Salut la compagnie,

Voici le troisième chapitre de Au conditionnel.

Merci à tou(te)s de venir me lire et merci aux reviews de Loulou2A et de NesrineArsèneBalthazarAnémone (je crois que c'est la deuxième fois que je vous remercie aujourd'hui, non ?), qui n'ont pas eu le droit à des remerciements en directe, comme d'autres.

Merci aussi à celles et ceux qui me lisent sans laisser de reviews et à celles et ceux qui m'ont mis en auteur favori ou qui ont choisi de suivre cette histoire.

Alors, cette fois-ci, le chapitre est plus centré sur Remus et j'espère qu'il vous plaira autant que les précédents. Je rassure les fans de Sirius, il est présent dans le chapitre. Moins que vous l'auriez voulu je me doute mais j'ai pris le parti de rentrer dans la tête de nos deux canidés, en même temps. Et pour les infos d'usage référez-vous aux chapitres 1 et 2. Par contre, autre précision que je n'avais pas faite jusque là : J'essaie autant que possible de suivre le livre. Mais il peut arriver que je fasse d'un coup référence à une scène du livre parce que plus courte ou plus comique que le livre...

Je sais que je vous aie mis un rating M. mais ce n'est pas encore pour cette fois...on arrête de baver, d'avance, sur le clavier de son ordinateur...Vous voulez bien leur laissez le temps de se retrouver, non ?

Sinon...bonne lecture et à bientôt...

Au conditionnel

Chapitre 3 : Sur la route...

« Dépêche-toi Remus. Nous allons être en retard. »

L'homme aux cheveux blonds cendré et un visage d'une grande douceur chez un homme, regardait attendri son fils de onze ans qui observait cette gare moldue, avec appréhension et curiosité. A ses côtés, son épouse, une jeune femme, plutôt petite, avec des magnifiques cheveux châtains, attendait elle aussi patiemment que l'enfant ait fini de contempler le monde qui l'entourait. Comme de nombreuses familles de sorciers, la famille Lupin ne venait que très rarement dans le monde Moldu et c'était un nouveau monde que Remus découvrait. Le père de Remus pressa l'épaule de son fils et celui-ci après lui avoir adressé un sourire éblouissant, le garçon se remit en marche vers le pilier qui menait voie 9 ¾, avant de s'arrêter et de contempler, perplexe et apeuré, le fameux pilier.

« Ne crains rien, mon chéri., murmura sa mère, à son oreille. Tu verras tu ne sentiras rien. »

Il jeta un regard sceptique à sa mère. Puis soudain une tornade noire aux cheveux ébouriffés lui passa devant en le bousculant légèrement. Il se retourna et plongea son regard chocolat dans les yeux caramels de Remus et lui jeta un

« 'Scusez-moi.

-James Potter., l'interrompit une voix féminine qui faisait tout pour paraître sévère. Tu te calme tout de suite et tu t'excuses immédiatement et correctement. »

Le garçon aux cheveux bruns se retourna vers Remus et sa mère. Il regarda un instant, le garçon de son âge, se demandant si il pouvait ou non lui faire confiance. Remus se demanda si il se posait pas aussi des questions à propos de ses cicatrices qui striaient son visage. Le regard timide de Remus croisa le regard de l'autre garçon. Celui-ci adressa un immense sourire au jeune lycanthrope et lui dit :

« Je m'excuse de t'avoir bousculé. Je suis James Potter.

-Remus Lupin., murmura-t-il avec appréhension.

-A plus tard Remus en espérant qu'on se retrouve à Gryffondor., »Sur ces paroles, James disparut au travers du pilier.

Allie Potter s'était excusé à son tour puis suivie de son époux qui avait salué les Lupin, elle était passée voie 9 ¾. Remus n'en revenait pas. Des gens autres que ses parents acceptaient de lui adresser la parole. Il secoua toutefois la tête d'un air désolé. Il ne se leurrait pas : Quand les gens sauraient pour sa maladie, personne ne voudrait lui adresser la parole.

