Fandom : Kuroko no basuke
Titre : De l'art d'utiliser un pyjama
Disclaimer : Les personnages de Kuroko no basuke ne m'appartiennent pas, car comme tout le monde le devine, si ça avait été le cas, ce manga aurait été un yaoi débridé. Et je ne fais pas d'argent avec cette fanfic.
Rating : Radicalement M! Oh, yeah!
Genre : Bouahahahaha!
Pairings : Midorima x Takao (comme d'hab'), Akashi x Kuroko (j'ai été pervertie)
Remerciements : Ma chère Riddikulus, beta de mon coeur, te voilà exaucée! J'espère qu'après tes corrections, il te reste suffisamment de sang et de bave pour pouvoir lire la version définitive de ce chapitre!
Remerciements (bis): Je sais que certains parmi vous l'attendaient, j'espère que vous ne serez pas déçus de voyage! Je tiens à remercier Grwn pour ses commentaires appréciateurs (en espérant que depuis le premier chapitre, tu sois revenue à la vie), Chizumi-san pour sa patience et ses remarques constructives (je sais que tu attendais ce troisième chapitre!), izumi-kln dont les reviews me font beaucoup marrer, Laura-067 l'incontournable (que tous les auteurs du fandom connaissent forcément!) et enfin, Alpabidooon, que j'encourage dans ses projets. Merci à toutes de prendre quelques instants de votre temps pour me commenter, c'est un immense honneur!
Chapitre 3: Princess
Akashi Seijûrô était né un vingt Décembre. L'Empereur Akihito (1) un vingt-trois Décembre, plaçant ainsi la fête de Tennô Tanjôbi (2) trois jours après l'anniversaire du capitaine de l'équipe de basket de Rakuzan.
Cette amusante proximité de calendrier ne lui avait fait, jusqu'à présent, ni chaud ni froid malgré certaines remarques, à ce sujet, de membres de la famille ou de camarades de classe. Mais aujourd'hui, la donne était toute autre : Tennô Tanjôbi tombait cette année un Lundi, rendant ce jour férié dans tout l'archipel. Et ce weekend prolongé avait permis à son cher et tendre Tetsuya de programmer un court séjour à Kyôto, dans le but de fêter l'anniversaire de Seijûrô le vendredi, passer le samedi et le dimanche en sa compagnie, et se rendre aux manifestations organisées le lundi pour la fête de l'Empereur, le vrai. A cause de la distance et de leurs occupations respectives, les deux tourtereaux se voyaient très peu et le dernier moment qu'ils avaient passé ensemble, c'était sur un terrain de basket, face à face lors de la demi-finale de l'Inter-Lycées…
N'importe qui aurait trouvé cela triste à pleurer…
Akashi ne l'avouerait pas à voix haute, mais sans être un grand romantique, il était assez sentimental et quand il s'attachait à quelque chose ou quelqu'un, il lui était difficile de lâcher prise. Pour cette raison, l'éloignement de celui qu'il aimait et avec lequel il sortait depuis un an et demi le faisait souffrir et il avait beau se dire que c'était un mal nécessaire, il n'en était pas moins affecté. Il songeait également beaucoup à son avenir. Son père voulait qu'il parte faire ses études aux Etats-Unis et qu'il en ramène un MBA (3) afin de reprendre l'entreprise. Le jeune homme, versé depuis son adolescence dans les affaires de la compagnie et y ayant travaillé durant certaines de ses vacances scolaires, désirait y faire carrière. Néanmoins, l'idée de partir plusieurs années à l'étranger ne l'enchantait pas du tout. D'autant plus que Tetsuya avait déjà décidé, en plus du fait qu'il suivrait une formation spécialisée pour être assistant maternel, que sa vie ne se déroulerait pas en dehors du Japon. La messe était dite, amen. Et le garçon aux yeux vairons savait qu'il ne le ferait pas changer d'avis. Plus têtu que son petit copain, ça n'existait pas, il l'avait déjà bien éprouvé comme cela au collège et durant sa première année de lycée. Mais bon, il devait admettre que c'était comme cela qu'il l'aimait.
