Hey mes fellows Quickers !
Juste un ENORME MERCI à vous ! Tous vos commentaires me font chaud au cœur ! Je ne m'attendais pas à autant d'enthousiasme donc je suis vraiment ravie que cette fic vous plaise :)
J'ai pas grand-chose à dire donc je vous laisse commencer la lecture ! Mais sachez juste que j'ai vraiment apprécié tous vos commentaires ! Encore merci !
Chapitre 3 : Maybe, This Time…
La pleine lune éclairait la chambre de la jeune fille assise sur le rebord de la fenêtre. Elle terminait sa dernière bouffée de cigarette, puis lança le mégot au loin. Ils ne devaient pas savoir. D'ailleurs, elle ne fumait qu'occasionnellement, et ce soir était une occasion. Non, rien à fêter à part le fait qu'elle avait trouvé le courage de raconter son histoire sur une dizaine de pages. Elle avait été inspirée. Restait plus qu'à espérer que ça en vaille vraiment la peine.
C'était grâce à lui : Jackson. Après l'avoir ramenée devant la porte de chez elle, ils avaient parlé, parlé et encore parlé. Ils avaient parlé de lui, il lui avait raconté sa vie. Partagé des choses intimes, d'autres ordinaires. Il n'avait pas tenté de se cacher, mais plutôt de se découvrir. Se montrer tel qu'il était, pour qu'au final, elle puisse s'attacher et s'intéresser à lui. Et c'était exactement ce système d'autodéfense qu'utilisait Beth depuis des années. Ne pas se dévoiler pour ne pas souffrir. Cacher pour se préserver. Mais elle en avait eu marre, et l'écrit qu'elle devrait présenter dans quelques jours tombait juste à temps.
Elle ferma la fenêtre de la chambre, vaporisa un peu de désodorisant pour recouvrir l'odeur de cigarette, et reprit place derrière son ordinateur. Oui, elle était fière de ce qu'elle avait écrit. Elle pouvait être fière de sa vie. Elle vint placer le curseur de la souris en haut à gauche de l'écran et appuya sur « Imprimer ».
-o-o-o-
« J'ai trouvé un appart' », annonça fièrement Santana en sautillant dans le salon. Elle fit une danse bien à elle, qui ne ressemblait à aucune autre, secoua Quinn en passant et s'assit sur le comptoir en criant de joie. Quinn réajusta ses lunettes droites –qu'elle ne portait que pour la lecture, etc- et remit en place son paquet de copies à corriger en face d'elle. Elle tourna la tête vers son amie qui affichait un large sourire jusqu'aux oreilles.
« Tu veux le voir ? », bien que ce ne soit pas une question, puisqu'elle attrapait déjà sa tablette tactile, et la déposa sous le nez de Quinn. L'écran affichait quelques photos du logement en question.
« Alors là, c'est la chambre, là la partie salon-salle à manger, les toilettes, et la salle de bain. Y'a même un balcon, un local pour le vélo, mais ça je m'en fiche, et une salle de sports en bas de l'immeuble. Qu'est-ce que tu en dis ? » demanda une Santana surexcitée.
« Oui, il m'a l'air bien. Les couleurs sont neutres, tu pourras le décorer à ton gout. Et niveau loyer ? C'est combien ? »
« Le même qu'ici, enfin, la part que je paie ici », donc ça reste raisonnable. Et puis c'est pas un quartier qui craint dans le coin ».
« Il est libre à partir de quand ? » s'intéressa Quinn.
« Ben de suite. C'est une nouvelle résidence. Du coup, dans moins d'une semaine je suis partie je pense » déclara Santana.
Quinn en resta bouche bée. D'accord, elle avait demandé à Santana de partir, parce qu'elle non plus n'occuperait plus les lieux. Mais aussi rapidement ? Elle ne l'avait pas prévu. Cela signifiait qu'elle pourrait elle aussi partir plus tôt et emménager avec Stefan. Cette pensée la terrorisait. Elle ne pourrait pas lui cacher longtemps.
« Je suis fière de toi San' » dit Quinn en la prenant dans les bras pour la féliciter. C'était finalement pas grand-chose, mais pour Santana c'était un grand pas.
« Au fait Fabray, tu viens ce soir ? » demanda la latino en s'asseyant à coté de son amie. Elle prit une copie dans ses mains et l'examina. « C'est quelle classe ça ? Parce qu'apprendre l'alphabet pour certains ça relève de l'exploit. Regarde celui-là, il sait même pas faire un écrire son prénom « Jammes » ». Quinn roula des yeux à sa remarque.
« Santana, ils ont quoi cinq ans pour certains. Remarque, j'en ai au lycée qui se trompent aussi dans leur prénom », rigola Quinn.
« Et pour ce soir ? » relança Santana.
« Mais de quoi tu me parles au juste ? »
« C'est Open Mic ce soir au bar ! Tu dois venir cette fois ! En plus Stefan est pas là ! Tu vas quand même pas me laisser y aller toute seule. Tu me dois bien ça ! Dans une semaine je suis plus ta colloc' »
Quinn réfléchit. Elle n'avait pas tout à fait tort. Qu'est-ce qu'elle allait faire de toute façon ici toute seule, alors que ses amis allaient s'amuser ?
« Bien sûr que je viens»
-o-o-o-o
Beth travaillait ce soir là, et tenait un rythme acharné, le bar était bondé. En effet, Puck avait attiré sa clientèle en proposant chaque mois, une soirée réservée aux artistes inconnus, qu'ils soient chanteurs ou musiciens. Beth sautait de table en table, prenant les commandes comme une chef. Puck et Sam tenaient le bar, répondant à ses demandes.
Lorsque Santana et Quinn entrèrent dans le bar, elles crurent ne jamais trouver de place où s'installer, mais par chance, deux tabourets se libérèrent juste à temps. Quinn n'arrivait pas à se faire à l'idée que Beth travaillait maintenant sous le coude de Puck, et fut surprise de la voir débarquer prendre leurs commandes.
« Double margaritas », répondit Santana en souriant jusqu'aux oreilles. Quinn sourit simplement, gênée.