« Allez mon chéri, lui fit sa mère en le regardant tendrement. Nous devons y aller. »

Remus approuva d'un signe de la tête. Il allait avancer quand quelque chose retient son attention. S'il détestait sa lycanthropie, le garçon avait vite découvert qu'elle avait un énorme avantage qui l'avait fait mûrir plus vite que la plupart de ses camarades : il avait des sens sur-développés. Il captait mieux les sons, les odeurs. Il voyait mieux la nuit que la plupart des êtres humains. Son instinct était proche de celui du loup, même lorsqu'il était sous sa forme humaine. Si cela lui avait permis de percevoir des choses vexantes ou douloureuses, comme lorsque ses parents se demandaient comment ils allaient payer le loyer ou leurs autres factures, quand une partie de leurs économies avaient encore une fois été englouties par un nouveau remède mis au point par les médicomages qui en réalité n'arrivaient pas à soigner son mal et qu'ils n'y arriveraient probablement jamais, car ils étaient terrifiés à l'idée que le garçon puisse les mordre.

Mais sa lycanthropie avait cet avantage qu'il captait ce qui l'entourait bien mieux que son entourage. Il sentit une main se poser sur son épaule. Il leva ses yeux ambrés vers son père qui lui sourit une fois de plus et le poussait légèrement vers le piler qui séparait la voie 9 et 10 de la gare de King's Cross. Mais un picotement lui hérissa les cheveux à la base de la nuque. Quelqu'un le regardait ! Il se tourna légèrement vers l'endroit où se tenait celui qui l'observait. L'or en fusion de son regard croisa son exacte opposé. La couleur qui pouvait le tuer. Il sentit l'argent le parcourir. Un regard argent curieux et un brin envieux. Il releva la tête et planta ses yeux dorés dans le regard gris argent, dans une sorte d'affrontement de reconnaissance puis une nouvelle pression de son père le dirigea vers le pilier qu'il traversa après un dernier coup d'œil à cet étranger aux cheveux noirs qui semblait fasciné par le petit Remus Lupin. Suivi par ses parents, le garçonnet passa à travers le pilier. C'était une sensation étrange. Comme si il traversait une sorte de pâte à pain qui l'absorbait. Petit à petit, son corps traversait cette masse. Il semblait être devenu un fantôme. Il se retrouva de l'autre côté en un instant et rouvrit les yeux qu'il n'avait même eu conscience de fermer. Des yeux qui s'élargir encore devant la locomotive rouge vif et brillant du Poudlard Express. Il regarda tous ces gens qui s'affairaient à ranger des malles, des cages avec des hiboux, des balais, dans les wagons de rangement. Des familles qui continuaient de discuter et de s'embrasser, avant le départ. Il distingua le garçon aux yeux qui l'avait bousculé, quelques minutes auparavant. Il était entre son père et sa mère et trépignait d'impatience de monter dans le train. Soudain, le sifflait du train retentit et un nuage de fumée enveloppa le futur préfet.

Quand la fumée s'estompa, Remus réapparut sa vieille valise à la main, un pâle sourire flottait sur ses lèvres minces, face à l'ironie de la situation. Il y avait près de quinze ans qu'il n'avait pas mis les pieds dans cette gars, qu'il n'avait pas vu ce train qui le ramenait vers cet autre chez lui.

Revenir voie 9 ¾ avait réveillé des souvenirs. Et pas que les bons bien au contraire. Bien sûr, il se doutait que revenir à Poudlard, ferait resurgir les souvenirs des années vécues avec les Maraudeurs : les pires et surtout les meilleurs. C'était le plus horrible dans cette histoire. Tous ces souvenirs étaient teintés de désarroi. La première fois qu'il était allée Poudlard n'échappait pas à la règle. Remus poussa un profond soupir. Ce n'était pas le moment de appesantir sur le passé, en particulier si celui-ci évoquait Sirius.

Il étouffa discrètement un bâillement. La pleine lune avait eu lieu hier et il était encore fatigué de sa transformation, malgré les potions qu'il avalait. Il se décida à bouger et monta sur la plate-forme à la tête du train et y découvrir le conducteur et la Dame aux Friandises, qu'il salua avec plaisir, puis commença à remonter un Poudlard Express encore vide d'élèves. Au fur et à mesure de sa progression, il se revoyait au cours de ses années d'études : un petit garçon aux cheveux châtains, arpentant timidement les compartiments à la recherche d'un endroit discret , un jeune adolescent courant avec les camarades qu'il s'était fait les années antérieures, pour échapper à la vengeance des Slyhterins ; un adolescent un peu plus mûr, parcourant les allées du trains pour faire ses devoirs de préfet, malgré la fatigue de sa dernière transformation ; une jeune homme de dix-sept ans courant dans les couloirs poursuivi par un jeune homme du même âge, dont le chevelure ébène lui retombait souplement devant des yeux mutins et cherchant le dernier compartiment où les seules personnes qui viendraient les déranger seraient les gardiens de leur secret.

