Chapitre 3. : '… Pour un bain...'
Julia ouvrit un oeil… phénomène fatal : elle ne se rendormirait plus !
Elle soupira longuement et ouvrit son baldaquin pour voir l'heure : 6h12. Ca allait, elle ne s'était pas réveillée trop tôt.
Aussi discrètement qu'un félin, elle se leva et se dirigea vers la salle d'eau où elle prit une douche. Elle grogna. Elle détestait déjà les douches ! Elle avait besoin d'un bon bain chaud ! Les douches, c'était pour les gens pressés, et une insomniaque telle que Julia avait tout son temps, elle. Un bain, ce ne serait pas un luxe… Mais elle dut se faire une raison : Ce vieux hibou qu'était Dumbledore n'instaurerait jamais de bain dans leur salle commune !
Au moins, elle se consola en se lavant les cheveux avec un peu d'essence de Lapilazulia, une très jolie plante dont extraire les essences était très difficile. Ceci faisait de ces gouttes l'une des choses les plus chères sur le marcher.
Elles avaient des très bonnes vertus sur les cheveux, les rendant soyeux et extrêmement brillants. Mais elles étaient aussi utilisées en potion… Et la veille, Julia avait trouvé la fiole contenant ces essences dans l'armoire de Slughorne. C'était trop tentant.
Attention, elle ne l'avait pas volée, juste empruntée. Elle la remettrait à son prochain cour.
En se coiffant, elle se souvint que Sharon lui avait demandé de garder sa tresse jusqu'à ce qu'elle lui donne la réponse au sujet de son recrutement dans les rangs du club.
Donc, Julia tressa ses longs cheveux noirs. Elle trouva que ça lui donnait un air un peu trop… 'coincé'.
Mais bon…
La sorcière soupira et sortit de la salle de douche avec sa discrétion naturelle. Elle prit son emploi du temps et fut contente de constater qu'aujourd'hui, elle aurait un cours de potion. Elle attrapa ses livres et sortit à pas de loup du dortoir qu'elle partageait avec 4 autres Serdaigles.
Quand elle descendit dans la grande Salle, elle constata que comme d'habitude et malgré l'heure très matinale, les tables étaient déjà dressées.
Et personne n'était encore assez fou pour être descendu à une heure pareille.
Elle s'assit à sa table et ouvrit le Radoteur, qu'elle n'avait pas eu le temps de vraiment feuilleter depuis son retour.
Il n'y avait rien de vraiment extraordinaire. L'histoire de bonbons piégés dans le Poudlard Express était ce qu'il y avait de plus intéressant. A part peut-être son horoscope lui prédisant une journée pas comme les autres...
C'est à la page des ragots quotidiennement actualisés qu'elle fut le plus surprise :
«
Mes si chers camarades. Voici la rumeur que vous savez véridique en cette fin de première semaine d'école. Biensure, je parle de la fameuse et traditionnelle Fête de Rentrée. À vous, premières années qui vous grattez le crâne en vous demandant ce que peut bien être cette célébration, votre fidèle Lafouine va vous apporter la réponse : Depuis des années déjà, votre hebdomadaire favori ( je vous parle bien évidemment du Radoteur) organise une grande fête chaque vendredi de rentrée scolaire pour rendre grâce à notre courage d'êtres revenus passer une passionnante année à Poudlard, histoire de décompresser tant que nos adorables professeurs ne nous ait pas encore noyés sous le travaille.
Alors, Poudlariens, Poudlariennes : si vous êtes candidats à une soirée de folie, RDV dans le Hall d'entrée à 20h30 (tant que le couvre-feu n'aie pas lieu). Mais ATTENTION : Le Radoteur ne prend aucunes responsabilités si vous vous faites attraper en dehors de la fête. Venez à vos risques et périls. Mais venez nombreux ! A ce soir, votre bien aimée, Lafouine. »
Mais comment avait-elle put oublier qu'aujourd'hui était le traditionnel jour de la Fête de Rentrée ?
C'était une fabuleuse occasion de se faire voir devant tout le monde. Elle devait absolument y aller.
