Bonjour à tous, me voici pour un nouveau chapitre, j'espère que vous l'aimerez.
Bonne lecture !
.
Doloris et procès.
.
Harry se réveilla le lendemain, alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Soleil qui éclairait sa petite cellule à travers une étrange lumière dorée. Il regarda autour de lui, et se décala précipitamment. Il avait dormi à côté d'un prisonnier qui était là depuis une éternité… Il n'en restait qu'un squelette où des lambeaux de chair en putréfaction trainaient encore. Voilà donc d'où provenait l'odeur qui l'avait assailli la veille, quand Voldemort l'avait poussé dans sa « chambre ». Elle pouvait aussi provenir du pot de chambre qui n'avait pas été vidé depuis que l'autre prisonnier était mort. Harry sursauta quand il sentit quelque chose lui effleurer la jambe. Il poussa un petit cri, avant de s'apercevoir qu'il s'agissait seulement d'un rat. En y regardant plus attentivement, il vit que l'animal n'était pas seul; deux autres bêtes étaient terrées dans les coins les plus sombres. Il frissonna, imaginant que l'un deux pouvaient être Peter Pettigrow. Il se leva, grimaçant sous les courbatures, et vérifia par mesure de sécurité qu'aucun des rats n'avait de patte d'argent. Rassuré sur ce fait, il fit quelques pas. Son avant-bras le faisait souffrir, tout comme sa tête. Il regarda une fois de plus la marque qui s'étendait sur celui-ci. Elle était différente de celle qu'il avait vu apparaitre dans le ciel. Il l'observa plus attentivement, et vit que les détails étaient accentués, et que le serpent avait les yeux rouges. Perplexe, il se demanda ce qui faisait que sa marque était différente de celle des autres mangemorts. Cela avait peut-être avoir avec ce que Voldemort lui avait dit la veille; « ce sort va te rendre vulnérable ». On ne pouvait pas vraiment considérer la marque comme un sort. Le Seigneur des Ténèbres avait dû ajouter quelque chose qui avait modifié les propriétés de la marque.
Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas la porte de la cellule s'ouvrir. Le claquement sec de la lourde porte de fer se refermant le tira de ses rêveries. Il releva précipitamment la tête. Voldemort lui faisait face. Le Seigneur des Ténèbres souriait, confiant. Il s'était changé, ses longues robes noires laissant place à un pantalon et une chemise- noires- ainsi qu'à une cape qui semblait animée d'une vie propre. Le gigantesque serpent qu'il avait vu en rêve début de l'année précédente l'accompagnait, tournant doucement autour de ses épaules. Harry déglutit difficilement, il devait bien l'avouer, il était terrifié. Le sourire de Voldemort n'avait rien pour le rassurer. Ce dernier prit la parole, amusé par sa peur apparente.
- Bonjour Potter.
Harry ne répondit pas. Voldemort l'attrapa par les cheveux, et pencha sa tête en arrière. Son visage reptilien s'approcha du sien, et il murmura, doucement, presque tendrement.
- On dit « bonjour », quand on est bien élevé.
Harry ne voulait pas le satisfaire, sa peur n'ayant pas tout à fait dépassé sa fierté. Mais il sentit quelque chose s'agiter au fond de son esprit, et il s'entendit avec horreur dire exactement ce que le Mage Noir voulait entendre.
- Bonjour.
- Bien Potter, très bien. Il semblerait que mon petit sortilège commence à faire son effet.
Sur ses paroles, il éclata de rire. Il continua, se parlant plus à lui-même qu'à Harry.
- Maintenant, tu vas pouvoir me révéler tout ce que tu sais sur les membres de l'Ordre du phénix pour commencer…
- Jamais ! l'interrompit Harry. Il lui semblait soudain que sa volonté était revenue, et avec elle, sa témérité.
Voldemort eut l'air contrarié.
- Hum, le sort ne fonctionne pas encore complètement. Pas de chance pour toi, Potter, j'ai besoin de ses informations maintenant. Tu sais ce qui t'attend si tu refuses de me les donner, n'est-ce pas ?
Harry sentit la panique le gagner. Le sortilège doloris. La douleur qui l'avait saisi quand ils étaient dans le cimetière; il n'avait jamais rien connu de tel. Un petit rire retentit, et Voldemort commença son interrogatoire.
- Qui sont les membres de l'Ordre ?
- Jamais je ne vous le dirai. Tuez-moi plutôt.
- Oh je vais le faire. Mais pas maintenant. Pour l'instant, j'ai besoin de toi.