Arrivée de la porte de ce dernier compartiment, Remus sortit de sa léthargie et ouvrit la porte de ce lieu qu'il connaissait si bien. Avec un léger sourire crispé, il posa sa valise dans le porte-bagage et s'assit sur les fauteuils à sa droite près de la fenêtre, comme il l'avait toujours fait – la place de Remus l'avait baptisée Sirius. Il jeta un coup d'œil au dehors et décida de se détendre un peu avant l'arrivée des étudiants.

Il était rare qu'un professeur voyage dans le Poudlard Express, beaucoup préférant transplaner directement à l'école, à la veille de la rentrée. Mais il avait proposé à Albus de voyager par le train. Le transplanage était toujours fatiguant et dangereux pour lui, les lendemains de pleine lune et d'autre part, il espérait voyager avec Harry. Albus avait approuvé cette idée, pour la sécurité des élèves et celle de Harry en particulier.

« Je voyagerais par le train, si vous le voulez bien., avait déclaré Remus. Ce sera le lendemain de la pleine lune. Il serait dommage que je sois démembré. Je ne vous serez pas d'une grande utilité, avec un bras en moins. Et puis il y aura Harry. Il vaut peut-être mieux que l'un de nous soit près de lui, au cas où. Je présume que personne ne lui a dit qui était Sirius, ni ce qu'il risquait si leurs routes se rencontraient.

-Non, effectivement. Il ignora tout de son histoire., avoua le directeur. Il n'a jamais voulu savoir. Comme si cette célébrité qui lui était tombé dessus, en arrivant ici, il avait ôté toute envie de connaître sa famille.

-Peut-être que personne n'a vraiment pris le temps de lui expliquer qui il était et d'où il venait., avait suggéré le loup. Personne ne peut lui expliquer. Les parents qui lui restent le déteste. Beaucoup ne voient lui que le Sauveur du Monde des Sorcier. On le voit très bien. Il n'est pas Harry Potter, il n'est que Celui-qui-a-Survécu. A-t-il au moins des amis à Poudlard. De vrais amis, j'entends Albus.

-Oh oui, rassures toi Remus. Il a des amis qui l'apprécie pour ce qu'il est et non pour ce qu'il représente. Il s'entend bien avec tous les élèves de son maison et de son année. Mais, sans avoir votre goût des plaisanteries douteuses, je dois admettre que lui, le jeune Ronald Weasley et la sage Hermione Granger, forme un trio de choc. D'ailleurs, ces derniers n'ont pas hésité, à le suivre pour passer les épreuves qui protégeaient la pierre philosophale ou pour partir à la recherche de la jeune Ginny, lorsque Voldemort l'a enfermée dans la Chambre. Je dirais que leurs bêtises sont juste plus spectaculaires et plus justifiables que les vôtres.

-Nous n'avions pas nos vies à risquer, à l'époque où nous les faisions, avait répondu Remus avec un faible sourire.

-Certes. Mais il faut admettre qu'il a brisé plus de règlements que n'importe qui dans cette école, y compris vous quatre et les jumeaux Weasley.

-Ils sont si terribles ?,demanda Remus un brin inquiet.

-Pas autant que vous. Si ça peut te rassurer. Enfin pour ce que ça à de rassurant lorsqu'on évoque les Maraudeurs. Mais s'il y avait un concours du truc le plus interdit à faire, c'est encore vous qui avait la palme, lança Dumbeldore, avec un petit sourire amusé devant l'air penaud de son ancien élève. Mais au moins la vie était trépidante quand vous étiez ici...

-Trépidante ?, demanda Lupin, incertain.

-Oui, renchérit Albus. On ne savait jamais quelle nouvelle trouvaille vous alliez faire pour animer la vie monotone de notre école. Fred et Georges ont réinventé cette tradition. »

Remus eut un petit sourire triste. Cette conversation réveillait tant de souvenirs.

« Enfin pour en revenir à Harry, il a effectivement de vrais amis sur qui il peut compter et, maintenant, il a un oncle sur qui il va pouvoir se reposer.

