Bonjour mes lapins.

Voilà pour la conclusion de cette fiction. Je vous souhaite une bonne lecture, j'attends toutes vos réactions!

On se retrouve en bas!

Wasab-chan : merci pour ton petit mot, je suis contente que ça te plaise! J'espère que la suite te conviendra! =D

PF : Et oui, en ce moment j'ai une crise d'inspiration, profitons-en avant que ca ne disparaisse ...


30 mai 2016 02:40

Le trajet du retour se fit dans le calme. Wade observait le paysage défiler par la fenêtre de la voiture, songeur. Une fois arrivés, l'adolescent s'&assit sur le rebord du lit, étrangement grave.

- Hey, doc. On est demain.

Il fallut une seconde pour que Peter comprenne ce qu'il entendait par là. Leur discussion, un peu plus tôt dans cette même chambre, lui revint en mémoire. " Demain, si tu es sage".

- Tu sais que c'est impossible, répondit-il plus sérieusement.

Il s'approcha du garçon, assis sur le rebord du lit. Il s'installa à côté de lui.

- Je ne peux pas.

- Je sais, répondit l'autre, laconique. Mais vous savez, dans mon cas, on est du genre à s'accrocher aux espoirs impossibles. Sinon, on devient fou.

Wade tendit ses longs doigts blancs vers le praticien. Peter hésita, les serra quelques secondes entre les siens.

- La vie est pleine de surprise. Peut-être quand tu auras dix ans de plus et que tu seras un soldat à l'autre bout du monde?

Wade hocha lentement la tête. Son mal-être serra la gorge du psychiatre.

- Veux-tu que je reste à tes côtés cette nuit? J'éloignerais les cauchemars.

L'éclat de fierté emplit les prunelles bleues de l'adolescent.

- C'est bon, je vais me débrouiller. Rentrez chez vous, M'sieur. Vous avez déjà assez donné.

Un brin de satisfaction chatouilla l'estomac de Peter, en voyant de nouveau le courage qu'il lui connaissait au fond de ses yeux. Il ne baisserait pas les bras maintenant.

- Mais dans dix ans, quand je serais soldat à l'autre bout du monde, vous m'en devrez une. Et là on pourra passer la nuit ensemble, si vous voyez ce que je veux dire.

Peter ne put s'empêcher de sourire.

- Ne lâche rien. A demain alors, Wade.

-Bonne nuit. Rêvez pas trop de moi!

Peter lui serra l'épaule, puis se redressa, se dirigeant vers la sortie de la chambre. Un choc brutal dans son dos le retint avant qu'il ne franchisse le pas de la porte. Il sentit les bras minces l'entourer, la tête reposer contre sa colonne vertébrale. Il resta immobile un moment, avant de se décaler lentement pour faire face à l'adolescent.

Mû par une soudaine inspiration, il lui rendit son étreinte, serrant les épaules entre ses bras, laissant la tête s'appuyer contre sa clavicule. Les doigts s'accrochaient à l'arrière de sa chemise avec force, comme un noyé se retient à un rocher glissant. L'instant s'étira, quelques minutes de douceur et de bienveillance.

Wade consentit à le relâcher, et évita son regard, se dirigeant vers son lit pour se glisser entre les draps. Il s'allongea sur le côté, face à la fenêtre, dos à Peter.

- Merci, M'sieur.

Cette simple phrase, parfaite dans sa sobriété, n'attendait aucune réponse. Sans un mot, Peter se coula hors de la chambre.


30 mai 19:40

Il était 19:40 lorsque le chirurgien frappa à la porte du bureau de Peter. Celui ci sursauta, ouvrit rapidement la porte.

Il comprit avant même que l'autre n'ai besoin de prononcer le moindre mot.

Ses épaules s'affaissèrent, il lui sembla évoluer dans un autre monde, un monde flou, et imprécis, un monde de ténèbres croissantes. Le chirurgien avait l'air épuisé, abattu. Il lui tapota l'épaule en signe de compassion, quitta la pièce après quelques autres phrases convenues que Peter n'écouta pas.