« Alors, tu comptes nous chanter quelque chose ce soir ? », demanda Santana.
« Oh non, c'est pas vraiment mon truc, je chante juste sous la douche », répondit Beth en secouant la tête, comme si cette idée était vraiment ridicule.
« Tu peux aussi chanter pour le fun », insista la latino.
« N'oublions pas que Monsieur tête d'œuf me paie pour débarrasser les tables, et non pas me ridiculiser devant la clientèle, je pense que je vais passer pour ce soir ».
« Tête d'œuf ? », releva Quinn en arquant un sourcil surpris.
« Ouais… c'est ce que je lui disais tout à l'heure, je trouve que sa tête a la forme d'un œuf », Beth rougit à sa remarque, ou plutôt au fait qu'elle sympathisait vraiment avec sa prof. Chose totalement hors de questions en temps normal. Quinn sourit et observa Puck servir une bière. Bien sûr qu'il avait une tête d'œuf, elle avait été la première à le faire remarquer d'ailleurs.
« Je ferai mieux de retourner travailler ou il va se transformer en œuf dur », Beth rigola à sa propre blague et partit à l'autre bout de la salle.
« Elle est trop mignonne », déclara Santana. Quinn fronça les sourcils, et la jugea un moment. Santana roula des yeux « Pas dans ce sens là… Plutôt comme… un animal de compagnie tu vois ? »
« Non vraiment la prochaine fois tu ferais mieux de t'abstenir » souligna Quinn.
Puck apparut devant elles et leur déposa leurs verres en face d'elles « Ladies… »
Elles le remercièrent et commencèrent à siroter en silence. Des personnes s'afféraient au devant de la scène au fond du bar, à raccorder fils, fiches jack, micros aux bons endroits.
« Tu vas nous chanter quelque chose ce soir ? » se renseigna Quinn.
Puck sourit en coin, passa un coup de torchon sur le comptoir puis répondit « Je sais pas… il fa ut quelqu'un pour tenir le bar… »
« Je peux le faire pour cinq minutes » le coupa Santana an levant son sourcil.
« Merci… mais y'a vraiment beaucoup de monde ce soir… »
« Poule mouillée » attaqua Santana gentiment. Elle voulait le faire sortir de sa réserve et le pousser à la chansonnette. Il était doué après tout.
« Je sais ce que tu essaies de faire et je ne marcherai -»
« Même pas cap ! »
« Okey, tout à l'heure je te mets la misère. La guerre est déclarée ! » il la pointa de son index avec un regard de défi. Elle sourit en coin, puis prit une gorgée de son cocktail, d'un air satisfaite. Elle avait quand même réussi.
« Où est Haley ? » demanda curieusement la latino.
« Premièrement c'est Hadley, avec un « d », et deuxièmement, elle avait une soirée entre copines… je crois »
Le téléphone de Quinn se mit à sonner et vibrer dans tous les sens.
« Je reviens, c'est Stefan… », Quinn s'éclipsa et sortit à l'extérieur du brouhaha de la salle.
« Donc on peut dire que tu es célibataire ce soir » continua Santana.
« Non. Ça ne veut pas dire -»
« Quinn est aussi en célibataire… si tu vois c'que j'veux dire »
« Qu'est-ce que tu manigances ? »
« Rien ! » Santana leva les bras devant elle pour se défendre de toute culpabilité.
Puck se rapprocha et s'accouda en face d'elle, histoire d'avoir une conversation des plus privées.
« Je vois c'que tu essaies de faire. Et ça ne prend pas »
-O-O-O-O
Au fur et à mesure que la soirée avançait, les verres de nos protagonistes se vidaient aussi peu à peu. Puck les avait accompagnées en tout bon gentleman qui se respectait. Leur jeu consistait à noter les personnes qui se présentaient sur la scène. A la fin de chaque prestation, les pauvres malheureux héritaient le plus souvent de F. Santana et Puck se disputaient encore sur les chansons qu'ils allaient interpréter dans quelques minutes. Quinn observait cet échange d'un œil malicieux, tout en profitant du spectacle. Son regard s'attardait sur Beth et ses amis qui l'avaient rejointe. Elle remarqua le rapprochement entre Beth et Jackson, et cette vision la fit sourire. Ils étaient assis cote à cote et ce malheureux tentait désespérément de passer son bras autour de ses épaules, en vain. Beth n'arrêtait pas de bouger sur place, ne se rendant même pas compte du tracas du jeune homme. Au bout de quelques minutes d'acharnement, il réussit quand même. Beth se retourna vers lui, surprise au début, puis lui sourit. Abby se leva et prit place sur la scène. Cela n'étonna personne parmi ses camarades, ni même Quinn, puisque celle-ci faisait partie du Glee Club.
Quinn reporta son attention sur Puck et Santana. Ils étaient enfin tombés d'accord sur le choix des chansons.
« Alors, ça donne quoi ? », demanda Quinn par curiosité.
« On a décidé de reprendre des morceaux qu'on interprétait au lycée, tu sais au Glee Club », répondit Santana, « et on a chacun choisi la chanson de l'autre ».
« J'ai été sympa, j'ai choisi 'Valérie' pour toi » argumenta Puck, « Mais elle refuse de me dire à l'avance la mienne ! San' est une tricheuse ».
« Ça sera juste plus marrant de te dire au dernier moment », reprit Santana en rigolant.
Des exclamations retentirent, ainsi que des applaudissements. Abby fit une petite révérence, et rejoignit la table de ses amis, qui continuaient de la féliciter en chœur. Santana prit Puck par la manche, et le tira jusqu'à la petite scène improvisée, lui tendant une guitare accoustique. Elle souriait de toutes ses dents, attendant qu'il passe la sangle sur son épaule. Il leva un sourcil, lui faisant comprendre qu'il était maintenant temps de révéler la chanson. La jeune femme s'approcha de lui, et lui murmura le titre dans l'oreille. Il rougit instantanément, posa son regard sur Quinn – qui était visiblement ailleurs, dû au nombre incalculable de verres qu'elle s'était enquillée – puis reporta son attention sur son public. Il s'avança vers le micro, tapa dedans avec son pied sans faire exprès puis le réajusta à sa hauteur.
