Chapitre 2

Note de l'auteur : Ouiiiiiiiii je sais, ça fait des mois que je n'ai rien posté, je suis une vilaine auteur. Il faut dire qu'avec tout ce que j'ai à faire, que ce soit les études, les stages voire même les forums à gérer, j'ai un peu du mal à suivre. Surtout que mes goûts en matière de fandoms commencent à changer et donc ça me perturbe parce que c'est justement ce qui me fait peur depuis que j'ai commencé la fanfic : perdre l'envie d'écrire sur des trucs que j'adore et en trouver d'autres. A croire que j'aime les fandoms où il n'y a presque personne vu que je suis passée des mangas à Slender xD Quoi qu'il en soit, bonne lecture !


« C'est un cauchemar sans fin dans lequel il te plonge.

Tu le supplieras finalement de t'achever comme s'il s'agissait de Dieu

en personne venu pour faire disparaître tes souffrances. »

Jay était décidément très maladroit aujourd'hui. Pourquoi, au moment où il avait une annonce de la plus haute importance à transmettre, se faisait-il retarder par tout un tas de problèmes ? L'excitation devait sans doute lui faire faire n'importe quoi. Mais mince, il avait retrouvé sa trace ! Loin, bien loin de la ville de Tuscaloosa dans laquelle il se trouvait, située en Alabama. Il était quasiment sûr que la créature sur laquelle il avait enquêté durant deux années pleines de risques faisait une nouvelle fois parler d'elle. Il devait en alerter Tim absolument et au plus vite. Manque de chance, alors qu'il se ruait vers l'extérieur, ouvrant la porte de sa maison dans un emportement vivace et brusque, cette dernière avait percuté le facteur qui tentait justement d'y glisser subrepticement une lettre. Les impôts en plus, ironie du sort et pauvre de lui. Les voisins s'étaient agglutinés aux fenêtres devant le tapage qui en avait résulté. Pour s'excuser de son nez qu'il avait un peu aplati, le jeune homme aux cheveux châtains et aux reflets blonds avait invité ce pauvre facteur, déjà bien harcelé par les chiens du voisinage, à entrer chez lui pour réparer les dégâts. Il lui offrit des compresses et de la glace à mettre sur son nez ensanglanté tout en maîtrisant son excitation par de plates excuses.

— Ça va mieux ? Ça passe ? demandait-il à fréquence régulière. Vous voulez un médoc' au cas où ?

L'employé, légèrement sonné, ne s'appliquait pas à répondre à chaque fois ou alors, ne prononçait que de faibles « oui, oui… ». Au final, même si cela ne faisait que dix petites minutes que ce contretemps durait, Jay ne put se retenir d'attraper son téléphone pour envoyer un sms à son ami. Logique après tout puisqu'il ignorait si ce dernier était chez lui et ce, même s'il sortait peu. Il aurait eu l'air fin s'il s'était retrouvé devant sa porte sans personne pour lui ouvrir.

To Tim'

5 Mai 2013, 10:08:27.

J'ai un truc important à te dire, t'es chez toi ?

Il le fourra ensuite dans une poche de son jean pour retourner voir le facteur. Rendu hésitant parce qu'il ignorait quoi faire d'autre, il remarqua malgré tout que le saignement avait cessé. Faites que ce fichu nez ne soit pas cassé. Il ne souhaitait aucunement avoir une plainte sur le dos. Il ne l'avait pas fait exprès, ce n'était pas comme s'il l'avait guetté depuis la fenêtre pour lui claquer la porte au nez dans tous les sens du terme une fois sur le pallier.

— Vous voulez un verre d'eau p'tet ?

Il n'attendit pas sa réponse pour aller dans sa cuisine au carrelage blanc et lui en préparer un. Ce type devait le prendre pour un hyperactif. Il sursauta et manqua de le renverser en sentant justement son portable vibrer. Il devait se ménager, absolument. Rien n'allait plus. Calme Jay, la nouvelle n'était pas si importante que cela d'autant que contrairement à lui, Tim risquait de ne pas l'apprécier. Pas du tout. Mais il ne pouvait prendre de décisions seul. Ou plutôt si, il avait déjà fait son choix, mais son avis comptait énormément. Il attendit tout de même que le monsieur soit servi pour regarder ses messages.