Il se laissa tomber sur sa chaise, la tête entre les mains.

Et il pleura.

Il n'était plus l'adulte de vingt-huit ans, brillant diplômé d'une célèbre école de médecine et major de sa promotion, il n'était plus le psychiatre rationnel et posé dont il portait le masque. Il n'était plus qu'un être humain rongé par le chagrin, et il pleura. Longtemps.

Une infirmière gratta à sa porte. Elle entra sans qu'il le lui demande. C'était une petite blonde, qui s'occupait aussi de Wade. Elle aussi était abattue. Elle lui prit la main, il la serra sans vraiment y prêter attention. Elle lui parla, mais les mots n'avaient plus de sens et il ne comprit pas. Elle lui tendit une enveloppe, parla encore, la déposa en face de lui, sur son bureau, parla encore, puis quitta la pièce.

Un bourdonnement noyait ses oreilles.

L'enveloppe était rouge et, une écriture appliquée, à l'encre noire, indiquait :

"Peter Parker"

Il essuya ses larmes dans la manche de sa blouse, et ses doigts tremblants décachetèrent l'enveloppe avec précaution. Une feuille de papier pliée en trois l'attendait. S'il ne connaissait pas cette écriture, légèrement penchée et alambiquée, il reconnut le ton dès les premiers mots. Sa gorge se serra tant qu'il crut ne jamais pouvoir respirer à nouveau.

" Salut, M'sieur.

Bon, ben en fin de compte, il semblerait que ce coup-ci, ce soit Francis qui gagne.

C'est la vie, une vaste blague, un grand jeu où on peut jamais dire à l'avance qui va l'emporter. Comme on dit, l'important c'est de participer, n'est-ce pas?

J'vous aime bien, vous êtes cool, alors je vais vous donner un conseil.

Arrêtez de chialer, déjà. Il est passé où votre courage légendaire, à vous?"

Peter fut obligé d'interrompre la lecture, un maigre sourire perçant à travers ses larmes alors qu'il pouvait presque entendre Wade prononcer ces mots.

" Non, sérieusement, ça va. Pour moi, le plus dur est fait. Pas de raison d'être triste pour moi, c'est plutôt moi qui suis triste pour vous.

Bon, bref. C'est pas ça que je voulais dire. Pour un premier patient, je vous en aurais fait baver, hein? Jusqu'au bout. Et c'est ça que je voulais dire, justement.

C'est votre métier. C'est qui vous êtes. Je suis le premier, je ne serais pas le dernier. Vous allez me dire, " comment je peux continuer, je suis pas sûr de pouvoir supporter ça". Et moi je vous réponds que si, vous pouvez. Vous DEVEZ. Vous ne vous y habituerez jamais vraiment, mais c'est la vérité. Psychiatre dans un hôpital pour enfants, vous allez en chier. Mais faut pas baisser les bras. Maintenant, il faut penser à ceux d'après. Aux autres que vous allez aider.

Car vous m'avez aidé, Doc. Vous avez fait plus pour moi que n'importe qui en ce monde. J'avais besoin d'un ami, et vous étiez là. Vous êtes pas bêtes, vous avez jamais vu mes parents ici. J'ai pas eu une enfance marrante, voyez-vous. Mais j'ai rencontré des gens biens. Vous, par exemple.

Je sais que ça va être dur pour vous, de retourner au boulot demain. De voir la chambre où j'étais. Si vous étiez mort, je serais effondré. J'ai pas la prétention de croire être important pour vous, mais quand même. Vous êtes un chic type. Vous avez de l'empathie. Je sais que ça vous affecte.

Ca va être dur, donc. Mais vous m'avez pourri pour que je ne baisse pas les bras, alors c'est mon tour.

Ne baissez pas les bras.