« A la demande d'une amie, je vais interpréter une chanson qui me tient tout particulièrement à cœur. Pour la petite histoire, c'est sur cette chanson que j'ai pu rendre jalouse la fille dont j'étais amoureux à cette époque. Enfin bref, c'est aussi un excellent titre de X, donc j'espère que vous allez apprécier »
Il positionna ses doigts sur le manche de l'instrument et commença à jouer les premiers accords. Inoubliables. Perdue dans ses pensées, à l'écoute des premières notes, Quinn se redressa en fronçant les sourcils et se tourna en direction de Puck.
« Where it begins… I can't pretend to know it… » Au premières paroles, son regard se figea dans celui de Quinn, émeraude, reconnaissable entre mille. Le rythme de son pouls s'accéléra et son cœur commençait à battre dangereusement contre sa poitrine. Elle se rappelait. Elle savait que ce morceau lui était dédié.
« Sweet Caroline… Good times never seem so good » Alors qu'il essayait tant bien que mal d'éviter maintenant son regard, il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil dans sa direction. Et elle souriait. Parce que finalement, il ne l'avait pas vraiment oubliée.
Lorsque son interprétation se termina, le public l'applaudissait bruyamment dont Beth et ses amis, mais tout ce qu'il pouvait faire, c'était la fixer. N'entendant même pas les acclamations de ses clients, il traversa la foule, évita les tables pour la retrouver. Il était comme hypnotisé par son regard, parce qu'elle non plus, ne l'avait pas quitté des yeux. Alors qu'il souriait bêtement, il heurtait des chaises et des coins de table sans s'en soucier, mais ce qui allait le ramener à la dure réalité était beaucoup plus douloureux. Toujours décidé à la rejoindre, il ne remarqua pas quand elle lui prit la main et le força à se tourner vers elle. L'autre elle. Hadley. Bombe sexuelle d'un mètre quatre-vingt, et pourtant invisible à ses yeux. Ce n'est que lorsqu'elle se pendit à son cou et qu'il dût s'immobiliser sur place qu'il revint à lui. Embarrassé, il passa néanmoins ses bras derrière son dos pour l'embrasser.
« C'était génial mon cœur ! Je savais pas que tu m'avais écrit une chanson d'amour , c'est trop mignon », s'écriait Hadley en le remerciant.
« Ah euh… tu sais, c'est pas vraiment ma chanson… j'ai pas- »
« Je m'en fous, c'est trop romantique », et elle l'embrassa de nouveau ne prenant même pas le temps de l'écouter.
« Tu devais pas faire une soirée ? », demanda Puck, alors qu'il tentait de se décrocher de son étreinte, pour apercevoir Quinn. Il l'aperçut en effet. La mâchoire décalée en signe de colère, elle rangeait nerveusement ses affaires dans son sac en remettant son manteau sur ses épaules, tout en agressant verbalement Santana. Il ne pouvait pas entendre ce qu'elle disait mais, il la connaissait, et il savait ce qu'elle comptait faire. L'addition de Quinn à l'alcool ne faisait généralement pas bon ménage. Lorsque les choses tournaient mal, Quinn se transformait en femme aigrie voire en folle furieuse, et rien ni personne ne pouvait la calmer. A part lui. Il voyait que Quinn se débattait dans les bras de Santana, qui essayait de la retenir. Puck n'arrivait pas à se défaire de sa petite amie, ne serait-ce le temps d'empêcher Quinn de faire une connerie. Lorsqu'il fut enfin libre, Quinn avait disparu, ainsi que Santana. Il sortit précipitamment de son bar, et faillit percuter de plein fouet la latino.
« Où est elle ? » demanda Puck, à bout de souffle.
Santana désigna le taxi qui roulait au loin, tout en sortant les clefs de voiture appartenant à Quinn.
« On la connait tout les deux pour savoir comment elle réagit lorsqu'elle est sous l'emprise de l'alcool, et que tu foires tout. Elle rentre à l'appartement. »
-o-o-o-o-
La porte de la chambre s'ouvrit et ne fit aucun bruit, un simple halo de lumière se faufila dans la pièce. Assez lumineux pour éclairer son visage angélique. Elle paraissait bien calme et apaisée, comparée à ce qu'elle pouvait donner certaines fois, comme plus tôt dans la soirée. Bien sûr elle savait pourquoi, bien sûr elle avait tenté de les rapprocher, mais c'était pour leur bien. Santana savait mieux que personne ce que pouvait ressentir Puck ou Quinn chacun de leur coté : perdre l'amour de sa vie et ne jamais s'en remettre. Faire comme si de rien n'était mais s'éteindre petit à petit de l'intérieur. Parce qu'elle avait perdu Brittany, parce qu'elle souffrait de son absence, elle ne voulait pas que deux êtres comme Quinn et Puck ressentent la même chose alors qu'ils pourraient profiter de leur amour pleinement, plutôt que de continuer de se mentir. Alors à chaque fois elle essayait, et à chaque fois ils s'éloignaient un peu plus l'un de l'autre. Et à chaque fois ils en souffraient.
Santana contempla longuement sa meilleure amie, et constata qu'une larme roulait le long de la joue de Quinn. Elle se pencha et l'effleura du bout du doigt. Elle ne pouvait pas continuer à les torturer éternellement, à les observer se déchirer. Certains êtres sont faits pour s'aimer mais pas pour être ensemble. C'était définitivement leur cas. Santana contourna le lit et déchaussa Quinn, pour lui remonter la couverture jusqu'aux épaules. Elle fit le tour, et se déshabilla de l'autre coté, passa son pyjama et se faufila entre les draps aux cotés de sa meilleure amie. Non elle ne se sentait pas de dormir toute seule ce soir.