Un « endoloris » plus tard, Harry se tordait de douleur à ses pieds. Voldemort le regardait avec une satisfaction et un plaisir non-dissimulés. Il arrêta le sort, et lui demanda le plus naturellement du monde :
- Toujours personne ?
- Jamais je ne trahirai. Dit-il, des larmes de douleur coulant sur ses joues.
- Comme tu voudras. Endoloris !
Harry hurla, son corps tout entier était pris de soubresauts, et lui semblait que ses os se dissolvaient lentement et que sa chair se détachait.
Le sort cessa, le laissant pantelant et fourbu de douleur. Voldemort lança le sort de nombreuses fois, s'arrêtant toujours avant qu'Harry ne puisse sombrer dans l'inconscience. Mais jamais le moindre nom ne sortit de sa bouche.
~oOo~
Assis dans le bureau du directeur, Rogue et McGonagall espéraient le retour d'Albus. Le silence régnait en maitre sur la pièce, jusqu'à ce qu'un hibou aux plumes noires ne toque à la fenêtre.
La Une de la Gazette du sorcier parlait du futur procès de Dumbledore. Quand Severus vit le titre, il failli recracher son thé sur le hibou qui l'avait apportée. Minerva comprit en voyant la tête alarmante qu'il tirait, qu'Albus avait des ennuis. Elle lui arracha le journal des mains, et parcouru rapidement la première page. On parlait de la disparition d'Harry, et – elle manqua de s'étrangler en lisant la suite- des manigances de Dumbledore. Elle regarda Severus, celui-ci était encore plus blanc que d'habitude. Cette fois, leur ami commun était vraiment mal embarqué. Ils décidèrent de rentrer dans leurs appartements respectifs afin de prendre un peu de repos. Ils se donnèrent rendez-vous devant Poudlard à 15 heures en vue de se rendre au ministère. Ils devaient résonner le Ministre, il avait visiblement perdu la raison.
Ils se jetèrent sur leurs lits respectifs et s'endormirent, épuisés par la nuit des plus agitées qu'ils avaient vécue.
~oOo~
Fudge était au septième ciel. Ils allaient envoyer son plus grand rival à Azkaban cette après-midi, il en était certain. Rien ne semblait vouloir gâcher cette journée, si ce n'est un petit doute… Une toute petite crainte… La prison était remplie de gens qui n'avaient même pas eu droit à un procès, de mangemorts et de voleurs. Mettre Dumbledore, le leader naturel, avec ces voyous serait peut-être dangereux. Mais sous l'influence des détraqueurs, il serait sans doute inoffensif… Oui, sans doute… Cornélius tentait vainement de se convaincre que les détraqueurs seraient suffisants pour venir à bout du plus grand sorcier de leur époque. Il descendit dans les caves du ministère, accompagné de l'auror Redanel et de son compagnon d'armes. Le procès aurait lieu à 14 heures 30 précises, et le ministre en personne venait chercher Dumbledore pour l'emmener au tribunal. L'affaire était d'une importance cruciale.
Le sorcier était assis sur son lit, au fond de la cellule. Il semblait extrêmement concentré. L'air était si saturé de magie qu'elle en devenait palpable. Cornélius prit peur, et recula de quelques pas. Les aurors n'étaient pas rassurés non plus. Cependant, la voix de Redanel ne tremblait aucunement quand il demanda à Albus Dumbledore de les suivre. Le mage n'opposa aucune résistance, contrairement à ce que Fudge prévoyait au vu de l'importante quantité de magie dans l'air. Ils gravirent les marches de l'escalier qui les séparait de l'étage des procès, dernier étage accessible par l'ascenseur. Redanel poussa Dumbledore dans la salle comble. Il y avait du monde à son procès. Albus vit Lucius Malfoy sourire, assis aux premières loges. Il semblait plus que satisfait de la situation. Il regarda autour de lui, cherchant des yeux une présence plus aimable. Personne. La Gazette avait bien fait son travail, tous étaient contre lui. Fudge prit place sur son imposant siège, alors que les aurors lui indiquaient le sien. Albus n'aurait pas cru qu'un jour, ce serait lui qui se trouverait à la place destinée aux pires criminels. Il s'assit et aussitôt, les lourdes chaînes qui pendaient le long du siège vinrent l'enserrer. Cela semblait être une preuve de sa culpabilité, vu le sourire de Fudge et les chuchotements qui s'élevèrent du côté des juges.
