Chapitre 3 : Harry et Draco I

Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à JKR et je ne tire aucun profit de tout ça.

Avertissement : Ceci est un slash, càd une histoire d'amour entre homosexuels. Homophobes s'abstenir.

Note de l'autrice : Hum… Milles excuses pour ce retard alors qu'on est qu'au troisième chapitre ? Euh, je n'ai jamais été très douée pour les délais, désolée… Enfin, voilà ça faisait un moment qu'il était écrit mais j'avais du mal à imaginer la suite donc… Enfin, que les allergiques a l'amouuuuuur déchiré se rassurent, on change complètement de registre (génération désenchantée va !) avec un Harry plutôt sceptique sur la vie et l'amour… légèrement obsédé aussi… Enfin, vous verrez. En espérant que ça vous plaira, personnellement je me suis bien marée en l'écrivant et en le relisant trois semaines plus tard

Résumé: Car je sais comment ca fait d'essayer de se rappeller le début d'une fic avant de lire son update... Sirius et Severus sont victimes d'un sort de Réminiscence qui leur fait revivre leur amour avorté. Chacun comprenant l'usage du sortilège décide de se venger de l'autre. Et nous débarquons le lendemain avec un Pov d'Harry.

Bonne lecture !

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Lorsque j'ai vu Blaise se redresser, j'ai compris que la discussion qui allait suivre ne serait pas joyeuse. Il aimait bien les câlins post-sexe et quand il les écourtait, c'était signe qu'il avait pris une décision et qu'il voulait m'en faire part. En trois mois, je commençais vraiment à le connaître et à regretter mes innombrables préjugés sur les Serpentards. Sincèrement, je l'aimais beaucoup mais pas comme on aime son petit ami. C'était surtout de la tendresse car il avait été mon premier (mon mentor comme il s'amusait à dire) et un début d'amitié. Moi-même, je savais déjà que notre relation ne pourrait pas durer mais la perspective de me retrouver privé de lui et de ses câlins m'était très désagréable. Après avoir découvert le sexe entre hommes, j'étais converti et définitivement accro. Et comme c'était aussi le cas pour lui et qu'au dernier recensement nous étions les seuls gays (potables) de Poudlard, c'était en quelque sorte ma seule option. Mais je savais que le sexe pour le sexe ne l'intéressait plus. Un moment, j'avais même cru qu'il tombait amoureux de moi. Pensée terrifiante, je ne me voyais absolument pas tomber amoureux d'un mec. Pour moi, le futur était et restait toujours une femme et des enfants. Blaise m'avait rassuré directement. Il était amoureux d'un homme, à Poudlard, non gay de toute évidence. On n'en avait pas reparlé un moment, mais je sentais qu'aujourd'hui le sujet reviendrait sur le tapis.

- Harry, je t'adore mais il faut qu'on arrête.

J'ai soupiré. Ce n'était pas vraiment une surprise. Il a continué :

- J'aime vraiment ce gars, je ne peux plus le nier alors… Je vais tout faire pour que ça devienne réciproque.

- Je croyais qu'il n'était pas gay, ai-je fait remarquer, avec un manque de tact involontaire.

Il a grimacé mais a quand même répondu à ma question :

- J'essaierai de le faire changer de cap.

Il a eu un sourire amer.

- En espérant réussir ou me décourager et passer à autre chose. Comprend moi, coucher avec toi est… On ne peut plus plaisant mais c'est lui que je veux et personne d'autre donc…

- Je comprends, ai-je menti.

Je ne connaissais pas l'amour, je ne pouvais pas comprendre ce qu'il ressentait mais je pouvais comprendre son raisonnement et le respecter. Mais il restait un malaise. Blaise était mon amant et était devenu mon ami. Je ne voulais pas que tout s'arrête ce soir. Rassemblant mon courage de Gryffondor, je lui ai demandé :

- On reste amis ?

Il y a eu un silence que je me suis senti obligée de briser en explications :

- Oui parce que, comprend moi, coucher avec toi est on ne eut plus plaisant mais je t'apprécie aussi en dehors d'un lit et j'aimerais qu'on reste… amis ?

Il a souri à mon imitation et j'ai compris que j'avais un nouvel ami… Serpentard mais qu'importe. Il fallait modifier mes vieilles habitudes, j'étais trop jeune pour avoir des préjugés. Malgré mes insistances, il n'a pas voulu me dire le nom du garçon mystérieux qui avait ravi le cœur de Blaise Zabini. J'ai soupçonné Draco Malfoy et aussitôt, j'ai plaint Blaise. Qui était plus hétéro que Malfoy ?

