Tous les voleurs, tels qu'ils soient, se doivent de respecter et d'obéir aux 5 grandes règles des Voleurs. Ses règles nous protègent des erreurs possibles que nous puissions faire, nous, voleurs. Ce sont des règles tellement basiques que les voleurs les font sans y penser. Même les amateurs, ou les enfants quand ils piquent des bonbons à leur maman.

Règle n°3 : Ne jamais voler autres choses que l'objectif prévu.

Certaines personnes pouvaient convaincre facilement les autres, sans que ceux-ci s'en rendent compte. Malheureusement pour Hayner, il ne faisait pas parti de cette catégorie. Il aurait donc énormément de mal pour que sa mère le croie lui, et non ce voleur.

Les cours étaient faits, normalement, pour travailler et pas pour penser à un moyen de tuer une des personnes que l'on ne supporte pas du tout. Même en savant cela, le châtain écrivait des trucs incompréhensibles pour éliminer Seifer. Il convaincrait sa mère plus tard qu'il était toujours hétéro. Mais être hétéro, c'était quoi au juste ? Sortir au moins, ne serait-ce qu'une fois, avec le sexe opposé, l'embrasser, le prendre dans ses bras et lui murmurer d'une voix suave qu'on l'aime ?

Il lâcha son crayon et se figea en fixant sa feuille.

N'était-ce pas ce qu'avait fait Seifer il y avait une semaine ? Hormis le fait qu'ils soient tous deux des garçons, tout collait parfaitement. Une panique s'empara de lui. Il n'avait jamais vraiment eu de relation sérieuse avec une fille. Quand il sortait avec « une fille », c'était parce qu'elle le lui demandait, et qu'il n'aimait pas rendre les gens tristes, comme ça. Il ne pouvait pas dire que les filles le laissaient indifférent, mais il pouvait aussi s'en passer. Tant qu'il avait une console et une bonne glace à l'eau de mer.

Une seconde !

Alors… les filles avaient si peu de valeur à ses yeux que ça ? ! Il croisa ses bras et y enfouit sa tête. Il était hétéro, non ? Et s'il ne l'était pas ? ! Que ferait-il ? Il ne s'était jamais vraiment poser de question jusqu'à présent, car il disait attendre la bonne personne. Serait-ce donc… « lui », cette personne, tant attendue ?

-Impossible ! s'exclama-t-il en se redressant.

-Votre cauchemar était si terrible qu'il vous a réveillé, pour une fois, Hayner ? demanda sa professeur, d'un air sarcastique.

-Eh bien…

-Vous viendrez me voir à la fin du cours pour parler de ce cauchemar.

Toute la classe rit devant son embarras.

C'était confirmé. La chance le fuyait. Il venait de penser des choses bizarre et il avait besoin de rentrer chez lui pour se calmer. Mais là, comme par hasard, à la fin du dernier cours de sa journée, il fallait qu'il reste par la faute de Seifer ? ! Plus il pensait à ce voleur, plus il lui trouvait de défauts. Il venait d'en trouver un autre d'ailleurs : causeur d'ennuis. Il lui arrivait de remettre la faute sur les gens, mais actuellement, ce n'était pas sur « les gens », mais sur un individu qui lui avait attiré plein de problème !

Après avoir gentiment discuté avec sa professeur, Hayner sortit de sa classe. Il n'aimait pas devoir parler de son « comportement » soudain avec ses enseignants. Il n'allait tout de même pas leur dire qu'il préparer un moyen pour tuer quelqu'un. Le terme « tuer » leur aurait fait penser qu'il était gravement atteint. Alors il valait mieux qu'il fasse profil bas pour le moment.