-o-o-o-o-
De son coté, Beth s'était faite ramener par Jackson jusque devant chez elle. Il avait longuement insisté, et puis après tout, ils n'étaient pas en quelque sorte ensemble aussi ? Cela faisait maintenant une minute, qu'elle avait la main sur la poignée de la portière pour sortir, mais ses muscles ne bougeaient pas. Elle ne voulait pas réellement partir. Elle aimait sa présence, être avec lui, discuter de tout et de rien. Malgré son côté rebelle, Jackson était une personne des plus intéressantes, et qui se confiait à elle assez rapidement. Elle avait commencé à vraiment s'attacher à sa personnalité. Elle avait aussi trouvé en lui un très bon ami, plus qu'un simple flirt. Elle se décida enfin, et se pencha pour déposer un baiser sur sa joue. Il ne se retourna pas pour l'embrasser maladroitement, il sourit simplement. Mais un sourire sincère, qui lui remontait jusqu'aux oreilles, et faisait briller ses yeux de mille feux. Il se contenta de s'approcher d'elle et de lui rendre son baiser, sur la joue aussi. Et le simple fait de sentir ses lèvres sur sa peau la fit frémir, c'était tout bonnement plus romantique et plus attirant qu'un échange de salive. Elle lui rendit son sourire, et sortit enfin de la voiture. Elle lui fit un signe de la main pour lui dire « au revoir », et sans même y réfléchir, il klaxonna plusieurs fois sur le volant. Beth commença à froncer les sourcils et à mimer un « chuuuuut » en posant un doigt sur sa bouche. Jackson rigola et reklaxonna en partant, histoire de la faire pester un peu plus. Il était vraiment tard ce soir et la plupart des maisons étaient éteintes. Elle se retourna, et constata que chez elle, les Martins étaient encore éveillés, au vue de la lumière dans le salon. Chose assez surprenante, c'était la première fois qu'ils étaient debout aussi tard. Elle prit le chemin de l'entrée, et passa le pas de la porte. En effet, Jocelyne et Dave Martins regardaient la télé dans leur salon calmement. Ils se retournèrent lorsqu'elle entra et lui sourirent, avant de reprendre leur activité. Beth s'approcha et remarqua qu'ils regardaient la comédie musicale West Side Story, elle aimait bien aussi ce film. Elle captiva leur attention et commença à leur dire bonne nuit, mais Dave lui saisit le poignet et lui demanda de bien vouloir s'assoir dans le fauteuil assorti en face d'eux. Beth leva un sourcil mais s'exécuta, en posant son sac à ses pieds.
« Qu'est-ce qui se passe ? Y'a un problème ? C'est à propos des coups de klaxons ? Parce sue si c'est ça, j'y suis complètement pour rien et Jack-»
« Non Beth, ça n'a rien à voir », dit il d'une voix calme. Il se retourna vers sa femme, prit sa main dans la sienne, et se mordit la lèvre inférieure avant de fixer Beth. Quelque chose n'allait pas, et cela commençait à inquiéter la jeune fille. Elle le savait, elle le sentait, ce n'était pas la première fois. Mais elle ne le voulait pas.
« C'est juste, » reprit Dave, « que nous venons de recevoir des documents te concernant », là il fit un signe de tête en indiquant à Beth une enveloppe posée sur la table basse. L'adolescente se pencha et se saisit des papiers, commençant à lire. Elle n'avait même pas eu besoin de tout lire pour savoir de quoi il était question. Elle restait néanmoins bouche bée, ne sachant pas quoi leur répondre.
« Nous n'étions pas au courant lorsqu'ils ont pris la décision de te placer chez nous… ces informations sont arrivées aujourd'hui. Ecoute Elisabeth, nous t'apprécions beaucoup, ce n'est pas à cause de toi mais nous ne pouvons pas prendre le risque de t'avoir ici et de prendre toute responsabilité concernant ton état de santé ».
« Vous fatiguez pas. C'est pas la première fois. J'ai compris, je fais mon sac parce qu'ils viennent me récupérer demain c'est ça ? » Demanda-t-elle.
Tellement honteux de sa décision, M. Martins acquiesça d'un mouvement de tête sans même oser croiser son regard. Quand à Beth, elle ne voulait pas leur laisser son dossier confidentiel entre leurs mains, alors qu'ils venaient tout juste de la virer de chez eux. Elle monta les escaliers quatre à quatre et s'enferma dans la chambre, avant de s'écrouler en sanglots sur le lit.
-o-o-o-o-
Beth était prête. Elle l'avait toujours été à vrai dire, ça n'avait été qu'une question de temps avant qu'ils n'apprennent la vérité et prennent une décision. Elle attendait assise sur les marches du perron, ses quelques bagages de toute une vie à ses cotés. Beth ne pleurait plus, mais son chagrin était toujours bien présent. Jackson lui avait envoyé un message, mais elle n'avait pas répondu, et ne savait pas si elle avait envie de le revoir en fin de compte. Elle avait honte, tellement honte. Elle se sentait comme une pestiférée que tout le monde se passait et se pressait finalement de se débarrasser. Retour à la case départ, et pour combien de temps ? Elle n'avait aucune idée d'où les services allaient l'emmener, et cela lui était bien égal. La porte d'entrée s'ouvrit, et Adam apparut, il prit place à coté d'elle.
« Pourquoi tu pars ? Tu m'aimes pas c'est ça ? » Demanda l'enfant innocemment. Ses parents n'avaient même pas pris la peine de parler avec lui.
Beth lui sourit, et passa un bras derrière ses épaules. Elle s'y était attachée à ce petit, même en si peu de temps. Si elle était restée plus longtemps, elle aurait même pu le considérer comme son petit frère.
« Pas du tout bonhomme ! C'est juste que tu vois… j'vais avoir seize ans bientôt… j'suis grande ! Il faut que je me fasse ma propre vie ! »
« J'peux v'nir avec toi ? »
« Non, tes parents seraient bien trop malheureux. Tu n'es pas encore grand en plus… ils ont besoin de toi ici », Beth ne voulait pas lui mentir mais elle ne voulait pas non plus lui faire de la peine. La première solution était la bonne, il comprendrait plus tard.
« Ils sont pas malheureux tes parents à toi que tu sois pas là ? »
Beth ouvrit la bouche pour répondre, mais se ravisa quelques secondes après, considérant qu'elle n'avait rien à répondre. Une fois de plus, elle ne pouvait pas lui dire la vérité.
