draguer pour un jour, deux jours, une semaine mais pas plus. Il ne voulait pas être dans une relation longue, c'était hors de question. Il rigola en entendant son grand-père raconter une anecdote lorsqu'il était enfant. Oh oui, il voulait profiter de tout ce que le monde avait à lui offrir.
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Allen était assis à une table près du grand tableau de Picasso. C'était son coin favori qu'il essayait de réserver mais c'était peine perdue. Il était en retrait quasi invisible voyant tout ce qui se passait. Il prit une gorgée de son café au lait. La boutique, ce matin, était très calme, silencieuse. Ce n'était pas le matin le plus génial de sa vie avec ses galères. C'était compliqué de trouver un appartement près de son magasin et les prix étaient astronomiques. Bien sûr, il avait pensé à prendre des conseils de son oncle Nea mais Allen savait pertinemment qu'il allait se retrouver à l'autre bout de la ville avec une grande maison parce que son oncle avait la folie des grandeurs lorsqu'il s'agissait de son neveu. Le dernier cadeau que son oncle Nea lui avait fait était vraiment extravagant mais inutile dans la maison. Une grande piscine où il n'y avait pas de place où la mettre, Allen devait admettre aussi que c'était un peu de sa faute aussi. Le grand gamin qu'il était voulait une grande piscine comme tous les autres et son oncle ne savait pas lui dire non donc il devait chercher un endroit où il pouvait mettre la piscine.
Il croqua dans son pain, le café chaud le réconfortait d'une façon assez incroyable même s'il n'était pas adepte comme son père. Mana carburait en caféine, Allen se souvenait de la première fois qu'il avait bu du café, ce n'était pas génial, c'était morne aucun goût mais cela lui avait permis de rester éveillé pour réviser pour ses examens. Il buvait de temps en temps mais avec beaucoup de lait pour diluer car sinon cela avait tendance à lui faire mal au ventre. Il préférait plus un cappuccino mais lorsque ces journées mornes se présentaient, un bon café avec un bon pain c'était une journée merveilleuse. Lulu passa à côté en le saluant, il fit un sourire distrait par le nouveau arrivant. Les choses allaient devenir intéressantes. Allen était bien positionné en le regardant s'asseoir sur une chaise.
Il regarda Kanda poser son sac sur la table. Et voilà un autre problème. Allen n'avait pas encore réussi à démêler concrètement ce qu'il ressentait pour le brun. C'était un mouvement toujours en augmentation, c'était quelque chose qui le prenait d'une seconde à l'autre qui le suffoquait de l'intérieur. Il n'était pas bête, c'était peut-être un béguin, un coup de foudre ou plus mais ça ne l'aidait pas. Il s'en fichait, déjà qu'il n'aimait pas catégoriser, c'était pour ça que son couple avec elle n'avait pas marché comme il voulait. Ils n'étaient pas dans la bonne longueur d'onde. C'était effrayant de tomber, car la relève était plus dur, plus cruel, car la vérité revenait toujours en face. Elle était son monde, elle avait tout révolté laissant que le néant et les angoisses. C'était à cause d'elle tout ça, c'était plus difficile. Même si aujourd'hui, Allen allait mieux, ses crises étaient plus espacées, mais de temps en temps cela venait fort surtout la nuit lorsqu'il essayait de s'endormir. C'était là où son cerveau, son imagination s'en donnait à cœur joie de lui faire revivre sa journée, son passé, ses échecs, ses réussites, ses conquêtes. C'était un déferlant de sentiment qui se mélangeait, le laissant sans souffle. C'est une rafale sans nom où ses larmes sortaient sans sa permission ces nuits-là.
Allen sourit en voyant Kanda mettre une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Il l'observait discrètement ne voulant pas paraître intrusif ou pervers. C'était la première fois qu'Allen trouvait Kanda ici depuis leur premier rencontre. Ce n'était pas mystique où l'Univers voulait qu'il le rencontre à nouveau. Allen sourit intérieurement devant sa pensée assez enfantine et ingénue. Qu'est-ce qu'il croyait ? Le monde n'était pas doux. Il finit de manger, il regarda l'écran de son portable. Il n'était que midi, il soupira en prenant sa salade de fruit tout en replongeant dans ses pensées. Allen ne savait pas s'il devait oui ou non aller le saluer. Ils ne se connaissaient pas et cela serait bizarre qu'un presque inconnu, en occurrence lui, aille déranger le brun alors que peut-être que Kanda voulait être tranquille. Allen se retenait pour y aller même pour un bonjour qui ne ferait de mal à personne, il essayait de se convaincre soi-même.