Quand il sortit de l'enceinte du lycée, il sourit en voyant Roxas, Olette, Sora, Kairi et Riku l'attendre. Pence avait dû rentrer en vitesse chez lui pour des raisons personnelles. Olette les avertit en le voyant arriver. Cette fille était plus comme un ami, qu'une amie. Même si elle s'habillait à peu près comme une fille, il ne la considérait pas vraiment comme telle. Il la connaissait depuis qu'il était petit, alors pourquoi il n'avait jamais eu le moindre sentiment pour elle ? La plupart des amours venait de l'enfance. Mais dans leurs cas… ça n'y ressemblait pas du tout. Quelle prise de tête ! Il était hétéro, un point, c'est tout.

-Tu as eu un coup de folie, Hayner ? le provoqua Roxas.

-Non, pourquoi cette question Roxane ? répondit-il avec un sourire.

-Ne m'appelle pas comme ça ! Tu sais très bien que je suis un garçon !

-Et moi, j'ai pas eu un coup de folie !

Les autres rirent devant leurs spectacles. Ils étaient des meilleurs amis, mais aussi des meilleurs rivaux. C'était ça de l'amitié, non ? La petite bande se mit en route après la rigolade. Il mettrait plus de temps que prévu pour rejoindre chez lui. La plupart du temps, quand ils se retrouvaient ainsi, après qu'une grande partie des lycéens soient partis, ils allaient s'amuser en ville. Ils faisaient même d'énorme détour pour rester entre eux. Comme les gens normaux.

Dommage qu'il manquait Xion, Axel et les autres, pensa-t-il. Avec ceux-là, ils se seraient encore plus marrés et il aurait mis davantage de temps. Qui est de bonne compagnie qui ne se quitte pas. C'était ça le proverbe, non ? De toute façon, il s'amusait bien avec ses amis.

-Eh, on va prendre quelque chose à manger ? Je meurs de faim, proposa Sora, en pointant du doigt une supérette, juste à coté.

-Tu ne penses vraiment qu'à te remplir le ventre, toi, soupira son faux jumeau. Mais j'avoue que tu viens de me donner faim. Allons-y !

-Je vous attends ici, dit Hayner. Je dois économiser en ce moment.

-Tu as une copine ? lui demanda Olette en souriant.

-Hein ? Non, pas du tout !

-Ouais, ouais, on dit tous ça. T'en fait pas monsieur le tombeur, je te ramènerais un truc, se moqua son meilleur ami en le voyant rougir.

Le groupe entra dans la supérette, tandis que le châtain soupira et s'appuya contre le mur, en fixant le sol. Il n'avait pas de copine. Mais plutôt… « un copain ». Seifer avait bien fait une 'demande' en disant qu'ils étaient en couple ? Il secoua la tête. De toute manière, il n'économisait pas pour le voleur, mais pour lui. Sa mère refusait de lui payer un super jeu d'aventure comme il les aimait, alors il devait économiser l'argent qu'il avait déjà et faire son possible pour en obtenir. Mais c'était plus dur que prévu. Surtout qu'il avait dans l'objectif d'éliminer Seifer, et qu'il devrait mettre de l'argent de coté aussi pour son plan.

Un soupir franchit à nouveau ses lèvres. Ses amis en mettaient du temps ! Ce n'était quand même pas les heures de pointe ! Attendre était si… ennuyeux… Il n'était pas patient de nature, mais alors pas du tout ! Il passa ses mains derrière sa tête en fermant les yeux. Pour passer le temps, il pensa au jeu qu'il allait s'offrir. De très beaux graphismes, une histoire haute en rebondissement, une bande sonore géniale... enfin, d'après les infos qu'il avait lu, c'était comme ça.

Bon sang, il voulait vraiment s'offrir ce jeu !

-Tu m'attendais ?

Hayner sursauta en entendant une voix et se tourna immédiatement vers celle-ci.

Seifer. Qu'est-ce qu'il fait là ? Et cette voix narquoise, mêlée à de la moquerie… C'était insupportable. Le cauchemar ne voulait pas s'arrêtait. Pourquoi ne continuerait-il pas d'ailleurs ? Les deux garçons se regardèrent un petit moment puis le voleur bougea vers le châtain qui se mit sur ses gardes.

