Grandeur et Déchéance III - Quitte ou double - Chapitre 3


Deux jours plus tard, après une longue réflexion, Kanon descendit à Rodorio pour voir Mu. Celui-ci était à son dispensaire, fort occupé comme d'habitude, mais il ne s'en servit pas comme prétexte pour l'éconduire.

- Que veux-tu ?

- L'autorisation de sortir du Sanctuaire. C'est à toi que je dois la demander, je pense, puisque tu assumes les fonctions de Grand Pope, et que je ne peux pas accéder à Athéna ?

- Sa Majesté est au Japon en ce moment, répondit Mu d'un ton détaché, comme s'il n'avait pas affaire à l'ennemi public numéro un, mais à un marmot qui se serait fait une écorchure suite à une imprudence.

- Alors ?

- Alors c'est non.

Pour une réponse ferme et définitive, c'en était une, et énoncée avec la calme autorité qui rendait le Bélier si semblable à feu son maître Shion.

- Tu as peur que je ne prenne la tangente ? Si c'est le cas, tu peux toujours me faire accompagner par Aiolia, à moins que tu ne préfères que Milo me serve de nounou ? Avec lui tu ne cours pas grand risque.

- Si, celui très vraisemblable que tu ne franchisses même pas les limites du Domaine vivant.

- Je peux peut-être te dire pourquoi je veux sortir du Sanctuaire ?, insista Kanon un tantinet énervé par ce refus cassant.

- Si ça t'amuse. Mais je doute que ça me fasse changer d'avis.

- Je veux voir Julian Solo.

- Julian Solo ? Vraiment ? Et pour quoi faire ?

-Lis ça.

Mu fronça les sourcils, et prit la lettre que Kanon lui tendait. Il la parcourut en silence.

- Alors ?

- C'est toujours non. Essaie seulement de mettre un pied hors du Domaine et je te fais mettre aux arrêts, je me fais bien comprendre ? D'ailleurs que pourrais-tu bien avoir à lui dire ?

- Je veux m'excuser auprès de lui, et le remercier pour ... pour ce qu'il a fait pour Saga.

Kanon pensait pouvoir faire fléchir Mu, mais le Bélier balaya ses espoirs d'un revers de la main.

- Crois-tu que les choses soient aussi simples que ça ? Tu vas au Cap Sounion, tu serres la main de Julian Solo, tu t'excuses, et tu reviens dare-dare, comme si tout était redevenu comme avant ? Que sais-tu de lui, d'abord ?

- Qu'il n'a pas mérité que je me serve de lui, alors qu'il avait tant fait pour Saga. Heureusement qu'Athéna a réussi à emprisonner l'esprit de Poséidon sans devoir le tuer, et que ...

- Et que quoi ?, siffla Mu avec une fureur contenue. Rien n'est terminé de cette histoire, contrairement à ce que tu sembles croire.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?, balbutia Kanon qui ne comprenait pas pourquoi le si posé Atlante se mettait soudain dans des états pareils.

- Julian Solo est amnésique.

- Amnésique ? Il ne se souvient plus de rien de ce qui s'est passé ?

Kanon baissa la tête et réfléchit un instant.

- C'est peut-être mieux comme ça.

- Non, ce n'est pas peut-être "mieux"! C'était la seule solution possible, voilà tout.

- La seule solution ?

- A ton avis, quelle réaction aurait un jeune homme de même pas dix-sept ans en découvrant qu'il a été l'instrument de la mort de millions d'êtres humains ? Saga lui-même, bien qu'il ait été chevalier d'or, a été incapable de gérer une telle culpabilité !

- Mais il n'y est pour rien, absolument rien, c'est moi qui ...

- Ca ne change rien au problème !, le coupa Mu. Dans son esprit Julian Solo aura toujours leur sang sur les mains, et toutes tes excuses ne pourront rien y faire. Pour le sauver et lui éviter le sort de ton frère, Athéna a effacé sa mémoire, à la demande de Sorrento. Comme il fallait s'y attendre, il vit mal la chose, mais c'est un moindre mal tant qu'il maintient Poséidon en sommeil.

- Mais puisqu'Athéna a scellé son esprit dans l'urne ...