Contente d'avoir en perspective une bonne journée, elle replia son journal et se servit un bol de céréales. La seule chose qui pouvait rendre cette journée parfaite, c'était un 'punching-ball' : elle avait besoin de se défouler sur quelque chose.
Bon elle se contenterait de mâcher ses céréales avec force…
Mais tout d'un coup, elle entendit un bruit. Un grondement ?
Elle ne bougea plus d'un poil, sa cuillère dans la main droite et sa baguette dans la gauche.
… Mais rien ! Elle avait dû rêver. Pas totalement rassurée, elle se remit à manger, les sens aux aguets. Et là, le bruit retentit une deuxième fois !
Elle bondit hors de son banc, et tendis sa baguette d'un air qu'elle voulait menaçant.
Le bruit recommença et elle fronça ses sourcils. Elle rêvait ou c'était un… ronflement ?
Soudainement curieuse, elle s'avança vers les fenêtres.
Et allongé sur un banc de Gryffondor, elle fut à la fois soulagée, surprise et amusée de trouver Remus Lupin plongé dans un sommeil assez profond.
Rassurée, elle allait retourner à son petit déjeuner. Mais elle réalisa alors que son 'punching-ball' était actuellement entrain de ronfler à ses pieds. Encore une fois, c'était trop tentant.
D'un coup de baguette, elle lui lança un sort de jambes-en-coton.
Lupin grogna et se réveilla ensuite.
- Mais qu'est ce que… ?
- Accio Baguette !
Sentant sa baguette filler hors de sa poche, Lupin se réveilla immédiatement.
- Medows ?
- Alors ? Bien dormi ?
- Rends-moi ma baguette ! dit-il d'un ton menaçant.
- Ce n'est pas parce que tu as dormis sur un banc inconfortable que tu dois être aussi grincheux avec tes interlocuteurs, sourit-elle.
Lupin grogna et se leva. Mais à peine était-il debout que ses jambes se dérobèrent sous son propre poids.
- Aie, compatit faussement la jeune fille. Ça doit faire mal !
Elle le releva grâce à un sort de lévitation et l'assit sur la table.
- C'est quoi ton problème Medows ?
Julia haussa les épaules.
- Je dois être cinglée !
- Ça, j'avais pas besoin de toi pour le savoir.
- Tu sais Lupin, c'est pas en étant désagréable que tu retrouveras ta baguette, dit-elle avec l'air faussement blessé.
Elle fit tournoyer la baguette du jeune homme entre ses doigts. Celui-ci en avait l'air très agacé et elle en était très heureuse.
- 15 points de moins pour Serdaigle ! dit-il entre ses dents serrées.
Julia se retourna et vit quelques petits saphirs remonter dans le sablier de sa Maison.
- Mince alors ! Non Lupin ne me fait pas ça ! J'aime tellement Serdaigle ! joua-t-elle dans le mélodrame.
- Pourquoi ça devait tomber sur moi? soupira Lupin
- Il faut croire que tu es un vrai Détreflé
- Un vrai QUOI?
- Un Détreflé, tu sais, ces gens qui n'ont jamais de chance, sur qui tout tombe toujours, qui vivent un enfer... mais dont tout le monde se fiche! Ils attirent la disgrâce des dieux et font face à de véritables bourreaux.
- Et je suis un "Détreflé"?
- Exactement, Lupin.
- Quelque chose me fait plutôt penser que ce serait une définition pour toi!
- Regarde nous, Lupin, rit-elle. Dit-moi, d'entre toi et moi, qui est celui en plus mauvaise posture?
Comprenant que ce n'était pas comme ça qu'il arriverait à ses fins, Lupin soupira longuement avant de demander :
- Qu'est ce que tu attends de moi ?
- Hmmm… ! Tout d'abord, qu'est ce qui t'as amener à ronfler sur ton banc ?
- …
- Mmmm, je pense que ta baguette ferrait très plaisir au calamar géant ! J'ai entendu dire qu'il voulait tester ses talents de sorcier.
- Serait-ce une menace, Medows ?
- Nous ne faisons que discuter des plans que je prévoie pour ta baguette…
- Bon d'accord, soupira Lupin. Cette nuit, c'était à mon tour de faire une ronde de ce coté ci du château. Puis, je me suis allongé ici une seconde pour regarder le plafond magique de la Grande Salle… Et apparemment, je me suis endormi.