« Non t'en fais pas, je les appelle souvent », ce fut sa seule explication simple et intelligente. Et elle parut suffire au garçon, qui hocha la tête.
Une voiture break ralentit et se gara juste devant la maison. Une jeune femme noire en sortit et vint à leur rencontre. Beth se leva et embrassa Adam, lui faisant promettre d'être sage pendant son absence, ce à quoi il répondit par un « oui ».
« Elisabeth Smith c'est bien ça ? »
« Ouais… »
« Marjorie Martiol, responsable des mineurs à antécédents médicaux »
Beth récupéra ses sacs et empoigna ses valises pour les trainer jusqu'à l'auto, aidée par l'assistante. Beth s'installa à l'avant coté passager, et observait calmement Adam, assis sur les marches, tout seul. Il secoua la main d'un signe d'au revoir, et de l'autre, séchait d'un revers de manche une larme qui coulait le long de sa joue. Beth lui rendit son geste, puis se concentra sur la route.
« Vous m'emmenez où exactement ? »
« Au foyer de la ville pour le moment », la jeune femme fit une pause, puis observa Beth « Tu vas lui manquer »
« Au début peut être… mais à la fin, on finit tous par s'oublier »
-o-o-o-o-
Lorsque Quinn s'était réveillée la veille, elle n'avait pu rien faire à part dormir, sa tête lui faisant atrocement mal. Elle n'était même pas arrivée à se rappeler de la soirée qu'elle avait passée. Ce fut Santana qui lui raconta –pas dans les moindres détails, omettant notamment que tout était de sa faute- qu'elle avait picolé sans modération et cela avait fini par lui monter à la tête. Ah oui, et inutile de préciser que la partie Puck/Petite Amie fut aussi oubliée volontairement. Donc Quinn avait passé sa journée à comater soit sur le canapé, soit dans son lit. Autant dire que les corrections de copies étaient loin d'être terminées, et même pas commencées. De toute façon, ce n'était jamais une urgence pour les élèves, s'attendant toujours à de mauvaises notes.
Le lendemain, Quinn n'eut pas d'autre choix que de se rendre au lycée, sa gueule de bois s'étant atténuée puis effacée peu à peu grâce à plusieurs doses d'aspirine. Cependant, malgré ses efforts, elle arrivait juste à temps dans sa classe, constatant que ses étudiants étaient déjà tous là, n'attendant plus que sa présence pour commencer le cours. Elle prit place derrière le bureau et débuta l'appel. Elle notait les absents au fur et à mesure, puis reporta son attention lorsqu'une des personnes manquait à l'appel.
« Miss Smith ? Beth Smith ? » Répéta plusieurs fois Quinn. Elle leva la tête et constata que sa chaise et son bureau étaient vides. Elle reporta son attention vers Abby et Jackson pour avoir une quelconque réponse de leur part.
« Vous avez de ses nouvelles ? » demanda-t-elle. Les deux jeunes adolescents secouèrent la tête en guise de négation, puis Jackson ajouta « Elle a pas répondu à mes messages de tout le reste du weekend »
« Ça c'est parce qu'elle veut plus te voir gros naze! », commenta une autre jeune fille dans le fond de la classe. Jackson échangea un regard noir avec elle, et cette dernière leva les yeux au ciel. Néanmoins le jeune se tassa sur sa chaise, la mine renfrognée, visiblement blessé par sa remarque.
« Peut être qu'elle est juste pas bien… Y'a pas de quoi s'inquiéter » enchaina Quinn pour clore la discussion. En effet, elle ne s'inquiétait pas, mais quelque chose lui criait le contraire au fond d'elle-même, et cela la travailla toute la journée.
-o-o-o-o-o
Il était presque 16h lorsque Quinn embauchait à l'école de maternelle, le pas pressé, parce qu'encore en retard de quelques minutes. Elle avait décidé aujourd'hui de les faire bricoler un petit peu, leur ayant demandé d'amener des pots de yaourts vides, des pates crues de toutes sortes, du carton, et tous matériaux qu'ils jugeaient intéressants à coller sur n'importe quel support. Quinn faisait le tour pour observer et encourager ses petits élèves à l'art. Certains se révélaient être de vrais petits Van Gogh, d'autres étaient dépités en voyant leur construction s'effondrer à la dernière pièce. Mais Quinn s'attarda sur un petit en particulier, il s'agissait d'Adam, qui n'avait pas l'air dans son assiette. Il avait à peine participé aux activités et n'avait de cesse que de regarder l'horloge tourner devant ses yeux. Il paraissait ailleurs. Quinn le remarqua et se mit à genoux à coté de lui, tout en continuant de le regarder. Cela ne parut pas le perturber outre mesure.
« Adam ? Tu n'as pas touché ta sculpture du tout », commenta Quinn. Ce n'est qu'au son de sa voix que l'enfant tourna la tête vers son institutrice, réalisant qu'on lui parlait.
« Je suis pas trop intéressé » répondit-il simplement, puis reporta son attention sur l'horloge.
« Est-ce que tu vas bien ? Tu veux en parler ? C'est à propos de la classe d'aujourd'hui ? » S'enquit-elle.
« Non, c'est autre chose », là il se tourna tout entier vers elle, au bord des larmes « Elle nous a quitté »
Quinn leva un sourcil, ne comprenant pas où il voulait en venir « Qui ? Qui t'a quitté ? »
« Ben Beth ! Elle est partie hier ! C'est pas juste ! », Adam se mit à cacher son visage dans ses mains et ses sanglots résonnèrent jusqu'à l'autre bout de la salle. Quinn reçut comme un coup de marteau sur la tête. Beth. Partie. Ses incertitudes étaient fondées il s'était bien passé quelque chose. Lorsque Quinn voulut reprendre la conversation, la cloche sonna et tous les gamins rangèrent leurs affaires en vitesse. L'heure était passée à une vitesse, elle ne s'en était même pas rendue compte. Elle se leva et leur donna les dernières indications avant qu'ils ne quittent la salle et ne se revoient le lendemain. Quinn continuait de pister Adam des yeux, et voyait bien qu'il se dépêchait de partir le plus vite possible. Quinn sortit de la salle pour le rattraper et nota que sa mère l'attendait dans le hall. Elle se pencha en souriant pour lui prendre son petit sac, et Adam débuta une discussion enflammée. Quinn arriva sur ses talons, et se présenta à Mme Martins en tendant sa main.