Ce matin, Seijûrô s'était levé tôt pour réviser. Il était allé à l'école, avait passé la pause-déjeuner à réviser, encore et à s'avancer dans les devoirs de la semaine prochaine. Les cours de l'après-midi avaient entamé sa patience. Dès la sonnerie, il s'était éjecté de son siège et s'était rué jusque chez lui, dans cette grande maison traditionnelle appartenant à ses grands-parents et dans laquelle, par une chance de cocu, il n'y aurait personne ce soir et les trois jours suivants : son père était à Tôkyô, ses grands-parents en visite chez de la famille. Une telle aubaine ne se représenterait pas de sitôt, il le savait : un long weekend, seul à seul avec Tetsuya à profiter des charmes de Kyôto… S'il avait été démonstratif, Akashi aurait trottiné le sourire aux lèvres comme un débile durant toute la journée.
Heureusement qu'il avait une certaine maîtrise de lui-même… Car il en avait présentement besoin pour ne pas étreindre de joie tout ce qui se présentait à lui.
Dans une relative euphorie, donc, et après s'être changé, il avait tout inspecté de fond en comble car il fallait que la maison soit nickel chrome, que toutes les pièces brillent du sol au plafond pour son Tetsuya. Une fois que chaque mètre carré avait été inspecté au peigne fin, à l'extérieur comme à l'intérieur, il avait congédié tout le personnel de maison, pour les trois jours suivants. Purement et simplement. Bien entendu, personne n'avait protesté. En l'absence des adultes, il allait de soi que Seijûrô était le seul maître à bord.
Quand il n'eut plus personne dans les pattes, il se prépara un dîner frugal, en laissa de côté au cas où l'étudiant de Seirin aurait un petit creux avant d'aller au lit, puis une fois qu'il eut fini de manger, il débarrassa et nettoya afin de laisser l'endroit aussi propre qu'à sa venue. Oui, il était un peu maniaque sur les bords, et alors ? Ce n'était pas un défaut…
Il prit une douche, choisit avec soin les vêtements avec lesquels il irait à la gare accueillir Tetsuya : un pull à col roulé d'un rouge sombre et un pantalon jean noir, à la coupe droite, feraient l'affaire. Assortis avec une veste d'un gris anthracite allant de pair avec des baskets montantes qu'il enfilerait à la fin, ça le faisait. Un look cool tout en étant classe, habillé sans l'être, mais qui le mettait en valeur. Et ça, il en aurait besoin. Car le joueur fantôme, derrière son attitude monotone, était très observateur et sensible aux efforts vestimentaires faits par son petit ami et celui-ci en était parfaitement conscient.
Toutes les astuces étaient bonnes pour faire irrémédiablement succomber Tetsuya en ce soir exceptionnel.
En s'habillant, il imagina le contraire : deux mains pâles aux doigts fins qui l'effeuillaient pas à pas… Et Seijûrô ne put s'empêcher de frémir d'anticipation à la fin de soirée qui s'annonçait. Depuis combien de mois n'avait-il pas serré le numéro onze de Seirin dans ses bras ? Depuis combien de mois ne l'avait-il pas embrassé, n'avait-il pas goûté à sa peau douce et sans défaut ? Le capitaine de Rakuzan en avait l'eau à la bouche et son imagination bien débridée lui dessina les mille et un délices qui l'attendaient cette nuit…
Mais il était Akashi Seijûrô, alias l'Empereur. Et son impatience, l'urgence qui s'emparait de son corps à ces pensées folles ne devaient pas transpirer dans son attitude. Jusqu'au bout, il devait garder le contrôle et rester un gentleman avec son cher et tendre. Pour bien marquer sa détermination, il se saisit d'une ceinture noire qu'il glissa dans les passants de sa paire de jeans, avant de l'attacher fermement. Cela ne l'empêcha malheureusement pas d'imaginer Tetsuya à genoux, qui débouclait cette même ceinture… Qui faisait descendre la fermeture Eclair du pantalon noir avec ses dents tout en le transperçant de ses yeux bleus si lisses…
Pour la énième fois, Akashi chassa de son esprit tous les clichés radicalement interdits aux mineurs (dont il faisait d'ailleurs partie, au demeurant) et se focalisa sur sa préparation. Il prit le temps de s'admirer dans le miroir pour être sûr que les couleurs se mariaient bien entre elles, que son apparence vestimentaire était parfaite. Contrairement à ce que pensaient la plupart des gens, l'adolescent aux yeux rouge et or n'était pas habitué à plaire : il n'avait pas besoin de faire le moindre effort pour avoir une cour à ses pieds. A l'école, à l'entraînement ou pour ses activités extra-scolaires, il s'habillait de manière classique, sans aucune fioriture ou originalité. Son style était sobre et sans fantaisie.