-J'ai hâte de refaire sa connaissance., avait murmuré Remus avec un grand sourire.

Remus posa le regard dans ce compartiment qu'il avait occupé avec ses amis pendant presque sept ans. Il ferma les yeux un instant, pour se reposer avant l'arrivée des élèves. Il avait besoin de se reposer avant de commencer l'année scolaire.

Le bruit des élèves montant dans les Poudlard Express réveilla doucement Remus. Mais comme toujours, depuis qu'il était entré à Poudlard, il garda les yeux fermés pour profiter de ses derniers moments de calme, trop fatigué pour faire la conversation avec les élèves qui pourraient occuper le compartiment avec lui. Pendant l'heure qui suivit les bruits des étudiants sorciers le bercèrent. Puis le train s'ébranla sans que Remus ne bouge. Il essayait de ne pas trop appréhender cette rentrée.

D'une certaine façon, il était assez paniqué à l'idée d'enseigner. Il s'était toujours considéré comme un danger pour les autres quoi qu'en dise ses amis. Et là, lui qui était adulte – et donc une loup-garou adulte – allait passer au moins une année dans une école pleine d'enfants. Heureusement que les recherches sur la potion Tue-loup avaient avancées même si ce n'était pas encore ça. Mais qui s'intéressait aux loups-garous ?

Il en était à ce stade de ses réflexions quand il entendit la porte du compartiment glisser brusquement. Il perçut trois auras – c'est Lily qui avait utilisé ce mot un jour, car elle trouvait ça plus poétique que trois odeurs – et d'après ce qu'il pouvait deviner, il y avait deux garçons et une fille. Et une chose qu'il connaissait mais qu'il arrivait pas à identifier.

« C'est qui à votre avis ?, murmura une petite voix masculine

-Le professeur R.J. Lupin.

-Comment tu sais ça ?

-C'est écrit sur sa valise...

-Je me demande ce qu'il enseigne. Ça me paraît évident. Le seul porte vacant, c'est la Défense contre les forces du Mal.

-J'espère au moins qu'il sera à la hauteur. On a l'impression qu'il suffirait de lui jeter un sort pour qu'il rende le dernier soupir. Alors qu'est-ce que tu voulais nous dire Harry ? »

« Harry ? » C'était donc ça. C'était l'odeur de James, avec une pointe de celle de Lily, qu'il avait perçu. Merlin, il avait une chance incroyable. Il était là pour veiller sur Harry et éventuellement le découvrir et son neveu. C'était bien sa chance. Il éprouvait quelques remords d'espionner l'enfant. Mais il devait savoir où il mettait les pieds. Il écouta le récit de la conversion entre Harry et Arthur.

« Sirius Black s'est évadé pour te tuer ? Harry cette fois, il faut vraiment que tu sois prudent. Ne cherche pas les ennuis...

-Je ne cherche pas les ennuis, ce sont les ennuis qui me trouvent. »

Dix points pour Gryffondor, pensa Remus.

« Il faudrait qu'il soit vraiment idiot pour aller chercher un cinglé qui veut le tuer. Personne ne sait comment il s'y est pris pour s'évader d'Azkaban. Personne n'avait réussi à le faire jusqu'à maintenant. En plus, il était dans un quartier de haute sécurité.

-Ils vont bien finir par l'attraper, non ? Les Moldus aussi le recherchent

-Qu'est-ce que c'est que ce bruit ? »

L'attention des adolescent fut détournée vers un bruit qui retentissait. Remus réfléchit à ce qui venait d'être dit. Harry ne semblait pas effrayer de savoir que Sirius était en liberté. Par contre ses deux amis, Ron Weasley – ça ne pouvait être qu'un Weasley avec cette tignasse rousse – et Hermione Granger – s'il se souvenait de ce que lui avait dit Albus – eux étaient terrifiés, surtout Ron, en évoquant la façon dont Sirius s'était évadé de la prison des sorciers.

Cette question Albus lui avait posé. Mais Remus l'ignorait. A moins ; et c'était sans doute la solution ; qu'il ait quitté la prison sous la forme de Padfoot. Et cette information, il ne pouvait se résoudre à révéler à Dumbeldore. D'une part, il avait honte d'avoir trahi la confiance de cet homme qui l'avait accepté, en dépit de sa malédiction. D'autre part, il espérait que l'évasion de son compagnon lui apporterait la réponse aux questions qu'il se posait depuis si longtemps.