Allen fronça les sourcils, Kanda regarda un peu l'environnement comme s'il cherchait quelqu'un. Allen se sentait bête tout d'un coup, il faisait trop de film. C'était comme quand il était au collège où il avait eu le béguin pour une fille et pendant des semaines, des mois, il la regardait que de loin imaginant se déclarer, mais il avait tellement les chocottes qu'un ami à lui était passé devant lui déclarant sa flamme à cette fille qui avait été son premier béguin. Allen ne voulait pas être encore ce garçon plein d'acné, timide qui n'osait pas parler aux autres lorsque son cœur l'appelait. Il tremblait de tout part alors que leurs regards se rencontrèrent. Son cœur lui faisait mal, pourquoi il avait des yeux, se demanda-t-il alors que Kanda lui faisait un signe de tête. Il prit sur lui et lui sourit en envoyant la politesse que le brun avait fait. L'attention de Kanda était à nouveau reprit par une serveuse qui lui remit sa commande. Allen était fasciné par le brun d'une certaine façon. Kanda aimait les fleurs comme lui si ce n'était pas un point commun, Allen ne savait pas ce que c'était.
Il divaguait encore, il termina vite sa salade de fruit. Il ne pouvait plus rester ici, l'angoisse le prenait. Ces murs étaient trop proches de lui, le bruit devenait fort. Allen était définitivement en train de paniquer. Tout se refermait sur lui, le surplombant. Il devait sortir, prendre l'air ce qu'il fit en laissant ses affaires, sortant en courant, s'en fichant des regards des autres. Tout autour de lui bourdonnait, son souffle était saccadé, ses oreilles lui faisaient mal, ses jambes ne le portaient plus. Il glissa le long du mur jusqu'au sol en reprenant le contrôle de son corps. Ses cuisses touchèrent son ventre, il entoura ses genoux de ses bras, il enfouit sa tête pour ne plus voir la lumière du jour. Son cœur battait à la chamade, c'était la première crise depuis un mois heureusement qu'il savait contrôler un peu plus ses crises. Tout revenait à la normale.
- Allen ça va ?'' dit une voix féminine.
- Oui, ça va maintenant'' dit Allen en regardant Lulu qui s'accroupit. Elle lui sourit tendrement.
- Encore une crise…'' ce n'était pas une question mais plus tôt une affirmation,- tu veux que j'appelle ton père.
- Non surtout pas, je ne suis plus un enfant et en plus je ne veux pas l'inquiéter'' il dit sans force.
- Allen, il faut que tu saches. Je suis mère et je peux te dire qu'on s'inquiétera jusqu'à la fin de notre vie'' elle sourit tendrement en caressant sa tête.
- Je sais…
- Viens à l'intérieur'' elle dit en l'aidant à se lever,- il y a quelqu'un avec toi cette après-midi ?
- Oui'' il répondit sachant déjà ce qu'elle allait lui dire.
- Alors prends ton après-midi, je ne plaisante pas sinon j'appelle ton père'' elle dit tout ça avec un naturel sans épreuve.
Allen rigola parce qu'il en avait besoin en ce moment. Lulu avait cette façon de le menacer avec une telle élégance. Il hocha simplement la tête, il avait besoin de temps pour lui. L'odeur de pain toasté, de café, de tarte à la fraise lui parvenait à son nez, le réconfortant. Il huma sous le regard espiègle de la patronne de cet établissement.
- J'adore cet endroit'' il murmura en regardant quelques jeunes parler avant de regarder la cause de sa crise. Il ne voyait que le dos du brun, Lulu suivit le regard de son jeune ami et sourit en comprenant.
- Va l'inviter'' elle dit doucement pour ne pas braquer Allen.