Vous allez continuer à faire votre job. Et vous le faites super-bien. Vous aidez les gens. Vous pouvez pas les sauver à chaque fois, mais vous leur faites du bien. Vous aviez raison. C'est ça, être un vrai super-héros. C'est donner du courage, et de l'espoir. Réussir à continuer, même lorsqu'on ne parvient pas à sauver les gentils. Et vous en êtes un, pour moi, de super héro.

Allez, doc. Je vais me coucher.

Pleurez pas, j'vous dit. J'espère qu'on se reverra. Dans très longtemps, bien sûr.

A une prochaine.

WW."

Peter lut et relut la lettre, une dizaine, une centaine de fois, jusqu'à la connaître par cœur. Il était plus de 22.00 lorsqu'il consentit à quitter son bureau, les yeux secs d'avoir versé tant de larmes. Il allait partir, mais ses pas le menèrent machinalement vers la chambre 212. Les rares affaires du jeune homme étaient sagement entassées au pied du lit. Une trace de parfum dans l'air, une bouteille d'eau à moitié entamée, un pull rouge et noir...

En fermant les yeux, Peter pouvait presque ressentir sa présence, deviner une silhouette affalée sur la chaise, ou en train de faire des pompes, ou encore occupée à préparer un mauvais coup pour les aides soignants. En fermant les yeux, il pouvait presque entendre son rire. C'était douloureux.

Il éteignit la lumière, laissant la pièce plonger dans l'obscurité. Un murmure rauque porté par son souffle traversa la chambre.

- A une prochaine, gamin.


15 juin 2016, 22:40

Le générique de fin égrenait des noms par dizaine. Autour de lui, les spectateurs se levaient, enfilaient leurs manteaux, débattaient du film avec agitation. Snake-man.

Peter resta assis sur son siège, plongé dans l'obscurité, alors que les gradins se vidaient. Bientôt, il fut seul, devant le grand écran noir où s'affichaient les derniers sponsors ayant participé à l'élaboration du film. Peter tourna la tête à droite, vers le siège vide à côté de lui. Son regard se posa sur l'accoudoir, il imagina la main de Wade, plongée dans un paquet de bonbons aux couleurs chimiques.

La lettre de l'adolescent ne l'avait pas quitté, pliée bien soigneusement dans la poche intérieure de son blouson. Il se savait incapable de s'en défaire. Elle resterait là, contre sa peau, jusqu'à ce que l'encre s'efface, jusqu'à ce que le papier jaunisse. Un rappel constant. Il la prit avec précaution entre ses doigts, ne la déplia même pas. Il en connaissait la moindre virgule par cœur. Demain, il retournerait à l'hôpital. Pour la première fois depuis que... Il déglutit avec difficulté.

C'est Wade, qui avait raison. C'était l'adolescent, le vrai héro de l'histoire. Lui et tous les autres.

Pas de bravoure sans peur.

Alors, il y retournerait, et il ferait au mieux. Car, là bas, au Stollery Children's Hospital, des dizaines de petits héros attendaient, courageux chaque jour face à l'adversité. C'était son devoir, de prendre sur lui et d'avancer.

L'écran s'éteignit complètement, les lumières se rallumèrent.

Peter songea à Wade Wilson, qui ne serait jamais soldat à l'autre bout du monde.

Il déposa un baiser, fugace, sur le papier blanc.


Voilà pour cette fiction mes lapins, c'est déjà la fin...J'espère que vous avez passé un bon moment de lecture.

Je suis désolée de ne pas vous avoir prévenus qu'il s'agissait d'une death-fic, mais je trouve que l'annoncer directement gâche le scénario. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop.

Sinon, certains d'entre vous étaient un peu surpris par leur différence d'âge au début de cette fic. Est-ce toujours un problème? Dites-moi, c'est un sujet tabou que j'ai abordé, mais pour moi la moralité de Peter reste intacte, donnez-moi votre avis!

Voilà, je retourne à des choses plus légères (enfin, autant qu'on puisse parler de légèreté sur les cercles, mais au moins pas de morts xD ).

Dites moi tout!

Des bisous,

Laukaz