Chapitre 3

RETOUR

« Tu as quoi ? »

Remus venait de hurler. Le soleil de ce matin du mois de juin était déjà assez avancé et le soleil brillait, faisant s'échauffer son sang.

« Remus, ne hurle pas comme ça, tu vas le réveiller. » murmura Beverley, vêtue d'une camisole et d'un short rouge.

« Tu es en train de me dire que tu m'as trompé et que l'enfant que j'ai élevé pendant quatre putain d'années comme mon fils… »

« Ne jure pas ! »

« … est probablement le fruit de ce connard ? »

« Remus, s'il te plait ! Remus ! Reviens immédiatement ! »

Remus avait quitté la cuisine et claquait des talons dans le couloir menant à l'entrée, suivi par sa petite amie.

« Remus ! Je t'interdis de quitter cette maison ! »

« Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi ! »

« Remus ! Pense un peu à Harry ! »

Harry – leur fils – avait quatre ans et dormait à l'étage. Lorsqu'il entendit son nom, il s'arrêta.

C'était elle qui avait eu l'idée du nom. Remus ne l'avait jamais vraiment aimé. Il avait toujours l'impression de placer son neveu dans le corps de son fils. Mais Beverley avait sorti des arguments pour le moins convainquant et après tout, ce que femme veut, Merlin le veut.

Il se tourna lentement vers Beverley, qui affichait un petit sourire de triomphe.

« C'est toi qui aurait dû y penser un peu plus. Tu as voulu que je joue au père avec ton fils, maintenant, explique-lui à quel point tu es une idiote et dis-lui au passage que je ne suis pas son père. »

Et il transplana au moment où elle se jetait sur lui.

Il se trouva devant un appartement blanc aux fenêtres noires. Il poussa un soupir.

C'était ici qu'il était venu vivre avec Stéphany lorsqu'ils avaient fini Poudlard. C'était ici qu'ils étaient restés jusqu'à ce qu'elle parte.

Il se demanda alors laquelle des deux étaient la pire. Aucune des deux n'avaient réussi à lui dire qu'elles l'avaient trompé. Il avait joué au père avec leurs enfants, et avait fini par se faire mal.

Il soupira et monta les marches. Il cogna à la porte et attendit quelques secondes avec qu'Amélie vienne lui offrir.

Vêtue d'une paire de jeans et d'une camisole rouge, la jeune fille avait attaché ses cheveux et passait sa main sur son front pour en enlever les quelques gouttes de sueurs qui osaient si orner.

« Remus ! Tu es en avance ! »

Ils se rencontraient une fois par année, la plupart du temps vers le mois d'août, dans un petit bistro moldu près du chemin de Traverse. La plupart du temps, ils échangeaient quelques commentaires badins, commandaient un café et passaient le reste de la journée à le boire en silence.

« J'espère que je ne te dérange pas… »

« Tu veux rire ? Entre ! Il fait une chaleur d'enfer dehors, non ? »

« Oui… Tu as raison. »

Il entra et ferma la porte derrière lui. Il suivit Amélie jusqu'à la cuisine, où elle lui servit un immense verre de citronnade.

« Alors ? Comment va Beverley ? Est-ce qu'elle sait que tu es ici ? »

Il s'assit sur un des longs tabourets qui était autour du comptoir. Elle s'assit en face de lui.

« Elle va bien. Elle ne sait pas. »

Les yeux d'Amélie s'agrandirent.

« Oh, je vois. Écoute, si tu cherches une bonne baise, j'ai déjà donné hier. »

Remus sourit et joua avec son verre.

« Non. Je… Elle m'a trompé. »

« Remus, je suis désolée… »

« Tu n'as pas à l'être. Ce n'est pas toi qui l'a fait. »

« Tu vas retourner avec elle ? »

Remus secoua la tête.

« Non. Elle a besoin de faire du ménage dans sa tête. Et moi aussi. Je… Harry n'est pas de moi… »

Amélie se leva et alla le serrer dans ses bras.

« Tu ne mérites pas ça, Remus. Personne ne le mérite. Écoute… je pars pour l'Amazonie ce soir… »

« L'Amazonie ? »

« Oui ! Je vais aller y étudier les langues aborigènes. Et… je te laisserais bien l'appartement, mais je me doute que tu veuilles y rester. »

Remus eut un sourire.

