Hey les gens ! :D Merci de suivre ma fic et de la lire, c'est super !
Voilà-voilà. Alors j'ai dit que je posterais mardi soir et nous voici dans la nuit de mercredi à jeudi. J'ai été ... occupée, on va dire. Du coup ce chapitre a mis un peu plus de temps à être publié. Mais comme de toute façon je voudrais atteindre un rythme d'un chapitre/semaine, c'est pas très grave. En espérant que ce chapitre vous plaise !
Lamariedange : merci pour ta review déjà ! Alors concernant la relation EricxOC, je vais essayer de faire quelque chose de pas trop rapide. Tout en en faisant un truc assez présent. Enfin en gros il vont pas coucher ensemble au bout de cinq chapitres (mais un lemon arrivera bien assez vite ahah), mais ... voilà.
Princessedusahara : j'essaye de pimenter le truc, parce qu'une relation plate en mode "oh je suis content de te revoir *calin-câlin*bisous-bisous*" ça serait pas aussi intéressant :p Y a encore beaucoup à creuser en-dessous ne t'inquiète pas ^^
PetiteBulle : merci ! Hâte de vois si la suite te plaira !
Tout le monde était déjà entrain de se changer, quand j'entrais dans les dortoirs. Je vis Catherine me faire signe depuis le fond, la salle de douches. Je la rejoignis, elle avait mis l'un des hauts noirs qu'on avait, avec des manches courtes et était en petite culotte. Même les sous-vêtements étaient noirs. Je posais mes affaires sur l'un des lavabos et commençais à descendre la fermeture éclair de ma robe avant de tendre les doigts jusqu'au bouton dans ma nuque. Au moment où je le détachais et où ma robe tomba, je me rappelais que je n'avais pas mis de soutien-gorge. Et merde. Je passai rapidement ma main sur le haut de ma robe pour la retenir sur ma poitrine. Ma respiration s'accéléra et je me précipitai vers Catherine, qui enfilait son pantalon en sautillant :
- « Je crois que c'est, un peu, » elle haleta, « trop, serré, » elle sauta une dernière fois dans son pantalon, « pour moi. » Elle avait réussi à rentrer dedans, et soupira fortement. Une fois son bouton fermé, elle releva la tête en baissant son haut et ouvrit grand la bouche.
- « Je vais avoir besoin de ton aide, » dis-je rapidement et assez bas, avant de déglutir. Elle avait juste à baisser légèrement la tête pour se retrouver nez-à-nez avec ma poitrine.
- « Effec..tivement, » elle phasait dessus. Comme si c'était la première fois qu'elle en voyait une.
- « Catherine ? » Elle releva à nouveau la tête. « Tu t'es prise pour une Pète-Sec ? » Elle secoua la tête négativement. « Tu peux aller me chercher un soutien-gorge dans ma pochette ? Sur le lavabo ? » Elle partit automatiquement me le chercher et me le donna quelques secondes plus tard. « Merci. » De manière assez acrobatique je passais les bretelles tout en tenant ma robe et attacha le soutien-gorge par-dessus avant de définitivement laisser ma robe tomber au sol. Je la ramassai et parti chercher d'autres vêtements sur le lavabo.
- « Ta robe ne leur rendait vraiment pas justice, tu sais ? » elle était encore sur ça. Visiblement elle ne s'y attendait pas. Je n'avais pas une si grosse poitrine que ça. Elle était plutôt normale.
- « Hum, et ? » répondis-je. Mon corps n'était vraiment pas le sujet dont je souhaitais parler. Catherine devait avoir compris car elle ne répondit pas.
Le pantalon que l'Audacieuse, Tori, m'avait donné n'était pas si grand que ça. Je m'étais attendue à pire. Je faisais un ourlet à ma taille pour qu'il tienne mieux. Le haut lui était assez large pour cacher l'ourlet. Je pris mes affaires restantes et les mirent dans un des casiers, avec les affaires de Catherine avant de passer près de l'entrée prendre une des vestes pendues sur le mur à côté de la sortie. La plupart des novices étaient déjà partis. On récupéra ensuite nos anciens vêtements et retourna au stock de vêtements les jeter au feu. Dans les couloir je retirais discrètement ma montre avant de la mettre dans ma poche. Hors de question de la jeter.