A vrai dire j'ai cru que sa démarche romantique durerait deux semaines à tout casser. 1 mois plus tard, il était toujours amoureux transi et j'étais furieusement frustré. Au point de devenir un peu plus agressif avec le monde. Dans un sublime élan de colère, un jour particulièrement lourd, j'ai enfoncé mon poing dans la gueule de Snape. Un vrai moment de bonheur qui me traînerait en retenue pour de longs mois encore mais qu'importe. Je me délecterais toujours de la tête de Snape après que je l'ai frappé. Il faut voir ça au moins une fois dans sa vie. Même si j'ai pensé qu'il allait m'avadakedavriser sur le champ. Blaise avait assisté à la scène et m'a confié après le cours que j'avais un sacré crochet du droit. Puis, comprenant mes frustrations, il me demanda, conspirateur :

- Tu veux que je te présente un gay ?

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Un claquement sourd fit sursauter le Survivant et le reste des élèves, mais ses derniers, attentifs, ne subirent le brusque retour sur terre du garçon.

- Comme vous l'ignorez certainement, il y a, au Département des Mystères, une salle qu'on appelle la Chambre de la Mort. Au centre de cette pièce, on trouve une arcade plutôt vieille sur laquelle est tendu un voile noir en lambeaux. Etrangement, si une personne reste trop près de l'arcade, il finit par entendre les murmures qui s'en échappent. Tous sont convaincus d'entendre la voix des morts, et je dois admettre que…

Il soupira et tandis que Sirius expliquait le mystère de l'arcade au travers de laquelle il avait bien failli passer l'année dernière, Harry Potter, son filleul et élève, rêvassait en regardant la neige tomber par la fenêtre. Depuis sa rentrée, il était un peu amorphe. Sa quatrième rencontre avec Voldemort lui avait laissé un étrange sentiment. La certitude que quoi qu'il fasse, il n'avait pas la moindre chance de faire face au mage noir. Après tout si Dumbledore lui-même ni parvenait pas, comment quelqu'un comme lui pourrait ? L'un ne peut vivre tant que l'autre survit. Qui au juste était occupé à survivre en ce moment ? Les actions du Lord se faisaient chaque jour plus nombreuses, plus violentes et plus audacieuses. A ce rythme, Poudlard finirait par fermer… De nombreux élèves étaient absents depuis le début de l'année, surtout dans les premières et deuxièmes années. Et Harry n'allait pas s'en plaindre. Les plus jeunes avaient la manie agaçante qui consistait à le fixer avec ébahissement dès qu'il passait dans le coin… Un véritable calvaire. Que lui apportait sa vie de Survivant au juste ? De la gloire, la certitude de devenir un héros, une légende (ou de mourir en tant que) de l'admiration, des filles,… ? Autant de choses qu'il ne désirait pas. Sans parler de ses nouveaux amis opportunistes. Les seules personnes qui le considéraient encore comme un type ordinaire, appart Ron et Hermione, étaient Sirius, Snape et Malfoy… Ce qui, pour ses deux derniers, n'avait pas vraiment l'avantage de lui faciliter la vie mais cela faisait plaisir tout de même que certains ne changent pas brusquement d'attitude. Il n'y a parfois que nos ennemis pour nous soutenir, pensa-t-il. Enfin peut-être que Malfoy était désormais à exclure de sa liste des Gens Qui Me Pourrissent La Vie ? A vrai dire, il n'aimait pas trop penser à cette nouvelle relation ambiguë avec le serpentard. Il en avait des maux de tête abominables. Il verrait bien ce que lui réserverait le futur… Si futur il avait. Bref, Harry était depuis quelques temps ailleurs, plongé dans de très pessimistes visions d'avenir mais malheureusement, son air apitoyé perpétuel ne semblait pas décourager les masses. Tout ça à cause de ce surnom stupide et de cette prophétie ridicule…Depuis, même certains Serpentards lui tapaient amicalement le dos dans les couloirs. Parce qu'il était l'Elu.

Quel magnifique héritage.

Sans parler de la nouvelle ambition de son cher directeur : LE CASER !

Vous avez bien lu…

Dans son délire : « L'Amour est plus fort que tout » Dumbledore s'était senti le devoir de faire découvrir à Harry cette fabuleuse histoire…

Une merveilleuse initiative, cela va sans dire. Harry était au comble du bonheur.

Toutes les semaines, il avait droit à des séances spéciales où il apprenait comment tel ou tel sorcier était tombé amoureux de telle autre sorcière et avait vaincu son ennemi de toujours grâce à l'amouuuur tout puissant…

Bon, soyons sincères, un instant.

