Lost in the Sands of Time
Pairing: HP/ TJ… Classé M, pour plus de marge de manœuvre !
Spoiler: Les quatre premiers tomes sont pris en compte. A partir de l'été de la quatrième année d'Harry j'ai pris la liberté de tout modifier pour les besoins du récit.
Ainsi, il a passé son été à être entraîné par des membres de l'Ordre et a continué toute l'année en cachette dans la cabane hurlante sous le nez d'Ombrage.
Sirius est mort et l'histoire prend place juste après sa mort, un peu avant la fin de l'année scolaire.
Résumé: la guerre se rapproche inexorablement, Harry doit se tenir prêt. Un simple tour des Serpentard en cours de potion provoque une catastrophe ! Et Harry atterrit grâce aux caprices du temps exactement à l'époque où il aimerait le moins se trouver !
Temps de parution: il n'a pas encore été décidé mais autour d'un chapitre par mois à peu de choses près. J'ai déjà une dizaine de chapitres de prêts mais il se trouve que je suis toujours en train de les rebidouiller xD Donc mon avance ne servira peut-être pas. Je préfère servir un chapitre bien fini et réfléchi qu'un chapitre brouillon balancé comme ça ! Cela dit vu mon rythme de vie, ce sera peut-être de temps à autre réduit à un seul chapitre par mois.
Nombre de chapitre: Inconnu à ce jour x) Non franchement je ne sais pas où cette fic va me mener, l'ayant écrite sur un coup de tête et n'arrivant jamais à suivre les idées que je me fixe au début d'une fic ^^
Note
Bonjour ! Me revoilà pour le troisième chapitre qui, j'espère, vous plaira !
Les reviews et ajouts en favoris ou en alerte de la fic sont vraiment ultra motivants alors merci à tous ! N'hésitez pas à me laisser votre avis, je ne mord pas ! :D Toute remarque constructive est bonne à prendre !
Bonne lecture !
CHAPITRE 3
La journée à l'infirmerie passa à une lenteur exaspérante. Je ne savais plus quoi faire pour m'occuper après une tentative de fuite avortée par Mrs. Ware, l'infirmière dont Pomfresh avait dû s'inspirer afin de devenir un parfait tyran. A moins qu'elles ne soient toutes comme ça.
Je vis le vendredi arriver avec un soulagement digne d'un prisonnier autorisé à sortir de prison. On me permit enfin de m'échapper après le repas de midi à l'infirmerie. J'avais trépigné ces deux derniers jours. Je détestai le fait de rester immobile surtout…en situation de crise comme celle-ci. Je ne dus qu'à mon self-control promu maintenant au rang de légende (ne survit pas à une rencontre inopinée avec Voldy-junior qui veut) de ne pas criser purement et simplement. A l'instant même où l'infirmière me libéra de mon plateau repas, je bondis du lit à une vitesse insoupçonnée et fonçai vers la sortie.
Je me dirigeai vers la salle du troisième étage que Dumbledore m'avait indiquée pour fouiner dans mes affaires. Arrivé là-bas, je prononçai le mot de passe et entrai. Toutes mes affaires y avaient été étalées, apparemment arrivées en désordre aux quatre coins du château. Les affaires encore présentes dans ma valises avaient été déminiaturisées par leur voyage pour je ne sais quelle obscure raison. Mes vêtements pendaient lamentablement sur les bords et des livres s'étalaient absolument de partout. Je lançai un petit sifflement admiratif. Joli bazar. Le record du dortoir des Gryffondors venait d'être explosé, ce qui n'était pas peu dire.
Je pris une grande inspiration et me jetai corps et âme dans le tri de ce fouillis. Je récupérai ainsi ma baguette. En soulevant un tas de vêtements arrivés hors de ma malle, je découvris avec bonheur mon éclair de feu ainsi que mon kit d'entretien pour balai et surtout…la carte du Maraudeur. J'aperçu également dans un coin de la salle des nombreux livres que j'avais lues ou non empilée en piles instables.