- Je ne le connais pas'' elle fronça les sourcils qu'Allen se retourna pour ne pas la regarder.
- Sinon tu seras toujours célibataire'' elle dit en posant une main sur son épaule le réconfortant.
- Il ne me connaît pas'' cette fois-ci, elle fit un rire discret seul son jeune ami l'avait entendu.
- D'accord, mais ça ne t'empêche pas d'aller dire bonjour.
- Tu veux rire'' Allen le regarda,- tu veux que j'aille lui dire bonjour alors qu'il est tranquillement assis en train de manger. Tu sais, personne n'aime être dragué à chaque pas de sa vie.
- Ok, j'ai compris. On respire maintenant'' elle dit, il fronça les sourcils ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire. Elle lui souriait tout simplement, il se retourna pour se retrouver nez à nez avec le brun. Oui, il devait vraiment respirer.
- Bonjour'' dit le brun, Allen ne faisait que le regarder. C'était peut-être un peu étrange voir carrément bizarre.
- Bonjour,'' répondit Lulu, elle expliquait qu'elle devait se mettre au travail. Allen la regarda partir le laissant ici seul. Pourquoi il réagissait comme ça ? Merde, il était un adulte.
- Ça va ?'' demanda Kanda.
- Qu, qui, quoi'' il s'embrouilla ne comprenant pas la question du brun. Kanda fit un mini rire en s'excusant du regard, Allen trouvait ça mignon et surtout relaxant. Il se retrouva en confiance.
- Je veux dire, je vous ai vu partir en courant comme si vous souffriez'' sa voix était douce, pensa Allen comme un calmant pour son cœur.
- Merci de vous inquiéter'' il murmura avant de reprendre, il était revenu à lui,- je suffoquais ici'' ce n'était pas un mensonge.
- Claustrophobe.
- Non'' il dit rapidement en faisant un sourire et ses yeux brillaient, Allen le sentait.
- D'accord'' il y eut un silence gênant. Allen pouvait le sentir,- j…j'y vais, je veux dire je vais m'asseoir'' dit Kanda.
- J…je d'accord'' bravo Allen, super le tombeur. Il mordilla sa lèvre inférieure se traitant d'imbécile. Il ne savait pas comment relancer la conversation et Kanda s'éloignait de lui petit à petit. Pense à quelque chose maintenant,- je voudrais savoir'' Kanda s'arrête et se retourna pour le voir et l'encouragea comme si lui aussi attendait qu'il parle, imagination va-t'en,- j'ai oublié''. Que quelqu'un l'enterre, le cache. C'était pas si difficile.
Allen avait l'impression d'être un enfant, littéralement incapable de demander ce qu'il voulait vraiment lorsque cela touchait son cœur. Ne le regarde pas, agit dit sa tête. Il était sous pression mais Kanda le regardait tout simplement. Peut-être qu'il n'imaginait pas ou peut-être que si. C'est compliqué le langage corporel, visuel. Tout pouvait dire fonce que cette personne pouvait être prête, mais de l'autre côté cela pouvait faire très mal. Il avait déjà eu cette expérience et ça pouvait être très désagréable. Allen avait l'impression que le monde autour d'eux s'était arrêté, ça pouvait être doux miel, mais il le sentait, c'était unique. C'était une première depuis qu'il tentait de faire abstraction de son cœur, de sa tête qui ne pensait qu'au brun. Le problème avec lui qu'au premier abord, un regard ne pouvait rien dire mais laisser quelque temps tout pouvait monter, l'inondant jusqu'à la suffocation.
Ses yeux ne pouvaient que suivre les gestes de Kanda, il ne savait pas s'il était discret.
- C'est la première fois que je vous vois ici'' dit Allen, c'était le premier truc qui a fait le déclic dans sa tête.
- C'est ça que vous voulez me dire !'' ils ne bougeaient même pas juste regarder et être regardé.
- Oh non'' comprit Allen.
- D'accord, c'est la première fois que je viens ici. C'est un endroit vraiment charmant'' termina-t-il.
- C'est vrai, c'est calme. On se sent comme chez nous'' Kanda hocha la tête, ils arrivèrent devant la table que le brun occupait.