« Ça va être bien de sortir un peu de l'école pour visiter Pré-au-lard. »

Le nom fit sourire le professeur. Il pouvait sentir la joie des jeunes.

« Sûrement. Vous me raconterez quand vous reviendrez. »

Ça, c'était Harry ! Il entendit la tristesse de son neveu. Mais que ce passait-il ?

« Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Moi, je ne pourrais pas y aller. Les Dursley n'ont pas signé mon autorisation et Fudge a également refusé de le faire. »

Maudits Moldus ! Il allait devoir rester à Poudlard parce qu'ils n'avaient pas voulu signer son autorisation de sortie.

« Tu n'auras pas le droit de sortir ? C'est impossible ...McGonagall ou quelqu'un te donnera bien la permission...Ou alors on demandera à Fred et à Georges , ils connaissent tous les passages secrets qui permettent de sortir du château... »

Les passages secrets ! Pendant un instant, Remus se plût à imaginer qu'il avait encore leur veille carte et la cape de James, pour permettre à Harry de voir Pré-au-lard. Mais son bon sens le reprit, il était trop dangereux pour Harry de sortir de l'école avec Sirius dans la nature. Surtout qu'il semblait que sa santé mentale soit particulière atteinte – enfin plus encore que dans leur jeunesse (1). Et de tout façon la carte était entre les mains de Rusard. Il se promit de faire son maximum auprès d'Albus pour que Harry puisse se rendre à Pré-au-lard, l'an prochain sises moldus ne revenaient pas sur leur décision.

Soudain, il sentit le train s'immobiliser et la luminosité baissa. Son instinct de prédateur se réveilla. Il y avait un danger. Il perçut une sorte de frottement à l'extérieur du véhicule, alors que l'air se refroidissait et qu'une sensation de malaise l'envahissait.

Les enfant s'agitaient autour de lui. Deux autres personnes étaient entrées : la sœur de Ron et le fils de Franck et d'Alice, d'après ce qu'il percevait. Les jeunes semblaient inquiets et ne comprenaient pas ce qu'il se passait ; de fait ils ne cessaient de se quereller.

« Silence ! » leur intima-t-il

Tous se calmèrent mais leur angoisse restait palpable. En tout cas lui la restait fortement.

Le frottement se rapprocha et son malaise augmenta. Il connaissait cette sensation. Il l'avait déjà ressenti une fois, il y avait bien longtemps. Il se doutait de ce qui allait suivre. Pour endiguer l'angoisse qui montait en lui, il essaya de se focaliser sur sa joie de retrouver Harry. Un certain bien-être l'envahit. Mais peu à peu, cette sensation de bien-être se dissipa et une vague de mal-être l'envahit à nouveau, plus forte que la précédente. Se crispant, il eut l'impression qu'un écran de brouillard l'emprisonnait.

Il savait qu'il été entrain de plonger dans son passé. C'était comme plonger dans une pensine, mais contraint et forcé et dans le plus horrible de vos cauchemars ou plutôt de vos souvenirs. Mais à la différence de ses jeunes compagnons, les souvenirs de Remus étaient plus nombreux et plus tragiques. Au pire les enfants éprouveraient une grande peur. Mais lui, il ne savait pas dans lequel de ses souvenirs, il allait atterrir. Dans son enfance, quand Greyback l'avait mordu ? Lors de l'une de ses transformations ? Ou pire ?

Le brouillard se dissipa. Et Remus se retrouva devant une sorte de forteresse , perdue au milieu de l'océan.

« Non pas ça ? Pas ça ?, murmura-t-il. Je ne veux pas y retourner. Pas ce lui-ci. Pas encore. Je ne veux pas y retourner. Je ne veux pas revivre celui souvenir-ci. »

Malheureusement, les sentiments et les souvenirs sollicités par les détraqueurs, n'étaient pas contrôlables, à l'inverse d'un cauchemar que l'on pouvait arrêter.

Remus essaya de fermer les yeux, mais il était captivé par ce qu'il voyait. Captivé et effrayé aussi. Car il savait ce qui allait suivre. A l'inverse des souvenirs d'une pensine, les souvenirs revécus par l'intermédiaire des Détraqueurs faisait de vous, à la fois le spectateur et l'acteur de la scène.