Mais pour son petit ami, qu'il ne voyait qu'une fois l'an, il était capable de faire tous les efforts du monde dans l'unique but de le charmer, encore et toujours.
Encore simplement vêtu de son pull et de son pantalon, il passa dans la salle de bains afin de se coiffer. Il mit sa tête sous un fin jet d'eau pour humidifier ses cheveux magenta, y passa ses doigts afin de tracer des sillons tout en les plaquant en arrière, arrangea les mèches de devant jusqu'à ce que le résultat lui convienne. Puis il fixa sa coiffure avec du gel, passa le tout sous le sèche-cheveux et une fois assuré d'avoir une bonne tête, il sortit de cette pièce pour retrouver sa chambre, dans laquelle il prit sa veste, y glissa son portefeuille et son téléphone portable avant de la quitter pour de bon. A l'entrée, il se chaussa de ses baskets montantes et partit de chez lui en fermant la porte, puis le portail à clé.
Il était dix-neuf heures quarante. Il lui fallait une bonne heure pour arriver à la gare principale de la préfecture, Kyôto Station, en prenant le bus, puis le métro. Tetsuya arrivant à vingt-et-une heures, Seijûrô n'était pas en retard et c'était tant mieux, ainsi, il aurait tout le temps de calmer son impatience… Ou pas.
Il chantonna tout bas durant son trajet sans même s'en rendre compte…
Il arriva à la gare dix minutes en avance et attendit tranquillement au fond du quai, debout appuyé contre une colonne, le regard rivé sur l'écran géant des départs et arrivées des trains, guettant la moindre information de perturbation du trafic, de retard ou de changement de quai. Le Shinkansen (4) et ses dessertes étaient habituellement assez fiables, mais personne n'était à l'abri d'un imprévu.
Sa famille étant très ancienne et influente, en plus d'être immensément riche, le jeune homme se demanda s'il pouvait jouer de cet atout pour faire sauter le directeur de la Japan Railways si, pour une raison ou une autre, Tetsuya n'arrivait pas à l'heure ce soir, le jour de son dix-huitième anniversaire…
Il commençait à peine à élaborer les arguments qu'il fournirait aux siens pour déposer le gestionnaire tout puissant de la Japan Railways que le train qu'il attendait avec une certaine impatience, il était vrai, fut en vue et il se rapprocha du quai. A cette heure tardive, il y avait du monde car il s'agissait de la fin de la semaine. Après tout, beaucoup de personnes quittaient la capitale pour aller dans d'autres villes, visiter la famille, les amis… Akashi resta calme et ne força pas le passage, il resta parmi les gens, à moins d'un mètre du butoir du train. Son cœur battait un peu vite, il se sentait presque essoufflé alors qu'il n'avait fourni aucun effort particulier. Malgré le manque de présence de son petit ami, attentif comme l'était le garçon aux yeux dépareillés, il ne le loupa pas et le regarda descendre avec une petite valise et un sac à dos. Tetsuya, comme à son habitude, était vêtu simplement d'un pantalon large, en toile beige et d'une paire de baskets. Ce qu'il portait en haut était complètement camouflé par son blouson noir. Sa valise était roulante et il longea le quai en direction de la gare.
Leurs regards se croisèrent et Seijûrô ne put empêcher ses lèvres de s'étirer en un mince sourire. Un fugace et étrange sentiment gonflait sa poitrine : de la convoitise. Car son cher et tendre serait entièrement à lui pendant trois jours. Le lycéen de Rakuzan devait avouer qu'il n'avait pas mis en place de plan précis pour les prochaines journées à venir : leurs activités dépendraient fortement de son petit ami et de ce qu'il voudrait faire.