- Si vous voulez…'' il ne laissa pas le brun terminer parce qu'il le savait déjà.
- Je vais chercher mes affaires'' Kanda fit un signe de tête avant qu'il aille chercher ses affaires, il trouva Lulu dans son chemin.
- Tu vois quand tu peux'' dit Lulu avec un plateau dans les mains.
- Oh, ça va'' il dit, amusé,- ce n'est pas ce que tu crois…
Il partit rejoindre Kanda en lui disant au revoir. Il s'assit en posant ses affaires. Allen espérait juste qu'ils n'allaient pas rester silencieux, il devait trouver des choses intéressantes à dire. Alors, il se lança en se remémorant que cet individu en face de lui aimait les fleurs autant que lui de ce qu'avait dit le père du brun. Il commença tout doucement à parler de ce qu'aimait Kanda. C'était une conversation tout à fait normale, parfois il rigolait en entendant le japonais raconter comment il avait eu son magnifique jardin. De temps en temps, leurs regards se croisaient et se déviaient presque aussitôt, c'était une danse mélodieuse qu'ils essayaient d'accaparer mais aucun n'arrivait. Leurs mains ne pouvaient pas rester en place, se déplaçant sur les cuisses, sur la table, dans l'air, essayant d'avoir un semblant de contrôle. La nervosité parfois se muait en quelque chose de plus doux ne laissant que leurs rires mais discret pour Kanda.
Allen ne s'était jamais senti aussi bien, il raconta son parcours en voyant comment le brun était intéressé par le sujet. En parlant, il nota des choses complètement aléatoires mais tellement fascinantes, comment le corps de Kanda était plus réceptif de ce qu'il disait alors que le brun ne parlait pas beaucoup, ses doigts qui bougeaient contre la table lorsqu'il disait quelque chose de drôle ou lorsqu'il plaçait une mèche de ses cheveux bruns. C'était un tableau magnifique qu'il avait devant lui. C'était comme si le temps s'arrêtait et que ça lui racontait une histoire où les mots n'étaient plus maître, où juste les expressions étaient reines, où chaque mouvement avait une parcimonie, un temps qui racontait l'expression de la vie à travers les états. Lorsque les mains de Kanda se posèrent sur la table lentement, Allen revint à lui et s'excusa.
Oui certainement, il tombait très bas, se mouvait encore dans un amas d'ombre où scintillaient des lumières qui s'entrechoquaient violemment, des textures se tissaient fragilement ouvrant des passages, des faiblesses, des émotions jusqu'à les solidifier pour ne faire qu'un. Allen était à ce stade-là, ne voulant pas penser à autre chose. Il voulait vivre le moment présent, essayer de raconter une histoire où les fils se créaient, se nouaient, se détachaient sans sa permission. La chute, Allen ne voulait même pas y penser tant que cela n'avait pas abouti. Il rit à sa propre blague sous le regard vraiment intrigué de Kanda et se mit le devoir d'expliquer au brun pourquoi il riait. Le temps passa, le temps se mettait en place où les rires, les sourires, les regards étaient déjà loin tissant la toile. Des numéros furent échangés, des mots non dits coulant dans leurs veines voulant sortir et explorer mais c'était fragile, palpable, nouveau que l'amitié se créait prenant forme dans leur vie.
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- Ça va, mon chéri'' Allen revint à lui. Il était toujours dans la cuisine repensant à cette journée qui l'avait chamboulé, donné un semblant de quelque chose.
- Oui ne t'inquiète pas grand-mère, juste un peu perdu'' il sourit, pensif,- ce n'est rien.
- Qui est-ce ?'' elle demanda voyant à quel point son petit fils était perturbé, littéralement dans ses pensées.
- Pourquoi ça serait forcement une personne ?'' Allen demanda de mauvaise foi, Alice roula des yeux en faisant non de la tête.
- Qui est ce Kanda ?'' son petit-fils l'avait prononcé et elle vit le corps d'Allen se tendre, se réfugiant certainement. Il était comme ses fils Mana et Nea.
- Personne'' Allen n'était pas d'humeur à partager ses confusions, ses émotions avec sa grand-mère qu'il aimait tant. C'était juste que c'était nouveau et sa famille faisait tout pour un rien, il voulait éviter ça sans que la relation n'est un début.