-Je ne t'attendais pas du tout ! affirma-t-il, .

-Vraiment ? Que faisais-tu ici, dans ce cas ?

-Des amis sont entrés chercher un petit truc et je les attendais. Rien d'autre !

-Vraiment ?

Seifer se mit en face d'Hayner, posa sa main à coté de sa tête, contre le mur et le regarda droit dans les yeux. Le lycéen sentit ses joues rougir, comme pas permis, et essaya de s'enfoncer contre le béton. Sauf que ça ne marchait pas ; bien évidemment. Son cœur s'accéléra d'un seul coup, sans prévenir. Ou plutôt, il ne le remarqua qu'à ce moment précis, quand le blond rapprocha leur visage. Son sang ne fit qu'un seul tour pour qu'il trouve une idée. Il plaqua ses mains contre le torse de l'autre garçon et remit une distance raisonnable entre eux. Il ne pouvait pas se laisser faire sans se défendre un minimum. Il le regarda d'un air méchant et l'agressa presque oralement.

-Qu'est-ce que tu fais, sale voleur ? !

-Là, je viens d'acheter un petit truc pour moi. Et je comptais saluer mon « copain » avant que celui-ci ne me repousse, pourquoi ?

-Hein ? ! Nous ne sommes pas ensemble que je sache !

-Hayner, désolé du retard. Kairi est tombée amoureuse d'un mec et on a dû le suivre, s'expliqua Roxas en sortant du magasin.

La bande se figea en voyant Hayner ainsi, avec un autre garçon. Aucun d'entre eux ne se seraient doutés qu'il avait ce penchant là. Personne ne s"était même posé la question sur ce sujet-là.

Il se maudissait. Hayner se maudissait d'avoir autant de malchance. Il maudissait surtout Seifer d'agir ainsi, sans réfléchir. Et aussi le temps. Comme par hasard, le temps avait décidé que ses amis sortiraient au moment le plus embarrassant pour lui. Ses rougeurs s'accentuèrent sans qu'il le veuille. C'était vraiment un jour néfaste pour lui. Il fallait qu'il se sorte de cette situation fâcheuse. Il repoussa le blond et se mit devant ses amis pour s'expliquer.

-Non, c'est pas du tout ce que vous croyez ! On faisait rien ensemble !

-Hayner, c'est qui au juste ? finit par lui demander son meilleur ami, encore choqué.

-C'est juste un ami, rien d'autre.

-Je savais pas que tu te faisais d'autre ami que ta vieille bande, répliqua Sora, en détendant l'atmosphère, un sourire aux lèvres.

-J'ai pas besoin de votre accord, tu sais ça, au moins ?

-C'est le garçon de tout à l'heure ! s'exclama finalement Kairi en allant près de Seifer, toute heureuse, avec Olette.

-Si j'avais su que c'était les amis d'Hayner qui me suivaient à la trace, j'aurais été moins rapide.

-Si ce n'est pas indiscret, je peux vous demander votre nom et âge ? demanda la rousse.

-Tu peux aussi me tutoyer. Je m'appelle Seifer et j'ai 18ans. Et vous, jolies demoiselles ?

Hayner fronça les sourcils à cette réplique : c'était lui son petit ami, pas les deux autres filles. Roxas remarqua son mécontentement, mais ne dit rien et poussa les garçons vers l'autre blond. Le châtain venait aussi d'apprendre l'âge de son soi-disant copain, alors que ça faisait une semaine qu'ils se 'connaissaient'. Seifer n'avait que deux ans de plus que lui. Son regard s'assombrit. Kairi et Olette parlaient avec leur aîné avec aisance. Pourquoi elles, et pas lui ? Qu'avaient-elles de plus que lui ? Rien, hormis le fait d'être des filles. Il haussa les épaules et se mit à marcher, vite suivi des autres. Il n'allait pas rester dehors plus longtemps, s'il y avait le voleur avec lui. Surtout si c'était pour l'entendre draguer d'autres filles.