Il se sentit approcher de la forteresse et en passer le seuil. Les Détraqueurs étaient présent mais de façon plus diffuse. Il y avait celui qui était dans le train et ceux qui se trouvaient autour de lui. La sensation d'oppression augmenta.

Il pénétra dans le hall et s'avança jusqu'au bureau d'accueil de la prison. Il se vit se pencher vers la préposée et lui tendit un papier, sans un mot. L'hôtesse d'accueil lut le formulaire et lui montra du doigt une petite porte sur la droite. Remus se dirigea d'un pas lourd vers la porte indiquée. Il posa la main sur la poignée et poussa un profond soupir et ouvrir la porte d'un geste lent.

Dans cette pièce se trouvait une table, un peu bancale, et de part et d'autre, une chaise en bois, fort, peu accueillante. De l'autre côté de la pièce, une autre porte. Sur le mur de gauche entre les deux portes, une petite fenêtre qui donnait sur la mer. Remus pénétra dans cette salle et s'avança vers le siège le plus proche, sur lequel il s'effondra et commença à attendre.

Quelques minutes s'écoulèrent et la porte qui lui faisait face s'ouvrit lentement. Un homme à la chevelure corbeau entra, la tête basse. Il y avait tant de temps qu'ils ne s'étaient vus. Remus le fixait, sans mot dire. Il avait tant maigri depuis qu'ils s'étaient vus pour la dernière fois. Le prisonnier s'avança vers la table et se laissa tombé à son tour sur la chaise qu'il restait, prostré. Au moment où le loup-garou s'y attendait le moins, Sirius releva les yeux vers lui et plongea ses prunelles bleus-grises dans les yeux caramels de Remus.

« Qu'est-ce que tu fais là ?, lui demanda Sirius d'une voix rauque.

-Je voulais te voir., murmura Remus. Je voulais...

-Ne poses pas de question, s'il te plaît Remus., coupa le prisonnier.

-Pourquoi ?

-A quoi cela servirait ? Personne ne peut comprendre. Seuls James et Lily savent. Un jour, toi et Harry vous saurez ! Mais pas maintenant ! Pas aujourd'hui !

-Tu as besoin ou envie de quelque chose ?

-D'une seule chose. Ne reviens plus Remus. Pour nous deux. Ne reviens plus. Je n'en vaux pas la peine.

-Mais qu'est-ce que … ?

-Tu tiens vraiment à être lié pour le reste de ta vie, à un criminel et un traître ? Tu vaux mieux que ça Remus. Mieux que moi. Je te l'ai toujours dit., termina Sirius en baissant de nouveau les yeux vers le sol.

Remus se leva et se dirigea vers la petite fenêtre, s'arrêta devant et plongea les yeux vers la mer. Sirius ne voulait plus de lui. Un doute le saisit. Il y a quelques années Sirius avait tenu le même discours, en d'autres circonstances. Il lui avait présenté le même type d'excuses. Mais il avait reconnu sa faute. Là rien.

« Pourquoi Sirius ? Pourquoi ? »

Un ricanement lui répondit.

« Pourquoi quoi ?, ricana méchamment Sirius. Pourquoi, j'ai vendu James et Lily ? Parce que je suis l'héritier d'une famille de Magemort très connue. Pourquoi j'ai voulu que Voldemort tue Harry ? Parce que je suis l'héritier d'une grande famille de Magemort reconnue. Pourquoi j'ai poursuivit Peter pour le tuer et pour tuer dix moldus ? Parce que je suis l'héritier d'une grande famille de Mangemort reconnue. Voyons tu t'attendais, Remus. Que je changerais ce que je suis la façon dont m'a élevé ma formidable famille. Je suis ce que je suis. Tu t'es fourvoyé. Tu es toujours tellement persuadé que tout le monde à une part de bonté en lui. Le Grand Remus Lupin, qui sait tellement de choses qu'il s'est trompé sur celui qui partageait sa vie., asséna-t-il encore, toujours aussi cruel. Celle-là tu ne t'y attendais pas ? »

Sirius se tourna vers son compagnon, qui se tenait toujours devant la fenêtre, les épaules voutées. Il sanglotait devant la méchanceté de son amant. Sirius savait qu'il devait être fort pour que Remus puisse refaire sa vie, sans lui même si ça le brisait. Que rejeter son compagnon l'achevait autant que la mort de son frère. Mais voir le loup-garou, si cruellement blessé était très dur, pour le traite.