« Mais tu pourrais aller chez Élise. Elle serait ravie de te recevoir, j'en suis sûre. »

« Pourquoi pas… »

« En attendant, viens. Je n'ai pas fini ma valise et tu dois m'aider à choisir quel sous-vêtements feront craquer le plus d'Amérindiens. »

Remus sourit alors qu'elle lui prenait la main et la traînait dans la chambre qu'elle avait occupé lorsqu'elle avait fugué. Il s'assit sur son lit alors qu'elle faisait des allées retours de la penderie à sa valise.

« Comment va Stéphany ? »

Amélie s'approcha de lui en pliant un chandail noir où il était écrit 'Déesse du sexe'.

« Elle va bien. Elle s'acclimate plutôt mal au village, mais elle a la petite. »

« Comment elle l'a appelée ? »

« Hermione. »

Remus hocha la tête.

« Elle a un copain ? »

« Ton frère menace de lui jeter un couteau chaque fois qu'elle ose regarder un homme, alors il y a très peu de chance. »

Remus hocha la tête. Il devrait penser à envoyer quelque chose à Romulus pour leur anniversaire.

« Je crois que j'ai tout. Tu m'aides à la descendre en bas ? Je vais te conduire chez Élise. »

Remus hocha la tête et prit la valise qu'il descendit sans problème. Amélie ferma l'appartement à clef et descendit à son tour. Elle monta dans sa vieille Berline et Remus l'imita, puis ils démarrèrent.

« Tu sais ce qu'il te faudrait pour oublier cette salope ? »

« Arrête. Si on oublie cet incident, elle est tout de même correcte. »

« Si tu le dis. Mais ce qu'il te faut, ça reste une bonne baise. De quoi faire sortir le loup. »

Remus sourit.

« Si tu le dis. »

Ils roulèrent en silence jusque chez Élise et Remus descendit de la voiture. Il descendit et resta sur le trottoir jusqu'à ce que la voiture soit hors de vue. Puis, il se tourna vers la maison, inspira longuement et marcha jusqu'à la porte où il cogna.

À ce moment, Élise lui ouvrit, ses longs cheveux blonds attachés en une longue queue de cheval. Elle cligna des yeux quelques secondes, essuyant ses mains sur son ensemble de jogging bleu, puis poussa un cri.

« Moony ! Oh bon sang, tu m'as tellement manqué ! »

Elle lui sauta au cou et lui déposa un baiser sonore sur la joue alors qu'il la faisait tournoyer dans les airs.

« Comment tu vas ? » demanda-t-il.

« Relativement bien. Je ne suis pas à mon meilleur – Tu arrives sur un jour de ménage – mais je me suis rarement senti aussi bien depuis… enfin… »

Remus hocha la tête pour montrer qu'il comprenait et qu'elle pouvait donc s'éviter l'effort d'évoquer la mort de Lily et James.

« Et toi, comment tu vas ? » demanda-t-elle.

« C'est une assez longue histoire. Et comme toutes les assez longues histoires, elle est ennuyeuse. Est-ce que je te dérange ? »

« Pas vraiment, mais… Enfin, tu dois savoir… »

Derrière elle, un énorme vacarme se fit entendre. Elle se tourna et Remus regarda par-dessus son épaule. Stéphany, ses longs cheveux châtains tenus vers l'arrière par un foulard rouge et vêtue d'une jupe et d'une camisole de la même couleur, venait de laisser tomber un immense carton emplis de dizaines de Scrutoscope de poche.

« Remus ? »

Le sourire que Remus s'efforçait de montrer depuis qu'il était arrivé se démantibula instantanément.

« Stéphany. »

« Je… »

« Je vais vous laisser » murmura Élise.

Elle fit quelques pas vers Stéphany et se pencha à son oreille.

« Je vais m'occuper d'Hermione. Ne fais rien que tu pourrais regretter plus tard. »

Stéphany sourit et Élise quitta la pièce.

La jeune femme s'approcha de lui.

« Je te sers la main ou je te prends dans mes bras ? » demanda Stéphany.

« J'en sais rien. Ça dépend de tes intentions pour la suite. »

Stéphany hocha la tête et s'approcha plus lentement de lui qu'il lui était nécessaire.

« Quelles sont tes intentions ? » demanda Remus.

Elle posa ses mains autour de son cou alors qu'il les posait autour de sa taille.

« J'en sais rien. » murmura-t-elle en lui souriant.

Ses lèvres étaient si proches de lui qu'il pouvait sentir son souffle.

« La seule chose que je sais, c'est que j'irai aussi loin avec toi que tu le voudras. »

C'en était trop. Remus l'embrassa sauvagement, dévorant littéralement sa bouche, explorant une contrée qu'il connaissait déjà par cœur. Il monta rapidement ses jambes sur ses hanches, et, l'embrassant toujours, monta au troisième étage.