Et de toute façon, ce n'était pas son problème.

-Roxas, dès qu'on est plus très loin de chez moi, je rentre. Ma mère m'a appelé pour que je rentre.

-Tiens, ça me rappelle Axel. Sa mère l'a appelé pour qu'il aille chercher son frère. Il se serait battu avec un autre gosse, répliqua Roxas en riant.

-Reno ne changera jamais, après tout. C'est comme son frère, c'est dans leurs gênes de se battre avec tout le monde.

-Sauf qu'Axel a arrêté de se battre pour rien, fit remarquer Riku.

Les quatre garçons rirent sans penser aux filles avec Seifer. Le voleur savait parler aux demoiselles. Elles aimaient bien recevoir des compliments de garçon mystérieux, surtout plus âgés qu'elles. Certes, il leur parlait, mais écoutait aussi les lycéens à l'avant qui les guidaient va savoir où. Une idée germa dans sa tête. Il allait pouvoir exécuter son plan plus vite que prévu. Le soir même, s'il avait le temps. Il sortit son portable en appela une amie à lui, faisant arrêter tout le groupe.

-Salut Namine, c'est moi. Tu vas bien ?... Pareil. J'aurais un petit service à te demander… Tu t'en doutais ? C'est bien pour toi… Tu aimes bien faire des paysages non ? Tu pourrais exercer ton métier à cet endroit, en numérique ?...merci, t'es génial ! Je t'aime ! À plus tard, termina-t-il en raccrochant.

-C'était qui ? demanda Kairi.

-Ma grande sœur. Elle est géniale. Pourquoi ? Serais-tu jalouse ? Vous n'avez rien à lui envier.

-Quel beau parleur, répliqua Hayner, pas convaincu.

Ils se remirent en route. Mais pour une raison inconnue, le châtain se sentit mal. Il ne voulait pas voir les deux filles coller de si près le blond. Il y avait plein de garçon dans ce bas monde, alors pourquoi lui ? Il préférait ne pas le savoir finalement.

Le groupe arriva à un croisement montant – leur ville avait été bâtie en pente – et Hayner se retourna vers Roxas.

-Bon, c'est pas tout, mais j'ai à faire. Donc je rentre. A plus tard !

-Attends un peu, Hayner ! l'appela Roxas.

Le lycéen les salua et s'éloigna en courant. Il mettait souvent les choses au clair devant sa console de jeu. Chacun son truc pour réfléchir correctement. Et puis, il pourrait manger un petit truc vite fait, et s'extasier devant la photo de sa vraie famille.

C'était bien sûr sans compter sur le bras d'un grand blond qui le retint alors qu'il allait traverser la route. Il repensa à la première fois où il avait croisé Seifer. Il lui avait dit qu'il ne referait plus ça.

-Je peux savoir ce que tu fais ? s'emporta-t-il tout de même.

-Tu vas quand même pas me laisser tout seul avec tes amis, alors que je ne les connais même pas.

-Je croyais que tu ne me retiendrais plus alors qu'il y a de la circulation.

-Je crois bien que si je te lâche, je lâcherais aussi une chose que tu voudrais garder pour toi. Comme pour Ashe.

-Tu n'oserais pas ?

-Je vais me gêner.

Et maintenant, c'était le même problème avec ses amis. Seifer était en train de tirer sur les ficelles qu'il était sur de pouvoir garder en main. Il n'avait plus le choix. Il devait surveiller le blond pour éviter d'autre problème.

Il fit lâcher l'autre garçon en tirant son bras à lui et rejoignit son groupe. Tous ses plans allaient tomber à l'eau par la faute d'une seule et même personne : un sale voleur de pacotille. Il se remit en route, sous l'incompréhension totale des autres.