- Un détail semble t'échapper ! Elle a peut-être réussi à trancher le lien qui unissait Poséidon à Julian Solo, mais pas celui qui unit Julian Solo à Poséidon, et c'est là qu'est tout le problème, figure-toi. Ce lien s'était rompu lors de la précédente incarnation de Poséidon, il y a plus de deux siècles de cela, avec la mort de celle-ci. Si cela peut te consoler, Poséidon serait de toute manière revenu à la vie, tôt ou tard, mais il lui aurait fallu quelques années supplémentaires pour être capable de détruire le sceau sacré par ses propres moyens et pour localiser sa future incarnation, et de ces années Athéna aurait pu tirer grand profit. Tes torts, s'ils sont immenses sur certains points, ne le sont pas tant que tu le crois sur celui-ci. Mais il n'en est pas de même de leurs conséquences ! Dans l'état actuel des choses, si Poséidon ne peut plus "appeler" Julian Solo, Julian Solo peut toujours le faire, lui, et d'autant plus qu'il ignore qu'il en est l'incarnation destinée. Il ne contrôle rien, absolument rien, et si jamais il devait réactiver accidentellement le lien qui l'unit à Poséidon, celui-ci en profiterait pour pour se libérer. Je te laisse imaginer la jolie petite guerre sainte qui nous tomberait aussitôt dessus, alors qu'on vient juste d'en sortir ...

Kanon l'écoutait, effaré. Il avait cru qu'avec la victoire d'Athéna tout rentré dans l'ordre, mais au vu de ce que lui disait maintenant Mu, l'avenir était plus inquiétant encore que le passé. Julian Solo n'était pas qu'une victime innocente de conflits qui le dépassaient à supposer qu'il eût seulement pu les imaginer, il était devenu une véritable bombe à retardement, et à cause de lui, il le resterait toute sa vie.

- Que dois-je faire, alors ?

- Rien.

- Rien ?, s'emporta Kanon, victime une fois de plus de son caractère entier. C'est bien toi qui m'as parlé autrefois de rédemption, non ? Je fais mon possible pour réparer mes torts, et toi tu me mets des bâtons dans les roues !

- Inutile de t'énerver. Je veux simplement que tu comprennes qu'agir n'est pas toujours la meilleure option. Tu ne ferais qu'attirer l'attention sur ce pauvre jeune homme qui ne t'avait rien demandé. Si jamais des Sanctuaires autres que celui d'Athéna, et pourvus d'intentions moins bienveillantes à son égard, devaient s'apercevoir qu'il est l'incarnation de l'Empereur des Mers et un éventuel obstacle à leurs ambitions, que penses-tu qu'il se passera ?

- Ils essaieront de se débarrasser de lui, murmura Kanon en baissant les yeux.

- Exactement.

- Alors laisse-moi le protéger, dans ce cas, je t'en supplie.

- Ton offre est généreuse, je dois le reconnaître ... mais ta présence ne ferait qu'attirer l'attention sur lui. De toute manière, Sorrento est près de Julian et s'en charge. Et je doute fort qu'une collaboration entre vous deux soit possible ou même souhaitable, ou me tromperais-je ?

Les yeux du Bélier s'étrécirent, et Kanon se demanda s'il cherchait à le sonder, ou s'il faisait de l'humour.

- Alors je suis censé faire quoi ?, s'écria Kanon. Attendre le Jugement Dernier, ou mon jugement tout court ?Vous allez me faire mariner encore combien de temps, Athéna et toi ?

- L'instruction de ton dossier prend du temps, comme je te l'ai déjà dit.

- Ne me fais pas rire ! Ca fait plus un an maintenant.

- Ah, déjà un an ?, renchérit Mu d'un ton angélique. C'est fou comme le temps passe. Maintenant, tu m'excuseras de te demander de me laisser, mais j'ai du travail.

- Cesse de botter en touche, veux-tu, Mu du Bélier ? Je te connais suffisamment pour savoir que tu n'es pas une tête brûlée comme Milo, et que chacune de tes actions a sa motivation.

- C'est exact, admit celui-ci.

Il se dirigea vers la porte sous les yeux d'un Kanon aussi énervé que déçu de ne pas être plus avancé, et juste avant de franchir celle-ci, lui jeta un regard oblique.

- Je peux seulement te dire que de nouvelles pièces ont été versées à ton dossier très récemment.

Et il sortit, laissant une fois de plus Kanon dans l'expectative.


En ressortant du dispensaire, Kanon décida de se rendre au cimetière. A cette heure de la journée, il n'y avait pas souvent grand-monde, et le lieu n'en était que plus propice à la méditation.

Il ne se trompait pas, personne n'était visible entre les stèles. Comme à chaque fois qu'il venait ici, il s'arrêta pour se recueillir devant chaque tombe de chevalier d'or tombé pendant la Bataille du Sanctuaire, sans distinction. Il était tellement mal placé pour juger les torts des uns ou des autres ! Il avisa, sur celle de Camus, une brassée de fleurs. Milo, sans aucun doute. Même si le Scorpion avait quitté les lieux depuis quelques heures comme en attestaient les fleurs brûlées par un soleil impitoyable, Kanon pouvait encore sentir toute la douleur dont le cosmos de Milo les avait imprégnées. Sentant sa présence déplacée, il se dirigea rapidement vers celle de Saga.