Soudain, un hululement joyeux retentit dans un coin de la pièce et j'aperçu Hedwige, ma chouette aux yeux mordorés, posée sur le rebord de la fenêtre ouverte. Sans cacher ma joie d'avoir un être familier à mes côtés, je me précipitai vers elle. Au moment où j'avais disparu, ma chouette portait un message à Remus, pourtant elle aussi m'avait suivie dans mon bond dans le temps. Elle avait dû comme moi, atterrir à l'endroit approximatif où elle se trouvait lors de l'incident. Mais des années en arrière. Sans doute avait-elle fait un bon bout de chemin pour retrouver le château à cette époque et surtout me retrouver moi. Je lui caressai le bec affectueusement et elle poussa un hululement sonore en réponse.
Je me tournai à nouveau vers la pile de mes affaires et j'avisai d'un œil critique mes vêtements qui me seraient sans doute utiles.
Je les sortais un à un avec un mélange de dégout et de joie. Ils m'étaient familiers mais n'étaient pas très seyants. Je repensai au livre qu'Hermione m'avait offert sur des astuces magiques pour arranger les vêtements soi-même et je l'entendais presque encore me critiquer sur mes tenues.
"Harry James Potter ! Comment oses-tu te déplacer avec ces…ces loques ! Je te laisse une semaine pour te faire une garde de robe digne d'un Malefoy ! avait-elle tempêté pour continuer sur une voix narquoise. Tu verras, la couture magique est une discipline véritablement pas-sio-nan-te !"
Le souvenir s'évapora. Le fait était qu'une semaine après cela, Hermione m'avait fourré un livre de couture avancée dans les mains prétendant qu'il n'en faudrait pas moins pour arranger ces « torchons qui me servaient de vêtements. » Le pire c'est qu'elle n'avait pas tort. Il s'agissait des vieilles fringues de Dudley, je n'en avais jamais vraiment eu à moi seul, sauf si l'on comptait les charmants pulls aux couleurs agressives de Madame Weasley.
Je me dirigeai alors sur les piles de livres que je dévastai jusqu'à trouver le fameux livre. Je n'avais rien à perdre à essayer. C'était après tout, un nouveau départ pour Harry Potter, une trêve accordée dans une guerre épuisante. Je me transformerai dès aujourd'hui en Harry Evans et quoi de mieux que des vêtements mis à neuf pour se sentir dans la peau d'un autre ! Mon enthousiasme sonnait faux néanmoins. La motivation suprême restait que je n'avais honnêtement rien à faire de mon après-midi et que je ne me sentais pas d'affronter des dizaines de visages inconnus dans une école pourtant si familière.
J'ouvris le livre et le feuilletai. Mes yeux s'écarquillèrent au fur et à mesure que les pages se tournaient. Qui aurait cru que rafistoler des vêtements étaitaussi complexe ! Je me mordillai le pouce en continuant ma lecture. Je sélectionnai avec soin les chapitres qui m'intéressaient. Puis je m'assis tranquillement en tailleur et m'appliquai, avec une concentration que je ne me connaissais pas, à faire changer la couleur, à transformer, ajuster… Bien sûr l'achat de vêtement totalement neuf ne serait sans doute pas de trop malgré cela. A la fin, j'étais plutôt fier du résultat et cela m'avait occupé mon après-midi tout en m'empêchant de trop penser. Et Merlin savait que penser n'était pas constructif en ce moment pour moi.
J'invoquai un miroir et enfilai un pantalon noir droit, très simple, mais bien ajusté au niveau de la taille et des fesses, et un pull avec un col arrondi d'un vert profond rappelant mes yeux. Pour finir j'enfilai simplement des baskets noires. J'étais habillé de manière simple et pourtant le rendu était surprenant.
Je me rendis compte vraiment des changements que mon corps avait subi, notamment en voyant les muscles de mon abdomen à travers mon pull et un début de pectoraux se dessiner. Un début seulement, hélas. Mes jambes étaient fines et grandes, me donnant une silhouette élancée sans que j'aie l'air trop maigre. Bien que manger un peu plus ne m'aurait sans doute fait aucun mal, bien au contraire. Mes cheveux avaient pas mal poussés aussi, mais faute de temps, à part les laver consciencieusement, je ne faisais pas grand-chose d'autre pour les entretenir. Je conjurai une bandelette noire et les nouai en catogan. Là au moins, ils ne gêneraient pas.