Roxas remarqua tout de suite que Seifer pouvait faire de son meilleur ami ce qu'il voulait à cause de quelque chose de gênant qu'il aurait fait; comme devant la supérette. Hayner et Seifer avaient peut-être une relation, mais il n'acceptait pas que quelqu'un fasse du chantage à son meilleur ami devant lui. Il faudrait qu'ils aient une discussion plus tard, lui et l'autre blond.

Un quart d'heure après, ils arrivèrent dans un parc. Olette était rentrée chez elle car ils étaient passés juste devant. Kairi collait toujours Seifer. La seule différence était qu'elle le tenait par le bras à présent. Sora avait voulu connaître leur sujet de conversation, mais il n'était resté qu'une minute. La raison était simple : Kairi parlait pour ne rien dire et de choses assez osées pour son pauvre ami. Riku l'avait direct remis devant avec eux sous prétexte que ça ne le regardait pas et qu'il ne comprendrait pas. Qui aurait pu penser que les filles étaient plus perverses que les garçons ? Aucun d'entre eux. Donc pour se rattraper, Riku avait proposé à Sora de lui payer ce qu'il voulait. Bien sûr, Roxas avait entendu cette phrase et il allait en profiter aussi.

-Regarde Kairi, c'est une photographe là-bas. On prend une photo de groupe ?

-Bonne idée Seifer ! Et les garçons, on va prendre une photo de groupe.

-Pourquoi ça ? demanda Hayner en la regardant.

-Ce n'est pas tous les jours que je peux prendre une photo avec un garçon aussi mignon… Allez, s'il vous plait.

-Moi je veux aussi prendre une photo, avoua Sora. Riku, je veux que tu nous payes la photo.

-Sora ! le réprimanda son faux-jumeau. Tu ne vas pas gaspiller l'offre de Riku pour une photo !

-À toi l'honneur Kairi, répliqua Riku en suivant la jeune femme vers la photographe.

Les lycéens suivirent la demoiselle toujours accroché à Seifer vers la photographe – une belle blonde aux yeux bleus – qui sourit en voyant le voleur s'approcher. Comme ils en avaient eu l'idée, les quatre garçons affirmèrent que c'était à Kairi et Seifer d'aller demander pour la photo. C'était son travail, alors la photographe ne put qu'accepter de prendre une photo de groupe. Ils se mirent en place, la rouquine près de Seifer entre lui et Riku; Roxas, Sora et Hayner accroupis devant eux, prenant la pose en faisant le signe de victoire avec de grand sourire. Et comme par hasard, le châtain se retrouva devant le blond.

Une fois la photo prise, ils se relevèrent et suivirent la jeune photographe près d'une camionnette où ils l'attendirent, sauf Seifer qui entra pour la « surveiller ».

-Sora, si tu as gaspillé l'offre de Riku pour une photo mal faite par une amatrice, je m'occupe de ton cas à la maison ! le prévint son frère.

-Que je sache, c'est à moi que Riku a dit offrir un truc. Donc, j'en fais ce que je veux, rétorqua Sora, tout content. Et puis, on pourra faire d'autres photos si celle-là est ratée.

-Il en met du temps ! s'écria Kairi.

-Qui ? Ton chéri ? se moqua Hayner.

-On sort pas ensemble, tu sais ?

-Pas encore. Avoue que tu avais envie de le dire. On ne t'en veut pas de cacher tes sentiments.

-Tu es très drôle.

-C'est prêt. Regardez ! s'exclama la blonde en sortant de son atelier.

Les lycéens se hâtèrent de voir le résultat de la photo. Ils l'observèrent très surpris. Elle était réussite. Cette jeune femme n'aurait pas du faire carrière en tant qu'amatrice, mais en tant que professionnel ! Elle avait bien fait ressortir les teintes du paysage et celles du groupe. Il y avait en tout 6 photos. Chacun en prit une, puis Riku paya et ils partirent. Seifer offrit un sourire à la photographe qu'il connaissait bien, et rejoignit les autres.