Il aimait bien le vieux directeur mais de toute évidence, ce dernier commençait franchement à perdre la boule. Vaincre le plus grand des mages noirs grâce à l'amour ? D'accord cela avait marché une fois, mais quelqu'un était mort après tout. Sa mère. Et puis sérieusement, il se voyait mal s'amener vers Voldemort entouré de tous ses mangemorts et le menacer de son amour transcendant.

Possible que Voldy en crève de rire…

Et puis comment croire en quelque chose que l'on a jamais vu, senti ou vécu ? Voilà la question qui hantait Harry en ce début de février. Ça et l'horrible pensée que les contes romanesques de Dumbledore lui trottaient tant et si bien dans la tête qu'il commençait à envier les amoureux. Oui, il désirait tomber amoureux. Mais pas maintenant alors qu'il était considéré comme l'Elu, alors qu'il était à Poudlard, alors qu'il était attiré par des mecs.

C'était un phénomène qu'il n'expliquait pas mais ne rejetait pas non plus. Un beau matin, la vue de Seamus en torse nu l'avait émoustillé et à son grand étonnement, il s'était mis à mater la gente masculine. Comme ça. Il avait suffi d'une rencontre fortuite avec un Blaise Zabini déchaîné, d'une partie de poker arrosé de Whisky Pur Feu, et sa virginité s'était barrée en courant. L'expérience ayant été plus qu'impressionnante, il s'était mis d'accord avec sa conscience pour considérer le fait de coucher avec des garçons comme une expérience à vivre. Il n'était pas homo. Il considérait les homos comme des personnes capables de tomber amoureuses de gens du même sexe. Or, ce n'était pas son cas, il profitait simplement de plaisir donné par un partenaire homme. Qui que ce soit.

Harry eut un rire amer en repensant à son amant actuel puis soupira de nouveau en regardant la neige s'accumuler sur les remparts de la fenêtre. Le résultat restait le même. Entre ses aventures sexuelles et son dernier amour (à savoir deux rendez-vous foireux avec l'attrapeuse de Serdaigle) il ne pouvait pas vraiment prétendre en connaître beaucoup sur l'amour. Et si l'amour ce n'était que ça…

- Je suis déjà mort, marmonna-t-il avec un sourire sombre.

S'il n'avait pas été profondément plongé dans ses pensées, il aurait certainement entendu quelqu'un murmurer que « L'Elu parlait tout seul ». Mais rapidement, des rires retentirent dans la salle et le forcèrent à quitter ses pensées accaparantes pour entendre son parrain dire en concluant visiblement son cours :

- Merlin soit avec vous pour trouver l'Amour !

Harry soupira à nouveau. L'Amour le poursuivait apparemment. Rangeant ses affaires sans vraiment regarder, il croisa le regard beau acier de son ennemi de toujours, un grand blond au teint pale comme la neige qu'il avait observé tomber plusieurs minutes auparavant. Il fronça les sourcils en une question muette : « Qu'est ce qu'il y a ? » Malfoy n'avait pas l'habitude de le regarder comme ça. Préparait-il quelque chose ? Harry pouvait voir un demi sourire sur son visage. Soudain le blond lui jeta un regard suspicieux qui signifiait clairement : « Pourquoi tu me mates Potter ! »

C'était l'hôpital qui se moquait de la charité ! Le Survivant leva les yeux aux ciel, exaspéré que Malfoy puisse faire preuve d'autant de… mauvaise foi parfois. Harry rigola silencieusement pour son jeu de mot lamentable et prit le chemin du couloir en pensant qu'il devenait vraiment pathétique. Hermione et Ron devait déjà l'attendre à la Grande Salle. Il préférait laisser les jeunes amoureux seuls pendant les cours car soit ils se disputaient, soit ils se tripotaient et, l'un où l'autre, ça finissait toujours pas l'exaspérer. Il s'était donc relativement détaché de ses deux meilleurs amis pour se contempler dans ses lamentations silencieuses. A ce propos, il devait parler avec Luna de sa nouvelle théorie sur la théorie de la relativité. Il n'était pas vraiment d'accord avec Einstein sur ce…

Soudain, il sentit une main froide lui agripper le bras et il se retourna brusquement pour faire face à Malfoy. Un instant, son esprit ne put se concentrer que sur une seule chose. Comment les mains de Malfoy pouvaient-elles être si douces ? Avant de se souvenir qu'on parlait d'un Malfoy et que le fils comme le père devaient se faire manucurer toutes les semaines.

Il reprit ses esprits et ses yeux questionnèrent les prunelles froides et indéchiffrables caractéristiques de Malfoy.

