Bonsoir tout le monde !
Et oui, me voilà déjà avec un nouveau chapitre ! Après le dernier assez mouvementé, je m'en voulais de vous faire languir aussi longtemps alors que je l'avais enfin corrigé.
Bientôt l'apparition d'un nouveau personnage, dont l'arrivée est annoncée ci-dessous, j'espère que ce sera à la hauteur de vos attentes et que vous pourrez entrer réellement dans l'histoire, qui ne fait, en fait, que commencer.
Alors bonne lecture à vous mes loulous !
Rinoa.
Souvenirs
Un gémissement résonna dans la chambre aux murs d'un blanc immaculé. Lentement, des doigts bougèrent, de quelques millimètres, difficilement, douloureusement. Le bruit strident des électrocardiogrammes résonnèrent à ses oreilles alors qu'elle émergeait lentement des limbes du sommeil. Un son incompréhensible tenta de s'échapper de sa gorge, sans réel succès. La porte s'ouvrit sur un médecin alors qu'elle cessait tout mouvement, déjà épuisée de sentir ses muscles si réticents à la moindre contraction. Tranquillement, il s'approcha du lit pour regarder les paramètres relevés un peu plus tôt et accrochés au pied du lit. Au même moment, les paupières se soulevèrent. La lumière reflétée sur les murs blancs éblouit la blessée dans un premier temps. En quelques secondes, même sans s'y être entièrement habituée, elle finit par ouvrir les yeux. Ses doigts frémirent à nouveau quand elle baissa la tête pour les observer et elle déglutit devant la croute de sang qui formait sa peau.
- Mademoiselle ? Vous êtes réveillée ?
La gorge sèche, elle posa son regard sur l'homme qui s'était approché et ouvrit la bouche, désireuse de répondre. Ce fut un son guttural qui s'échappa. Satisfait de la savoir réveillée, même si son état semblait plutôt effrayant, l'homme s'approcha et s'assit sur le matelas, posant sa main sur son front doucement, vérifiant sa température.
- Doucement. Vous vous réveillez de deux semaines de coma et vous êtes grièvement blessée.
Elle avala sa salive en grimaçant avant d'ouvrir à nouveau la bouche dans une nouvelle tentative de prononcer un mot qui soit autre chose qu'un son incompréhensible.
- Que s'est-il passé ?
L'homme soupira en remontant ses lunettes sur son nez, hésitant à lui révéler la vérité. Mais devant le regard trouble qui le suppliait, il céda.
- Nous pensions que vous n'étiez que brûlée mais vous avez développé un œdème cérébral important. Nous vous avons opérée mais il y a eu des complications, vous avez perdu beaucoup de sang.
Elle encaissa le coup, se mordillant la lèvre nerveusement. Si ses premières pensées, en revenant à elle, avaient été pour ses subordonnés qui avaient été blessés dans l'explosion, elle se rendait lentement compte que son propre état n'était pas à négliger. En se concentrant sur les sensations qui parcouraient son corps, elle remarqua bien vite qu'une tension inhabituelle régnait dans sa nuque, au niveau de ses cervicales.
- Oui, c'est là qu'il s'est développé, mais sinon quelques douleurs passagères, vous ne devriez garder aucune séquelle, la rassura l'homme.
Lentement, elle acquiesça, grimaçant alors que quelques vertiges la prenaient. Levant sa main encore couverte de sang coagulé, elle essuya son front sur lequel perlaient quelques gouttes de sueur. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle réalisa que ce qu'elle avait pris pour un surplus de sang était en fait sa chair brûlée retenue sur les muscles par de larges agrafes. Le médecin sourit légèrement alors qu'elle laissait une mine dégoutée prendre place sur son visage. Lentement, reposant sa main sur le drap blanc, elle reporta son attention sur lui.
- Et mes hommes ? Shiro Kurosaki et Kaien Shiba ?
Le médecin baissa la tête et elle sentit son ventre se nouer, et son cœur exploser dans sa poitrine. Même silencieuse, il s'agissait d'une réponse. Elle serra sa mâchoire de colère, renvoyant une décharge désagréable jusqu'à ses cervicales. Sous la douleur, elle se tendit. Remarquant l'affolement des électrodes posées sur la peau de la jeune femme, le médecin posa sa main sur la sienne.
