La Grande Salle est magnifique, mais je n'ai pas le cœur à l'admirer.

On commence à dîner. J'ai le ventre noué. Je picore plus qu'autre chose. Je sens des regards braqués sur moi. J'essaie de repérer Ugo de là où je suis, mais c'est un peu compliqué, sa la table étant à l'opposé de la mienne. Mas je ne me fait pas trop de souci pour lui. Alessandro m'inquiète plus. Je l'aperçois entre deux têtes. Il a l'air de boire les paroles de l'étudiant à côté de lui, celui qui lui avait fait signe. A la table en face de la mienne, Elisa se ronge les ongles, signe d'une extrême nervosité.

Dans tous les cas, il y a une meilleure ambiance là où ils sont que là où je suis. Pansy ne parle plus depuis que son "copain" blond l'a sèchement remballée. Ça a jeté un froid. J'ai pas faim. La nourriture anglaise, c'est pas ce que je préfère.

Le repas touche à sa fin. Le blond et Pansy guident les premières années jusqu'à la salle commune. Blaise me rejoint. Pendant qu'on marche avec les autres Serpentards, il m'explique comment fonctionne cette maison. J'ai retenu 9 choses :

- Le blond, Drago, son meilleur ami, est le chef

- Tous les autres nous détestent

- Ne jamais contredire Drago

- Toujours faire honneur à la réputation des Serpentards

- Toujours faire ce que Drago demande

- Ne jamais adresser la parole aux autres maisons sauf pour les insulter

- Toujours faire sentir à Drago qu'il est le meilleur

- Ne jamais adresser la parole à Drago sauf s'il vient nous voir

- Toujours écouter Drago quand il parle

Je regarde Blaise, incrédule.

"Sérieusement ?!

-.."

Il hausse les épaule comme pour dire "j'y peux rien". Je soupire. Nous arrivons dans ce qui semble être les cachots de l'école. Sympa.

"Ce sont des règles tacites. On est deux à s'en foutre royalement.

- Toi et … ?

- Et Théo. Le grand brun là, m'indique-t-il d'un geste de la main. Son vrai prénom c'est Théodore, mais chut ! il déteste qu'on l'appelle comme ça.

- Et bien on sera trois.

- Mia ..."

Je ne lui répondit pas. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour qu'un pseudo dictateur m'impose sa loi.

Je passe avec les autres la porte qui masque la Salle Commune des Serpentards. C'est une longue pièce souterraine aux murs et au plafond en pierre, illuminée par de la lumière verte. Elle est aussi éclairée par des lampes rondes et verdâtres suspendues à des chaînes. Elle a également une cheminée et quelques fauteuils en cuir noir. Elle est décorée avec des crânes et autres objets semblables, ce qui, vous en conviendrez, ne lui donne pas une atmosphère très chaleureuse.

A peine rentrés tous les élèves s'éparpillent vers leurs dortoirs. Avant que j'ai pu faire un seule geste un voix retenti derrière moi :

" Eh l'italienne ! "

Je me retourne. Drago évidemment. Qui d'autre. Assis dans un fauteuil entouré de Pansy, Milicent, Blaise et de deux gorilles. La seule image qui me vient à l'esprit à ce moment là est un roi entouré de sa Cour. Théodore est un peu plus loin mais suit attentivement ce qui se déroule sous ses yeux.

"Oui ?

- Viens là", m'ordonne-t-il.

Je pince les lèvres mais me dirige malgré tout vers lui. Autant en finir maintenant. Il me jauge de son regard métallique. J'ai l'impression d'être dans un tribunal. Mal-à-l'aise, je rejette mes lourds cheveux brun en arrière.

"Tes origines ?

- Italiennes, je lui répond en sachant pertinemment qu'il ne parle pas de ces origines là.

- Tu sais très bien ce que je veux dire, rétorque-t-il, glacial.

- Je ne pense pas que ça te regarde.

- Je me fiche de ce que tu pense. Seuls les Sangs-Purs sont dignes d'étudier à Serpentard. Mais vu que tu refuses de répondre, tu ne dois pas l'être. Tu n'as donc rien a faire ici. Retourne dans ton pays."