- Redescend sur terre, Potter. Le match n'est que dans 2 heures. Black t'appelle, dit-il simplement de sa voix traînarde caractéristique elle aussi.

Les caractéristiques de Malfoy, il les connaissait par cœur. Esprit calculateur, visage impassible, regard froid, sourire faux, voix traînarde, petit cul adorable,…

Mmh, il s'égarait…

L'instant d'après, le jeune homme était déjà parti. Harry se tourna vers son parrain qui semblait contrarié mais exalté en même temps. Etrange comme son parrain pouvait exprimer sans difficulté deux émotions complètement contradictoires sur son visage. Tandis que ce dernier s'affairait à ranger ses cours et les devoirs de ses élèves, Harry s'assit sur un banc et attendit patiemment. Sirius semblait réellement content mais ses mains tremblaient légèrement. Et il était avachi, fait indiquant sans équivoque que quelque chose n'allait pas.

- Sirius ? demanda-t-il au bout d'un moment.

Il y eut un grognement en réponse tandis que le dernier des Black cherchait sa plume favorite dans tout son fatras. Harry avait vu cette classe se transformer à chaque nouveau professeur mais jamais elle n'avait été si bordélique et paradoxalement, si géniale. Sirius était vraiment le meilleur prof qu'il aie eu jusque là et il n'y avait pas que lui pour le penser. Même en oubliant que le trois-quarts des filles qui l'aimaient surtout pour cette façon affreusement sexy que Sirius avait de ramener ses cheveux en arrière d'un geste dédaigneux à tout bout de champ, il restait l'un des prof les plus appréciés de toute l'histoire de Poudlard. Et on espérait également que la malédiction n'aurait pas raison de lui. Harry, surtout. Avoir son parrain à ses côtés tous les jours, était une source de bonheur incontestable. Bien sur, Sirius ne cessait de hurler à qui voulait l'entendre qu'il ne pouvait plus supporter l'odeur pestilentielle de Servilo dans les cachots, mais Harry savait bien qu'il aimait son poste et ses élèves, plus qu'il ne le montrait.

- Sirius. Dis moi ce qu'il s'est passé.

Ce n'était pas une question. Sirius arrêta de retourner son bordel et regarda Harry, surpris.

- Je suis si transparent ?

- Je te connais c'est tout, fit Harry en souriant. Alors ?

- Alors Snape, Snape, Snape et encore Snape, répondit-il avec agacement.

Harry poussa un soupir et leva les yeux aux ciel, excédé. Snape et Black. L'éternelle rengaine.

- Le sermon de Dumbledore ne vous a pas suffi hier matin ?

En effet, le directeur avait hurlé dans la grande salle sur ses collègues pour leur rappeler combien leur attitude était puérile et ridicule. Evidemment, ni Snape, ni Sirius n'avait osé rien dire chacun accusant le coup, honteux de se faire réprimer, premièrement par l'une des personnes qu'ils estimaient tous les deux le plus, ensuite comme des enfants turbulents et enfin face à l'école toute entière.

- Encore la faute de ce rat d'égout, cracha Sirius férocement.

C'est lorsqu'il prenait cette expression là, qu'Harry voyait sa ressemblance avec Patmol.

- Vous ne trouvez pas que vous exagérez avec votre haine éternelle ?

Regard noir de Sirius.

- Je pourrais dire la même chose de toi et Malfoy.

Harry rougit légèrement mais ne se démonta pas :

- Ce n'est pas la… même chose.

Vraiment pas.

- J'espère bien, dit soudainement son parrain, un air horrifié collé au visage.

Harry observa ce dernier avec suspicion. A quoi pouvait-il bien penser, juste là ? C'était dans ses moments là qu'Harry regrettait de n'être qu'un pitoyable Legimens. Il renonça finalement et se balança sur le banc avant de demander :

- Tu voulais me parler, sinon ?

- Mouais, grognât-il, encore vexé pour Merlin-Sait-Quoi, on t'a parlé de la semaine valentine ?

Harry eut un frisson d'anticipation. Il ne le sentait pas.

- Non.

Sirius éclata de rire et se contenta de dire :

- Ben, tu verras par toi-même alors. C'était une coutume très répandue le siècle passé alors j'ai proposé à Dumbledore de réitérer la tradition. Et puis ça emmerdera Servilo et ça, c'est une excellente chose. Evite juste de… prononcer des noms non désirés, d'accord ? Au fait, bonne chance pour le match.

- Je n'ai pas besoin de chance pour vaincre Malfoy, ricana Harry en se relevant.

Sirius plongea son regard azur dans celui du jeune homme, mortellement sérieux d'un coup.