- Mais quel bon préfet tu fais ! Toutes mes félicitations !
- Oh ça va hein… marmonna Lupin, visiblement honteux. Maintenant laisse moi partir.
- Non, j'ai encore une dernière petite question à te poser.
- Et qu'est ce qui me dit que c'est la dernière
- Et bien moi !
Lupin soupira, vraiment excédé. Puis il l'invita à poser sa question.
- Je voulais que tu me donnes le mot de passe de la salle de bain des préfets.
Lupin la dévisagea.
- Tu te fiches de moi ?
- Biensure que je me fiche de toi ! Mais pas du mot de passe !
Il éclata de rire. Julia grogna. Elle VOULAIT ce bain… fini les douches.
- Lupin ! Tu vas me répondre ?
- Non ! Mais tu te prends pour qui ?
- Pour celle qui va faire valser ta baguette dans les fonds inexplorés de lac.
- Parce que tu penses que je ne le dirais à personne ?
- Serais-tu un rapporteur, Lupin ?
- Quand il s'agit de ma baguette, oui !
Elle tira un coin de ses lèvres pour former un demain sourire inquiétant :
- Mais si tu ne me dis rien, tu serais accusé du vol d'une des fioles de Slughorne. Et tu sais à quel point ce gros idiots tient à ses fioles, susurra-t-elle à Lupin en repensant aux essences de Lazulia qu'elle avait encore sur elle.
- Mais je n'ai volé aucunes de ses fioles !
- Quand il en trouvera une sur toi, il ne se posera pas de questions.
- Je me fiche de tes menaces, Medows.
- Ah bon ? Et si Slughorne retrouvait sa fiole dans les vestiaires de Quidditch — plus précisément dans le casier de Potter, ou dans la poche de Pettigrow, sinon sous le matelas de Black ou dans le cartable d'Evans ? Ca te laisserait toujours aussi indifférent ?
Touché ! Lupin était abasourdi ! Il avait l'air révulsé par la mesquinerie de Julia mais celle-ci n'en était que plus ravie. Il jugea la question …
- Bon d'accord ! cracha-t-il. Mais je veux que tu me libères juste après.
- Promis ! lui dit-elle, radieuse.
- Le mot de passe,… Le mot de passe est Capharnaüm.
- Merci ! dit-elle enjouée.
Elle attrapa ses affaires, déposa la baguette de Lupin à 5 bons mètres devant lui sur le sol et s'éloigna.
- Eh ! la rappela Lupin. Tu devais me libérer !
- Tu sauras le faire tout seul ! dit-elle en continuant sa route vers la sortie.
- Mais comment ?
Elle se retourna.
- Tu n'es pourtant pas si idiot ! Et je ne suis pas bête non plus, Lupin : La seconde même où je t'aurais libéré, tu sauteras sur ta baguette et tu tenteras de me faire regretter le petit jeu qu'on vient de jouer… Et quelque chose me dit que tu cours plus vite que moi ! Mais le temps que tu rampes à la force de tes bras jusqu'à ta baguette, j'aurais largement eu le temps de m'éclipser dans un endroit où tu ne me retrouveras pas de si tôt. Bonne journée, on se recroisera certainement un de ces quatre ! Oh ! Et ne t'inquiètes pas pour tes amis, ils ne risqueront rien avec cette histoire de fiole, docile petit Lupin.
Elle lui tourna le dos et ignora les protestations du Gryffondor. Elle alla dans le hall d'entrée. Ensuite, elle sortit dans le parc et s'avança vers un saule pleureur particulièrement touffu. Elle se hissa de branches en branches jusqu'à être assez haut pour ne pas être vue mais assez bas pour être sur sa grosse branche fétiche. Elle adorait cet endroit au calme que personne ne connaissait.
Elle était aux anges.
Quel bon début de journée…
La journée se passait assez bien dans l'ensemble pour la jeune sorcière. Elle passait ses cours généraux en compagnie de cette « cruche de Criche Histas » mais elle ne préférait pas l'éloigner (parce qu'elle appréciait la compagnie et qu'elle ne voulait pas vexer Sharon en 'renvoyant son envoyée').