« Hey, j'suis Quinn Fabray, une des institutrices d'Adam ». Jocelyne Martins se redressa et empoigna la main qui lui était adressée chaleureusement.
« Comment allez-vous ? » demanda cette dernière pour faire la conversation.
« Très bien merci. Je voulais vous parler de quelque chose », elles échangèrent un regard et Mme Martins demanda à son fils d'aller l'attendre dans la voiture, qu'elle arrivait tout de suite. Le gamin protesta au début, puis finalement, voyant qu'il n'avait aucune chance, abandonna en se dirigeant vers le break noir.
« Alors, de quoi est-ce que vous vouliez me parler ? Tout va bien avec Adam n'est-ce pas ? » demanda-t-elle d'un air concerné.
« Adam va très bien, il est un petit garçon très éveillé et dynamique qui pige vite, ne vous en faites pas pour lui. Non… hum… je ne sais pas si vous le savez, mais j'enseigne aussi au lycée »
La femme fit un « oh » étonné, apprenant à l'instant la nouvelle, ne sachant pas vraiment vers quelle direction se dirigeait la discussion.
« Miss Elisabeth Smith est une de mes élèves », ajouta enfin Quinn. Là, le regard de Mme Martins s'illumina, puis se modifia instantanément pour faire apparaitre un visage triste. Quinn remarqua le changement de comportement, mais ne dit rien, elle préférait attendre. Prêcher le faux pour obtenir le vrai.
« Adam vous l'a dit, n'est-ce pas ? » demanda la femme.
« Oui », acquiesça Quinn.
« Il est assez bouleversé à vrai dire… mais on n'avait pas vraiment le choix »
« Attendez attendez ! Vous voulez dire que vous l'avez mise à la porte ? », Quinn commençait à perdre patience maintenant que toute l'histoire se déroulait sous ses yeux.
« Non ! Enfin… vous ne semblez pas au courant de tout… Elisabeth est malade, elle a de sérieux problèmes cardiaques. Lorsqu'on a décidé de l'accueillir chez nous, son dossier ne nous était pas parvenu complètement, nous ne savions pas, il est arrivé juste ce weekend. Le seul problème, c'est que lorsque vous accueillez des enfants ou des adolescents chez vous, ils sont sous votre entière responsabilité, peu importe qu'ils soient en bonne santé ou non. S'il leur arrive quoi que ce soit, vous passez au tribunal et dans le meilleur des cas on vous inflige seulement une amende. Dans le meilleur des cas. On pouvait pas se permettre de partir en prison à cause de ça. Pas pour Adam »
« Où est-elle actuellement ? », le sang de Quinn commençait à bouillir au fur et à mesure qu'elle écoutait les fausses excuses de cette hypocrite. Cette dernière sentait bien que son discours ne lui plaisait pas, et commençait à devenir arrogante.
« Dans le foyer de la ville, ils sont venus la chercher hier », répondit Mme Martins en relevant fièrement le menton. Quinn en resta bouche bée, ne sachant pas quoi répondre, tellement cette histoire lui paraissait irréelle. Cruelle.
« Vous êtes sérieuse là ? », n'en revenant toujours pas. « Pour combien de temps, vous savez ? »
« En général, les jeunes y restent le temps de trouver un nouveau foyer. Ne vous en faites pas, elle trouvera », répondit Mme Martins agacée. Cette dernière termina la conversation en souriant hypocritement puis tourna les talons pour rejoindre son fils jusqu'à sa voiture. Quinn ne bougeait pas, elle restait toujours choquée par ces révélations. Parce que d'une, elle ne comprenait pas comment des gens pouvaient autant ne pas se soucier des sentiments d'autrui, qui plus est d'une adolescente orpheline à l'évidence, et deux, comment ils arrivaient encore à se regarder dans le miroir ? Quinn ne pensait pas que de tels êtres puisque exister. Et ils ne pensaient même pas culpabiliser !
Elle retourna dans sa classe, et une fois que tous ses petits élèves furent partis, Quinn ne traina pas comme à son habitude. Elle saisit ses clefs de voiture et prit la direction du foyer de la ville.
-O-O-O-O
Quinn arriva devant l'établissement, et se gara devant sans plus attendre. Elle n'avait pas réellement de plan en tête, elle voulait seulement s'assurer que la jeune fille allait bien et demander des explications sur le fonctionnement (ou dysfonctionnement) des familles d'accueil.
Quinn passa le pas de la porte et croisa plusieurs jeunes ainsi que des enfants dans les couloirs. Ils ne paraissaient pas malheureux, mais pas non plus épanouis. C'était un genre d'orphelinat, ils ne pouvaient pas vraiment se sentir chez eux. C'est là qu'une pensée la frappa : Beth. Sa Beth. Celle de Puck et elle. Mais elle chassa cette idée en secouant la tête. Ce n'était pas la même chose, leur bébé avait été adopté, aucune inquiétude à avoir. Quinn se ressaisit et se dirigea vers la réception.
« Bonjour, je souhaiterais avoir quelques petites informations… » demanda Quinn d'une voix hasardeuse.
La femme derrière le comptoir leva un sourcil, attendant toujours sa ou ses questions.
Quinn se racla la gorge pour se donner une quelconque contenance face à la femme :« Est-ce qu'une dénommée Smith Elisabeth est ici ? »
C'est là que l'employée répondit « Oui, elle est arrivée hier matin. Vous voulez la voir ? », répondit la femme.
Quinn se contorsionna pour lire les inscriptions notées sur son badge, dont son nom. Elle s'appelait Rosie, et devait avoir la cinquantaine à en juger par son apparence.
« Hum… Rosie c'est ça ? Vous pouvez m'expliquer un peu comment ça fonctionne votre organisme ? Cette adolescente vient juste d'arriver dans une famille d'accueil que déjà elle doit repartir. Il n'y a pas de protection pour les mineurs ? » demanda Quinn concernée.