From Tim.

5 Mai 2013, 10:11:05.

Yep j'suis là. J't'attends.

Ô joie. Ô allégresse. Maintenant il devait juste attendre que le facteur puisse reprendre sa route sans faire de zigzags et foncer dans les voitures. Il l'accompagna dehors cinq minutes plus tard une fois assuré que la suite de sa tournée se passerait bien. Il marchait sans tituber et parvenait à monter sur son vélo, pas de quoi s'inquiéter, non ? Jay resta devant sa porte et le regarda partir jusqu'à ce qu'il ait tourné au coin de cette rue de maisons bien alignées et mélangées à une verdure chatoyante. Puis il ferma sa porte à clé, son portail, son garage et courut à son tour entre les maisons. Tim habitait dans la même ville que lui. Ils auraient pu vivre en collocation si ce dernier n'avait pas tant de problèmes de santé et ne préférait pas rester habituellement seul. Tuscaloosa était une petite ville dont les maisons se ressemblaient presque toutes et étaient positionnées selon un calcul précis, alignées les unes avec les autres. La nature se battait sans trop de difficultés pour apparaître dans cette image blanche, nette et immaculée. Chacun avait assez de place pour entretenir son jardin ou sa pelouse et les forêts et champs avoisinaient le patelin.

Le jeune homme finit par s'arrêter dix minutes plus tard devant une maison semblable à la sienne à l'extérieur si on excluait les volets fermés. Il doutait que ce soit parce que le soleil tapait il n'était que dix heures du matin, la chaleur ne se faisait pas insoutenable. Jay n'en était pas étonné. Pour côtoyer Tim, il fallait avoir un mental d'acier capable de supporter le sien qui flanchait, ses manies, ses tocs, tout ce qui faisait dire aux autres que sa vie devait être un enfer. Non c'était vrai, parfois il fallait se retenir pour ne pas s'énerver et se mettre à crier. Jay prit le temps de retrouver son souffle avant d'aller toquer. A chaque fois il se sentait légèrement mal à l'aise en allant le voir. Les surprises qu'il avait eues lorsque cette porte s'ouvrait étaient innombrables. Un Tim totalement dans les vapes après s'être drogué, un Tim avec les poignets ensanglantés parce qu'il avait tenté de se taillader les veines, un Tim qui pleurait, un Tim énervé avec un couteau à la main. Il se disait souvent qu'il avait déjà tout vu avec lui.

Heureusement lorsque la porte s'ouvrit -même si ce ne fut que de quelques centimètres- il avait l'air à peu près normal. A peu près parce que toute sa maison était plongée dans l'obscurité et qu'il semblait fatigué. Les traits de son visage rond étaient tirés et ses yeux à l'iris déjà très sombre l'étaient encore davantage.

— Qu'est ce que tu fous dans le noir ? s'exclama d'ailleurs le brun, cachant mal sa surprise. Tu joues au vampire ?

Tim plaisantait souvent quand il allait mal. Parfois de façon acide et cassante, sarcastique, ou qui ne faisait pas vraiment rire. Mais il essayait du mieux qu'il pouvait de se montrer humoristique. S'il voulait avoir des réponses, il devait inverser les choses. Plaisanter pour le faire s'exprimer sérieusement. Et ça marchait presque à chaque fois, il réussit même à le faire esquisser un sourire.

— Le soleil me donne mal à la tête puis j'ai pas envie d'sortir. Qu'est ce que t'as de si important à me dire ?

Un sourire amusé masquant sa contrariété vint étirer les lèvres de Jay. Apparemment il ne souhaitait pas être dérangé longtemps, ce qui n'arrangeait pas ses affaires. Mais rien que le fait d'avoir obtenu une réponse était une bonne chose.

— Faut que tu sortes mec, tu peux pas rester enfermé dans le noir tu vas devenir taré. Allez on va au parc et je te dis ce que j'ai découvert.

— Vais chercher mes médocs et j'arrive mais c'est bien parce que c'est toi, soupira Tim.