Une fois dans la cafétéria avec Catherine, on s'assit avec un groupe d'initiés transferts qu'on avait vus dans le train, principalement d'anciens Sincères, j'aperçus une fille de mon ancienne classe à cette table :
- « Plutôt impressionnant cette première journée, non Olivia ? » me dit-elle.
- « C'est vrai que ça change. C'est Livia maintenant. » Elle hocha la tête. Sophie n'avait jamais été une lumière, et elle n'était pas bonne en sport. Je doutais qu'elle réussisse l'initiation.
- « T'as vu, Victor aussi est là. Ça va entre vous deux ? » Elle nous avait vus plusieurs fois ensemble, mais tout le monde savait que ça avait été plus ou moins … explosif, entre nous. Et n'importe qui aurait compris que c'était un sujet … à éviter. Mais pas elle.
- « Oui je l'ai vu. Je ne lui pas encore parlé. » Je marquais une pause. « Et à vrai dire je ne compte pas le faire. » Je me tournais vers Catherine, qui me regardait intensément, elle tourna la tête vers une table où se tenait le « connard » dont elle m'avait parlé et Victor, ainsi que toute leur petite bande, elle me regarda de nouveau, je hochais la tête, elle avait compris. Pat arriva et s'assit en face de Catherine et moi.
- « Bon, alors, je connais déjà la cinglée de service et Catherine, mais sinon, vous êtes qui ? » demanda-t-il. Je remarquais encore plus, alors qu'il était assit, à quel point sa carrure contrastait avec sa morphologie mince. On aurait dit qu'il était concave.
- « La cinglée de service ? » demandais-je vivement, un rire dans la gorge, en lui lançant mon plus noir regard et en pinçant les lèvres.
- « Bah, en même temps, c'était la cinglée ou la suicidaire pour toi, » répliqua-t-il. Je fronçais les sourcils en incompréhension. « Entre ton saut du haut du toit, ta balade pieds nus et ta presque chute au Gouffre … » Il commença à rigoler, bientôt suivi par le reste de la table.
- « Attends, comment ça pieds nus ? » demanda une autre ancienne Sincère, si je ne me trompais pas, une fille au sourire taquin, avec de magnifiques cheveux roux qui formaient une crinière volumineuse autour de son visage. Elle était presque aussi pâle que moi.
- « Bein elle a fait toute la visite de la Faction-» je le coupais pour raconter toute l'histoire.
- « J'avais des escarpins en fait, ce matin. Et en escaladant la structure métallique pour prendre le train, à la sortie de la cérémonie, l'un d'eux s'est coincé entre deux poutrelles. Et du coup j'ai jeté l'autre. » Je me tournai alors vers Catherine, « et c'est comme ça que je l'ai rencontrée, en lui balançant ma chaussure à la gueule, » dis-je en la montrant de la main, elle ria doucement, suivie par le reste de la table. Je repris un peu de mon sérieux avant de continuer. « Et du coup j'ai du faire tout le reste du chemin et de la visite pieds nus, jusqu'à ce qu'on nous donne des chaussures. Genre du saut du train aux sols escarpés en passant par la grille du Gouffre que j'ai pu voir de très près et le filet. C'était … expérimental, » conclus-je. Je souris à Pat en espérant qu'il me pardonne le fait de lui avoir coupé la parole. Je n'étais plus censée être une Je-Sais-Tout.
- « T'as pas mal d'humour pour Érudite, on va s'entendre ! » s'exclama la rousse. « Au fait, je m'appelle Steph et voici Rob, » dit-elle en montrant le transfert qui était à côté d'elle, brun et plutôt mignon. Je me réprimais intérieurement à cette pensée. « Et … Geoffrey, c'est ça ? »
- « Jo', maintenant. » le corrigea le dernier, un ancien Érudit lui aussi, il avait été dans ma classe il y a quelques années. « C'est fou ce que t'as changé O- … Livia ! » Je lui souris.
Bien vite, la discussion cessa, après que chacun ait pu raconter sa petite anecdote sur son arrivée ici, remplacée par le bruit des couverts et des mastications de chacun. J'engloutissais moi-même une bonne partie de mon hamburger.
- « Apparemment c'est le repas qu'ils servent à chaque fois que les initiés arrivent ! » s'exclama Pat.
- « Et comment tu sais ça ?! » lui demanda vivement Steph.