Leurs retrouvailles furent d'une simplicité à couper le souffle : ils se tinrent face à l'autre, s'inclinant légèrement pour se saluer et échangèrent des banalités affligeantes. Prévenant, Seijûrô récupéra la valise de Kuroko et le guida sans encombre vers la sortie de la vaste gare. Le joueur fantôme précisa qu'il avait mangé avant de venir et qu'il n'avait pas très faim. Il raconta qu'il avait somnolé dans le train, emporté par les cahots des rails, mais surtout, qu'il avait lu un livre passionnant et qu'entre deux chapitres, il s'était distrait en lisant un manga que lui avait prêté l'un de ses coéquipiers. Akashi l'écoutait attentivement tout en le menant à l'extérieur : à quelques minutes de la gare se trouvait un arrêt de tramway. Akashi habitait une grande maison en périphérie et par conséquent, pour rentrer il devait prendre le tramway, puis un bus et enfin, marcher une petite dizaine de minutes. Il ne sortait pas beaucoup et prenait le car scolaire pour aller à l'école, de sorte que ce trajet n'était pas contraignant dans la vie de tous les jours. Bien qu'il pût user d'un chauffeur pour l'amener à l'école, il préférait utiliser ses propres moyens car il était tout sauf tape-à-l'œil.
Akashi était quelqu'un d'étonnamment simple malgré son statut social et il n'aimait pas s'afficher, du moins, pas sans une bonne raison de le faire.
Et ce soir, il n'était pas là pour frimer, mais pour profiter d'une soirée hivernale en agréable compagnie.
Ils furent relativement silencieux durant tout le trajet, échangeant quelques mots sur ce qui défilait devant leurs yeux. Akashi parlait de sa ville, des changements notables depuis la dernière venue de Tetsuya, des travaux en cours. L'adolescent aux yeux céruléens, en retour, comparait Kyôto à Tôkyô où, contrairement à son petit ami, il avait toujours vécu. Puis leur discussion dériva sur la fête prochaine de Tennô Tanjôbi et les manifestations diverses et variées qui auraient lieu à cette occasion, en l'honneur de l'Empereur du Japon.
« C'est quand même drôle, fit remarquer le passeur de Seirin, que tu sois né trois jours avant Tennô Tanjôbi. A croire que tes parents l'ont fait exprès.
-La coïncidence aurait été que je naisse exactement le jour de Tennô Tanjôbi, le vingt-trois.
-Heureusement que ce n'est pas le cas. Tu ne te serais plus senti. »
Après les amabilités, les hostilités commençaient. Les paupières du roux s'abaissèrent un peu, un sourire en coin creusant une fossette près de sa bouche.
« Je ne pense pas. Je n'ai pas besoin de cela pour asseoir ma légitimité.
-C'est vrai. Mais te connaissant, je pense que cela t'aurait plu de le rappeler de temps à autre.
-Je n'aurais pas la vanité de me confondre avec l'Empereur Akihito.
-Ta famille n'est pas noble ?
-Oui, mais je n'ai aucun lien avec la famille impériale. Depuis le temps, je le saurais. »
Tetsuya le regarda d'un œil suspicieux, mais il n'ajouta rien de plus et ils arrivèrent à bon port, un peu plus d'une heure plus tard. Ils traversèrent le jardin de l'immense propriété, montèrent sur le balcon et le maître (provisoire) des lieux, après avoir ouvert et allumé la lumière, invita son petit ami à se déchausser, enlever son sac à dos pour laisser son blouson à l'entrée. Il put noter ce qui lui avait été caché jusque-là, c'est-à-dire la chemise à manches courtes blanche par-dessus le tee-shirt, à manches longues celui-là, de couleur beige assorti au pantalon.
« Pas mal, nota mentalement Akashi en le regardant des pieds à la tête. Pas mal du tout, même…
-Je peux prendre ces chaussons ? Demanda le joueur de Seirin en désignant une paire noire.