Mon visage aussi s'était affiné, les pommettes hautes, les lèvres charnues mais pas trop, la mâchoire ferme, un nez presque normal s'il n'avait pas été légèrement tordu par le Quidditch, rien de bien choquant en somme. Hermione ne cessait de me dire que depuis notre cinquième année beaucoup plus de regards se tournaient vers moi, filles comme garçons. Je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais changé à ce point. Mais bon après tout j'allais sur mes seize ans. Je haussai les épaules et baillai d'un air las en faisant disparaitre le miroir.
Je me décidai enfin à sortir de la pièce et lançai un tempus pour connaitre l'heure. Dix-neuf heures trente. Dans une demi-heure, le repas dans la grande salle commencerait.
J'errai dans les couloirs le temps qu'il me restait, l'angoisse montant sournoisement et se logeant au creux de mon ventre. Je n'avais jamais aimé m'afficher en public malgré mon statut de « célébrité ». Car, oui, contrairement à ce qu'avait toujours pensé Rogue je ne me délectai pas de cette célébrité morbide à mon goût. Célèbre pour avoir survécu au meurtrier de mes parents...
Et il n'y avait rien de pire que cela, me rappelant sans cesse que, premièrement j'étais orphelin, deuxièmement que je ne faisais jamais rien comme les autres et troisièmement que j'étais un véritable aimant à ennuis. Trois faits indiscutables et promesses d'une vie peu paisible, pour ne pas dire chaotique.
Quand arriva l'heure, je restai en retrait du flot d'élève qui entrait en discutant avec animation. J'attendis, appuyé contre un mur jusqu'à ce que j'aperçoive arriver en même temps que les derniers élèves, le professeur Dumbledore qui me fit un signe de la main. Je le rejoignis, rassuré de ne pas entrer seul dans la Grande salle. Je remarquai qu'il portait dans l'une de ses mains le Choixpeau magique. Un léger sourire naquit sur mes lèvres.
Nous entrâmes dans la salle en dernier et la porte se referma derrière nous dans un bruit sourd provoquant un léger silence. Tous nous fixaient. Le professeur Dumbledore devait passer d'habitude par la porte des professeurs près de leur table pour les repas. Sa présence en plein milieu de la salle avec un élève inconnu et le fait qu'il entre par la grande porte devait participer à l'étonnement général.
Je sentis un regard me fixer intensément (plus que les autres) sur ma droite. Je croisai un regard noir, d'un noir absolument incroyable. Lorsque je vis à qui appartenait ce regard, je rompis le contact visuel et posai les yeux sur un point fixe devant moi, complètement perturbé.
Albus et moi continuâmes à avancer et le directeur actuel, Armando Dippet, vint à notre rencontre. Il me salua. C'était un petit homme frêle presque chauve à l'exception de quelques fins cheveux blancs, il inspirait la confiance mais ne dégageait pas cette puissance que Dumbledore, lui, dégageait déjà en ce temps. Il me lança un regard rassurant.
Il se tourna vers les élèves et avança vers le pupitre où j'avais vu Dumbledore maintes fois faire ses discours.
- Bonsoir à toutes et à tous, ce soir est un peu spécial, car, comme vous pouvez vous en apercevoir nous accueillons un nouvel élève parmi nous. Il a jusque-là appris la magie avec un professeur particulier à domicile. Cela se fait encore chez certaines familles de sorciers comme vous le savez. Mais aujourd'hui, il se joint à nous. Nous le répartirons donc comme tout élève de première année, cependant il rejoindra directement la cinquième année. Je vous demanderai de lui faire bon accueil, conclut-il. Avancez-vous monsieur Evans, je vous prie.
Il fit apparaître un tabouret sur lequel je m'assis. Me retrouver face au élèves et avec tous ses regards braqués sur moi, était pénible. Je percevais mon corps se crisper désagréablement. Je sentis qu'on déposait le Choixpeau sur ma tête. Le silence se fit, puis j'entendis alors à nouveau sa voix, après tant d'années.
« Tiens, tiens, qu'avons-nous là… ? Un ancien Lion à ce que je vois dans ta tête.
Mmh beaucoup de qualités, de la droiture, du courage et oh ! Une puissance magique extrêmement prometteuse, un joyaux brut n'est-ce pas ? Sauvage, instinctif…Un équilibre encore instable. »
Il marqua une pause.