Choquée. Je suis juste choquée. Et je commence à être réellement en colère. De quel droit se permettait-il de dire ça ?! Je pensais qu'après être partie d'Italie, je n'entendrais plus jamais parler de cette idéologie de supériorité du Sang.

"Drago ! Fous lui la paix."

C'est Blaise qui intervient. Mais je suis à mille lieues de la conversation. Je commençais mon année de la pire des façons possible.

"C'est pas en l'agressant comme ça que tu auras des réponses. Je t'ai connu plus subtil.

- En plus je comprends rien à ce qu'elle dit avec son accent merdique.

- Drago ! Dois-je te rappeler d'où vient "Zabini" ?"

Je n'entends pas la fin de leur conversation. J'ai déjà fait demi-tour et suis sortie de la Salle Commune. Toutes mes belles certitudes sur une vie meilleure ici, en Angleterre, commencent à s'effondrer lentement. Je pensais que les anglais étaient un peuple au sang froid, calme et ouverts aux étrangers, contrairement à nous autres, les italiens, peuple à sang chaud très expansif : nous pour parlons fort, nous exprimons beaucoup avec les mains, et nous emportons souvent.

J'entends des pas derrière moi. Je devine que c'est Blaise qui me rattrape.

"Vieni" , me dit-il doucement.

Je ne l'écoute pas et je continue ma route.

"Je ne comprend pas pourquoi tu n'as pas dit à Drago qui tu étais. Les d'Angelo sont pourtant une famille très influente en Italie, poursuit-il

- Tais toi ! sifflais-je entre mes dents serrées en faisant brutalement volte-face.

- J'essaie juste de comprendre pourquoi tu as préféré te mettre tous les Serpentards à dos plutôt que de répondre à sa question. Il t'aurai laissée tranquille après, se défend Blaise, surpris par ma réaction.

- Plus un mot sur tout ça ici !

- Personne ne comprend ce qu'on dit, tu sais. Écoute, me dit-il en me prenant par les épaules, tous les Serpentards vont te mener la vie dure maintenant. Je suis actuellement ton seul soutien ici. C'est pas pace que c'est mon meilleur ami que je cautionne tout ce qu'il fait.

- Toi écoute moi ! Je suis en Angleterre pour une bonne raison. Je ne parle pas de ma famille pour cette même raison. Et je suis à Serpentard pour aussi pour cette raison. Tout est lié, c'est la seule chose que je peux te dire. Peut être qu'un jour tu auras les détails.

- Quand ?

- Quand je te ferai suffisamment confiance pour mettre ces informations entre tes mains. Où quand je ne pourrais plus continuer.

- Plus continuer à faire quoi ?

- Basta ! m'exclamais-je. Le sujet est clos."

Je vois bien que Blaise n'a aucune envie de clore le sujet mais je ne lui laisse pas le choix. Je retourne vers notre Salle Commune en le laissant sur place.

"Attend ! Lance-t-il. A ta place, je ne rentrerai pas toute seule dans la Salle Commune.

- Et tu te proposes pour faire le garde du corps ? je lui demande, sceptique.

- C'est un peu ça l'idée, oui."

Effectivement, il me raccompagne jusqu'à la Salle Commune. Il me lance un discret "Buona notte", puis s'éclipse dans le dortoir des garçons. Je me rend dans le mien. Fort heureusement, il est vide. Je barricade mon lit avec des dizaines de sorts de protection. Je préfère éviter toute surprise désagréable demain matin. Je me met en pyjama et me glisse dans mes draps. Mes dernières pensées sont pour Ugo, Elisa et Alessandro. J'espère que leur rentrée s'est mieux passée que la mienne.


Je pense que cette fic ne durera qu'une dizaine de chapitres (je suis toujours à même de changer d'avis hein ^^) et ceci pour une raison : je me lasse très vite des choses. Je sais, c'est pas cool. Je commence toujours mes fic' ou OS grâce à une scène forte que j'ai rêvée (en général) et après je tisse autour... et je fini par immanquablement me lasser.

J'attend vos avis/critiques/remarques/suggestions/corrections (rayez les mentions inutiles) avec impatience.

Mia