Note d'auteur : Le titre de ce nouveau chapitre aurait pu être Trois Assassins, mais ça n'aurait eu aucun sens, alors c'est Souvenirs. ( ce qui n'est pas plus logique )

Cette note d'auteur aussi n'a aucun sens, la fic aussi, mais on évitera de le préciser dans les reviews flammes, hein, puisque vous êtes tous très gentils. ( OMG est-ce que je viens de réclamer des reviews ? )

Au fait, je rassure car une personne extérieure vient de me lire, et la phrase « seuls deux jeunes garçons les avaient pleinement comprises » lui est un peu bizarre. Est-ce que le Credo les incitent à être tous n'amoureux les uns des autres ? Je vous transmet la version littéraire de ce que cette personne a dit, la vraie version ne vous aurait pas plus. Du moins elle n'aurait pas plus à nous autres yaoistes. Donc, non, c'est une interprétation comme une autre, mais ce n'est absolument pas ce que je veux dire.

Bref, lisez avant d'en avoir vraiment marre. Ah, et bonne lecture !

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Malik se réveilla le premier, dans les bras de son amant, lui tournant le dos. Il l'entendait doucement respirer dans son cou, et frissonna à cette sensation. Il tourna les yeux vers la trappe du plafond entrouverte, qui laissait encore filtrer la lumière d'une lune descendante. L'obscurité ne lui faisait plus peur, enlacé ainsi, et la chaleur des mains sur sa taille le réchauffait, malgré la froideur du vent nocturne. Il referma les paupières, décidé à se rendormir, et devant ses yeux se rejouèrent des souvenirs lointains qu'il avait tenté d'effacer, tandis qu'il sombrait dans un sommeil familier, emporté par ses rêves.

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Flash back

Deux jours après leur première nuit à Masyaf, ils se levaient, pendant les matins froids où les premiers sons qu'ils entendaient étaient les pas qui se pressaient de descendre des dortoirs pour étudier ou s'entraîner et petit-déjeuner pour ceux qui en avaient le temps, avant même les premières lueurs du jour. Ceux qui se levaient en retard partaient nettoyer les couloirs immenses, sous les rires gras des plus expérimentés, avec pour seule arme un vieux balai. Les deux Novices eux étaient debout à l'aube, toujours quelques dizaines de minutes en avance sur leur camarades qu'ils entendaient ronfler paisiblement. Le temps d'attraper à la hâte de quoi se vêtir, ils prenaient chacun une épée et couraient s'entraîner dans la cour ou bien sur les routes campagnardes, à peine sortis de leur léthargie.

Al Mualim, lui, voyait tout cela d'un bon œil, et observait tranquillement la lente progression de ses Novices. Ils s'épuisaient à la tâche, et se dressaient les uns contre les autres, poussés par l'esprit de compétition qui s'était installé entre eux. Les enfants, ou adolescents pour la plupart, cherchaient tous à repousser leurs limites dans le seul but de se dépasser pour avoir le grand honneur d'atteindre leur Maître, éternellement insatisfait. Mais cette rivalité engendrait une sorte d'entraide parmi eux, et certains avaient réussi à passer outre leurs craintes pour se réfugier dans un soutien mutuel qui définissait le caractère de leur Ordre. Alors certains d'entre eux réussissaient à surmonter la lourde tension et l'oppression écrasante qui régnait dans les murs de leur foyer, qu'ils chérissaient malgré tout, et ils parvenaient à apprendre ce que le Maître voulait tellement leur enseigner : les valeurs de la Fraternité. Seuls deux jeunes garçons les avaient pleinement comprises. Ils avançaient difficilement dans leur apprentissage, et passaient leurs journées à se battre et leurs soirées à étudier des livres ou des cartes. Quelques fois il arrivait qu'Al Mualim vienne les sermonner sur le respect du Credo, pendant que tout le monde dévorait sans appétit les repas qu'on leur offrait quotidiennement. Parfois des Assassins ou des Informateurs leur lançaient des regards moqueurs, mais jamais aucune esclandre n'avait eu lieu.

Altaïr et Malik luttaient au soleil, ayant compris que s'éloigner de l'enceinte de leur foyer était une bonne initiative pour profiter de leur compagnie, en tant que frères d'armes, sans les regards ou les railleries implicites. Aucunes paroles ne franchissaient leurs lèvres serrées par les efforts, et les quelques exclamations de douleur ou de surprise étaient leur seule communication pendant les combats. Depuis la première nuit, ils n'avaient échangé que leurs prénoms respectifs de jour, ou des étreintes nocturnes et des regards complices de nuit. Le lendemain, le brun lui avait présenté son jeune frère Kadar, qui ouvrait de grands yeux émerveillés devant chaque pierre de Masyaf. Ils l'évitaient sans en avoir réellement conscience, moins que tous les autres Novices certes, car lorsqu'ils se croisaient, ils aimaient à se parler de tout et de rien, mais la présence du cadet du brun était une certaine forme de réconfort que n'avaient pas les voix terrorisées de leurs camarades. Mais les deux enfants passaient le plus clair de leur temps ensemble, autant de jour que de nuit. Le matin venu, ils avaient parfois de la difficulté à se remettre dans leurs bottes pour se livrer à leur quotidien répétitif, mais seuls la motivation de monter dans l'estime du Maître et les regards apaisants leur donnaient la force de garder les yeux ouverts, devant les cartes de villes dans lesquelles ils pensaient ne jamais mettre les pieds un jour.