« Evans hein ? »
Je l'entendis ricaner et je grinçai des dents, finalement pressé d'en finir. Il asséna ces mots avec une lenteur calculée :
« Ce nom n'est pas ton véritable nom. Ah je vois…Potter, n'est-ce pas ? Intéressant… »
Il marqua une pause, grognant légèrement signe d'une profonde réflexion.
« Tu as appris tout ce que tu avais à apprendre à Gryffondor et je ne peux pas t'envoyer là-bas à nouveau. Poufsouffle te desservirait. Serdaigle également, elle tairait tes instincts. Il ne reste que Serpentard n'est-ce pas ? »
« Pas Serpentard ! » répondis-je mentalement de toutes mes forces.
Mais aussitôt, il rétorqua :
« Elle est pourtant la seule maison capable de te faire progresser sur le chemin de la grandeur. »
« Mais il m'énerve celui-là ! » tempêtai-je mentalement.
« Je vous entends Monsieur Potter…mais réfléchissez…Que sont les réputations face à l'âme profonde de chaque jeune sorcier ? »
« Je. Ne. Veux. Pas. Y. Aller ! répondis-je en appuyant bien sur chaque mot. Tu avais déjà voulu m'envoyer à Serpentard la première fois et j'avais refusé…»
La raison de mon refus d'entrer à Serpentard était évidente. Me retrouver à la même époque que lui pour ses études était une chose. Me retrouver dans la même maison à partager le même dortoir en était une autre !
- SERPENTARD ! s'écria le Choixpeau.
- Mais hé ! Oh ! m'indignai-je à voix haute contre le Choixpeau miteux en le retirant vivement.
Je le reposai et le fusillai du regard.
- Stupide chapeau, marmonnai-je.
Le professeur Dumbledore pouffa dans son coin. Je remarquai que mon entretien avait été long car malgré les applaudissements, tout le monde me regardait bizarrement. Il était rare qu'un élève passe autant de temps avec le Choixpeau et l'engueule après qu'il l'ait réparti. J'avançai donc vers la table des Serpentards à la hâte, désireux de voir tous ses regards sur moi s'estomper. Des murmures se faisaient entendre sur mon passage :
- Riddle va avoir de la concurrence on dirait...!
- Evans ? Ce nom ne me dit rien…
Arrivé à la table, je vis deux jeunes hommes s'écarter pour me faire une place. L'un d'eux était blond, les yeux bleus, et il affichait un sourire rassurant. L'autre était châtain, avec de grands yeux marrons, la mâchoire carrée et m'offrit une regard bienveillant. Je m'installai entre eux deux, soulagé, et l'un deux prit la parole :
- Je suis Cameron Mulciber, me dit-il avec un sourire.
Je me figeai et manquai de défaillir. Oh. Merlin. Tout. Puissant. Ça devait être Mulciber senior, son fils avait été dénoncé par Karkaroff et envoyé à Azkaban. Et je savais que le père était aussi un Mangemort à son époque, jusqu'à ce qu'il soit tué. Il faisait partie de la première génération de Mangemort, ceux qui avaient rejoint Voldemort lors de leur septième année car ils appartenaient à des familles de Sang-Purs.
Il me tendit une main que je serrai malgré tout en me disant que, de toute façon, je nageais déjà en plein délire.
- Moi c'est Declan Avery, me dit l'autre garçon avec un sourire absolument radieux.
Je serrai l'autre main qui se tendait vers moi avec un sourire bref et légèrement crispé. C'était une blague ? Impossible autrement. Je me sentis pris au piège tout à coup, entouré de futurs Mangemorts… Mais je crois que c'était l'un des points important sur lequel je me devais de changer ma façon de voir les choses. Le hic étant qu'ils n'étaient techniquement pas encore des Mangemorts et donc des élèves tout ce qu'il y a de plus normaux. Je me souvins brusquement d'une phrase de Sirius :
« Dans le monde, il n'y a pas d'un côté les bons et de l'autre les mangemorts, il y a une part de lumière et d'ombre en chacun de nous. Ce qui compte, c'est celle qu'on choisit de montrer dans nos actes. Ça c'est ce que l'on est vraiment. »
Je repensai avec tristesse à mon parrain. Je refoulai cependant bien vite ces pensées plus noires que du charbon. Ce n'était ni le moment, ni le lieu de penser à cela. Néanmoins, je me souvins de la justesse de ses paroles. Elle m'avait sans doute sauvées à un moment où je ne voyais plus que la part d'ombre en moi. Et Merlin seul savait à quel point elle m'effrayait.