Depuis son retour au Sanctuaire il était venu bien des fois prier ici, mais c'était la première fois qu'il ressentait cette quiétude. Etait-elle due à cette lettre de son frère, enfouie dans la poche de sa tunique ? Sans doute. Ces derniers jours, il l'avait lue, relue jusqu'à la connaître par coeur. Au début, ça avait été difficile de la lire d'une seule traite. Pas parce qu'il éprouvait encore des difficultés à maîtriser la lecture, mais parce que son esprit était trop chamboulé par ce qu'elle contenait, comme si les mots le heurtaient en pleine face, puis au fur et à mesure et sans qu'il s'en rendre compte aussitôt, il s'en était imprégné et à présent il sentait son coeur gonfler dans sa poitrine quand il parcourait ces quelques lignes. Pas de bonheur, mais de soulagement de savoir que Saga l'avait pardonné. Sans s'en rendre compte il se mit à sourire. Il ferma les yeux, envahi par un profond sentiment de bien-être.

- Ah, mon pauvre Saga, si j'avais su ce que je sais maintenant ... J'aurais dû lire ta lettre plus tôt. Mais peut-être n'étais-je pas prêt, après tout ? Jusqu'à maintenant, je ne voulais pas me pardonner, en tout cas, pas tant que toi tu ne m'aurais pas pardonné. Quand tu l'as écrite, je ne pense pas que tu aurais pu deviner ce qu'elle signifie pour moi aujourd'hui ... La maison, les oliviers, tout ça, ça n'est rien. Enfin, rien à côté de ces mots. J'aurais pu vivre sans tout ce que tu m'as laissé, mais sans ton pardon, je ne crois pas ...

Il s'interrompit et rouvrit les yeux en sentant une caresse sur sa joue, comme des doigts qui le frôlaient délicatement. Ceux de Saga, comme un signe d'outre-tombe ? Non, simplement une boucle de ses cheveux, ondulant dans le vent. Il la rabattit derrière son oreille en riant doucement.

- Tu sais ce que j'ai eu envie de faire de cette lettre ? De la placarder sur la porte du Palais. Pas pour me disculper, oh non ! Juste pour que les gens qui n'ont pas encore compris ton rôle dans la Bataille du Sanctuaire sachent quel frère formidable et quel chevalier loyal tu étais. Mais j'ai changé d'avis, elle est trop précieuse pour moi. Je pourrais sans doute la faire joindre à mon dossier, ce serait une pièce à décharge lors de mon procès ... mais je m'en moque. Si je dois payer pour mes erreurs, eh bien je paierai et c'est tout. Tout ce que je demande, c'est qu'on me laisse réparer le mal que j'ai fait, même si je ne suis pas le plus qualifié pour ça. Tout, ça sera impossible, bien sûr, mais ce qui sera fait sera fait. Mais ce n'est pas facile ... J'ai demandé à Mu de pouvoir aller m'excuser auprès de Julian Solo. C'est le nom de ce pauvre garçon que tu as rencontré au Cap Sounion – quoique "pauvre" n'est pas vraiment le mot ! Mais il a refusé, et tu sais combien ces Atlantes peuvent être têtus, il n'est pas l'élève de son maître pour rien, lui ! Ce gamin est jeune, beau, riche, bref il aurait tout pour être heureux, et maintenant par ma faute il est amnésique et peut-être en danger de mort. Ce n'est pas comme s'il était sans protection, puisque Sorrento veille sur lui. Je commence à l'apprécier, celui-là, qui l'eût cru ? Mais c'était mon rôle de protéger Julian Solo, pas le sien ... Enfin, quoi qu'il en soit, je suis consigné ici, à attendre le bon vouloir d'Athéna, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne prend pas ses décisions sur un coup de tête. A ce rythme, le temps qu'elle rende une sentence à mon sujet, je serai mort de vieillesse ! Je ne me plains pas, ma situation pourrait être plus désagréable. J'aimerais juste que les choses soient plus claires ...Quant à être heureux comme tu me le souhaites dans ta lettre, quel droit ai-je de l'être ?

Le regard de Kanon glissa vers la tombe de Camus, et sa gorge se serra.

- Je ne suis pas le seul à plaindre, loin de là. Un jour ou l'autre, il faudra bien que je mette de l'ordre dans ma vie, d'autant plus qu'elle risque d'être courte, non ? Je crois bien que ce jour est arrivé...

Il se redressa de toute sa hauteur.

- Je suis certain que nous nous reverrons un jour, mon cher frère, et je crois même qu'il n'est pas si lointain ...

Et après un dernier regard à la tombe de Saga, Kanon s'éloigna.

Il ne prit pas le chemin habituel pour rentrer. Ce qu'il projetait de faire, c'était ni plus ni moins se jeter dans la gueule du lion, et il n'y avait pas réfléchi auparavant. C'était seulement lorsque Mu lui avait refusé une autorisation de sortie que l'idée lui en était venue. Mais ça n'avait aucune importance après tout. Il fallait bien commencer quelque part. Sauf que ce quelque part n'était ni le plus facile, ni le moins délicat.