« Quelle chambre ? » murmura-t-il, la voix rauque.

« Troisième à gauche » rétorqua-t-elle en grignotant son cou.

Remus s'y engouffra. Il sortit alors sa baguette et jeta un sortilège d'Insonorisation et d'Impénétrabilité sur la chambre, puis plaqua sa douce contre un mur. Il commença par dévorer sa bouche, puis son cou alors que la jeune fille se battait avec les boutons de la chemise de Remus. Il se trouva bientôt débarrasser du vêtement, comme du chemisier de la jeune fille et il commença à masser doucement sa poitrine, lui arrachant des gémissement qui l'excitait encore plus. Il ressentait le besoin urgent de lui faire l'amour, plus qu'une envie, une nécessité.

Elle défit sa fermeture éclair et baissa un peu son caleçon, libérant son sexe en érection, alors qu'il ne faisait que relever sa jupe et descendre sa culotte. Et là, sans ménagement, il la pénétra. Stéphany entama un mouvement de va et vient dans lequel l'accompagna son amant, puis tous deux vinrent ensemble.

Remus attendit de contrôler ses tremblements pour s'approcher du lit. Il ouvrit les couvertures et s'y laissa tomber par-dessus Stéphany, qui eut un petit rire.

« La pleine lune est dans combien de jours ? »

Remus calcula rapidement.

« Après-demain. Je… Je suis désolé de ne pas avoir retenu le loup. »

« Tu veux rire ? J'adore quand tu laisses sortir le loup. Il faut bien que tu cesses d'être réservé dans au moins un aspect de ta vie. »

Remus sourit et embrassa doucement ses cheveux. Puis, il roula sur le côté et Stéphany posa sa tête dans son cou, passant son bras sur son torse.

« Tu vois souvent Élise ? »

« Pas depuis la mort de Lily et James. »

« Pourquoi es-tu venu ici aujourd'hui ? »

« Longue histoire. »

« Raconte-la-moi. J'aime quand tu me racontes des histoires. »

Remus soupira.

« Non. Cette histoire-là est ennuyeuse. Tu sais… Une de celles qui te laissent une impression de déjà vu. »

« Raconte-la-moi. »

« Depuis mon retour en Angleterre, je suis avec Beverley Jackson. Tu sais, elle était à Serdaigle, dans notre année. Il y a trois ans, elle a eu un fils. Et hier, elle m'a dit qu'elle m'avait trompé. Neuf mois avant sa naissance. »

« Remus, je suis désolée… »

Elle posa un léger baiser dans son cou.

« Mais non, ce n'est rien. J'ai lu quelque part qu'on recréait toujours les même patrons dans nos relations amoureuses que ceux dans lesquels on se sent confortable. Tu vois, ma mère trompait mon père et elle a eu un enfant d'un autre alors qu'ils étaient ensemble. Tu as eu un enfant avec un autre que moi et elle aussi. »

« Remus, à propos de ma fille, je voulais te dire… »

« Maman ! Roxanne ne veut pas me donner de biscuits ! »

Stéphany jeta un regard vers la porte qui recevait des dizaines de coups.

« Vas-y. » murmura Remus.

Elle soupira et retint de justesse une larme, puis réfuta le sortilège d'Insonorité de la porte.

« J'arrive tout de suite, ma chérie. »

Stéphany repoussa Remus et se leva. Elle enfila rapidement la chemise qu'elle avait jeté dans un coin de la pièce et s'attacha grossièrement les cheveux. Elle ouvrit la porte et la referma aussitôt.

Remus s'assit et regarda autour de lui. C'était une chambre rouge, avec un joli lit à baldaquin, ressemblant beaucoup à la chambre des Préfets-en-Chef. Il y avait des photos un peu partout. Remus remarqua entre autre une photo représentant Stéphany et une jeune fille d'un peu moins de six ans qui était devant une boutique chinoise. Il la prit et regarda quelques instants la photo lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir.

« Hey. » murmura-t-elle en refermant la porte et en rejetant les sortilèges.

« Hey. »

« Je me suis dit que nous devrions reprendre des forces. J'ai une bouteille de Bourgogne et un paquet de croustille. Ça te dit ? »

« Excellente idée, Mrs Granger. »

Stéphany eut une grimace.

« Remus, ne m'appelle pas comme ça. Ça me fait penser à ma mère. Et comme je ne suis pas mariée, appelle-moi Mademoiselle Granger. »

Remus sourit alors que Stéphany déposait le paquet de croustilles et la bouteille sur le lit et qu'elle venait s'allonger sur lui pour l'embrasser sensuellement.