Et les deux jeunes hommes se trouvant à mes côtés n'avaient pas encore agi, je ne sentais pas d'aura sombre autour de leur corps. Il était sans doute simplement arrivé un moment dans leur futur où ils avaient dû faire un choix et où ils avaient suivi l'ombre bien plus que la lumière. Je savais pertinemment que tout allait plus loin qu'une simple guerre avec des « gentils » et des « méchants ». Une guerre ne pouvait en aucun cas n'être réduite qu'à une pensée, somme toute, bien trop manichéenne. Tuer était un acte horrible, que ce soit un mangemort ou un membre de l'Ordre du Phénix qui l'accomplisse. Chacun était souillé et rien ne pouvait jamais effacer cette blessure de l'âme. L'idée qu'un jour je devrai affronter Voldemort et peut-être le tuer m'écœurait au-delà du possible.
Je sortis de mes pensées qui m'avaient, une fois de plus, amenés trop loin à ressasser des choses inutiles. J'observai les deux garçons assis à côté de moi. Techniquement, ils ne voulaient pas encore ma mort. Tout aussi techniquement, à vrai dire, je n'étais même pas encore né ici. Me dire cela me donna l'impression de basculer dans le vide. Une sensation de vertige m'envahit légèrement. C'était tellement étrange !
- Alors comme ça, tu as eu un professeur particulier chez toi pendant toutes ces années ? me demanda Avery avec enthousiasme en se servant un steak saignant.
Je l'imitai et me servit à mon tour des pommes de terres et un steak bien cuit. J'avais une faim monumentale !
- Effectivement ! Mes parents préféraient cette option-là pour mon éducation, ils pensaient sans doute que l'enseignement serait meilleur, répondis-je d'un ton léger, parvenant à me détendre un peu avec cette ambiance chaleureuse de dîner.
Je finis ma phrase et mâchonnai un bout de steak. Mon emploi du temps apparut près de moi, mais je ne pris pas la peine de le lire et le rangeai dans une de mes poches après l'avoir miniaturisé machinalement d'un mouvement de la main que personne ne remarqua fort heureusement.
- Et qu'est-ce qui les a fait changer d'avis ? me demanda Mulciber, en déchiquetant distraitement un morceau de pain, les yeux rivés sur moi.
Je détaillai son visage et fus surpris de l'éclat d'intelligence qui brillait dans ses yeux marrons.
- Moi, répondis-je dans un sourire. Je voulais voir ce qu'était l'enseignement en école et j'avais toujours voulu aller à Poudlard. Bien sûr, il n'a pas été aisé de convaincre mes parents mais ils ont, comme vous pouvez le constater, fini par accepter.
Le repas se continua dans une ambiance bien plus chaleureuse que je ne l'avais imaginé. Cependant, je sentis pendant tout le dîner un regard posé sur moi avec insistance. Je n'osais même pas relever la tête de mon assiette pour vérifier de qui il venait. Car, au fond de moi je le savais déjà et la réponse affolait mes pensées plus que de raison.
La grande salle commença à se vider de ses élèves peu à peu, ils repartaient tous vers leurs salles communes respectives. Parmi eux, j'aperçus une immense silhouette, je reconnus immédiatement Hagrid et cela me fit sourire. Il devait même être plus jeune que moi à cette époque. Cela me perturbait de me retrouver face à des gens que je connaissais dans mon temps et qui ne me reconnaîtraient même pas.
Avery et Mulciber, avec qui j'avais discuté tout le repas, me saisirent chacun par un bras et m'entrainèrent à leur suite jusqu'à la salle commune des Serpentards. Ils me parlèrent de la vie au château, pendant le trajet, ignorant que j'en savais déjà tout. Ils m'expliquèrent les escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête, la forêt interdites et ses secrets, les sorties à Pré-au-Lard… Je fis mine de m'en étonner.
Sur le chemin je sentis une présence nous suivre mais, chaque fois que je me retournais, il n'y avait personne d'autre que nous dans le couloir.
Arrivé à la salle commune, je découvris qu'elle était, à peu de choses, exactement pareille que lors de mon excursion avec Ron sous Polynectar. Il semblait que le luxe prédominait sur le confort. Malgré tout, les énormes canapés en cuir semblaient attrayants.