-Tu peux. »
Akashi enleva lui aussi tout ce qui était nécessaire et une fois qu'ils eurent terminé, ils traversèrent, bagages en main, le salon puis un couloir menant jusqu'à une chambre, au fond : la sienne. Elle était vaste, traditionnelle et bien rangée. Le futon était placé au centre, étendu sur les tatami. Tout le mobilier était en bois noble : le bureau, les étagères, la bibliothèque, l'armoire et la commode, savamment disposés contre les murs pour conférer à la pièce clarté et espace. Au fond se trouvait une double porte coulissante donnant lieu lorsqu'elle s'ouvrait, Kuroko le savait, au jardin intérieur.
L'adolescent aux yeux vairon ferma la porte derrière son petit ami, posa la valise au sol et s'empressa d'enlacer l'autre garçon pour un baiser de retrouvailles. L'étudiant de Seirin le lui rendit tout lâchant son sac à dos, qui chuta lourdement sur les tatami. Les mains du plus petit des deux s'égarèrent dans les cheveux magenta, sur la nuque, puis directement sur les hanches pour se presser l'un contre l'autre.
Paradoxalement, c'est en embrassant Tetsuya qu'Akashi se sentit enfin respirer.
Car enfin, il savait qu'il pourrait s'abandonner à être lui-même, à se faire cajoler durant trois jours complets. Et surtout, libérer toute cette tension physique qui commençait à faire lourd dans le creux du pantalon…
Il soupira d'aise lorsque la cuisse de son ancien passeur frôla son intimité et le tint de manière à s'assurer de ressentir encore cette délicieuse friction.
Ils ne se lâchèrent de quelques centimètres que quand ils vinrent à manquer d'air, mais gardèrent leurs bouche à proximité, au cas où…
« Tu m'as manqué, Seijûrô.
-Toi aussi, Tetsuya, tu ne peux pas t'imaginer à quel point je suis heureux de t'avoir ici, avec moi. Et je compte bien profiter de chaque seconde en ta compagnie.
-C'est plutôt bien parti, tu ne trouves pas ?
-Tout à fait. Et j'espère que ça continuera comme cela.
-Qu'as-tu prévu pour ces prochains jours ?
-Rien de spécial, je te laisserai faire le programme.
-Alors, ça ne te dérange pas que l'on commence par des choses… Comment dire ? Fit mine de s'interroger Kuroko en détournant le regard, faussement gêné.
-Je t'écoute… Le pressa tout bas le rouquin, amusé par le jeu de son petit ami.
- Tu dois le savoir… Tu sais tout.
-Je ne suis pas dans ta tête… Je ne sais pas à quoi tu penses, Tetsuya… »
Le rapprochement subtil et lent qu'entamait Akashi contredisait bien sûr ses dernières paroles. Oh, il savait ce que son chéri avait comme idée. Et il était plus que partant. Il inclina légèrement la tête pour que ses yeux rouge et or accrochent les prunelles céruléennes, puis se pencha en avant pour baiser une fois de plus ces lèvres qu'il trouvait si tentatrices…
« Ah, au fait, j'allais oublier ton cadeau… »
Tetsuya se retourna si brutalement qu'Akashi planta son nez dans le vide.
« Joyeux anniversaire, Seijûro, souhaita le garçon aux cheveux bleus, d'une voix indifférente, en se baissant pour ouvrir son sac à dos qu'il avait lâchement abandonné sur le sol.
-Merci Tetsuya », dit le capitaine de Rakuzan, essayant de ne pas paraître déstabilisé par ce revirement si soudain… Non, disons-le franchement, par le vent qu'il venait de se manger en pleine poire.
Le joueur fantôme l'avait fait exprès… Comme à chaque fois qu'il titillait ses nerfs pour le pousser à bout, c'était une constante, chez lui et ce comportement avait empiré depuis qu'ils sortaient ensemble. Akashi ne put empêcher ses lèvres de trembler nerveusement d'agacement… d'amusement… et d'impatience, car ces sentiments contradictoires l'excitaient étrangement. Mais il savait se maîtriser. Plus exactement, il aimait ça. La passion et le plaisir étaient tellement intenses quand on les relâchait d'un coup, comme un orgasme…
Un orgasme… Mentalement, il s'en léchait les lèvres. C'était parfaitement ce dont il avait envie. Là, tout de suite…
Le plus petit retira des manga de son sac pour en sortir un paquet cadeau de forme carré et suffisamment mou pour se déformer sur la main de son possesseur et Seijûrô devina sans mal qu'il contenait un vêtement. Ce présent venant de la part de Tetsuya l'étonna un peu car il n'était pas réputé pour être une fashionista, cependant, il ne dit rien et le laissa se relever pour lui tendre le paquet, fait d'un papier noir et brillant et attaché à l'aide de bouts de scotch.