Peu de temps après, Roxas demanda à Kairi de rejoindre les garçons à l'avant, mais celle-ci refusa. Il la supplia, avant que Seifer n'intervienne et lui 'ordonne' d'obéir, voyant clairement que ça devait être très sérieux. La jeune demoiselle, ne voulant pas lâcher Seifer, finit par céder et alla près des garçons devant.

-Oui ? Que veux-tu ? le questionna Seifer.

-Je peux savoir ce que tu as dis à Hayner ? C'est rare qu'il change d'avis comme ça en parlant avec quelqu'un.

-Rien.

-Je connais Hayner depuis qu'on est enfant, alors je l'aurais su si vous aviez été ami. Il m'aurait parlé de toi.

-Ne sois pas jaloux, il te cache des trucs, c'est normal.

-Dis - !

-Roxas ! Reviens ici ! Y a la princesse Kairi qui nous casse les oreilles comme quoi tu es trop lent avec son Seifer d'amour ! Ramène-toi !

Hayner agrippa son ami en passant son bras par dessus son épaule et le tira devant. Kairi revint auprès du voleur en souriant et prit son bras droit entre les siens, contre sa poitrine. Elle fit une moue boudeuse et regarda le voleur.

-Seifer, vous parliez de quoi avec Roxas ? Tu veux qu'il te présente une fille ?

-Non, pas besoin. Je suis déjà en couple. N'est-ce pas Hayner ?

-Ouais, ouais, c'est cool ! répondit le châtain en hochant la tête.

-Hein ? fit la rouquine perdue.

Près de trente minutes après, tous les lycéens furent enfin chez eux. Hayner et Seifer venaient de ramener Kairi chez elle. Elle avait supplié son ami pour qu'il la laisse seule avec le voleur, mais celui-ci l'avait remballé en disant qu'il devait lui parler en privé plus tard. Donc, le châtain fit quelque pas avec le blond puis il s'arrêta pour lui faire face. Il était resté plus longtemps que prévu pour qu'il garde son secret, et maintenant, il pouvait enfin partir tranquillement.

-On s'est bien amusé, donc je rentre chez moi.

-Que va dire ta mère si elle te voit rentrer seul ?

-Tu aimes vraiment me faire subir tous les malheurs possible, hein ? Pff… tu restes que cinq minutes, pas plus.

-Allons-y.

Le lycéen marcha en direction de chez lui, d'un pas vif, essayant de semer l'ainé. Mais celui-ci emboitait très bien son pas. Le blond n'aurait jamais pensé autant se divertir avec des lycéens plus jeunes que lui. Surtout qu'il venait de quitter le lycée l'année précédente. Il n'y avait que deux an d'écart entre eux. Il sourit à cette pensée. C'était rare qu'il passe du temps avec des gens plus jeunes que lui. Il ne restait qu'avec Fujin et Raijin. Mais le plus étrange dans tout ça, c'était qu'il venait de s'attacher à lui. A une simple victime qu'il volerait le soir même. Il ne devait pas laisser ses sentiments prendre le dessus sur lui, sinon, il ne serait plus un bon voleur.

-Au fait, quand tu as dis devant la supérette… que… tu allais saluer ton… copain, tu parlais de moi ?

-Tu comprends vite, faut juste que tu y penses assez longtemps, se moqua le plus grand.

-Arrête ça ! Je ne t'autorise pas à te moquer de moi !

-Tu crois ça ?

-Oh que oui !

Pour accompagner ses dires, Hayner se mit à courir en souriant. Seifer l'interpela sous la surprise et se lança à sa poursuite. Il aurait pu le laisser courir, et le rejoindre après, mais il savait que s'il faisait ça, tout sens du jeu se perdrait. Et puis, une course ou un autre, qu'est-ce que ça lui ferait de mal ? Il était en pleine forme. Il rattrapa bien vite le lycéen et le maintint au niveau de la taille. Il remarqua les rougeurs de l'autre garçon qu'il estima être l'effet de la course.