Les escaliers avaient beau être interminables, il n'y rencontra personne. Non que cela l'eût dérangé. Il n'avait pas le moins du monde l'intention de se cacher. Ce ne fut que passé le niveau de la maison du Lion qu'il ressentit une présence.

- Pour une surprise ... !, fit une voix joyeuse dans son dos.

Il se retourna. Aiolia, adossé dans l'ombre d'un pilier de sa maison, un livre sur les genoux, lui sourit.

- Bonjour Aiolia.

- Quel bon vent t'amène chez moi ?

- Aucun bon vent, désolé. Je ne fais que passer.

- Oh, tu vas au Palais ?

- Non. Je vais voir Milo.

Le sourire du Lion fondit dans l'instant, et il dévisagea Kanon avec un air inquiet.

- Je ... je ne crois pas que ça soit une bonne idée.

- Il faut que je le voie. Je ne compte pas passer ma vie à l'éviter, ça n'a aucun sens. Et je n'ai pas peur de lui.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, mais ...

Sa phrase resta en suspens, mais il n'était pas difficile de deviner à sa mine sombre qu'il ne trouvait pas cette idée particulièrement judicieuse.

- Ecoute, Kanon, je crois franchement que tu devrais t'abstenir d'y aller. Je ne pense pas qu'il soit disposé à te voir, et encore moins à faire la paix. Il est aussi imprévisible que du lait sur le feu, et la promesse qu'il a faite à Mu ...

- Quelle promesse ?

Aiolia se rendit compte trop tard de sa bévue, et se mordilla la lèvre inférieure d'agacement en maudissant son impulsivité.

- Celle de ne pas te toucher. Sans lui, ça fait longtemps que tes os blanchiraient au soleil. Mais tu sais comment est Milo ! Je me méfie de la valeur de sa parole.

- Tu n'as sans doute pas tort, admit Kanon. Mais j'irai quand même. Et tant pis s'il me tue, Mu fera l'économie de mon procès. Les finances du Sanctuaire ne s'en porteront que mieux !

- Ne raconte pas de bêtises. Mu, pour froid qu'il est, n'a pas envie de te voir te faire massacrer par Milo ... et moi encore moins.

Touché, Kanon ne put retenir un sourire.

- Un procès sans accusé n'aurait pas beaucoup d'allure en effet ... Merci de m'avoir accordé ton pardon, Aiolia. Ca compte beaucoup pour moi. Mais j'ai aussi besoin de celui de Milo, surtout du sien, même ! Ou au moins de savoir si je peux espérer l'avoir un jour.

Aiolia secoua la tête.

- Je ne me ferais pas trop d'illusions à ta place. Je ne veux pas prendre sa défense ... mais tu sais, ce n'est pas facile pour lui depuis la mort de Camus.

- Je sais ce qu'il peut ressentir. Enfin, je crois. J'ai perdu Saga...

- Je ne pense pas que ça soit comparable.

- Que veux-tu dire ?

Aiolia éluda la question de Kanon.

- Ce n'est pas à moi d'en parler. J'en ai déjà trop dit, je crois, et de toute manière rien ne te fera changer d'avis, n'est-ce pas ?

Les yeux calmes et l'air inébranlable de Kanon parlaient pour lui.

- Bien, capitula le Lion. C'est peut-être une mauvaise décision ... mais c'est ta décision, et je la respecte. Sache seulement que si jamais tu as besoin que j'intervienne ...

- Merci de ton aide, Aiolia. Je suis honoré que tu me considères, non pas comme un ami, mais tout du moins pas comme un ennemi.

- Non, reprit le Lion. Comme un ami, tu peux le dire... Mais Milo, même si je ne cautionne pas toujours ses actions l'est aussi.

- Je le sais. Et je ne cherche pas à prendre sa place.

- Bon courage, Kanon.

Celui-ci lui répondit d'un signe de tête et s'éloigna. Aiolia le suivit du regard, jusqu'à ce qu'il disparaisse au détour d'un rocher, puis il prit le chemin du dispensaire d'un pas pressé.

A suivre ...

Champagne ! Trois chapitres en deux semaines, vous le croyez ça ? Partie comme je suis, je finis cette fic avant la fin du siècle ( et avant le procès de Kanon , dit le petit diable qui lit ce que je tape, perché sur mon épaule - vire de là, sale bestiole ! ). Bon, j'ai pas besoin de vous dire que la prochaine scène risque d'être ... euh ... saignante, on va dire ! Allez, à la prochaine ( j'ai pas dit " la semaine prochaine", hein, quand même faut pas rêver ... ) !