- « Bah, c'est la cuisinière qui m'a servie qui me l'a dit ! » Je ne pu me retenir de glousser devant l'échange.
Une fois dans le dortoir, les discussions continuèrent. On s'était tous mis dans la même partie du dortoir, près de la porte, dans le coin gauche. Je relevais la tête, me sentant observée, et je croisais le regard glacé et insistant de Victor. Comme s'il essayait de faire un trou au milieu de ma tête. Il était à l'opposé du dortoir, et ça me convenait parfaitement. On décida de se coucher, car la journée de demain arriverait bien assez vite, et nous devions nous reposer. J'ai eu du mal à dormir, sur ce matelas à la fois trop fin et trop dur. J'étais habituée à un certain confort. Alors que j'étais assurée de poursuivre une vie plaisante et confortable en restant chez les Érudits, j'avais préféré la jouer en venant ici. Finir chez les Sans-Factions était un risque. Un énorme risque. Et j'espérais ne pas m'être trompée en le prenant. La fatigue prit le pas sur mes réflexions et je m'endormis vite.
On fut réveillés par un bruit métallique, juste à côté de nous, j'ouvris difficilement les yeux pour voir Quatre se tenir devant la sortie, un barre grise dans la main. La lumière me brûlait les yeux. Vite cachée par un rideau de cheveux roux, Steph, qui dormait au-dessus de moi, commençait à descendre, et je vis Sophie faire de même, assez gauchement, du lit superposé voisin. Je glissais mes pieds hors du lit, et me relevais en prenant appui sur mes mains. J'étais encore faible malgré le repas gargantuesque de la veille. Mais autant faire passer ça pour une fatigue matinale pour le moment.
J'enfilais ma paire de rangers, par-dessus un leggings de sport, un haut du même acabit et ma veste d'initiée. Avant d'aller manger je demandais où je pouvais trouver des cigarettes, et me dépêchais, histoire de profiter du répit du petit-déjeuner avant l'entraînement.
Steph se servit une montagne de pancakes, noyés sous une cascade de sirop d'érable. Il y avait aussi des toast avec différents types de pâtes à tartiner et confitures. J'optais pour ces derniers, et après trois, je calais.
- « Eh, l'Érudite, va falloir manger plus que ça si tu veux te remplumer ! » C'était un natif Audacieux qui passait par là qui me dit ça. Je ne relevais pas, mais me resservis un dernier toast malgré tout, que j'avalais difficilement.
Catherine dansait sur le chemin vers la salle d'entraînement, et Steph faisait la folle, essayant d'entraîner Sophie dans leur manège. Les garçons rigolèrent. Comment ne pas être excité ?
- « Eh beh tu fais une de ces têtes, tu dois pas être du matin ! » Me lança Rob.
- « Nan, ça va, j'ai juste mal dormi. »
- « Initiés, un peu de calme ! » s'éleva une voix puissante derrière nous, c'était Quatre. Il était vraiment jeune. Il a probablement dû faire son initiation avec Eric. Il ouvrit une grande porte devant nous. « On va travailler votre lancé de couteaux, mais d'abord je veux tous vous voir faire 5 tours de salle au pas de course ! » Voyant les initiés râler, il se racla la gorge. « Tout de suite ! » Plusieurs personnes allèrent poser leurs vestes dans un coin de la salle, et je vis notre instructeur sortir quelques feuilles d'une pochette cartonnée, alors que je commençais à trotter.
Je commençais à m'essouffler vers la fin du troisième tour, quand je vis Steph me dépasser, et me faire une grimace en tournant sa tête vers moi. Je la rattrapais en quelques enjambées, et nous finîmes les tours ensemble, accélérant de plus en plus sur la fin. J'étais sacrément essoufflée, au point d'en tousser. Je vis Sophie partir vers des toilettes une main sur la bouche et l'autre sur son ventre secoué de spasmes.
On jouait aux fléchettes, parfois, avec Eric, quand il était encore chez les Érudits, il avait réussi à dénicher une cible et des fléchettes. Je n'avais jamais été vraiment douée, mais au moins je savais à peu près viser. À peu près. Les lames étaient beaucoup plus lourdes que les petites fléchettes. Quatre en lança trois dans la cible à forme humaine. Elle touchèrent toutes le coeur. J'observais sa position avec attention, elle était semblable à celle qu'Eric avait lorsqu'il lançait ses fléchettes, bien que beaucoup plus précise. J'essayais de faire pareil, attendis que quelques autres lancent quelques couteaux. Très peu réussirent à toucher la cible.