-On fait un tour ? Autant on profitait. Il fait beau, et la nuit de ne va pas tomber avant 20h ou moins, proposa le blond.

-Hum… tant qu'à faire, autant bien se marrer !

- C'était génial ! Faudra qu'on se refasse une sortie du même style ! s'exclama Hayner avant de lécher sa glace.

-J'avoue qu'on a bien rigolé.

Les deux garçons s'étaient enfin posés pour déguster leurs glaces à l'eau mer en haut de l'horloge de la gare. Ils avaient passé leur temps à s'amuser. Seifer avait proposé de faire un tour au parc. Là, ils avaient vu un petit spectacle de magie, fait par un amateur. Hayner avait même participé, ce qui l'avait bien fait rire. Il faisait les choses que le magicien lui disait et ne comprenait rien au tour. Il s'était comporté comme un enfant. Comme son demi-frère. Seifer en avait profité pour prendre des photos avec son portable. Namine se trouvait encore dans le parc à cet instant, alors elle avait pris quelque cliché, aussi.

Ils s'étaient ensuite retrouvés dans les ennuies pour avoir aidé une jolie jeune femme. Ils avaient préféré battre en retraite quand ils avaient appris qu'ils se trouvaient dans le territoire de leurs adversaires. Mais cela n'avait pas duré très longtemps. Ils s'étaient retrouvés encerclés, alors ils avaient dû se battre. Seifer se débrouillait très bien au corps à corps. Contrairement au lycéen, alors il avait dû lui venir en aide à plusieurs reprises. Quand on n'a pas le cerveau, on a les poings. Maintenant, ils pouvaient dire que c'était faux. Le châtain avait un peu des deux.

Dès qu'ils avaient eu fini de se battre, ils étaient tombés dans un tournoi amateur de Struggle, organisé sur la place des fêtes. Chacun s'était retrouvé dans une poule différente, mais ils s'étaient retrouvés face à face lors de la finale que Seifer remporta au désespoir du plus jeune. Hayner adorait ce sport. A chaque tournoi organisé, il y participait. C'était d'ailleurs lui qui avait supplié le blond pour qu'ils y aillent. Le résultat : il était dégoûté. Et pas qu'un peu ! Il avait perdu ! Et pas contre n'importe qui, mais face au blond et en finale !

Après l'effort, le réconfort. Seifer leur avait payé une glace à l'eau de mer comme récompense pour avoir passé une fin de journée ensemble. Il ne se serait même pas douté une seconde que cela se passerait si bien.

-J'espère qu'on fera encore un tournoi de Struggle ensemble. Et là, je te battrai à plate couture !

-Ne rêve pas trop. Je ne me laisserais pas battre aussi facilement.

Ils se regardèrent et se mirent à rire de bon cœur. Ils s'entendaient très bien. Plus qu'ils l'auraient pensé. La vue du coucher de soleil les apaisa tous deux. Ils léchèrent leurs glaces en regardant plus bas. Là où ils s'étaient affrontés quelque minute avant. Un moment glace à l'eau de mer entre deux. Hayner n'avait jamais fait ça auparavant. Il en mangeait qu'en compagnie de ses meilleurs amis. Ou plutôt, de tous ses amis. Ils se mettaient par groupe de trois le plus souvent. Il sourit à cette pensée. Que pouvait-il y avoir de plus merveilleux à cet instant précis ?

-Tu manges vraiment comme un gosse. Tu as de la glace sur le bord de la bouche, fit remarquer Seifer en souriant.

-Vraiment ? C'est parti maintenant ? demanda le dit gosse en essuyant le bord de sa bouche avec sa main.

-Attends. Je vais te l'enlever.