- Alors, c'est un tout si tu commences par ça mon grand'' elle dit doucement, essayant d'ouvrir son petit-fils à la conversation. Alice savait qu'Allen ne voulait pas parler, mais elle voulait désamorcer la bombe, car son petit-fils avait cette tendance à faire des films dans sa tête pour rien et elle voulait éviter ça.
Ils se regardèrent quelques minutes, Allen jugeant le bon moment ne voulant pas être interrompu surtout ce qu'il allait dire et concrètement cela lui faisait peur. Le bruit était amoindrit par la porte fermée, son grand-père était parti avec quelques amis à lui. Il prit une grande inspiration.
- Je suis fichu grand-mère'' il dit en cachant son visage, les mots un peu étouffés par ses mains.
- Ne dis pas ça…
- Alors je dois le dire comment, j'ai essayé de dédramatiser la chose en disant que ce n'était qu'un film, qu'un béguin, qu'une énième confusion que mon esprit me faisait faire, jouant avec mes nerfs. Je suis complètement et radicalement fichu et le pire que cela ne fait que quelques jours que je le connais.
- Alors tu penses que c'est illégitime ce que tu ressens'' elle répondit.
- C'est absurde…
- Oh mon garçon'' dit-elle comme si elle racontait une histoire,- l'amour vient lorsque l'on ne l'attend pas et tu le sais'' Allen comprit la référence avec sa dernière petite amie.
- Ce n'est pas de l'amour…'' dit-il perdu un peu dans ses pensées car tout n'était pas qu'un mot.
- Alors c'est quoi ?'' demanda-t-elle, intriguée.
- J'en sais rien mais c'est plus fort et le qualifier d'amour, c'est la chute grand-mère. C'est tellement commun, je sais ce que c'est l'amour parce que je l'ai vécu, mais cette chose qui grandit en moi à chaque seconde, à chaque minute n'a pas de mot. On dirait comme un écho que j'arrive pas à attraper, toujours là, fragile mais tellement puissant qui chamboule ce que je suis intérieurement ne voulant faire qu'un,''Alice sourit, c'était la première fois que son petit-fils parlait ouvertement de ce qu'il ressentait depuis sa dernière petite amie Road. Cette jeune fille, Alice ne voulait même plus la voir en peinture,- c'est comme une vague venant et allant m'épuisant à chaque fois que je pense à lui et je ne veux pas ressentir ça, dépendre de quelque chose, de quelqu'un.
- Je sais chéri'' Alice le prit dans ses bras,- mais le confondre, le tasser n'est pas bon, essaye de l'amadouer.
Allen émit un son amer.
- Plus facile à dire qu'à faire alors que je suis déjà en contacte avec lui. J'ai essayé et je pensais que j'avais réussi mais le hasard me l'a mit à l'envers, grand-mère. On s'est croisé dans mon coffe shop préféré et je peux te dire que je l'ai senti passer. Lorsque je l'ai vu grand-mère'' il fit une pause alors que la main d'Alice caressait sa tignasse,- c'était comme lorsqu'on embrasse la pluie, la froideur laissant la place à la chaleur. Une vague qu'on ne peut contrôler te mettant en joie comme si c'était le centre du monde. Je ne veux pas ressentir ça mais, c'est déjà trop tard et cela ne pourra que me faire du mal.
- Tu n'en sais rien si tu n'essayes pas'' elle murmura, le consolant.
- Oh que si, qu'importent les sentiments ça fait mal dans le bon sens comme dans le mauvais sens et tout le monde le sait mais comme des cons, on tombe et retombe toujours plus bas, se relevant parfois difficilement comme si une partie de nous était morte et on recommence jusqu'à la fin de notre vie et franchement grand-mère, c'est d'une tristesse accablante…on n'est pas'' il n'arrivait même plus à penser correctement. Il ne pleurait pas, c'était juste que cela le prenait complètement, assourdissant tout autour de lui.
- On n'est pas quoi…
- Libre, les sentiments nous emprisonnent, faisant de nous des esclaves, des pantins sans articulation tombant et tombant. On dirait qu'on est des masochistes apparemment'' il rit, suivi de sa grand-mère.