Je levais mon bras en plaçant l'autre de manière à m'aider à viser, et la lame se ficha dans l'épaule gauche de la cible. Au moins, elle était dans la cible. Réitérant l'opération, la deuxième tapa contre la planche de contre-plaqué avant de retomber. Tant pis. La troisième atteint le flan droit de la cible. Le « connard », Art, comme je l'appris plus tard, lançait extrêmement bien, deux de ses lames était arrivées au milieu de la tête de la cible, la troisième était tombée à terre.
J'allais récupérer mes lames quand Eric entra. J'avais tout sauf envie de le voir. Et en même temps … j'aurais pu rester des heures à imaginer tout ce que j'avais à lui dire. En retournant à ma place pour lancer, j'étais tellement distraite que la lame atteint le contre-plaqué bien 30 centimètres au-dessus de la cible. Mais j'avais lancé si fort qu'elle se planta quand même.
Eric alla s'adosser au mur derrière nous, à certains moments je sentais son regard glacé dans mon dos, j'avais alors d'énormes frissons. Je continuais de lancer mes lames jusqu'à en avoir mal au bras droit. J'y mettais trop de force, ma position ne devait vraiment pas être adaptée. Quasiment tous mes couteaux suivants touchèrent la cible, un seul était tombé à terre et deux autres s'étaient fichés à côté de la cible, mais toujours dans la couche de plastique où était dessinée la cible.
Quatre passa à côté de moi :
- « Ta position n'est pas bonne, tu fléchis trop les jambes, et tes bras ne sont pas assez souples. » Il souleva légèrement mes hanches en plaçant deux mains sur mon dos, presque mécaniquement. Son contact était froid et brutal. Ensuite, il corrigea la position de mes épaules et fit bouger mes bras, essayant de leur donner la souplesse nécessaire, tout en leur laissant une certaine rigidité. « Vas-y, lance. » Je m'exécutais, et cette fois-ci, la lame trouva la tête de la cible sans problème, le lancé avait été beaucoup plus facile.
- « Effectivement. Merci, » le remerciais-je. Il passa à Steph sans un mot. On aurait dit qu'elle bondissait à chacun de ses lancés.
Puis d'un coup, tout le monde s'arrêta de lancer. Je me redressais, quelqu'un avait lancé son couteau juste au-dessus de la tête de Sophie, qui était partie récupérer ses couteaux. C'était Art, un sourire goguenard sur les lèvres qui l'avait lancé, il ne cherchait même pas à s'en cacher. Sophie était figée sur place, Victor et un autre transfert Érudit, John, ricanaient.
- « Initié, tu m'expliques ce que tu fous ?! » explosa Eric. « Il est interdit d'attaquer un autre membre de la faction. »
- « Ça va, je l'ai pas touchée. Et puis je savais ce que je faisais, elle avait besoin de voir ce que c'était que de vraiment lancer un couteau ! » s'exclama Art. Je m'avançais pour prendre Sophie par le bras et la ramener vers les autres initiés.
- « Eh bien on va voir si tu lances toujours aussi bien quand tu vises tes camarades. Victor et John, c'est ça ? » demanda-t-il en regardant les deux autres, qui avaient arrêté de ricaner, la peur suintant de tous leurs pores. « Allé, mettez-vous devant votre cible. Et je ne veux pas vous voir bouger. Art, tu auras trois lancés sur chacun d'eux. Vise le plus proche d'eux possible, mais essaye de pas trop les amocher. Si je vois que tu fais exprès de viser trop loin, tu les remplaceras, et je ne pense pas qu'ils visent aussi bien que toi. » Je sentis des frissons me parcourir. J'avais du mal à relier le leader Audacieux qui venait de parler si froidement avec Eric.
Il n'avait jamais été le « mec sympa », il avait plutôt été du genre à envoyer chier la plupart des gens. Mais après tout c'était un comportement logique pour lui dans sa position. Encore fallait-il que j'accepte cette vérité.
Ce fut en premier le tour de Victor, il transpirait mais ne cilla pas lorsque la première lame arriva bien au-dessus de sa tête.