- Voici notre salle commune ! On espère que tu t'y plairas ! C'est plutôt calme d'habitude, sauf les soirs de weekend. Y'en a toujours quelques-uns qui se débrouillent pour subtiliser des bouteilles de whisky Pur-feu en cuisine…, déclara Avery en riant.
Je ris avec lui, ayant beaucoup de mal à imaginer des Serpentards complétements ivres morts.
- Suis-nous, on va te montrer le dortoir des cinquièmes années ! continua-t-il.
Je le suivis lui et Mulciber jusqu'à un dortoir en tout point similaire à celui des Gryffondor excepté les couleurs. Ici, bien évidemment, le vert et l'argent dominaient. Je grimaçai et me dis que je mettrai du temps à m'y habituer. Pas que je n'aimais pas le vert mais la chaleur des couleurs des gryffons me manquerait certainement. Les fenêtres donnaient sur les profondeurs du lac mais laissai passer une luminosité particulière.
Je vis avec bonheur que toutes mes affaires avaient été transportées près de l'un des quatre lits.
Mulciber lança un sifflement d'admiration face aux piles de livres que les elfes avaient dû entasser tant bien que mal tout autour du lit.
- Eh bah dis donc ! T'aimes pas t'ennuyer toi ! me lança-t-il tout en cherchant son pyjama dans ses propres affaires.
Je lui adressai un sourire, puis me mis à la tâche ardue de ranger tous ces trucs. Je lançai quelques sorts afin d'organiser mes livres en trois catégories : les livres de cours, les livres de magies supérieurs, les livres de loisirs. Je fis léviter les trois piles à côté de ma table nuit, les réduisis un peu, leur lançai un sort de stabilité puis quelques sortilèges complexes de protection en chuchotant afin que personne n'aie l'idée de fouiner. J'étais chez les Serpentard, mieux valait prendre toutes les précautions possibles. Certains livres n'étaient pas fait pour être entre toutes les mains. Mais j'avais laissé les plus dangereux dans ma valise qui serait scellée bien évidemment. Je rangeai mes vêtements avec soin dans la petite armoire de l'autre côté du lit, prévue à cet effet.
Soudain, la porte du dortoir s'ouvrit, Vol…Tom Riddle entra. Et ce fut comme si la pièce se remplissait de sa présence. Mon sang ne fit qu'on tour et je me figeai instantanément. Il avança de quelques pas et avisa ma présence. Il me fixa quelques instants de son regard noir si particulier, le visage impénétrable. Puis, il se dirigea vers son armoire et prit quelques affaires. Je remarquai que son lit était à la droite du mien. Il se dirigea vers la salle de bain. Un fois la porte fermée, j'entendis Avery s'adresser à moi.
- …Bizarre ! Tu lui as fait quelque chose à Riddle ?
- Non, répondis-je et je faillis dire « pas encore ».
- Il a agi bizarrement toute la soirée. Pendant le banquet, il avait le regard fixé sur toi assez souvent, bien que tu aies été un peu le centre de l'attention de tout le monde aujourd'hui.
Je marmonnai vaguement une réponse qui ressemblait à un « pas remarqué ».
- Il a été nommé préfet cette année, avec moi également. J'ai déjà essayé d'engager la conversation avec lui mais il n'est pas très bavard, sauf en cours quand il s'agit de participer, dit-il sur le ton de la conversation.
- Le peu de fois où je lui ai parlé et où il n'était pas fermé comme une huitre ou dédaigneux, il m'a semblé sympathique, intervint Cameron en se calant tranquillement sur son lit.
Declan haussa les épaules. Je dus me maîtriser pour ne pas montrer un intérêt démesuré face aux informations qu'ils me donnaient. Ça aurait sans doute paru louche.
- En tout cas, tous les professeurs sont à sa botte, il pourrait leur demander n'importe quoi, reprit Declan sans que je n'aie besoin de l'exhorter à continuer. En même temps avec un physique pareil, il n'est pas difficile de charmer. La moitié des filles et garçons de l'école est à ses pieds. C'est d'une façon ou d'une autre le Sex Symbol de Poudlard, déclara-t-il avec un grand sourire. Et il en profite, tantôt il est renfermé, tantôt le Riddle enjôleur et prédateur ressort et il fait des ravages auprès de tout le monde. Tout le monde connaît bien ces petites sautes d'humeur et quand il est en chasse, ça se voit.