« Dès que je l'ai vu, j'ai pensé à toi. Et je me suis rappelé que Tennô Tanjôbi tombait trois jours après ton anniversaire… Commença à expliquer mollement le passeur de Seirin.
-Des vêtements ? Tennô Tanjôbi ? Je suis curieux de voir ce que tu as choisi… Murmura le roux en déballant son cadeau.
-Ouvre, tu verras bien.
-Tu me laisses conserver le papier ?
-Si tu veux, acquiesça l'adolescent aux yeux bleus en haussant les épaules.
-Bien… »
Le jeune maître des lieux fut donc attentif à ne pas le déchirer et ses doigts habiles œuvrèrent en ce sens. Le papier se défit… laissant apparaître, comme il l'avait deviné sans peine, un vêtement. Ou plutôt, un pyjama noir en velours, dont le haut comportait une inscription… qui lui fit penser qu'il avait la berlue.
Tranquillement, il posa le pantalon de l'ensemble, soigneusement, sur un bras et se saisit du tee-shirt par les épaules pour le déplier entièrement.
« Princess », en Anglais, était brodé en lettres attachées roses sur le devant du haut.
Akashi eut besoin de cligner des yeux plusieurs fois pour être sûr qu'il n'était pas en train de faire un mauvais rêve.
Sérieusement, un pyjama pour fille ? Où était la plaisanterie ? La caméra cachée, à la rigueur ? Quelle était la signification d'un tel cadeau ? Quel message voulait lui faire passer son petit ami, pour ses dix-huit ans ? Pourquoi Tetsuya avait-il pensé à lui en voyant ce vêtement ? Et quel rapport avec Tennô Tanjôbi ?
La fête de l'Empereur du Japon…
L'Empereur…
Empereur…
Seijûrô eut l'impression de se noyer dans les abysses de l'esprit de Tetsuya, qui pouvait être parfois farceur, certes, mais pas à ce point…
Quoique quand il voulait faire une taquinerie ou une crasse, il était très fort…
Empereur, donc…
Princesse…
Princesse ?
Akashi fronça légèrement, très légèrement les sourcils.
« Alors, qu'en penses-tu ? »
L'interpellé s'humecta les lèvres.
« Eh bien… Comment dire ? »
Comment lui expliquer la frustration qui s'emparait de lui, maintenant qu'il pensait avoir compris l'entourloupe de son cher et tendre ?
« Si je comprends bien, Tetsuya, pour toi, je suis une princesse ?
-C'est tout à fait ça.
-Et non pas un Empereur, précisa prudemment Akashi.
-Tu es certes quelqu'un d'exceptionnel, mais tu ne m'impressionnes pas suffisamment pour que je puisse te considérer comme tel.
-Et pourquoi pas un prince ? Interrogea Akashi sans se démonter.
-Tu es mignon et tu fais beaucoup de manières, comme une fille.
-Je ne le prends pas comme un compliment.
-Ce n'est pas grave, moi, je t'aime comme tu es, Seijûrô.
-Donc si je résume… Tu me vois comme une petite fille riche et gâtée ?
-Je pourrais tout à fait te voir ainsi… En fait, cela a été le cas durant des années. Jusqu'à ce que j'apprenne à te connaître plus… intimement. Mais malgré tout…
-Malgré tout ?
-Tu restes encore un peu une princesse tatillonne.
-Mais cela ne te dérange pas plus que ça.
-Depuis le temps, je m'y suis fait. Alors, tu l'enfiles pour aller te coucher ? »
Puis sans autre préambule, le garçon aux yeux et cheveux bleus pâles lui tourna le dos et enleva sa chemise, puis son tee-shirt blanc, dans le but évident de s'habiller pour la nuit.
« Tu vas voir ce que je vais enfiler… » Songea Seijûrô en dévorant ouvertement des yeux le postérieur de son petit ami qui se pencha en avant pour enlever son pantalon.