Le procès commença, suite de questions à laquelle Albus s'efforçait de répondre. Il devait avoir l'air suffisamment innocent, mais aussi légèrement coupable, pour que son plan soit en Marche.
~oOo~
Severus et Minerva entrèrent au ministère par l'entrée des visiteurs. Leur badge indiquait « en Quête de renseignements », ce que Minerva trouva très approprié. La cabine téléphonique les laissa dans le grand hall, face à la fontaine d'or. Ils se dirigèrent vers le bureau des renseignements; ils devaient savoir à quelle heure aurait lieu le procès. Quand il vit les deux professeurs, le petit fonctionnaire derrière le guichet sembla mal à l'aise. Il le fut davantage quand ils lui demandèrent où et quand avait lieu le procès de Dumbledore.
- Il a commencé il y a une demi-heure, couina-t-il.
- Où ? demanda Rogue.
- Dans la salle 7, mais…
- On y va, venez Severus !
- Mais vous ne pouvez pas ! s'exclama le petit homme.
Les deux autres ne lui prêtèrent aucune attention. Ils entrèrent dans l'ascenseur, et arrivèrent devant la porte numéro sept. Elle était close. Ils décidèrent d'un commun accord d'attendre la sortie d'Albus. Il ne pouvait qu'être innocenté.
~oOo~
- Pourquoi se dresser contre le ministère ?
- Je ne me dresse pas contre le ministère, je n'ai pas fait apparaitre la marque, je suis innocent.
- Foutaises !
- Je devrais au moins avoir droit à un avocat.
- Vous vous défendez fort bien tout seul. La suite, maitre Bones ?
~oOo~
Voldemort n'en croyait pas ses yeux. Le journal qu'il tenait entre ses mains était pourtant bien réel. Le Ministère avait arrêté Dumbledore à sa place; lui qui pensait que l'acte d'hier mettrait fin au refus du ministère de croire en son retour, il s'était trompé. C'était trop beau. Potter avait fini par parler, lui donnant une partie – Voldemort n'était pas dupe- des membres de l'Ordre. Magnanime, il avait cependant levé le sort. Rendre Potter fou pouvait s'avérer amusant, mais le Garçon avait encore un rôle à jouer dans la guerre. Le résultat avait été satisfaisant, il y avait deux noms qu'il ignorait encore. Hestia Jones et Kingsley Shacklebolt. Tous deux faisaient partie du Ministère. Bien, il était temps de faire un raid punitif. Et il profiterait de la réunion pour observer discrètement ses mangemorts les plus proches. La journée était décidément pleine de bonnes nouvelles.
~oOo~
- Nous allons délibérer.
Albus attendait la sentence, sachant que tout lui conviendrait, sauf Azkaban. Il était peut-être temps de prendre la guerre en main, et de faire face au ministère aux yeux de tous.
La sentence était tombée. Pour le plus grand déplaisir du ministre, il y avait égalité. Ils allaient devoir négocier un accord. Après de longues minutes de délibération, il fut décidé que Dumbledore serait envoyé à Nurmengard , car « dans le doute, abstiens-toi ». Ils avaient donc décidé que cela ferait un compromis acceptable entre la liberté et les détraqueurs. Albus prit un air horrifié, alors qu'il était parfaitement satisfait de lui. Son seul regret était de ne pouvoir prévenir Minerva et Severus, les deux seuls membres de l'ordre qui étaient restés à Poudlard pour les vacances. Les aurors l'empoignèrent fermement, et l'emmenèrent avec plus ou moins de douceur hors de la salle. Là, il vit les deux professeurs, qui regardaient, stupéfaits, les deux aurors. Il voulu leur dire quelque chose, mais se ravisa. Il les fixa de son regard pétillant, et leur fit un sourire discret en espérant qu'ils comprendraient.
~oOo~
Les deux professeurs n'en revenaient pas. Ils avaient osé. Ils avaient envoyé leur mentor en prison; le ministre et ses acolytes étaient clairement sous l'emprise de la peur. Ils avaient peur de la vérité, peur de voir Voldemort revenir. Cependant, Dumbledore n'avait pas l'air inquiet. Minerva se rassura en se disant qu'il avait surement un plan pour se faire innocenter. Du moins, elle l'espérait. Elle ne se sentait pas prête pour gérer seule cette grande école qu'était Poudlard à la rentrée.