- Peut-être mon garçon mais bon que peut-on faire ?
Il n'y avait pas de réponse, chaque vérité était une vérité mais pas la vérité de chacun ni une vérité absolue. Personne ne l'avait.
- Ma vie sentimentale est nulle'' dit Allen en se reprenant.
- À cause de tes sentiments'' elle se leva, l'indiquant de faire de même.
- Dans le mil'' ils partirent tous les deux laissant la conversation derrière eux alors que son grand-père criait son nom pour venir les rejoindre. La fête ne pouvait que être bonne. Il y avait une foule depuis qu'il était parti dans la cuisine. Tout le monde dansait, s'amusait, parlait. Allen roula des yeux en entendant une blague de son oncle sans le vouloir. Qu'est-ce qu'il était ringard ? Heureusement que Nea ne pouvait pas entendre ses pensées.
- Allen'' il se retourna pour voir une tête rousse venant vers lui tout souriant.
- Lavi, je suis content de te voir alors…
- Tout s'est bien passé, c'était d'un calme olympien'' dit-il en prenant son ami dans ses bras,- oh bon sang, j'ai faim.
- Aller viens, ventre sur patte.
- Non mais c'est moi que tu traites de ventre sur patte, c'est l'hôpital qui ce fou de la charité'' dit Lavi en criant pour que tout le monde puisse l'entendre.
Ils rigolèrent tous les deux, il y avait une bonne ambiance. Les conversations allaient de bon train. Allen rigola tout seul en voyant son père essayer de lui expliquer ce mensonge qui n'en était pas un. Le maudit adorait torturer son père parce que c'était tellement amusant, il était content pour Mana, mais il allait le faire mariner encore un peu, peut-être une semaine. C'était pas mal. Il rattrapa quelqu'un au passage qui allait tomber, cette personne le remerciait. Il esquiva des gens qui voulaient l'inviter à danser mais Allen n'était pas trop chaud pour ça. Il rigola à cœur ouvert des blagues nulles de son ami Lavi, essayant de ne pas s'étouffer à chaque bouchée. Tout était parfait qu'il faillit s'évanouir en regardant un peu plus loin que son sandwich tomba par terre.
- Allen'' appela Lavi mais celui-ci ne lui répondit pas et commença à marcher laissant son ami derrière qui ne se formalisa pas mais lorsque le roux suivit le regard d'Allen, Lavi comprit.
Allen s'approcha d'un pas pressé, ne voulant pas paraître désespéré. Il lui tournait le dos parlant avec quelqu'un.
- Salut'' dit Allen. Cette personne se retourna.
- Salut'' ils se regardèrent sans dire un mot. Allen entendit son grand-père crier un nom qu'il connaissait bien et regarda un peu plus loin et trouva le père du brun.
- Tiedoll, je suis content que tu sois venu'' dit Eliott.
- Moi aussi, vieil homme'' dit Tiedoll.
- Haha, vieil homme. Comment oses-tu ?'' dit le grand-père d'Allen en le prenant dans ses bras. Kanda et Allen étaient restés dans la même position, fronçant les sourcils comprenant la situation.
- Oh il faut que je te présente mon petit-fils'' dit Eliott.
Allen se retourna brisant le contact à cause de son grand-père.
- Je le connais'' dit Tiedoll.
- Ah bon,'' Tiedoll hocha la tête et c'était parti pour les explications.
- Je vais te laisser papa'' dit Kanda alors qu'Allen lui tournait le dos.
- Tu ne veux pas rester…'' dit tristounet son père, Kanda soupira.
- Tu sais très bien que je n'ai pas le temps'' dit-il, agacé.
- Oh c'est ton fils, qu'est-ce qu'il a grandit depuis la dernière fois que je l'ai vu. Il avait trois ans, mon vieil ami combien de temps on sait pas vu.
