Chapitre 2

Le jour suivant, ils le passèrent avec leurs amis, joyeusement, en essayant de ne pas penser au très proche départ de l'homme le plus fort du Japon. Au terme de cette journée, il rappela à ses amis qu'il partirait tôt le lendemain matin. Ils convinrent de venir lui dire au-revoir.

Kenshin passa cette nuit comme la précédente, à faire comprendre son amour à Kaoru qui le lui rendit bien. Ils s'aimèrent comme des fous, comme des désespérés, juste avant que le monde, leur monde ne s'écroule.

Mais le lendemain tant redouté arriva. Une heure avant l'aube, Kenshin commença à préparer son maigre paquetage en silence. De son coté, Kaoru s'habilla et accueillit ses amis devant le dojo. Enfin Kenshin sortit. Tout d'abord, il s'approcha d'Aoshi.

- Bon courage Aoshi.

- Vous de même.

Il se dirigea ensuite vers Misao.

- N'oublie pas que tu m'as promis de le faire sourire.

- Compte sur moi!

Il alla près de Sanosuke, Megumi et Yahiko.

- Sois un homme Sano.

- Toi aussi mon pote.

- Prend soin de Megumi chuchota-t-il

- No problème!

Il regarda Megumi qui lui donna quelques pots de pommade.

- Tiens. Prend soin de toi.

- D'accord. Merci.

- De rien.

Il baissa les yeux vers Yahiko et lui tendit une main qu'il serra fermement.

- Je compte sur toi pour veiller sur le dojo et sur Tsubame.

- Ok. Reviens vite.

Il ne répondit pas et revins vers Kaoru qui se tenait au centre.

- Kaoru…

- Kenshin, je veux une dernière chose. Je veux que tu me jure que tu te battra pour revenir, pour me ramener ce ruban.

Elle lui tendit, après l'avoir enlevé, celui qui retenait ses longs cheveux ébène.;

- Je te le jure. Je te jure que je me battrai de toutes mes forces pour revenir.

Il prit le ruban et l'attacha au fourreau de son sabre. Il dégaina ce dernier et coupa ses cheveux juste au dessus du lien qu les retenait, dont il se servit pour attacher le paquet roux. Ses courtes mèches encadraient désormais son doux visage. Il tendit le rouleau flamboyant à Kaoru.

- Pour que tu ne m'oublie pas

- Aucun risque.

Il se mit à neiger. Un flocon se posa sur la joue de la jeune fille, bientôt noyé dans une larme. Son aimé essuya la goutte d'eau du bout du pouce, puis embrassa sa joue, puis ses lèvres en la serrant de toutes ses forces, sous l'œil surpris de leurs amis qui n'étaient pas au courant de l'évolution récente de leur relation.

L'aube pointait à l'horizon, et seule Kaoru put voir le visage mouillé de larmes de Kenshin, bien que les siennes lui brouillent la vue.

Enfin, Kenshin recula, fit demi-tour et partit sans se retourner, disparaissant rapidement à leurs yeux. Lorsqu'il rejoint Saito, son visage était sec et son regard décidé.

- Allons-y.

De son côté, Kaoru demanda à ses amis d'entrer et parti préparer le petit-déjeuner, comme si rien ne s'était passé.

La journée se déroula normalement, pas triste, pas joyeuse non-plus. Lorsque la nuit tomba, elle revêtit le haut de sa tenue de Kendo et l'attacha avec un mince lien de tissus. Elle sortit dans le jardin, devant sa chambre, et, sous l'œil ahuri de Sanosuke et de Megumi(Misao et Aoshi étant retourné à l'hôtel faire on ne sait quoi), sauta en un bond sur le sommet du toi, et se mit à danser. Non pas une danse traditionnelle, ou religieuse, mais une danse pleine d'émotion, qu'on pourrait comparer à de la danse classique, et même à du patinage artistique, tant elle semblait glisser et voler. Elle dansait. Ses trois amis étaient figés. Elle dansait. Ses amis avaient peur. Elle dansait et toute sa tristesse s'exprimait dans cette danse.

A chaque bond, ses amis sursautaient, craignant qu'elle chute dans le vide et se rompe le cou. Mais elle atterrissait légèrement, le pied sûr, et repartait dans des tourbillons et glissements plus fous encore. Elle dansait. Ses amis priaient pour qu'elle redescende. Elle pleurait.

Enfin, elle redescendit, en un envol gracieux. Dans la pénombre de la nouvelle lune, éclairée par quelques lointaines étoiles, seule Megumi put apercevoir son sourire. Elle alla sans un mot vers sa chambre et s'y enferma, puis se jeta sur son futon et s'endormit immédiatement.

- Euh…

- Que…

- Rassurez-vous les garçons. Elle va bien.

- Comment le sais-tu?

- Tu l'as bien vue!!! Elle est folle!!!

-  Non. Quand elle est redescendue, elle souriait. Elle pleurait aussi. Je suppose que c'est sa manière à elle d'évacuer sa douleur et sa tristesse.

- Mais elle aurait pu se tuer!!

- Aucun de nous ne la connaît depuis plus d'un an. Elle doit avoir eu l'habitude de faire ça quand elle était seule. Mais comme on l'a tous connue après Kenshin, elle devait avoir perdu cette habitude.

- Moui

- Tu as raison

- Bon, je rentre

- Je te raccompagne.

- Bonne nuit vous deux.

Le lendemain, ils ne lui posèrent pas de question, ni les jours suivants. Misao et Aoshi ne furent pas mis au courant, et ils partirent à la fin de la semaine.