« Non Madame. La plupart des familles sont correctes avec les enfants qu'ils reçoivent mais d'autres se retirent finalement au bout de quelques jours parce qu'ils n'arrivent pas à s'entendre. Votre amie Smith est un de ces cas particuliers qu'on rencontre peu fréquemment mais qui existent tout de même. Elle est diagnostiquée comme malade, et une attention toute particulière doit lui être apportée, seulement beaucoup de familles ne sont pas prêtes à leur accorder autant d'attention. » Elle lui répondit d'un ton monocorde, comme si elle lui récitait un texte appris par cœur. Ce qui eut le don d'agacer Quinn, car apparemment le sort de ces enfants lui était complètement indifférent.
« Mais ils ont le droit de se retirer comme ça ? Y'a pas des lois pour la protection de l'enfant ? »
« Les autorités considèrent que les familles d'accueil sont déjà assez généreuses de vouloir accueillir d'autres enfants, ils ne vont pas en plus leur mettre des bâtons dans les roues, surtout que le cas de Miss Smith est très rare », dit-elle en refermant le bouquin qu'elle avait sur le bureau, comme pour signifier que la discussion était terminée. Mais Quinn n'en avait pas fini.
« N'importe qui peut demander à accueillir des jeunes ? » demanda Quinn. La femme soupira, irritée que la jeune femme blonde insiste autant.
« Non. Le processus est assez long pour évaluer vos aptitudes à élever et éduquer des enfants. Il ne faut pas qu'il y ait d'enfants de moins de quatre ans dans le foyer, il faut compléter un dossier, en fait la demande, rencontrer le chef d'établissement et vous faire passer des entretiens avec des psychologues. Pour vérifier que vous n'êtes pas dérangée ! » Répondit la femme exaspérée par ses questions.
« Okay… Hum… est-ce que je peux rencontrer le directeur ? » Tenta-t-elle, au grand damne de la réceptionniste.
« Il faut prendre rendez-vous » lâcha-t-elle d'un trait.
« Non allez quoi ! Et si je pouvais la garder avec moi ? Ça serait pas super ? » insista Quinn, en agrippant le comptoir pour donner plus de portée à ses propos.
« De toute manière vous devez remplir un dossier avant », elle lui posa un tas de feuilles et un stylo juste à coté de Quinn, qui le regarda un instant puis reporta son attention sur elle.
« Je suis sûre que vous pouvez faire quelque chose ! Non mais si je la garde le temps qu'ils trouvent une autre vraie famille d'accueil ! »
« Je pense que vous n'avez pas bien compris le message… il faut un dossier ! »
Quinn lui lança un regard méprisant puis s'empara des papiers qu'elle fourra dans son sac à main. Ne sachant pas par où elle se dirigeait, elle prit un couloir dans l'aile droite du bâtiment. Ce devait être le quartier des plus petits vu l'âge que certains d'entre eux pouvaient avoir. Elle monta les escaliers et fit un tour dans le premier étage. Déjà, la moyenne d'âge paraissait plus probable. Des ados erraient dans les couloirs, soit en se chahutant soit en rigolant. Quinn se dit que peut être l'un d'entre eux pourrait l'aider à trouver ce qu'elle cherchait. Elle s'approcha d'un couple de jeunes, un garçon et une fille qui débâtaient sur un groupe de musique.
« Excusez-moi… est-ce que quelqu'un saurait où je peux trouver Elisabeth Smith ? » demanda Quinn aux deux adolescents.
Le premier fit non de la tête puis la fille réfléchit un peu en fronçant les sourcils.
« C'est pas celle qu'est arrivée hier ? Tu sais avec des boucles blondes, et un bonnet ! »
« Ouai j'me la remets ! Je crois que si ! » fit le jeune garçon soudainement. « Ils l'ont mise dans la chambre au fond du couloir, je l'ai pas revue depuis qu'elle est arrivée »
Quinn les remercia et continua donc jusqu'au fond du couloir. Là, la porte de la chambre était fermée. Quinn décida de frapper avant de rentrer. Elle frappa deux coups et la voix de Beth derrière la porte retentit.
« J'ai dit que j'avais pas faim ! Vous êtes bouchés ou quoi ? » cria Beth à travers la porte.
« Hum… Elisabeth ? C'est Miss Fabray… Quinn Fabray… Je peux entrer ? »
Beth ne répondit pas pendant les quelques secondes qui suivirent, puis un bruit de fenêtre claqua, un toussotement résonna et un chiffonnement de papier se fit entendre. Quinn put observer la poignée de porte basculer vers le bas, et la porte s'ouvrit sous ses yeux. Beth avait déjà rejoint son lit, laissant le soin à sa visiteuse de rentrer si l'envie le lui disait.
La couleur de la chambre était uniforme : blanc. Du blanc partout, des murs, aux draps de lit, en passant par les rideaux et les meubles. Une odeur de fumée lui prit la gorge et Quinn dut se retenir pour ne pas tousser vivement.
« Est-ce que tu étais en train de fumer ? » demanda Quinn innocemment.
Beth fit les yeux ronds, soudain démasquée, puis se rappela qu'elle n'était plus sa prof et que de toute façon personne ne se souciait de ce qu'elle pouvait faire. Elle haussa simplement les épaules en guise de réponse. Quinn remarqua que les valises de Beth étaient toujours fermées. Elle prit place sur la chaise de bureau en face de l'adolescente.
« Que me vaut l'honneur de votre visite ? » demanda Beth en levant un sourcil ironique. Elle croisa les bras et se laissa tomber contre le coussin derrière son dos. Elle savait que si Miss Fabray s'était déplacée c'est que ce devait être important.
« J'ai appris ce qu'il t'était arrivé », Quinn fit une pause, ne sachant pas exactement quoi lui dire. A vrai dire, son plan n'avait pas évolué depuis quelques minutes. Il en était toujours au stade zéro. Mais elle cherchait, son cerveau carburait à mille à l'heure.
« Et … ? » demanda Beth soudainement intéressée. Franchement, qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui vouloir ?