~oOo~
Hermione était arrivée chez Ron début de l'été. Ils avaient « migré » vers le quartier général de l'ordre du phénix, avec l'interdiction d'écrire à Harry. Mais là, elle ne tint plus. Dès qu'elle eut fini de lire le journal, elle s'était précipitée. Elle avait envoyé une lettre demandant des explications à Harry. Elle attendait une réponse, mais elle savait au fond d'elle-même qu'elle ne viendrait pas.
Elle descendit, passant devant le portait de Mme Black. L'Ordre devait se réunir ce soir. Sans Dumbledore pour calmer les tensions entre Rogue et le reste de l'Ordre, cela s'annonçait… Mouvementé.
Elle s'approcha de Ron. Il était plongé dans ses pensées, une ride soucieuse lui barrant le front.
- Hey, ça va ?
Ron soupira.
- Evidemment que non. Notre meilleur ami s'est fait enlever, Hermione. Enlever par Tu-sais-qui !
- Nous n'en sommes pas encore tout à fait certains. Mais j'admets que c'est malheureusement l'hypothèse la plus probable.
- Est-ce que Sirius a lu la Gazette ? demanda la jeune fille, hésitante.
- Oui, il est partagé entre l'effondrement et la rage. Il a des passes ou il hurle comme un dément, il n'y a que le professeur Lupin qui sache le calmer.
Elle soupira à son tour, abattue. Ron passa un bras réconfortant autour de ses épaules, et l'attira contre lui. Hermione le laissa faire, appréciant l'inhabituelle délicatesse de son ami.
~oOo~
La prison de Nurmengard était divisée en étages. Plus le criminel était dangereux, plus il était haut dans la prison. Il y avait, au dernier étage, composé d'une seule grande cellule, juste assez de place pour trois personnes. Dumbledore y fut conduit, sous les yeux incrédules de Gellert Grindelwald. La porte de la cellule se referma, et les aurors s'éloignèrent, laissant Albus seul avec Grindelwald et un autre prisonnier qu'il reconnu comme étant Mordred, un ancien ami de Gellert. A l'image du premier possesseur de ce nom, Mordred était quelqu'un de fourbe; Albus ne l'avait jamais aimé, pas même dans son jeune temps. Il fut le premier à prendre la parole, un air de satisfaction incrédule s'étalant sur son visage émacié.
- Albus, mais quelle bonne surprise… son ton était des plus ironiques.
Il n'en croyait pas sa chance. Albus était celui qui les avait arrêtés et enfermés, lui et Gellert. Et maintenant il tombait entre leurs mains sous la bénédiction de la Loi ? C'était tout simplement l'occasion parfaite pour se venger de ces années de misère. Il s'approcha de lui comme un félin s'approche de sa proie. On aurait presque pu l'entendre ronronner; il chuchota, acerbe.
- Tu vas payer pour nous avoir lâchés.
Il leva son poing en direction de Dumbledore, mais une main se posa fermement sur son bras. Grindelwald s'était levé. Il arrêta le mouvement amorcé par son ami, puis prit la parole.
- Albus, quel plaisir de te revoir; je ne m'attendais pas à ce que ce soit dans ces conditions.
Le ton était plus sincère, bien qu'amer.
- Et bien, répondit Albus, plaisir partagé. Comment vas-tu depuis tout ce temps ?
- Non mais je rêve !
Mordred les avais interrompus.
- Tu ne va quand même pas le laisser s'en tirer, et faire comme s'il ne s'était rien passé ? demanda-t-il à Grindelwald, outré.
- Non, bien sûr que non… Mais la courtoisie est la meilleure des armes. N'est-ce pas Albus ?
Demanda-t-il avec l'air de celui qui fait référence à une anecdote qu'eux seuls connaissaient. Dumbledore sourit légèrement. C'était un bon souvenir, même si il en avait honte aujourd'hui.
- Quand vous aurez fini de flirter, vous me préviendrez !
Mordred ricana. Il avait toujours eu un doute sur la relation entre Albus et Gellert, et ne s'était jamais privé de faire des allusions embarrassantes. Albus semblait décidé à faire comme si rien n'était arrivé, et oublier le passé. Mais il n'allait pas le laisser faire et il espérait que Gellert suivrait son exemple.
Albus était extrêmement mal à l'aise, même s'il n'en montrait rien. Mordred était un ennemi magiquement moindre, mais verbalement important. Il devrait se méfier de son éloquence qui avait si souvent convaincu son amant. Albus avait besoin de l'aide de son vieil ami, et il comptait bien l'obtenir, quel que soit le moyen à employer…
.
Voilà, j'espère que vous avez apprécié.
Bonne journée à tous !