Remus n'arrivait pas à croire ce que Sirius lui disait. Il les avait trompés tout ce temps. Soudain, il sentit la sensation de malaise augmenta brusquement alors que le bruit de la porte du compartiment s'ouvrait lentement.

Ce son ramenant doucement Remus à la réalité, mais pas assez pour qu'il comprenne ce qu'il se passait. Puis un autre élément dans la cabine l'atteint. Une peur qui avait une odeur particulière. Une angoisse si intense qui saisissait l'un des adolescents que Remus pouvait le percevoir et que ça dépassait même l'horreur qu'il était entrain de revivre. Une odeur – une aura aurait dit Lily – qu'il connaissait et qui ravivait plus douloureusement encore son cauchemar. C'est ce qui acheva de le ramenait à la réalité.

Remus ouvrit les yeux et se dégagea de son vieux manteau. Il jeta un coup d'œil à Harry et malgré l'obscurité qui régnait dans le compartiment, il vit que son neveu avait chuté sur le sol, et semblait pris de légères convulsions. Il hurla au détraqueur :

« Personne ne cache Sirius Black sous sa cape. Allez-vous-en. »

Voyant l'absence de réaction du gardien d'Azkaban, il prit sa baguette et marmonnant la formule adéquat, il se concentra sur un souvenir joyeux. Il eut l'impression que deux bras se glissaient autour de sa taille, une tête se posait sur son épaule et un souffle lui caresser son oreille, avant d'entendre un « Je t'aime. ».

Alors le mince filet d'argent s'échappa de sa baguette et repoussa le détraqueur. Sans attendre la réaction de son adversaire, il se tourna vers les enfants et attrapa son sac d'un même mouvement. Perturbé par ce qu'il venait de se passer, il s'empara d'une tablette de chocolat et en cassa un morceau qu'il tendit à Harry.

« Tenez. Mangez ça, vous vous sentirez mieux - Merlin pensa-t-il, ce qu'il peut ressembler à James -

-Qu'est-ce que c'était que cette chose ?

-Un Détraqueur. L'un des Détraqueurs d'Azkaban., répondit-il l'esprit ailleurs. Mangez répéta-t-il, sans voir les regard intrigué des enfants. Ça vous fera du bien. Excusez-moi, il faut que j'aille dire quelque chose au machiniste... »

Il passa devant Harry et lui jeta un regard en coin, avant de sortir.

Pourquoi avait-il été plus affecté que les autres par le gardien ? Il s'adossa à la porte qu'il venait de fermer et se pinça l'arrête du nez, pour essayer de faire le vide dans son esprit. Il devait prévenir Albus de ce qu'il venait de se passer.

Il se remit en marche en même temps que le train, tanguant au même rythme que lui, encore affecté par la dernière fois où il avait vu Sirius. Soudain, il se figea le souvenir de leur dernière entrevue et le souvenir qu'il avait aidé à produire le Patronus se mélangèrent et une réalité, vieille de douze ans, le frappa de plein fouet : Sirius lui avait dit qu'il devait apprendre à vivre sans lui, lui avait jeté les pires horreurs au visage ce qui était Sirius Black en réalité, lui avait dit qu'il avait fait tout ce qui lui était reproché dans le but d'être digne de sa famille, qu'il détestait, mais à aucun moment, il ne lui avait dit qu'il ne l'aimait pas.

Il y avait quelque chose qui clochait dans cette histoire. Remus ne savait pas quoi mais foi de Remus Lupin, il trouverait. Il se remit en marche vers la tête de train, un sourire aux lèvres, un doute à l'esprit et un espoir dans le cœur. Il savait qu'il y avait une faille dans l'accusation contre Sirius. Une faille qui ouvrait un monde.

Car si Sirius ne lui avait pas dit qu'il ne l'aimait pas, c'est qu'il l'aimait encore...

Fin.

Ouais, je sais c'est mesquin de me moquer de l'absence de cerveau de Sirius.

Voilà, vous aviez eu un petit Sirius. Aujourd'hui, vous avez le droit à un petit Remus qui rentre à l'école. J'espère pouvoir les faire grandir sous vos yeux.

Bisous et si c'est pas trop demander, une p'tite review.