Jay sembla l'entendre murmurer par la suite qu'il était déjà fou avant qu'il ne s'éclipse. Vu le bruit qu'il faisait, sa maison ne devait pas être très bien rangée. Non pas qu'elle l'ait jamais été, tout traînait toujours partout. C'était à se demander comment il arrivait à retrouver ses affaires dans tout ce chaos. N'empêche, pour ce genre de choses, il n'avait jamais été dur à convaincre. Surtout aujourd'hui, trop fatigué, il n'avait certainement pas la tête à discuter et à argumenter pour ne pas venir faire un tour dehors. Puis il restait quelqu'un de raisonnable malgré tout. Il revint finalement avec une bouteille d'eau comme il en prenait à chaque fois qu'il allait quelque part et grimaça en sortant de chez lui.

— Eh bah voila, rigola Jay en lui frappant amicalement l'épaule.

Il ne répondit que par un petit murmure et un sourire s'agrandissant encore malgré son regard fuyant. Au moins il ne semblait pas spécialement déprimé. Il ferma sa porte à clé avant de les déposer dans une des poches de sa chemise rouge. Jay ressemblait à une asperge blonde face à lui. Bon ce n'était pas du muscle, juste un léger embonpoint et leurs tailles respectives se valaient bien mais Tim avait toujours été plus fort que lui dans les deux sens du terme.

— J'espère que ça en vaudra la peine, t'as l'air bien excité.

— Tu parles, j'ai défoncé le nez du facteur en voulant sortir tellement j'étais pressé de te voir.

— T'es doué toi.

Jay aurait pensé que sa mésaventure du matin aurait fait rire son ami mais il se contenta de glousser légèrement. Oh non il en fallait bien plus pour faire rire ce cher Timothy. Mais une fois qu'on y arrivait il ne s'arrêtait plus. Lorsqu'ils atteignirent le trottoir en face de sa maison, ce dernier ne put s'empêcher de se retourner et de fixer la porte avec attention, un air étrange et concentré sur le visage. Zut ça recommençait, le jeune homme savait exactement ce que son ami avait dans la tête.

— Tim, ta porte est fermée t'inquiète.

— Déconne pas, j'l'ai pas fermée et y'a déjà un voleur qui aurait pu y entrer et refermer la porte pendant que j'avais le dos tourné.

Sa voix trahissait mal son angoisse et Jay lui attrapa le bras alors qu'il s'apprêtait à retourner vérifier. Le fait de fermer sa porte derrière lui était devenu un mécanisme tellement intégré dans sa vie qu'il le faisait sans faire attention à ses gestes. Et sa paranoïa n'arrangeait rien. Cela pouvait parfois durer des heures avant qu'il n'arrive finalement à quitter de vue sa maison.

— Je t'ai vu la fermer, personne ne rentrera chez toi j'te le promets.

Il l'appela une ou deux fois, le tira un peu mais cela ne servit pas à grand-chose. Il promit de ne vérifier qu'une seule fois et retourna vite fait rouvrir et fermer sa porte avant de rejoindre une nouvelle fois le brun qui l'attendait et soupirait discrètement.

— Elle était fermée, déclara-t-il avec soulagement.

— Ouais j'te l'avais dit, rétorqua l'autre en roulant des yeux. Allez viens maintenant, elle restera fermée jusqu'à ce que tu rentres.

Il y eut encore quelques vagues hésitations, quelques regards en arrière mais ils purent finalement arriver au parc et s'installer sur un banc devant un bassin plein de carpes aux couleurs luisantes. Les arbres ne laissaient passer que quelques rayons de soleil. Il faisait frais et l'ombre était au rendez vous, rien de mieux. Durant un instant, ils ne parlèrent pas même si tous deux semblaient impatients. Jay loucha sur le flacon de médicaments orange que Tim tournait et retournait dans ses mains en fixant les poissons. Depuis qu'il le connaissait, il en prenait et la dose avait déjà été augmentée deux fois. De un, il était passé à trois comprimés. Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter de l'état de santé de son ami. Finalement il cessa de s'occuper les mains avec sa petite boite et préféra s'allumer une cigarette. Toujours aucun mot, Tim ne parlerait pas en premier malgré sa curiosité.