- « Je pense que tu peux mieux faire que ça, Art. Non ? » argua Eric. Quatre regardait la scène en retrait.
La lame suivante s'accrocha dans la veste de Victor, au-dessus de son épaule, mais sans le blesser. La dernière se ficha à côté de l'un de ses genoux. Art se décala pour se placer devant la cible de John. Il était plus petit que Victor, et plus gras. Il dépassait les bords de la silhouette de cible de quelques centimètres. La première lame frôla son oreille, mais dévia légèrement sur la gauche lorsque le manche toucha son visage. Il se mit à trembler. La deuxième lame longea son bras gauche. Art souffla fortement, il ne lui restait qu'une seule lame à lancer, et je priais pour qu'elle amoche John. Il n'avait jamais été qu'un con de la première espèce. Art repris sa position et se prépara à lancer, la lame siffla, et se planta à moitié au-dessus du poignet de John, qui poussa un cri ressemblant en tout point à celui d'un cochon. Ça c'était fait. Art repris une position normale, Victor pesta et John continuait à trembler tout en tenant son poignet. J'entendis Eric ricaner légèrement. J'avais envie de faire pareil mais me retins.
- « Emmenez-le à l'infirmerie. » Se tournant vers nous, Quatre nous annonça d'aller déjeuner. « Vous avez une heure, » il marqua une pause. « Que cela vous serve de leçon. Ce genre de comportement n'est pas toléré ici. »
Je sortis assez vite de la salle d'entrainement, en me retournant je vis que notre instructeur était resté dans la salle discuter avec Éric. En reprenant mon chemin je croisais le regard de Victor, brûlant et haineux, puis il tourna la tête vers Sophie, juste devant moi, et un rictus se forma sur son visage. Il avait choisi sa cible. Je pouvais être sûr que même si Art était un connard, c'était bien Victor qui lui avait dit de lancer ce couteau.
À table, chacun y allait de son petit commentaire sur notre première session d'entraînement, puis une fille que j'avais vue dans le train des initiés, portant alors les couleurs des Fraternels, s'assit à notre table. Dans le train elle était avec un garçon qui portait les mêmes couleurs qu'elle, mais je ne l'avais pas revu depuis. Il n'avait pas dû survivre au saut, ou ne pas avoir sauté du tout.
- « Salut, » dit-elle d'une voix calme. « Je m'appelle Judith. » Elle fixa son regard vers Sophie, « Tu as eu de la chance tout à l'heure … s'il t'avait touchée … » continua-t-elle doucement. Sophie lui souri. « Vous voyez cette fille ? » Elle pointa Lisa du bout de son nez, assise à une autre table avec d'autres initiés transferts à qui je n'avais pas encore parlé. « Elle est insupportable. Elle parle tout le temps. Et pas pour dire des trucs intéressants. Vous la connaissez ? » Catherine baissa la tête en hochant un semblant de oui tout en ayant sa main levée. Pat acquiesça en gloussant et tous se mirent à rigoler.
- « Apparemment on fera du tir cet après-midi ! » lança Pat.
- « Et tu le sais par … la cantinière ? » lui demanda Steph en gloussant.
- « Non. J'ai regardé sur le planning de Quatre pendant que je courrais, » lui répondit-il le plus simplement du monde.
- « Je crois qu'on a trouvé notre nouvelle commère ! » m'exclamais-je en rigolant.
Une fois notre déjeuner avalé, je pris deux galettes de riz et les rangèrent dans une poche de ma veste. Je n'avais pas mangé grand chose par rapport aux autres, même si la portion que je m'étais servie était inhabituellement grande par rapport à ce que je mangeais avant. J'avais l'impression d'avoir une pierre dans le ventre.
Dans la salle d'entraînement nous attendaient des pistolets chargés à blanc. Steph, Pat et Rob s'amusèrent à se viser mutuellement avec et à se pourchasser dans la salle. De vrais gosses. Pat visa soudainement Sophie, appuyée au mur à ma gauche, qui sursauta, et il éclata de rire. Elle le rejoignit bientôt imitée par les autres, les joues rouges comme deux tomates. J'avançais vers eux quand Quatre, qui venait d'entrer se racla la gorge. Le pistolet toujours levé devant lui comme une épée, Pat se retourna vers lui et laissa tomber brusquement son bras devant le regard peu amusé de notre instructeur.