« Je voulais savoir comment tu allais » répondit Quinn. Ce n'était pas du tout ce à quoi elle s'était préparée à dire, mais l'autre plan, bien qu'il soit meilleur, ne paraissait pas exactement envisageable. Quant à Beth, c'était simplement inacceptable. Elle reçut comme un coup de massue sur la tête. Elle qui pensait que peut être on allait enfin l'aider.
« J'me disais bien aussi… En fait vous êtes venue soulager votre conscience n'est-ce pas ? Vous savez, les Martins comme les autres familles avant eux m'ont abandonnés sans aucun scrupules eux. Vous, vous venez juste pour vous dire que vous aurez essayé. Essayer quoi ? Je ne sais pas. Aider ? J'en doute. Venir ici pour me demander comment je vais et repartir aussitôt en me souhaitant bonne chance pour la suite c'est plus lâche encore ».
Beth avait débité son flot de paroles en une seule traite. Quinn aperçut des larmes naissantes au coin de ses paupières, mais aucune ne coula. Elle voyait bien que Beth résistait pour ne pas tomber en sanglots. En fait, elle ne lui en voulait pas de la traiter de lâche. Elle était en colère. En colère contre tout le monde, et Quinn se trouvait là. Elle savait aussi que cette colère n'était pas vraiment dirigée contre elle, alors elle encaissa les propos de la jeune fille.
Quinn attrapa son sac et en sortit les papiers que la réceptionniste lui avait donné un peu plus tôt, et les posa devant Beth. Elle attendit un geste de cette dernière. Le regard de Beth se posa sur le dossier, puis revint sur Quinn, puis sur les feuilles, encore sur Quinn et enfin sur les documents. Elle le saisit et lut l'intitulé à haute voix « Dossier d'accueil ». Beth en resta bouche bée, elle riva son regard dans celui de Quinn sans pouvoir s'en détacher. Quinn lui sourit.
« Je pense que c'est une bonne chose que tu n'aies pas défait tes affaires ici » dit Quinn en rigolant. Beth se leva d'un bond et se jeta dans les bras de la personne qui venait de lui sauver la vie.
« Merci » chuchota Beth dans le creux de son oreille. Quinn caressait les boucles blondes de la jeune fille et se sentit renaitre. Elles se séparèrent quelques secondes après, puis Quinn prit la valise de Beth entre ses mains.
« Mais Miss Fabray… le dossier n'est pas complété n'est-ce pas ? Enfin… je peux pas sortir aujourd'hui, on sait même pas s'ils vont accepter ! »
Quinn lui intima de se taire, et tendit l'oreille. Du bruit se faisait entendre au rez-de-chaussée, apparemment quelqu'un était aussi mécontent du service. Quinn repensa à son plan, qui n'en n'était toujours pas un. Ils devaient juste lui accepter le dossier. Peut être que si elle pouvait voir le directeur… la pensée de contourner la réception et passer outre le dossier la frappa, mais bien évidemment impossible. Elle n'allait pas la kidnapper non plus. Cependant Quinn prit la direction de la sortie, Beth sur ses talons. Lorsqu'elles arrivèrent en bas, la dispute devenait de plus en plus réelle, et Quinn reconnaissait quelque chose de familier dans la voix de la personne. C'est lorsqu'elle le vit.
« Sérieux ? Non mais c'est quoi ce bordel ? Vous me dites que vous recherchez des familles d'accueil et dès que quelqu'un se présente pour, vous lui dites que c'est pas possible ? Il est à chier votre système ! »
« Monsieur je vous prie de baisser le ton ! »
« Mais qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Quinn ? »
« Puck ? »
« Puck ! »
Quinn se retourna vers Beth, interloquée.
« Je lui ai envoyé un message. Il commençait à m'engueuler parce que je l'avais pas prévenu de mon absence au bar ! » répondit Beth précipitamment. Elle ne savait pas ce qui allait se passer, mais elle était seulement certaine que ça allait se passer maintenant et sous ses yeux.
« Vous vous connaissez tous les deux ? Vous êtes ensemble ? » demanda la réceptionniste furieuse. Son visage était tout rouge de colère et d'agacement. Puck devait l'avoir mené à bout. C'était quelque chose dans lequel il excellait. Puck et Quinn échangèrent un regard, puis ce qui devait arriver arriva. Tout se déroula très rapidement sous les yeux de Beth.
« Chérie ! Ça fait une heure que je t'attends en bas ! Et madame vient de me dire que c'est pas possible de la ramener ? » Puck leva un sourcil en direction de Quinn, attendant sa réponse.
Cette dernière avança vers Puck d'un pas décidé.
« Oui mais je pensais que ce serait plus facile de ramener Beth à la maison ! Apparemment il va falloir la laisser ici en attendant ».
Puck se retourna vers la réceptionniste qui commençait à dérougir au fur et à mesure de la discussion. En fait, elle devenait livide.
« En fait, on aurait dû vous dire qu'on était en couple dès le départ » déclara-t-il.
« Disons que ça aurait aidé oui », répondit la femme dans un sarcasme.
« Alors vous pensez faire quelque chose pour nous… ? Au moins pour cette semaine ? Cette nuit ? On vous ramène tous les papiers demain à la première aube ! » Insista Quinn.
« Vous n'allez quand même pas détruire tous ses espoirs quand même ! » accentua Puck une nouvelle fois en désignant Beth.
La femme les jugea tous les trois tour à tour en se mordant l'intérieur de la joue. Son esprit était torturé. D'un coté, elle voulait absolument leur donner ce qu'ils voulaient pour qu'ils arrêtent de la harceler à l'heure de la débauche, mais d'un autre coté, c'était son job qui était en danger si tout n'était pas en règle. Elle soupira avant de leur demander leurs noms, prénoms, dates de naissance et de signer en bas de la page. Elle savait qu'elle allait le regretter mais après tout, elle savait aussi qu'elle faisait quelque chose de bien aujourd'hui.
-o-o-o-o-o
To Be Continued …
Alors vous avez aimé ? C'est là que tout va commencer !
L'histoire est assez mélodramatique pour le moment, mais ça va devenir plus fun par la suite )
Vous vous attendez à quoi ? Pensez à me donner votre avis !