- Je suis désolé Mademoiselle. Leurs blessures étaient trop importantes, ils sont morts durant leur transfert à l'hôpital, je n'ai rien pu faire.
Elle ferma les yeux à cette nouvelle, désemparée. Lentement, une larme s'échappa de sa paupière pour couler lentement le long de sa joue, y laissant un sillon froid. Au même moment, la porte s'ouvrit sur un homme d'une trentaine d'années aux longs cheveux noirs, retenus en arrière avec élégance avec un étrange appareil d'argent.
- Byakuya, souffla-t-elle, soulagée.
Il lui sourit en s'asseyant de l'autre côté du médecin, prenant la main de la blessée dans la sienne, prenant soin de ne pas toucher l'aiguille planter au dos. Du pouce, il commença à décrire quelques cercles avec tendresse, observant son visage tendu. Aux larmes qui brillaient dans ses yeux, il comprit qu'elle avait appris pour ses subordonnés.
- Je suis désolé, Kiara.
Elle lui sourit à ces mots : ce n'était pas sa faute. C'était son supérieur qui avait mené l'assaut, lui n'avait pu que l'ordonner, mais n'était pas responsable des pertes occasionnées. C'était son rôle de Commissaire Divisionnaire. Doucement, elle rendit sa prise à son frère, contractant ses doigts légèrement.
- Je vais vous laisser avec votre frère. Une infirmière vous apportera vos médicaments avec votre repas.
Puis, se tournant vers son frère, il ajouta, d'une voix sérieuse et légèrement inquiet :
- Ménagez-la.
Et la porte se referma. Elle avait à peine entendu les derniers mots de l'homme, réalisant lentement que son lieutenant, ainsi que son amant et ami avaient quitté ce monde. Lentement, elle fit glisser sa main valide sur ses yeux. Son frère soupira en lui caressant la joue tendrement : elle s'était juré, des années plus tôt, que si elle se réveillait, elle ne pleurerait plus. Et elle avait tenu, jusqu'à ce jour-là.
- Shiro…
Le calme s'était établi dans la chambre. Kiara s'était rallongée, ses jambes encore ankylosées de leurs longues semaines d'inertie, et fixait le ciel bleu à travers sa fenêtre. Assis à ses côtés, silencieux, Byakuya la dévisageait avec attention. Seuls sa main droite et son mollet gauche avaient été sérieusement touchés par le feu. Le reste ne consistait qu'en une série d'égratignures ou de contusions vilaines à voir, mais plus dangereuses. Ses cheveux noirs aux pointes violettes avaient été rasés pour l'opération et peinaient à repousser, laissant voir une marque blanche à l'endroit où ils l'avait ouverte, puis recousue.
- Les parents sont inquiets.
- Il faut toujours une crise pour qu'ils le soient.
- Ne dis pas ça, ils t'ont soutenue après ta tentative de suicide.
- En me soutenant que j'étais folle et lâche !
Le brun se tut, sachant qu'elle avait raison. S'ils avaient eu peur, ils n'avaient pas compris la raison pour laquelle elle avait eu un tel geste. Sa rupture d'avec ce Grimmjow Jaggerjack n'avait été que la goutte d'eau.
- Ils s'en veulent.
- Comme il y a huit ans, Byakuya. Rien n'a changé.
- Si, toi, tu as changé.
- C'est un reproche ?
- Va-t-en savoir…
Elle sourit à ces mots, passant sa main sur ses yeux en les fermant. Elle était devenue son contraire. Bien sûr, elle avait gardé ses montagnes de livres, elle les aimait trop pour s'en séparer, mais elle avait changé de parcours. Elle s'était inscrite dans une école de police. Ses parents n'avaient pas compris mais l'avaient encouragée. Dans le fond, ils étaient proches de l'Empereur, et si leur fille entrait dans les forces de l'ordre, peut-être qu'elle finirait par entrer au service de l'Empereur. Mais ça n'avait jamais été dans ses plans.