- « Ce sont de vrais armes, initiés. Elles ne sont chargée qu'avec de fausses balles mais peuvent tout de même bien vous blesser. Je vous déconseille de vous en servir comme d'un jouet. » Il se retourna vers le reste des initiés, « Bien, travail identique à celui de ce matin, mais avec des pistolets cette fois. Tout le monde devant une cible, commencez. Quand vous aurez vidé votre chargeur, vous prendrez des balles réelles.»
Je me plaçais entre Sophie et Rob, et attendis encore une fois que quelques uns tirent, avant d'adopter une position similaire à celle de ce matin, tenant mon arme à deux mains, tout en me redressant afin de mieux viser. Le recul de l'arme me surpris et j'hoquetais. J'avais oublié ce détail. J'entendis le ricanement de Victor, mais je l'ignorais. Je repris ma position, et tirais à nouveau. Cette fois-ci je touchais la cible … au niveau du bras, avant que le plastique jaune ne retombe au sol. Sophie réussissait mieux qu'au lancé de couteau et Rob se débrouillait pas trop mal. Je persévérais à tirer encore et encore, sans pour autant réussir à toucher la cible aux points stratégiques.
Quatre nous congédia, mes bras me donnaient l'impression de deux barres de fer, ils ne m'avaient jamais fait aussi mal de toute ma vie. Visiblement je n'étais pas la seule, Steph se faisait masser les épaules par Pat lorsque nous quittions la salle. Je sortis une galette de riz de ma veste et commençais à la grignoter.
- « Eh faut partager ! » s'exclama Steph, se dégageant des mains de Pat en prenant un morceau de ma galette. Très vite tout le monde en prit un peu.
Arrivés aux dortoirs, je me séparais du groupe. J'aurais aimé aller dehors … sentir le vent dans mes cheveux, voir la ville et ses lumières s'agiter au loin. Et être seule. Je montais chaque escalier que je voyais, sans savoir où je me rendais, jusqu'à atteindre une tour de verre. Je pouvais voir le ciel au travers des carreaux, c'était le début du crépuscule. Montant les dernières marches je sentais la lumière irradier de toutes les directions, je passais une porte en verre et me retrouvais sur un toit couvert de graviers, comme celui sur lequel on avait atterri hier. Hier … ça semblait déjà loin. Je m'avançais vers le bord, on était tellement haut. Bercée par le vent j'avais l'impression de flotter. Je m'assis en tailleurs contre le rebord, et fouillais dans mes poches. J'en sortis ma montre, en la voyant, il n'y avait aucun doute qu'elle n'était du style des Audacieux, que c'était un objet d'Érudit. Le cadran était rond et simple, le bracelet était plat, large et fin, et il semblait tissé d'or. Il l'était probablement. Il me l'avait offerte pour mon anniversaire. Je caressais le bracelet en le fermant autour de mon poignet.
Je me cambrais, en prenant appui sur mes bras tendus, offrant mon corps au vent, les nuages se parèrent de lueurs orangées, mordorées et roses par endroits. Je m'allumais une cigarette, laissant la fumée embrasser ma gorge puis mes poumons, ses volutes semblaient danser dans le vide, entraînées par le vent. Sans m'en rendre compte je commençais à chanter, les notes semblaient accompagner le vent, le son de ma voix m'enveloppait. Je n'avais pas chanté depuis longtemps.
Je restais ainsi quelques minutes, ou plus d'une heure. Le temps ne semblait plus s'écouler. La lumière du jour disparaissait, laissant place aux lueurs lointaines de la ville. Je crus entendre un bruit derrière moi, mais en me retournant je ne vis personne. Je décidais de rentrer.
Voilàààà. Oui, ce chapitre a une fin plate. Oui, y a quasiment pas eu d'EricxOC dans ce chapitre. Maaaais, j'espère avoir pu apporter 2-3 petites informations que vous ayez pu vous mettre sous la dent !
Honnêtement j'ai envie de publier la suite dès demain, mais si je balance des chapitres aussi facilement, j'aurais bientôt plus grand chose "d'avance". Donc, rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain chapitre !
Et encore merci à celles (et ceux ?) qui review, follow et même favorisent ma fic ! Vous êtes au top ! :D