« Stéphany… »

« Quoi ? »

« C'est toi, sur la photo ? »

Stéphany regarda la photo qu'il avait et lui sourit.

« Oui. Avec Hermione. »

« Ta fille ? »

Elle hocha la tête et recommença à l'embrasser, puis s'arrêta aussi soudainement qu'elle avait commencé.

« J'ai une de ses soifs, tu n'as pas idée. »

Elle prit la bouteille et l'ouvrit, puis en but un long trait à même le goulot. Elle la tendit à Remus en lui souriant.

« Tu en veux ? »

Remus hocha la tête et commença à boire, interrompu dans sa tâche par Stéphany qui l'embrassa et déposa la bouteille sur la table de chevet avant de détacher son pantalon.

« Alors, Lupin ? Comment il va, Potter ? »

Remus secoua la tête et se tourna vers Alastor Maugrey.

« Pardon ? »

« Ça va ? Tu as l'air perdu. Attention… Peut-être un autre de ses satanés Mangemorts… On ne sait jamais sur qui ils veulent prendre le contrôle de l'esprit et vous êtes particulièrement bien placé pour se faire… »

« J'en prends note, Alastor. »

« Comment il va, le petit Potter ? »

« Je crois qu'il supporte le choc. Ou qu'il essaye de le supporter quand il se trouve en présence de quelqu'un d'autre que lui même. »

Remus regarda sa montre. Déjà onze heures moins le quart…

« Je vais monter le réveiller. Je suppose qu'il voudra accueillir son amie. »

Il quitta la salle avant que Maugrey ne recommence à délirer sur la soi-disant appartenance de Ron et Hermione aux Forces du Mal et monta jusqu'à la chambre de Harry. Il cogna légèrement deux coups à la porte, et, ne recevant pas de réponse, l'ouvrit délicatement.

« Debout, espèce de fainéant ! »

Mais Harry n'était pas là. Remus se gratta la tête et fit le tour de la chambre, puis s'arrêta devant la porte qui donnait sur la salle de bain. Il cogna et un faible « Entrez ! » lui parvint. Il ouvrit donc la porte et ce qu'il vit le stupéfia.

Devant le miroir, Harry essayait vainement de coiffer ses cheveux. Il avait nettement pris le temps de choisir après une longue étude quels seraient les vêtements qu'il porterait et passait maintenant sa main dans ses cheveux.

« Harry ? »

« Bonjour Professeur. Vous connaissez un sortilège qui pourrait me faire une coupe acceptable ? »

« Oui. »

L'adolescent se tourna vers son aîné comme s'il était son sauveur.

« Laquelle ? »

Remus prit sa baguette et en tapota deux fois le bras de Harry en marmonnant des paroles à vague accent latin. Lorsqu'il rangea sa baguette, Harry se tourna vers le miroir et soupira.

« Professeur, votre formule n'a pas marché… »

« Je l'espère bien. Sinon, j'aurais inventé un nouveau sortilège et j'aurais dû assister à des tonnes de réunions ministérielles plus ennuyeuses les unes que les autres. »

Harry soupira. Remus alla s'accoter contre le lavabo.

« Harry… Ce n'est pas avec des vêtements plus à la mode ou une coupe de cheveux sensationnelle que tu conquérras Hermione. »

« Vous voulez rire ? Le dernier type avec qui elle est sortie est Victor Krum. Victor Krum ! Vous rendez-vous compte de ce que je dois ressentir comme pression pour être à la hauteur ? »

Remus cligna des yeux, visiblement indifférent.

« Qu'est-ce que ce Victor Krum a de plus que toi ? »

« Il est grand. Ou du moins, plus grand que moi. C'est un joueur de Quidditch professionnel et on m'a complètement interdit l'accès au terrain. »

« Et alors ? Je n'ai jamais vu Hermione réellement emballée d'aller à un match de Quidditch. »

« C'est parce que vous n'étiez pas à côté d'elle à la Coupe du Monde. »

Remus sourit.

« Peut-être. Mais, si je puis me permettre un commentaire en tant qu'enseignant, Hermione semble plus être intellectuelle que sportive, non ? »

Un léger éclair de lucidité passa dans les yeux de Harry.

« Merde… Où est-ce que j'ai mis mon chandail de laine beige ? »

Il sortit de la salle de bain suivi de Remus, qui s'arrêta en entrant dans la chambre.

Dans le centre de la pièce se tenait Hermione, qui regarda les deux hommes avec un grand trou dans les yeux. Elle recula de quelques pas, puis se tourna et partit en courrant.