Négligemment, il posa le sien et le tee-shirt offerts sur le dossier de la chaise en les gardant parfaitement pliés et il se dévêtit très vite pour se retrouver uniquement en boxer, tandis que son petit ami ouvrait sa valise pour en sortir sa tenue de nuit. Le roux passa le haut de son pyjama par-dessus sa tête et lorsqu'il fut sur lui, il ne put s'empêcher de tirer vaguement sur les pans du vêtement pour bien vérifier qu'il n'avait pas de problème de vue: il y avait bien marqué « Princess » en lettres lui rappelant la longue chevelure de Satsuki.
Tant pis, il ferait avec. Après tout, la virilité d'un homme ne se mesurait pas (uniquement) à sa tenue vestimentaire. Et Tetsuya, qui feignait l'indifférence pure et simple, l'ignorance et la naïveté en farfouillant dans sa valise… Comme s'il n'allait pas passer la nuit entièrement nu…
Akashi ravala et sa salive et un grognement sourd puis fit deux pas en direction de son cher et tendre. Il le saisit par le bras alors que ce dernier était encore accroupi près de sa valise pour le forcer à se lever. Kuroko lâcha une exclamation de surprise qui finit étouffée, prisonnière des lèvres du si puissant capitaine. De contentement, il gémit. De frustration, Akashi grogna et approfondit l'échange qui se fit plus saliveux. Il le poussa, plus ou moins à l'insu du plus petit, contre le bureau où il se saisit de son boxer pour le faire glisser le long de ses cuisses. D'un coup de pied décidé, il écarta la chaise roulante de son bureau pour avoir de la place. Heureusement pour lui, le passeur impassible de Seirin se laissa docilement faire. Comme il laissa une jambe se faire soulever hors de son sous-vêtement pour être calée contre la hanche fine mais musclée du roux. Pour garder l'équilibre, il passa ses bras autour du cou de Seijûrô et pour respirer deux secondes, il lâcha sa bouche.
« J'ai l'impression que ces longs mois loin de moi t'ont émoussé. Tu sembles oublier qui je suis… Murmura le roux en humidifiant deux doigts de sa salive. Une piqûre de rappel de temps en temps ne fait pas de mal.
-Tu vois ? Tu parles trop, comme une fille. Je t'attends, moi. »
Ces paroles prononcés d'une voix parfaitement égale figèrent bêtement Akashi quelques secondes, un filet humide liant son index, son majeur et sa langue : autant d'audace… autant de provocation en trois phrases… C'est clair, Tetsuya était en grande forme…
Et cela l'excitait vraiment plus que de raison.
« Tu l'auras voulu. »
Sans prévenir, le maître de maison saisit par le bras la seconde cuisse de son petit ami, laissant le boxer au sol et le bascula le dos contre le bureau, les fesses sur le bord. Ce dernier poussa un bref cri de surprise et instinctivement, jeta un bras en arrière pour sécuriser un minimum sa chute. Il réussit à contrôler le poids de son corps pour ne pas que sa tête cogne trop fort contre le mur. Plié en deux, appuyé sur un coude et les jambes en l'air, il n'eut pas le temps de s'offusquer de sa position plus que précaire : il cria plus fort, plus longuement, quand Akashi commença à le pénétrer sans préambule, sans préparation, sans rien, en somme. Il n'y alla pas avec le dos de la cuillère et il savoura l'étroitesse de ce garçon qui avait ravi son cœur. Les halètements bruyants de Kuroko, qui tentait d'inspirer le maximum d'air afin d'atténuer la douleur et détendre ses muscles, ne lui rendirent pas une once de raison et il continua à s'enfoncer jusqu'à faire rentrer toute la longueur de sa hampe.
Franchement, dire que Tetsuya le comparait à une petite princesse… N'importe quoi… Puis, il y avait quand même d'autres manières de lui dire : "Baise-moi", non ?
Akashi secoua lentement la tête à ces réflexions, ses lèvres traçant un mince sourire en voyant son petit ami se tortiller de douleur et d'inconfort mêlés.