Et elle fut ravie de la proposition d'Evan Rosier durant le cours de Slughorne, l'invitant à être son binôme pour créer une potion qui devait être rapidement préparée par deux pour un prochain cours de DCFM.
Ayant fuit Histas, n'ayant pas eu à affronter les Maraudeurs restés particulièrement calmes aujourd'hui (ce qui était étrange tout de même) et étant en la compagnie du très intéressant et intéressé Evan, Julia trouva son double cours très divertissant. Surtout lorsque Slughorne parla des particularités de la rarissime Pierre de Solvate… :
- La Pierre de Solvate a des vertus aussi extraordinaires qu'inexpliquées, expliqua le gros professeur en se baladant dans les rangées où les couples d'apprentis maîtres de potion tentaient de rester concentrés. Dans la potion que vous préparez, elle serait idéale pour accroître votre clairvoyance et décupler vos sens. On la dit « combleuse de brèches cérébrales », ajouta-t-il dans ses pensées avant de soupirer longuement, frustré : Mais nous n'en disposons pas. Ce n'est pas grave, ça ne gâchera en rien le résultat de votre potion si vous ne l'utilisez pas. Je…
- Excusez-moi, professeur, l'interrompit Julia.
- Mademoiselle Medows ?
- Que voulez-vous dire par « combleuse de brèches cérébrales ».
- Je viens de vous l'expliquer…
Julia ne tint aucunement compte de l'air exaspéré de son professeur. Elle avait eu ce frisson dans la colonne vertébrale quand il avait parlé de brèche cérébrale. Elle s'était même entaillé le doigt dans un moment de choc. Mais elle se fichait éperdument du sang qui se mettait à apparaître à la surface de sa peau. Elle voulait savoir ! Elle DEVAIT savoir !
- Désolée, professeur. Il me semblait seulement que vous aviez une connaissance très avancée sur ce sujet pourtant si peu exploité. Je pensais que votre culture étandue pouvait m'éclairer sur le sujet…
Il n'en fallut pas plus : flatter ce professeur sur sa grande intelligence était la meilleure façon de le manipuler…
- Et bien, miss Medows, la Pierre de Solvate est une pierre de lune très puissante qui aurait des pouvoirs médicaux très intéressants. Entre autre, réussire à raccommoder le si complexe cerveau humain quand il est gravement endommagé comme ces très connues 'brèches' -qui envoient tellement de sorciers à Ste Mangouste de nos jours- d'où son nom de « combleuse de brèches »… Bon, finit cet écart. Il ne vous reste plus que 20 petites minutes. Votre potion devrait être d'un blanc-licorne maintenant.
Et il retourna fièrement faire le tour de la classe, satisfait d'avoir répondu à la question de son élève. Mais biensure, pour elle, il n'en avait pas dit assez !
- Qu'est ce qui t'intéresse autant dans ces « combleuses de brèches » lui demanda Evan quelques minutes plus tard.
- Rien, mentit-elle.
- Je me suis toujours demandé pourquoi une fille aussi futée, rusée, diabolique et belle que toi n'était pas rentrée à Serpentard…
Julia le regarda alors, les sourcils levés, agréablement surprise.
- …Maintenant j'ai ma réponse : tu ne sais pas mentir.
La jeune fille ne se sentit nullement vexée et éclata de rire au contraire.
- Bon, d'accord, soupira Julia. J'avais pensé que ce serait intéressant de pouvoir utiliser la pierre pour « combler les brèches de notre intelligence ». Tu te rends compte si j'étais en possession d'une telle pierre ? J'aurais un pouvoir très grand et je réduirais à néant tout ces insectes d'intellectuels qui gouvernent ce monde à sa perte. Je serais aussi puissante et reconnue que Merlin !
Elle avait dit ça avec une telle passion et conviction qu'Evan la crut du tout au tout, imaginant que pour avouer une telle envie de grandeur elle ne pouvait cacher autre chose.
Pourtant si elle pouvait toucher à cette pierre… ce serait pour sa mère !
Elle sourit en pensant qu'enfait, réussissant à mentir aussi bien, elle aurait apparemment fait une parfaite Serpentard…