Puis, il tourna la tête vers moi et me lança un regard appréciateur de haut en bas et mit les mains sur ses hanches. Je rougis malgré moi sous le regard, pas très enjoué d'être détaillé ainsi.
- Mais d'après ce que j'ai entendu ce soir, tu pourrais bien le talonner dans le classement, continua-t-il en me lançant un clin d'œil.
Je me saisis d'un oreiller et lui balançai aussi fort que je le pus au visage. Il l'évita d'un mouvement rapide et éclata de rire. Je haussai un sourcil, surpris qu'il ait évité mon lancé aussi facilement.
- Je suis poursuiveur dans l'équipe de Quidditch, répondit-il à mon interrogation muette. Les sélections commencent bientôt d'ailleurs !
Effectivement, sa carrure était plutôt musclée, bien plus impressionnante que la mienne d'ailleurs.
- Tu sais si le poste d'attrapeur est convoité ? Demandai-je soudain, les yeux brillants.
- Mmmh pas que je sache, Serpentard gagne seulement grâce à ses poursuiveurs, batteurs et gardien ces dernières années. Nous avons beaucoup de mal à trouver un attrapeur potable. Tu serais intéressé ?
- Et comment ! J'ai toujours adoré le Quidditch, je suis heureux que les sélections ne soient pas encore passées !
Declan m'adressa un grand sourire.
- Tu me montreras demain ce que tu sais faire, on a une pause plus longue que les autres après le déjeuner, me dit-il d'un ton enthousiaste.
Je hochai la tête et m'installai dans mon lit. Par chance, il était aussi à côté de celui de Declan. Il se préparait également à se coucher et s'installa dans son lit tout en saisissant un magazine posé sur sa table de chevet. Il l'ouvrit et feuilleta quelques pages. Je me décidai à lui poser la question qui brûlait mes lèvres depuis mon arrivée ici.
- Dis-moi, est-ce que par hasard tu ne connaîtrais pas un certain Nathaniel Potter ?
Il releva la tête vers moi, un regard interrogateur.
- Nathaniel Potter, cinquième année, Gryffondor, sa tête ne passe plus les portes. Il n'essaye même plus de cacher son arrogance. Il court depuis sa première année après Callidora Dereham, sans succès. La belle est à Serdaigle, elle est très intelligente et hait Potter plus qu'elle n'aime étudier, ce qui n'est pas peu dire. Elle est également la dernière héritière de la famille de Sang-Pur Dereham. Pourquoi veux-tu savoir cela ?
Je ne répondis pas et étouffai un rire, alors comme ça mon grand-père aussi avait peiné à séduire l'élue de son cœur. Ça devait être de famille. Je me demandais si cette Callidora Dereham avait fini par devenir ma grand-mère. Je me retrouvais sans le vouloir avec toute la génération de mes grands-parents. Walburga et Orion Black, les parents de Sirius ne devaient pas être bien loin.
- En tout cas, repris Declan, je suis curieux de savoir ce que Riddle a contre toi. Mais prépare-toi à des jaloux !
- Des jaloux ? Relevai-je lentement d'un ton sceptique.
- Il est rare que Monsieur Riddle daigne faire réellement attention à quelqu'un alors tu risques de te retrouver avec une troupe de filles hystériques aux trousses, rit-il.
Je marmonnai quelques mots en retour. J'étais peu désireux d'attirer l'attention et voilà que Vol… Riddle me fixait sans raison… Enfin, sans raison... quelque part en me mettant à sa place… Moi aussi j'aurai tendance à regarder bizarrement le gars que j'ai rencontré à moitié évanoui dans un couloir, recouvert d'une substance gluante et verdâtre .Je décidai de ne pas m'appesantir là-dessus.
Je souhaitai la bonne nuit à Declan et Cameron et fermai mes rideaux. Cette journée m'avait fatiguée plus que je ne le pensai et je me laissai aller avec bonheur dans les bras de Morphée espérant me réveiller dans mon époque.
A suivre…
Yes, j'ai pu mettre à jour également ce chapitre qui comportait des bourdes énormes !
Merci beaucoup d'avoir lu en tout cas !
Rendez-vous au prochain chapitre !
Lot of Love,
Jelyel.