Le blond enleva le bâton de glace fini de sa bouche en s'approchant doucement du lycéen. Quand leurs visages furent assez proches, il enleva la glace du bord de la lèvre d'Hayner en mettant un coup de langue. Le jeune homme rougit en le voyant faire. Et là, ce n'était pas sous l'effet d'un quelconque effort. Les deux garçons s'observèrent en rapprochant inconsciemment leurs lèvres pour finir par les unir. Ils s'embrassaient. Ou plutôt, Seifer venait de l'embrasser. Au lieu d'être surpris, comme pour la première fois, il ferma les yeux pour en profiter. Plaisir qui ne dura qu'un court instant. Même s'il venait d'oublier tout ce qu'il y avait autour de lui. La coucher de soleil, la glace qui continuait de fondre dans sa main, la défaite qu'il venait de subir, l'heure qui s'écoulait trop rapidement dans les meilleurs moments.

Une chose le ramena sur terre : le temps. Il n'en avait plus. Sa mère allait l'achever avec des questions. Il ouvrit les yeux et repoussa le blond d'un coup. Heureusement qu'il ne tomba pas dans le vide.

-Désolé, il faut que je rentre. Il faut qu'on rentre plutôt. Tu as promis de me raccompagner. J'ai pas vraiment envie que ma mère pose trop de question. Et puis, elle t'aime bien. Elle se sentira mieux quand elle verra qu'on est ensemble.

-Allons-y dans ce cas.

Ils se levèrent et partirent. Pourquoi le châtain se sentit-il si… mal d'avoir coupé le baiser d'un coup sec ? Il savait bien qu'il aurait dû le faire de toute manière. Alors pourquoi ce sentiment de manque ? Il ne savait pas. Pour quel raison son cœur battait si vite en la présence du voleur ? Alors… c'était lui la personne qu'il avait attendue ? Ironie du sort. Il ne le supportait pas, et maintenant, il commençait à… l'aimer.

Au milieu de la nuit, la fenêtre d'Hayner s'ouvrit. Une ombre s'introduit à l'intérieur de la pièce. Elle approcha le bureau et prise en main la photo de la vraie famille du lycéen. Elle fut remplacée par une autre image avec un mot en dessous du cadre. L'inconnu s'arrêta pour voir le garçon endormi et le détailla du regard. Il le trouvait mignon. Attendrissant. Inconsciemment, il se rapprocha de lui et déposa un baiser sur ses lèvres.

-'Faudra qu'on se refasse une sortie du genre' hein ? Auras-tu toujours cette envie ?

Sans plus de cérémonie Seifer partit par la fenêtre, en emportant la photo avec lui. La chose la précieuse aux yeux du châtain : sa photo de famille.

Le lendemain matin, Hayner se réveilla en sentant son portable vibrer. Il avait décidé de mettre aussi son portable comme réveil. Denzel ne pourrait pas l'arrêter ; il y avait un code. Et même éteint, il continuait de vibrer. Autant que son portable serve à quelque chose. Il sortit de son lit et alla vers sa photo. C'était la seule chose qui l'encourageait à aller en cours. Mais à la place, il y eut une autre photo. C'était seule prise la veille. Il remarqua le mot dessous et le prit avec hâte.

Je t'avais dis que je n'avais pas encore ce que je voulais. Cette chose, c'était ce qu'il y avait de plus chère à tes yeux. Et c'était cette photo. Maintenant, je peux sortir de ta vie. J'ai supprimé toute chose te permettant de me joindre. Oublie-moi. C'est mieux pour nous.

S.

Alors tout ça n'avait servi qu'à une chose : la vengeance de Seifer. Ils avaient passé du bon temps ensemble pour rien ? Juste pour en finir ainsi ? Hayner s'effondra au sol, en pleurant. Seifer lui avait non seulement pris la chose la plus précieuse à ses yeux, mais aussi son cœur.