Allen était rentré dans une autre dimension ne comprenant pas vraiment toute cette conversation qui le mettait cahot. Son grand-père connaissait le père de Kanda et Allen avait l'impression que c'était des bons amis voir des frères mais était revenu à lui lorsqu'il entendit Kanda parler. Il se retourna à une vitesse ne voulant pas voir partir le brun. Le bruit de fond ne faisait plus effet, il voulait garder le brun ici. Son corps bougea sans le vouloir, prenant la main de Kanda l'empêchant de s'avancer. Il s'en fichait s'il y avait des regards sur eux, il voulait passer du temps encore avec son japonais, qu'il lui parle de tout et de rien. De son Mugen, de ses Lotus et lui de sa passion envers le piano, les fleurs. Une raison de rester et de ne pas partir. Kanda se retourna vers lui, fronçant les sourcils. C'était peut-être pas la bonne solution mais le regard ne se trompait pas comme si les yeux bruns foncés de Kanda le remerciait de son geste. La danse ne faisait que commencer, les échauffements étaient déjà faits.
C'était la première fois qu'il touchait concrètement la main de Kanda et c'était d'une douceur. Allen retenait la main de Kanda en voyant celui-ci voulant s'échapper.
- Que veux-tu ?'' demanda Kanda normalement comme si cette situation était normale.
''Tout'' pensa Allen.
''Tu grilles tout, abruti'' dit sa conscience.
''Franchement, il n'y a que toi pour faire ça, lâche-le'' redit sa conscience.
- Reste'' c'était le seul mot qui avait du sens, un poids dans tout cette confusion. C'était un désir, un droit. Allen vit le corps du brun se détendre et il lâcha enfin connaissant la réponse,- je veux…
Les mots se turent dans le brouhaha incessant des autres. Allen vit sa grand-mère lui sourire en comprenant qui était Kanda. Tout était revenu, il était tout fier de ne pas avoir fait des spectacles parce que malheureusement, il était capable. Oui, il y a forcement quelque chose les voulant ensembles et il allait faire tout, pensa Allen alors qu'il entendit Kanda oser le ton avec Tiedoll qui l'agaçait en pleurant disant que son Yu allait rester avec lui. Allen trouvait ça mignon, Tiedoll était comme son père Mana voulant toujours le mettre dans l'embarra. C'était juste une journée parfaite qui se désignait devant lui. Ils avaient ressenti quelque chose d'indescriptible, voulant plaire à l'autre, ne voulant pas décevoir et c'était un jeu dangereux.
Les rires reprirent, les sourires, les conversations mais à aucun moment leurs regards ne s'étaient perdus de vue, jouant dans un terrain plus vaste où le tableau n'était pas encore défini, où la peinture ne faisait qu'émettre un semblant de sens, qu'un semblant de vie. C'était bizarre comment ils étaient proches l'un de l'autre mais loin. Une présence chaleureuse à chaque pas que l'autre faisait, leurs corps qui se rencontraient une seconde avant d'être accaparés par les autres invités. Le parfum de Kanda le berçait à chaque fois qu'Allen passait à côté de lui. Allen ne voulait que rester avec lui mais cela aurait été bizarre, pas selon sa grand-mère. Dire que son grand-père connaissait Tiedoll, le monde était petit apparemment. Il y avait, des fois, des sourires échangés, un court instant où ils ne se voyaient qu'eux tournant au tour. Peut-être qu'il devait sauter le pas comme sa grand-mère lui avait dit et lui demander en rencard, mais il y avait quelque chose qui l'empêchait d'y aller. Ne sachant pas si Kanda était attiré par les hommes. Ce que la vie pouvait être grotesque. Il vit Kanda venir vers lui tranquillement, ce n'était qu'eux et peut-être, il aura le courage prochainement.
- Salut'' murmura Kanda.
- Salut'' sourit Allen. Une bonne blague mais quelle belle blague ce mot alors que leurs mains se touchaient accidentellement.
À suivre…
NB : Joyeux noël et bonne fin d'année ! Et à l'année prochaine…
Commentaires :
Emelynn21 : merci beaucoup pour ton commentaire. J'ai du mal à faire dans le Kawaiiiii mais tant mieux si j'ai réussi. J'ai toujours vu une scène comme ça. Tant mieux que mon histoire te plaît. Merci de m'encourager et ça fait un bien fou que personne n'a idée. Est-ce que tu as assez vu Kanda maintenant ?
Guest : merci pour le petit commentaire.