- Ne sous-estime jamais tes ennemis Harry. Jamais.

Etait-ce de la tristesse qui pointait dans sa voix ? Harry soupira, son parrain était et resterait un mystère vivant. Il se dirigea lentement vers la porte quand son parrain l'interpella.

- Dis Harry ?

- Mmh ?

- T'as l'air dans la lune ces temps-ci. Tu ne serais pas amoureux ?

Sourire goguenard de l'ex Gryffondor à son filleul au visage exaspéré. Harry finit par sourire également lui-même. Merlin, lui, amoureux ? Mais de qui ? Malfoy !

Trop drôle. Réprimant un fou rire, il répondit avant de sortir :

- T'inquiètes, Dumbledore veille déjà au grain de ce côté-là.

°oOo°oOo°oOo°

- Bon, commença-t-il en passant sa main dans ses cheveux nerveux, je suis pas doué pour ça, mais j'essaie. Les Crivey vous battez tout ce qui bouge d'accord. N'hésitez pas à péter le nez de Malfoy s'il s'approche trop du Vif par Merlin-Sait-Quel-Miracle. Et essayez de déranger un maximum le gardien tout en protégeant nos jolies poursuiveuses (clin d'œil à Ginny, Katie et Dana, ses trois poursuiveuses de choc). Alors vous, ben, vous marquez tout en faisant attention aux poursuiveurs adverses, on sait tous de quoi ils sont capables. Enfin, Ron, tu ne laisses pas passer le Souaffle, comme d'hab.

- Et toi Harry, tu laisses tomber les discours parce que tu es trop nul et tu nous laisses faire notre job pendant que tu t'occupes du tien, compris.

- Mouais, grommela ce dernier, un peu vexé avant de rajouter, Rappelez vous qu'il est HORS DE QUESTION QU'ON PERDE CONTRE LES SERPENTARDS.

Les autres l'approuvèrent avec de grand sourires, tous confiants, et quelques minutes plus tard, il se retrouvait face aux prunelles froides de Draco Malfoy pour la troisième fois de la journée.

Faudrait pas que ça devienne une habitude, pensa-t-il tandis que pour la deuxième fois de sa vie, Malfoy lui tendait sa main. Il la serra, étonné que le Serpentard n'essaie pas de lui broyer les phalanges. En réalité, il avait un regard étrange, inhabituel et inquiétant qu'il n'arrivait pas à déchiffrer. Mais son inquiétude disparut dès qu'il s'élança dans les airs. Il virevolta quelques instants avant de partir à la recherche du Vif. Il évita de regarder en direction de ses joueurs car, aux entraînements, il lui était souvent arrivé d'oublier complètement le Vif pour se concentrer sur son équipe. Aucun doute que si un entraînement lui faisait oublier son rôle, un match contre Serpentard réussirait aussi à le détourner de sa recherche. Mais quelques minutes plus tard, il du admettre que quelque chose n'allait pas. Malfoy n'était pas en train de le suivre comme à son habitude mais voletait trois mètres plus bas, beaucoup plus intéressé par le match visiblement. Harry reprit sa recherche, furieux sans vraiment savoir pourquoi. Depuis quand Malfoy le niait-il comme ça ? Après quelques slaloms entre les gradins, n'y tenant plus il descendit et s'arrêta à autre du blond.

- Laisse moi gagner tant que tu y es ! siffla-t-il.

Malfoy ne lui accorda pas la moindre attention, ce qui exaspéra encore plus le Gryffondor, toutes son attention était sur Blaise qui tenait le Souaffle et fonçait vers les buts. Harry détourna malgré lui son attention sur le match, cherchant des yeux un des Crivey qui pourrait déstabiliser Blaise. Il remarqua alors Ginny qui fonçait droit sur le Serpentard et Harry l'encouragea à voix basse :

- Allez Ginny, pas de pitié, je ne veux pas voir son sourire de vainqueur.

Malfoy eut un rire moqueur avant de dire à l'attention de l'attrapeur :

- Aucune chance, Potter. Blaise est le meilleur !

Harry ne répondit rien, Ginny venait de faire une descente en piqué involontaire due à un cognard bien placé mais elle avait réussi à redresser au dernier moment. Blaise, lui, était face au but, il tira mais Ron bloqua admirablement le Souaffle et le renvoya à Dana. Quelques instants plus tard, elle marquait et le score devint un 120 à 10 pour Gryffondor. Dana était une seconde année incroyablement douée sur un balai, il avait fait un excellent choix. Un cognard frôla soudain la tête de Harry et heurta de plein fouet le bras de Malfoy. L'attrapeur Serpentard poussa un cri et Harry chercha des yeux, un batteur. Il comprit en voyant le signe que lui fit Dennis.