- Ne te formalise pas dessus, ça leur passera.
- Tu sais j'm'en fous dans l'fond. J'suis ce que j'ai envie d'être, et ça s'arrête là.
- Tu lui ressembles.
Elle arqua un sourcil, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire. Brusquement, tout devint limpide. Immédiatement, elle serra les poings de colère.
- A Grimmjow.
- Ne me parle pas de lui !
Au même moment, la porte s'ouvrit sur un petit infirmier. Elle sourit en reconnaissant le petit ambulancier qui l'avait soignée deux semaines plus tôt. Sa venue annonçait également la fin du temps des visites. Alors Byakuya se leva, embrassa sa cadette sur le front, avant de s'éclipser, la laissant seule avec le plus jeune.
- Content de vous voir réveillée Commandant !
- Contente de l'être, Hanataro. Et désolée pour le tracas.
- Comment ça ?
- Je pense que me voir m'évanouir presque dans tes bras t'a collé la trouille… non ?
Il rougit légèrement à ces mots et déposa le plateau devant elle. Amusée, elle lui tira la langue avant de le laisser s'éloigner de quelques pas pour préparer ses médicaments.
- Je suis désolé pour vos coéquipiers.
- Merci.
- Mais vous savez, ce n'est pas vot' faute… ce sont les risques du métier…
Elle le regarda, surprise. depuis qu'ils se connaissaient, il ne lui avait jamais parlé ainsi, comme s'il n'avait jamais osé. Il était vrai qu'elle représentait une frange spéciale des forces de l'ordre et que par conséquent, elle pouvait être impressionnante, mais le voir surmonter les barrières sociales ainsi que ses peurs lui réchauffa le cœur.
- Merci, Hanataro.
Les joues en feu, il s'inclina, avant de s'éclipser à son tour. Restée seule, Kiara soupira, commençant à jouer avec sa purée sans avoir réellement faim. Les paroles de son frère aîné lui tournaient dans la tête. Ils s'adoraient et il avait toujours été le seul à la comprendre, la connaître et la soutenir dans ses choix. Se mordant nerveusement la lèvre, elle repensa à ses mots. « Tu lui ressembles… à Grimmjow ». Elle grimaça. Pourtant, ces paroles trouvaient un écho dans son cœur. Oui, elle ressemblait à son ex, parce qu'il était un modèle de dureté. Et inconsciemment, elle avait souhaité devenir comme lui, aussi forte, aussi caractérielle et imposante, pour un jour lui rendre la monnaie de sa pièce. Réalisant l'importance de ses pensées, elle secoua la tête de droite à gauche. Dans un souffle, elle répéta encore ces mots.
- Tu lui ressembles…
Elle se laissa retomber lourdement dans ses oreillers, fixant le plafond d'un air interdit. Elle ne l'avait pas revu depuis huit ans, et n'espérait pas le refaire à présent non plus. Lentement, elle passa sa main dans ses cheveux, soupirant. Une larme perla à ses yeux et roula lentement le long de sa joue.
- Tu lui ressembles.
Et voilà pour ce chapitre 3 ! QU'en avez-vous pensé ?
Oui je sais que les pensées de Kiara sont un peu chamboulées mais quoi de plus normal après deux semaines de coma et la perte de deux de ses coéquipiers et amis ?
Place à une petite précision technique à présent. Comme dit dans une review, je pensais au départ fait une petite fiction de cinq ou six chapitres... mais l'inspiration étant ce qu'elle est - c'est-à-dire très fluctuante et joueuse avec moi - j'ai plutôt décidé d'en faire une quinzaine (nombre pouvant varier selon les humeurs de la dite inspiration) se divisant en trois arcs principaux ! Le premier arc étant terminé je devrais pouvoir poster les chapitres plus rapidement...
Voilà, sur ce je pense avoir tout dit. Si vous avez des questions, surtout n'hésitez pas... Et en ce qui concerne les reviews, surtout n'hésitez pas non plus, ça fait toujours plaisir d'avoir un retour.
Donc voilà mes loulous ! A très bientôt !
Rinoa.