Bien fait, tiens, ça lui apprendra les bonnes manières…
Il tira sur les cuisses, qu'il tenait toujours fermement, posa une cheville sur son épaule et commença à aller et venir avec vigueur, sans laisser la moindre chance au passeur de Seirin qui ne cessait de le provoquer. Le bureau tremblait sous ses mouvements forcenés, renvoyant Tetsuya contre le mur, avant de le ramener vers lui, de nouveau.
« Ah ! Ah ! Oh ! Oui ! »
Le garçon aux prunelles céruléennes posa une main contre le mur, se coinçant volontairement entre celui-ci et son diable d'ex-capitaine, poussant une exclamation d'extase à chaque fois que les testicules du roux frappaient contre ses fesses. Ce bruit obscène faisait le bonheur d'Akashi : il était littéralement en train de défoncer son petit chéri. Hypnotisé par leur connexion anatomique, il ne détourna pas le regard de cet antre qui n'était fait rien que pour lui et qui lui avait manqué. Un bras autour de la jambe reposant sur lui, la main opposée tenant le creux de la hanche, le point guard de Rakuzan ne lésina pas sur ses efforts et respirait bien fort afin de contrôler sa montée du plaisir et de combattre l'adrénaline vertigineuse qui lui montait à la tête.
Kuroko explosa de plaisir orgasmique et le maître des lieux, malgré son esprit qui s'embrumait, se félicita d'avoir vidé sa grande maison quand il entendit le cri sauvage que poussa son invité très spécial. Sa main poussa d'ailleurs contre le mur et son dos glissa sur la surface lisse du bureau, de sorte que sa tête se retrouva calée dans l'angle des deux.
« Han ! Han, Seijûrô ! N'arrête pas ! Oh, n'arrête pas ! »
Le susnommé leva la tête, quoiqu'un peu difficilement tant il était occupé à ne pas baisser la cadence malgré le sphincter et les muscles de l'anus qui se resserraient autour de lui à intervalles rapprochés et réguliers.
« Hm…
-Oh, c'est bon ! N'arrête pas ! »
Ce que Testuya pouvait être magnifique ainsi, les yeux inondés d'extase dardés dans les siens, le corps spasmodique et en sueur…
« Oh, oui ! S'exclama Kuroko en se laissant aller. Continue ! Seijûrô ! »
Ce dernier se retint de lui dire que la vue qu'il avait sous les yeux exigeait sa libération. Son corps hurlait, mais sachant se maîtriser en toutes circonstances, il bâillonna son envie d'éjaculer alors que ses prunelles vairons ne pouvaient se détacher de ça : Tetsuya qui prenait du plaisir sans entrave, avec lui.
Akashi savait, d'expérience, que le premier orgasme anal déclenchait une vague d'autres, en cascade et il ralentit car il n'avait pas besoin d'aller vite pour que son petit ami continue de voir des étoiles. Il prit donc un rythme de croisière soutenu, mais sans aucune comparaison avec celui qu'il avait installé d'entrée de jeu.
« Tu aimes ? Lui demanda-t-il.
-Ah… Oui ! Mmm… Je vais encore jouir… »
Tetsuya se cambra lentement, savourant son second pic de plaisir en lâchant un cri muet. Sa position semblait inconfortable aux yeux du rouquin, qui le tira un peu vers lui afin qu'il retombe complètement à plat sur le bureau.
« Oh, Seijûrô… Exhala finalement le garçon aux yeux aigue-marine, dont le corps bougeait à intervalles réguliers dus aux mouvements qu'y imprimait son petit ami.
-Alors… Es-tu prêt pour la repentance, Tetsuya ?
-Ah… Quelle repentance… ?
-Ce que tu peux être vilain… Lui dit Akashi en faisant une pause, comme s'il grondait un mauvais garçon. Et dévergondé avec ça… Tu mérites une nuit courte. Très courte… »
(1) Akihito est le nom de l'actuel Empereur du Japon, intronisé en 1990.
(2) Tennô Tanjôbi signifie littéralement « Anniversaire de l'Empereur »
(3) MBA signifie littéralement « Master of Business Administration ». Il s'agit d'un diplôme pouvant donner accès aux plus hautes fonctions d'une entreprise, mais il est également très cher
(4) Le Shinkansen est l'équivalent du TGV en France