- C'est comme ça que tu entraînes ton équipe Potter ? cria Malfoy furieux.

Harry ouvrit la bouche pour lui rétorquer que Dennis avait tous les droits de lui envoyer un cognard quand la voix de Madame Bibine retentit dans le stade :

- FAUTE ! Penalty en faveur des Serpentards !

- Quoi ! s'indigna Harry, dégoûté.

- EVIDEMMENT FAUTE POTTER ! Attaque injustifiée à un attrapeur adverse, ça ne te dit rien ! cria à nouveau le blond se tenant le bras.

Harry y jeta un coup d'œil. La protection avait été arrachée par le Cognard. Son bras était surement cassé et l'attrapeur pouvait aisément imaginer la douleur de Malfoy mais bizarrement, il éclata de rire. Voir Malfoy perdre son masque d'indifférence juste pour une question de règlement, était hilarant.

- Tu te moques de moi, en prime ? siffla Malfoy en lui fonçant soudain dessus.

Le reste se passa en quelques secondes. Harry, qui n'arrêtait pas de rire, perdit l'équilibre et se sentit glisser dans le vide. Il essaya d'attraper son Eclair de Feu mais sa main glissa du manche. Puis, une main saisit fermement son bras, et le retint d'aller s'écraser quelques mètres plus bas. Harry (qui ne rigolait plus bien sur) s'y accrocha avant de croiser le visage crispé d'un blond au-dessus de lui.

Il était retenu dans le vide, par Malfoy !

Ce dernier était apparemment trop concentré sur sa propre douleur pour voir le surréalisme de la situation. Il dit néanmoins :

- Arrête d'espérer, Potter ! Je ne te laisserai pas échapper à ta future défaite en faisant une chute !

Le score étant de 160 à 20, Harry était plus que sceptique quant à une victoire de l'équipe Serpentard mais dans la mesure où c'était leur capitaine qui l'empêchait de tomber dans le vide, il se tut…

Malfoy l'aida péniblement à se remettre sur son balai. Une fois en équilibre dessus, Malfoy lui dit, méprisant :

- Tu devrais faire un putain de régime, Potter !

La vulgarité du blond l'étonna mais il vit le visage cireux du jeune homme et comprit qu'il avait été rattrapé par le bras blessé de Malfoy. Harry se sentit inexplicablement touché mais le cacha bien. Devait-il le remercier ? Il préféra changer de sujet :

- Nott est nul devant les buts.

- Je ne suis pas aveugle ! répliqua le blond la voix rauque.

- Alors pourquoi l'avoir mis gardien, s'étonna Harry soucieux d'oublier ce sentiment de reconnaissance qui l'envahissait.

- Pour des raisons moins futiles que l'issue d'un match mais je doutes que tu puisses…

Il s'arrêta soudain et plongea en piqué. Harry mit quelques secondes à comprendre le geste de Malfoy et il se maudit d'avoir été si négligeant. Il s'élança à sa poursuite, mais su qu'il était déjà trop tard. Déjà, des cris de victoire retentissaient dans les rangs Serpentards bientôt suivit de ceux de Gryffondor qui comprenait, à retard, qu'ils avaient gagné le match. En effet, le score final était 180 à 170. Harry resta figé d'horreur, voyant Malfoy descendre précipitamment de son balai, le vif frétillant dans la main. Son équipe le rejoint et ils eurent quelques remarques destinées à réconforter leur capitaine :

- Malfoy est complètement stupide d'attraper le vif à ce moment là ! tenta Katie.

Harry était déjà au sol. Il se dirigea vers Malfoy, qui souriait malgré les airs dépités de ses joueurs.

- Tu as fait perdre ton équipe, dit-il d'un ton furieux.

Malfoy détourna son attention de la petite balle dorée pour afficher un sourire de vainqueur à Harry. Leurs regards s'affrontèrent un instant avant que Malfoy ne déclare :

- Comme si c'était ce qui importait…

Et il le dépassa sans se soucier plus du Survivant. Ce dernier resta là, furieux et abasourdi. Gryffondor avait gagné contre Serpentard et Harry Potter avait perdu contre Draco Malfoy. Qui avait un bras cassé. Qui n'avait pas triché. Journée de merde, pensa-t-il avant de se décider à rentrer au dortoir. Il n'était pas d'humeur à fêter leur « victoire ». Il marcha tête baissée rapidement pour quitter le stade et entra dans le château. Il fut aussitôt assailli par une multitude de rose. Le château s'était métamorphosé en son absence. Les murs étaient désormais décorés par de grands foulards roses, de banderoles roses, de cœurs roses, d'angelots en tenue roses. Une minute… Des angelots ?