Cependant, le soir venu, épuisés de s'être entraînés toute la journée trois jours d'affilée, Malik retira ses bottes et sa tunique, ne restant qu'en pantalon, presque invisible dans la noirceur de la nuit qui commençait déjà à l'angoisser. Le brun se coucha en tremblant, et Altaïr, après s'être lui aussi dévêtu, fit un pas en arrière pour se saisir de la mince couverture qui ornait sa propre paillasse. Il rejoignit son frère d'armes et remit ses bras où ils étaient la nuit passée, et le seraient les suivantes. Pourtant aucun d'eux ne trouvait le sommeil, trop perturbés pour cela. Le brun ouvrit la bouche et murmura :

« Altaïr ? »

La voix basse de son ami retentit à ses oreilles.

« Tu ne dors pas, toi non plus...

- Je n'y arrive pas. Pourquoi est-ce que tu fais cela pour moi ?

- Comment ça ?

- Je ne suis pas si naïf. Cette étreinte, ce soutien, tu attends forcément quelque chose en retour.

Un petit silence suivi, bientôt rompu par le chuchotement autoritaire du futur Maître Assassin.

- Non, c'est faux. Je n'attends rien de toi, je n'ai rien à attendre d'ailleurs, je veux simplement t'aider, du mieux que je peux.

- Pourquoi donc ?

- Je ne sais pas. J'en ai simplement envie. »

Leur discussion prit fin dans de légers ronflements, et leurs journées se suivirent dans la même monotonie, leur complicité augmenta et ils se parlaient longuement, assis face à face dans l'herbe, entre deux combats. Leurs opinions divergeaient sur plusieurs points, mais ces différences les rapprochaient, même s'ils s'efforçaient de ne rien en montrer aux autres Novices. De mois en mois, leur soutien se transforma en protection puis en affection. D'années en années, ils gagnèrent en grade et en expérience, pour atteindre le sommet. Du moins, Altaïr l'atteignit, poussé par un brun confiant et souriant. Ce dernier comptait bien sûr le rattraper, son frère quelques enjambées derrière lui. Ils gouttaient au poids des regards craintifs ou admiratifs dans leur dos, selon les personnes devant lesquelles ils se présentaient, un sourire supérieur qu'ils dissimulaient derrière les capuche qu'ils ne quittaient plus.

Fin du ( long ) flash back

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Le rayon de soleil qui réchauffa la joue légèrement barbue d'Altaïr le réveilla, et, clignant plusieurs fois des yeux, il se redressa sur les coussins colorés du Bureau. Il tourna la tête vers un Malik aux cheveux ébouriffés, dont il remua légèrement l'épaule, mais ce simple geste suffit à le faire émerger de son sommeil. Sourcils froncés, le brun se leva à son tour et ouvrit la lourde trappe qui servait d'entrée au plafond, faisant ainsi entrer la lumière du jour dans la pièce. Il y eut un certain moment de flottement, en partie dû à la soudaine clarté qui les révélaient à moitié nus, mais le sourire timide du Maître Assassin détendit sensiblement l'atmosphère. Il le lui rendit, mais ses lèvres reprirent vite leur position originelle, pour demander :

« Est-ce que tu peux rester ?

- Normalement je dois aller voir le Maître, dans quelques heures, pour connaître le nom de la prochaine cible. Mais je peux sûrement me permettre un léger retard.

- Altaïr... Tu ne changeras jamais.

- Jamais, non.

- Ne change pas.

- Je n'en ai pas l'intention, mon Malik, railla Altaïr.

- Encore ce sobriquet ?

- Et toujours. »

Ainsi les deux hommes purent rattraper le temps qu'ils avaient perdu.

Ils évoquèrent quelques souvenirs qui n'appartenaient qu'à eux, et rirent en repensant à des détails qui les horrifiaient, plus jeunes. Les disputes qu'ils avaient eues autrefois n'étaient pas encore effacées, elles en étaient bien loin d'ailleurs, mais ils tentèrent d'éluder cela. Quelques gestes qui auraient dû n'être que de simples broutilles leur rappelaient pourtant cruellement l'épisode du Temple de Salomon. Ils équilibraient la balance par des paroles qu'ils s'étaient dites il y a longtemps, enveloppés dans des draps usés.

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Fin