— J'ai lu un article sur Internet ce matin, commença Jay sans vraiment savoir comment continuer.

— Wow, quel exploit, mes félicitations, répliqua Tim avec un petit rire amusé de son propre sarcasme.

— Hé, c'était chaud de le comprendre, il était en français hein !

— Qu'est ce qui t'a poussé à le lire, alors ?

Ce fut au tour de Jay de jouer nerveusement avec ses mains. Avouer de brut en blanc le contenu de l'article aurait l'effet d'un pavé jeté dans une mare. Il marchait sur des œufs. Des œufs très fragiles. Et des œufs qui sentaient mauvais aussi.

— Eh bien… son sujet m'a paru familier. La police bute depuis quelques semaines sur un meurtre dans une petite ville de montagne. Y'a eu qu'une victime pour l'instant mais… vu ce qu'ils disaient dedans… j'crois qu'on connait l'assassin.

Il n'osait plus regarder son acolyte mais sans même avoir besoin de le faire il se doutait que ce dernier ne bougeait plus. Respirait à peine. Repenser à tout ce qui s'était passé deux ans plus tôt, au cauchemar perpétuel qu'ils avaient vécu, aux risques qu'ils avaient pris faisait froid dans le dos.

— T'as mal lu.

La voix de Tim, emprunte d'angoisse, semblait cependant absolument sûre d'elle. Il se refusait à croire en la possibilité du retour de cette créature qui lui avait causé tant de mal. Qui l'avait poussé un peu plus au bord de la folie, qui l'avait forcé à s'en prendre à ses amis et qui lui en avait justement arraché un. Il commença même à s'énerver, tellement que l'ignorer devenait impossible pour le brun qui se retourna pour voir ses bras agités de tremblements.

— T'es pas drôle là, c'est quoi ce foutoir ?! Pourquoi tu cherches encore des traces de ce truc ?! Il nous a enfin lâché ! Tu veux qu'il nous arrive encore des merdes ou quoi ?!

De fureur tous les deux s'étaient relevés. Tim parce qu'il ne pouvait plus rester assis tant il était agité et Jay pour prendre la fuite plus vite, on ne savait jamais. Son ami faisait mal lorsqu'il se montrait violent. Ses mains se levèrent en un geste qui se voulait apaisant, tout comme sa voix qui se voulait calme.

— Calme toi, prend tes médicaments s'il te plait. C'est pas de la recherche c'est de la surveillance, puis je suis pas encore certain que ce soit lui parce qu'il y a très peu de détails…

Ils restèrent un long moment à s'observer, inquiétude et énervement mêlés. Tim se rassit finalement et son ami soupira de soulagement. Avec un geste devenu rapide par l'habitude, il avala cul sec trois comprimés pendant que son pied frappait nerveusement le sol.

— Ça s'est passé où exactement ? demanda-t-il d'une voix blanche.

— Araja, dans les Vosges. C'est pas loin de l'Allemagne.

Un rire sans joie échappa au brun qui contemplait le sol tandis que l'autre restait debout. Il ressemblait presque à un sanglot.

— Pas loin d'sa p'tite maison hein.

Jay ne répondit rien face à cette élucubration. Tim était celui qui en savait le plus sur cette chose pour l'avoir côtoyée de force. Il lâchait parfois quelques vagues informations mais ne les expliquait quasiment jamais. Le grand se dandina sur ses pieds et déglutit rapidement pour reprendre du courage et annoncer la suite. Cela n'allait pas lui plaire. Pas du tout.

— J'ai décidé d'y aller… pour enquêter.

— Recommence pas.

Ses mots sonnaient presque comme une menace. Oh oui, Jay le connaissait assez pour dire qu'il serait capable de lui mettre des bâtons dans les roues et l'empêcher d'y aller. Ce qu'il allait ajouter serait terriblement égoïste. Il était prêt à prendre une nouvelle fois des risques, à entraîner les autres avec lui. Nombreuses étaient les fois où la mort l'avait attendu au tournant lorsqu'il avait personnellement enquêté sur « ça », quand il sévissait ici, en Alabama. La cause de sa présence dans cet état des USA ? Retrouver Alex, un de leurs amis. Et cet être avait malheureusement réussi son coup. Dès qu'Alex eut disparu de la circulation, ce monstre ne fit plus parler de lui.