Une dizaine de ces créatures l'entourait maintenant. Harry les observa plus qu'étonné. Elles devaient faire à peine un mètre et ressemblaient à des humains en plus petit. A bien y regarder, les créatures ressemblaient plus à des angelotes qu'à des angelots. Elles portaient des petites toges roses bonbon qui ne cachaient pratiquement rien et surtout pas leurs petites ailes immaculées. Elles avaient toutes de longs cheveux bouclés d'un blond presque blanc et un visage angélique et pur. Elles lui souriaient. Il leur sourit en retour, incapable de rester de marbre devant des créatures si mignonnes.

- Harry Potter ? demanda l'une d'entre elle.

Il hocha la tête, curieux. Avec une synchronisation hallucinante, les dix angelotes claquèrent des doigts et Harry se retrouva avec dix colliers autour du cou. Il les regarda, incrédule.

- Qu'est ce que… ?

C'étaient des colliers de perles en forme de cœur rose, tout simplement horribles.

- Voulez vous aller au bal avec Ginny Weasley ? demanda l'une des angelotes.

Il la regarda, complètement perdu et ne pu articuler que :

- Un… bal ?

- Le bal de la Saint Valentin qui aura lieu ce samedi. Voulez vous aller au bal avec Milicent Bulstrode ? expliqua et demanda une autre angelote.

Quelques instants après, il devait répondre à huit autres demandes émises par quatre illustres inconnues, Parkinson, Anna Abbot et Michael Corner. Il eut un frisson imperceptible en entendant un nom masculin et sentit sa fureur décupler en même temps. Pourquoi tout le monde voulait l'inviter à ce bal stupide ? Parkinson et Bulstrode en premier ! Et Ginny ! A quoi pensait-elle ? Elle sortait toujours avec Dean, non ? Il se contenta de rester donc silencieux face aux angelotes. Mais un rire moqueur brisa le silence. Il se retourna et vit Draco Malfoy entouré de Serpentards et d'autres élèves qui rentraient au château. Le blond tenait toujours le vif dans sa main gauche et regardait Harry avec un grand sourire moqueur.

- Jolis colliers Potter !

Harry allait répliquer quand il vit quatre angelotes se diriger vers Malfoy.

- Draco Malfoy ?

Il hocha la tête visiblement surpris. Puis regarda d'un air dégouté les quatres colliers autour de son cou.

- Voulez vous allez au bal avec Parvati Patil ?

Le Serpentard sembla à peine étonné et parut réfléchir avant de répondre :

- Non, mais si c'était sa sœur…

Aussitôt, un des colliers disparut de son cou.

- Voulez vous allez au bal avec Samantha Goldstein ?

- Eurk, non merci, vous avez vu son frère ?

Harry eut un petit rire, comme Blaise. Il croisa son regard et ils se sourirent.

- Voulez vous allez au bal avec Blaise Zabini ?

- Quoi ! fit le premier concerné. Mais j'ai jamais demandé à Draco de…

Il fut interrompu par une main sur sa joue. Malfoy caressa la joue de son meilleur ami, visiblement très amusé et dit :

- Désolé Blaise chéri mais je vais devoir refuser.

Harry les regarda tous les deux en se demandant s'ils avaient déjà eu quelque chose ensemble.

- Voulez vous aller au bal avec Ginny Weasley ?

A sa grande horreur, le Serpentard eut un sourire appréciatif.

- La fille Weasley, hein ? C'est vrai qu'elle est bien roulée, je...

- Draco Malfoy, je t'interdis ne serais que de penser accompagner Ginny, hurla Harry.

Il était très protecteur envers la jeune fille et rien que de l'imaginer avec… Dégoûté, Harry chassa ses images de sa tête et regarda la onzième angelote qui venait d'apparaître. Elle claqua des doigts et un autre collier apparut autour du cou de Malfoy.

- Voulez vous aller au bal avec Harry Potter ?

Il eut soudain un immense silence dans le couloir. Harry avait arrêté de respirer, mortifié. Malfoy le regarda dans les yeux :

- Tu es complètement débile, Potter ?

Harry balbutia :

- Je… J'ai… J'ai rien fait !

- Visiblement si, Potter, fit remarquer Blaise, très amusé bien sur par tout ça.

Mais personne ne remarqua son ton plein de sous-entendus car tout le monde était occupé à attendre la réponse du Prince des Serpentards. Ce dernier regardait de nouveau l'angelote. Il le vit bouger la tête imperceptiblement de gauche à droite en murmurant un « non » que personne n'entendit. Mais l'angelote sembla comprendre et alors qu'Harry pensait qu'elle allait s'en aller, il la vit soudain rayonner et se transformer… En diablotine. Une fourche impressionnante apparut dans sa main et elle menaça Malfoy du bout. Il recula, plus livide encore que quelques minutes auparavant. Le reste des élèves regardaient la scène passablement étonné et impressionné par la diablotine. Elle lui dit d'une voix qui n'avait plus rien de mignonne :

- Etes vous bien sur de vouloir émettre un cinquième refus pour l'invitation d'Harry Potter ?

Le silence revint dans la salle, car lorsque de nouveaux élèves rentraient, ils se taisaient directement et observait la scène. Harry observait Malfoy. Il ne l'avait jamais vu si désemparé. Au bout d'un moment pourtant, le visage de Malfoy reprit son air arrogant et hautain habituel et un grand sourire naquit sur ses lèvres. Un sourire machiavélique.

- Très bien, si Harry Potter me veut, Harry Potter m'aura.

Aussitôt la dizaine de colliers autour du cou de Harry disparut en même temps que les deux autour de celui de Malfoy et la diablotine redevint une angelote. Elle sortit un immense parchemin de nulle part et y inscrivit quelque chose avant de disparaître. Les diverses angelotes qui avaient assailli Harry et Malfoy se dispersèrent, et de nouveau collier ne tardèrent pas à apparaître sur les coups des autres élèves. Harry évita le regard moqueur de Malfoy et s'appuya contre la muraille. Il n'osait pas croire à ce qu'il venait de se passer. A son grand soulagement, Hermione et Ron entrèrent dans le château à leur tour. Et deux angelotes vinrent les voir. Un collier apparut sur le coup de chacun des gryffondors et une première créature demanda à la jeune femme si elle voulait accompagner Luna Lovegood au bal. La jeune fille sembla surprise puis accepta avec un rire. Elle dit même :

- Qui aurait cru que Dumbledore rétablirait la semaine Valentine ?

Elle s'attira les regards surpris de plusieurs élèves mais Harry ne s'y attarda pas, il avait tout le temps de questionner Hermione plus tard. Une autre scène avait attiré son attention. Pendant les déclarations sibyllines de la Gryffondor, une angelote avait demandé à Ron s'il voulait aller au bal avec Blaise Zabini. Harry avait tiqué au nom de son ami et craignait maintenant la réaction de son meilleur ami. Il espérait qu'il n'aurait pas une réaction trop… homophobe.

Mais Ronald semblait complètement mortifié. Il regarda l'angelote un moment avant de se tourner vers une Gryffondor de sixième année qui s'appelait Kana Jefferson. Il lui demanda son nom. Elle le lui donna et il le répéta. Personne n'observait son manège, trop occupés à répondre à leurs propres demandes. Une angelote apparut face à la sixième année, qui rougit en entendant :

- Voulez vous aller au bal avec Ronald Weasley ?

Elle regarda le concerné, éberluée avant de répondre un petit oui timide sous le regard implorant de Ron. Aussitôt que l'angelote écrivit quelque chose sur un énorme parchemin, leurs colliers disparurent et Ron se tourna avec appréhension vers l'angelote qui lui avait demandé s'il voulait aller au bal avec Blaise. Il vit plus qu'il n'entendit son meilleur ami soupirer de soulagement en voyant l'angelote s'en aller. Il entendit alors un bruit sourd derrière lui et remarqua qu'une des plantes roses étaient tombée toute seule. Il regarda ensuite Blaise qui se tenait à côté, visiblement contrarié et puis Malfoy poser sa main sur l'épaule de son ami avant de l'entraîner dans les couloirs. Surement pour aller à l'infirmerie, pensa le Survivant. Malfoy avait toujours le bras en charpie. Il les regardait s'éloigner quand il sentit la présence de ses amis à ses côtés.

- Harry ? demanda Hermione d'une voix douce et inquiète.

- Moui ? marmonna celui-ci, un peu perdu dans ses pensées.

- Pourquoi il est écrit le nom de Malfoy sur ta paume ?

Harry jeta un coup d'œil à sa main et soupira. En travers de sa paume le nom « Draco Malfoy » brillait d'une encre rouge sang.

Journée de merde, pensa-t-il une nouvelle fois.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Voilà, la longueur compense le retard. Non? snif snif... Bon, le chapitre 4 est écrit et tapé donc vus l'aurez samedi prochain et euh... Ma bonne résolution de l'année est de respecter les délais (à commencer par ceux des autres).