— C'est toi qui connais le plus de choses sur le sujet. Viens avec moi s'il te plait.

— Non. Pas de chantage.

Ferme et catégorique. Jay comprenait Tim. C'était trop risqué et il avait peur. Peur de ce qu'il se passerait s'il se rapprochait encore de cet être sombre qui se terrait dans les forêts. Oui c'était du chantage. Jay irait là bas que son ami vienne ou pas. Au risque de se faire tuer et de ne même pas pouvoir sauver les habitants de ce village pris pour cible. Le brun soupira et baissa la tête, déjà résigné à se retrouver seul pour cette périlleuse aventure. Il comprenait le ressentiment de son ami, il ne pouvait pas le forcer. C'était de toute façon trop horrible pour que l'expérience soit tentée une nouvelle fois pour lui. Mais Tim gagnait rarement les batailles. Jay avait essayé, peut être qu'avec un peu de chance il changerait d'avis. Ne serait-ce que pour qu'ils veillent mutuellement l'un sur l'autre. Sans Jay, Tim n'avait personne et inversement.

— C'est tout c'que t'avais à m'dire ?

— Entre autre.

— Mmh ?

— Bah j'voulais aussi voir si t'allais bien et te forcer à te dégourdir les jambes.

Tim ne répondit rien même s'il paraissait touché. Il semblait que ce que Jay venait d'annoncer lui avait un peu sapé le moral et qu'il n'était plus capable de sourire. Non, en réalité il réfléchissait intensément sur ce que son ami venait de dire et se faisait du mal tout seul en ressassant des souvenirs horribles. Il fallait remédier à cela. D'un commun accord, les deux hommes choisirent de ne plus aborder le sujet pour aujourd'hui. Cela créait trop de tensions. Pour se détendre et oublier ils continuèrent leur promenade dans le parc, parlant de tout et de rien, de leurs projets maintenant que les études étaient finies. Tous les deux étaient sortis de la faculté avec leur diplôme, même Tim qui manquait souvent les cours et se concentrait difficilement. Finalement ils allèrent manger au fast-food une fois que midi eut sonné et profitèrent d'une petite séance au cinéma dans l'après midi. Après, il fallut bien évidemment se séparer et chacun rentra chez soi.

Mis à part traîner devant sa télévision et faire de nouvelles recherches sur Internet, Jay ne fit pas grand-chose. Il savait que c'était mal et qu'enquêter sur une telle entité était à double tranchant. Le désir de tout connaître de cette créature mythique était la première étape vers lui. Après l'obsession et les questions sur sa nature, son identité, survenait le désir, l'assurance de pouvoir le rencontrer sans qu'il nous fasse le moindre mal. Grave erreur. La fascination ne s'estompait qu'à la mort qui survenait quasiment toujours après cette fatidique rencontre.

Il était vingt heures quand il reçut un message. Une coïncidence qui le fit sourire puisqu'il s'agissait de Tim et que le brun était justement en pleine recherche d'un billet d'avion.

From Tim.

5 Mai 2013, 20:32:18.

Tu comptes partir quand ? Je viens, mais c'est bien parce que t'es pas capable de te débrouiller seul, grand benêt va.

Jay ne put s'empêcher de rire avant de composer le numéro de son ami et l'appeler. L'insulte lui plaisait, ce n'était pas nouveau que Tim le traite de tous les noms quand on le « forçait » à faire quelque chose. Ni une ni deux, les billets furent commandés et pour remercier son pauvre ami du le sacrifice qu'il venait de faire, il insista pour tout payer. Cela arrangeait pas mal Tim qui n'avait pas encore trouvé de boulot stable. Dans trois jours, ils partaient. L'enquête recommençait. Ce que tous les deux ignoraient, c'est que la bête avait déjà recommencé à tuer.